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lundi 2 novembre 2009

CNCCFP - L'argent des politiques agace

Ouest-France 28 octobre 2009

CNCCFP. Retenez bien ce sigle : Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Il en est beaucoup question dans le livre « L’argent des politiques » (Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, chez Albin Michel). Pour dire qu’elle n’a aucun pouvoir.

C’est aussi l’avis de plusieurs de ses membres, dont Philippe Séguin, depuis que Rachida Dati et Christine Albanel lui ont adressé des documents qui minimisent considérablement leur fortune.

Les pouvoirs de la CNCCFP sont si limités que les élus peuvent déclarer à peu près ce qu’ils veulent. Pourtant, il y en aurait des choses à vérifier…

9782226192967m

Pourquoi les hommes politiques, en France, sont-ils aussi mal à l’aise en face de l’argent ? Ont-ils des raisons d’avoir mauvaise conscience ? Y a t-il un poids de l’histoire qui explique cette méfiance proche d’une certaine paranoïa ?
Christophe Dubois, journaliste sur TF1, et Marie-Christine Tabet, journaliste au Journal du Dimanche, ont enquêté sur ce sujet qui reste, étrangement, tabou. Ils ont interrogé une centaine d’élus et de membres de cabinets ministériels et ont rencontré les hauts magistrats qui ont pour mission de veiller à l’application des textes, au demeurant nombreux. Du luxueux appartement de Jacques Chirac à la villa de Julien Dray, des amis fortunés de Ségolène Royal à ceux de Nicolas Sarkozy, des petits travers des uns aux grandes combines des autres, tous, ou presque entretiennent des rapports ambigus avec l’argent.
Alors peut-on parler de liaisons dangereuses ? Le financement des campagnes électorales reste, aujourd’hui encore, souvent aux frontières de l’illégalité, sans que celle-ci soit toujours sanctionnée. Et l’enrichissement de la classe politique est une réalité sur laquelle, par complaisance ou par familiarité sociale ou mondaine, les instances en charge du sujet ferment les yeux depuis vingt ans.
L’argent honteux, l’argent facile et l’argent sale.
Un document choc, ni moralisateur, ni complaisant.

lundi 12 octobre 2009

Patrimoine : les cachotteries de Dati

Ouest-France lundi 12 octobre 2009

L'eurodéputée a omis de signaler au Parlement européen qu'elle avait créé une société de conseils aux entreprises.

Trois mois après son élection au Parlement européen, Rachida Dati, l'ex-garde des Sceaux, est la cible d'une polémique sur la compatibilité de ses activités de député et d'entrepreneur. S'est-elle dérobée à ses obligations de transparence en omettant d'indiquer, dans la déclaration individuelle d'intérêts financiers, une société de conseil qu'elle a créée ?

L'ancienne ministre a déposé les statuts d'une société baptisée « La Bourdonnais Consultants », après son élection à Strasbourg. Toutefois, elle n'a pas mentionné l'existence de l'entreprise dans la déclaration individuelle d'intérêts financiers qu'elle a remise aux services du Parlement européen.

Cette déclaration est exigée par le Parlement pour éviter tout conflit d'intérêts. Or c'est ce qui aurait pu se produire si Rachida Dati, qui est membre de la commission économique et monétaire et de la commission de l'industrie, avait obtenu, comme elle le souhaitait, la rédaction du crucial rapport sur les fonds spéculatifs.

« Mme Dati est tout à fait en règle avec le Parlement européen. Elle n'exerce absolument aucune activité qui la mette en situation de conflit d'intérêts », affirme son cabinet, précisant qu'elle ne percevait aucun revenu de La Bourdonnais Consultants, société pour l'heure « inactive ».

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dimanche 17 mai 2009

Régression - Gérard Leclerc, Dati, état pas droit

Marianne2 Philippe Bilger - Blogueur associé | Vendredi 15 Mai 2009

Si la nomination de Stéphane Richard à la tête de France Telecom a été exemplaire, celle de Gérard Leclerc annonce une nouvelle régression de l'état de droit.

Un bonheur tout de même. 

L'Etat de droit s'est avancé sur la scène démocratique, modestement certes, mais on ne peut plus jouer les difficiles ni faire les délicats.

Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, a spontanément saisi la commission de déontologie pour savoir si sa prochaine nomination à France Télécom ne contreviendrait pas à la réglementation.

L'instance de régulation, échaudée par la triste affaire Pérol, a accompli son travail avec un sérieux et une rigueur exemplaires. Si elle a validé le changement, elle l'a assorti de contraintes et de restrictions qui, loin de porter atteinte à l'honneur de Stéphane Richard, donnent tout son prix à l'avenir professionnel qui l'attend. Stéphane Richard ou l'anti-Pérol en quelque sorte. Une bouffée bienfaisante de normalité.

Une inquiétude cependant. Richard Michel, qui était depuis 2003 le remarquable président de la LCP-Assemblée nationale, a été remplacé par Gérard Leclerc, frère de Julien Clerc et ami du président de la République,
si on se souvient d'une vidéo qui ne nous avait rien caché à ce sujet.

Ce changement est d'autant plus choquant qu'il a été opéré par le président Bernard Accoyer en dépit du vote du comité de sélection - par 8  voix contre trois - en faveur du maintien de Richard Michel alors, qu'outre Gérard Leclerc, il y avait deux autres candidats (Le Parisien).

Ce comité n'est pas un quelconque comité Théodule mais il est composé de députés représentant toutes les tendances de l'Assemblée. C'est à désespérer. Si le mérite, la compétence, le travail et la réussite tant vantés par le candidat Sarkozy ne sont plus des critères valables pour le président de la République qui, semble-t-il, n'a pas été pour rien dans cette surprenante nomination, je me demande bien comment les êtres qui n'auront que leur talent à faire valoir franchiront les épreuves où le Pouvoir aura à statuer.

Chacun n'a pas un chanteur dans sa famille et le président de la République ne donne pas son amitié à tout le monde. Quand on est le meilleur, qu'on est reconnu pour tel mais qu'on est « viré », on fait quoi, on sourit ?


Etat tordu, état pas droit

Pour Gérard Leclerc, je me souviens juste de sa démagogique et  grossière interview, sur France 2, de Jean-Marie Le Pen qui avait eu le tort d'être présent au second tour des présidentielles.

Quant à Richard Michel, je le connais et, à plusieurs reprises, j'ai apprécié la qualité et la rigueur du professionnel. Encore récemment, lors d'un débat sur la suppression du juge d'instruction qui a marqué les esprits.

Enfin, une exaspération.

Je trouve que Rachida Dati ne nous amuse plus lorsque, de la Chancellerie, elle s'en prend sans nuance, et à deux reprises, à Elisabeth Guigou.

L'Union syndicale des magistrats (USM) nous fatigue quand elle comprend de travers une réplique du garde des Sceaux à Roland Dumas dans le magazine Entreprendre.

Evoquant la réforme de la carte judiciaire, Roland Dumas qualifiait le corps judiciaire de « réactif » tandis que son interlocutrice épinglait comme « très sournois » magistrats et avocats  parce qu'elle avait eu le sentiment « d'être poignardée dans le dos ».

Tout cela atteint le comble du ridicule. La ministre dément avoir tenu ce propos très plausible dans sa bouche et l'USM, feignant l'indignation et surestimant la blessure, veut l'assigner en justice. On n'a donc rien de mieux à proposer que ce combat honteux et dérisoire de chiens et de chats, que cette querelle de bas étage qui montre une Chancellerie hors sujet et  ce grand syndicat qu'est l'USM  plus du tout en phase avec ce qu'attend l'opinion publique de la justice ? L'Etat pas droit.

On applaudit. On s'étonne. On s'indigne. Toute la gamme.
Pendant ce temps, la France vit tant bien que mal.

Retrouvez les articles de Philippe Bilger sur le site Justice au singulier ici

vendredi 3 avril 2009

Suicides en prison: Quand Rachida Dati se fait boycotter

20 Minutes -  le 03.04.09

    PRISON - Contre toute attente, le psychiatre Louis Albrand a refusé d'assister à la remise, à la Chancellerie, de son rapport sur la prévention du suicide en prison...

Dati rhabillée pour l'été. Contre toute attente, le psychiatre Louis Albrand a boycotté jeudi matin la remise à la Chancellerie de son rapport sur la prévention du suicide en prison, un acte rarissime de la part d'un «chargé de mission» d'un ministre. Raison invoquée par l'expert: l'absence de «volonté politique» de Rachida Dati, sur le point de quitter le ministère pour codiriger la liste UMP en Ile-de-France aux élections européennes.

«Très inquiet sur l'évolution de la situation dans les prisons (115 suicides en 2008, et onze rien que pour la première quinzaine de 2009, ndlr), j'en appelle au prochain garde des Sceaux et au gouvernement pour s'attaquer sérieusement à l'humanisation» du milieu carcéral, a fait savoir jeudi le Dr Albrand.

Une attaque réfutée par la Chancellerie, qui a regretté une «polémique absurde». «Il n'y a aucun doute sur la volonté politique de la garde des Sceaux», a réagi son porte-parole Guillaume Didier, faisant état de son «incompréhension totale de l'absence du Dr Albrand».

Dans son rapport commandé en novembre 2008, le psychiatre à la tête d'une commission de vingt-neuf membres, présente une vingtaine de propositions : meilleure formation des personnels, création d'«une grille d'évaluation du potentiel suicidaire» de chaque détenu, mise en place d'interphones dans les cellules, bannissement des «points d'arrimage» (barreaux aux fenêtres, support TV...) pouvant servir à se pendre, etc.

Albrand a assuré qu'il ne laisserait pas «enterrer» son travail. L'un des membres de la commission a aussi mis en cause «l'interventionnisme» de l'administration pénitentiaire pour retoucher le texte de 155 pages.

Le praticien a surtout déplu en demandant des moyens supplémentaires, «ce qui n'est pas recevable pour le ministère», a commenté Céline Verzeletti, de la CGT, l'un des trois principaux syndicats pénitentiaires à avoir appelé mercredi à un «blocage progressif» des prisons à partir du 4 mai pour dénoncer le «mépris total» de la Chancellerie.

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samedi 7 février 2009

Rachida Dati, la biographie d’une intrigante

24 Heures Suisse – 06/02/09

L’icône française de la diversité fait les frais d’une biographie non autorisée. Les auteurs livrent le nom du père présumé de sa fille Zohra.

RACHIDA2

Au chamboule tout de la biographie non autorisée, un ministre chasse l’autre. Avec boîtes de conserve et casseroles empilées explosant sous les balles de papier. A peine la polémique Kouchner ouverte, celle de Rachida Dati rebondit avec la publication de "Belle-Amie", de Michaël Darmon et Yves Derai.

Le Nouvel Obs en livre les bonnes feuilles, cette semaine, dévoilant au passage le nom du père présumé de Zohra, sa fille, qui serait selon les auteurs, le procureur général du Qatar, Ali Bin Fetais al-Marri.

Dans ce "Belle-amie", la Garde des sceaux est dépeinte comme l’arriviste du roman de Maupassant, ne connaissant d’ami que marchepied et de morale, que le pouvoir et l’argent. La figure d’une diversité enfin assumée aux plus hautes fonctions de la République, est dépeinte comme une intrigante, habile à séduire des mentors qui ont fait son ascension. Elle est exceptionnelle, fulgurante, exemplaire. Si emblématique de l’époque. Une réussite arrachée à l’énergie et au piston qui l’a menée jusqu’à Nicolas Sarkozy, son modèle, son idole.

Dévotion à l’hyperprésident

La fille de M’Bark, l’ouvrier marocain et de Zohra l’Algérienne, partage avec le président, l’ambition, le coup de sang et le sans-gêne de celui qui s’est battu contre tous pour arriver. Son action au service des réformes sarkozystes à la Justice n’a d’autre inspiration que sa dévotion à l’hyperprésident et s’embarrasse peu de la technicité du ministère et de la contradiction juridique? La gamine des HLM, mariée de force avant de reprendre sa liberté, devenue un modèle d’executive woman, est perçue comme une intruse dans la magistrature si distinguée et vieille France? Qu’importe. Elle a tous les droits puisqu’elle a l’oreille du Prince.

Elle fut l’entremetteuse de réconciliation de Nicolas avec Cecilia. Cela suffit. Mais la France aime descendre en flamme ce qu’elle a porté aux nues. La polémique sur ses diplômes, son frère délinquant, les démissions dans son cabinet, son manque d’à-propos dans la gestion de décisions judiciaires contestables, et l’agacement croissant du président la mèneront à la disgrâce.

Après 20 mois au Ministère de la justice, elle est annoncée sur le départ. Pour la bonne cause: une place de numéro 2 sur la liste UMP aux Européennes en Ile de France. L’hallali est sonné. A l’UMP, il n’y a guère que l’ex premier ministre et Raffarineur du Poitou pour la défendre. Sa promotion comme candidate ressemble à un exil. Et ce livre à une valise.

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lundi 26 janvier 2009

UMP: petites humiliations entre amis

Coups droits - 26/01/2009 – Alain Auffray

..Ce samedi, au Palais de la Mutualité, le lancement de la campagne européenne de la droite avait un goût amer.

A la tribune du conseil national de l'UMP, Nicolas Sarkozy était pourtant fier de son casting. Entre deux conférences à Charm el-Cheikh,  il a pris le temps de choisir un à un les candidats qui animeront les huit listes de la majorité pour  le scrutin de juin prochain. "Un rendez-vous essentiel" selon le chef de l'Etat qui prodigue à ses troupes ce conseil d'expert:

"Une famille politique c'est fait de gens qui aiment le combat et la prise de risque. Choisissez des responsables qui ont envie. Chaque fois qu'on oublie cette règle, on a des désillusions".

« Strasbourg, purgatoire politique pour Dati

La  salle, bien sûr, applaudit. Mais y a t-il, ce samedi à la Mutualité, un seul militant pour  croire à cette fable. On en doute. Personne n'ignore que Rachida Dati était loin "d'avoir envie" de cette candidature.  Déjà maire du VIIe elle se voyait plutôt tête de liste dans la capitale aux élections régionales de  2010. Elle  n'a pas eu le choix. C'était à prendre ou à laisser. Pour Sarkozy le "rendez-vous essentiel" sera l'occasion de mettre un terme à la carrière ministèrielle du "symbole" dont il était si fier. Pour sauver les apparences, il en fait des tonnes:

"Mettre Rachida à la tête de la liste, avec Michel Barnier, c'est une décision historique. (...) Ils vont faire le plus formidable tandem complémentaire que la vie politique française ait connu depuis longtemps !".

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Vendredi, quand  sa "candidature" a été connue,  Dati est restée muette toute la journée. Samedi  matin elle avait péniblement digéré sa disgrâce; "oui, je vais au parlement européen" nous a-t-elle confirmé, ajoutant quelques mots aimables pour cette institution.

Tandis que les candidats sélectionnés sont appelés à la tribune de la Mutualité, portés par  la musique de MGMT poussée au maximum, deux spectateurs cachent mal leur mélancolie.

Rama Yade n'a pas fini pas de payer d'avoir osé dire non à Sarkozy. Elle est bien placée pour savoir comment ont été choisi les "gagneurs" que l'UMP prétend envoyer à Strasbourg. Samedi, elle a été publiquement blâmée par le chef de l'Etat:

"Qu'est-ce que c'est que cette attitude qui consisterait à dire que l'Europe ce n'est pas ce qu'il y a de plus important pour l'avenir de notre continent. (...) Dans notre famille politique, j'ai plus de respect, d'amitié, de reconnaissance pour ceux qui conduiront le combat que pour ceux qui suivent le combat des autres. Quand il faut gagner, on n'a pas besoin de suiveurs. On a besoin de gagneurs."

Rama Yade regarde autour d'elle. Tous ces leader de l'UMP n'ont-ils pas construit leurs carrières nationales sur des mandats nationaux ? Elle veut faire pareil. Comme Dati, elle s'intéresse aux élections régionales de 2010. Elle le dira cette semaine à Nicolas Sarkozy avec qui elle a rendez-vous.

A deux pas de la mélancolique secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Alain Lamassoure est dégouté. Il se sent trahit. Lâché. Spécialiste des questions européennes, il est reconnu, bien au delà des frontières de son parti, comme un des meilleurs élus du parlement de Strasbourg.

ump2

"Je suis le seul à avoir renoncé à tous mes mandats locaux pour me consacrer entièrement au Parlement européen" .

Sarkozy lui a préféré Dominique Baudis, au motif que ce dernier serait une meilleure "locomotive  électorale". Lamassoure, l'un des principaux concepteur du traité de Lisbonne (le "traité simplifié") doit se contenter d'une humiliante troisième place sur la liste Baudis, ce qui laisse  peu de chance d'être élu.

Samedi, au bureau politique de l'UMP, le plus européen des dirigeants de l'UMP est le seul à s'être abstenu lors du vote de validation des candidats aux européennes…

.

Rachida Dati, candidate forcée;  Rama Yade non-candidate punie; Alain Lamassoure élu sacrifié.

L'UMP  d'abord, l'Europe ensuite ...

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lundi 19 janvier 2009

Comment réussir la réforme de l'instruction ?

Ouest-France – 19/01/09 – Dessin de Chaunu 

Nicolas Sarkozy veut supprimer le juge d'instruction. Quelles garanties devront entourer la nouvelle procédure pénale ?

Les jours du juge d'instruction sont comptés. Alors que Nicolas Sarkozy vient d'annoncer son projet de modifier le rôle de ce juge, la réforme est déjà en marche. Rachida Dati, ministre de la Justice, a entamé une série de rencontres avec des magistrats, avocats, professeurs de droit, élus...


La commission présidée par Philippe Léger rendra un rapport d'étape fin février, avant de remettre son rapport définitif fin juin. Le président de la République souhaite qu'un texte de loi soit soumis au Parlement avant la fin 2009.


Le contenu de la réforme reste imprécis. On sait juste que Nicolas Sarkozy veut remplacer le juge d'instruction par un « juge de l'instruction » qui n'aurait plus pour mission d'enquêter (à charge et à décharge) sur les affaires pénales les plus complexes. Plusieurs questions se posent. Quel sera le rôle de ce nouveau juge ? Qui mènera l'enquête ? Quel sera le statut du procureur de la République et des membres du parquet ? Quelle sera la place de la défense ? Que deviendront les affaires les plus sensibles, politiques ou financières ?

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jeudi 15 janvier 2009

Breloques et vanités à la grande rentrée de la Cour de cassation

Le Canard Enchaîné du mercredi 14 janvier 2009 – Dominique Simonnot 

Les hauts magistrats ne sont pas rancuniers. Traités l’an dernier de « petits pois » par Sarkozy, « tous pareils et sans saveur », ils se pressent pour l’accueillir, le 7 janvier, à la grande rentrée de la Cour de cassation.

Seuls les gradés ont été invités. Il y a même tous les virés du cabinet Dati qui font la queue pour entrer, battant la semelle dans le froid. « On dirait des SDF » se moque un méchant. Les autres, les petits juges, la piétaille, manifestent contre la cérémonie, de l’autre côté du Palais de Justice, en soufflant dans des cornes de brume. Vulgaire.

Dans la salle dorée de la cour, pendant ce temps là, arrive le chef de l’Etat. Tout le monde debout. Chacun retenant son souffle. Non, pas possible ? On dirait que Sarkozy rigole… !

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Et le voilà , en plus, qui parle de lui, son sujet fétiche. On peine à compter le nombre de « je » qui ponctuent son discours. Très vite, on en est à 5 : « Oui, le mot est lâché, j’ai dit pouvoir judiciaire… ». Au 17ème « je » (page 2 de son discours), il raconte sa vie : « …lorsque j’ai été l’objet d’accusations fallacieuses ou d’instrumentalisations intéressées, c’est à la justice que j’ai demandé protection et réparation… » Quel hommage !

A l’annonce de la mise à mort du juge d’instruction, on atteint le 45ème « je ». Après le 51ème, il faut avaler cette leçon de droit : « Est-il besoin , pour qu’une loi soit prise au sérieux, de l’assortir de nouvelles incriminations pénales ? » Stupéfiant, dans la bouche de l’homme des peines planchers, de la rétention de sûreté et autres procès fous. Une vibrante évocation d’Antigone, un 56ème « je », et c’est enfin fini. Vient le temps des congratulations. En haut des marches !

Le Premier président et le procureur général serrent la main de leurs collègues engoncés, comme eux, dans de splendides robes rouges, et, pour les plus belles, ornées de majestueux drapés de fourrure. Des dépouilles de malheureux écureuils y pendent, parmi une avalanches de croix et de breloques. Symboles d’une folle indépendance, toutes ces médailles ont été épinglées sur leur fier poitrail, par autant de ministres.

« On dirait un défilé d’ours déguisés » se moquait Philippe Boucher, il y a trente ans dans son livre « Le ghetto judiciaire ». Rien n’a changé.

Sur le site du ministère de la justice, on peut admirer, aujourd’hui, les photos de cette grande fête. Un peu gâchée. A cause d’une erreur d’objectif.., Sarkozy et  les plus hauts magistrats du pays présentent des faces de gnomes. A faire trembler n’importe quel ours…

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mardi 13 janvier 2009

Itinéraire d’une enfant Dati

Du blog Ruminances – Décembre 2008

D.A.T.I. Quatre lettres pour un jeu de maux. Avec ça, on ne gagnera jamais au scrabble mais on peut devenir championne d’échecs. C’est ce qu’a réussi au delà de toute espérance, la nouvelle égérie de chez Dior, notre pétulante garde des sceaux.

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A l’aube d’un prochain remaniement ministériel où elle devrait logiquement céder sa place, son bilan personnel restera assurément dans les annales de la place Vendôme. Déclarations à l’emporte pièce. Bourdes à répétition. Dépenses somptuaires. Démission en chaîne des conseillers de son cabinet. Incohérence de sa politique pénale. Hostilité manifeste à son égard de la quasi-totalité de la magistrature. Impressionnant. En moins de deux ans, la dame aux dents longues n’aura pas fait dans la demi-mesure…

Tout avait pourtant bien commencé. Dix frères et sœurs, début de scolarité chez les Carmélites, enfance paisible au sein d'un milieu modeste issu de l’immigration. En attendant son heure de gloire, l’ambitieuse jeune femme entre en 1987 comme chargée d’études chez Elf grâce à son PDG de l’époque et futur garde des sceaux, Albin Chalandon. Elle l’avait connu à 21 ans lors d’un cocktail à l’ambassade d’Algérie auquel elle s’était invitée au culot. Ce jour-là, elle avait vaille que vaille décidé d’aborder l’homme influent. « Je lui ai parlé comme si ma vie en dépendait.» avouera-t-elle ensuite.

En 1990, elle croisera Jean-Luc Lagardère lors d’une remise de prix et deviendra auditrice chez Matra. Puis elle rejoindra Jacques Attali à la BERD. Avec de tels mentors, son irrésistible ascension était désormais inéluctable… Sur les conseils de Simone Weil, rencontrée grâce à Chalandon, elle entre en magistrature. Sans avoir besoin de passer le concours de l’Ecole Nationale de Magistrature, toujours grâce à Chalandon qui la parraine. Devenue substitut du procureur, elle frappera plus tard à la porte de Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly et s’imposera à lui comme une évidence. Conseillère place Beauveau puis porte parole pour l’élection présidentielle, elle se dévouera totalement à la cause de son idole. Elle dira :« Etre avec Nicolas Sarkozy, ce n’est pas simplement un engagement à droite : c’est le choix d’un homme».

Un trajectoire parfaite, un itinéraire sans fausse-route qui la conduisent en 2007 quasi naturellement à la plus haute marche du ministère de la Justice. Et c’est là que les choses se corsent. Enfin pas tout à fait d’entrée. Place Vendôme, elle mène grand train jusqu'à faire exploser son budget réception. Copine de Cécilia, chouchou du président, elle applique à la lettre la mission que lui a confiée Sarkozy. Elle est sa muse politique, son double féminin. Comme chez lui, l’urgence tient lieu de méthode. Elle réforme à la hussarde la carte judiciaire des tribunaux et en supprime un bon paquet. Ça commence à grogner dans les rangs des magistrats mais qu’importe, la belle arriviste est invitée, suprême consécration, à passer ses vacances aux States avec le couple Sarkozy.

Entre temps, à peine deux mois après son intronisation place Vendôme, les premières démissions de ses conseillers commencent à tomber. Son propre directeur de cabinet puis trois autres conseillers, son chef de cabinet puis deux autres encore. A ce jour, on dénombre plus d’une quinzaine de départs volontaires dans l’entourage de la coquette. Son second directeur de cabinet, démissionnaire également est devenu depuis Recteur de Paris. Il paraît selon Darcos via le Canard, qu’il serait « à genoux, complètement explosé». Pas facile de bosser avec mademoiselle, elle cause pas, elle flingue !

Sur le terrain, elle impose une politique liberticide. Tel un bon petit soldat, elle remplit les prisons respectant les consignes répressives venues d’en haut. Les résultats ne se font pas attendre. Pénurie de personnels, surpopulation carcérale et suicides en série. Magistrats et gardiens de prison ne sont pas loin de l’overdose. D’autant qu’elle met en cause des magistrats chargés de l'incarcération d'un mineur qui s'est suicidé à la prison de Metz indigne même le Conseil National de la Magistrature.

Une fois de plus, il y a eu trop de précipitation dans la réaction de l’impétueuse Rachida… Comme dans l’affaire Vittorio de Filippis où elle justifie maladroitement la procédure humiliante. Comme quand elle déclare vouloir faire emprisonner les jeunes délinquants à partir de douze ans. Plus royaliste que le roi lui-même. A chaque fois désormais, lui et même Fillon n’hésitent pas à la désavouer publiquement. Car la donne a changé. Elle ne figure plus dans les petits papiers du chef.

Recherche absolue de l’ivresse des cimes, soif frénétique du pouvoir, désir inextinguible d’urgence, on songe parfois à Julien Sorel, le héros de Stendhal. Bien évidemment, on ne souhaitera pas à la future maman ce destin tragique. En attendant, gageons qu’elle gagne un peu d’humanité dans ses nouvelles fonctions…

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samedi 10 janvier 2009

L'intégration par le travail

Le Canard Enchaîné

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