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vendredi 10 octobre 2008

Dotation solidarité urbaine - J.M. Ayrault répond aux attaques de la ministre

Actualités ma ville jeudi 9 Octobre

Fadela Amara a mis le feu aux poudres en estimant que Nantes était trop riche pour percevoir la dotation de solidarité urbaine. « Propos scandaleux », répond Jean-Marc Ayrault.


Le contexte. Sur France Info, Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la politique de la ville, parle de son « plan banlieue ». Au détour d'une question, elle évoque, dans le cadre du projet de loi de finances 2009, la réforme à venir de la Dotation de la solidarité plus connue sous le nom de DSU. La DSU, c'est un financement de l'État aux communes dites défavorisées de plus de 10 000 habitants. Le gouvernement entend aujourd'hui concentrer cette dotation uniquement sur les communes les plus pauvres.

Clivage. « Je suis clair là-dessus. Je ne lâcherai pas le morceau », asouligné Fadela Amara. « Il faut donner du sens à la solidarité nationale à travers la DSU. Je suis pour que l'on mette le paquet vers les villes pauvres qui ont des pauvres. C'est ça la réalité. »

Et la secrétaire d'État de prendre un seul exemple sur les 238 villes qui pourraient perdre le bénéfice de la dotation, celui de Nantes. « Il est logique que Nantes qui a assez de ressources, de taxes professionnelles, ne perçoive plus de DSU. Il y a des poches de difficultés à Nantes mais ce n'est pas la même chose qu'une ville où il y a des pauvres partout. On n'est pas dans un clivage classique droite gauche, mais dans un clivage, villes riches, villes pauvres. » Fin de citation.

Scandaleux. Sollicité, Jean-Marc Ayrault, répond en direct de l'assemblée nationale : « je trouve ça scandaleux. Il y a là une méconnaissance totale de la réalité. À Nantes, les banlieues sont dans la ville. On joue la solidarité entre les Nantais. On mène une politique ambitieuse. Fadela Amara est incompétente. Son plan banlieue, ce n'est que du vent, du virtuel. Le désengagement de l'État est déjà général. L'État nous doit de l'argent pour la Maison de l'emploi. Les emplois aidés diminuent. Les aides aux logements sont en chute libre. Il n'y a pas de police de proximité. »

Provocation. Très remonté le député-maire poursuit. « Fadela Amara ne connaît pas le problème. Elle parle de la taxe professionnelle Mais elle est plafonnée. Elle ne se rend pas compte de la situation. Ces propos relèvent de la provocation. Mais je ne me laisserais pas faire. » Dès hier, Jean-Marc Ayrault a écrit une lettre à la secrétaire d'État à la politique de la ville.

Réforme. « Il est inadmissible d'opposer les villes les unes aux autres », soutient le député maire. « Nous sommes solidaires entre nous. » Les socialistes ne sont pas forcément opposés à une redistribution des fonds.

Dans cette affaire, comme pour le revenu de solidarité active (RSA) il est reproché de prendre aux classes moyennes pour donner aux plus pauvres, sans solliciter les plus riches (c'est-à-dire les villes ne percevant pas la Dotation de solidarité urbaine).

D'autres villes visées. Pour la seule Loire-Atlantique, huit villes pourraient perdre la dotation de solidarité urbaine, à savoir : Couëron, Rezé, Saint-Herblain, Sainte-Luce, Saint-Sébastien, Saint-Nazaire, Saint-Brévin et Nantes.

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jeudi 9 octobre 2008

Bercy siphonne les caisses des chômeurs

Alain Guédé – 08/10/08 – Le Canard Enchaîné

Christine Lagarde et Eric Woerth qui déversent des milliards pour alléger la peine des banquiers, multiplient, depuis quelques semaines, les razzias sur l’argent des chômeurs, et autres assistés. Leur prochain casse aura pour cadre la création de France-Emploi, le service public qui doit naître en janvier prochain, de la fusion de l’ANPE et de l’Unedic. Bercy a trouvé une combine pour siphonner l’argent de l’assurance-chômage.

L’Unedic devait en principe débourser 8% de son budget pour contribuer aux frais de gestion de ce nouvel organisme. Le ministère de l’Economie a, d’autorité, porté cette quote-part à 10%. Résultat : c’est un surplus de 400 millions d’euros qui va passer sans bruit de l’Unedic, c'est-à-dire les poches des chômeurs, à France-Emploi, structure d’Etat.

Charrette prévue à l’Unedic

Les Assedic (fédérées par l’Unedic) auraient pourtant grand besoin de cet argent pour payer les heureux bénéficiaires de leur propre plan social. Car la réforme prévoit de confier aux Urssaf la tâche de prélever les cotisations chômage. Travail assuré aujourd’hui par 1 200 agents de l’Unedic. Autant d’emplois qui risquent de disparaître. Une bonne partie des dirigeants des Assedic ont déjà leur place réservée sur la charrette, notamment ceux qui sont soupçonnés d’avoir des sympathies syndicales. Or la convention collective des agents de l’Assurance chômage est l’une des plus généreuse du pays.

« Hold-up » de 50 millions

Avant de fondre sur l’Unedic, Bercy avait déjà ponctionné deux organismes sociaux. Et d’un l’Agefiph, qui accorde des aides pour l’insertion professionnelle des handicapés et qui vient de subir un « hold-up » -la formule est de la CGT – de 50 millions d’euros. Et de deux, le Fonds unique de péréquation, qui récupère l’argent non utilisé par les organismes de formation professionnelle pour l’affecter aux demandeurs de congé individuel de formation. Cette fameuse « deuxième chance » voulue naguère par un dangereux gauchiste nommé Chaban-Delmas.

Ce fonds va être soulagé de 118 millions. On est évidemment loin des milliards injectés dans le système bancaire, mais à l’échelle de ces organismes sociaux, c’est un énorme manque à gagner.

L’avantage, quand on tape les pauvres, c’est qu’ils ne risquent pas de partir à l’étranger. 

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La Réunion approuve le dispositif mais déplore que son application dans les DOM soit différée à 2011

LEMONDE. avec AFP et Reuters | 08.10.08 | 18h07

Le RSA voté en première lecture à l'Assemblée

Par trois cent six voix contre vingt, les députés français ont adopté lors du vote en première lecture, mercredi 8 octobre, le projet de loi généralisant le revenu de solidarité active (RSA) présenté par Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Le Sénat doit examiner ce projet de loi à partir du 20 octobre.

LE MONDE | 06.10.08 SAINT-DENIS DE LA RÉUNION CORRESPONDANT

Avec 68 000 RMistes et treize mille bénéficiaires de l'allocation de parent isolé - soit, rapporté à la population, des taux respectivement cinq fois et quatre fois supérieure à la moyenne nationale -, la Réunion est particulièrement concernée par le RSA. Dans une région où plus de la moitié (52 %) de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où le taux de chômage atteint 28 %, l'ensemble des responsables politiques ont approuvé la philosophie générale d'un dispositif qui veut encourager le retour à l'activité.

Le Parti communiste réunionnais a regretté, pour les mêmes raisons, son échéance encore lointaine : le projet de loi prévoit son application différée dans les DOM en 2011. "Il est paradoxal qu'un dispositif destiné à lutter contre la précarité tarde à être appliqué dans les territoires où cette précarité atteint les proportions les plus considérables et fait les pires ravages", s'est étonnée la députée (PCR) Huguette Bello.

Lors de son récent passage dans l'île, le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Yves Jégo, a laissé cependant entrevoir une "accélération" de la mise en place du RSA outre-mer, en chargeant le député (UMP) René-Paul Victoria d'une expertise préalable des dispositifs spécifiques à ces territoires.

C'est le cas notamment de l'allocation de retour à l'activité (ARA), dont s'inspire le RSA et qui ne concernerait que deux mille personnes à la Réunion, et du revenu de solidarité (RSO), qui s'adresse aux RMistes de plus de 50 ans s'engageant à quitter définitivement le marché du travail et que touchent 7 000 allocataires.

FAVORISER L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE

C'est aussi le cas du contrat unique d'insertion (CUI), qu'expérimente le département depuis le 1er février dernier et qui compte actuellement 6 000 bénéficiaires (pour un objectif d'environ 11 000 d'ici à la fin de l'année), dont 2 000 dans le secteur marchand.

Malgré le dynamisme de ce dernier, les 5 000 emplois créés annuellement restent bien loin de pouvoir satisfaire la demande des RMistes, dont beaucoup n'ont de surcroît qu'un faible niveau de formation.

C'est la raison pour laquelle le PCR a réclamé l'adaptation du RSA à la Réunion afin de favoriser l'économie solidaire. Selon lui, les domaines de l'environnement et de l'aide à la personne constituent les plus importants gisements d'emploi.

Les autres formations politiques semblent en phase avec ces préoccupations. "Ce sont des métiers qui n'entrent pas encore dans l'économie marchande mais qui peuvent dans l'avenir en faire partie", commente le député (PS) Patrick Lebreton, tandis que M. Victoria parle de "secteur quaternaire" à propos des "niches de métiers nouveaux à mettre en oeuvre".

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mercredi 8 octobre 2008

Le cri d'alarme des maires de banlieue

LE MONDE | 03.10.08

Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, président de Ville et Banlieue ;

Pierre Cardo, député, maire de Chanteloup-les-Vignes, premier vice-président de Ville et Banlieue ;

Maurice Charrier, maire de Vaulx-en-Velin, vice-président du Grand Lyon ;

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, membre du CA de Ville et Banlieue ;

François Pupponi, député, maire de Sarcelles.

La situation de quelque 200 communes de banlieue en France est, vous le savez, très préoccupante et le bilan de trente ans de politique de la ville est contrasté. Elle a permis d'éviter la dégradation du tissu social et une ségrégation urbaine définitive. Mais cette politique n'a réussi ni à améliorer les conditions de vie des habitants des villes concernées, ni à permettre un fonctionnement digne des municipalités, impuissantes face à des demandes élémentaires : logement, emploi, éducation, santé.

Vous avez vous-même admis l'existence dans notre pays de quartiers "où il est plus difficile que partout ailleurs de s'en sortir, de réussir","tous les handicaps, toutes les difficultés (...) sont concentrés", "où l'on a moins de droits, moins de chances que les autres".

Vous avez fait de ces banlieues l'une de vos priorités et promis un véritable "plan Marshall" pour répondre à l'exigence de solidarité nécessaire à des territoires depuis trop longtemps marginalisés.

Aujourd'hui, qu'en est-il ? Les annonces faites lors de la présentation du plan Espoir banlieues le 13 juin vont dans le bon sens avec la mobilisation du droit commun et l'implication de l'ensemble des ministères ; mais elles suscitent de vraies interrogations quant à leurs modes de financement.

De plus, le gouvernement est sur le point de pervertir l'un des symboles de la solidarité financière que, comme vous l'avez souligné, "nous devons aux communes les plus pauvres. Car s'il y a des villes avec des pauvres, il y a aussi des villes pauvres qui n'ont tout simplement pas les moyens de s'occuper de leur population". Vous avez souhaité un projet de réforme de la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale (DSU-CS) au profit des villes les plus en difficulté.

Rappelons que l'action de l'Etat, par ses concours financiers, devrait cibler la correction des inégalités territoriales, sociales et démographiques. Le projet élaboré en secret par le gouvernement alors même que s'engageaient les discussions au sein du comité des finances locales ne correspond pas à cet objectif. Si la méthode est contestable, le fond l'est encore plus.

La loi Borloo de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 avait marqué une réelle avancée. Le mode de calcul de la DSU-CS a intégré les critères de zones urbaines sensibles et de zones franches urbaines ; ZUS et ZFU définissent des territoires à faibles ressources où se concentrent de lourdes charges socio-urbaines. Cette loi a été portée et promulguée par votre ministre de l'écologie, de l'énergie du développement durable et de l'aménagement du territoire, alors ministre de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale.

Or, le gouvernement opère un retour en arrière en optant pour l'abandon progressif de ces critères dans le projet de réforme de 2009. Avec quel résultat ? Voici quelques exemples de villes qui vont, par rapport à ce qu'elles auraient perçu dans le système actuel, perdre de la DSU dans ce projet : Clichy-sous-Bois, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Epinay-sur-Seine, Argenteuil, Bobigny, Vénissieux, Creil, Stains, Melun, Bondy, Gonesse, Chanteloup-les-Vignes, Garges-lès-Gonesse...

Bien entendu, une énième subvention sera en même temps créée pour les banlieues afin de compenser ce manque à gagner. Mais son montant est insuffisant, son statut de subvention ne la rend pas pérenne, elle devra être quémandée par les communes nécessiteuses auprès des préfets ; surtout, elle marginalise et déprécie une nouvelle fois les communes dites de "la politique de la ville".

Monsieur le président, nous vous demandons de revenir sur cette réforme et de réaffirmer, dans les principes, la République solidaire que vous appelez de vos voeux. Cela afin que votre déclaration du 8 février, porteuse d'espoir, se concrétise aussi par des mesures de solidarité au profit des villes de banlieue.

Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, ils dénoncent la réforme de la dotation de solidarité urbaine.

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RSA : la passe d'armes continue entre le PS et l'UMP

Challenges 071008 17 h 58

Les socialistes s'opposent au financement du Revenu de solidarité active. Et les discussions ont tourné autour de la feuille d'impôt de Noël Forgeard...

Martin Hirsch a pris au mot Jean-Marc Ayrault mardi 7 octobre… et a réclamé sa feuille d'impôts à l'ex P-DG d'EADS Noël Forgeard, pour la vérifier.

L'histoire avait commencé la veille à l'Assemblée nationale, lors des débats autour du Revenu de solidarité active. Le patron des députés PS avait alors déclaré dans l'hémicycle que Noël Forgeard "qui a touché un parachute doré, ne participe pas au financement du RSA". "Nous ne l'acceptons pas", avait-il dit.

Après examen de ladite feuille d'impôt mardi, le Haut commissaire aux Solidarités actives a répondu "C'est quelqu'un [Noël Forgeard] qui a des revenus élevés, qui paie 46% de ses revenus en impôt et qui participera au financement du revenu de solidarité active. Il n'a pas de bouclier fiscal".

Le bouclier fiscal plafonne les impôts directs à 50% des revenus d'un contribuable. Ses bénéficiaires n'auront pas à payer la nouvelle taxe de 1,1% sur les revenus du capital pour financer le RSA, selon le projet de loi.

Levée de la séance
La démonstration de Martin Hirsch "ne me gêne pas du tout", a commenté Jean-Marc Ayrault, qui demande que les bénéficiaires du bouclier fiscal financent aussi le RSA. "Cela veut dire que ceux qui bénéficient du bouclier fiscal sont encore plus riches que M. Forgeard. Donc c'est bien une question de justice fiscale".

Lundi, le Parti socialiste s'est opposé avec virulence au financement du RSA, obtenant une levée prématurée de la séance, la majorité UMP dénonçant une tentative d'"obstruction".
Le projet de loi devait être à nouveau débattu mardi après-midi, et devait être voté mercredi sur fond de crise financière, "récession technique" et hausse du chômage.
Martin Hirsch veut encore croire que son texte peut être voté à l'unanimité, alors que le PS penche pour l'abstention.

Le coût du RSA estimé à 1,5 milliard
Le coût du RSA est estimé à 1,5 milliard d'euros par an. Il doit entrer en vigueur le 1er juin 2009, sauf le financement, qui doit être en place dès le 1er janvier 2009.
Le RSA doit remplacer le revenu minimum d'insertion (RMI, quelque 1,1 million d'allocataires) et l'Allocation parents isolés (API). Il s'agit de favoriser le retour à l'emploi des allocataires du RMI.
C'est, selon la loi, "une prestation qui complète, le cas échéant, les revenus de la famille pour les porter à un niveau de ressources garanti qui varie en fonction des charges de famille et des revenus du travail".

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Histoires de " boucliers ", par Olivier Brès

LE MONDE | 03.10.08

Fiscal, municipal ou sanitaire, ce terme à la mode est très révélateur des priorités en matière de protection sociale

C'est à l'occasion de l'invention du terme "bouclier fiscal" que le bouclier est redevenu à la mode. Le bouclier est un moyen de protection dans les combats, disent les dictionnaires. Cette métaphore guerrière a sûrement à voir avec l'idée que nous serions dans une lutte économique incessante, dans une compétition sans pitié.

Au moment de l'instauration du bouclier fiscal, il s'agissait de protéger qui ? Les plus riches pour qu'ils ne changent pas de camp, de territoire ? Ou notre pays, pour qu'il continue à bénéficier de leur consommation et de leurs investissements ? La question reste posée.

Le bouclier fiscal est revenu dans le débat à l'occasion du financement du revenu de solidarité active (RSA). Les plus dotés en capital doivent-ils être exonérés de participer au financement de cette mesure destinée aux plus pauvres, aux plus précaires ?

La question n'a pas encore reçu de réponse définitive. Mais l'opinion publique est attentive. Le terme de "bouclier" n'a pas encore été utilisé pour une autre mesure annoncée par le gouvernement ; cependant, il est en train de se préparer un "bouclier municipal" dans le projet de loi sur le logement de Mme Boutin.

Un bouclier qui permettrait à certaines communes de déroger à l'article 55 de la loi SRU. C'est l'article qui demande aux communes importantes de viser 20 % de logements sociaux sur leur territoire.

L'accession sociale à la propriété serait comptabilisée dans les 20 %, alors qu'il manque des centaines de milliers de logements locatifs sociaux. Il est clair que ce ne sont pas les communes les plus pauvres qui bénéficieront de ce nouveau moyen de se protéger. De qui d'ailleurs ?

Mais un autre bouclier a fait une brève apparition avant de s'effacer. C'est le "bouclier sanitaire". Il en a été question en 2007. Il était destiné à protéger les plus pauvres des effets des franchises médicales. Il n'a peut-être pas disparu complètement. Il est question qu'il soit mis en place courant 2010.

Mais, pour l'instant, il serait trop complexe, paraît-il, de créer cette protection, la seule qui serait au bénéfice des plus fragiles.

Quelques histoires de boucliers qui conduisent à s'interroger sur les priorités de notre pays dans le domaine de la protection sociale.


Olivier Brès est secrétaire général de la Fédération de l'entraide protestante.

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mardi 7 octobre 2008

Le forum des quartiers populaires propose de "développer les médias alternatifs en banlieue"

Le forum des quartiers populaires propose de "développer les médias alternatifs en banlieue"

NANTERRE (AFP) - 05/10/2008 - TV5 Infos

Le Forum social des quartiers populaires, réuni ce week-end à Nanterre (Hauts-de-Seine), a estimé qu'il était urgent de "développer les médias alternatifs en banlieue" pour que le grand public perçoive différemment ces quartiers souvent victimes de "clichés".

C'est la principale conclusion d'un débat qui s'est tenu samedi soir autour d'un documentaire analysant la couverture télévisée de la révolte des banlieues en novembre 2005.

"Dans les médias, dès qu'on parle de banlieue, des figures apparaissent : le travailleur arabe avant les années 80, le beur et la femme soumise après la marche des beurs en 1983, le barbu après 2001, les Ni Putes Ni Soumises, le garçon macho. C'est un ramassis de préjugés!", a protesté Rachid Toub, de l'association Emergence.

Selon Christophe-Emmanuel Del Debbio, réalisateur du documentaire "Sous les feux des médias", les événements de novembre 2005 "ont été traités comme un fait divers banal, en oubliant le contexte social".

La quarantaine de participants au débat a évoqué des journalistes qui restent très peu de temps, ne parlent pas aux habitants, filment des jeunes de loin, et font des reportages qui véhiculent des "clichés".

Pour la population "une éducation à l'image est indispensable", a ajouté M. Del Debbio, qui a notamment travaillé pour l'émission "Arrêt sur Images". "Il faut se réapproprier les médias, par les radios associatives, médias alternatifs, etc. Mais le problème reste les canaux de diffusion".

Un avis partagé par Choukri El Barnoussi, membre du Forum social des quartiers populaires: "Nous devons agir via les médias alternatifs et par de l'investigation, pour rétablir la vérité".

La seconde édition de ce forum annuel était organisée par une cinquantaine d'associations, dont AC le feu, la Confédération Paysanne, le DAL (Droit au Logement), Droits Devant! et le MRAP. Une conférence de presse de clôture devait se tenir dimanche à 15H30.

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L’aide humanitaire confrontée à la crise financière

IRIN - Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (ONU) - Le 29-09-2008


A l’heure de la plus grande restructuration financière jamais entreprise aux Etats-Unis depuis la Grande dépression, les organisations humanitaires et les organisations non-gouvernementales (ONG) ont de bonnes raisons d’être inquiètes, selon les observateurs.

Le gouvernement américain va probablement devoir injecter pas moins de 700 milliards de dollars, voire plus, pour maintenir les banques américaines à flot et il semble quasi certain que cela va calmer l’enthousiasme des Américains pour le financement à grande échelle de projets menés à l’étranger.

Parallèlement à cette crise, pourtant, les prix de plus en plus élevés des denrées alimentaires et des carburants pénalisent particulièrement les populations pauvres de la planète. Selon la Banque mondiale, dans bon nombre de pays en voie de développement, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 83 pour cent ces trois dernières années.

Liliana Rojas-Suarez du Center for global development a écrit que les effets de ricochet provoqués par ce ralentissement économique allaient probablement se prolonger et ne se manifesteraient pas tous au même moment. Elle a en outre averti que la crise réduirait la demande en un grand nombre de biens et produits que les pays en voie de développement ont besoin d’exporter pour soutenir leurs propres économies.

Face à la diminution des crédits internationaux, il est également probable que les investisseurs hésiteront bien davantage avant de s’engager dans de nouveaux projets.

Lorsqu’un pays plonge dans la récession, il est assez difficile pour son ministère du Développement de plaider en faveur d’une augmentation de l’aide internationale, a indiqué Robert Glasser, secrétaire général de CARE International, ajoutant qu’il était plus probable que l’aide internationale stagne plutôt qu’elle soit complètement suspendue.

Politiquement, il est généralement bien plus facile d’empêcher ou de retarder l’augmentation du montant de l’aide internationale, plutôt que de suspendre totalement cette dernière. Généralement, ils maintiennent au moins le flux de l’aide au même niveau et retardent l’augmentation.

Pression
Il est inévitable, semble-t-il, que des pressions croissantes seront exercées de tous les côtés sur les organisations internationales d’aide au développement, a expliqué à IRIN Tom Pollak, directeur de programme au Centre national des statistiques caritatives de l’Urban Institute.

En 2007, la somme record de 306,39 milliards de dollars avait été donnée à des organisations caritatives. Sur cette somme, environ 10,6 milliards de dollars avaient été versés à des organismes à but non-lucratif investis dans des activités d’aide au développement international. Les dons internationaux de produits pharmaceutiques et de matériel médical effectués par les entreprises représentaient quant à eux 2,3 milliards de dollars.

Jim Yunker dirige le comité de rédaction de Giving USA, un autre organisme à but non-lucratif qui dresse le bilan des dons humanitaires. Selon lui, les fondations américaines, qui sont tenues de redistribuer cinq pour cent des bénéfices que leur rapportent leurs investissements, risquent de se retirer à mesure que leurs portefeuilles perdent de la valeur.

Les fondations américaines ne représentent toutefois que 12 pour cent des dons humanitaires environ. S’il est trop tôt pour constater les répercussions du ralentissement économique américain sur l’aide européenne au développement, plusieurs signes indiquent que certains donateurs particuliers se montrent désormais plus prudents.

Un grand nombre de gens sont en train de perdre une partie de leur pouvoir d’achat, selon Thomas Kurmann, directeur de communication et de la récolte de fonds à Médecins sans frontières (MSF) Suisse. Pour le moment, nous ne constatons aucune répercussion au plan général, a-t-il dit, mais si l’on regarde les chiffres plus en détails, on s’aperçoit que certaines personnes, aux revenus plus faibles, ont cessé de faire des dons.

MSF fera sans doute preuve d’une plus grande prudence au moment de définir son budget 2009, d’après M. Kurmann. Pour les ONG américaines, la chute de Wall Street représente une véritable menace. Si je suis préoccupé ?, a demandé Marshall Burke, vice-président directeur du développement des ressources à CARE USA. Bien sûr ! Quiconque n’est pas préoccupé, dans le monde humanitaire, s’est probablement endormi au volant.

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jeudi 2 octobre 2008

Au secours, il faut des pompiers volontaires!

Ouest-France – 02/10/08

Leur recrutement sera au coeur du Congrès national des pompiers, qui démarre aujourd'hui à Rennes.

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Ils interviennent en moins de vingt minutes, sur 93 % du territoire. Cette rapidité repose sur une spécificité : l'engagement citoyen des volontaires, aux côtés des professionnels. Or, l'activité des pompiers croît et le nombre de volontaires diminue: moins de 200 000 hommes.

« On ne parle plus de crise du volontariat. Mais cela reste une ressource fragile», dit Richard Vignon, président de la Fédération des sapeurs-pompiers de France.

La fédération veut un soutien accru des pouvoirs publics. Deux dispositifs existent déjà. 1) Un complément de retraite après vingt ans de volontariat. 2) Des exonérations fiscales pour les employeurs qui rendent leurs salariés disponibles.

Aujourd'hui, 7 800 employeurs bénéficient de ces exonérations. Il en faudrait 20 000. Les pompiers demandent que le dispositif soit étendu aux volontaires qui sont artisans ou commerçants. Une revalorisation de l'indemnisation est également souhaitée.

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e congrès national des pompiers, jusqu'à samedi, au Parc des expos de Rennes. 

L'accidenté oublié sur la route inspire la solidarité

Ouest-France – 02/10/08 - Marie-Claudine CHAUPITRE

Didier Rasse, allongé et sonné, sur la voie rapide après un accident, avait vu défiler les automobilistes pressés. Depuis, il reçoit de nombreux témoignages de solidarité.

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Sur le bitume de la RN 12, ce motard s'est retrouvé seul face aux voitures qui continuaient leur route.Il a raconté son histoire à Ouest-France. Depuis, on lui écrit beaucoup.

« En lisant votre histoire, j'ai eu le frisson ». « Ce qui vous est arrivé m'a secoué »... Dans la boîte mail de Didier Rasse, c'est l'avalanche depuis vendredi. Ce jour-là dans les pages Côtes-d'Armor d'Ouest-France, le motard, qui habite Plérin, a raconté la pénible histoire qui vient de lui arriver.

Une semaine plus tôt, il rejoint, à 7 h 30, son travail à moto. Sur la RN12, à hauteur de Saint-Brieuc, il double un camion. Un fourgon, qui suivait le camion, déboîte au même moment et heurte la moto. Le pilote percute le rail central. Il est projeté au sol, sonné, sur la voie rapide.

À cette heure d'embauche, la circulation est dense. Le fourgon a disparu. Ignorant ses blessures, le blessé finit par se relever. Il fait signe aux automobilistes de ralentir. « Ils continuaient, c'était impressionnant. » Il entreprend de traverser les deux voies, ne mesurant pas le danger. Le flot de voitures continue son chemin, jusqu'à ce qu'un conducteur s'arrête, près de vingt minutes après.

Le miraculé s'est senti bien seul ce matin-là. Depuis, il a perdu le sommeil, le moral est en berne. En réponse à son désarroi, plusieurs dizaines de lecteurs ont réagi. Jules lui écrit : « L'indifférence me bouleverse. »

La sensation de « faire du rab »
« Toutes ces personnes qui vous ont vues seraient scandalisées si, à votre place, ça avait été un fils ou un de leurs proches », observe Cédric qui a lu cette histoire « avec stupeur ». Il ajoute : « Pour ne pas arriver en retard au travail, on cautionne une situation anormale qui aurait pu tourner au drame. »

Michèle témoigne d'une mésaventure similaire, vécue un matin de verglas : « Une vingtaine d'automobilistes est passée, en contournant avec dextérité mon véhicule dont je ne pouvais plus m'extraire. Certains feignaient de ne pas me voir. J'étais horrifiée, je craignais le suraccident. »

Hormis un correspondant (le seul) qui fustige « les motards imprudents », la plupart font preuve de solidarité : « Si vous avez besoin, je connais un médecin qui fait disparaître les traumatismes liés aux accidents », propose Françoise.

Ce récit renvoie les lecteurs à leur propre histoire, comme l'illustre Agnès, victime d'un accident avec son bébé : « Tout le monde nous voyait, personne ne s'arrêtait. J'en ai fait des cauchemars. Puis c'est devenu une chance. J'ai la sensation, de 'faire du rab'. Nous ne devrions plus être de ce monde, mes soucis perdent donc de leur importance. Et mes bonheurs sont plus grands. » Elle conseille : « Appréciez encore plus la vie ! »

L'affaire circule beaucoup sur les forums de motards. Pierre, dans la Loire, raconte cette histoire « d'un automobiliste qui a sauvé la vie d'un motard, se mettant lui-même en danger face au trafic ». Monsieur moto des Côtes-d'Armor souhaite à Didier le plaisir de le croiser bientôt sur sa moto. « Courage Didier ! » lance Hubert.

« Espérez encore de l'homme, lui dit Colette. Votre témoignage nous permet de réactiver notre vigilance et de réfléchir à la solidarité sur la route. ».

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