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mardi 29 septembre 2009

125ème semaine de Sarkofrance - l'Amérique lui porte la poisse

Juan - blogueur associé | Dimanche 27 Septembre 2009 EXTRAITS

125ème semaine de Sarkofrance. Même Laurence Ferrari s'en étonnait : l'agenda de Mister Président était vide aux Etats-Unis; Ce qui ne l'a pas empêché de multiplier les gaffes et de commenter la politique intérieure depuis Washinton, contre tous les usages institutionnels.

l'Amérique lui porte la poisse

C'était pourtant une opération de communication maîtrisée. Pour cette 125ème semaine de Sarkofrance, les équipes élyséennes avaient tout préparé: un sommet sur le climat, deux discours à l'ONU, une intervention à la télévision française mercredi, un Conseil de Sécurité jeudi, puis une conférence de presse à Pittsburgh. Sarkozy prenait de la hauteur. Mais voilà, ces vacarmes n'ont pas fait recette. A New York comme à Pittsburgh, le président français est apparu isolé. Et même là-bas, il a été rattrapé par des polémiques franco-françaises qui l'agacent. Un voyage raté.

Un agenda vide
C'était la plus longue absence présidentielle du territoire national: cinq longs jours hors de métropole. Même Laurence Ferrari, mercredi sur TF1, n'en revenait pas. A y regarder de plus près, Sarkozy n'avait pas grand chose à faire aux Etats Unis. Son agenda était désespéremment vide. A l'ONU, règlement oblige, ses deux interventions furent limitées à 15 minutes, comme pour n'importe quel des 140 autres chefs d'Etat qui se sont succédés à la tribune onusienne.

L'intervention française a été à peine commentée par la presse étrangère, plus attirée par les provocations verbales du Colonel Kadhafi et du président iranien. Mardi soir, la belle fête organisée par l'ambassade de France pour Nicolas Sarkozy a fait jaser: 400 000 euros aux frais du contribuables pour quelques 4 000 invités. La rigueur n'est pas pour tout le monde. Sarkozy a profité de son temps libre pour voir son fils Louis, et son ex-épouse Cécilia, en compagnie de Carla.

Clearstream ou série noire
Tandis que Nicolas Sarkozy s'envolait pour New York, le procès de l’affaire Clearstream débutait …

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On découvre , grâce à un rapport de police, qu'Ihmad Lahoud a fréquenté des proches de Sarkozy, tels François Pérol (l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée devenu patrons des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne), Nathalie Kosciusko-Morizet, actuelle secrétaire d'Etat à l'économie numérique, et Eric Woerth, le ministre du budget. Plus l’affaire se dévoile, plus on est tenté par une nouvelle hypothèse : depuis le premier jour des « révélations » sur ces comptes truqués, Sarkozy a choisi d’instrumentaliser l’affaire Clearstream à son profit. La "présumée victime" n'aurait-elle pas tenue un rôle plus important ?

Les bonus de Sarkozy

Mercredi, Nicolas Sarkozy a bafouillé son ignorance devant 12 millions de Français, lors de son interview enregistrée et diffusée sur France 2 et TF1. Il attribue par erreur aux normes prudentielles une vertu régulatrice inexistante des bonus bancaires. Il se trompe sur les effets du CO2 sur la couche d'ozone. Jeudi, le président français est arrivé en retard, "pour cause de jogging" (dixit Kouchner), à la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies, présidée par Barack Obama. Il a raté sa poignée de mains devant les photographes avec son homologue américain. Et Barack Obama en a profité pour imposer sa vision: plutôt que de fustiger l'Iran, il a dressé une nouvelle perspective. Le nucléaire militaire ne doit pas proliférer. Pour réduire les arsenaux nucléaires, Obama a solennellement demandé la conclusion d'un "traité de désarmement général et complet sous strict contrôle international" qui devra notamment prévoir l'interdiction de toute production de matériaux fissiles. Sarkozy est dépassé, marginalisé, écarté.

A New York, Nicolas Sarkozy avait réservé quelques minutes de son agenda pourtant vide à une interview televisée et enregistrée avec David Pujadas et Laurence Ferrari. 

A Pittsburgh, Nicolas Sarkozy semblait mal en point, incapable de convaincre ses interlocuteurs sur le micro-sujet des bonus de traders. La régulation financière est d'ailleurs un sujet sont trop technique pour lui. Obama était préoccupé par ses propres enjeux nationaux. Et les dirigeants du G20 pensaient surtout à la croissance mondiale. Sarkozy est seul à s'acharner, sans réelle proposition, sur le cas de quelques bonus quand les autres pensaient relance économique.

Du sommet du G20 à Pittsburgh, Sarkozy reviendra avec un maigre trophée: l'un des G20 de 2011 sera déroulera en France... à quelques mois de l'élection présidentielle.

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En France, la réalité rattrape la fiction
En France, la réalité rattrape la fictionLa consommation des ménages a baissé cet été. Christine Lagarde s’était réjoui d’un rebond en juin, confondant effet des soldes estivales et reprise économique. Sur un an, la chute est de 1,3% (dont 1,2% en juillet puis 1,0% en août pour les produits manufacturés). Jeudi, les chiffres du chômage sont tombés. Ils sont mauvais: 32 000 sans-emplois de plus. Jeudi encore, deux Rafales s'abiment en mer. Sarkozy avait annoncé trop vite qu'il en avait vendu 36 au Brésil il y a 15 jours. En fait, le constructeur Dassault espérait une réponse favorable de l'armée brésilienne courant octobre. Et vendredi, Dexia, la banque franco-belge sauvée de la faillite il y a à peine un an, annonce qu'elle va supprimer quelques 600 emplois supplémentaires. Dure réalité...

La mine grave, le président s'est livré à son exercice favori, une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques, sans contradiction ni relance de la part des deux journalistes. Depuis un an, le président français a tenté de divertir l'attention populaire. Parler bonus et paradis fiscaux plutôt que chômage, bouclier fiscal et relance. Mais cette fois-ci, le vacarme ne fait plus recette. Sarkozy s'empêtre dans ses mensonges : contrairement à ses dires, il n’a pas convaincu l’Europe d’imposer un plafonnement des bonus bancaires ; et ni les paradis fiscaux ni le secret bancaire n’ont été supprimés.

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dimanche 27 septembre 2009

Dessin de Plantu - G 20

Le Monde du 27 Septembre 2009

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mardi 12 mai 2009

Sanctionner les paradis fiscaux !

Anticor.org - lutter contre la corruption - 11 mai, 2009 –

Les paradis fiscaux ont profité de la liberté de circulation des capitaux pour happer les fonds circulant dans le système financier international à la recherche d’opportunités fiscales.

Les dirigeants du G20 n’exigent pas une remise en cause de la fiscalité attractive des paradis fiscaux, mais seulement l’échange d’informations, par le biais de Conventions bilatérales de non double imposition. Ils ont exercé une pression sur les paradis fiscaux non coopératifs en matière d’échange d’informations, en publiant des listes établies par l’OCDE. Une liste dite blanche, qui recense les Etats qui ont ratifié au moins 12 Conventions bilatérales de non double imposition en acceptant de se conformer à l’article 26 du modèle de Convention fiscale de l’OCDE, qui régit l’obligation d’échanger des renseignements.

Les Etats qui se sont engagés à ratifier moins 12 Conventions bilatérales de non double imposition incluant l’article 26 du modèle de Convention fiscale de l’OCDE figurent sur la liste grise. La liste noire, qui stigmatisait ceux qui ont refusé de prendre des engagements, est vide. Or, le critère des 12 Conventions bilatérales est discutable. L’article 26 du modèle de Convention fiscale de l’OCDE, qui fournit la norme la plus généralement reconnue pour l’échange bilatérale de renseignements à des fins fiscales, ne prévoit pas d’échange automatique d’informations : cet article établit une obligation d’échanger des renseignements qui sont “vraisemblablement pertinents” laissant ainsi une grande marge d’appréciation à l’Etat requis.

Par conséquent, l’obligation d’étayer par des soupçons toute demande d’entraide aux fins d’investigations fiscales réduit fortement la portée de ces avancées. En outre, l’Etat requis, pour contourner les engagements qu’il a officiellement acceptés, peut prétendre que le fraudeur présumé est introuvable.

Par ailleurs, les Etats qui se sont engagés à plus de transparence ne manquent pas de ressources pour contourner leurs obligations, puisque les dirigeants du G20 tolèrent l’existence de structures juridiques qui garantissent l’anonymat des bénéficiaires réels des capitaux, telles que les fondations et fiducies au Luxembourg, les trusts dans les pays de common law et les Anstalts au Liechtenstein.

Le magistrat De Maillard suggère d’instituer une registre international du commerce des sociétés et des personnes morales sous toutes leurs formes. De tels registres existent déjà dans un grand nombre d’Etats, mais ils ne sont pas compatibles entre eux et pas toujours accessibles au public. Ce registre international des entités juridiques et personnes morales serait tenu par chaque administration nationale, sous le contrôle d’une Autorité internationale de contrôle (AIC) qui pourrait être rattachée à l’ONU ou à l’OMC. Il serait accessible au public sur Internet et contiendrait toutes les données nécessaires à l’identification des propriétaires et dirigeants, la publication des comptes annuels de toutes les sociétés, etc. L’AIC aurait également une fonction de conservateur des secrets des affaires.

A cet égard, toute entreprise ou particulier désirant se soustraire aux obligations relatives à la publicité de ses activités (état civil des propriétaires et dirigeants, identité des bénéficiaires effectifs, publication des comptes annuels, etc.) devra remplir un dossier aurpès de l’AIC. Si le motif est jugé valable, l’AIC conservera l’information et ne la livrera qu’aux autorités de poursuites, soit à leur demande dans le cadre d’une enquête judiciaire, soit spontanément si les montages paraissent frauduleux.

Le refus de prendre en compte cette solution concrète et adaptée à l’ampleur des problèmes posés par les sociétés écrans suscite l’interrogation. Cette stratégie du recours au listage des paradis fiscaux non coopératifs n’est efficace que si elle est assortie de menaces de sanctions.

La question des éventuelles sanctions sera traitée en septembre prochain. 

Toutefois, les choses ne sont pas aussi simples qu’il y paraît. Plus aucun Etat n’est listé comme non coopératif en matière de lutte contre le blanchiment alors que le blanchiment continue. Les fraudeurs ont donc de beaux jours devant eux. En France, le ministre Eric Woerth étudie la méthode irlandaise de lutte contre l’évasion fiscale : pénalités limitées pour les fraudeurs qui se manifestent et dénonciation publique des autres une fois démasqués. Les irlandais acceptant de déclarer les comptes dissimulés dans les paradis fiscaux, paient leur dû et les intérêts de retard mais bénéficient de pénalités réduites, d’une garantie de l’anonymat et d’une absence de poursuites pénales. Le ministre Eric Woerth refuse d’accorder l’amnistie fiscale mais exclut toute dénonciation publique des fraudeurs qui devront acquitter l’impôt éludé, les intérêts de retard et d’éventuelles pénalités pouvant aller jusqu’à 80% des sommes dissimulées. Le manque à gagner est difficile à chiffrer mais sa récupération permettrait de résoudre bien des déficits.

Il ne reste plus qu’à espérer que les déclarations de bonnes intentions soient suivies de réelles avancées.

Chérifa Benbouaziz, Doctorante  “2isf”en droit et membre d’Anticor.

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vendredi 8 mai 2009

G20 de LONDRES - 570.000 euros de frais de bouche

NOUVELOBS. | 07.05.2009 | 15:02

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Les agapes du sommet du G20 de Londres, censé limiter les fastes face à une crise économique mondiale historique, ont couté 570.000 euros aux contribuables anglais.

Citant des chiffres officiels, le journal The Independent révèle jeudi 7 mai que les agapes des dirigeants des pays du G20 et de leur entourage, lors du sommet de Londres début avril, ont coûté environ 500.000 livres (570.000 euros) au contribuable britannique.

Les différents

dîners officiels organisés à la veille du sommet, censé limiter les fastes face à une crise économique mondiale historique, ont coûté plus de 66.000 livres au total, selon les chiffres du gouvernement obtenus par le quotidien.

Le Premier ministre

Gordon Brown avait invité au 10 Downing Street ses homologues du G20, dont le président américain Barack Obama, tandis que les conjoints et plusieurs célébrités dînaient à part, dans une pièce voisine, à l'invitation de Sarah Brown.

Jamie Oliver aux fourneaux
Le menu commun avait été mis au point par une jeune star de la cuisine britannique,
Jamie Oliver, avec notamment de l'agneau du Pays de Galles, des pommes de terre nouvelles de Jersey et des asperges de Cornouailles. Le tout arrosé de quelques grands crus dont une vingtaine de Château Pichon Longueville Comtesse De Lalande 1986, estimés à 140 livres la bouteille selon l'Independent.

Les ministres des Finances et des Affaires étrangères avaient eu droit à un dîner séparé à Lancaster House, au centre de Londres. Au total, une centaine d'invités "VIP" ont participé à ces trois dîners officiels, précise le quotidien.

Mais l'essentiel des quelque 500.000 livres d'argent public a été consacré aux frais du sommet à proprement parler, qui s'est tenu le 2 avril au centre de conférence Excel dans l'est de Londres. Les frais de bouche et de sécurité pour quelque 800 responsables, 200 personnalités, ainsi que les divers employés et interprètes, ont coûté quelque 435.000 livres.

On reste sans voix devant les dépenses somptueuses alors que le citoyen lambda se serre la ceinture...

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jeudi 30 avril 2009

Le G20 régule, Bruxelles recule

Libération – 29/04/09 – de Bruxelles – Jean Quatremer

Finance. La Commission européenne étudie un projet qui lâche la bride aux fonds spéculatifs. La Commission aime tellement les fonds spéculatifs (hedge funds) et autres fonds d’investissement (private equity) qu’elle est prête à se battre pour préserver leur liberté d’action, et ce, contre la volonté de la quasi-totalité des Etats membres de l’Union, du Parlement européen et même du G20 qui a appelé, début avril, à une réglementation de ce secteur accusé d’avoir amplifié la crise bancaire.

Le projet de directive qu’elle va présenter aujourd’hui n’est, en effet, qu’un épais (56 articles quand même) rideau de fumée qui dissimule son refus de leur imposer un contrôle réel. Pis : ce texte, en l’état, va faciliter leur travail dans l’Union alors qu’ils sont domiciliés à plus de 85 % dans des centres offshore - pour l’essentiel dépendants de la couronne britannique, comme les îles Caïman.

Paradis. Le père de ce texte, le commissaire chargé du Marché intérieur, l’Irlandais Charlie McCreevy* (lire plus bas), a toujours été un défenseur de ces fonds qui gèrent près de 2 000 milliards d’euros d’actifs. Pour lui, la réglementation des hedge funds est d’autant moins nécessaire qu’ils ne sont «pas la cause des turbulences actuelles». Ce qui est exact en première analyse. Mais c’est ignorer les montages financiers dont ces fonds sont parties prenantes et l’opacité dans laquelle ils opèrent grâce à leur domiciliation dans des paradis fiscaux. Néanmoins, sur la pression des Etats membres et du Parlement européen, le président de la Commission a demandé à Charlie McCreevy de préparer un texte encadrant ces fonds spéculatifs.

Or, dès décembre, lorsque les premières moutures ont été connues, l’inquiétude a grandi dans le camp des régulateurs. Ainsi, le Parti socialiste européen (PSE), emmené par Pervenche Berès, la très active présidente de la commission des Affaires économiques et financières, a écrit à Barroso, dès le 16 décembre, pour lui faire part de son indignation devant la mauvaise volonté de son commissaire… En dépit des assurances de Barroso, le PSE ne peut que constater qu’au final «il s’agit d’une pure opération de toilettage […] totalement inacceptable». La quasi-totalité des Etats membres, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et le Luxembourg (des pays dotés de majorité de droite) ou encore l’Espagne (socialiste) sont sur la même longueur d’onde.

Rien n’y a fait, McCreevy persiste et signe. Son idée est simple : les gestionnaires de fonds, et non les fonds eux-mêmes, devront, pour agir dans l’Union, se faire «enregistrer» auprès de l’autorité nationale de leur domicile en fournissant un certain nombre de renseignements (composition du fonds, domicile, etc.). Muni de ce «passeport» qui deviendra ipso facto «européen», ce gestionnaire pourra alors démarcher activement les investisseurs professionnels dans toute l’Union, même si son (ou ses) fonds sont offshore, ce qui lui est aujourd’hui interdit, notamment en France. Mieux : les fonds échapperont à toute régulation réelle (pas d’exigence d’un ratio de fonds propres, par exemple). Enfin, seuls les gestionnaires de fonds dotés de plus de 250 millions d’euros seraient concernés. Les autres pourraient agir librement. Dès lors, rien de plus facile que de diviser son fonds en plusieurs entités pour échapper à la régulation minimale souhaitée par la Commission.

Furieuse. Seuls Londres et Dublin, où sont domiciliés les gestionnaires de fonds les plus importants, sont satisfaits : ce sont eux qui délivreront en réalité le «passeport européen» et assureront une supervision qui sera minimale, comme aujourd’hui. Berlin est tellement furieux qu’il ne veut même plus discuter avec la Commission : il veut attendre que le projet de directive arrive devant le Conseil des ministres pour le bloquer et humilier publiquement Barroso, qui semble ne pas avoir compris que les temps ont changé.

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* Charlie McCreevy, l’ultra-libéral.

S’il ne reste qu’un «taliban du marché», ce sera lui, Charlie McCreevy. La crise bancaire et économique sans précédent que traverse le monde n’a pas fait évoluer le moins du monde le credo du commissaire européen chargé du Marché intérieur, comme le montre le projet de directive sur les hedge funds dont il est l’auteur principal. Il est vrai que cet ancien expert-comptable de 60 ans fut, en tant que ministre des Finances (de 1997 à 2004), l’artisan d’une dérégulation financière forcenée en Irlande. Que le tigre celtique y ait laissé sa peau ne l’a manifestement pas ému. S’il fut envoyé à Bruxelles, en 2004, c’est parce que son propre parti, le Fianna Fáil, ne savait plus quoi faire de cet «ultra libéral» qui, déjà à l’époque, était passé de mode.

C’est en parfaite connaissance de cause que José Manuel Durão Barroso lui confia, en novembre 2004, le portefeuille stratégique du Marché intérieur. Il ne pouvait pas ne pas savoir que l’un des derniers grands secteurs dont l’UE devait s’occuper pour achever le grand marché européen était justement celui des marchés financiers. Durant quatre ans, l’homme s’employa efficacement à ne rien faire ou plutôt à vanter le mérite des «codes de bonne conduite» et à torpiller toute tentative de régulation ou de supervision financière. Ce projet de directive, véritable pied de nez au monde, sera son testament : il ne sera pas reconduit dans ses fonctions lors du renouvellement de la Commission européenne, en novembre.

vendredi 24 avril 2009

Quand la crise va, tout va

Rebuts de presse – 16/04/09 – Didier Jacob

En somme, la crise ne se porte pas trop mal. Depuis qu’elle a réussi, au G20, son augmentation de capital. Oui, la crise, c’est ce qui marche le mieux en ce moment. Avec les nouvelles technologies et le green business. Je parie qu’elle va faire de sacrés bénéfices cette année. En hausse de 3000% par rapport à l’année dernière. On devrait l’introduire en Bourse. Le titre, m’est avis qu’il ne tarderait pas à flamber.


C’est qu’il y a quelque chose de christique dans cette affaire-là. Cette multiplication des pains (pardon, des milliards). Ce n’est plus à Lourdes qu’il faut guetter les miracles. C’est dans le portefeuille des grands de ce monde. Il n’y avait plus rien, et voici que, tiens, on avait oublié qu’il restait du pognon. La mémoire vous joue de ses tours, parfois ! Et attention, pas qu’un peu. Pas de la petite ferraille !
C’était donc une vente aux enchères à l’envers, le G20, mais en milliards de dollars.

Oui, j’investirais dans la crise, si j’étais vous. C’est tout de même plus sûr que l’immobilier. Avec cette recapitalisation, ça ne risque pas de fermer boutique du jour au lendemain. Le département le plus florissant de la boîte, c’est celui de la prospective. Ils sont un certain nombre à bosser là-dedans. A prédire quand la crise finira. 2010, a dit DSK. Il n’en sait rien mais, comme le vendeur qui doit faire du chiffre, DSK est payé à la bonne nouvelle. Et puis il doit avoir l’air de manager son affaire. Pas de flottement. Tout est sous contrôle. En 2010, on pourra faire à nouveau les magasins. Bien sûr, à trop annoncer la fin de la crise, DSK risque de mécontenter ses actionnaires. Et même de faire couler la boîte. Vous voyez pas que la crise dégraisse! Délocalise? Mon Dieu, si les salariés de la crise, à leur tour, séquestraient DSK!


Petite PME au temps des méga-profits boursiers, la crise est devenue le plus gros employeur de France. Tiens, je me demande si je ne vais pas lui envoyer mon CV. Hélas, comme le reste, la crise est appelée à finir. 2010, peut-être pas, mais enfin, le Monde l’annonçait encore il y a quelques jours, les signes sont là. La Banque mondiale, une institution qui, on le reconnaîtra, fait rarement dans le sensationnel, a même parlé de «rayon d’espoir». Bien, ils y mettent des gants, les gars de la Banque mondiale, pour nous annoncer que la crise touche à sa fin. «Rayon d’espoir». Espoir, c’est déjà pas sûr à 100%, mais alors rayon !


Strauss-Kahn, lui, sait parler au vulgum. Son message doit porter, comme dans la pub. Disons qu’il se rapproche davantage de la réclame pour les déodorants Impulse que d’un rapport bimestriel du Conseil économique et social. Vous savez, l’effet magique de DSK. N’empêche: lui, au moins, redonne un rayon de moral. Alors que le communiqué de la Banque mondiale fait plutôt dépistage du cancer du sein. On va tous crever, mais il y a quand même une goutte de ciel bleu. Même tonalité au Financial Times: «Il y a une lueur d’espoir que le Royaume-Uni ait touché le fond.» Lueur, vous croyez que c’est mieux que rayon ?

L’avantage, avec la crise, c’est qu’elle sous-traite largement. Attali, par exemple. Depuis que le monde va mal, il exulte avec un air attristé. Est-ce qu’il ne pourrait pas rigoler un peu, celui-là? Vous me direz qu’il a trop à penser. Prédire l’avenir à deux cents ans, ça demande un peu de concentration, pas comme ce flemmard de DSK qui ne voit pas plus loin que le bout de l’année prochaine.
Minc, que Match a également convié à cette séance de divination, lui c’est Mazarin, c’est le cardinal. C’est Richelieu si vous voulez. Rien ne le fait jouir comme d’actionner, seul, tous les leviers du pouvoir.

Et Arthus-Bertrand? Lui aussi est de la fête et Attali l’énerve: «Moi, ce sont les dix prochaines années qui m’intéressent.» Quand Jacques vient de claironner, royal, napoléonien, nostradamusicien: «Le siècle qui vient verra le retour de l’inflation.» Au fait, qu’en sait-il? Et ceci, qui fait bondir Yann: «J’écoute les experts qui disent qu’il y a encore du pétrole pour un siècle.» Merveilleuse langue de bois de la rhétorique attalienne. Il sort de son chapeau des experts qui n’existent pas, leur fait dire ce qui lui chante, et écrase toute résistance sous la botte du mot qui ronfle: siècle.

La vérité, c’est que tout le monde patauge. La fin de la crise n’existe peut-être pas, car il n’est pas dit que l’économie soit un système intelligent muni d’un bouton «reset», comme le laisse croire Kurt Andersen dans l’article de Time (6 avril, «The great reset»). Quand les chiffres perdent leur sens, parce qu’ils dépassent ce que l’imagination peut même entrevoir, les pompiers du capitalisme puisent dans un vieux fonds métaphorique hérité de la révolution industrielle, qui parle aux gens, qui les rassure, parce qu’il y a, en chacun de nous, un prolo qui sommeille et un mécanicien du dimanche.

Combien de fois n’a-t-on pas lu, ces derniers mois, que l’économie, telle un moteur, allait «repartir»? Il faut «réparer», «réviser» le système, lequel va finir, inéluctablement, par «redémarrer». Et s’il n’y avait pas de bouton «reset»? Si, cette fois, l’économie mondiale, cette Peugeot 403 break en fin de parcours, était simplement bonne pour la casse ?

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mercredi 22 avril 2009

Scotland Yard perd la face – Le «bobby» n’est plus ce qu’il était

LE MONDE | 18.04.09 | Londres correspondant

Ian Tomlinson, le vendeur de journaux mort la veille de la tenue du G20 à Londres, a succombé à une hémorragie abdominale et pas à une crise cardiaque. Le policier anti-émeute qui l'avait violemment poussé par-derrière est désormais entendu pour "homicide involontaire".

Les conclusions, rendues publiques le 17 avril, d'une seconde autopsie ont choqué les sujets du royaume, habitués à plus de civilité de la part de leurs policiers. "L'ont-ils tué ?" : à l'instar de la "une" de The Independent, les Britanniques essaient de comprendre comment la Metropolitan Police (MET), alias Scotland Yard, a pu commettre pareille bavure, qu'ils ont longtemps cru réservée aux continentaux.

D'autant que la première force du royaume a menti sur les circonstances de la mort, le 1er avril, du marchand de journaux, âgé de 47 ans, qui ne participait pas à la manifestation contre le système financier.

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……………………

Devant l'avalanche de critiques sur le comportement de ses effectifs lors des deux jours de manifestations contre la tenue du G20, le nouveau commissaire en chef de la capitale, Sir Paul Stephenson, s'est engagé à revoir les procédures de maintien de l'ordre, notamment pour les Jeux olympiques de 2012. "Sorry."

En présentant ses "sincères regrets" à la famille de Ian Tomlinson, Sir Paul n'a pas perdu sa légendaire politesse d'ancien bobby.

Marc Roche

Le "bobby" n'est plus ce qu'il était

LE MONDE | 18.04.09

Fondée en 1829 par Sir Robert Peel sous le nom de Scotland Yard, cette police se voulait au départ une force de prévention des délits. De là vient la tradition du bobby non armé, îlotier rassurant et flegmatique, connu dans tout le voisinage, qui veille à la sécurité des écoliers et renseigne les touristes.

Mais face aux émeutes raciales ou anti-Thatcher, au terrorisme nord-irlandais ou islamiste, le pays de l'habeas corpus (une garantie instaurée dès 1679 contre les détentions arbitraires) a conféré à ses forces de l'ordre des pouvoirs de plus en plus étendus, appuyés sur une informatique tentaculaire et un vaste réseau de télésurveillance.

Ces dernières années, deux grosses bévues ont mis en exergue les dysfonctionnements de la police londonienne, forte de 30 000 policiers en uniforme et de 15 000 en civil. La mort de Jean-Charles de Menezes, ce Brésilien pris à tort pour un kamikaze et abattu froidement le 22 juillet 2005 à Londres, quelques jours après les attentats dans les transports, a directement mis en cause son chef, Ian Blair, limogé en octobre 2008.

Le meurtre de Stephen Lawrence, un lycéen noir assassiné en 1993, avait donné lieu à une enquête bâclée. Un rapport officiel avait mis en lumière le racisme "institutionnalisé" de Scotland Yard.

M.R.

aboby

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mardi 21 avril 2009

DEXIA - L'ancien patron a reçu 825.000 euros

NOUVELOBS. | 21.04.2009 | 10:57

Au bord de la faillite, Dexia a été sauvée grâce à l'injection de 6,4 milliards d'euros par les Etats français et belge. L'administrateur délégué avait officiellement renoncé à son indemnité de départ.

lundi 20 avril, Axel Miller, l'ex-patron de la banque franco-belge Dexia, a reçu une indemnité de départ de 825.000 euros après avoir annoncé fin septembre sous la pression du gouvernement français, qu'il ne demanderait aucun dédommagement suite à sa démission.

Outre cette indemnité, Axel Miller a perçu 636.500 euros en 2008 au titre de son salaire fixe sur 9 mois, selon le rapport.
Sous la pression du gouvernement français, qui avait menacé de ne pas débloquer l'argent nécessaire au sauvetage de la banque, Axel Miller avait officiellement renoncé, fin septembre, à l'indemnité de 3,7 millions d'euros initialement prévue en cas de départ.
"Je ne demanderai pas le paiement d'indemnités de départ", avait-il alors déclaré dans un communiqué.

6,4 milliards d'euros injecté par les Etats français et belge

Dans son communiqué, Axel Miller avait expliqué s'en remettre "à la sagesse du conseil d'administration pour déterminer (...) le bilan de [son] action au sein du groupe Dexia".
Une porte-parole de la banque a précisé que le conseil d'administration avait ensuite décidé de lui attribuer 825.000 euros d'indemnité, équivalente à une année de salaire fixe.

L'entourage de la ministre de l'Economie Christine Lagarde a précisé que les représentants de l'Etat et de la Caisse des dépôts au conseil d'administration "ont voté contre" cette proposition qui émanait du comité des rémunérations, "mais ne sont pas majoritaires".

Au bord de la faillite, Dexia a été sauvée fin septembre grâce à l'injection de 6,4 milliards d'euros par les Etats français et belge ainsi que par la Caisse des dépôts (CDC).
Au terme de cette opération, la CDC a porté sa participation à 17,6% du capital, ce qui en fait le premier actionnaire de l'établissement. Les Etats français et belge détiennent chacun 5,73%

Victime d'investissements risqués, principalement aux Etats-Unis, la banque a accusé sur l'année 2008 une perte nette de 3,326 milliards d'euros, dont 2,6 milliards au quatrième trimestre.

Après le G 20 : Vive le changement ... et les belles promesses de l’Etat ?

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dimanche 19 avril 2009

L’argent propre qui pollue tout

L’argent propre qui pollue tout

Siné Hebdo – 15/04/09 – Laure Noualhat

les banquiers ont promis d’être propres. Un mot mal choisi quand on sait qu’ils financent à tour de bras les projets qui font la part belle au pétrole, au nucléaire et autres agro carburants.

« Green Deal » ou pas, il ne faut pas se leurrer l’injection de 5 000 milliards d’euros dans une économie mondiale souffreteuse va surtout soutenir les investissements bien salissants. Même si, à Londres, les 20 maîtres du monde ont promis, la main sur le gousset, que les fonds allaient servir une relance « résiliente, durable et verte ».

Devenues vertueuses pour rosser leurs traders, les banques tortillent un peu du costume trois pièces pour s’attaquer aux changements climatiques, à la défense des écosystèmes, à la préservation d’un environnement viable. Elles n’hésitent jamais à financer de gros projets polluants : grands barrages,oléoducs, autoroutes, aérodromes,… J’en passe des vertes et des centrales nucléaires. « Etant donné les impacts climatiques énormes du secteur financier via l’allocation de capitaux et d’investissements, il est absolument nécessaire de mettre en place des standards climatiques pour tout le secteur financier » explique Johan Frijns, coordinateur du réseau BankTrack qui surveille les investissements des banquiers. Les banques ont pourtant adopté récemment deux initiative : les principes Climat et les principes Carbone. Qui restent apparemment purement théoriques. « Aucun ne s’attaque aux risques climatiques induits par les financements bancaires avec la rigueur, l’urgence et l’ambition nécessaire », déplore Johan Frijns.

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Voyons un peu. La banque européenne d’investissement (BEI) est impliquée dans le projet de l’oléoduc Tchad-Cameroun, la mine de cuivre de Mopani en Zambie u le projet hydraulique des hauts plateaux du Lesotho, qui ont tous conduit à de graves violations  des droits humains, des pollutions des eaux, des sols, et à des situations sanitaires désastreuses… Pour info, la BEI est le plus gros bailleur public au monde en termes de volume de prêtes. Quant à la Banque mondiale,c’est le pompon. Depuis un an, elle pratique un lavage de cerveau très rafraîchissant pour nous faire croire à son exemplarité,notamment par le biais de la création de nouveaux « Fonds d’investissement pour le climat ». En 2008, la France a glissé un chèque de 420 millions d’euros, en toute discrétion, pour abonder un de ces fonds : l e « Fonds pour les technologies propres ». Tellement propres que le comité de gestion du fonds s’est accordé la possibilité d’investir dans les centrales à charbon et les agro carburants, deux activités qui, comme chacun sait, sont environnementalement et socialement irréprochables…

Même hypocrisie chez les argentiers privés. Soixante institutions financières dans le monde ont signé les principes d’Equateur qui leur permettent d’octroyer leur financement, « à condition que les projets respectent des normes volontaires environnementales et sociales ». BNP Paribas, pour ne citer qu’elle, vient d’adopter ces principes (cinq ans après leur création…). Cela ne l’empêche pas de financer la centrale nucléaire de Belene (Bulgarie), le projet pétrolier et gazier Sakhaline II en Russie, le projet d’extension du barrage de Theun-Hinboun au Laos. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

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vendredi 17 avril 2009

G20 : Après l'apolitisme financier, retour à l'économie politique

PAR GERARD DELALOYELargeur.com

Les sommets de Londres (G20) et Strasbourg (Otan) ont confirmé le charisme d'Obama. Mais le bilan est en demi-teinte: bonnes intentions en matière de régulation financière et ferme rappel des ambitions militaires.

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A Londres, une page d'histoire a été tournée le 2 avril. Le libéralisme débridé, néoconservateur à l'origine mais vite dévoyé en un apolitisme cynique sur fond de fièvre financière, va devoir faire une petite place à l'économie politique. Avec une perte d'autonomie de la haute finance internationale et un retour en force de gestionnaires contrôlés par les politiques.


C'est pour le moment la principale leçon que l'on peut tirer du sommet du G20. Les décisions annoncées sont en elles-mêmes trop vagues pour que l'on sache concrètement de quoi demain sera fait. Nous en avons un exemple criant dans la manière dont la guerre aux paradis fiscaux a été transformée en une faible chiquenaude: mettre en noir quatre chiens galeux, couvrir de gris une poignée de concurrents et blanchir ceux qui sont américains, britanniques ou chinois n'a pas de quoi susciter l'engouement des petits contribuables qui sont, eux, trop fréquemment étranglés par les impôts. Mais une tendance se dessine qui ne peut que croître. Dans les relations internationales, il faut des années pour qu'un projet prenne consistance, a fortiori s'il s'agit de gros sous.


De même, les mesures annoncées pour réguler le système financier (contrôles des établissements financiers, augmentations par sécurité de leurs fonds propres, renforcement des institutions financières internationales...) permettent de constater que plutôt de poser les bases d'un renouveau du capitalisme mondial, le G20 s'est surtout attaché à parer aux tâches les plus urgentes. Notamment en cherchant à fluidifier la circulation des capitaux. Ce sont des mesures cosmétiques qui évitent d'achopper sur le fond du problème, le type de société dans lequel nous vivons.


Or si la crise actuelle perdure comme l'annoncent de savants augures, il faudra bien avoir le courage de mettre sur la table des prochains sommets les fondamentaux:

- Les disparités mondiales (nord/sud; ville/campagne) et la croissance vertigineuse de mégalopoles invivables et incontrôlables.

- La société de consommation et ses gaspillages monstrueux.

- La destruction de l'environnement à commencer par l'air et l'eau.


Au lendemain de la réunion du G20, le sommet anniversaire de l'OTAN a été plus clair. Sans que cela soit exprimé formellement dans les textes, on sait aujourd'hui que l'OTAN prend, volens nolens, le rôle de gendarme mondial prévu (mais jamais vraiment activé) dans la charte fondatrice de l'ONU. Un rôle bancal puisque le président Obama suit ses généraux dans leur guéguerre contre la Russie en maintenant l'installation d'un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque.


Le renforcement de l'intervention armée en Afghanistan et au Pakistan rappelle quant à lui les errements de la politique vietnamienne de Kennedy dans les années 1962/1963 quand il accrut la présence militaire américaine dans le Sud du Vietnam, se laissant prendre dans un engrenage qui, peu à peu, provoqua la catastrophe dont Obama ferait bien de se souvenir.


Kennedy aussi misait sur un Etat fantoche (comme l'est celui de Kaboul aujourd'hui) pour encadrer les villages avec l'aide de conseillers et isoler l'ennemi communiste. Il s'ensuivit dix ans de sanglante boucherie et, pour finir, un retrait humiliant.


Un bilan en demi-teinte, donc. Avec des bonnes intentions en matière de régulation financière et un ferme rappel des ambitions militaires. Deux éléments contradictoires en apparence seulement. En réalité, le sympathique président américain a annoncé au monde que ses pouvoirs sont limités. Et que les Etats-Unis dépendent toujours et avant tout, pour la satisfaction des besoins quotidiens de leur population, de la croissance de leur complexe militaro-industriel.

Posté par werdna à 02:16 - Economie - Finances - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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