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vendredi 25 avril 2008

Ensemble, ils covoiturent pour aller au travail

Ouest-France 24/04/08 - Gaëlle FLEITOUR

Chaque matin, Stéphane Morhan et François Gérard font route ensemble et n'y trouvent que des avantages.

Le covoiturage a le vent en poupe. Quatre trentenaires du Morbihan, qui s'organisent pour leur trajet domicile-travail, nous font partager leur expérience, écolo et conviviale. Il est près de 8 h, sur l'aire de covoiturage de Guer, dans le Morbihan. Stéphane Morhan, 32 ans, retrouve son covoitureur, François Gérard. Direction Rennes, quartier Beaulieu.

Ingénieurs, ils y travaillent dans des entreprises différentes. Mais font les 50 km qui séparent leur domicile de leur travail ensemble depuis décembre. D'habitude, ils sont quatre. « J'ai trouvé mon premier compagnon de route grâce à une annonce. Puis, j'ai vu une affiche de Covoiturage + qui m'a mis en relation avec les deux derniers », explique Stéphane. Pour François, qui travaille chez Thomson, « les contacts sont venus à moi ! Je me suis inscrit grâce à mon entreprise. Un mois après, ça a marché. »

« J'apprécie la convivialité »
Coup de chance, ils ont tous la trentaine. Le contact est donc rapidement passé entre eux. Les trajets sont désormais un rendez-vous qui se déroule dans la bonne humeur. « J'apprécie la convivialité du covoiturage. Dans la voiture, on rigole, on chante, on ne voit pas le temps passer ! », témoigne Stéphane. Et François d'ajouter : « Enfin lui chante, moi je me souviens juste des paroles ! » Avec un troisième, il leur arrive même de se voir, en dehors de la route, pour faire des tennis ensemble.

Ils affirment ne pas perdre de temps avec cette solution. « Le plus compliqué, c'est de trouver des horaires en commun et d'organiser les points de chute. » Pour eux, le covoiturage se prolongera à long terme. « C'est important de limiter le trafic, de faire un effort par rapport à l'afflux de voitures à Rennes », explique Stéphane. Pour François, « c'est une question d'état d'esprit, pour moins dépenser d'énergie. Et en plus, c'est valable économiquement. » Pour que chacun s'y retrouve, il a d'ailleurs créé le site Internet de leur équipe, sur lequel le roulement des conducteurs et les sommes dues sont répertoriés.

8 h 30, arrivée sur le parking du centre commercial des Longchamps, à Rennes. Alors, le covoiturage, une vraie tendance ? Aucun doute pour Stéphane. « À mon travail, nous sommes de plus en plus nombreux à le pratiquer. Et vu le prix des acquisitions à Rennes, les gens sont obligés de s'éloigner. D'où l'importance de mutualiser les transports. » D'autant que les transports en commun ne sont toujours pas adaptés aux besoins des travailleurs. «En car, je mettais plus de deux heures pour venir ! »

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mardi 22 avril 2008

Crise alimentaire: la Croix-Rouge risque de diminuer le nombre de repas

Europe 1 - lundi 21 avril 2008


La Croix-Rouge française a exprimé lundi sa crainte que la hausse mondiale des prix des denrées alimentaires ne conduise à une réduction importante du nombre de repas qu'elle distribue, alors que dans le même temps la précarité augmente en France.


La Croix-Rouge française subit "directement l'effet de la crise alimentaire mondiale", selon une porte-parole, qui ajoute qu'en 2008, en raison de l'augmentation du prix des denrées de base, "ce sont 5 à 6 millions de repas qu'elle ne pourra pas offrir, sur les 30 millions qu'elle distribue chaque année".

L'association s'inquiète également de l'émergence de nouvelles formes de précarité. "De nouvelles populations telles que les jeunes, les personnes âgées ou les travailleurs pauvres" font appel à la Croix-Rouge, qui devrait leur offrir entre 2 et 3 millions de repas supplémentaires en 2008.

"Avec une enveloppe budgétaire des aides européennes et françaises sensiblement identique à 2007 et une hausse des prix de 10%, la Croix-Rouge française se trouvera mécaniquement confrontée à une baisse du volume des produits fournis cette année", a-t-on ajouté de même source.

La quête nationale annuelle, qui aura lieu les 17 et 18 mai, prend dans ce contexte une importance particulière. Elle doit permettre d'aider à combler les 7 millions d'euros dont l'association a besoin. Il suffit d'un euro et demi pour assurer un repas.

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Crise alimentaire: Ban Ki-moon et Lula tirent la sonnette d'alarme

TV5MONDE ACCRA (AFP) - 20/04/2008

La 12ème Conférence de l'Onu sur le commerce et le développement (Cnuced) s'est ouverte dimanche à Accra sur un cri d'alarme du secrétaire général des Nations unies et un plaidoyer vigoureux du président brésilien Lula en faveur du Tiers monde.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dit craindre des "crises en cascade" qui affecteront la croissance et la sécurité mondiales si la crise des prix alimentaires actuelle, qui a déjà donné lieu à des manifestations violentes dans plusieurs pays, n'est pas gérée correctement et en urgence".

Sinon, "elle pourrait déclencher une cascade d'autres crises multiples, ce qui déboucherait sur un problème multi-dimensionnel affectant la croissance économique, le progrès social et même la sécurité politique dans le monde", a averti M. Ban en ouvrant la conférence d'Accra.

"Nous ne pouvons plus attendre. La communauté internationale doit entreprendre des actions urgentes pour éviter des conséquences politiques et sécuritaires plus graves. Les Nations unies sont déterminées à prendre la tête de cette action pour coordonner une réponse globale", a-t-il poursuivi.

Selon lui, si la communauté internationale ne "repense pas ses stratégies", "nous risquons de retourner à la case départ. Nous sommes confrontés à une urgence de développement".

Dans un discours pugnace, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'est quant à lui fait l'avocat des pays en développement, premières victimes, selon lui, de la crise actuelle. "L'économie internationale est confrontée à une crise causée par la gouvernance financière des économies les plus puissantes du monde. Les pays pauvres ne devraient payer la facture", a-t-il poursuivi.

"La mondialisation, selon lui, ne peut se transformer en un moyen de transférer les pertes aux pays en développement, alors que ce sont justement eux qui ont le plus contribué à maintenir le niveau de croissance mondial".

Lula a notamment appelé les pays riches - notamment les Etats-unis et ceux de l'Union européenne - à supprimer les subventions agricoles à l'exportation et à leurs producteurs, et à ouvrir leurs marchés, au moment où les pays en développement sont frappés de plein fouet par la flambée des prix alimentaires et du pétrole.

"Ces subventions massives fonctionnent comme une drogue sur leurs propres producteurs, et les principales victimes en sont les agriculteurs des pays les plus pauvres. Nous devons rester vigilants face à la tentation de pratiques protectionnistes des pays riches", a-t-il lancé à la tribune.

En arrivant samedi au Ghana, Ban Ki-moon avait d'emblée donné le ton: "nous sommes dans une situation inquiétante qui représente une menace pour la stabilité de nombreux pays en développement".

Quelques semaines avant le rendez-vous d'Accra, le secrétaire général de la Cnuced, le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi, avait averti que celui-ci allait se dérouler à "un moment où le monde est dans une période d'incertitude et où les craintes de récession sont crédibles".

C'est dans ce contexte inquiétant que pendant cinq jours les 193 pays membres de la Cnuced doivent se pencher sur les "divers impacts économiques de la mondialisation".

"Quelles sont les options pour améliorer les systèmes monétaires et financiers internationaux et ainsi éviter de futures crises? Comment acquérir les capacités commerciales et de production nécessaires à la compétition mondiale? Le boom des prix des matières premières peut-il créer davantage d'emplois?", sont des questions qu'évoqueront également les délégués.

Dans son discours d'ouverture, Ban Ki-moon a apporté sa lecture personnelle et métaphorique de la mondialisation: "La marée économique n'a pas soulevé tous les navires. 142 bateaux sont partis mais 50, les plus pauvres du monde, sont restés à quai. Le boom global les a oubliés".

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lundi 21 avril 2008

Dalaï lama citoyen de la ville de Paris

LE MONDE : Dernière minute

Le dalaï-lama devient "citoyen d'honneur" de la Ville de Paris

Comme le souhaitait le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, le Conseil de Paris a fait le chef spirituel des Tibétains "citoyen d'honneur" de la ville, lors d'un vote, lundi 21 avril. (AFP

lundi 21 avril 2008

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dimanche 20 avril 2008

Des clés pour consommer « responsable »

Recueilli par Alain GUYOT – Ouest-France – 19/04/08

Pascal Canfin. Journaliste au mensuel Alternatives Économiques, il vient de publier un livre : « Consommer responsable »
Légumes et cosmétiques bio, vêtements équitables, tourisme solidaire... Pascal Canfin explique comment changer notre façon de consommer. Pour lui, les mentalités des consommateurs changent peu à peu, mais les pouvoirs publics doivent faciliter ce mouvement.


Pourquoi ce livre ?
Des enquêtes d'opinion montrent qu'une partie des Français sont prêts à consommer de façon 'responsable', c'est-à-dire en ne prenant pas en compte uniquement le prix et la qualité d'un objet ou d'un service, mais aussi la manière dont il est produit : par exemple, le respect des droits sociaux des ouvriers, de l'environnement, etc. Mais le frein à cette prise de conscience reste le manque d'informations claires. Dans le rayon d'un supermarché, un consommateur peu averti peut se poser des questions devant un logo qui s'auto-proclame 'Produit vert !'. J'ai donc voulu répondre à des questions simples : comment sont commercialisés les légumes bio ? Où acheter un voyage 'solidaire' ? Sur quels sites Internet peut-on trouver du covoiturage ?

À l'heure du débat sur le pouvoir d'achat, le prix de tous ces produits est aussi en question...
Par rapport aux produits 'd'entrée de gamme', ceux des marques ou des magasins hard-discount, les produits responsables seront toujours plus chers. Mais, si on les compare aux produits de marque, la différence n'est pas aussi évidente. Les baskets brésiliennes Veja, des chaussures à la fois écologiques et 'sociales', coûtent environ 75-80 €. Un prix comparable à celui d'une paire de Nike ou d'Adidas. Idem pour le café. Le prix n'est pas tout. Acheter 'responsable', c'est consommer mieux, mais aussi et peut-être surtout consommer moins. Nous consommons aujourd'hui environ quatre fois et demi plus qu'il y a quarante ans. Sommes-nous pour autant quatre fois et demi plus heureux ?

Ne faites-vous pas porter la responsabilité des changements uniquement sur les individus ?
À l'heure de faire ses courses, de prendre sa voiture plutôt que le bus, de choisir une destination de voyage, nous pouvons faire des choix 'responsables'. Ces actes individuels ne sont pas tout. La collectivité doit, par des politiques publiques adaptées, privilégier des politiques vertueuses. Par exemple, développer les transports en commun ou moins subventionner l'agriculture intensive qui dégrade l'équilibre écologique. S'ils constatent que les citoyens/consommateurs sont demandeurs de ces orientations, les politiques les proposeront pour se faire élire. Au final, la planète s'en portera mieux...

Pascal Canfin - Consommer responsable (Flammarion. 360 pages. 16 €). 

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samedi 19 avril 2008

Des associations anti gaspi en Allemagne : La seconde vie des produits presque périmés

Delphine Simon – France-Info – 19/04/08

alemagne

Près de 8 % de la population allemande vivrait sous le seuil de pauvreté.

Donner une seconde vie aux produits périmés pour les redistribuer à ceux qui ont faim. A Berlin, depuis 4 ans l’association Berliner Tafel distribue gratuitement ou presque des produits proches de la date limite de péremption - yaourt, radis, pain un peu défraîchis, mais toujours consommables.

Pas toujours facile de boucler ses fins de mois quand on est mère célibataire ou chômeur... L'association berlinoise Berliner Tafel distribue gratuitement, ou presque, des produits alimentaires proches de la date limite de péremption. Des bénévoles vont récupérer directement chez les distributeurs, dans les supérettes, ces produits qui, bien qu'ils ne soient plus commercialisables, sont toujours propres à la consommation. les supermarchés y trouvent eux aussi leur compte.

Près de 40 000 personnes profitent de ce service, disponible désormais dans toute l’Allemagne, en Suisse et en Autriche.

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La valise diplomatique

Le Monde Diplomatique vendredi 18 avril 2008

Entreprise de démolition (sociale)

Cacophonie gouvernementale ou tourbillon médiatique destiné à noyer dans un flot de nouvelles diverses et variées des mesures impopulaires ? Les deux à la fois ? Difficile de répondre. Une chose est sûre : de la suppression de la carte SNCF « famille nombreuse » à la fin du remboursement des lunettes, de la baisse du nombre d’enseignants à la réforme hospitalière en passant par celle de l’indemnisation chômage, les dispositions annoncées par le gouvernement français vont dans un seul sens, sans déborder d’un iota de leur objectif : réduire les dépenses sociales. Le tout enrubanné d’un discours policé.

Ainsi, il paraît que l’on doit désormais bannir du vocabulaire toute référence à la « carte hospitalière » (de très mauvaise réputation depuis le début des années 2000, car elle a servi de fer de lance aux fermetures de petits hôpitaux).

M. Nicolas Sarkozy, qui a rendu publics, le 17 avril, les grands axes de la « réforme », préfère parler de « nouveau paysage hospitalier » — lequel comptera 200 hôpitaux de moins d’ici 2010.

Même souci de forme chez M. Claude Evin, ancien ministre socialiste de la santé et fervent partisan de ce nouveau tour de vis dans lequel il ne voit que « mutations en douceur » — expression plus appropriée, assure-t-il, que « fermetures ». Maternités locales et hôpitaux de proximité disparaîtront donc… mais sans brutalité. D’ores et déjà, on voit se profiler des « déserts médicaux » (il faut parfois faire 80 ou 100 km pour accoucher, par exemple), tandis que les grands centres hospitaliers aux plateaux techniques de pointe sont encombrés pour des soins banals.

Le projet présidentiel confirme une réorganisation en réseau, dont le principe aurait pu être intéressant s’il n’offrait un partage démesurément favorable aux cliniques privées (qui prendront plus en charge la chirurgie et la médecine programmées — plus rentables —, et laisseront au secteur public les pathologies lourdes — plus coûteuses).

Il prévoit également de donner tout pouvoir à un directeur unique (exit les médecins et les élus). Bien gérer avant de bien soigner, comme l’ont montré André Grimaldi, Thomas Papo et Jean-Paul Vernant. Or, les vrais problèmes de l’hôpital public — un manque de médecins (avec le numerus clausus, on est passé à 2 500 formés par an contre 8 500 il y a vingt ans), une pénurie d’infirmières, l’organisation des urgences - sont renvoyés à des échéances indéterminées….

Autre secteur en ligne de mire : les prestations sociales. L’allocation familiale majorée pour les enfants de 11 ans est supprimée ; elle ne sera versée qu’à partir de 14 ans et augmentée de 60 euros.

Le manque à gagner pour les ménages est évalué à 138 millions d’euros par la Caisse nationale des allocations familiales elle-même (CNAF).

Dans le même esprit, le gouvernement avait planifié la suppression de la carte famille nombreuse de la SNCF, qui donne droit à des réductions, compensées par l’Etat, auprès du service public. Devant le tollé général, la décision est suspendue. Tout comme la proposition de la ministre de la Santé, Mme Roselyne Bachelot, de supprimer le remboursement des lunettes. Mais ce n’est que partie remise, alors que les dépenses d’optique font déjà partie des soins auxquels renoncent les familles, faute de moyens (1).

Le candidat Sarkozy n’hésitait d’ailleurs pas à décréter qu’il fallait « porter les remboursements des lunettes à 50 % »

Les chômeurs sont également dans le collimateur. Tout demandeur d’emploi étant par définition suspect, le gouvernement vient de décréter que toute personne refusant plus de deux fois une « offre valable d’ emploi » verrait ses indemnités réduites ou même supprimées.

Nul ne sait qui définit ce qui est « valable », mais tout le monde sent bien que cela accélèrera la sortie des statistiques — du meilleur effet politique. Il faut quand même rappeler qu’aujourd’hui un demandeur d’emploi sur deux n’est pas indemnisé. Théoriquement, les négociations sur ces questions entre le patronat et les syndicats doivent s’ouvrir dans les prochaines semaines, mais le gouvernement a déjà défini ce que doit être le résultat.

Avec le même sens de la démocratie, il a décidé que les négociations sur les retraites, qui devraient être bouclées d’ici août, devaient aboutir à une augmentation du temps de cotisation (41 ans au lieu de 40). D’ores et déjà, quatre retraités sur dix ne peuvent avoir une pension complète, selon la Confédération générale du travail (CGT).

Autre cible : la fonction publique et les services qui lui sont attachés. Dans l’enseignement, 11 200 postes d’enseignants sont supprimés, dont 8 000 dans le secondaire. Ce sont les élèves — et notamment ceux des lycées professionnels — qui sont montés au créneau pour défendre « un enseignement de qualité ». Et pour cause : en moyenne, les classes comptent déjà 27,8 élèves, et même 31 pour les classes de seconde. Certes, les moyens humains ne font pas tout, mais ils demeurent essentiels pour mener des projets pédagogiques novateurs et aider réellement les élèves.

Plus généralement, le gouvernement veut ne remplacer qu’un fonctionnaire de l’Etat sur deux partant à la retraite d’ici 2011. Cela signifie moins d’enseignants, d’agents de l’équipement, de policiers, de soignants… Cette cure d’amaigrissement serait indispensable en raison des déficits budgétaires – effectivement colossaux. D’autant qu’ils ont été gonflés par les cadeaux fiscaux, souvent versés aux plus riches (bouclier fiscal, réduction des tranches d’impôt, etc. ), qui atteignent 15 milliards d’euros depuis l’arrivée de M. Sarkozy à l’Elysée. A comparer avec les 7 milliards d’économies réalisées sur le dos des services publics. Qui a dit que M. Sarkozy manquait de cohérence ?

Martine Bulard

1) Lire l’Enquête Santé Protection Sociale 2006 de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes

Posté par Kozett à 00:09 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 17 avril 2008

Couac ou réalité ? Les allocations familiales réduites pour les adolescents ?

NOUVELOBS. | 16.04.2008 | 18:43

Le gouvernement se heurte à une nouvelle polémique : un décret prévoirait la modification des règles de calcul des allocations perçues par les parents d'adolescents. Des députés UMP s'inquiètent.

Le gouvernement a assuré mercredi 16 avril que rien n'était "prévu pour l'instant" concernant une remise en cause de la majoration des allocations familiales, alors qu'il a présenté le 5 février dernier au conseil d'administration de la CNAF un projet de décret en ce sens avec application au 1er mai.

"J'ai eu un échange avec (la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano ) ce matin sur ce sujet qui m'a indiqué que rien n'était prévu pour l'instant", a assuré le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, interrogé mercredi sur cette question après le conseil des ministres.
Le quotidien Le Monde revient dans son édition datée de jeudi sur un décret "passé inaperçu", réformant les bonifications accordées pour les adolescents, qui ne seraient plus versées dès les 11 ans, mais après 14 ans.

Suppression de deux majorations - Le décret n'est pas encore paru, alors que la mesure doit en principe entrer en vigueur le 1er mai.
Ce projet de décret avait déjà provoqué de vives réactions syndicales et la désapprobation du conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) lors de sa présentation pour avis consultatif le 5 février.

La CNAF avait alors fait part de sa "vive insatisfaction" dans un communiqué de presse. La Caisse a précisé mercredi que le décret n'est pas encore paru.

En France métropolitaine, les allocations familiales sont versées dès le deuxième enfant sans condition de ressources. Elles sont versées aux familles jusqu'à ce que les enfants aient 20 ans, et sont majorées à 11 et 16 ans.

Le projet de décret dévoilé le 5 février dernier prévoit la suppression de ces deux majorations au profit d'une seule versée à 14 ans.

La CNAF estime que cette mesure va conduire à une économie de 138 millions d'euros par an "au détriment des familles", soulignait-elle dans son communiqué le 5 février. Selon elle, les allocations en moyenne passeront de 4.918 euros entre les âges de 11 et 20 ans à 4.331 euros entre 14 et 20 ans, soit une baisse d'environ 600 euros.

Recul des prestations familiales -
La CGC avait publié un communiqué le 6 février dénonçant une mesure induisant "un recul des prestations familiales, déjà insuffisantes pour les familles".

La polémique relancée, le député UMP Jean-Frédéric Poisson, suppléant de la ministre du Logement Christine Boutin, a demandé mercredi au gouvernement de "revenir sur cette décision", en critiquant "une mauvaise idée". "Cette décision affecte le pouvoir d'achat des familles qui, pour plus de 80% d'entre elles, ont des revenus modestes", rappelle le porte-parole du Forum des républicains sociaux (FRS, composante de l'UMP).

L'association Familles Rurales rappelle pour sa part dans un communiqué son "opposition à cette mesure". "Les prestations familiales sont-elles en danger?", s'interroge-t-elle, soulignant qu'une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques a "démontré qu'en vingt-cinq années, les allocations familiales ont perdu 24,5% de leur valeur relative par rapport au revenu médian".

Des députés UMP craignent un nouveau "couac" – Les députés UMP Hervé de Charette et Jacques Myard se sont inquiétés mercredi d'un nouveau "couac" de la part du gouvernement.

L'application du décret en cause "entraînerait sans aucun doute chez les 4,5 millions de familles françaises concernées, une colère légitime car elle aurait pour conséquence une nouvelle perte de leur pouvoir d'achat", écrit Hervé de Charette dans une lettre à la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano.

"Après une série de couacs et de cafouillages fâcheux, notamment celui de la Carte familles nombreuses SNCF", l'ancien ministre des Affaires étrangères s'indigne: une telle mesure "laisse à penser que nous sommes confrontés à une politique de petits coups et non à une réforme globale pensée et sérieuse que nos concitoyens sont en droit d'attendre et d'ailleurs réclament".

De son côté, Jacques Myard dénonce, dans un communiqué, "un coup sévère à la politique familiale française" et juge "pas admissible de privilégier une gestion et une vision comptable à court terme" et aux "conséquences désastreuses" au détriment d'une "politique familiale de long terme". (AP)

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Le feuilleton à épisodes des provocs gouvernementales : la carte famille nombreuse, les OGM, le Tibet, le RSA, et maintenant les soins dentaires et les lunettes....

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Posté par Kozett à 00:07 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pour payer RMI et RSA, l’Etat se fait tirer l’oseille

Jérôme Canard - Le Canard Enchaîné - mercredi 16 avril

Le 16 avril, l’UMP devait constituer un « groupe de travail » sur le fameux revenu de solidarité active (RSA), cher à Martin Hirsch. Mais les amis de Sarko cherchent surtout à enterrer – au moins partiellement – ce projet, en redéfinissant « le calibrage du RSA, sa mise en oeuvre et son financement ». C’est que, comme le dit le Président « les caisses sont vides ! »

Les départements en savent quelque chose. Et ils craignent que le RSA suive le même chemin que le RMI. Autrement dit : qu’ils soient contraints d’avancer encore une fois les sommes que l’Etat verse aux allocataires. Et les retards de paiement, les Conseils généraux connaissent : le Trésor Public leur doit déjà la somme astronomique de 2 milliards. Echaudé, le président PS de l’Assemblée des départements de France, Claudy Lebreton, juge par avance « inacceptable u transfert du coût du RSA vers les collectivités locales ». Comme si l’Etat avait l’habitude de se défausser.

Bernard Derosier, président PS du Nord en fait chaque jour l’expérience avec le RMI. Selon lui, les crédits alloués aux départements pour payer les bénéficiaires de ce revenu sont sous-évalués. Problème de démographie. « En 2004, nous comptions 64 000 RMIstes nordistes. Le chiffre a bondi à 76 000 avant de redescendre à 72 000 aujourd’hui. Mais la compensation a toujours été insuffisante.» L’Etat doit 32 millions au département du Nord. Record de France ! Les Ch’tis le trouvent vraiment dur d’oseille…

Très chers pauvres

Même constat au pays du foie gras. La chambre régionale des comptes de Midi-Pyrénées a calculé que le « solde » entre les allocations versées aux bénéficiaires du RMI dans le Gers, et les compensations de l’Etat était de 1,64 millions en 2004, et de 2,5 millions en 2005. « En quatre ans, la créance publique a atteint 8 millions, assure Philippe Martin, président du Conseil général du Gers. Il est facile, dans ces conditions, de prétendre que les déficits publics résultent de l’endettement des collectivités locales… » Huit millions, c’est l’équivalent de 16 points de fiscalité dans le Gers !

C’est plus de 20t points (23,5 millions) que l’Etat doit au département des Pyrénées-Orientales, l’un des départements les plus RMIsés de France. Christian Bourquin, président du Conseil général, s’interroge donc sur l’opportunité de co-financer le RSA. Il fixe trois conditions pour l’accepter : « Un, que l’effort financier soit vraiment partagé. Deux, que l’Etat nous paie sa dette. Trois, que le RSA ne pénalise pas les travailleurs pauvres. » Ce n’est pas gagné… Même si, chez Hirsch, on assure que le dispositif sera étendu aux travailleurs pauvres.

Pour quel coût, au total ? Personne n’en sait rien ! Seule certitude : les 8 000 RSA qui ont été « expérimentés » dans une trentaine de départements reviennent chacun à environ 150 euros par mois à l’Etat. Et autant aux départements. Soit 2,4 millions. Pour le reste, assure-t-on chez Martin Hirsh, « on cherche la solution qui convienne à tout le monde… Pour une fois… »

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Surendettés sans avoir consommé à l'excès

Ouest-France – 16/04/08 - Thierry BALLU.

Avec 1 700 € par mois, c'est de plus en plus dur, selon la Chambre régionale du surendettement social. Entretien avec Stéphane Briaud, son responsable.

Les grandes lignes du dernier bilan d'activité de Cresus (1) ?

Nous avons accueilli un peu plus de 1 700 personnes l'an dernier contre seulement 280 l'année précédente. La première explication de cette montée en puissance tient au fait que nous sommes davantage connus. De plus en plus de personnes sont envoyées par les travailleurs sociaux. La baisse du pouvoir d'achat pèse aussi très lourd.

Des personnes bénéficiant d'un plan d'apurement de leur dette sont obligées de repasser devant la Banque de France parce qu'elles n'y arrivent plus dans les conditions actuelles. La Banque de France évalue à 220 € par personne et par mois le montant nécessaire pour se nourrir, se loger, se vêtir. Cela ne suffit plus quand les prix, et notamment ceux de l'alimentaire, ne cessent de grimper.

Qui vient vous voir ?

J'aurais tendance à dire que désormais, c'est un peu tout le monde. Des titulaires du RMI, des travailleurs pauvres, des personnes âgées, mais aussi des cadres moyens atteints par des accidents de la vie. Mais nous rencontrons aussi de plus en plus de salariés touchant 1 500 à 1 700 €, voire 2 000 € et qui n'y arrivent plus.

Avec ces rémunérations, ils sont exclus des aides et paient tout plein pot. Ils se retrouvent surendettés sans avoir surconsommé. Certains se sont lancés dans des projets immobiliers avec des budgets serrés. La part de l'emprunt atteignait 33 % des dépenses familiales, voire plus. Les prix de l'alimentaire et du carburant qui ont grimpé en flèche ont sapé l'équilibre.

Le fichier positif que vous réclamez pour mieux encadrer les crédits revolving (crédits rechargeables) qui font beaucoup de dégâts, où en est-on ?

Cela n'a pas vraiment avancé alors que ce système fait ses preuves en Belgique. Nous demandons de créer un fichier centralisé où tous les crédits des personnes seraient recensés. Tout organisme de crédit devrait consulter ce fichier avant d'accorder un nouveau crédit.

Mais on sait que les crédits revolving rapportent gros, au point que de plus en plus de banques cherchent à prendre leur part de gâteau. Elles proposent des solutions revolving à des clients dont les comptes sont à découvert. Elles le font plutôt que d'accorder un prêt personnel. Un prêt revolving leur rapporte de 12 à 17 % quand c'est seulement 5 % avec un prêt personnel classique... C'est un abus.

(1) Cresus Pays de la Loire (Chambre régionale du surendettement social), 3, rue Eugène-Thomas à Nantes; tél. 02 40 72 40 05 ou 06 74 76 24 40 ; cresus-pdl@wanadoo.fr et www.cresuspaysdelaloire.fr

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