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vendredi 18 avril 2008

Des otages et des sondages..

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jeudi 17 avril 2008

La réforme de l’Etat se prépare au Club Med

D.H. - Le Canard Enchaîné - mercredi 16 avril

Plus de 150 collaborateurs de l’agence française pour les investissements internationaux (AFII) ont travaillé durement, du 31 mars au 4 avril, lors d’un séjour au Club Med à Vittel, station thermale réputée des Vosges.

Un vrai calvaire pour les participants. Ils ont été conviés à cette « convention mondiale » par leur président, Philippe Favre, l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, lorsque celle-ci sévissait au Commerce extérieur.

Au programme de ces travaux : quinze heures d’ateliers sur « la démarche qualité », « le management », etc. Le tout agrémenté de longues plages de « temps libre ». Epuisant ! Les hyperactifs ont même eu droit, dès leur arrivée, à des activités sportives : golf, tennis, piscine, spa, muscu… Et même : « promenade ». Les soirées étaient également harassantes : dîner au resto du Club puis discothèque. On ne gaspille pas une minute de temps à l’AFII, naguère coachée par Clara Gaymard, l’épouse d’Hervé…

Tour du monde

Plusieurs de ces fonctionnaires chargés de « vendre » l’hexagone aux entrepreneurs étrangers avaient sans doute besoin de se remettre du décalage horaire. Surtout ceux venus des 30 agences « locales » de l’AFII (Singapour, Taïwan, New Delhi, Washington, etc.). Le voyage en première classe, ça fatigue. D’autant qu’à peine arrivés à Paris, ils ont dû se taper le car pour aller à Vittel.

Coût de cette escapade, eau de Vittel comprise : 750 euros par tête de pipe, selon une « source interne ». « Moitié moins », selon le service de presse de l’Agence, qui ajoute : « Avant, nous voyagions beaucoup plus !»

Alors, si c’est une cure d’austérité, rien à dire...

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mercredi 16 avril 2008

L’abondance des commissions nuit … à la santé de l’état

Tribune du 16/04/08 - MONIQUE PELLETIER - ancienne ministre, avocate au barreau de Paris.

Si Jacques Prévert était encore de ce monde, il livrerait, sans aucun doute, un nouvel inventaire des «économies» à réaliser par les pouvoirs publics. On y trouverait, au-delà des quelque 100 et 162 mesures prises par le gouvernement et des observations toujours pertinentes de la Cour des comptes, quelques suggestions de bon sens, en vrac.

Il existe actuellement 800 commissions (dont seulement 200 créées par la loi) qui se penchent sur des problèmes variés. Sont-elles toutes nécessaires et utiles ? Ne durent-elles pas trop souvent au-delà des rapports ?

Les hauts conseils, hautes autorités, observatoires et comités Théodule, fort nombreux également, sont-ils évalués de temps en temps ? Leur coût en locaux, secrétariat, voitures et services divers est-il connu ? Chacun d’eux n’entraîne sans doute pas une dépense importante. Ensemble, leur coût doit être élevé ?

Bien des éléments du patrimoine immobilier de I’Etat, dont on ignore probablement l’étendue, ne pourraient-ils, lorsqu’il s’agit d’immeubles à forte valeur du fait de leur situation, être cédés au prix du marché et donc avantageusement ? Il semble que ce sujet entraîne quelques réticences et ne soit pas traité comme il le faudrait.

L’énorme coût des «ratés» d’une administration, parfois aveugle, ne pourrait-il être évité ? J’ai connu les avions renifleurs, le désastre de l’informatisation des services judiciaires, laquelle a dû être entièrement reprise, pour un montant fort onéreux, par des spécialistes. Plusieurs cités judiciaires construites il y a quelques années ne répondent réellement ni aux besoins des professionnels, ni à celui des justiciables. Citons pour mémoire la catastrophe des passeports électroniques, celle de la vente de l’Hôtel des monnaies et médailles…

Pourquoi ne pas réfléchir à ces projets, ces interventions, ces travaux, par une vaste concertation avec des professionnels qualifiés, afin d’éviter les erreurs les plus graves. Ce ne sont là que quelques observations, quelques rappels. Ils sont loin d’être exhaustifs, faute d’informations suffisantes.

Si nos élites étaient convaincues de faire preuve de plus de raison, plus de bon sens et de moins d’indifférence à la dépense, le pari de la gestion rigoureuse pourrait être gagné. Et c’est la France qui serait gagnante.

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samedi 12 avril 2008

Fillon vante au Japon l'industrie d'une France en pleine "modernisation"

Le JDD.fr – 11/04/08-

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François Fillon et son épouse Pénélope arrivent au palais impérial de l'Empereur Akihito le 11 avril 2008 à Tokyo)

François Fillon s'offre une parenthèse exotique. Alors que la grogne sociale perdure en France, le Premier ministre est arrivé vendredi au Japon pour évoquer avec son homologue Yasuo Fukuda les grands sujets au programme du G8. Deux thèmes sont principalement revenus dans la discussion entre les deux hommes: la vente d'Airbus A380 au pays du Soleil levant, ainsi que le nucléaire.

Après Nicolas Sarkozy en Chine, c'est maintenant François Fillon qui est chargé de jouer les VRP de luxe. Le locataire de Matignon ne fait pas mystère du but de sa visite au Japon: vendre des avions et des centrales nucléaires.

Deux membres du gouvernement les accompagnent : la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, ainsi qu’un importante délégation de chefs d’entreprise.

Il a commencé sa journée par une visite au palais impérial, où ils ont été reçus en audience durant une vingtaine de minutes par l'empereur du Japon Akihito et son épouse.

Devant les PDG japonais, François Fillon a défendu le programme économique engagé avec l'élection de Nicolas Sarkozy, expliquant longuement la réforme du marché du travail, les heures supplémentaires ou l'investissement dans la recherche.

La France est "en phase de modernisation", leur a-t-il affirmé, et elle "veut devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires".

Et aussi un pays dont les caisses sont vides et qui pourtant fait beaucoup voyager gratis ministres, famille, amis et chefs d’entreprises !!!

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vendredi 11 avril 2008

JUSTICE - Les juges financiers chèrement logés

LE MONDE | 10.04.08 | 15h18

Les fonds de pension américains ont failli faire déménager le pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, dont le loyer a considérablement augmenté. Les circonstances du renouvellement de bail ont alerté la commission des finances du Sénat, qui a consacré une audition, mercredi 9 avril, aux investissements locatifs du ministère de la justice.

Selon le sénateur (UMP) Roland du Luart, la location de l'immeuble de la rue des Italiens (ancien siège du journal Le Monde) augmenté de plus de 30 %, pour atteindre près de 4,5 millions d'euros, soit un coût de 600 euros au m2 et de 25 200 euros par agent. Le personnel y est à l'aise, avec 36 m2 par personne.

Pour les sénateurs, la chancellerie s'est préoccupée trop tardivement - en mars 2007 - du renouvellement du bail, qui expirait fin décembre. Fin mai 2007, le propriétaire, dont les fonds de pension sont actionnaires, a donné congé sans proposer de renouvellement. En août, il a changé d'avis et proposé un nouveau loyer plus cher.

DÉMÉNAGEMENT - Le directeur des services judiciaires, Léonard Bernard de la Gatinais, estime qu'il était "hors de question de déstabiliser la justice financière de Paris, ce qui aurait entraîné des réactions". Surtout en plein débat sur la dépénalisation du droit des affaires. Le bail a été signé le 31 mars, pour au moins six ans. Le pôle devrait ensuite déménager dans le futur palais de justice, qui est toujours dans les limbes.

Le sénateur (UMP) Philippe Marini a évoqué "un choix effectué dans une conjoncture qui était loin de s'être améliorée". Le siège de l'inspection des services judiciaires - 1 100 m2, place Vendôme, pour 1 million d'euros par an - est également dans le collimateur des sénateurs.

Question subsidiaire du président de la commission, Jean Arthuis (Union centriste-UDF) : la carte judiciaire. "Nous allons quitter des locaux mis à disposition gratuitement par des collectivités locales pour des locaux à louer ou à construire par l'Etat", a reconnu Rémy Heitz, directeur de l'administration générale et de l'équipement au ministère de la justice.

Le coût immobilier de la réforme est désormais estimé par la chancellerie à 545 millions, "en baisse constante". Le ministère privilégie la "densification" à la construction. En clair : il va falloir se serrer dans les tribunaux. 

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mercredi 9 avril 2008

L’Etat, un locataire qui souvent paie trop cher

TONINO SERAFINILibération mercredi 9 avril 2008

La Commission des finances du Sénat va passer à la moulinette plusieurs contrats de location d’immeubles à usage de bureaux conclus récemment par divers ministères, mais pas toujours dans des conditions financières maximales pour l’Etat.

Sont notamment visés des locaux que s’apprête à louer le ministère de la Culture rue Beaubourg (Paris IIIe) pour y loger la direction de la musique, de la danse, du théâtre, et des spectacles. Et aussi des bureaux jugés «très chers» pour y installer les services centraux du ministère de l’Immigration ou encore un immeuble du Louvre des Antiquaire, également très onéreux, pour les besoins des services administratifs de l’établissement public du musée du Louvre.

«Imprévoyance». Les sénateurs vont se focaliser sur le renouvellement du bail d’un immeuble rue des Italiens (IXe arrondissement). D’une surface de 7 384 m2, le bâtiment est occupé depuis neuf ans par le pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Les magistrats travaillant à cette adresse et spécialisés dans la traque de la délinquance financière n’ont évidemment rien à voir dans cette histoire de location jugée dispendieuse pour les finances publiques. En revanche plusieurs hauts responsables de l’administration centrale du ministère de la Justice (le directeur chargé de l’administration générale et de l’équipement, l e directeur des services judiciaires) vont être auditionnés aujourd’hui par la Commission des finances au cours d’une séance publique. Selon nos informations, l’Etat paye, pour cet immeuble, un loyer annuel de l’ordre de 600 euros du mètre carré, supérieur de plus de 25 % au prix en vigueur avant le renouvellement du bail, début 2008. Des chiffres confirmés par le ministère de la Justice.

Au vu de la surface du bâtiment, la puissance publique débourse donc un loyer annuel de l’ordre 4,4 millions d’euros. Selon les sociétés de conseil en immobilier, pour un bâtiment occupé de longue date par son locataire - comme c’est cas pour le pôle financier du TGI -, les loyers se situent plutôt dans une fourchette de 400 à 500 euros du mètre carré en moyenne.

Alors pourquoi l’Etat paye-t-il plus cher ? «A cause de l’imprévoyance ayant prévalu dans ce dossier», pointe un membre du Conseil de l’immobilier de l’Etat, une instance parlementaire chargée de veiller sur ce type d’opérations. «L’administration n’a pas anticipé. Alors que le bail expirait, elle n’a pas cherché de locaux de remplacement pour le pôle du TGI. Faute de solution de repli, elle a dû accepter le nouveau loyer imposé par le bailleur.»

Dérives. Une analyse que conteste le ministère de la Justice. «La procédure de renouvellement du bail a été respectée, affirme Guillaume Didier, porte-parole de la garde de Sceaux. En termes de fonctionnalité, ces locaux sont bien adaptés aux besoins du pôle financier. L’immeuble a été sécurisé.» Le choix de rester rue des Italiens aurait été opéré en attendant la construction d’un nouveau palais de Justice dans le quartier de Tolbiac. Mais l’Etat et la ville divergent sur le lieu d’implantation du bâtiment. 

Ces questions immobilières commencent à susciter des remous. Début avril Georges Tron, président du Conseil en immobilier de l’Etat (CIE), a adressé une lettre au Premier ministre pour pointer les dérives dispendieuses de certains ministères. «Le Conseil a émis des avis négatifs sur plusieurs opérations immobilières, sans qu’ils soient suivis d’effet», confirme le député (PS) Jean-Louis Dumont, membre du CIE.

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mardi 8 avril 2008

Quand Fillon entarte Barnier.

Alain Auffray Libéblog – 08/04/08

Hier, à Ervy-le-Chatel, petit bourg de l'Aube, on a été témoin de la  scène suivante:
Pour illustrer la ruralité,  le sujet du jour,   François Fillon se fait photographier sur une terrasse dominant un magnifique paysage vallonné: la Champagne humide, exceptionnellement enneigée ce lundi 7 avril.  Deux de ses ministres l'entourent: Christine Albanel, ministre de la Culture et Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire.

Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, devait aussi être du voyaqe. Mais il est en retard. Retenu à Paris, il a raté les étapes précédentes (la  visite d'une fromagerie puis celle d'un élevage d'ovins). Dans l'entourage de Fillon, ce retard agace. Enfin Barnier arrive. Il prend l'air  aussi détaché que possible pour rejoindre ses collègues. Mains dans les poches, bronzé, souriant, il fait un commentaire enjoué sur le temps qu'il fait. Toute cette neige, ça lui rappelle son fief de Savoie...

Pour Fillon, la tentation est trop forte. Il faut corriger ce Barnier qui la ramène alors qu'il devrait raser les murs. Alors, le Premier ministre attrape une poignée de neige fraîche et la balance en rigolant sur le retardataire. Sous les yeux médusés d'une trentaine de notables locaux,  conseillers et journalistes.

La neige coule sur le visage de Barnier sidéré. Rouge de colère. Il sait qu'il est censé trouver ça drôle. Mais non, c'est plus fort que lui. Il est atrocement vexé. Presque autant que BHL après un entartage.  Un instant,  il avise le manteau de neige sur le muret de pierre qui borde la terrasse.  On devine la tentation: "et si je la lui faisais bouffer cette neige...?". 

Mais non, il reste stoïque et suit sagement le Premier ministre dans sa visite de la "médiathèque" D'Ervy-le-Chatel. Quel rapport avec l'agriculture? Tant pis, il faut escorter Fillon jusqu'au bout. Christine Albanel est,  elle aussi,  héroïque. Une fromagerie, un élevage ovin, ... Quel rapport avec la culture? La ministre se serait bien passée de ce détour par la Champagne humide. Elle doit être le soir même à Cannes pour le salon international des programmes audiovisuels.

Mais pour Fillon, c'est une question de standing. Les motards, c'est bien.  Une escorte de ministres, c'est encore mieux. A chaque voyage, il essaie d'en réquisitionner quelques uns. Certes, il  n'a ni Rachida Dati ni Rama Yade.  Ces deux là sont à la disposition exclusive de Nicolas Sarkozy, gros consommateur de ministres figurants.

Tout de même: Barnier,  Albanel et Falco pour deux petites heures dans l'Aube, c'était déjà pas mal. Et Jeudi, Fillon s'envole pour Tokyo avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne-Marie Idrac et Valérie Pécresse. Classe.

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mardi 1 avril 2008

Les dépenses publiques gelées pendant cinq ans

REUTERS : mardi 1 avril 2008 - Véronique Tison

PARIS (Reuters) - Le gouvernement va geler les dépenses publiques pendant cinq ans, conformément aux engagements de campagne de Nicolas Sarkozy, mais n'entend pas remettre en cause le Revenu de solidarité active (RSA), a déclaré le Premier ministre François Fillon.

"C'était un engagement pris pendant la campagne présidentielle avec Nicolas Sarkozy : on va geler les dépenses publiques pendant cinq ans. Si on a un peu de croissance et qu'on fait des réformes de structure, au bout de cinq ans on aura retrouvé une situation d'équilibre", a expliqué le chef du gouvernement, interrogé sur France Inter au sujet des déficits budgétaire et public de la France.

"C'est ce qu'on met en oeuvre. Nous voulons que les dépenses de l'Etat n'augmentent pas en volume pendant les cinq ans qui viennent. Tout le monde prendra sa part de cet un effort", a-t-il dit.

Il n'a pas voulu dire, comme il l'avait fait il y a six mois, que la France est en "faillite" mais a rappelé que cela faisait 33 ans que le pays n'avait plus voté un budget en équilibre et estimé que cette situation ne pouvait pas durer.

"C'était une image qui a eu l'avantage de frapper les esprits et de faire comprendre la situation", a-t-il estimé.

François Fillon a aussi relevé que la France avait des "atouts" pour faire face au difficultés, citant le dynamisme du marché du travail ou la consommation des ménages qui continue d'augmenter.

Il a assuré que l'idée du Revenu de solidarité active cher à Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, n'était pas enterrée.

Le RSA, qui doit inciter les personnes en assistance à reprendre un travail, est en expérimentation depuis quelques mois et "l'objectif c'est d'essayer de le généraliser en 2009", a dit le Premier ministre en chiffrant le coût du projet à "deux ou trois milliards d'euros". "On est en train de voir avec Martin comment mettre en oeuvre ce principe sans augmenter les dépenses publiques", a-t-il affirmé.

Cette décision serait mieux acceptée par les français si le train de vie du gouvernement, de la présidence et de certains ministères était aussi revu à la baisse…

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lundi 31 mars 2008

Rachida au pays des merveilles

Nouvel Observateur - Jean-Marcel Bouguereau – 29/03/08

"LES CAISSES sont vides" nous a asséné Nicolas Sarkozy. Pas pour tout le monde.

Le site Internet Médiapart évoque "les folles dépenses" de Rachida Dati, la chancellerie ayant bénéficié fin 2007 d’une rallonge de 100.000 euros pour combler les trous de son budget. L’annonce par Nicolas Sarkozy, le 7 janvier, qu’il ne serait pas le président du pouvoir d’achat n’a en rien ralenti la folie dépensière de sa Garde des Sceaux.


"Fin mars, le montant des factures à honorer place Vendôme était de... 112.356,67 euros", un chiffre que n'a pas contesté le porte-parole du ministère. Selon Mediapart, certaines de ces dépenses concerneraient "des paires de collants" et des "frais de maquillage"... Alors qu’en 2007 les salaires ont augmenté de 2,6 %, soit un gain de pouvoir d’achat de 0,1% sur douze mois et que, pour un tiers des retraités, les pensions sont passées de 700 € à 707,7 €, Rachida Dati semble avoir oublié la France d’en bas qu’elle a réussi à quitter, à force de détermination et d’entregent, tout dans sa vie étant calculé, orchestré au millimètre près.


À l’heure où la Garde des Sceaux vient de s’attirer l’hostilité de la magistrature en fermant 130 tribunaux de province pour cause de rigueur budgétaire, Rachida Dati continue, comme elle l’a déclaré un jour, de vivre un "conte de fées" : "Ma vie, aujourd'hui, c'est Alice au pays des merveilles." Elle est la favorite de Nicolas Sarkozy, toujours à la place d'honneur : à la table du roi du Maroc, à Marrakech; à ses côtés pour arriver à la Maison-Blanche, à Londres, tout de Dior vêtue, en face de la Reine. Au point qu’on ne sait pas s’il s’agit de tourisme politique ou de voyages d’Etat.


Lors d’un récent voyage en Inde, elle devait rencontrer le président de la Cour suprême, le plus haut magistrat du pays. Elle a préféré, goût des paillettes et fascination pour les célébrités, lui poser un lapin pour rendre visite à Sonia Gandhi, l’héritière de la dynastie.

Son goût du luxe et sa proximité avec le président et, en son temps, avec Cécilia, la rendent cassante au point qu’elle use nombre de membres de son cabinet qui, tour à tour, démissionnent. Cette nouvelle affaire risque d’écorner un peu plus une image déjà détériorée. Elle ne paie pas seulement les controverses sur la carte judiciaire mais sa "pipolisation": à jouer sur tous les registres, à exhiber "son goût pour les belles robes et les jets privés", souligné jusque par ses amis, la fille d'ouvrier marocain venue de Saône-et-Loire est en train de gâcher son image.

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samedi 29 mars 2008

A force de petits-fours, la garde des Sceaux Dati a grevé le budget réceptions de son ministère.

ALAIN AUFFRAY - Libération samedi 29 mars 2008

Finalement, ça l’intéresse. Samedi matin, la ministre de la Justice, Rachida Dati, se fera élire maire du VIIe arrondissement de Paris. Une formalité, sauf peut-être pour le maire sortant, Michel Dumont, qui figurait en deuxième position sur la liste UMP : eu égard à la lourde charge ministérielle de la tête de liste, il pouvait espérer récupérer son fauteuil de maire. C’est aussi, d’ailleurs, ce qu’avaient aussi cru comprendre, pendant la campagne, de nombreux électeurs de l’arrondissement. Mais non. La mode est au cumul. Comme beaucoup de ses collègues ministres, Dati a donc choisi de cumuler. Désormais, promis, elle consacrera tous ses samedis au VIIe arrondissement de la capitale et à ses prospères habitants.

Entre le Champ de Mars et l’esplanade des Invalides, la protégée du Président espère se construire une légitimité politique, contre ceux qui guettent ses faux pas. Dans l’entourage de Dati, on n’a pas de mots assez durs pour dénoncer «les coups bas» et «les vacheries» de tous ceux que dérangeraient son parcours hors norme.

Dérapage. Selon un proche, la publication mercredi sur le site Mediapart d’informations relatives au train de vie de la chancellerie participe de cette conjuration. Le contrôleur financier du ministère de la Justice s’est inquiété du dérapage des frais de réception depuis juin. En décembre, le plafond des dépenses autorisées était dépassé de 30 %. Jeudi, Guillaume Didier, le porte-parole de la chancellerie, a confirmé qu’une rallonge de 100 000 euros avait été octroyée à l’automne, justifiée par l’organisation de réceptions telles que celle du 13 juillet, veille de la fête nationale.

Une performance qui pourrait être dépassée en 2008 : plus de la moitié des 200 000 euros alloués avaient déjà été dépensés fin mars ! Mais la chancellerie a démenti qu’une seconde rallonge de 100 000 euros était dans les tuyaux. Démentie également, l’existence d’une «prise en charge de dépenses personnelles» évoquée par le site. «On ne peut pas qualifier le fait d’avoir un collant de rechange et un peu de maquillage pour faire un raccord avant une interview de dépense personnelle !» s’insurge Didier. Pour l’entourage de Dati, l’évocation médiatique des «affaires de toilette» de la ministre est la preuve d’intentions malveillantes. «Beaucoup disaient qu’elle allait quitter son ministère. Elle y est en fait confirmée et avec un « bilan positif ». Cela suscite fatalement des jalousies politiques», souffle un proche.

«Simplicité». Le 13 mars, des syndicats avaient accusé la ministre de travailler «au service de sa propre image». Pour fêter (avec retard) la Journée des femmes, Dati avait invité 230 femmes du monde judiciaire, avec billet aller-retour en première classe. «Comme tous les buffets de la chancellerie, c’était d’une très grande simplicité», avait relativisé le porte-parole du ministère. Dati ne conteste pas la très forte hausse des frais de réception depuis juin. Elle assure que c’est le prix à payer pour renforcer notamment «la présence de la justice française en Europe». Outre ses homologues de l’UE, la ministre fait savoir que si elle reçoit beaucoup, c’est parce qu’elle a choisi de «faire de la chancellerie une chancellerie ouverte». Ouverte et généreuse !

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