samedi 17 octobre 2009
Nicolas Sarkozy - Interview au Figaro
Philippe Cohen - Marianne | Jeudi 15 Octobre 2009
En donnant, ce qui n'était pas prévu, une interview au Figaro, Nicolas Sarkozy a reconnu de fait le trouble qui s'est emparé de son électorat après les affaires Mitterrand et Jean Sarkozy. Un trouble qui a peu de chances de se dissiper après une prestation aussi médiocre.
Sarkozy aux lecteurs du Figaro: Je ne vous comprends pas!
Nicolas Sarkozy a-t-il pris la mesure de ce qui est en train de se passer, au sein même de son électorat ? Son dispositif de communication en hommes - Jean-Michel Goudard, Pierre Giacometti, Patrick Buisson, Thierry Saussez, Julien Vaulpré, Catherine Pégard - et en moyens (1,5 million d'euros en 2008 rien que pour les sondages, le double en 2009) ) est suffisamment fourni pour lui donner quelques informations sur la véritable révolte muette de ses électeurs.
Ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard si le staff présidentiel a choisi le Figaro pour s'exprimer comme si, pour une fois, il s'agissait d'honorer la fraction la plus conservatrice de son électorat, ce même Figaro où, depuis plusieurs jours, s'exprime haut et fort une fronde envers l'Elysée et la néfaste évolution de son résident.
Oui mais pour s'adresser à ces gens, encore fallait-il avoir quelque chose d'un peu consistant et réellement ressenti à leur dire, surtout vu la teneur des sujets qui ont ébranlé les électeurs de droite : la sexualité et le tourisme sexuel avec Frédéric Mitterrand, le népotisme et le mérite républicain avec Jean Sarkozy. Or, tel qu'on le découvre dans le Figaro, l'interview du Président est glaciale. On a presque l'impression qu'elle a été réalisée par mail malgré le nombre impressionnant de journalistes signataires (six) de l'entretien.
Contrairement à ses habitudes, Nicolas Sarkozy n'a glissé aucune remarque personnelle. Ses réponses donnent l'impression que les journalistes ont eu devant eux un robot présidentiel qui renvoyait la balle avec application, comme ces canons à balles automates utilisés par les profs de tennis pour apprendre leur art aux débutants. Cette interview est désincarnée, comme si le Président était un peu las de jouer à faire le Président. Quant aux banques, le Président a eu le culot de leur adresser un formidable brevet de bonne conduite sans même provoquer une quelconque réserve des journalistes présents : « Les banques ont répondu à nos attentes et deviennent exemplaires. Elles ferment leurs filiales dans les paradis fiscaux et le dispositif retenu par la France pour encadrer les bonus des traders s'est imposé au reste du monde lors du G20. » Le lendemain de l'annonce que les banques américaines avaient dépensé 140 milliards en 2009, soit plus qu'en 2008, pour payer et récompenser leurs salariés et leurs traders, ce constat avait quelque chose de baroque ! Je vais vous faire une confidence : quelqu'un m'a dit que les communicants de l'Elysée, et le premier d'entre eux, Nicolas lui-même, avaient un peu perdu la main. Besoin de vacances, déjà ?
Il faut dire que les questions des journalistes ne l'ont pas beaucoup aidé à briller. Concernant fiston Jean, Nicolas Sarkozy n'a fait que ressasser les arguments déjà entendus en boucle dans la bouche de tous les avocats de la cour élyséenne. Le petiot sera élu. Ce qui est faux,
Bref, si l'interview a dû faire rougir de plaisir Etienne Mougeotte, le patron de la rédaction du Figaro, qui a pris bien soin d'écarter Anne Fulda et Eric Zemmour du pool d'interviewers, elle ne laissera guère de traces dans les annales de la com présidentielle.
Sur l'Affaire Polanski-Mitterrand, le Président s'en est pris à la justice américaine en des termes qui ne risquent guère d'être appréciés : « ce n'est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer 32 ans après les faits alors que l'intéressé a aujourd'hui 76 ans. ». Sarko le soi-disant Américain manifeste ici une méconnaissance remarquable sur l'un des principes clefs de la démocratie américaine : on ne saurait se dérober à la justice.
Le Président ne semble pas davantage avoir compris le sentiment de ses compatriotes. Ce qui choque les Français dans l'affaire Mitterrand comme dans celle de l'EPAD est la façon dont les élites s'auto-protègent pendant que le peuple est exposé aux vents glacés de la crise.
Dès lors, il ne restait plus qu'à dérouler, à la parade, comme disent les commentateurs sportifs, la rhétorique habituelle sur la crise. La France s'en sort mieux que les autres grâce au plan de relance de son génial président. La récession est moins forte qu'ailleurs, les déficits aussi.
samedi 26 septembre 2009
Fin de mois difficiles – Une solution : la location de sa résidence ... Faut-il savoir où aller ?
LE MONDE | 24.09.09
Louer sa résidence principale pour boucler ses fins de mois
Quand les fins de mois sont difficiles, Sandrine et ses deux enfants quittent leur appartement du Marais, à Paris, et le louent pendant une semaine à des touristes fortunés : 2 500 euros pour ce duplex de cinq chambres, au coeur de l'un des quartiers les plus prestigieux de la capitale. "Je suis peintre, et quand je ne vends pas de toiles, je ne gagne rien. Je ne touche ni Assedic ni pension alimentaire", explique cette artiste de 40 ans, qui préfère taire son nom de famille.
"Comme je veux que mes enfants restent dans les bonnes écoles du quartier, j'ai trouvé cette solution", continue-t-elle. Ces semaines-là, il faut trouver un autre toit, et souvent se séparer des enfants, les amis ne pouvant pas toujours accueillir trois personnes à la fois. "C'est galère, car on laisse son appartement à des inconnus. On retrouve souvent des objets cassés et pendant une semaine on est ailleurs que chez soi, mais on prend cela avec légèreté", ajoute -t-elle.
Sandrine a confié son appartement à l'agence New York Habitat, qui se charge de trouver des locataires aux quelque 1 500 propriétaires français inscrits sur Nyhabitat.com, ainsi qu'à l'agence Paris Attitude, qui compte un parc de d'environ 4 000 logements haut de gamme.
Aux locataires, ces agences font payer leur commission, de 30 % à 35 % du loyer, soit un total de 3 300 euros la semaine, environ. "C'est moi, en revanche, qui me charge d'accueillir les occupants, de faire l'état des lieux ainsi que le ménage", précise Sandrine.
De plus en plus de propriétaires louent leur résidence principale de manière saisonnière pour boucler leurs fins de mois. Le régime fiscal est avantageux : le loueur n'est imposé que sur 50 % de ses gains, en dessous de 32 000 euros par an.
C'est souvent une séparation ou un divorce qui contraint à faire ce choix, comme le raconte Philippe Citti, qui loue son trois-pièces dans le quartier de la Nation à Paris, 120 euros la nuit. "Je l'avais acheté avec mon compagnon, mais lorsque nous nous sommes séparés, je me suis retrouvé tout seul à payer. J'ai voulu le mettre en vente mais j'ai été piégé par la crise du marché immobilier, alors j'ai choisi la location saisonnière, et je suis moi-même devenu locataire d'un petit appartement", raconte-t-il. Il a déposé une annonce sur le site de particuliers Homelidays (moyennant 200 euros pour l'année) et créé son propre site, Appartement-jardin-paris.com.
Souvent aussi, c'est une perte d'emploi qui conduit les propriétaires à mettre leur bien en location. Geneviève Delrieux, styliste, ne perçoit plus que 65 % de son salaire, depuis son licenciement survenu en septembre 2008, au début de la crise. Elle fait des petits boulots en attendant mieux et loue sa maison de Marseille de 650 euros à 800 euros la semaine, quand sa fille de 19 ans est en vacances ou en stage.
Elle migre alors chez son compagnon ou des amis. "C'est du travail, car il faut vider tous les placards pour faire de la place", précise la styliste. Elle a publié une annonce sur le site Abritel, qui se présente, avec 45 000 annonces françaises, comme le "numéro un français des locations de vacances entre particuliers".
La crise semble avoir accentué le phénomène de la location saisonnière. "Depuis septembre 2008, nous avons enregistré une hausse de 20 % des annonces, avec de plus en plus d'appartements en centre-ville, et non plus seulement en bord de mer ou à la montagne", commente Cyrille Coiffet, le directeur général d'Homelidays, "numéro un européen de la location", fort de 25 000 appartements français sur son site en sept langues. "La crise a aussi amené les touristes à privilégier les locations, dont les prix ne représentent en moyenne que 30 % de ceux des hôtels, à prestation équivalente", constate-t-on chez Abritel, où l'on enregistre de juillet 2008 à juillet 2009 une hausse de fréquentation de 35 % par rapport à l'année précédente.
Les clients sont non seulement des touristes, français ou étrangers, mais aussi les entreprises contraintes d'envoyer leurs cadres en mission et parfois des particuliers à la recherche d'un hébergement provisoire, après une séparation ou pendant des travaux.
Tous les propriétaires qui recourent à la location saisonnière l'affirme : "Cela rapporte plus d'argent que la location à temps plein, on est sûr que le locataire paie et ne détériore pas l'appartement, on peut disposer de celui-ci quand on veut."
Certains y ont délibérément recours parce qu'elle est lucrative. "J'ai acheté deux appartements à Paris et je les ai mis en location saisonnière pour gagner de l'argent de manière facile et rapide", admet Riccardo, ancien coiffeur, qui a créé son site Petite-roquette.com.
Fabrice Baptistal, responsable comptable dans un grand groupe français, a lui aussi acheté deux appartements afin de les louer de manière saisonnière. En février, il a eu l'idée d'en faire son nouveau métier, et a fondé avec deux associés l'agence 2beapart, qui dispose déjà d'un parc de quarante appartements, à Paris et à Lyon.
Rafaële Rivais
jeudi 20 août 2009
Crise – chômage- jeunes diplômés – placement - CDI
LE MONDE | 13.08.09
Les associations d'aide aux diplômés des cités invitent les jeunes à la combativité face à la crise
Pour Driss Aït-Youssef, il y a urgence. "En ce moment, je ne fais pas une intervention dans les quartiers sans qu'il y ait, dans la salle, un jeune diplômé qui n'exprime sa révolte contre la société", assure le directeur général du cabinet associatif APC recrutement. "Il y a urgence", insiste-t-il.
Les organisations qui promeuvent la diversité en entreprise en aidant des jeunes diplômés des cités à trouver un emploi témoignent toutes des effets de la crise économique sur leur action. Une situation préoccupante compte tenu du - déjà - fort taux de chômage des jeunes domiciliés en zone urbaine sensible (ZUS) : le double de celui des autres Français de leur âge (quelque 40 % contre 20 %).
M. Aït-Youssef, dont le cabinet obtient annuellement "250 placements", estime ne pas aller au-delà de "100 à 150 placements" cette année. Nos quartiers ont du talent, association issue d'une initiative du Medef de Seine-Saint-Denis en 2005, aide chaque année près de 2 000 jeunes d'Ile-de-France grâce à 1 400 parrains, cadres supérieurs, et un réseau de 500 entreprises, dont beaucoup de grands groupes.
Le taux de placement est de "60 % à 70 % sur l'année", assure Raynald Rimbault, délégué général de l'association. Sur le premier semestre, la baisse par rapport à 2008 est déjà "de 5 % à 6%". Même constat à l'Association pour favoriser l'insertion professionnelle (AFIP), qui suit 200 jeunes par an. L'AFIP note "une baisse de plus de 30 % du nombre d'offres d'emploi reçues", mais également de la rémunération proposée : " Quelqu'un qui pouvait prétendre à un salaire annuel de 40 000 à 45 000 euros ne se voit offrir que 30 000 à 32 000 euros", assure Carole da Silva, fondatrice et directrice de l'AFIP.
Les CDI à la baisse
La crise ne se fait cependant pas sentir de la même manière chez d'autres acteurs. Mozaïk RH table sur "150 placements", comme en 2008. Le pôle Entreprises & Quartiers d'IMS-Entreprendre pour la cité, association créée par Claude Bébéar et des patrons pour promouvoir la mise en place de démarches de solidarité par les entreprises, compte même faire passer les recrutements de "80-90 à 120 cette année".
"Seul un quart des entreprises ont totalement fermé les vannes du recrutement", assure Patricia Charrier, chez IMS. Cependant, pour Mozaïk RH et IMS comme pour toutes les autres organisations, le nombre de contrats à durée indéterminée décrochés devrait être très nettement à la baisse, au profit de CDD ou de contrats d'alternance. "Là est l'effet-crise", précise Mme Charrier.
Pourtant, à ces jeunes, les promoteurs de la diversité tiennent un discours de combativité. "Les PME continuent à embaucher", assure Mme da Silva. "Malgré la crise, il y a encore des secteurs qui tournent : les transports, les services au public...", constate Abdel Belmokadem, dirigeant le cabinet de conseil Nes et Cité, qui a mis au point de nombreux dispositifs pour favoriser le contact direct entre jeunes et entreprises. "Nous touchons des jeunes sans réseau, ajoute Patricia Charrier. Ils sont isolés. Donc, nous leur disons : "Multipliez les contacts et vos démarches !""
Benoît Floc'h
mardi 18 août 2009
Crédit Municipal - Des bijoux contre du cash : le clou contre la crise
OUEST-France lundi 17 août 2009
Jacques Bizet, bijoutier et expert appréciateur pour le Crédit municipal de Nantes. Plus de 80 % des gages sont des bijoux. : Marc Roger
Il vous prête du liquide en échange d'objets de valeur et vous les rend si vous remboursez. Idéal pour un dépannage, le Crédit municipal de Nantes connaît un pic de fréquentation.
Derrière son bureau, Jacques Bizet, bijoutier et expert appréciateur pour le Crédit municipal de Nantes, voit passer toutes sortes d'histoires. Comme ce couple plutôt BCBG, venu voir s'il pouvait mettre en gage un manteau de vison. Ou Marie-Odile, qui vient pour la première fois, afin de faire évaluer quelques bagues et des faïences.
Elle cherche un apport pour obtenir un prêt immobilier. 60 € pour les bagues qui sont vraiment en or (cinq sur les sept apportées) et peut-être, selon l'avis du commissaire-priseur, 100 € de plus pour les faïences, c'est tout ce que peut lui proposer Jacques Bizet.
Déçue, elle remballe ses affaires, remercie et s'en va chercher une autre solution. Le Crédit municipal ou « ma tante », prête 50 à 60 % de la valeur de l'objet, et à 7 € du gramme d'or pour les bijoux, ce n'est souvent pas assez, même si ça peut dépanner. Une estimation peut être faite sur le site Internet (1).
Marie-Paule entre avec son mari. Elle dépose une vingtaine de bagues. « L'État ne m'a pas versé ma pension de travailleur handicapé et il faut que je couvre vite mon découvert de 1 700 € », raconte-t-elle spontanément.
L'expert va vite, il cherche le poinçon. « S'il y est, pas besoin de faire d'autres tests, c'est de l'or 18 carats », indique-t-il. Marie-Paule repart avec 400 €. « C'est un début », commente-t-elle avec un demi-sourire.
De 5 000 à 15 000 €
Derrière la vitre, la salle d'attente ne désemplit pas. Une dizaine de personnes patientent en continu. « La fréquentation a augmenté de 20 % depuis avril 2008 », confie Tanneguy Martin-Lauzer, responsable commercial du Mont-de-Piété.
Le Crédit municipal a aussi ses habitués. Karima entre et dépose discrètement une bague. Elle a déjà sorti sa carte d'identité, seule pièce demandée pour le prêt. Elle n'a plus besoin de justificatif de domicile : elle a déjà neuf contrats avec le Crédit municipal. Aujourd'hui, elle repart avec 35 €, mais la dernière fois, c'était 700 €. Elle avait déposé une ceinture en or massif, pièce d'une parure de mariage algérienne appartenant à sa famille. Le Mont-de-Piété prête dès 5 € et, en moyenne, 570 €.
D'autres viennent payer leur dette et récupérer leurs affaires ou bien verser une partie de la somme, histoire de réduire les intérêts. Le Crédit municipal, dit aussi « le clou », accepte toutes sortes d'objets, mais plus de 80 % des gages sont des bijoux.
Pour le reste, il faut que l'objet puisse être estimé sur place, gardé dans de bonnes conditions et qu'il ne se dévalue pas trop vite (pas de hi-tech).
Un rôle social
Le clou conserve tout sans limite de temps, à condition que l'objet soit réévalué tous les dix-huit mois et les intérêts payés tous les six mois. Si ce n'est pas le cas, le Crédit municipal envoie deux lettres de rappel, avant de se séparer des objets, lors d'une des dix ventes aux enchères qu'il organise chaque année.
Seulement moins de 10 % des lots gagés ne sont pas récupérés. Et si l'objet est vendu plus cher que l'estimation d'origine, le Crédit municipal vous renvoie la différence après avoir récupéré la somme prêtée et les intérêts (0,70 % par mois).
Tanneguy Martin-Lauzer rappelle aussi que le Crédit municipal « a un rôle social ». Il propose des microcrédits personnels pour aider à un « projet de vie », et compte sur le bouche à oreille pour continuer à donner « des coups de pouce ».
Salomé LEGRAND
samedi 11 juillet 2009
CRISE - Le déficit de l'Etat se creuse à 88,7 milliards d'euros fin mai
NOUVELOBS | 10.07.2009 | 09:50
Cette dégradation s'explique à hauteur de 16,1 milliards d'euros par le coût budgétaire des mesures de relance de l'économie. Le reste est dû aux pertes des recettes fiscales liées à la récession.
Le déficit budgétaire de la France a continué de se creuser pour atteindre 88,7 milliards d'euros fin mai, contre 50,1 milliards un an plus tôt, en raison du plan de relance et de l'effondrement des recettes fiscales, plombées par la crise, a annoncé vendredi 10 juillet le ministère du Budget dans un communiqué.
Cette dégradation s'explique à hauteur de 16,1 milliards d'euros par le coût budgétaire des mesures de relance de l'économie (dont 6,25 milliards de prêts au secteur automobile), précise le ministère.
Perte de recettes fiscales
Le reste est essentiellement dû aux pertes de recettes fiscales liées à la récession que traverse la France (plus de 25 milliards d'euros au total). Les recettes nettes de l'impôt sur les sociétés (IS) sont les plus touchées et affichent une baisse de 111,8% fin mai par rapport à mai 2008.
A la fin avril 2009, le déficit du budget de l'Etat était de 71,9 milliards. Selon les dernières prévisions de Bercy, le déficit budgétaire de la France serait compris entre 125 et 130 milliards d'euros à la fin 2009.
lundi 1 juin 2009
Le Japon dans la tourmente
Ouest-France lundi 01 juin 2009
De tous les grands pays développés, le Japon est, aujourd'hui, le plus sinistré par la crise qui secoue l'économie mondiale. Son produit intérieur recule au rythme annuel de -15 %. Même Toyota, premier constructeur automobile mondial, qui avait traversé, sans dommage, la crise dans laquelle l'archipel est resté englué pendant toutes les années 1990, a enregistré, pour l'exercice 2008, des pertes colossales, équivalant à 3,3 milliards d'euros.
Cela semble d'autant plus injuste que les banques japonaises s'étaient peu laissé tenter par les fameux « actifs toxiques » américains qui ont empoisonné la planète. Alors ? La faute, dit-on, aux exportations, qui ont reculé de presque moitié en 2008 en raison de la contraction du commerce mondial, et aux jeux de la finance internationale, auxquels Tokyo ne peut rien.
Le marché monétaire fait traditionnellement du yen une devise à contre-courant : il se déprécie quand la conjoncture mondiale est favorable et monte en flèche par gros temps. Depuis l'automne, il a grimpé de 30 %, au grand dam des exportateurs. Le Japon se voit donc comme la victime d'une crise importée, d'autant plus injuste que les réformes qu'il avait menées pour sortir de la longue crise précédente portaient enfin leurs fruits.
Les choses ne sont pas si simples... Ces réformes ont consisté, pour l'essentiel, à rétablir la compétitivité des exportations nippones, mises à mal par la Chine et les pays de l'Asie émergente, en serrant les coûts de production, à commencer par ceux de la main-d'oeuvre.
Le salaire réel a baissé pendant huit des douze dernières années alors que la productivité s'accroissait très fortement. Et au pays de « l'emploi à vie », plus du tiers des contrats de travail sont aujourd'hui très précaires. Depuis quinze ans, on a sacrifié à cette adaptation 35 % des entreprises de moins de dix salariés et 30 % des petits commerces.
Cette amère potion a été administrée sans mettre en place les amortisseurs sociaux qui auraient pu en atténuer les effets.
Dans un pays où la protection sociale était surtout assurée par les entreprises et la famille plutôt que par l'État, des lacunes béantes apparaissent dès lors que les premières taillent dans les coûts et que la seconde pâtit de la baisse des revenus et de l'évolution des mentalités (forte augmentation du divorce et du célibat).
Alors, quand Sony entreprend de se séparer de 8 000 salariés en CDD, beaucoup de ceux qui logeaient dans les dortoirs de l'entreprise se retrouvent directement à la rue.
Pour avoir embrassé les aspects les plus contestables du néolibéralisme, au moment même où ce dernier précipitait le monde dans la crise, le Japon se retrouve à la fois en panne de consommation intérieure et d'exportations.
Il risque, par surcroît, de laisser une partie de son âme dans la fracture entre « gagnants » (kachigumi) et « perdants » (makegumi). Deux termes dont les Japonais, entretenus dans la vision idéale d'une société centrée sur une harmonieuse « masse moyenne », redécouvrent, avec amertume et colère, qu'ils sont à nouveau d'actualité.
Que les déficits publics approchent, aujourd'hui, 180 % du PIB, que la machine politique soit paralysée par la quasi-égalité des forces entre le gouvernement et l'opposition, et que la population diminue n'aide pas le Japon à s'inventer un avenir. Mais il faut se souvenir qu'après son ouverture forcée au monde par les canonnières américaines, en 1853, ou après le cataclysme nucléaire de 1945, il y est, à chaque fois, parvenu.
mardi 26 mai 2009
Crise, chômage, Baisse du pouvoir d'achat : Plus de la moitié des Français renoncent aux vacances
LE MONDE | 21.05.09
Malgré la multiplication des promotions et des bonnes affaires, en particulier sur Internet, partir en vacances, cet été, ne fait plus partie des projets pour deux tiers des Français qui gagnent moins de 2 000 euros par mois.
Selon une étude du cabinet Protourisme réalisée entre le 27 avril et le 11 mai auprès de 295 opérateurs de tourisme et rendue public mercredi 20 mai sur Europe 1, plus de la moitié des Français (52 %) ne comptent pas partir en vacances et, parmi eux, plus d'un tiers y renoncent pour des raisons financières.
'ÉCART SE CREUSE
Ces chiffres confirment les premiers sondages réalisés au début de l'année. En cinq ans, le taux de départ des Français est passé de 55 % en 2003 à 51 % en 2008 et, sauf surprise, devrait descendre cette année sous la barre des 50 %.
En raison de la crise, l'écart entre les ménages qui renoncent à partir en vacances et ceux qui partiront ne cesse de se creuser. Ainsi 62 % des ouvriers et des employés dont les revenus sont compris entre 1 200 euros et 2 000 euros net par mois n'ont pas l'intention de partir cet été.
"Chaque fois qu'une personne se retrouve au chômage, ce sont six personnes en moyenne autour d'elle qui sont touchées", constate Didier Arino, directeur de Protourisme et auteur de l'étude.
A contrario, les 20 % de Français les plus fortunés partent de plus en plus souvent. Au-dessus de 5 000 euros de revenu mensuel, le taux de départ est même en hausse, à 82 % contre 77 % en 2008.
A deux mois des premiers départs en vacances, les réservations sont en retard de 12 % par rapport à 2008. Certains secteurs comme les villages de vacances et les locations affichent des baisses de 15 % et 20 %. Seules les réservations pour des mobil-homes dans des campings et les gîtes sont en progression.
Martine Picouët
dimanche 24 mai 2009
Japon crise - Du " grand gâchis " au régime sec
LE MONDE | 22.05.09 Tokyo Correspondant
Les inégalités se creusent : 6 millions de Japonais ne disposent plus du minium nécessaire pour avoir une vie décente. Sans sombrer dans la précarité, beaucoup se sentent vulnérables : les remerciés, au CDD non renouvelé, sont un sinistre présage.
Peu avant la pause de midi, dans les quartiers d'affaires des grandes villes, apparaissent les camionnettes des marchands ambulants de boîtes repas. Le bento, joliment présenté dans une boîte de bois léger ou de plastique divisée en compartiments contenant de petites quantités de poisson, viande, légumes et riz, est l'en-cas rapide et bon marché (de 3 à 5 euros) de la plupart des salariés japonais.
Les marchands ambulants font assaut de rabais : de plus en plus de salariés apportent des bento confectionnés à la maison, qui reviennent un peu moins cher que celui vendu dans le commerce.
Les restaurants, pourtant bon marché à midi - moins de 10 euros -, sont moins fréquentés. En revanche, des queues se forment devant les chaînes de restauration Yoshinoya, qui, pour 2 euros servent un gyudon (bol de riz avec de fines lamelles de viande de boeuf cuites à la sauce de soja), ou devant les gargotes spécialisées dans les soupes, qui, elles aussi, se font une "guerre des prix" de quelques dizaines de yens. Dans les bistrots des quartiers populaires, il n'est pas rare de voir des clients demander d'empaqueter leurs restes
.
Tandis qu'Américains et Européens se recroquevillent dans la crise, les Japonais renouent avec une frugalité ancestrale. Ils s'efforcent de réduire leurs dépenses, révisent leurs priorités. Le Japon surconsommateur, de la frénésie des marques, le pays du "grand gâchis" est une image récurrente des médias étrangers, fascinés par le miroitement de certains quartiers des grandes villes.
Mais une grande partie de la population a conservé une mentalité de "peuple pauvre". Le taux d'épargne reste un des plus élevés du monde : par nécessité (insuffisance de la couverture sociale, coût de l'éducation des enfants) et par précaution
Cette sagesse millénaire se conjugue à l'impératif de ne pas gâcher ("mottainai"). La formule, utilisée couramment comme une interjection d'indignation, a eu un écho international grâce à la Kenyane Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix 2004, qui en fit un slogan de sa campagne de défense de l'environnement. L'expression a bercé l'enfance de générations : elle est aujourd'hui le leitmotiv de petits mouvements, comme celui incitant à ne pas utiliser les baguettes en bois fournies par les restaurants et destinées à être jetées, mais à apporter les siennes.
Frugalité héritée du temps long, réaction dictée par la crise ? Quoi qu'il en soit, les attitudes de consommation des Japonais changent. A peine sortis de la récession des années 1990, ils sont entrés dans une autre, socialement plus douloureuse. Cette expérience engendre peut-être chez eux moins de frustrations que chez les Américains, tombés de l'euphorie consumériste alimentée par le crédit facile.
Les inégalités ne s'en creusent pas moins : 6 millions de Japonais ne disposent plus du minium nécessaire pour avoir une vie décente. Sans sombrer dans la précarité, beaucoup se sentent vulnérables : les remerciés, au CDD non renouvelé, sont un sinistre présage.
Après l'éclatement de la bulle financière de la fin des années 1980, qui avait vu s'épanouir une mentalité de nouveau riche ostentatoire, le pendule était reparti en sens inverse. Apparurent les "yen shops" (vendant tout à 100 yens, soit 0,76 euro) et les boutiques de recyclage de produits de seconde main. Puis vint un bref regain d'hyperconsommation causé par la reprise économique des dernières années, auquel succède une nouvelle ère de modération. Les ventes des marques comme des voitures régressent : seulement un quart des hommes de 20 ans veut une voiture, contre 40 % en 2000.
Les produits démarqués et les denrées alimentaires dont la date limite de consommation approche connaissent une popularité croissante. Deux facteurs se conjuguent : les consommateurs cherchent des affaires et les entreprises veulent se défaire de leurs stocks. Les produits dits "wake-ari" (littéralement "il y a une raison") se vendent surtout sur Internet. Yahoo Shopping Web a vu ses ventes augmenter de 40 % entre novembre et décembre 2008.
Et son homologue Rakuten Ichiba a pris place parmi les dix sites les plus visités. On y trouve toutes sortes de produits : électronique, cosmétiques, denrées alimentaires... Les points de vente de ces produits connaissent une grande popularité : bien que les Japonais soient très regardants sur l'hygiène alimentaire, les denrées à l'approche de la date limite de consommation partent rapidement à 50 % de leur prix.
Des changements durables dans les comportements sont peut-être en cours. Car, estime l'économiste Takamitsu Sawa, "il ne s'agit plus aujourd'hui d'une "pauvreté vertueuse", inspirée d'une éthique de vie ancestrale. Mais d'une paupérisation à laquelle beaucoup doivent faire face".
Philippe Pons
Une récession record au premier trimestre 2009
LE MONDE | 22.05.09 | 14h37
En termes de chute de croissance, le Japon vient de battre un record au premier trimestre 2009 : - 15,2 %, en rythme annuel. Un recul plus marqué que ceux enregistrés en Europe et aux Etats-Unis, qui fait de l'Archipel le pays de l'OCDE dont l'économie est statistiquement la plus mal en point. La décroissance est plus sévère que du temps des chocs pétroliers du début des années 1970
L'économie japonaise a-t-elle "touché le fond" ? C'est vraisemblable. Des économistes notent des signes ténus de reprise et certains s'attendent à un retour à la croissance au cours du trimestre en cours grâce au marché chinois et aux effets des plans de relance (1 000 milliards d'euros).
"EXAMEN DE CONSCIENCE"
Pour l'ensemble de 2009, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit cependant une décroissance de 6,2 % (3,1 % selon la Banque du Japon). L'opinion reste sous le choc d'une crise dont le coût social (faillites, pertes d'emploi) est lourd, ce que reflète mal un taux de chômage de 4,8 %. Les consommateurs limitent leurs achats aux produits prioritaires et cherchent les meilleurs rapports qualité-prix.
Dans la "guerre des prix" qui fait rage dans le secteur de la distribution, certaines entreprises jouent la carte de la modestie et de l'"examen de conscience". Ainsi, Aeon, deuxième plus grand groupe de distribution du Japon, a-t-il fait il y a quelque temps son mea culpa sur une page entière de publicité du quotidien Asahi afin d'exprimer "ses regrets de ne pas avoir fourni à la clientèle les marchandises et les services qu'elle était en droit d'attendre". En signe de bonne foi, le groupe annonçait une baisse de prix de 20 % à 30 % sur plus de 3 000 produits de fabrication locale, contribuant à une déflation rampante depuis mars.
Philippe Pons
dimanche 17 mai 2009
Il faut éviter les tribunaux aux surendettés
Jacques Attali - l'Express | Samedi 16 Mai 2009 par Marianne2
Une fois n'est pas coutume, on apprécie le dernier billet de Jacques Attali, dans lequel il critique les choix de relance. Un point de vue qui relève d'un bon sens qui manque singulièrement à ceux qui affirment matin et soir que la reprise est pour demain.
L’essentiel de la crise actuelle est, pour le commun des mortels, extrêmement abstraite : difficile de comprendre la voltige de ces milliers de milliards, devenus l’unité de compte des désastres bancaires et des déficits publics. Difficile de comprendre les mécanismes des spéculations (CDOs, CDS, Subprime, Alt-A, monolines, etc.) ; et plus encore ceux des solutions proposées (Plan Geithner).
Les uns comme les autres évoluent dans un autre univers que celui des vrais gens, qui savent seulement que cette accumulation d’abstractions entraine pour eux deux conséquences épouvantables : le chômage et le surendettement.
Déjà, aux Etats-Unis, des centaines de milliers, bientôt des millions de gens, renvoyés de leur emploi, ayant perdu leur revenu, incapables de rembourser leurs emprunts, sont chassés de chez eux. Sans aucune pitié. Sans aucune discussion.
En France, pour l’instant, la seule manifestation véritablement concrète de la crise, c’est l’aggravation du chômage, par les licenciements, l’interruption des contrats à durée déterminée, et le non-recrutement de la plupart des jeunes à la recherche d’un emploi.
Cela n’a pas encore, semble-t-il, aggravé très considérablement les taux d’impayés des crédits. Cela ne saurait tarder : le surendettement sera la conséquence inévitable du chômage. On verra, comme en Amérique, (et malgré nos lois en principe protectrices des emprunteurs), des millions de gens trainés devant les tribunaux et tenus de rendre les clés de leurs voitures ou de leurs logements.
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mardi 5 mai 2009
Les patrons sont les vrais assistés du sarkozysme
Cédric Omet | Lundi 04 Mai 2009
La violence sociale explose, le gouvernement légifère et les patrons font la manche. Heures sup', RSA, Plan Jeunes, prêts aux banques et travail le dimanche : retour sur six milliards de subventions au patronat!
Les heures sup’ exonérées de charges sociales !
Faciliter le recours aux heures supplémentaires, une loi à l’image du slogan sarkoziste : « Travaillez plus pour gagner plus !». Une façon de récompenser des « volontaires » souhaitant arrondir leur fin de mois. Quoi de plus naturel quand on est sous-payé ? Un carton assuré se murmurait-on dans les rangs de l’assemblée. Et les godillots ont fini par voter l’allègement des cotisations sociales pour les patrons qui voudraient recourir aux heures sup’.
Mais comme le précisait déjà un rapport du Conseil d’Analyse Economique « un inconvénient majeur de ce type de mesure est qu’il risque de favoriser des comportements « opportunistes ». Ainsi, un employeur et son salarié peuvent conjointement gagner à abaisser (ou à ne pas augmenter) le taux de salaire des heures normales et à déclarer fictivement des heures supplémentaires (ce qui est très difficilement contrôlable) afin de bénéficier des avantages fiscaux. ».
Votée dans la précipitation en août 2007, les inquiétudes se sont vérifiées à l’épreuve des faits. Cette mesure aurait détruit 90 000 emplois . Elle aurait entraîné une hausse de 12% des heures sup’ pour les entreprises de plus de 10 salariés, celles qui embauchent le plus en temps normal et qui, étrangement, n’ont pas embauché cette année. C’est indéniable, plus d’heures sup’ s’est traduit par plus de chômeurs ! Pour la modique somme de… 4,1 milliards d'euros rien que pour les exonérations de cotisations sociales !
Le RSA qui subventionne l'emploi précaire
Un Revenu de Solidarité Active pour permettre aux exclus du système de se réinsérer et de reprendre goût au travail, c’était l’idée géniale de Martin Hirsh ès Haut-Commissaire d’Etat à tout ce dont les autres ne semblent pas vouloir s’affairer… Un RSA présenté comme une mesure qui mettrait fin à la politique d’assistanat de ceux qui vivent avec 498 euros par mois. Ils n'auraient qu'à bien se tenir les pauvres ! Résultat, une réforme au rabais qui va profiter… aux patrons. La preuve ? Tous les bénéficiaires du RSA qui retrouveront un emploi à temps partiel auront un complément de salaire… ad vitam eternam ! Pour les entreprises, c'est une incitation évidence à recourir aux emplois précaires et à faire peser le reste du salaire à l’ensemble de la société. Une façon dissimulée d’alourdir le budget de l’Etat et de diminuer la charge des patrons qui pourront se servir du RSA comme une variable d’ajustement du salaire. Coût de cette subvention globale à l’emploi précaire : 1,7 milliard.
Encore moins de charges et plus de précarité
Côté emplois jeunes, nous avons à présent les nouvelles exonérations de cotisations sociales aux patrons qui embaucheront un apprenti. Après les « boîtes à stagiaires », qui profitent d’une main d’œuvre sous-payée, avec des stagiaires qui, rappelons-le, ne cotisent que de façon incomplète et ne sont pas reconnus dans leur travail, voici venir poindre à l’horizon les « boîtes à apprentis ». Des exonérations justifiées, donc, pour la modique somme de 100 millions d’euros. On comprend mieux pourquoi il fallait que l’emploi des jeunes de moins de 25 ans soit présenté comme catastrophique...
Les patrons de banques infantilisés
Les banques sont au bord du gouffre. Leurs patrons ont joué aux gloutons pendant des années et le gouvernement a décidé de leur accorder des prêts, donc de faire peser les risques du refinancement des banques sur l’ensemble des citoyens : encore une mesure d’assistance pour des patrons en détresse. Avec ce système, les patrons désertent leurs responsabilités et l’Etat se substitue à eux, mais uniquement sur les risques et pas du tout sur les profits à venir. A l'inverse, la nationalisation des banques aurait permis à l’Etat de préserver ses intérêts et de garder un contrôle relatif sur la gestion.
Le travail du dimanche ferait perdre des emplois
Non content de toute la panoplie gouvernementale déjà déployée pour assister les patrons, le ministre du travail a proposé sa mesure spéciale « 1er mai » : le travail du dimanche. Il parle ainsi de « la liberté de concilier ce jour-là, vie familiale ou amicale, et travail. ».
En période de crise, alors que le pouvoir d’achat est au plus bas, les salariés n’auront aucune « liberté » de choisir entre leur vie familiale et le travail. Ils choisiront le portefeuille, c’est sûr. Mais pour M. Hortefeux et ses amis les patrons, plus de flexibilité vaut mieux qu’une revalorisation des salaires les plus bas ou qu'une limitation des salaires les plus élevés. Des mesures plus justes socialement mais bien moins populaires du côté du Medef. Quant aux gains d’une telle mesure, ils seraient très relatifs voire inexistants, comme en témoignent de récentes études comme celle menée par le Credoc.
Pire, les embauches au sein des grandes entreprises, par un effet de « cannibalisation », entraîneraient des destructions d’emplois plus importantes dans les petites entreprises. Ainsi, les 5 à 10 000 embauches promises par le secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez sont stricts mensonges. D’une part, ces chiffres ne sont pas justifiés par une quelconque étude, d’autre part, il s’agirait au contraire de la destruction de 5 à 10 000 emplois. Une mesure de plus pour assister les grands patrons aux dépens des autres. Avec comme conséquence, un coût financier et humain toujours plus important à faire peser sur le dos de tous et au profit de quelques uns.
Au total, les compères Lagarde, Hirsh, Hortefeux et Wauquiez sont donc créditeurs de près de 6 milliards de mesures d’assistance patronale. A croire que l’assistanat des patrons est devenu la norme au gouvernement.

