lundi 1 septembre 2008
Un député UMP dénonce l'usage de l'ARS
Challenges.fr – 31/08/08
Edouard Courtial, jeune député de l'Oise, estime que l'Allocation de rentrée scolaire est mal utilisée par certains parents, servant plutôt à acheter "un écran plat". Il compte déposer un amendement en faveur d'un système de "chèques achats".
Selon le député UMP Edouard Courtial, interviewé dans Le Parisien Dimanche du 31 août, l'Allocation de rentrée scolaire (ARS) est "détournée pour des achats pour la famille". Le jeune élu de 35 ans déposera à la rentrée un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale dans lequel il préconise, afin de mettre un terme à de telles pratiques, de mettre en place un système de "chèques achats rentrée scolaire".
"Ecran plat"
"L'ARS est parfois détournée pour des achats pour la famille", affirme le député de l'Oise, se basant sur un constat : "il semblerait que certains distributeurs d'électroménager enregistrent des pics de vente d'écrans plats au moment de la rentrée".
Edouard Courtial assure même avoir "entendu récemment quelqu'un dire : 'on s'offrira une télé quand on aura touché l'ARS !'".
"L'ARS ne doit pas servir à acheter un écran plat", selon le député, qui préconise ainsi de remplacer la somme d'argent versée aux familles ayant droit à l'ARS par des "chèques achats rentrée scolaire".
"Ce qui est utile"
Ces chèques seraient délivrés sous la forme de "bons d'achat" qui ne permettraient d'acheter que "ce qui est utile à une rentrée scolaire". "Il est anormal que des enfants débarquent avec des bouts de cahiers et des cartables défoncés, mais disposent, à la maison, d'une Playstation toute neuve", lance ainsi le député, ajoutant que, dans le même temps, "le montant de la prestation doit encore être fortement réévalué".
Edouard Courtial voit dans cette mesure la preuve d'un changement de paradigme avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Il place son projet de réforme dans la lignée du contrôle des chômeurs, renforcé par le gouvernement. Cette réforme, très décriée par l'opposition, oblige désormais un chômeur à accepter une offre d'emploi après deux refus, sous peine de sanctions.
Contrôles, sécurité, obligations, amendes et sanctions ...les initiatives de nos gouvernants manquent d’imagination.
samedi 30 août 2008
La protection de l’enfance toute nue
D. S. - Le Canard Enchaîné du mercredi 27 Août 2008-08-29
Philippe Bas, alors délégué à la Famille, saluait, le 22 février 2007, l’adoption de la loi sur la protection de l’enfance : « Grâce à ce texte très important, nous éviterons que, dans notre pays, des enfants continuent à souffrir en secret pendant des années et des années ».
Promulguée le 5 mars suivant, cette loi devra révolutionner la prise en charge de l’enfance en danger. Tellement « importante » qu’un an et demi plus tard, elle attend toujours ses décrets d’application.
« Où sont les décrets ? », s’inquiète déjà, en décembre 2007, le « groupe d’appui » à la loi, créé par les associations de protection de l’enfance. Le 13 novembre, Xavier Bertrand, aux Assises nationales de la protection de l’enfance, avait pourtant juré solennellement que les décrets n’allaient plus tarder : « J’attache beaucoup d’importance à ce que ces textes rendent les mesures claires, claires, cohérentes et simples dans leur mise en œuvre. » Ce sera, précise t-il, « avant la fin du premier semestre 2008 ». Dans la foulée, le fougueux Bertrand met sur pied un groupe censé suivre la loi qui se réunira « une fois par trimestre ». Magnifique ! Ce fameux « groupe de suivi » s’est réuni le 15 janvier 2008 pour la première.. et dernière fois !
Le 4 juin dernier, lors de la signature d’une convention sur la protection de l’enfance, Nadine Morano, nouvelle ministre de la Famille, s’enflamme pour cette loi, comme si elle était déjà en application : « Lorsqu’il s’agit de protéger nos enfants, je le dis aussi en tant que mère de famille, l’ensemble des leviers d’action doivent être mobilisés avec détermination ! » L’enthousiasme de Morano fait plaisir.
Le plus comique est cette injonction, le 5 mai 2008, sur le site du ministère du Travail : « Un bilan devra être présenté par le gouvernement, dans les deux ans suivant la promulgation de la loi » Le bilan de deux ans de non application sera vite fait.
Nadine Morano, interrogée par « Le Canard », confirme que « le sujet lui tient vraiment à cœur », au point qu’elle a engagé, il y a quelques semaines, un magistrat pour rédiger les décrets. Un premier a « déjà ! » été signé, il concerne… la formation des cadres territoriaux. Pour le reste, on y est presque ! Quatre décrets seraient au bord de la publication. Et les associations de défense de l’enfance au bord de la crise de nerfs…
jeudi 28 août 2008
Conférence d’Accra 2008 : comment améliorer l'efficacité de l'aide aux pays en développement
Marie Joannidis – MFI – 27/08/08
Les représentants d'une centaine de pays développés et en développement, d'organisations internationales et d'ONG, réunis du 2 au 4 septembre 2008 à Accra, au Ghana, examinent les moyens d'améliorer l'efficacité de l'aide - vitale pour les plus démunis. Au centre des débats, le souci d'une responsabilité partagée entre riches et pauvres.
Ce troisième Forum sur l'efficacité de l'aide donne le coup d'envoi d’une série de rendez-vous internationaux consacrés au partenariat Nord-Sud, parmi lesquels une réunion de haut niveau sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), sous l’égide des Nations unies, à New York, fin septembre 2008, et une conférence sur le financement du développement, à Doha, en décembre. La conférence d'Accra marque ainsi une étape importante dans la mise en œuvre effective de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide, adoptée en mars 2005.
Son projet de déclaration souligne que des progrès ont été accomplis mais qu'il reste encore beaucoup à faire. « Il y a une quinzaine d’années, une personne sur trois vivait avec moins de un dollar par jour ». Un chiffre aujourd’hui ramené à une personne sur cinq. « Pourtant, plus d’un milliard d’êtres humains, pour la plupart des femmes et des filles, vivent encore dans l’extrême pauvreté et l’accès à un approvisionnement en eau de boisson salubre et aux soins de santé demeure un enjeu majeur dans de nombreuses régions du monde », indique le texte, qui évoque de « nouvelles menaces d’ampleur planétaire – renchérissement des denrées alimentaires et des carburants et changement climatique – qui mettent en péril les progrès réalisés par de nombreux pays dans la lutte contre la pauvreté ».
L’aide : un élément parmi d’autres dans le paysage du développement
Le texte souligne que des avancées « plus décisives » doivent être réalisées pour atteindre les OMD en 2015. « L’aide n’est qu’un élément parmi d’autres dans le paysage du développement », où figurent également « la démocratie, la croissance économique, le progrès social et l’attention portée à l’environnement [ses] principaux moteurs (…) dans tous les pays. Il est capital, pour le progrès dans le monde, de combattre les inégalités de revenus et de chances tant entre les pays qu’à l’intérieur de chaque pays ». Une enquête de suivi 2008 précise qu'un grand nombre de pays en développement ont amélioré la gestion des fonds publics et que les donneurs ne cessent d’améliorer la coordination au niveau des pays. Mais le rythme de progression est trop lent.
Le texte fait état de trois défis majeurs à relever pour accélérer les progrès dans ce domaine : l’appropriation par les pays, c'est-à-dire la maîtrise de leurs propres politiques de développement ; des partenariats plus efficaces et davantage ouverts à tous y compris aux nouveaux acteurs du développement et enfin la communication des résultats obtenus.
« Plus que jamais, les citoyens et les contribuables de tous les pays espèrent des résultats tangibles aux efforts déployés dans le domaine du développement », affirme le projet de déclaration. « Nous nous rendrons compte mutuellement des résultats obtenus et nous rendrons compte à nos parlements et à nos citoyens respectifs ainsi qu’aux organes de l’exécutif ». Car faute de « lever ces obstacles qui entravent l’accélération de la progression, nous ne tiendrons pas nos engagements et nous manquerons des occasions d’améliorer les conditions de vie des personnes les plus vulnérables à travers le monde ». Réaffirmant les engagements de la Déclaration de Paris, le Forum devrait adopter « des mesures concrètes » en matière de suivi et d’évaluation pour « hâter les progrès d’ici 2010 ».
Concrétiser les intentions affichées à Gleneagles : un réel défi
L’aide distribuée par les 22 pays-membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, qui regroupe les principaux donneurs dans le monde, s’est élevée en 2007 à 103,7 milliards de dollars. Selon le CAD, la plupart des donateurs ne paraissent pas encore capables de respecter les engagements annoncés en termes d’accroissement de l’aide et doivent procéder à des augmentations plus substantielles s’ils veulent atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés pour 2010. Il est toutefois évident que les donateurs sont confrontés à un réel défi s’ils veulent concrétiser les intentions affichées au Sommet du G8 à Gleneagles, à savoir doubler l’aide à l’Afrique à l’horizon 2010.
La France, qui préside actuellement l'Union européenne - et qui sera représentée à Accra par Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie -, souligne pour sa part que « l'Union européenne tient une place particulière dans ce processus. Elle apporte à l'heure actuelle plus de la moitié de l'aide publique au développement mondiale. Elle compte en son sein des bailleurs traditionnels et de nouveaux États-membres qui s'ouvrent à la coopération et aux principes de la Déclaration de Paris ». Un quatrième forum devrait avoir lieu en 2011 après une série d'évaluations en 2010.
jeudi 21 août 2008
L'Etat peine à financer ses ambitions sociales
Le Monde | 20.08.08
Le gouvernement met de plus en plus à contribution les collectivités locales, les entreprises et les salariés.
Peut-on encore faire une politique sociale, alors qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses ?
Pour le gouvernement, c'est le dilemme de la rentrée. Destruction d'emplois, hausse des prix : François Fillon sait que les Français les plus modestes sont les premiers touchés par la crise.
En même temps qu'il annonçait, lundi 18 août, le maintien du cap budgétaire du gouvernement - ni relance, ni rigueur officielle -, il a reconnu que leur situation allait s'aggraver : "Nous avons, dans tous les pays développés, un cap difficile à passer ; il ne faut pas que les plus modestes, ceux qui sont les plus vulnérables dans la société française, soient les plus touchés."
Le premier ministre a donc promis que le gouvernement allait, malgré l'austérité budgétaire qui doit lui permettre de respecter l'objectif de déficit public de 2,5 % du PIB, leur accorder une attention particulière : "La rentrée parlementaire sera tout entière consacrée à des réformes importantes permettant de garantir le pouvoir d'achat des plus modestes. Ce sera d'abord la loi sur l'intéressement et la participation ; ce sera ensuite la loi sur le revenu de solidarité active (RSA) dès la session extraordinaire de septembre ; il faut y ajouter la mise en oeuvre de la prime à la cuve remaniée et enfin, la contribution transport", a indiqué M. Fillon.
Mais avec quel argent ? Le gouvernement est en train d'inventer toute une série de dispositifs d'aides qui n'augmentent pas le déficit de l'Etat.
Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, critique "le bonneteau auquel veut se livrer le gouvernement, en finançant le revenu de solidarité active avec la prime pour l'emploi et les retraites par l'assurance-chômage".
Allusion à la lettre de M. Fillon demandant aux partenaires sociaux qui gèrent l'Unedic de baisser les cotisations chômage pour pouvoir augmenter les cotisations retraite.
A la CFDT, Marcel Grignard, secrétaire national, décrypte la manoeuvre : "Le gouvernement décide d'une politique et, coincé par sa politique budgétaire, il va chercher les moyens financiers hors des caisses de l'Etat : il lorgne sur le 1 % logement, il vise l'argent de la formation professionnelle, et veut transférer des cotisations sociales d'un régime à l'autre..." Il critique les dangers d'une mise à contribution tous azimuts des entreprises : "Il faut savoir qu'une entreprise sanctionnée se débrouille toujours pour récupérer les sommes perdues, en externalisant à moindre coût une partie de son activité et en mettant une pression accrue sur les salaires."
En se défaussant sur d'autres, le gouvernement s'affranchit-il complètement des règles européennes des déficits publics ? Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), ne le croit pas : "En organisant des transferts vers les collectivités locales ou d'un secteur social à un autre, le gouvernement ne trompe personne, en tout cas pas Bruxelles qui comptabilise l'ensemble des déficits, y compris ceux de la Sécurité sociale et ceux des collectivités territoriales." Tout au plus, dit l'économiste, "dans l'esprit des Français, l'Etat semble maintenir son objectif rigoureux de maîtrise des dépenses publiques en se dégageant d'une partie de sa responsabilité".
REDÉPLOIEMENTS DE CRÉDITS
Des arbitrages doivent être rendus dans les prochains jours par le président de la République pour savoir qui des collectivités locales, entreprises, salariés doivent être le plus mis à contribution pour financer la "générosité" de l'Etat.
En matière d'intéressement et de participation, la loi sur les revenus du travail qui sera examinée lors de la session extraordinaire de rentrée prévoit un assouplissement de ces dispositifs. Mais elle va introduire concomitamment un prélèvement acquitté par les employeurs sur les sommes distribuées. Objectif : combler une partie du déficit de l'assurance-maladie et financer de nouvelles dépenses sociales, peut-être le RSA.
Réservée aux ménages non imposables qui se chauffent au fioul, la "prime à la cuve" pourrait être prochainement portée à 200 euros. Mais l'Etat ne déboursera pas un centime : elle sera intégralement financée par le supplément de TVA qu'il perçoit grâce à la hausse du prix du carburant.
Autre coup de pouce du gouvernement pour contrer la hausse des prix des carburants, la "contribution transport" doit remplacer le dispositif du chèque transport (sur le mode du ticket restaurant), qui a été un échec total. M. Fillon a demandé aux partenaires sociaux de lui soumettre un nouveau dispositif avant le 12 septembre.
Malgré l'insistance des syndicats de salariés, le Medef, qui refuse la perspective de charges nouvelles pour les entreprises, n'a toujours pas ouvert cette négociation.
Le sort du plan banlieue de Fadela Amara est, lui, déjà scellé : M. Fillon a indiqué, le 20 juin, que le projet serait financé par redéploiements de crédits existants dans différents ministères, hormis quelque 520 millions d'euros affectés au désenclavement des quartiers.
Ce qui devait être le "plan Marshall" des banlieues avec des milliards investis dans les quartiers ne sera jamais chiffré. La secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville doit désormais convaincre ses collègues de lui rétrocéder une partie de leurs crédits (policiers redéployés, bus scolaire pour favoriser la mixité sociale, internats d'excellence, maisons de santé relocalisées en banlieue, etc.).
lundi 18 août 2008
Appartements intelligents pour vieillir chez soi
Ouest-France – 18/08/08 - Benjamin SEZE
Bientôt la fin des maisons de retraite ? Des chercheurs mettent au point un dispositif technologique pour le maintien des personnes âgées chez elles.

Il est 7 h, à la résidence Notre-Dame, à Grenoble. Yvette se lève. Direction la cuisine, pour un petit-déjeuner en feuilletant quelques revues. Dans une heure, elle quittera son appartement pour faire le marché. Retour prévu vers 11 h. Après le déjeuner, elle fera une sieste puis regardera une émission à la télévision. Suivra une courte visite à ses amies, avant le dîner. Ce soir, Yvette compte se coucher tôt pour bouquiner au lit. Extinction des feux prévue vers 23 h.
Une journée comme une autre... passée sous l'oeil de capteurs infrarouges. Fixés aux murs, en hauteur, huit petits boîtiers blancs détectent ses faits et gestes, jour et nuit. Depuis quatre ans, cette octogénaire participe comme « cobaye » au projet d'appartement intelligent, baptisé Ailisa. Il est mené par le laboratoire grenoblois TIMC-IMAG, en partenariat avec l'hôpital Charles-Foix d'Ivry-sur-Seine et le CHU de Toulouse.
Temps passé dans chaque pièce
Une fois les mouvements d'Yvette enregistrés par les capteurs, ils sont communiqués à un ordinateur installé chez elle. Un logiciel stocke les informations, les analyse, puis les transmet par mail au laboratoire. Les informaticiens peuvent ainsi en déduire les rythmes d'activité de la personne. « Nous mesurons la répartition du temps passé dans chaque pièce, la mobilité de la personne, son agitation éventuelle, les trajets récurrents », liste le professeur Norbert Noury, un des deux chefs de l'équipe grenobloise.
Idée phare du projet : favoriser le maintien à domicile des personnes fragiles et dépendantes. « Selon l'Insee, un tiers de la population aura plus de 65 ans en 2040, avance Norbert Noury. Or, à partir de 85 ans, le risque de pathologies physiques et psychologiques s'accroît fortement. Il n'y aura pas de place pour tout le monde dans les institutions spécialisées. »
Ce dispositif permettrait de détecter des complications cardio-vasculaires « si les déplacements de la personne se font plus rares et ses mouvements plus lents ». Il détecterait aussi une perte d'équilibre, « à l'aide d'un pèse-personne relié à l'ordinateur, mesurant le placement de ses pieds », ou un début de Alzheimer « si on observe que la personne saute des repas, ou ne les prend pas aux bonnes heures ».
Pas de caméra
Les chercheurs souhaitent aussi développer une assistance humaine : « Un système d'alerte qui préviendrait, en cas de problème, un voisin ou un médecin, explique le Dr Pierre Rumeau, du CHU de Toulouse. Si la personne chute et reste anormalement immobile dans un endroit donné, comme les WC, les capteurs vont le détecter et l'alerte va être donnée au bout de vingt minutes. »
« Le but de ce dispositif n'est pas de remplacer l'humain - aides à domicile, infirmières -, rappelle Joël Belmin, de l'hôpital Charles-Foix. Mais d'apporter une sécurité supplémentaire. »
Pourquoi ne pas directement installer des caméras ? « On essaie d'être le moins intrusif possible. Le dispositif ne doit pas être un facteur de stress pour la personne, répond Norbert Noury. Il faut aussi qu'il soit financièrement accessible. Des caméras coûteraient trop cher. Et puis, il y a l'aspect éthique du respect de l'intimité. »
Pour répondre aux critères de la Commission nationale de l'éthique et des libertés, le projet Ailisa a des garde-fous. « Les données sont anonymes et ne sortent pas du laboratoire. Elles sont cryptées pendant le transfert. Seul un médecin pourra les lire », précise le professeur Noury.
vendredi 15 août 2008
Géorgie : « L'entière solidarité » de Nantes
Ouest-France vendredi 15 Août 2008Claire ROBIN

La ville de Nantes a exprimé hier sa solidarité à Tbilissi, la capitale de la Géorgie.
Hier soir, le rassemblement de solidarité à la Géorgie a réuni anonymes, élus et associations à la chapelle de l'Oratoire, à Nantes. Sobre et émouvant.
« À Tbilissi la vie continue comme d'habitude. » Si les propos d'une habitante de la capitale géorgienne, parvenus aujourd'hui par mail, relate de la relative sécurité dont jouit encore la ville, le témoignage du maire de Tbilissi est alarmant.
« Catastrophe humanitaire », « des milliers de réfugiés » : voilà les termes employés par Guigui Ougoulava, dans une lettre adressée à Jean-Marc Ayrault. Lequel a exprimé hier, aux centaines de personnes réunies à la chapelle de l'Oratoire, « toute son amitié et sa fraternité » au peuple géorgien. « Un geste de solidarité » qu'a apprécié la conseillère de l'ambassade de Géorgie, Eka Enukidzé.
Une rare solidarité internationale
Très concrètement, l'aide humanitaire annoncée par la ville de Nantes il y a quelques jours devrait être mise en place « dès la semaine prochaine », avec envoi d'un container à Tbilissi. Bien conscient du fait qu'il faille également aider le reste du territoire, Jean-Marc Ayrault a exprimé son souhait « de voir la communauté internationale et l'Union européenne agir rapidement, avec clarté et fermeté, et dans le respect des droits de l'Homme. »
Une volonté partagée par Gaston Bouatchizdé, président de l'association Nantes-Tbilissi. ( la ville de Nantes est jumelée avec Tbilissi depuis de nombreuses années ) Si lui ne s'est pas étendu sur les détails du conflit, il admet être très surpris par « la très précieuse et rare solidarité internationale » manifestée à la Géorgie, notamment par ses pays frontaliers.
Chaque journée passée renforce l'inquiétude des Nantais ayant des proches à Tbilissi ou ailleurs dans le pays. Hier, le rassemblement aura manifesté symboliquement sa solidarité. Et dès à présent, les personnes qui veulent contribuer à l'aide humanitaire peuvent envoyer leurs dons à l'association Nantes-Tbilissi.
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Les personnes qui souhaitent faire un don pour la Géorgie peuvent le faire dès maintenant. Pour les virements : numéro du compte Solidarité Géorgie, ouvert par l'Association Nantes-Tbilissi à la Caisse d'épargne, Agence Pont-du-Cens, 76, route de Rennes, 44 300 Nantes ; code d'établissement : 14 445 ; code guichet : 00 400 ; numéro de compte : 08 000158 660 ; code rib : 06. Envoi des chèques : Madame Anna Nadibaïdzé, Association Nantes-Tbilissi, 1, rue de la Pelleterie, 44 000 Nantes.
Pour un SDF, mieux vaut mourir en hiver qu'en été, par Luc Bronner
LE MONDE | 11.08.08
L'information n'a donné lieu qu'à une brève dans l'édition locale du Parisien. Un sans-domicile-fixe est décédé, le 16 juillet, à Paris, en tombant accidentellement dans le canal Saint-Martin, dans le Xe arrondissement, probablement après avoir consommé de l'alcool. Des policiers qui passaient à proximité se sont jetés à l'eau pour tenter de le secourir mais sans succès. Repêché par des hommes-grenouilles un peu plus tard, l'homme est mort à l'hôpital.
Ce SDF, venu quelques mois plus tôt de son Ariège natale, s'appelait Aurélien L. Il avait 30 ans. "Démuni mais pas tout à fait isolé", selon Daniel Dériot, un des travailleurs sociaux qui l'avaient suivi ces derniers mois, il avait navigué d'un centre d'hébergement d'urgence à un autre.
"Aurélien, malgré sa situation de "galérien", était un petit bonhomme attachant, comme tant d'autres jeunes paumés, encore plus démunis, qui viennent dans la capitale vivre une aventure, trouver un job pour survivre", raconte Daniel Dériot. Le jeune homme a été enterré dans un cimetière de la banlieue parisienne le 25 juillet, en présence de sa famille, de travailleurs sociaux et de "compagnons" de la rue.
Mais Aurélien L. n'est pas mort à la bonne saison. En décembre ou en janvier, le décès d'un SDF est un sujet d'actualité - une brève pour commencer, un papier ensuite si le nombre de morts atteint une "masse critique" suffisante.
En juillet ou au mois d'août, non. Ainsi va la vie médiatique, guidée par une jurisprudence implicite qui donne de l'importance à tel ou tel fait en fonction de la saison.
Pour les SDF, c'est quand le thermomètre passe au-dessous de zéro, quand les ministres annoncent le déclenchement des plans grand froid et ouvrent quelques stations de métro.
"En période estivale, la mort d'un SDF passe inaperçue", se désole Daniel Dériot. Un réflexe aberrant, en réalité. Car les statistiques montrent que les décès interviennent en continu pendant l'année. L'association Les morts de la rue, qui rassemble 35 associations, a ainsi recensé 90 décès depuis début 2008 sur la seule région parisienne. "Il y a des morts toute l'année, pas seulement l'hiver", insiste Cécile Rocca, coordonnatrice de l'association.
Depuis 2002, le collectif a comptabilisé 1 200 morts dans les rues françaises, surtout à Paris. "Ce sont des données très partielles, parce que beaucoup de décès ne sont pas connus", souligne la militante.
L'association publie sur Internet les noms et prénoms, l'âge et le lieu de naissance des défunts, lorsque ces informations sont connues.
Parfois, uniquement des surnoms. Des "Tintin", "Nicky", "Jojo", "Popeye", "Pierrot", "Petit Louis", "Nono", "Père Noël", pour lesquels l'identité officielle n'a pu être établie. Dans certains cas, l'association doit se contenter de la seule mention : "Un homme", "une femme" avec une estimation de l'âge et le lieu du décès.
"Les causes des décès se répartissent en trois catégories, à peu près équivalentes : les morts violentes, les morts naturelles soudaines et les maladies chroniques", relève Cécile Rocca.
Les SDF meurent en moyenne à l'âge de 48 ans - très loin évidemment de l'espérance de vie du reste de la population (80 ans aujourd'hui). Parce que la situation est évidemment inacceptable, le collectif s'est donné pour mission d'"interpeller la société" et d'"honorer" les SDF.
"Aucune personne de la rue ne doit être oubliée une deuxième fois, dans sa mort", clame ainsi l'association qui organise, deux fois par an, des cérémonies d'hommage dans Paris au cours desquelles les militants lisent leurs noms. Pour tenter, au fond, de rendre visible ce que la société n'a pas vraiment envie de voir.
Courriel : bronner@lemonde.fr
mardi 12 août 2008
Le «train de vie» des allocataires du RSA serait contrôlé
Libération : mardi 12 août 2008
Les futurs bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) devraient faire l’objet d’un contrôle de leur «train de vie», selon l’avant-projet de loi généralisant le RSA, actuellement examiné par le Conseil d’Etat. Il s’agirait d’éplucher le patrimoine mobilier et immobilier des allocataires afin de constater d’éventuelles «disproportions marquées» avec les ressources qu’ils déclarent.
Le texte détaille les modalités d’application du RSA, qui permet de cumuler de faibles revenus du travail avec une allocation de solidarité. Plus de quatre millions de ménages sont concernés. Pour en bénéficier, il faudra être âgé d’au moins 25 ans ou avoir un enfant à charge. L’avant-projet de loi précise aussi que le gouvernement devra définir, «par période de cinq ans […] un objectif quantifié de réduction de la pauvreté» et devra transmettre au Parlement, chaque année, un rapport sur le sujet (crédits alloués au RSA, caractéristiques des bénéficiaires, etc.). La date de mise en œuvre du RSA, dispositif initié par le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, pour encourager le retour à l’emploi, ne figure pas dans l’avant-projet. Martin Hirsch souhaite le voir généralisé mi-2009. Le taux de cumul entre allocation et salaire n’est pas non plus précisé.
Il devrait se situer entre 60 et 65 %. Ces questions seront arbitrées d’ici la fin du mois d’août, pour une présentation en Conseil des ministres le 3 septembre et un examen par le Parlement en session extraordinaire à partir du 22 septembre.
Deux poids, deux mesures ! Mais pourquoi ne pas contrôler le train de vie de nos élus qui votent ces lois injustes et sanctionner également les transferts vers les paradis fiscaux pour échapper à l'impôt ?
13 août : Journée nationale des gauchers !
Site Journée mondiale - 12 Août 2008
Qu'ont en commun Jules César, Jimi Hendrix, Bill Gates, Albert Einstein, Léonard de Vinci, Lord Robert Baden-Powell et Ernö Rubik, l'inventeur du Rubik's cube ? Ils sont tous gauchers...

Une journée nationale leur est consacrée, et c'est le 13 août (jour de chance ?) qui leur est dédié. Ils "ne" représentent "que" environ 12% de la population, mais les gauchers ont toujours fait l'objet de nombreuses idées reçues.
Longtemps considérés comme des anormaux, les écoliers gauchers étaient incités à utiliser leur main droite pour écrire et dessiner. Aujourd'hui, les mentalités ont évolué et être gaucher est même parfois considéré comme un avantage dans certains domaines, comme le sport par exemple.
La différence entre droitiers et gauchers se trouve au niveau du cerveau ou, en termes plus techniques, de la latéralité, c'est-à-dire le fait de préférer un membre double à l'autre, la main gauche à la main droite par exemple.
Site officiel...
Comment s'appliquera le RSA ( revenu de solidarité active )
LEMONDE | 11.08.08 | 18h19
L'avant-projet de loi généralisant à l'ensemble du territoire le revenu de solidarité active (RSA), expérimenté dans trente-quatre départements, a été dévoilé, lundi 11 août, par Les Echos. Même si plusieurs inconnues demeurent.
Ce revenu sera perceptible par les personnes de 25 ans et plus, ou ayant un enfant à charge. Il pourra ainsi concerner plus de quatre millions de ménages. C'est le président du conseil général qui aura la compétence pour toute décision d'attribution, de suspension et de radiation du RSA.
Cette prestation permettra de cumuler de faibles revenus de travail avec une allocation de solidarité, et coexistera avec la prime pour l'emploi.
Une mesure censée éviter aux individus d'avoir à choisir entre le maintien de leur revenu d'assistance et l'entrée sur le marché du travail, qui comporte un risque de perte de pouvoir d'achat. Mais le taux de cumul entre allocation et salaire n'est pas précisé.
Le RSA ne sera pas imposable ni soumis à la contribution sociale généralisée (CSG), mais il sera partiellement soumis à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS).
PRISE EN COMPTE DU "TRAIN DE VIE"
Par ailleurs, si le RSA se substitue notamment au revenu minimum d'insertion (RMI) et à l'allocation de parent isolé (API), cette substitution se fera "à droits constants", à savoir que les parents isolés percevront la même somme qu'auparavant.
Le RSA ne remettra pas non plus en cause l'accès à la couverture maladie universelle (CMU), puisqu'il ne sera pas pris en compte dans le calcul des ressources donnant droit à celle-ci. Mais contrairement aux RMistes actuels, les futurs bénéficiaires du RSA ne seront pas exonérés d'office de taxe d'habitation et de redevance audiovisuelle. Il leur faudra pour cela avoir un revenu fiscal de référence nul.
L'exonération de la redevance sera toutefois maintenue en 2010 et 2011 pour ceux qui avaient le statut de RMiste en 2009.
Selon le projet de loi, les bénéficiaires de cette prestation feront l'objet d'un contrôle de leur "train de vie", et notamment de leur patrimoine mobilier et immobilier. Ce contrôle, qui servira à déterminer le droit à la prestation, servira à constater d'éventuelles "disproportions marquées" avec les ressources déclarées.
Cet avant-projet de loi définit également un projet de refonte des contrats aidés. Comme le souligne Les Echos, le texte prévoit en effet la mise en place d'un "contrat unique d'insertion" déclinable dans les secteurs marchand et non marchand. Seront notamment assouplis la durée de ces contrats et le temps de travail hebdomadaire qu'ils prévoient.
Le texte prévoit aussi que le gouvernement se fixe un objectif quantifié de réduction globale de la pauvreté, par période de cinq ans. Le gouvernement remettra chaque année un rapport au Parlement sur le sujet.
Le texte doit être présenté en conseil des ministres le 3 septembre et examiné au Parlement en session extraordinaire à partir du 22 septembre.
Mais la grande inconnue reste sa date de mise en œuvre. Le haut commissaire aux solidarités actives, qui affirmait le 9 juillet qu'il serait généralisé au 1er juin 2009, a depuis déclaré ne pouvoir garantir sa généralisation avant l'été 2009. Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a quant à lui estimé, mardi 5 août, qu'il devrait être généralisé dans l'ensemble du territoire "dès le milieu de l'année 2009".
