mardi 29 avril 2008
Les invités «tunisiens» que Nicolas Sarkozy va emmener à Tunis
Capital.fr – 29/04/08
Pour sa visite d’Etat de quarante-huit heures en Tunisie qu’il entame ce lundi 28 avril, Nicolas Sarkozy, sera accompagné de son épouse, de sept ministres (Rachida Dati, l’accompagnatrice fétiche du président, Rama Yade, etc...) d'un ancien Premier ministre, Jean-pierre Raffarin, tout juste rentré de Chine et d’une centaine de chefs d’entreprises, de journalistes accrédités. Il a invité aussi, à titre personnel, plusieurs personnalités françaises.
Deux parlementaires nés à Tunis, Claude Bartolone, ancien ministre socialiste de la Ville de Lionel Jospin, aujourd’hui député et président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, ainsi que Pierre Lellouche, député UMP de Paris. Le Grand Rabbin de France Joseph Sitruk, né à Tunis, et le réalisateur de télévision, longtemps proche de François Mitterrand, Serge Moati, et enfin, le neveu de l’ancien président, l’animateur de télévision, scénariste et écrivain Frédéric Mitterrand.
A noter la présence de Philippe Séguin, Président de la Cour des Comptes et grand observateur des dépenses de l’Etat. A noter aussi que Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires Etrangères est de l'autre côté de la planète, en Colombie.
Bon séjour et couscous pour tous à volonté…
samedi 26 avril 2008
Au théâtre ce soir en direct de l'Elysée
LE MONDE | 25.04.08
Une création française assez décevante, par Dominique Dhombres
Comment avez-vous trouvé "Au théâtre ce soir en direct de l'Elysée" ? Vous n'avez pas pu y échapper.
Cette pièce était diffusée, jeudi 24 avril, sur TF1, France 2, LCI, BFM, i-Télé, France 24, et j'en passe, sans compter les radios.
Il fallait vraiment être très habile pour déjouer le plan de communication, établi par la présidence, payé par les chaînes, qui était destiné à nous persuader que l'acteur principal travaille comme un forçat à notre bonheur.
Si vous avez été convaincu, vous devez immédiatement, et toutes affaires cessantes, féliciter le réalisateur du programme, Renaud Le Van Kim, ainsi que le décorateur, Philippe Désert.
Le premier faisait bouger les caméras. Le second avait imaginé l'estrade de verre, les tables gigognes et les fauteuils modernes pour le coût modeste de 280 000 euros.
Le fond de décor, lourds rideaux rouges de brocart cramoisi, colonnes cannelées dorées, avec vue imprenable sur les jardins, était fourni par la maison. La salle des fêtes de l'Elysée ressemble à un théâtre à l'italienne qu'on aurait aplati au niveau du sol. Voilà pour le cadre.
Et le spectacle ? L'acteur principal était excellent ou cabotin, au choix, comme d'habitude. Il avait mis un costume rayé fuligineux de fine laine, une chemise blanche et une cravate noire. Cinq journalistes lui donnaient la réplique. Le premier montrait pour la première fois sa nuque dégarnie au public. Vous avez reconnu sans peine PPDA. La production avait préféré, à tort, David Pujadas à Arlette Chabot. Il y avait trois nouveaux, Véronique Auger, Yves Calvi et Vincent Hervouët.
Les questions les plus pratiques étaient donc posées par la seule femme présente sur le plateau, spécialiste des questions économiques et sociales à France 3, une des rares chaînes à ne pas diffuser cette création qu'il faut bien désormais qualifier d'unique.
Elle voulait savoir comment l'acteur principal allait se débrouiller pour alléger les factures de gaz du citoyen-téléspectateur. "On ne peut pas subventionner tout le monde", lui répondait-il laborieusement.
Il ramait également beaucoup pour justifier, une fois de plus, son paquet fiscal. Il admettait que celui-ci avait été une erreur totale de communication, un des rares instants de théâtre-vérité dans ce spectacle pour le moins convenu.
"On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", disait-il à Yves Calvi - autre grand moment de l'émission.
Vincent Hervouët, après avoir défendu le Tibet, et obtenu satisfaction partielle, réclamait bizarrement la grâce d'un condamné, Jean-Charles Marchiani. L'acteur principal, hélas, hélas, hélas, est encore à l'affiche pour quatre ans.
jeudi 24 avril 2008
Des expulsions fort rentables
Le Canard Enchaîné du mercredi 23/04/08
Pierre et Daniel se doivent d’être souriants dans leur métier d’agent d’escale au comptoir d’Air France, à l’aéroport Roissy-Charles-De-Gaulle. Mais leur arrive de bouillir intérieurement lorsqu’ils voient les flics de la police des frontières raccompagner des gens en situation irrégulière, en vue d’une procédure d’éloignement. Lesquels profitent souvent d’un moment d’inattention des policiers pour demander aux agents de faire passer un message destiné à leurs familles ou bien pour se plaindre des conditions « d’accueil » dans les centres de rétention.
Mais ce qui indigne le plus Pierre et Daniel, c’est de voir les flics sortir leurs cartes « Flying Blue » (des cartes de fidélité) pour empocher les points de voyages gratuits qui leurs sont accordés, comme à tout voyageur, par la compagnie aérienne.
A raison de 23 000 éloignements en 2007, selon le ministère de l’intérieur, et sachant qu’en moyenne trois policiers accompagnent un expulsé, voila de quoi se constituer assez vite un joli stock de voyages sur le dos des clandestins en situation en situation irrégulière. Sans compter que de nombreux policiers bénéficient, du coup, du statut « Gold », réservé aux hommes d’affaires qui voyagent souvent et régulièrement aux frais de leur entreprise, sur de longs ou moyens courriers.
« Cette pratique n’est pas illicite, affirme t-on au ministère de l’Intérieur. L’administration paie des billets d’avion nominatifs et les policiers profitent du système comme le font les cadres des entreprises françaises. Lors de la prochaine passation de marché avec notre voyagiste, nous poserons la question pour voir si notre ministère peut récupérer ce bonus. »
En attendant, cet été, les policiers et leurs familles iront se faire dorer gratis au soleil grâce aux expulsions.

vendredi 18 avril 2008
Des otages et des sondages..

jeudi 17 avril 2008
La réforme de l’Etat se prépare au Club Med
D.H. - Le Canard Enchaîné - mercredi 16 avril
Plus de 150 collaborateurs de l’agence française pour les investissements internationaux (AFII) ont travaillé durement, du 31 mars au 4 avril, lors d’un séjour au Club Med à Vittel, station thermale réputée des Vosges.
Un vrai calvaire pour les participants. Ils ont été conviés à cette « convention mondiale » par leur président, Philippe Favre, l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, lorsque celle-ci sévissait au Commerce extérieur.
Au programme de ces travaux : quinze heures d’ateliers sur « la démarche qualité », « le management », etc. Le tout agrémenté de longues plages de « temps libre ». Epuisant ! Les hyperactifs ont même eu droit, dès leur arrivée, à des activités sportives : golf, tennis, piscine, spa, muscu… Et même : « promenade ». Les soirées étaient également harassantes : dîner au resto du Club puis discothèque. On ne gaspille pas une minute de temps à l’AFII, naguère coachée par Clara Gaymard, l’épouse d’Hervé…
Tour du monde
Plusieurs de ces fonctionnaires chargés de « vendre » l’hexagone aux entrepreneurs étrangers avaient sans doute besoin de se remettre du décalage horaire. Surtout ceux venus des 30 agences « locales » de l’AFII (Singapour, Taïwan, New Delhi, Washington, etc.). Le voyage en première classe, ça fatigue. D’autant qu’à peine arrivés à Paris, ils ont dû se taper le car pour aller à Vittel.
Coût de cette escapade, eau de Vittel comprise : 750 euros par tête de pipe, selon une « source interne ». « Moitié moins », selon le service de presse de l’Agence, qui ajoute : « Avant, nous voyagions beaucoup plus !»
Alors, si c’est une cure d’austérité, rien à dire...
mercredi 16 avril 2008
L’abondance des commissions nuit … à la santé de l’état
Tribune du 16/04/08 - MONIQUE PELLETIER - ancienne ministre, avocate au barreau de Paris.
Si Jacques Prévert était encore de ce monde, il livrerait, sans aucun doute, un nouvel inventaire des «économies» à réaliser par les pouvoirs publics. On y trouverait, au-delà des quelque 100 et 162 mesures prises par le gouvernement et des observations toujours pertinentes de la Cour des comptes, quelques suggestions de bon sens, en vrac.
Il existe actuellement 800 commissions (dont seulement 200 créées par la loi) qui se penchent sur des problèmes variés. Sont-elles toutes nécessaires et utiles ? Ne durent-elles pas trop souvent au-delà des rapports ?
Les hauts conseils, hautes autorités, observatoires et comités Théodule, fort nombreux également, sont-ils évalués de temps en temps ? Leur coût en locaux, secrétariat, voitures et services divers est-il connu ? Chacun d’eux n’entraîne sans doute pas une dépense importante. Ensemble, leur coût doit être élevé ?
Bien des éléments du patrimoine immobilier de I’Etat, dont on ignore probablement l’étendue, ne pourraient-ils, lorsqu’il s’agit d’immeubles à forte valeur du fait de leur situation, être cédés au prix du marché et donc avantageusement ? Il semble que ce sujet entraîne quelques réticences et ne soit pas traité comme il le faudrait.
L’énorme coût des «ratés» d’une administration, parfois aveugle, ne pourrait-il être évité ? J’ai connu les avions renifleurs, le désastre de l’informatisation des services judiciaires, laquelle a dû être entièrement reprise, pour un montant fort onéreux, par des spécialistes. Plusieurs cités judiciaires construites il y a quelques années ne répondent réellement ni aux besoins des professionnels, ni à celui des justiciables. Citons pour mémoire la catastrophe des passeports électroniques, celle de la vente de l’Hôtel des monnaies et médailles…
Pourquoi ne pas réfléchir à ces projets, ces interventions, ces travaux, par une vaste concertation avec des professionnels qualifiés, afin d’éviter les erreurs les plus graves. Ce ne sont là que quelques observations, quelques rappels. Ils sont loin d’être exhaustifs, faute d’informations suffisantes.
Si nos élites étaient convaincues de faire preuve de plus de raison, plus de bon sens et de moins d’indifférence à la dépense, le pari de la gestion rigoureuse pourrait être gagné. Et c’est la France qui serait gagnante.
samedi 12 avril 2008
Fillon vante au Japon l'industrie d'une France en pleine "modernisation"
Le JDD.fr – 11/04/08-

François Fillon et son épouse Pénélope arrivent au palais impérial de l'Empereur Akihito le 11 avril 2008 à Tokyo)
François Fillon s'offre une parenthèse exotique. Alors que la grogne sociale perdure en France, le Premier ministre est arrivé vendredi au Japon pour évoquer avec son homologue Yasuo Fukuda les grands sujets au programme du G8. Deux thèmes sont principalement revenus dans la discussion entre les deux hommes: la vente d'Airbus A380 au pays du Soleil levant, ainsi que le nucléaire.
Après Nicolas Sarkozy en Chine, c'est maintenant François Fillon qui est chargé de jouer les VRP de luxe. Le locataire de Matignon ne fait pas mystère du but de sa visite au Japon: vendre des avions et des centrales nucléaires.
Deux membres du gouvernement les accompagnent : la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, ainsi qu’un importante délégation de chefs d’entreprise.
Il a commencé sa journée par une visite au palais impérial, où ils ont été reçus en audience durant une vingtaine de minutes par l'empereur du Japon Akihito et son épouse.
Devant les PDG japonais, François Fillon a défendu le programme économique engagé avec l'élection de Nicolas Sarkozy, expliquant longuement la réforme du marché du travail, les heures supplémentaires ou l'investissement dans la recherche.
La France est "en phase de modernisation", leur a-t-il affirmé, et elle "veut devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires".
Et aussi un pays dont les caisses sont vides et qui pourtant fait beaucoup voyager gratis ministres, famille, amis et chefs d’entreprises !!!
vendredi 11 avril 2008
JUSTICE - Les juges financiers chèrement logés
LE MONDE | 10.04.08 | 15h18
Les fonds de pension américains ont failli faire déménager le pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, dont le loyer a considérablement augmenté. Les circonstances du renouvellement de bail ont alerté la commission des finances du Sénat, qui a consacré une audition, mercredi 9 avril, aux investissements locatifs du ministère de la justice.
Selon le sénateur (UMP) Roland du Luart, la location de l'immeuble de la rue des Italiens (ancien siège du journal Le Monde) augmenté de plus de 30 %, pour atteindre près de 4,5 millions d'euros, soit un coût de 600 euros au m2 et de 25 200 euros par agent. Le personnel y est à l'aise, avec 36 m2 par personne.
Pour les sénateurs, la chancellerie s'est préoccupée trop tardivement - en mars 2007 - du renouvellement du bail, qui expirait fin décembre. Fin mai 2007, le propriétaire, dont les fonds de pension sont actionnaires, a donné congé sans proposer de renouvellement. En août, il a changé d'avis et proposé un nouveau loyer plus cher.
DÉMÉNAGEMENT - Le directeur des services judiciaires, Léonard Bernard de la Gatinais, estime qu'il était "hors de question de déstabiliser la justice financière de Paris, ce qui aurait entraîné des réactions". Surtout en plein débat sur la dépénalisation du droit des affaires. Le bail a été signé le 31 mars, pour au moins six ans. Le pôle devrait ensuite déménager dans le futur palais de justice, qui est toujours dans les limbes.
Le sénateur (UMP) Philippe Marini a évoqué "un choix effectué dans une conjoncture qui était loin de s'être améliorée". Le siège de l'inspection des services judiciaires - 1 100 m2, place Vendôme, pour 1 million d'euros par an - est également dans le collimateur des sénateurs.
Question subsidiaire du président de la commission, Jean Arthuis (Union centriste-UDF) : la carte judiciaire. "Nous allons quitter des locaux mis à disposition gratuitement par des collectivités locales pour des locaux à louer ou à construire par l'Etat", a reconnu Rémy Heitz, directeur de l'administration générale et de l'équipement au ministère de la justice.
Le coût immobilier de la réforme est désormais estimé par la chancellerie à 545 millions, "en baisse constante". Le ministère privilégie la "densification" à la construction. En clair : il va falloir se serrer dans les tribunaux.
mercredi 9 avril 2008
L’Etat, un locataire qui souvent paie trop cher
TONINO SERAFINI – Libération mercredi 9 avril 2008
La Commission des finances du Sénat va passer à la moulinette plusieurs contrats de location d’immeubles à usage de bureaux conclus récemment par divers ministères, mais pas toujours dans des conditions financières maximales pour l’Etat.
Sont notamment visés des locaux que s’apprête à louer le ministère de la Culture rue Beaubourg (Paris IIIe) pour y loger la direction de la musique, de la danse, du théâtre, et des spectacles. Et aussi des bureaux jugés «très chers» pour y installer les services centraux du ministère de l’Immigration ou encore un immeuble du Louvre des Antiquaire, également très onéreux, pour les besoins des services administratifs de l’établissement public du musée du Louvre.
«Imprévoyance». Les sénateurs vont se focaliser sur le renouvellement du bail d’un immeuble rue des Italiens (IXe arrondissement). D’une surface de 7 384 m2, le bâtiment est occupé depuis neuf ans par le pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Les magistrats travaillant à cette adresse et spécialisés dans la traque de la délinquance financière n’ont évidemment rien à voir dans cette histoire de location jugée dispendieuse pour les finances publiques. En revanche plusieurs hauts responsables de l’administration centrale du ministère de la Justice (le directeur chargé de l’administration générale et de l’équipement, l e directeur des services judiciaires) vont être auditionnés aujourd’hui par la Commission des finances au cours d’une séance publique. Selon nos informations, l’Etat paye, pour cet immeuble, un loyer annuel de l’ordre de 600 euros du mètre carré, supérieur de plus de 25 % au prix en vigueur avant le renouvellement du bail, début 2008. Des chiffres confirmés par le ministère de la Justice.
Au vu de la surface du bâtiment, la puissance publique débourse donc un loyer annuel de l’ordre 4,4 millions d’euros. Selon les sociétés de conseil en immobilier, pour un bâtiment occupé de longue date par son locataire - comme c’est cas pour le pôle financier du TGI -, les loyers se situent plutôt dans une fourchette de 400 à 500 euros du mètre carré en moyenne.
Alors pourquoi l’Etat paye-t-il plus cher ? «A cause de l’imprévoyance ayant prévalu dans ce dossier», pointe un membre du Conseil de l’immobilier de l’Etat, une instance parlementaire chargée de veiller sur ce type d’opérations. «L’administration n’a pas anticipé. Alors que le bail expirait, elle n’a pas cherché de locaux de remplacement pour le pôle du TGI. Faute de solution de repli, elle a dû accepter le nouveau loyer imposé par le bailleur.»
Dérives. Une analyse que conteste le ministère de la Justice. «La procédure de renouvellement du bail a été respectée, affirme Guillaume Didier, porte-parole de la garde de Sceaux. En termes de fonctionnalité, ces locaux sont bien adaptés aux besoins du pôle financier. L’immeuble a été sécurisé.» Le choix de rester rue des Italiens aurait été opéré en attendant la construction d’un nouveau palais de Justice dans le quartier de Tolbiac. Mais l’Etat et la ville divergent sur le lieu d’implantation du bâtiment.
Ces questions immobilières commencent à susciter des remous. Début avril Georges Tron, président du Conseil en immobilier de l’Etat (CIE), a adressé une lettre au Premier ministre pour pointer les dérives dispendieuses de certains ministères. «Le Conseil a émis des avis négatifs sur plusieurs opérations immobilières, sans qu’ils soient suivis d’effet», confirme le député (PS) Jean-Louis Dumont, membre du CIE.
mardi 8 avril 2008
Quand Fillon entarte Barnier.
Alain Auffray Libéblog – 08/04/08
Hier, à Ervy-le-Chatel, petit bourg de l'Aube, on a été témoin de la scène suivante:
Pour illustrer la ruralité, le sujet du jour, François Fillon se fait photographier sur une terrasse dominant un magnifique paysage vallonné: la Champagne humide, exceptionnellement enneigée ce lundi 7 avril. Deux de ses ministres l'entourent: Christine Albanel, ministre de la Culture et Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire.
Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, devait aussi être du voyaqe. Mais il est en retard. Retenu à Paris, il a raté les étapes précédentes (la visite d'une fromagerie puis celle d'un élevage d'ovins). Dans l'entourage de Fillon, ce retard agace. Enfin Barnier arrive. Il prend l'air aussi détaché que possible pour rejoindre ses collègues. Mains dans les poches, bronzé, souriant, il fait un commentaire enjoué sur le temps qu'il fait. Toute cette neige, ça lui rappelle son fief de Savoie...
Pour Fillon, la tentation est trop forte. Il faut corriger ce Barnier qui la ramène alors qu'il devrait raser les murs. Alors, le Premier ministre attrape une poignée de neige fraîche et la balance en rigolant sur le retardataire. Sous les yeux médusés d'une trentaine de notables locaux, conseillers et journalistes.
La neige coule sur le visage de Barnier sidéré. Rouge de colère. Il sait qu'il est censé trouver ça drôle. Mais non, c'est plus fort que lui. Il est atrocement vexé. Presque autant que BHL après un entartage. Un instant, il avise le manteau de neige sur le muret de pierre qui borde la terrasse. On devine la tentation: "et si je la lui faisais bouffer cette neige...?".
Mais non, il reste stoïque et suit sagement le Premier ministre dans sa visite de la "médiathèque" D'Ervy-le-Chatel. Quel rapport avec l'agriculture? Tant pis, il faut escorter Fillon jusqu'au bout. Christine Albanel est, elle aussi, héroïque. Une fromagerie, un élevage ovin, ... Quel rapport avec la culture? La ministre se serait bien passée de ce détour par la Champagne humide. Elle doit être le soir même à Cannes pour le salon international des programmes audiovisuels.
Mais pour Fillon, c'est une question de standing. Les motards, c'est bien. Une escorte de ministres, c'est encore mieux. A chaque voyage, il essaie d'en réquisitionner quelques uns. Certes, il n'a ni Rachida Dati ni Rama Yade. Ces deux là sont à la disposition exclusive de Nicolas Sarkozy, gros consommateur de ministres figurants.
Tout de même: Barnier, Albanel et Falco pour deux petites heures dans l'Aube, c'était déjà pas mal. Et Jeudi, Fillon s'envole pour Tokyo avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne-Marie Idrac et Valérie Pécresse. Classe.

