mardi 29 juillet 2008
Emmanuelle Mignon quitte son poste de directrice de cabinet de Sarkozy
Marianne - 28/07/2008
Nicolas Sarkozy a procédé à un changement important au sein de son équipe en remplaçant sa jeune directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, par un haut fonctionnaire expérimenté, Christian Frémont, 66 ans.
Christian Frémont "est nommé directeur de cabinet", ajoute le communiqué officiel.
Né en avril 1942 en Dordogne, ancien préfet d'Aquitaine et de Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA), M. Frémont avait été directeur de cabinet d'Alain Juppé lors du bref passage de l'ancien Premier ministre au ministère de l'Ecologie en mai-juin 2007. Il y était resté auprès de Jean-Louis Borloo, avant d'être nommé conseiller du chef de l'Etat, en charge de la Revue générale des politiques publiques (RGPP).
Il rejoindra dans l'équipe restreinte de Nicolas Sarkozy les "piliers" que sont notamment MM. Guéant et Guaino, Catherine Pégard, responsable du pôle politique, ou encore Jean-David Levitte, sherpa du président.
Annoncé officiellement juste avant la pause estivale du gouvernement - le dernier conseil d'avant les vacances s'est tenu lundi matin - le départ de Mme Mignon était régulièrement évoqué dans les couloirs de l'Elysée.
Mme Mignon était d'ailleurs donnée partante de ce poste stratégique depuis la tempête qu'elle avait soulevée en février en déclarant dans l'hebdomadaire VSD que les sectes étaient en France "un non-problème". C'est l'une des rares fois où cette femme discrète et facilement souriante s'était exprimée dans les médias, contrairement à d'autres proches du chef de l'Etat, tels le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le conseiller spécial, Henri Guaino.
Née en avril 1968, bardée de diplômes - ESSEC, IEP, major de l'ENA (promotion René Char, 1995) - Emmanuelle Mignon était directrice de cabinet du président depuis le début du quinquennat après avoir été directrice des études de l'UMP, préparant toutes les conventions thématiques de ce parti, en prélude à la campagne présidentielle du candidat Sarkozy. Elle avait été conseillère technique de ce dernier à l'Intérieur et à l'Economie.
Emmanuelle Mignon, reste cependant à l'Elysée, comme conseillère "auprès du président de la République. Elle sera chargée notamment des Etats généraux de la presse qui se dérouleront à l'automne", selon un communiqué de la présidence.
Il s'agit du deuxième départ de taille dans la garde rapprochée du président de la République après celui de son porte-parole David Martinon, évincé en mars après le fiasco de la campagne municipale à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
samedi 26 juillet 2008
Pour cette semaine, le Président de l'UE tient sommet à Bordeaux

L'UE et l'Afrique du Sud tenaient leur premier sommet, dans la capitale girondine, en présence des présidents français Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, sud-africain Thabo Mbeki et de la Commission européenne Jose Manuel Barroso le 25 juillet 2008 à Bordeaux
De sommets en sommets, organisés d'une semaine à l'autre, la France de Nicolas Sarkozy invite sans compter et avec faste le monde entier à venir dialoguer sous son patronage hautement médiatique afin de résoudre les crises : la Chine, la Colombie, l'Europe, la Méditerranée, aujourd'hui l'Afrique...demain qui ?
Elle invite également de façon moins diplomatique les français à gagner moins pour travailler plus, à se soigner moins bien, à accepter des petits boulots et des pensions peau de chagrin afin de maintenir le train de vie pharaonique de la Présidence et des ses multiples conseillers, des représentants des commisions de toute nature, des assemblées d'élus dans leurs palais nationaux , régionaux, départementaux, municipaux et des hauts fonctionnaires qui régentent le tout ... ceci avec des caisses vides et une dette colossale léguée sans état d'âme aux générations à venir...
Les économies de l'Etat politique, depuis le sommet, chantier prioritaire... non ?
Werdna
mercredi 23 juillet 2008
PAS facile de se débarrasser des palais de la République pour renflouer les caisses de l’Etat.
Challenges 22 Juillet 2008 par David Bensoussan, journaliste à Challenges

L'ambassade de France en Irlande
Le Quai d’Orsay vient d’en faire l’amère expérience avec la vente avortée de l’ambassade de France en Irlande. Depuis 1930, l’Etat français dispose d’une superbe propriété à Ailesbury Road, l’une des artères les plus chics de Dublin. Construite en briques blanches avec des dessins en briques noires et des frises ornementales, la résidence de l’ambassadeur s’étend sur 1.000 m², dont 400 m² d’espaces de réception, sans compter son joli jardin boisé. De larges marches conduisent à l’entrée monumentale ornée d’une balustrade en granit. Mais l’intérieur, très cher à entretenir, est surdimensionné par rapport aux activités de l’ambassadeur, qui avoue devoir appeler sa femme sur son portable pour la localiser dans la maison!
Finalement, après un an et demi de réflexion, le Quai d’Orsay, cordialement invité par Bercy à mettre de l’ordre dans son patrimoine, décide de vendre la résidence. L’opération est confiée, en janvier 2008, à une agence immobilière locale, Lisney, qui voit dans la résidence "la plus belle propriété d’Irlande".
La presse irlandaise évoque alors un chiffre de 60 millions d’euros, un prix jamais atteint dans le pays. La vente de la résidence est couplée à celle de la chancellerie, située au 36. Jugé peu fonctionnel, ce bâtiment, lui aussi historique, est estimé à 20 millions d’euros.
Idéalement, le Quai d’Orsay souhaiterait procéder à un échange de propriété. 15 candidats viennent visiter les lieux, trois offres sont retenues, dont celle de Denis O’Brien, un magnat des télécoms à la tête d’une fortune de 2,2 milliards de dollars (553e fortune mondiale, selon Forbes).
L’homme d’affaires disposerait de biens à proposer en échange. Le 11 mai 2008, la presse locale annonce que le deal est conclu… deux jours avant que Denis O’Brien ne finisse par retirer ses propositions. "L’échange était trop compliqué, le Quai a tergiversé, regrette le député UMP Jean-François Mancel, qui vient de rendre un rapport sur la modernisation de l’outil diplomatique.
Entre-temps, le marché immobilier a plongé, réduisant nos perspectives de plus-value." La valeur de la résidence aurait ainsi, selon la presse irlandaise, baissé de 10 millions d’euros.
Résultat: le quai d’Orsay serait toujours résolu à vendre la chancellerie mais garderait la résidence dont l’entresol serait réaménagé afin d’accueillir les services de la chancellerie. Ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…
Paris renonce à vendre son ambassade à Dublin. Estimée à 60 millions d'euros, la superbe propriété d'Ailesbury Road a vu sa valeur baisser de 10 millions le temps que le Quai d'Orsay se décide à la céder
samedi 19 juillet 2008
Gaspillages publics : Elysée, Parlement … au sommet, l’Etat ne montre pas l’exemple
Capital n° 202 Juillet 2008 – E.G. et E.W. extraits
Il est certes normal que le chef de l’Etat et les élus de la nation disposent de tous les moyens nécessaires a leurs charges. Mais, qu’ils les augmentent chaque année bien au-delà de l’inflation, voilà qui fait un peu tiquer.
Il aura fallu attendre cinquante ans de Vème République pour que la Cour des Comptes soit désormais autorisée à ausculter le budget de l’Elysée et celui de l’Assemblée. On constate à quel point no élus sont adeptes du « Faites ce que je dis mais faites pas ce que je fais ». L’administration est sommée de se réorganiser pour économiser huit milliards d’euros avant la fin du quinquennat, mais ceux qui lancent ces réformes et les votent semble s’exclure de l’effort collectif.
La gestion pour le moins dilettantes du budget de l’Elysée comme les privilèges des députés ( retraites en béton et distribution discrétionnaire de subventions ) contredisent la rigueur affichée. Mais c’est sous les ors du Sénat qu’on vit le mieux. Son président depuis 1998, Christian Poncelet, s’y trouve d’ailleurs si bien qu’il n’exclut pas, à 80 ans, de rempiler à l’issue des élections de Septembre …
La république entretien un monarque au palais du Luxembourg
Comme la Reine d’Angleterre, le président du Sénat à sa liste civile. Négocié très discrètement avec les questeurs de cette même assemblée, le budget dévolu à Christian Poncelet n’est pas rendu public mais il atteindrait environ 2,5 millions d’euros. De quoi employer une vingtaine de domestiques dans deux appartements de fonction, là au cœur du palais l’autre en face du Sénat, mais aussi de garnir sa cave de grands crus ( 8 500 bouteilles ), financer force diners et coktails (600 000 euros de frais de bouche par an ) et voir du pays ( 350 000 euros de voyages ). La chambre du Sénat prend aussi en charge 25 conseillers et 17 secrétaires, les 15 Peugeot 607 de fonction qui promènent tout ce petit monde, est bien entendu l’indemnité du président de 180 000 euros par an.
L’assemblée nationale défend son régime de retraite très spécial
Dans sa juste lutte contre les régimes spéciaux de retraite la majorité parlementaire à oublié d’en épingler un : le sien. Un seul mandat de députés de cinq ans ouvre en effet le droit de 1 550 euros par mois, l’équivalent de ce que perçoit en moyenne un salarié du privé au terme d’une carrière complète. Pour financer ses charentaises en or massif les députés se votent les subventions nécessaires ( 53 millions d’euros en 2007 ) au renflouement permanent de leur caisse, puisque leurs cotisations ne couvrent que 12% des prestations versées.
A la présidence de la République les primes ont augmentés de 11%
C’est le retour de l’inflation. En 2007, les dépenses de l’Elysée ont augmentées de 8,4%, trois fois et demie plus vite que celle de l’Etat. Le palais n’est pas réputé pour la précision de sa gestion car « l’Elysée n’est pas organisé pour lister ses dépenses et encore moins pour les gérer ! » peste le député socialiste René Dozière, spécialiste de ces questions au gouvernement ( il espère toujours obtenir le coût détaillé du voyage en Chine de Novembre dernier). Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy les effectifs sont passés de 960 à 1045 personnes, car le Président a renforcé la sécurité ( de 65 à 80 policiers ) et le staff de conseillers ( de 91 à 117 contractuels ). La rémunération moyenne de ces derniers est passée de 36 000 à 42 000 euros et leurs primes ont été revalorisées de 11%. Enfin, Sarkozy s‘est déjà agrandi : et loue de nouveaux locaux au 22 rue de l’Elysée ( 400 000 euros par an ) et à réquisitionner l’hôtel de Marigny jusqu’ici réservé aux hôtes de marque, pour loger une dizaine de hauts fonctionnaires qui planchent sur le projet d’Union Méditerranéenne.
L’Elysée et Matignon d’accord pour voler dans des jets flambant neufs
Mise à la disposition de la présidence et du Premier ministre, la flotte aérienne et gouvernementale va être totalement renouvelée dans les cinq ans. Les deux Airbus A319 actuels seront remplacés par des A330, dont l’un devrait être aussi bien équipé que le fameux Air Force One du Président des Etats-Unis. Six jets flambant neufs ( 4 Falcon 2000 et 2 Falcon 7 X, le nec plus ultra de l’aviation privé ) se substitueront par ailleurs à la flotte actuelle de Falcon 50 et 900 entré en service dans les années 1980. Pour limiter un tant soit peu les dépenses les anciens modèles seront revendus d’occasion mais l’opération devrait tout de même avoisiner les 300 millions d’euros.
145 millions d’euros de subventions distribués sans contrôle
Tous les ans, l’Assemblée et le Sénat s’allouent une « réserve parlementaire » : 90 millions d’euros aux députés et 55 aux sénateurs, qui donnent à chaque élu une sorte de « droit de tirage » sur le budget de l’Etat pour financer des infrastructures ou des associations dans sa circonscription. Des députés décrochent plus de 100 000 euros, d’autres 30 000, et les novices ignorent parfois l’existence du système. Il n’existe aucune liste publique des projets financés …
La « Sarkomobile » blindée à 150 000 euros livrée le 14 Juillet
Sans doute une nouvelle manifestation de la rupture ! Délaissant la Citroën C6 blindée achetée par Jacques Chirac il y a trois ans, Nicolas Sarkozy se fait livrer une nouvelle Renault Vel Satis. Plus longue de 25 cm que le modèle de série, le véhicule sera aménagé en bureau roulant avec sièges en cuir, ordinateurs et équipement de communication dernier cri.
Des sénateurs ont deux voitures avec chauffeur, une à Paris une en région
23 des 331 élu du Luxembourg disposent chacun d’une « voiture de dignitaire ». Un privilège réservé à la crème : le président, les 6 vice-présidents, les 3 questeurs, les 6 présidents de commissions et 7 responsables de groupes politiques. Ce sont 24 Peugeot 607, Citroën C6 et Renault Vel Satis ( de 45 000 à 53 000 euros l’unité ) que bichonnent, dans la cour les chauffeurs de la maison. Organisés en tamdem ( car ils sont aux 32 heures, pour 2 300 à 5 000 euros par mois ), ces pilotes multiplient les trajets haletants : Sénat-aéroport, Sénat-restaurant …
Bien sûr, les élus pourraient aussi utiliser la vingtaine de voitures à disposition de tous, prendre un taxi (remboursé) voir s’aventurer dans le métro munis d’un pass gratuit. Mais, en province ils ont souvent pris de mauvaises habitudes : 47 sénateurs sont aussi présidents de leur Conseil général, où ils ont droit à une limousine du même acabit … Quand aux autres, ils dépensent souvent leur indemnité mensuelle de « frais de mandat » ( 6 141, 33 euros ) chez un concessionnaire auto …
jeudi 17 juillet 2008
Naissance à Paris de l'Union pour la Méditerranée : une addition secret d'Etat ...
Placide - http://www.leplacide.com/
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Les 43 pays représentés au sommet inaugural de l'UPM ont lancé l'Union pour la Méditerranée à l'initiative de la France sous les arches du Grand Palais de Paris. Nicolas Sarkozy a exhorté les pays de la rive Sud de la Méditerranée à suivre l'exemple de l'Europe après 1945. ----------------Le Canard Enchaîné du mercredi 16 juillet 2008 Question incongrue : Combien a coûté l'organisation du sommet ? Contacté par Le Canard, le cabinet de Kouchner (qui était maître d'oeuvre de la fiesta), répond : "C'est transparent, mais nous n'avons ni chiffres ni estimations à donner pour l'instant".* La facture des réjouissances devrait dépasser les 7 millions d'euros, selon les fonctionnaires du Quai d'Orsay. Un montant vertigineux car l'Etat a multiplié les exigences coûteuses. Il a fallu louer à prix d'or une impressionnante batterie de climatiseurs géants pour rafraîchir, en cas de besoin, la nef du Grand Palais,, qui s'étend sur 13 500 m2 et culmine à 45 mètres de hauteur. A quoi s'ajoute le coût de la décoration des lieux, de l'équipement des salles de presse, mais aussi les frais d'hébergement des délégations dans les palaces parisiens, etc. A en croire des experts du Quai d'Orsay, la réunion de Paris pourrait même compter dans l'histoire comme l'une des plus chères conférences internationales. C'est déja ça. Après les cérémonies de la présidence Européenne, celles du sommet de l'Union pour la Méditerranée, voici maintenant nos représentants réunis à Versailles en congrès et tout cela en quelques jours... A fond les caisses ... |
mercredi 16 juillet 2008
Combien a dépensé Sarkozy en 2007 ?
Juliette VINCENT - RMC.fr, le 25/06/2008
Inflation, flambée du pétrole, pouvoir d’achat en baisse… Les temps sont durs. Les Français se serrent la ceinture. Et notre Président ? Coup de loupe sur les dépenses de l’Elysée en 2007.
En 2007, l'Elysée a flambé
« Les caisses sont vides », clamait le tout frais Premier ministre, François Fillon, peu après la prise de pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et pourtant, les dépenses sont allées bon train. Sur l’année 2007, l’Elysée a dépensé plus de 35 millions d’euros, soit une augmentation record de 8,4% par rapport à 2006. Un début de quinquennat bien loin des promesses de campagne du candidat Sarkozy. Où sont donc passées la réduction du train de vie de l’Etat et la transparence que prônait Monsieur Sarkozy ?
Sarkozy s'augmente son budget de 29%
Spécialiste du budget de la présidence de la République et auteur de « L’argent caché de l’Elysée », le député René Dosière (apparenté PS) a décortiqué le rapport d’exécution du budget 2007, transmis fin mai à l'Assemblée nationale. Dans un communiqué intitulé «Elysée 2007: un budget de rupture ?», il souligne que cette augmentation des dépenses de l'Elysée est «trois fois et demie supérieure à celle des dépenses de l'Etat (+ 2,3%)». Quand le gouvernement cherche à faire des économies, le chef de l’Etat semble aller à contresens. Sa dotation est d’ailleurs passée de 101 125 euros en 2006, à 130 638 euros en 2007. 29% d’augmentation de salaire. Plus d’un Français en rêve. Nicolas Sarkozy, lui, le fait. Cependant, cette augmentation du traitement présidentiel, votée par le Parlement dans le cadre du budget 2008, n’apparaît pas dans les chiffres de 2007, puisqu’elle n’est effective que depuis janvier 2008.
Personnel et frais en hausse
Encore un chiffre en hausse en 2007 : les effectifs de l’Elysée. Alors que 957 personnes y travaillaient déja sous la présidence de Jacques Chirac, aujourd’hui elles sont 1045 ! Explication dans le rapport budgétaire : « Les personnels nouveaux ont été principalement affectés dans les services de sécurité, dans les secrétariats et à la correspondance présidentielle (dont le nombre de courriers reçus a augmenté de 100 %), ou sont venus renforcer les équipes chargées d’organiser et d’accompagner les déplacements du président de la République ». Eh oui, un chef de l’Etat hyperactif, ça coûte cher. Pour preuve également, la « très nette intensification du fonctionnement du parc automobile sur la seconde partie de l'année (2007), elle-même liée à l’augmentation nette de l’activité de la présidence (448 000 kilomètres supplémentaires en 2007) », dixit le document budgétaire lui-même. Du coup, les frais de personnel, qui représentent près de la moitié du budget de la présidence, sont en hausse de 10,9% (2% de plus que l'augmentation des effectifs). De 14,6 millions d’euros, ils passent à 16,2 millions.
Un nouveau cabinet
Plus spectaculaire bien que portant sur des montants plus modestes, l’augmentation des dépenses pour l’équipement et les travaux d'entretien progresse de 53% (de 1,9 million, elles passent à 3 millions d'euros). Une hausse pourtant jugée « légère » par l’Elysée, qui l’attribue dans le rapport budgétaire aux « opérations d'installation du nouveau cabinet » de Nicolas Sarkozy. Comprenez : la réfection, l’aménagement et la sécurisation des locaux; la rénovation des cuisines, des vitres, et de l’électricité; et la modernisation – également très sécurisée -, du parc informatique.
Frais de réception et autres dépenses « moralisées »
Dépenses contrôlées, budget rationalisé, coûts réduits… Le candidat Sarkozy l’a promis. Le Président s’y emploie. Et pour cela, il a chargé sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, de veiller au grain. Fini le gaspillage. Place aux économies. Et pas sur n’importe quels postes : exit les cartes de vœux entre administrations, doucement sur les notes de frais de déjeuners – plateaux repas payés par les conseillers, achat de vins « intermédiaires » pour les invités de « second rang », et paiement des charges des logements de fonction par le personnel logé. Résultat dans le rapport budgétaire 2007, certaines dépenses ont effectivement baissé : Arbre de Noël de l'Elysée (-20%), Garden Party du 14 juillet (-5%), vins (-44%) et fleurs (-17%).
Quid pour 2008 ?
S’il faut maintenant attendre quelques mois pour dresser un premier bilan d’une année 100% Sarkozy, l’on peut d’ores et déjà craindre que le règne du « toujours plus » perdure, puisque l’on connaît déjà les chiffres prévisionnels pour 2008 (bien souvent dépassés à l’heure du bilan de l’exécution d’un budget) : l’enveloppe globale de l’Elysée sera multipliée par 3 et frôlera l’année prochaine les 100 millions ! Réorganisation du financement de la présidence, explique l’Elysée, qui justifie ce triplement du budget par le paiement de quelques 800 fonctionnaires à temps complet – militaires, cuisiniers, agents d’entretien, jardiniers… – qui, bien que travaillant pour l’Elysée, étaient jusqu’alors payés par d’autres ministères. Dans la continuité de Chirac ? Lorsqu’il prend le pouvoir en 1995, Jacques Chirac promet aux Français « une présidence modeste ». Huit ans plus tard, en 2003, le budget de l’Elysée a augmenté de 580%, atteignant 30,9 millions d’euros. L’Elysée met cela sur le dos des « fonds spéciaux », supprimés par le gouvernement Jospin en 2001. Ces enveloppes d’argent destinées au Premier ministre et à son équipe complétaient les ressources de la présidence, mais ne figuraient pas à son budget. Or, la somme qui est venue les remplacer leur était supérieure, et son utilisation, toujours secrète. Pour René Dosière, le bilan financier de la présidence Chirac est sans appel : explosion des dépenses, opacité persistante, et contrôle inexistant.
Transparence promise, opacité due ?
« En 2008, l'Elysée a promis un budget plus complet et transparent. On verra, dans un an, ce qu'il en sera », conclut René Dosière. Et de poursuivre, sceptique : « Force est de constater, à la lecture de ce rapport sur l'année 2007, que si la rupture est réelle quant à l'évolution des dépenses, s'agissant de la transparence, ou plutôt de l'opacité, c'est la continuité qui s'impose ».
Présidence à tout casser de l’UE, organisation à Paris d’une l’Union méditerranéenne, 14 juillet exceptionnel, garden-party grandiose… communication et invités à tout va, c'est parti très très fort….
lundi 14 juillet 2008
Légion d'honneur : en promotion au 14-Juillet
Le 14/07/08 (extraits)
Parmi les nombreuses personnalités promues dans l'Ordre national de la Légion d'honneur à l'occasion du 14-Juillet, et outre l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt :
Élevés à la dignité de grand officier : Michel Pébereau, président de BNP-Paribas, le grand banquier qui s'était lancé en 1999 dans une double OPA hostile - réussie sur Paribas et avortée sur la Société générale ;
Élevés au grade de commandeur : Jacques Chancel, administrateur d'une chaîne de télévision. « Présentés en 2005 à Arcachon par Jacques Chancel, Bernard Laporte et Nicolas Sarkozy sont devenus amis. À la fin d’une partie de foot, le futur président lui glisse ” Tu ferais un bon ministre des Sports“.
Élevés au grade d'officier : Bernard Montanier, ancien secrétaire général du Figaro et ancien directeur général du conseil supérieur des messageries de presse, André Glücksmann, ex-nouveau philosophe, passé du droit-de-l’hommisme au soutien à Sarkozy ; Régine, chanteuse, récemment invitée par le président en Israël avec l'animateur télé Arthur également ami intime du Président; Jean Reno, comédien ami intime de Nicolas Sarkozy, témoin de son mariage en juillet dernier; Jacques Séguéla, publicitaire chez qui les deux jeunes mariés se sont rencontrés;
Élevés au grade de chevalier : Denis Olivennes, ancien président de la Fnacet rapporteur de la miission sur la lutte contre le téléchargement illicite; Yves Paccalet, journaliste au Figaro magazine ; Dany Boon, acteur et réalisateur de « Bienvenue chez les cht’is », qui partage avec Arthur la scène du Théatre de la Porte-Saint-martin dans « Le dîner de cons »;
vendredi 11 juillet 2008
Le Sénat étrille le gouvernement sur les déficits
LE MONDE | 10.07.08 | 15h40
Les commissions des finances des deux Assemblées s'étaient-elles réparties les rôles ? Mercredi 9 juillet, pendant qu'Eric Woerth bouclait dans la matinée avec François Fillon d'ultimes arbitrages avant le débat d'orientation des finances publiques des 15 et 16 juillet, les sénateurs étrillaient le gouvernement. Dans la soirée, leurs collègues députés, qui n'en pensent pas moins, ont eu à coeur de ne pas malmener le ministre du budget venu réaffirmer devant eux la nécessité de redresser les comptes publics d'ici 2012, sans convaincre sur les moyens qu'il se donne pour y parvenir.
La palme de la sévérité est revenue au sénateur UMP de l'Oise, Philippe Marini, plus dubitatif que le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, sur la capacité de la France à tenir sa parole : "Sauf correctif fort, la trajectoire de nos finances publiques peut conduire assez naturellement à un déficit public de 3 % en 2008 et à y rester en 2009", a martelé le rapporteur général.
Pour tenir ses engagements européens, le gouvernement devra réaliser 65 milliards d'euros d'économies sur les années 2009 à 2011, a-t-il martelé. Le sénateur a déclaré "ne disposer d'aucun élément" permettant d'expliquer comment M. Woerth peut réduire le déficit public de 10 milliards entre 2007 et 2009. "Nous en appelons à la lucidité. Le temps passe.
Et il y a urgence à amorcer le reflux du déficit public, sinon il n'y a aucune chance de rétablir l'équilibre en 2012", a renchéri le sénateur UMP de la Mayenne, Jean Arthuis qui préside la commission des finances. Fait exceptionnel, cette dernière a enjoint le gouvernement d'"écarter la perspective d'un déficit durablement stabilisé autour de 40 à 50 milliards" et d'une hausse des prélèvements obligatoires. Elle a également jugé que la TVA à taux réduit sur la restauration , promise par Nicolas Sarkozy, représenterait pour l'Etat une "ponction insupportable de 2 à 3 milliards d'euros ."
Auditionné à l'Assemblée, quelques heures après cette volée de bois vert, M. Woerth n'a pas caché son agacement. "Les sénateurs sont allés un peu loin tout à l'heure dans leur conférence de presse", s'est-il exclamé après que le président de la commission des finances du palais Bourbon, Didier Migaud (PS, Isère) eut qualifié le retour à l'équilibre en 2012 de "pas possible en l'état actuel".
Reste que M. Woerth, dont nul ne met en cause la bonne volonté, a apporté de l'eau au moulin des parlementaires qui doutent. En 2008, a-t-il précisé, il y aura entre 3 et 5 milliards de moins value de recettes fiscales (- 1 à - 3 milliards sur l'impôt sur les sociétés ; - 1,5 à - 2 milliards sur l'impôt sur le revenu), et la charge de la dette va augmenter de 2 milliards.
L'année 2009 ne se présente pas sous des auspices plus favorables. L'inflation, même si elle retombe à 2 % en moyenne comme le prévoit le gouvernement, alourdira les dépenses sociales de quelque 3 milliards, et la charge de la dette augmentera de 1,5 à 2,5 milliards de plus par an.
Dans ces conditions, ramener le déficit public à 2 % en finançant les priorités que sont l'enseignement supérieur (1,8 milliards d'augmentation de crédits par an) ou la justice, tient de la gageure. La suppression de 30 000 à 32 000 postes de fonctionnaires, qui suscite l'ire des syndicats, n'y suffira pas.
Pour y parvenir, a précisé le ministre, il faudra stabiliser la dépense de l'Etat en volume pendant 3 ans, faire "4 à 5 milliards" d'économies sur l'assurance maladie et retrouver le chemin de la croissance. Jeudi, à la Conférence nationale des exécutifs, M. Fillon devait annoncer aux élus locaux comment il entend s'y prendre pour obtenir que leurs dépenses ralentissent.
jeudi 10 juillet 2008
Le budget com' du gouvernement augmenterait de 292%
20Minutes.fr, éditions du 09/07/2008
Le budget de la communication du gouvernement était de 5,7 millions d'euros en 2008. Il sera de 22,4 millions en 2009, si les demandes de Thierry Saussez, actuel patron de la communication gouvernementale, sont satisfaites, révèle mercredi «Le Canard Enchaîné». Soit 292% d’augmentation.
12 millions pour les campagnes de publicité
Le journal cite une note adressée par Thierry Saussez à Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon, dans laquelle il réclame plus de moyens. Notamment 12 millions d'euros pour la «réalisation de trois campagnes interministérielles significatives» chaque année (celle sur le pouvoir d'achat a coûté 4,3 millions d'euros) et 2,5 millions d'euros pour le lancement d'une web TV gouvernementale et du site france.fr. Saussez demande également un peu plus d’un million d'euros pour «la conception et à la réalisation du tableau de bord du planning stratégique» et un autre million consacré à la «prise en charge budgétaire des études et sondages de la Présidence de la République». D’autres dépenses complètent l’enveloppe de 22,4 millions d’euros réclamée par le chef de la communication gouvernementale.
«Mutualisation des moyens»
Interrogés par l'AFP, les services du Premier ministre ont indiqué qu'il ne s'agirait «pas d'un budget supplémentaire, mais d'une centralisation des moyens», sans confirmer le contenu de la note citée par l'hebdomadaire satirique. «Au lieu d'une communication éclatée, on va mutualiser un certain nombre de budgets qui viendront dans le giron du SIG (Service d'information du gouvernement, ndlr) de manière à obtenir plus de cohérence dans le dispositif». Ce qui signifie «une diminution» des budgets communication de chaque ministère, fait valoir Matignon. De son côté, Thierry Saussez a indiqué à l'AFP qu'il ne «commentait pas les déclarations du “Canard Enchaîné”».
mardi 8 juillet 2008
Budget : l'inquiétude gagne Eric Woerth et François Fillon
LE MONDE | 07.07.08 | 14h57 Claire Guélaud
Devant l'UMP, le premier ministre a jugé nécessaire "un effort de vérité" !
François Fillon l'a redit solennellement, samedi 5 juillet, devant le conseil national de l'UMP : "Je ne serai pas le premier ministre qui laisse aux générations futures la facture de nos imprévoyances et de nos lâchetés." En pleine préparation du projet de budget 2009, ces propos prennent un relief particulier : le ministre du budget, Eric Woerth, et les commissions des finances des deux assemblées s'inquiètent du silence de l'Elysée sur les finances publiques et de la propension à la dépense de Nicolas Sarkozy.
Lequel n'avait pas fait, il est vrai, du redressement des comptes publics une priorité de sa campagne.
A huit jours du débat d'orientation budgétaire, prévu le 15 juillet, M. Woerth doit être auditionné, mercredi dans la soirée, par la commission des finances de l'Assemblée. Il reste d'ici là des arbitrages lourds à rendre pour pouvoir présenter la première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2009 - son volet dépenses -, ainsi que la trajectoire des dépenses de l'Etat par mission sur les années 2009 à 2011.
Des questions aussi sensibles que le format et la date d'entrée en vigueur du revenu de solidarité active (RSA), l'ampleur de la baisse des effectifs de l'éducation nationale (au moins 12 000, mais plutôt davantage), les relations financières entre l'Etat et les collectivités locales ou la fiscalité écologique ne sont pas tranchées. Le ralentissement économique, qui pourrait s'amplifier en 2009, complique la mise au point de ce PLF, dont la Commission européenne attend un début d'assainissement.
La charge de la dette enfle et pourrait être supérieure de 2 milliards aux 1,5 à 2 milliards déjà prévus par M. Woerth, du fait de l'indexation sur l'inflation de 10 % à 12 % des emprunts des administrations. S'il veut réduire le déficit public à 2 % du PIB en 2009 et tenir son engagement de retour à l'équilibre en 2012, le gouvernement devra s'imposer une discipline de fer. Or la France, comme l'a noté la Cour des comptes, n'est pas douée pour ce genre d'exercice. Elle fait même presque jeu égal avec la Suède en matière de dépenses publiques (plus de 52 % du PIB de deux pays).
MAÎTRISE STRICTE DES DÉPENSES
"Il y a eu 20 milliards d'euros de surcroît de recettes fiscales en 2007, note Gilles Carrez, député UMP du Val-de-Marne et rapporteur général du budget. Douze milliards sont allés aux baisses d'impôt, 2 aux exonérations de cotisations sociales, 5,5 aux dépenses et seulement 1 milliard a servi à réduire le déficit." Comment faire mieux avec une croissance et des recettes ralenties ?
En 2008, les rentrées fiscales assises sur les revenus 2007 devraient être conformes aux prévisions, et l'inflation dopera les recettes de TVA. Mais l'inquiétude concerne le cinquième acompte de l'impôt sur les sociétés (IS) versé en décembre. Il pourrait rapporter moins que prévu, en raison de l'impact de la crise sur les banques et les assurances. "Si la baisse de recettes est de 2 milliards, ce ne sera pas trop grave. Si elle atteint 5 ou 6 milliards, ce sera autrement plus compliqué", note M. Carrez.
En 2009, les recettes fiscales devraient ralentir plus sensiblement : le rendement des impôts basés sur le patrimoine devrait baisser avec le retournement immobilier, et les rentrées de TVA devraient être en ligne avec celles de 2008.
Quant à l'IS, nul ne sait ce qu'il sera. Mais les sombres prévisions du président de Renault, Carlos Ghosn, pour 2009 ne sont pas rassurantes.
"Dans un contexte aussi tendu, toute mesure de baisse d'impôt, qu'il s'agisse de la suppression annoncée de l'impôt forfaitaire (IFA) ou de la création de crédits d'impôt nouveaux en faveur de l'environnement, creuserait le déficit.
Il faut absolument procéder par redéploiement", insiste M. Carrez. Faute de quoi, dit-il, le gouvernement pourrait devoir abandonner la règle du zéro volume, c'est-à-dire la stabilisation des dépenses hors inflation, en vigueur depuis 2004.
M. Fillon n'y est pas favorable. Samedi, il a plaidé pour une maîtrise stricte des dépenses en volume, pour le respect de la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et jugé nécessaire "un effort de vérité", notamment sur la Sécurité sociale. Sera-t-il entendu ?


