jeudi 19 novembre 2009
Chine – Les chinois conquis par le Président Obama
Actualités Chine le 18/11/2009
Féru de nouvelles technologies et à l'aise malgré un protocole rigoureux, le président des Etats-Unis a conquis de nombreux Chinois, plutôt habitués à des cadres du Parti guindés dont ils ne savent pas grand chose.
Obama a réussi son opération séduction auprès du public chinois
En moins de deux jours, le président américain Barack Obama a parfaitement réussi son opération séduction auprès de nombreux Chinois conquis par un style décontracté et chaleureux qui détonne avec celui des hiérarques communistes.
Sur inetrnet, les commentaires ébahis vont bon train sur le charisme, l'aisance ou l'éloquence du jeune président.
Peut-être y aura-t-il matière à méditer pour les membres du Bureau politique du Parti communiste chinois généralement retranchés derrière les murs d'enceinte de Zhongnanhai, près de la Cité interdite des anciens empereurs.
Déjà l'objet d'une popularité en Chine qui lui vaut l'honneur d'avoir son portrait décliné sur des tee-shirts ou gravé sur des oeufs, Obama a encore élargi lundi son fan club avec sa prestation au milieu d'étudiants de Shanghai. Micro en main, sourires aux lèvres, le président a arpenté l'estrade devant des étudiants endimanchés et intimidés, répondant avec aisance à leurs questions.
Difficile d'imaginer Hu Jintao jouer au golf ou faire du jogging
C'est cet exercice absolument impensable pour aucun dirigeant chinois qui a frappé les esprits. Les 1,3 milliard de Chinois ne sont habitués à voir leurs hommes politiques quasiment que lors de la grand-messe des informations télévisées, dans des prestations aussi millimétrées que compassées, comme ces entretiens avec les dignitaires étrangers dans les salons d'apparat frigorifiques de l'Assemblée nationale populaire.
Rien qui laisse place à l'imprévu et encore moins à la fantaisie. Les Chinois ignorent si leurs dirigeants font du jogging ou du golf, car contrairement à Obama, ceux-ci n'ont jamais été saisis par aucun objectif en short ou sur un parcours 18 trous. Dans un moment d'égarement peut-être, Hu Jintao a juste joué une fois à la marelle avec des écoliers, comme le prouve une vidéo circulant sur le net, et une autre au ping-pong lors d'une visite officielle au Japon.
"Quel moment impressionnant", s'exclamait donc le China Daily, qui évoquait "le style relax (..) caractéristique du président américain, et les qualités d'orateur talentueux" qu'il a déployées à Shanghai. Le quotidien poursuivait ses dithyrambes en évoquant "l'humour" d'Obama lors de cette "expérience unique" ainsi que "la manière dont le président a interagi avec son auditoire, et comment il a calibré son mégacharme".
A peine remise de son émotion, Chen Xin, la première étudiante à l'avoir interrogé, exprimait mardi au Shanghai Youth Daily les impressions fortes que lui a laissées Barack Obama: "Il a des manières pleines de charme, beaucoup d'humour, les gens ont ri plein de fois dans l'auditoire".
"Obama est moderne et il est jeune"
Le contraste entre les présidents Obama et Hu passant la garde d'honneur en revue mardi devant les caméras était saisissant. Même cravate rouge peut-être, mais près de 20 ans de moins et 20 cm de plus pour Obama, le président américain à la démarche souple semblait nettement moins compassé que son hôte chinois au brushing impeccable. "Obama est moderne et il est jeune, il est plus vivant que notre président, qui est plus guindé", explique à l'AFP Wang Xuejun, un cadre d'import-export.
Autre atout charme pour Obama en Chine, pays qui abrite le plus grand nombre d'internautes (350 millions, plus que la population américaine) et de blogueurs (60 millions), le président américain est féru de nouvelles technologies.
L'interactivité grâce à la Toile est rare dans l'empire du Milieu. Hu Jintao s'y était brièvement essayé en juin 2008, en s'adressant aux internautes chinois, sur le site du Quotidien du Peuple, l'organe du Parti communiste. Mais il n'a pas renouvelé l'expérience depuis. Un jeune, Yang Yunhe, qui avait lancé sur le net un "fan club des dirigeants" chinois, avait vu son site abruptement fermé en début d'année. "Pour raisons personnelles", avait-on lu sur la page d'accueil.
mardi 17 novembre 2009
La chine pénètre désormais le marché européen des travaux publics ! Inquiétude de la FIEC
Comment la Chine rafle des marchés de travaux publics en Europe
Sylvain Lapoix - Marianne | Lundi 16 Novembre 2009
En Pologne, un consortium chinois a obtenu deux contrats de construction d'autoroute en proposant des prix imbattables. Profitant de la crise, la Chine pénètre désormais le marché européen, pour la plus grande inquiétude des professionnels et sans que l'Union européenne s'en émeuve.
La nouvelle autoroute Varsovie-Lodz, livrée en 2012 pour les Championnats d'Europe de football, pourra porter l'étiquette « made in China » ! A côté de deux grands sociétés de BTP, une Irlandaise et une Polonaise, le consortium chinois Covec a remporté les tronçons A et C de la voie rapide pour un total de plus de 310 millions d'euros. Leurs arguments imbattables ? Le prix ! Dans les deux cas, le contractant chinois a proposé des offres 25 à 30% moins cher que ses concurrents. Une première en Europe... qui fait grincer des dents !
Malgré quatre tentatives de contestation, le contrat est maintenu. Il faut dire que les Chinois ne viennent pas les mains vides : comme garantie de la bonne exécution des travaux, le consortium avance 100 millions de dollars. De l'argent public, Covec étant (comme l'intégralité des entreprises de BTP chinoises) une branche du ministère de la Construction, mais de l'argent frais : un cadeau sur lequel le gouvernement polonais ne crache pas en temps de crise !
Soupçons d'importation de main d'oeuvre
De quoi réveiller la méfiance de la Fédération de l'industrie européenne de la construction (FIEC) et du syndicat des contractants européens internationaux qui se sont fendus le 22 octobre d'une lettre aux présidents des institutions européennes.
Les représentants du BTP européen y interrogent les autorités bruxelloises sur cette entreprise chinoise qui se voit autoriser l'accès au marché polonais à grand renfort d'aides d'Etat là où la moindre subvention nationale à une entreprise de l'Union est sévèrement condamné. Aucune réponse ne leur est pour le moment parvenu.
« Nous ne voulons pas faire de procès d'intention, insiste Ullrich Paetzold, directeur général de la FIEC. Nous nous interrogeons seulement : comment la Chine pourra tenir des prix aussi bas sachant le nombre d'ouvriers, d'ingénieurs et d'experts nécessaires ? »
Derrière ces interrogations, les patrons du BTP s'interrogent sur l'importation de main d'oeuvre chinoise payée sous les 900 zloty de salaire minimum polonais. Si c'était le cas, cette brèche dans la cohérence de l'espace Schengen risquerait d'ouvrir la voie pour un déferlement d'entreprises chinoises bon marché... et la noyade des sociétés européennes du secteur !
Or, le dumping chinois n'en est pas à son coup d'essai : si une tentative d'entrée sur le marché italien a été cassée sans mal par le tribunal administratif du Lazio (région de Rome) en 2008, de nombreux pays fraîchement intégrés dans l'Union européenne se laissent tenter par les devis « low cost » des entreprises chinoise.
Dans son bulletin européen du 2 novembre, la revue spécialisée Le Moniteur des travaux publics énumérait les tentatives : une société mixte de construction de logement à Kielce, en Pologne ; un projet de pont sur le Danube en Roumanie ; des appels du pied de la Hongrie pour devenir la plate-forme régionale de la Chine en Europe... Tout ça sans que les autorités ne saisissent Bruxelles pour contrecarrer le dumping !
Le charme irrésistible des crédits chinois
Tout ça sans compter les contrats en Ukraine, en Macédoine ou en Serbie. Ces marges de l'Europe où la crise financière a rendu les offres de prêts chinois irrésistibles...
De la même façon que les Africains ou les Sud Américains se sont laissés tentés par les énormes réserves de dollars de Pékin. Ce « néocolonialisme chinois », comme le surnommait le quotidien économique allemand Handelsblatt, fonctionne sur le modèle du « chéquier politique » : partout où elle propose son aide, la Chine pose des milliards sur la table à des taux défiant toute concurrence.
La contrepartie ? Attribuer les appels d'offre, notamment des grandes infrastructures, à des entreprises chinoises.
Le président Hu Jintao visitait ainsi la Namibie en septembre, à laquelle il a accordé un gros chèque. En échange, le pays a octroyé un contrat de 55,3 millions de dollars pour équiper la police locale en scanners de construction chinoise.
Une méthode par laquelle la Chine gagne progressivement la confiance, les marchés et l'accès aux matières de premières de toute l'Afrique noire.
L'Union européenne dispose de leviers... mais ne les utilise pas !
« Les Chinois ne posent pas de questions désagréables sur les droits de l'homme, comme l'Union européenne, ou sur votre niveau de dette, comme le FMI, résume un lobbyiste bruxellois. Tout ce qu'ils veulent, ce sont des contrats et des matières premières ! »
Et l'Europe ? Elle réagit.. à peine. Dans un rapport de la commission Marché intérieure daté du 28 octobre dernier, l'hypothèse était envisagée que les pays ne jouant par le jeu de la « réciprocité » (ouverture de leur marché en échange de leur accès au marché européen) pourraient se voir fermer les portes du marché européen... à condition qu'ils ne soient pas des pays en développement !
A se pencher sur le simple principe de lutte anti-dumping, l'Union aurait pourtant tout pouvoir de taxer lourdement ces entreprises aux matériaux importés à très bas coût et d'interdire la venue de main d'oeuvre payée sous les minimas nationaux (règle fondamentale de l'espace Schengen).
A la FIEC comme chez les entrepreneurs du BTP, on attend toujours. Pendant ce temps là, l'appel d'offre pour l'autoroute A 1 en Pologne est ouvert. Et cette fois-ci, deux entreprises chinoises sont candidates.
lundi 16 novembre 2009
OBAMA en Chine, n’a pas sacrifié la défense des droits de l'Homme sur l'autel des grands dossiers
En Chine, Obama prononce un plaidoyer pour les droits de l'homme
"J'ai toujours été un partisan fervent de l'internet. Je suis un partisan farouche de l'absence de censure",
"Les libertés d'expression et de culte et l'accès à l'information, sont, nous le pensons, des droits universels",
NOUVELOBS. | 16.11.2009 | 12:28
Dans un discours à des étudiants, le président américain a déclaré que "les libertés d'expression et de culte et l'accès à l'information étaient des droits universels".
Le président américain Barack Obama a affirmé, lundi 16 novembre, que la Chine et les Etats-Unis "n'avaient pas à être des adversaires", tout en insistant sur la liberté d'expression, de culte et d'information, y compris en Chine, lors d'un discours à Shanghai (est).
Détendu et souriant, Barack Obama s'est adressé à des étudiants triés sur le volet, avant de répondre à leurs questions ou à celles d'internautes, au lendemain de son arrivée en Chine pour la première visite de son mandat.
Un format tranchant avec le protocole mais qui s'est inspiré des meetings qu'il avait organisés en 2008 durant sa campagne électorale.
Cependant, si des discours précédents de présidents américains avaient eu l'honneur d'être retransmis à la télévision nationale, celui de Barack Obama ne l'a été que par la télévision de Shanghai. Et avec le léger décalage qui peut permettre aux censeurs d'intervenir.
Pas de censure a priori
Le site internet de l'agence officielle Chine Nouvelle s'est contenté d'un compte rendu écrit, mais n'a apparemment pas été censuré, ce qui n'a pas été le cas de tous les portails chinois.
La "Chine et les Etats-Unis n'ont pas à être des adversaires", a dit Barack Obama, expliquant que des bonnes relations bilatérales pourraient apporter la "prospérité et la paix dans le monde".
"Les libertés d'expression et de culte et l'accès à l'information, sont, nous le pensons, des droits universels", a-t-il poursuivi devant quelques dizaines d'étudiants des plus grandes universités de la capitale économique de Chine.
"Ils devraient être accessibles à tous, y compris aux minorités ethniques et religieuses, que ce soit aux Etats-Unis, en Chine, ou ailleurs" a dit Barack Obama, se déplaçant sur une estrade où étaient assis des étudiants devant des drapeaux chinois et américain.
Avant sa visite, certains observateurs ou organisations avaient redouté qu'il ne sacrifie la défense des
Plaidoyer pour internet
Le président américain a aussi plaidé pour un internet sans censure, alors que la Chine maintient une vigilance extrême sur la Toile, censurant Facebook ou Twitter.
"J'ai toujours été un partisan fervent de l'internet. Je suis un partisan farouche de l'absence de censure", a-t-il expliqué, répondant à une question d'un internaute soumise par l'ambassadeur des Etats-Unis en Chine où il était question du "Great Firewall", comme est surnommé le système de filtrage chinois (jeu de mots reprenant Muraille de Chine et firewall, "parefeu").
Barack Obama, arrivé tard dimanche à Shanghai -- vitrine de la fabuleuse croissance économique chinoise depuis l'ouverture -- pour une visite jusqu'à mercredi en Chine, a également rendu hommage à la Chine "majestueuse" .
Il était attendu à Pékin dans l'après-midi pour un premier entretien politique avec le président Hu Jintao, et le quartier où il passera deux nuits a été hermétiquement bouclé par la police.
Grande popularité
Le voyage en Chine de Barack Obama est vu comme le point fort de sa tournée asiatique d'une semaine qui l'aura conduit de Tokyo à Singapour (sommet du Forum Asie-Pacifique), Shanghai, Pékin, avant Séoul.
Barack Obama a insisté dans un discours à Tokyo sur le fait qu'il voulait montrer à Pékin que Washington était non pas le rival mais le partenaire d'une Chine à la puissance de plus en plus affirmée. Ses entretiens dans la capitale devraient porter sur des grands dossiers complexes et parfois de contentieux: climat avant la conférence de Copenhague, différends commerciaux, niveau du yuan, prolifération nucléaire en Corée du Nord et Iran et droits de l'Homme.
Les Pékinois attendaient avec impatience le président américain, très populaire en raison de son charisme.
(Nouvelobs.com avec AFP
vendredi 13 novembre 2009
Chine : exécution de huit Ouïgours / Pékin réaffirme son opposition à une éventuelle rencontre Obama-dalaï lama
LE MONDE | 11.11.09
Huit condamnés à mort musulmans d'ethnie ouïgoure et un Chinois han ont été exécutés pour leur participation aux violentes émeutes de juillet à Urumqi, la capitale du Xinjiang, a annoncé, mardi 10 novembre, une porte-parole du gouvernement local, sans préciser la date de ces exécutions.
Vingt et un accusés avaient été condamnés en octobre, dont neuf d'entre eux à la peine capitale. Le 5 juillet, des milliers de Ouïgours avaient affronté la police et les Chinois hans lors d'émeutes qui ont fait, officiellement, 197 morts et plus de 1 600 blessés.
Le surlendemain, des milliers de Chinois hans avaient défilé dans les rues d'Urumqi dans le but de s'en prendre aux Ouïgours, une ethnie de langue turque.
Quelques jours avant la visite de Barack Obama en Chine, le département d'Etat américain a réagi à ces exécutions en demandant au gouvernement chinois d'assurer que le "processus judiciaire relatif aux violences d'Urumqi s'effectue dans la transparence".
Bruno Philip
Pékin réaffirme son opposition à une éventuelle rencontre Obama-dalaï lama
Actualités Chine le 11/11/2009 à 20h00 par AFP
La Chine a réaffirmé mercredi son opposition à ce que des dirigeants étrangers rencontrent le dalaï lama après l'évocation par un conseiller du président américain Barack Obama d'une rencontre possible entre ce dernier et le chef spirituel des Tibétains.
"La Chine est fermement opposée aux contacts entre le dalaï lama et des responsables de gouvernements étrangers", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang dans un communiqué.
"Notre position est cohérente et claire", a-t-il ajouté, réagissant à des propos de Jeffrey Bader, un conseiller de M. Obama pour les affaires asiatiques.
Lundi, M. Bader avait expliqué que le président américain, qui se rendra en Chine du 15 au 18 novembre dans le cadre d'une tournée asiatique, "était prêt à rencontrer le dalaï lama à l'avenir, quand le moment sera indiqué".
"Il l'a rencontré par le passé, quand il était sénateur, et il le rencontrera à nouveau", a-t-il expliqué
La décision de M. Obama de ne pas recevoir le dalaï lama quand il est venu aux Etats-Unis en octobre et de remettre à après sa tournée en Asie une rencontre avec le chef spirituel des Tibétains a suscité des critiques aux Etats-Unis.
Le dalaï lama est considéré par le gouvernement chinois comme un dangereux séparatiste, une accusation rejetée par le chef spirituel des tibétains.
vendredi 23 octobre 2009
Chine REPRESSION - Trois Tibétains ont été exécutés à Lhassa
NOUVELOBS.COM | 22.10.2009 | 12:24
Deux hommes et une femme ont été exécutés par l'armée chinoise pour avoir participé aux émeutes au Tibet en mars 2008.
Arrêtés après les violentes manifestations au Tibet en mars 2008, ils ont été exécutés mercredi dans la capitale tibétaine Lhassa, a déclaré dans un communiqué Gu Chu Sum, une organisation d'anciens prisonniers politiques tibétains basée à Dharamsala, dans le nord de l'Inde.
TroisTibétains, deux hommes et une femme, ont été exécutés par l'armée chinoise pour leur rôle dans les émeutes au Tibet l'an dernier, a affirmé jeudi 22 octobre une organisation de Tibétains en exil.
La tension monte à Lhassa
Des manifestations anti-chinoises, les plus sanglantes depuis 1989, avaient embrasé Lhassa et d'autres villes du plateau tibétain au moment où la Chine se préparait à accueillir les Jeux Olympiques d'été. En Europe, des appels au boycott des JO avaient été lancés en soutien à la population tibétaine.
En avril, deux Tibétains avaient été condamnés à mort après leur arrestation, faisant encore monter la tension d'un cran.
Un seul "insurgé" tué selon les forces de sécurité chinoises
Selon Pékin, les manifestants tibétains ont été responsables de la mort de 21 personnes lors des émeutes l'an dernier tandis que les forces de sécurité chinoises ont tué un seul "insurgé". Selon le gouvernement tibétain en exil,
La Chine avait accusé le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, d'avoir poussé la population à se révolter.
Devenu un symbole pour les opposants au régime chinois, le 14e dalaï lama vit en exil en Inde depuis qu'il a fui le Tibet après l'échec d'un soulèvement anti-chinois à Lhassa en 1959. Les autorités chinoises l'accusent de rechercher l'indépendance du Tibet, ce qu'il récuse.


mardi 20 octobre 2009
New Delhi-Pékin - Aggravation des tensions frontalières
LE MONDE | 16.10.09 Pékin Correspondant

L’Inde se plaint de constantes incursions de soldats chinois sur son territoire.
La Chine a beau être devenue le premier partenaire commercial de l'Inde, les relations entre Pékin et New Delhi traversent, sur le plan diplomatique, une période de turbulences caractérisée ces derniers jours par des échanges acrimonieux entre les deux capitales.
A la racine des difficultés entre les deux géants asiatiques, qui se sont brièvement affrontés en 1962, la question jamais réglée de leurs différends frontaliers, en l'absence d'une ligne formelle de cessez-le-feu : au nord-est de l'Inde, la Chine revendique l'Etat de l'Arunachal Pradesh, un territoire de 90 000 kilomètres carrés.
A l'ouest, l'Inde proteste contre l'occupation continue, depuis le conflit entre les deux nations, de 38 000 kilomètres carrés de territoire cachemiri, dans la région himalayenne de l'Aksai Chin.
Mardi 13 octobre, le porte-parole chinois du ministère des affaires étrangères, Ma Zhaoxu, a vivement protesté contre le récent passage du premier ministre indien, Manmohan Singh, en Arunachal Pradesh.
Une visite de haut niveau dans le territoire disputé ne manquant jamais de provoquer les foudres de la Chine : "Nous demandons à la partie indienne de tenir compte des sérieuses préoccupations chinoises et de ne pas provoquer de troubles afin de permettre un développement sain des relations entre la Chine et l'Inde", a déclaré M. Ma.
Quelques heures plus tard, son homologue indien, Vishnu Prakash, affirmait depuis New Delhi que l'Etat de l'Arunachal est "une partie intégrale et inaliénable de l'Inde" et exprimait "la déception et l'inquiétude" de New Delhi devant la réaction hostile de Pékin.
M. Prakash a insisté sur le fait que la visite du chef du gouvernement indien, le 3 octobre, n'avait rien d'exceptionnel et n'était qu'une visite de routine avant la tenue de prochaines élections locales dans cet Etat.
Projet "illégal"
Dans ce contexte déjà tendu, l'Inde a protesté, mercredi 14 octobre, contre "les activités chinoises" dans la partie pakistanaise du Cachemire après la signature le mois dernier entre Islamabad et Pékin d'un projet de construction de barrage dont le coût s'élève à plus de 12 milliards de dollars.
L'Inde estime qu'un tel projet financé par la Chine, vieille alliée de son rival pakistanais, est "illégal" dans la mesure où cette partie du Cachemire est un territoire disputé entre New Delhi et Islamabad.
A Pékin, la presse du régime publie ces jours-ci des éditoriaux amers contre l'Inde, comme vient de le faire, mercredi, dans sa version anglaise le quotidien The Global Times : l'Inde et la Chine "semblent avoir plus de raisons de se confronter que de trouver un terrain d'entente", écrit le journal qui regrette qu'"après plus de dix séries de négociations tenues à différents niveaux en plusieurs décennies, les deux pays ont échoué à progresser de manière significative (à propos de la question des frontières)".
Déjà en 2006, l'Inde s'était plainte de "centaines d'incursions de soldats chinois" sur son territoire et ne cesse depuis de protester contre la multiplication de "patrouilles agressives" côté chinois dans le secteur de l'Arunachal.
La tension n'a fait que croître. En juin, le général J. J. Singh, gouverneur de l'Arunachal et ancien chef d'état-major des armées, avait annoncé que l'Inde allait déployer deux divisions de 30 000 soldats le long de la frontière. Quelques jours plus tard, quatre chasseurs Sukhoi Su-30 MIK de l'Indian Air Force se posaient sur la base de Tezpur, en Assam, porte des Etats du nord-est.
En septembre, l'armée indienne a renforcé ses défenses dans les districts de Kinnaur, du Lahaul et de Spiti, situés le long de la frontière tibétaine. "La détérioration de la relation sino-indienne ne risque probablement pas de mener à un conflit à court terme, mais une confrontation soutenue aura de sévères répercussions économiques et politiques pour les deux parties", analyse à New Delhi Swaran Singh, professeur à l'université Jawaharlal-Nehru, spécialiste des questions diplomatiques et auteur d'un ouvrage sur la stratégie chinoise en Asie du Sud.
M. Singh perçoit dans l'agressivité chinoise la résultante du rapprochement entre l'Inde et les Etats-Unis sous l'administration Bush, qui avait inquiété la Chine : "Maintenant que la Maison Blanche souhaite des relations plus étroites avec Pékin et être moins encline à privilégier l'Inde - compte tenu de la question du contrôle des armements voulu par Barack Obama -, la Chine estime qu'il est peut-être temps d'exhaler une colère rentrée."
Bruno Philip
Note - Comment comprendre qu'un pays aussi vaste que la Chine puisse sans cesse convoiter er revendiquer d'autres territoires voisins ...? c'est le seul pays qui régulièrement proteste contre les décisions ou le comportement des autres chefs d'état ! Inouie ... non ?
mercredi 14 octobre 2009
Malgré la crise, la Chine compte 130 milliardaires en dollars
Aujourd’hui la Chine - le 13/10/2009
130 Chinois sont milliardaires en dollars. Ceux qui font fortune dans l'immobilier et l'investissement boursier ont été portés par le plan de relance. Le plus riche Chinois a lui fait sa fortune grâce aux batteries et voitures électriques.

Wang Chuanfu, est devenu l'homme le plus riche de Chine
Malgré la crise, la Chine compte 130 milliardaires (en dollars) et le premier d'entre eux est le numéro Un du groupe BYD (batteries et voitures électriques), selon le classement annuel des 1.000 Chinois les plus riches publié mardi par le magazine Hurun. Cependant, contrairement à Wang Chuanfu, le PDG de BYD, la plupart de ses pairs font fortune grâce à l'immobilier et la Bourse, deux des secteurs qui ont profité à plein des liquidités dégagées par le plan de relance du gouvernement.
"La richesse chinoise croît à une vitesse vertigineuse", a constaté Rupert Hoogewerf, fondateur du magazine, lors d'une conférence de presse. "Vous pouvez doubler le nombre réel de milliardaires à 260. Il y a encore un grand nombre de milliardaires qui ne sont pas connus et ont réussi à amasser leurs fortunes loin de l'attention du public à partir de l'immobilier, de la Bourse et des investissements", a-t-il affirmé.
Wang Chuanfu, qui a fait de son entreprise le numéro deux pour la production de batteries au lithium-ion et s'est lancé dans la construction automobile en 2003, a progressé de 102 places après la multiplication de sa fortune par plus de cinq à 5,1 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros).
La liste comprend 180 nouveaux membres, même si le "ticket d'entrée", par rapport à l'année dernière, a augmenté de 50% à 150 millions de dollars. Sept nouveaux se sont hissés dans les dix premiers, soit le bouleversement le plus important depuis la création de la liste en 1999.
Le numéro un de l'an dernier, Huang Guangyu, patron de Gome, premier distributeur chinois de matériel électrique et électronique, dégringole à la 17e place après avoir été arrêté à la fin de l'année dernière, soupçonné de manipulation des cours boursiers.
"Depuis 2004, le nombre de personnes avec une fortune d'au moins 150 millions de dollars a été multiplié par dix", a relevé M. Hoogewerf, précisant qu'ils étaient passés de 100 à 1.000. Selon le magazine, les marchés boursier et immobilier en plein boom ont permis aux 1.000 personnes les plus riches de Chine de disposer d'une fortune totale de 571 milliards de dollars au 15 septembre, contre 439 milliards de dollars l'année dernière.
A lire aussi:
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dimanche 4 octobre 2009
Dessin Mani Francisco - Anniversaire - La Chine : 60 ans
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samedi 26 septembre 2009
Paradis fiscaux - Contre l'impunité – Pétition citoyenne
Slovar - Blogueur associé | Jeudi 24 Septembre 2009
Hier soir, en direct de New-York, Sarkozy annonçait la disparition des paradis fiscaux. Personne n'est dupe. Pour Slovar, notre blogueur associé, inutile d'attendre de nos dirigeants la suppression des paradis fiscaux, passons à l'offensive en signant la pétition « Stop aux paradis fiscaux. »
Souvenez-vous, c’était il y a peu : les chefs d’Etat et de gouvernement n’avaient pas de mots assez forts pour condamner les paradis fiscaux, dont ils connaissaient au demeurant la localisation depuis bien longtemps ...
Nicolas Sarkozy, lors de la réunion sur la crise économique, écologique et financière, la construction européenne, la gouvernance mondiale, le dossier israélo-palestinien, la question du nucléaire iranien, le terrorisme international et l’Afghanistan et sur les relations franco-africaines, à Paris le 26 août 2009, était catégorique : « De premiers progrès, impensables il y a un an, ont été obtenus, notamment sur les paradis fiscaux, appelés « places non coopératives », puisque le mot même « paradis fiscal » était interdit dans les cercles diplomatiques internationaux. A Washington, la France avait été absolument la seule à se battre sur ce sujet ; à Londres, avec le soutien de la Chancelière Merkel nous avons arraché la publication d’une liste ; depuis, les avancées sont spectaculaires, c’est la fin du secret bancaire ».
Il ajoutait tout aussi formel : « La France appliquera sans attendre les règles les plus strictes qui existent sur le domaine international en matière de bonus, sans attendre que les autres les appliquent. Le rôle de la France, c’est d’être en initiative et pas de subir. C’est trop facile, alors que tant de gens souffrent, de dire « on attend que les autres bougent pour bouger ». Source La lecture de certaines déclarations ou attitudes parlent d’elles mêmes. La plus belle, d’où la réflexion de mon interlocuteur de Hong-Kong, concerne l’ancienne colonie britannique et sa voisine Macao, le Las Vegas Asiatique. Ces deux territoires, bien que répondant tout à fait aux critères des « juridictions non coopératives » selon l’OCDE....ne sont pas mentionnés aux cotés de la Suisse, du Luxembourg, d’Andorre ou de Singapour. Motif: ils appartiennent à la Chine, placée elle dans la liste « blanche » des Etats fiscalement irréprochables. Seule une note de bas de page, en caractères très fins, rappellent qu’ils doivent eux aussi mettre de l’ordre dans leurs conventions fiscales. Une vraie pirouette diplomatique.
Monaco : « Venez investir à Monaco, nous serons bientôt sur la liste blanche des paradis fiscaux. » S’adressant aux investisseurs potentiels en principauté, Franck Biancheri, conseiller du gouvernement monégasque pour les relations extérieures et les affaires économiques et financières internationales, a profité d’une conférence de presse solennelle, vendredi 18 septembre, pour promouvoir, avec des accents propres à une campagne de communication, « la nouvelle image plus positive de Monaco en matière de coopération fiscale ».
Le conseiller monégasque s’est efforcé de rassurer les investisseurs. Il a affirmé que ces accords prévoient l’échange de renseignements fiscaux « au cas par cas et sur des demandes fondées (...). Nous prendrons bien garde à la protection des données, la protection nominative des personnes et de la sphère privée ». Source
[...] Nicolas Sarkozy, interrogé par Le Temps, à l’issue du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE le 17 septembre, a éludé. Pour lui « l’affaire est actée et seul compte le critère des douze conventions fiscales modèle OCDE
Le président français a ensuite lancé l’idée d’interdire, s’il le fallait, aux établissement financiers de l’hexagone l’accès aux paradis fiscaux. Mais de réflexion sur les moyens d’assurer le suivi du G20, point. Car cela aurait conduit à reconnaître une réalité : plantés au coeur de l’UE et interdépendants de leurs voisins européens, la Suisse, comme le Luxembourg ou le Liechtenstein, ont de fait les pieds et poings liés, à des degrés divers selon leur taille, leur intégration ou non à l’UE ou leur système politique. Alors qu’à l’autre bout du monde, protégés de plus par l’opacité du système administratif chinois, Hong Kong et Macao peuvent dormir assez tranquilles. A une dizaine de milliers de kilomètres de l’Europe il est vrai. C’est à dire, à un clic de distance pour transférer des capitaux »... Source Le Temps.
Devant un tel enthousiasme de nos dirigeants, il est peut-être temps de leur faire savoir que les citoyens ne sont pas dupes. Car en fin de compte, on pourrait toujours arguer aux-dits citoyens que leur silence équivaut à l’adage « qui ne dit mot consent ». Le Monde.
Andorre : « Cet accord a été signé par Andorre dans le cadre de sa politique visant à sortir de la liste internationale des paradis fiscaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), conformément aux souhaits exprimés par le président Nicolas Sarkozy en février. « Ce n’est pas un échange automatique de données, c’est un échange entre administrations fiscales sur la base de dossiers précis, qui va dans les deux sens », a déclaré Eric Woerth lors d’une conférence de presse après la cérémonie.
Le chef du gouvernement andorran a pour sa part confirmé la volonté d’Andorre de poursuivre sur la voie d’une meilleure transparence bancaire et fiscale. « D’ici le sommet de Pittsburgh, Andorre n’aura pas les 12 accords (nécessaires pour sortir de la « liste grise » de l’OCDE) mais aura démontré qu’en quelques jours elle est arrivée à 5 signatures », a souligné Jaume Bartumeu le chef du gouvernement andorran. Source AFP/Google.
Liechteinstein : « A ce jour, la petite principauté alpine a signé sept accords d’échange d’informations ou de double imposition avec la France, l’Andorre, Monaco, l’Allemagne, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Elle a également paraphé trois autres accords, avec les îles St-Vincent et Grenadines, Saint-Marin et l’Irlande
L’objectif du Liechtenstein est de conclure d’ici à l’automne les 12 accords conformes aux critères de l’OCDE qui lui permettront de quitter la « liste grise ». Source Romandie.
Grande Bretagne et Etats-Unis : « L’obligation de divulguer le bénéficiaire final d’une entité interposée n’est pas incluse. Les structures/sociétés écrans (au Delaware ou à la City) permettant de conserver l’anonymat ne sont également pas visées ». Source Terra Nova.
Et enfin, la Chine. Nous vous donnons lecture ci-dessous d’extraits d’un article publié par le journal Le Temps.
« Les listes n’engagent que ceux dont les noms sont expressément cités ». Lâchée dans un sourire par un financier de Hong-Kong rencontré récemment, cette boutade en dit long sur les intentions du territoire en matière de coopération fiscale, malgré les pressions déployées par le G20. Petit rappel: le 2 avril à Londres, plusieurs pays dont la France exigent que l’OCDE publie une liste des « juridictions non coopératives ». Liste « noire » disent les uns. « Liste grise » disent les autres pour faire passer la pilule aux pays européens - dont la Suisse - furieux de se retrouver cités nommément alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE s’étaient engagés fin mars à ne pas en arriver là. Mais qu’importe. La liste de l’OCDE est au final publiée. Avec de jolies contorsions de plume...Vie Publique.
Défense de rire dans la salle !!!
Moins d’un mois plus tard, le ton s’est radouci et Christine Lagarde aborde certains de ces sujets avec une prudence quasi maladive.
« La question des paradis fiscaux constituera le second « défi » du G20. « Est-ce qu’on va se mettre d’accord (...) sur des sanctions qui seront prises (...) à l’égard de ces paradis fiscaux eux-mêmes ou à l’égard des acteurs économiques qui continuent de travailler avec eux ? » a déclaré hier Christine Lagarde ». Source AFP/Google.
Et oui, on est bien embêté en haut lieu lorsque le sujet est évoqué. Car, son collègue Eric Woerth a beau brandir des accords avec certains pays européens, on sent bien que la mise à mort des lieux d’évasion fiscale est remise... aux calendes grecques.
A ce titre, nous avons découvert et portons à votre attention une pétition qui porte le nom de « Stop paradis fiscaux ». Qui sont les « porteurs » de cette pétition ? La CFDT, la CGT, Solidaires, le SNUI (1), le Comité catholique contre la faim, Oxfam France, Agir Ici, Attac et la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires viennent de lancer un site Internet d’un nouveau genre. Intitulé « Stop paradis fiscaux » il fournit une mine d’informations sur le sujet. Surtout, il renouvelle complètement l’art de la pétition. Il permet de signer le texte en un clic, de suivre en temps réels le nombre de personnes qui l’ont signées, et surtout de les situer géographiquement sur une carte et même de savoir s’ils sont militants syndicaux, élus, chefs d’entreprise ou simples citoyens. Une mine d’infos pour créer des réseaux locaux et prolonger la pétition par d’autres actions. D’autant qu’il est très simple d’entrer en contact avec les autres signataires. Les paradis fiscaux font des ravages.
Le site permet aussi en quelques clics de faire connaître la pétition à tous ses amis sur Facebook, à tous ses contacts Twitter, à toute sa liste de diffusion (pour peu que l’on utilise Gmail, Yahoo ou MSN). Sans oublier bien sûr le petit logo « Stop paradis fiscaux » , qui l’on peut très simplement faire apparaître sur son site ou son blog.
Que dit cette pétition ?
Les paradis fiscaux plombent le budget des États.
Les dirigeants du G20 ont appelé, en avril 2009, à une action mondiale contre les paradis fiscaux. C’est une bonne nouvelle. Mais ce premier pas n’est pas à la hauteur du scandale. À quoi bon dresser, par exemple, une liste des paradis fiscaux si c’est pour la vider, aussitôt, de son contenu ?
Sans la présence des banques et des multinationales des pays du G20, les paradis fiscaux n’existeraient plus : 100% des entreprises et des banques françaises du CAC 40 y ont des filiales. C’est sur celles-ci que la France et la communauté internationale doivent agir !
Qui que l’on soit - citoyen, consommateur, militant syndical, élu local ou dirigeant d’entreprise - demandons davantage de transparence aux utilisateurs des paradis fiscaux. Ensemble, exigeons la disparition des paradis fiscaux !
Une campagne à l’initiative des organisations syndicales CFDT, CGT, Snui, Solidaires et des ONG Attac, CCFD Terre Solidaire, Oxfam France-Agir Ici et de la Plate forme paradis fiscaux et judiciaires.
Signer la pétition
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vendredi 25 septembre 2009
Sur les montagnes sacrées de Chine, le retour de la religion
Aujourd’hui la Chine - le 25/9/2009 à 12h37 par Robert Saiget (AFP)
Le bouddhisme fait un grand retour en Chine depuis quelques années et ce n'est nul part ailleurs plus visible qu'à Wutaishan, la première des quatre montagnes sacrées du pays, à 300 kilomètres au sud-ouest de Pékin.

Une nonne dans un temple sur le mont Wutai
"Je viens étudier sur la montagne Wutai parce que toutes les écoles du bouddhisme y sont représentées et entremêlées: bouddhisme zen, tibétain ou han (chinois)", explique Maître Shi, un moine itinérant. "C'est la terre sainte du bouddhisme... Les moines et les nonnes viennent de tout le pays y étudier", ajoute-t-il.
Après des décennies de communisme résolument athée, et même de violente répression pendant la révolution culturelle (1966-1976), les autorités laissent désormais un espace à la religion et aux églises, toujours sous étroit contrôle politique. Du coup, les temples revivent, dans les volutes de l'encens brûlé par les fidèles, et les moines renouent avec les traditions ancestrales de pèlerinage.
Shi, bure grise et crâne rasé, a fait de même, à la recherche du savoir, après avoir étudié le bouddhisme tibétain à Lhassa. Il a ainsi visité le temple de Hongfa, tout au sud de la Chine, dans la province du Guangdong, et celui du Cheval blanc, plus vieux lieu de prières bouddhiste de Chine, dans le Henan (centre).
Sur le mont Wutai, inscrit depuis juin au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, Shi a le choix: il y a aujourd'hui 53 temples habités de moines et de nonnes, au milieu des ruines de 150 autres disséminés dans la montagne. Le plus vieux remonte au 1er siècle et à l'introduction en Chine du bouddhisme venu d'Inde.
300 millions d'adhérents à une religion
Selon la presse officielle, il y aurait aujourd'hui 300 millions de Chinois adhérant à une religion alors que, longtemps, le Bureau des affaires religieuses a parlé de cent millions de croyants.
Le nombre de moines aussi a fortement progressé: "il y a vingt ans, alors qu'on se remettait juste de la Révolution culturelle" durant laquelle les temples avaient été détruits à grande échelle par les gardes rouges et les moines persécutés, "il y avait à peine quelques centaines de moines" à Wutaishan, note Yi Bo, porte-parole de l'Association Bouddhiste de la montagne. "Depuis, le bouddhisme n'a cessé de se développer et les moines d'affluer... Il y a trois ans, leur nombre a atteint les 5.000", dit-il.
Point trop n'en fallait: le gouvernement est alors intervenu pour restreindre le nombre de moines pouvant étudier dans les temples de la montagne sainte. Le soutien financier vient des donations des fidèles, explique Miao Yi, une des 600 nonnes de l'Institut Bouddhiste du temple Pushou, le plus grand couvent de Chine, bénéficiaire notamment de la générosité de bouddhistes de Taiwan et de Hong Kong.
L'an dernier, la montagne a attiré 2,8 millions de visiteurs qui ont apporté 1,4 milliard de yuans (146 millions d'euros) de recettes touristiques, selon les chiffres officiels. Cette année plus de 3,1 millions de touristes sont attendus.
Ce renouveau reste toutefois dans certaines limites. A Wutaishan, moines et nonnes ne se risquent pas à parler du dalaï lama, le chef spirituel du bouddhisme tibétain en exil, honni de Pékin qui lui prête des visées séparatistes. "Nous devons soutenir le patriotisme et l'unité nationale (...) les dirigeants du parti communiste et du système socialiste", avait déclaré Gen Tong, un dignitaire bouddhiste fin 2007 pour les 50 ans de l'Association Bouddhiste de Wutaishan.
"Par le passé, les empereurs de différentes dynasties (...) ont été des bouddhistes fervents", relève Yi Bo. Si aujourd'hui les dirigeants communistes pouvaient publiquement embrasser la foi "cela serait bien sûr très bénéfique pour nous", ajoute-t-il simplement.

