samedi 8 mars 2008
Le gazole s'envole, les routiers sont à la peine
Ouest-France – 08/03/08 – Marc LAMBRECHTS
Jacques Pineau est transporteur aux Herbiers, en Vendée. Pour contrer la hausse vertigineuse du carburant, il demande une visibilité minimale.
« On rentre 33 000 litres de gazole tous les deux jours. » Jacques Pineau est transporteur aux Herbiers (Vendée). Il regarde avec un peu d'angoisse l'un de ses 100 camions avaler goulûment le précieux liquide à la pompe de l'entreprise.
En 1997, le litre de gazole valait 50 centimes d'euros. Hier, Pineau l'a acheté 1 €. « Et dire que mes camions font 8 millions de kilomètres par an ! », fait la moue le président de la Fédération des transporteurs routiers de Vendée. Un département riche en transporteurs de toutes tailles (250) qui sait, comme toute la profession, qu'il va devoir vivre longtemps avec un baril à 100, puis bientôt 120 dollars.
Manque de visibilité
« La difficulté, c'est de répercuter cette hausse auprès de nos clients », confie Jacques Pineau. Il y a quinze ans, le poste carburant, c'était 15 % de la facture clients. Aujourd'hui, c'est 25 %. Un gouffre pour le client, même si le transport n'a qu'un impact très limité sur le prix final d'un produit. Dans l'incapacité de répercuter cette hausse quasi quotidienne, de tous petits transporteurs ont déjà disparu.
Les professionnels ont déjà joué de tous les leviers pour alléger la facture : consommation moyenne abaissée de 50 à 32 litres aux 100 km, partenariat avec les constructeurs pour améliorer le rendement des moteurs, formation à la conduite « douce ». Autre levier avec la loi de 2005 dite du « pied de facture ». Principe : à chaque hausse du gazole, le transporteur indique sur sa facture la part de hausse (ou la baisse !) finale imputable au client : « Dans un secteur où la marge bénéficiaire va de 1 % à 2 %, c'est ce qui nous a permis de garder la tête hors de l'eau », estime Jacques Pineau.
Aujourd'hui, il demande au gouvernement un peu plus de visibilité sur le prix d'un carburant qui fluctue trop vite : « Il faudrait, un mécanisme stabilisant le prix pour une semaine, un mois, afin qu'on puisse annoncer à nos clients un prix net à l'avance. »
« Avalanche » de dépôts de bilan pour l’Unostra
L’Unostra qui représente les PME du transport routier, affirme que « les effets dévastateurs « de la hausse du prix du carburant se traduisent par une « avalanche de dépôts de bilan » d’entreprises du secteur de moins de vingt salariés. Elle met à leur disposition une boîte à lettres électronique (gazoletropcher@unostra.com) afin de recueillir des témoignages concrets et chiffrés qui serviront à alerter les pouvoirs publics.

samedi 16 février 2008
«La création des commissions n'est qu'un massage de l'esprit public»
Libération – 15/02/08 - propos recueillis par imanol Corcostegui
Pour Dominique Reynié, politologue et professeur à Sciences Po Paris, la création frénétique de commissions par Nicolas Sarkozy ces derniers mois relève à 100% de la stratégie politique.
Quel est l'intérêt pour Nicolas Sarkozy de mettre en place un si grand nombre de commissions?
Selon moi, il y a trois raisons à cette stratégie politique.
D'abord, c'est un excellent moyen pour Nicolas Sarkozy d'affaiblir l'opposition et de recentrer son positionnement politique après une campagne présidentielle conduite très à droite. Les commissions permettent d'ouvrir le spectre idéologique. Le meilleur exemple reste quand même Jacques Attali, supporter n°1 de Ségoléne Royal et qui six mois plus tard, écrit littéralement le programme du quinquennat du Président.
Créer des commissions permet également de juguler la contestation politique. Tous les intellectuels qui intègrent ces commissions pourraient potentiellement, en tant qu'experts, critiquer la politique de Nicolas Sarkozy. En les intégrant, ils s'abstiennent de parler, faisant valoir leur devoir de réserve car ils se retrouvent dans une position très inconfortable. A partir du moment où Jack Lang est rentré dans la commission Balladur, il n'a plus fait preuve de sa verve habituelle.
Enfin, il y a un dernier effet : Sarkozy contrôle ainsi le climat idéologique, choisit les thèmes qui font l'actualité. C'est un massage de l'esprit public destiné à l'assouplir.
Au milieu de ces commissions, quel rôle pour les parlementaires et les ministres ?
Dans le cadre de ce régime hyper présidentiel, les commissions empêchent le Parlement d'accomplir ans le cadre de ce régime hyper présidentiel, les commissions empêchent le Parlement d'accomplir ses dernières missions. Beaucoup d'acteurs politiques institutionnels, comme le Conseil économique et social, se retrouvent affaiblis.
Pourtant, les parlementaires ont souvent écrit tout au long de la Ve République des rapports remarquables, qui ont donné naissance à de grands projets de loi. Des rapports tout à fait légitimes puisque les parlementaires sont des élus du peuple.
La différence, et on le voit bien avec le rapport Attali, c'est que ces commissions savent pratiquer la communication d'entreprise et rentrent dans le cadre de la politique spectacle du Président. Et ça, l'Assemblée ne sait pas le faire, elle publie un rapport et voilà! Ces commissions deviennent des épées de Damoclès au-dessus des parlementaires : s'ils ne sont pas bons, Sarkozy créera une commission.
A quoi bon composer tant de commissions et ne pas appliquer leurs conclusions?
C'est la preuve que la création des commissions relève purement et simplement de la stratégie politique. Le but n'est absolument pas d'en utiliser les conclusions. La commission n'est qu'un outil politique. On le voit bien : au moment de la composition de la commission Balladur, Nicolas Sarkozy a assuré qu'on ne toucherait pas au préambule de la Constitution. Finalement, il charge lui-même Simone Veil de s'en occuper.
D'ailleurs, je constate que ces commissions ne trouvent jamais de solution originale aux problèmes posés.
N'y a-t-il pas un risque à agir de la sorte?
Si. D'une part, c'est très périlleux pour un gouvernement de ne pas réfléchir par soi-même et de créer une commission au premier souci venu. Surtout que Nicolas Sarkozy a bâti sa victoire aux présidentielles sur ses idées, et qu'à peine arrivé au pouvoir, il demande, qui plus est à des membres de l'opposition, de trouver des solutions aux problèmes de ce pays.
D'autre part, c'est problématique de ne pas utiliser les conclusions de ces commissions. Dans l'affaire des taxis, le gouvernement a reculé à la première petite difficulté. De toute façon, ce n'est jamais bon de faire du bruit pour rien.
vendredi 15 février 2008
La dynastie Sarkozy
20 minutes – 12/02/2008
Jean S. fait de la politique. Ou du théâtre. Ou les deux. Son frère fricote avec des rappeurs. Carla Bruni S. fait de la pub. Nicolas S. fait le super président et emmène maman S. en voyage officiel en Chine... Et les autres?

Décryptage de la dynastie Sarkozy...
Le père
Pál Sárközy de Nagybocsa, né en Hongrie il y a presque 80 ans s'est exilé en France dans les années 40 ans où il a fait carrière en tant que publicitaire. C'est à cette occasion qu'il a francisé son nom en Paul Sarkozy.
La mère
Andrée Sarkozy, née Mallah, est issue d'une famille de juifs Sépharades chassés d'Espagne. Elle a épousé Pal avec lequel ils ont eu trois garçons. Après son divorce en 1959, elle a mené une carrière d'avocate au barreau de Nanterre.
Elle avait déclaré après le second divorce de son fils Nicolas qu'elle ne souhaitait pas que celui-ci se remarie. Dommage!
Le fils aîné
Guillaume Sarkozy, 56 ans. Chef d'entreprise, il fût longtemps connu du grand public pour être le n°2 du MEDEF. Aujourd'hui, il aimerait bien entrer au conseil de surveillance du quotidien «Le Monde».
Le fils cadet
François Sarkozy, 49 ans. Pédiatre de formation, le plus discret des fils Sarkozy oeuvre du côté de la recherche biotechnologique. Il est aujourd'hui vice-président du conseil de surveillance du groupe de pharmacie BioAlliance Pharma.
Il est marié à Sophie Douzal. Ancienne attachée de presse du joaillier Mauboussin, elle dirige aujourd'hui sa propre agence de com'.
Le fils prodige
Nicolas Sarkozy, président de la république française depuis 2007. What else?
Sa première épouse
D'origine corse, Marie-Dominique Culioli a épousé Nicolas S. en 1982. Ils auront deux enfants, Jean et Pierre. Depuis leur divorce, elle est quasi invisible.
Sa seconde épouse
Cécilia Ciganer-Albéniz fût pendant cinq mois première dame de France avant de divorcer d'avec son président de mari. Depuis, on l'aperçoit en photo dans les magazines people aux côtés de son ancien amant, le publicitaire Richard Attias.
Sa troisième épouse
D'origine italienne, Carla Bruni-Tedeschi fut d'abord top model dans les années 90, puis chanteuse. À la surprise générale, elle a épousé dans le plus grand secret Nicolas S. le 2 février 2008. Elle devrait sortir son troisième album dans le courant de l'année.
Le fils aîné de Nicolas S.
Pierre Sarkozy a 22 ans et aime le rap. Officiant sous le pseudo de Mosey, ce dernier a déjà composé pour Poison. Et le duo avec belle-maman, c'est pour quand?
Le second fils de Nicolas S.
Sans pseudo, Jean Sarkozy a, à 21 ans, déjà beaucoup fait parler de lui. Pour avoir eu un accident de scooter peu glorieux d'abord. Puis pour avoir été pressenti pour jouer dans une pièce de théâtre aux côtés de la fille de Bernard Tapie.
Finalement, il est entré en politique comme papa et joue les trouble-fêtes aux municipales à Neuilly-sur-Seine...
Le fils cadet de Nicolas S.
Louis Sarkozy n'a que 11 ans, mais le fruit de l'union entre Nicolas et Cécilia a déjà eu son moment de gloire. Son «Bonne chance mon papa» au meeting du Bourget en 2004 est déjà dans les annales. De la graine de vainqueur, sans aucun doute.
mardi 12 février 2008
A Kourou, Sarkozy plaide pour un engagement européen d'exploration de la planète Mars
Challenges.fr | 11.02.2008 | Emmanuel Jarry
KOUROU - Nicolas Sarkozy a plaidé lundi pour un "programme mondial" d'exploration de la planète Mars lors d'une visite au centre spatial de Guyane Française !
"Parce que Mars est là et que Mars est accessible aux technologies dont dispose aujourd'hui l'humanité, nous ne pouvons refuser de tenter cette aventure", a déclaré le président, qui effectue son premier déplacement outre-mer ! J'ai la conviction qu'un programme d'exploration ne peut être que mondial, sans exclusivité ni appropriation par l'une ou l'autre des nations", a-t-il poursuivi. "Chacun pourra y prendra sa part avec ses capacités, ses atouts et ses moyens. »
Dans son argumentation, Nicolas Sarkozy a cependant fait montre d'une connaissance approximative de l'astrophysique et du système solaire.
"Sans être astronome, j'imagine que la Terre vue de Mars ne doit être guère plus grosse que Mars vue de la terre", a-t-il dit. Pour ceux qui verront la Terre de cette distance, les rivalités nationales et les concours de prestige apparaîtront dérisoires."
Cependant, Mars apparaît hors de prix pour une petite nation d’Europe. Face aux coûts pharamineux des programmes scientifiques d'exploration spatiale, même la NASA a déjà à plusieurs reprise été contrainte de redéfinir son programme d'exploration. Cela s’est notamment traduit par la confirmation de l'abandon de la sonde Mars Télécommunications Orbiter, annoncé en juillet 2005 et la réduction de son budget de R&T de 50% et son budget d'opérations de 20%.
Après l'Europe, l'insatiable veut maintenant conquérir l’espace, la dette française va ressembler à un gigantesque un trou noir…
samedi 9 février 2008
A Kourou, le Président sur la rampe de lancement
Le Canard Enchaîné mercredi 06/02/08
Le Président honorera de sa présence, le 11 Février, le centre spatial de Kourou. Il n’y passera que quelques heures, dans l’après-midi, mais rien n’est trop beau pour sa venue. Envoyés en reconnaissance, les émissaires de l’Elysée ont dressé un état des lieux, comme c’est la tradition avant tout déplacement présidentiel. Conclusion de ses experts : l’endroit n’est absolument pas à la hauteur de l’événement.
D’abord, il n’est pas question que le gros Transall qui transporte l’intendance et l’escorte chargée de la sécurité du grand homme aille se poser à Rochambeau, l’aéroport de Cayenne, distant de 80 kms ! Il a donc fallu dégager les alentours de l’aéroclub de Kourou, en bordure de la forêt tropicale, abattre des arbres, réaménager le secteur. Montant de ces 15 jours de jardinage : 30.000 euros.
Sarko, lui, atterrira en hélico sur la zone technique dite « Orchidée ». On a donc procédé à la réfection des parkings et construit des abris antipluie. Cela lui évitera de mouiller ses mocassins au moment de poser pour la photo, devant le lanceur qui sera sorti exprès du hangar où il est en cours de montage. Puis, comme le cortège présidentiel devra emprunter une partie de la route qui relie le centre de lancement au Centre technique ( 25 km ), on a refait le marquage au sol et le revêtement sur une partie du trajet. Le bâtiment météo a été entièrement repeint tout comme le PC Jupiter II, passé – délicate attention sans doute – au … karcher. Et au cas où le président aurait un coup de chaud dû au climat, on a cassé des toilettes pour lui installer une belle douche.
Quand à l’équipe Télécom, elle est sur les dents. Il faut s’assurer que Sarko pourra, à l’heure dite, devant les télés, s’entretenir au téléphone avec l’astronaute français Léopold Eyharts, présent à bord de la station spatiale internationale.
Mais une conversation avec le ciel, ça vaut bien de l’or, non ?
Scandaleux ! 354 conservateurs des hypothèques au statut royal
LE MONDE | 07.02.08
En réaffirmant l'"urgence accrue" d'une réforme du statut de conservateur des hypothèques, qui date d'un édit de Louis XV de 1771, la Cour des Comptes s'attaque à l'un des "fromages" de la République, l'un des postes de fonctionnaires les mieux payés avec ceux de trésorier-payeur général (TPG) ou de directeur d'administration centrale.
Et pour cause : l'évolution des rémunérations des conservateurs des hypothèques n'est pas liée à la grille indiciaire de la fonction publique, mais au volume et à la valeur des biens immeubles enregistrés par les 354 conservations existant sur le territoire national.
Grâce au boom de l'immobilier, le montant moyen de leur augmentation a été de 13,1 % en 2006 !
Dix-neuf conservations ont offert, cette année-là, des rémunérations supérieures à 180 000 euros annuels net, dont trois de plus de 240 000 euros.
A l'autre bout de l'échelle, 107 conservateurs ont perçu entre 56 000 et 100 000 euros. Et ces écarts, précisent les magistrats financiers, ne reflètent pas des différences de charge de travail.
Selon la Cour, le système, opaque et anachronique, permet à la direction générale des impôts d'offrir, chaque année, à certains de ses cadres une centaine d'emplois particulièrement attractifs pour leurs rémunérations élevées et pour leurs retraites bonifiées.
jeudi 7 février 2008
Les excuses de Christian Estrosi pour son vol en jet à 138 000 euros
LEMONDE. avec AFP et Reuters | 06.02.08
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Christian Estrosi, a présenté, mercredi 6 février, "toutes ses excuses" pour le coût de son déplacement à Washington en jet privé. Il s'y était rendu le 23 janvier pour défendre l'inscription du récif corallien de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'Unesco.
Interrogé dans la cour de l'Elysée à l'issue du conseil des ministres, M. Estrosi a affirmé que si on lui avait donné le montant de la facture du déplacement (138 000 euros, selon Le Canard enchaîné), il ne l'aurait pas accepté.
"CALENDRIER TRÈS CONTRAINT" - "J'avais un calendrier très contraint, après on ne m'a pas soumis le montant pour déplacer le représentant du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les parlementaires et les acteurs importants qui m'accompagnaient". "Je ne regrette pas ce déplacement mais je regrette les conditions dans lesquelles il a été organisé, on aurait pu sans doute faire autrement", a-t-il ajouté.
Christian Estrosi devait à l'origine emprunter, le 23 janvier en milieu d'après-midi, un vol d'Air France. Mais, selon Le Canard enchaîné, il a tenu à participer à une réception offerte en fin d'après-midi au palais de l'Elysée par Nicolas Sarkozy aux plus fidèles des "sarkozystes".
Du coup, le secrétaire d'Etat n'a pu attraper le vol régulier d'Air France et a fait appel aux services de Dassault Falcon Service pour gagner Washington en Falcon 900. Et au retour, il a exigé d'atterrir à Nice, la ville dont il brigue la mairie, précise l'hebdomadaire.
Dans une vidéo publiée sur son blog de campagne, il se félicitait de s'être rendu à cette conférence à Washington.
Les frasques et les frusques de Rachida
Le Canard Enchaîné mercredi 6 février 2008
Les rares magistrats du Palais de justice de Paris qui sont dans la confidence n’en sont pas revenus : un avocat du groupe Printemps-Pinault-Redoute (PPR) a osé tricoter une assignation qui vise… la garde des Sceaux, Rachida Dati ! Un document taillé sur mesure. Il exige la modique somme de 39 000 euros, représentant quelques robes, pantalons ou tailleurs empruntés à la prestigieuse maison Yves Saint Laurent Couture, et que la belle Rachida aurait oublié de rendre. Voici qui mérite une peine plancher, voire une rétention de sûreté !
Il est d’usage que les grandes signatures de la haute couture prêtent leurs plus beaux modèles aux personnalités en vue. Elles servent ainsi de mannequin bénévoles. Mais, explique la maison Yves Saint Laurent à qui le « Canard » a demandé le mode d’emploi, les vêtements sont prêtés à ces « ambassadrices de la mode française » avec une « facture pro-forma » à leur nom. Document annulé lors de la restitution. Ou transformé en facture tout court si les vêtements sont conservés. Ca, c’est pour la théorie. En réalité, il n’est pas rare qu’une maison de haute couture ferme les yeux sur quelques frusques « égarées ». Les bonnes relations sont à ce prix. Rachida aurait-elle un peu trop « égaré » ?
Ce serait plutôt d’autres sortes « d’égarements » que notre élégante risque de payer au prix fort. L’inconstante a trompé Yves Saint Laurent pour Dior ! On ‘a vue, le 17 septembre 2007, virevoltant à la soirée organisée pour les soixante ans de la maison rivale. En novembre, elle entrait, impériale, à la Maison-Blanche, en compagnie de Sarko, dans une robe Dior de satin grège : un bout de tissus estimé à 15 000 euros. En décembre, elle sourit, en première page de « Paris Match », vêtue d’une rode de soie rose baptisée « croisière » par le créateur de John Galliano… Dior encore !
Il se trouve que le très chiraquien François Pinault, propriétaire d’ Yves Saint Laurent Couture, n’est pas au mieux, c’est le moins que l’on puisse dire, avec le fidèle sarkozyste Bernard Arnault, patron de Dior. Pinault n’a pas accepté les infidélités de Rachida et son service juridique est devenu désagréable. La pauvre ministre serait donc victime d’une bataille … de chiffonniers !
Pas de panique ! L’assignation iconoclaste n’est sans doute que de la haute couture juridique, destinée à être présentée un jour de défilé, avant de disparaître à jamais. Une façon de montrer qu’on ne plaisante pas, mais question de « placer » l’assignation, comme disent les avocats, et d’aller jusqu’à une audience devant le tribunal.
D’ailleurs, depuis que le Canard a posé des questions indiscrètes sur cette tragédie, tout semble s’être arrangé. « La ministre avait reçu des vêtements Yves Saint Laurent avant son voyage aux Etats-Unis, explique son attachée de presse, mais cela ne lui allait pas du tout ! Ils ont été rendus ! » Le service juridique d’Yves Saint Laurent a d’abord reconnu l’existence d’un contentieux. Mais quelques coups de ciseaux plus tard, tout baigne : assignation ? Quelle assignation ? Yves Saint Laurent ne « comprend pas la question ». Et même la direction du groupe Pinault fait dire au Canard que la simple pensée d’une assignation ne l’a pas effleurée. « On ne fait pas cela à une ministre.. de la justice ! qui plus est ! »
Leur métier, ce serait plutôt de bien l’habiller pour l’hiver ?
Sarkozy veut aussi son Airbus Air Force One, tout comme l’avion présidentiel américain
Le Canard Enchaîné du 6 février 2008
Un Air Force One ou rien !
Le 13 décembre dernier, un Falcon 900 de la République française se pose sur l’aéroport de Lisbonne. Sarko et Fillon viennent signer le Traité européen en compagnie de 26 autres chef d’Etat. « Sur le tarmac, à côté des Airbus et des Boeing, on s’est rendu compte qu’on était tout petit », déplore un des conseillers élyséens présents. Et Sarko n’a pas du tout apprécié ce problème de taille.
Habitué à Air Bolloré, il juge les zincs tricolores trop vieux, pas assez équipés et d’un trop faible rayon d’action. De retour de Lisbonne, sa décision est prise : la flotte aérienne gouvernementale doit être totalement renouvelée durant son quinquennat. Et c’est l’armée de l’air qui casquera. Montant de la facture ? « Tout dépend de la revente, calcule un gradé. Mais c’est le bon moment pour vendre nos Falcon. Juste avant la grande révision obligatoire et onéreuse. » Avis aux acheteurs !
Les vieux coucous (certains ont trente ans d’âge, d’autres vingt) seront remplacés par ce qui se fait de mieux. Mais « à nombre d’avions constant… », se justifie l’Elysée ! Les quatre Falcon 50 seront remplacés par des Falcon 2000. Et les 900 par deux Falcon 7x, le dernier fleuron de Dassault-Aviation, réservé à la jet-set. Enfin deux A330 devraient succéder aux A319. Dassault fournira les jets et EADS les gros-porteurs. Le tout certainement à prix d’ami.
Mais la facture devrait s’alourdir avec l’installation d’équipements sur mesure. C’est qu’après avoir convolé, le kid de l’Elysée voudrait pouvoir voler en étant toujours à la noce. Air France se chargera d’équiper la nouvelle flotte. Sarko ne veut plus de l’aménagement actuel : une chambre, un salon-bureau et une salle d’eau. « Il veut aussi bien que sur Air Force One » (l’avion présidentiel américain), explique un ministre. Avec un vrai secrétariat, des ordinateurs, des moyens de reproduction et de communication cryptés… » Autre équipement exceptionnel : des « leurres anti-missiles » que le ministère de la Défense va installer sur toute l’escadrille Sarkozy.
Et pourquoi pas un studio d’enregistrement pour Carla ?
mercredi 6 février 2008
«Carla Bruni s’est engagée à rester avec Nicolas Sarkozy pendant toute la durée de son mandat»
Recueilli par Alice Antheaume et Nadia Daam - 20Minutes du 05/02/2008 - 18h09
Carla Bruni faisait déjà la couverture des magazines. Carla Sarkozy, elle, fait celle de trois livres, à paraître cette semaine. «Carla Bruni, itinéraire sentimental» (éditions Privé) est l’un d’entre eux, fait de recension d’articles de presse et de déclarations, rarement sourcées («un proche affirme…» «elle aurait dit…»). Hormis la façon dont Nicolas Sarkozy a fait sa demande à son épouse, pas de scoop en vue.
Les auteurs, Christine Richard et Edouard Boulon-Cluzel, reconnaissent ne pas avoir rencontré l’intéressée ni l’avoir contactée mais assurent que «c’est le livre qu’aurait pu écrire» cette «pauvre petite fille riche», «personnalité complexe et dérangeante tour à tour formidable puis démoniaque» qui incarne, selon eux, «la dictature du désir».
Interview d’Edouard Boulon-Cluzel :
Saviez-vous que Nicolas Sarkozy et Carla Bruni étaient sur le point de se marier?
Je l’ai appris deux jours avant que le mariage ait lieu. Mais je savais depuis longtemps que c’était imminent. Nicolas Sarkozy lui a dit «je suis dans une merde protocolaire noire. Je dois absolument savoir avant le 31 décembre si on se marie ou pas. Tu as trois semaines de réflexion.» Pour Carla Bruni qui déteste l’engagement, cela représentait un double ultimatum: le mariage d’un côté — qu’elle a toujours refusé — et le délai de réponse de l’autre. Mais elle a pris sa décision très vite, bien avant l’échéance.
Pourquoi, selon vous, a-t-elle accepté? Quel rôle pourrait-elle jouer aux côtés du chef de l’Etat?
Elle a accepté soit parce qu’elle est folle amoureuse et que le papillon a eu envie de s’installer, soit parce qu’elle a conscience des enjeux — les deux n’étant pas incompatibles. La première dame de France a le beau rôle, celui de représentation. Carla Bruni est une femme traditionnellement de gauche qui pourra adoucir l’image de droite dure qu’incarne son mari. Elle se dit femme d’influence, dans la lignée de Madame de Maintenon. A l’heure où Time Magazine proclame la mort de la culture française, Carla Bruni pourrait incarner l’exception culturelle française au-delà des frontières. Pour elle, détourner les règles est une jubilation intense. C’est peut-être même la plus grande victoire de sa vie.
Quels sont vos pronostics sur ce mariage? Sera-t-elle encore aux côtés du Président dans un an?
Elle restera avec Nicolas Sarkozy pendant toute la durée de son mandat car, en se mariant, elle a signé un papier qui l’engage à tenir son rôle de première dame. Or, selon un ex, elle envisage sa vie comme un podium. Pour elle, aucun faux pas n’est donc possible. Après l’échec de son deuxième album, elle aurait pu entamer une longue traversée du désert.
Mais non, elle est devenue la femme d'un Président de la République !

