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mardi 13 mai 2008

TEMOIGNAGE - Mort après une interpellation à Grasse: "Même un chien on ne le tue pas comme ça"

Par La rédaction du Post , le 12/05/2008

Sur Le Post, le père d'Abdelhakim Ajimi exprime sa douleur et son incompréhension après la mort, samedi, de son fils à Grasse.

Chez les Ajimi, à Grasse, la tristesse se mêle à l'indignation, la douleur à l'incompréhension. "Pour l'instant, sa mère et ses frères et sa soeur tiennent le coup, car la famille et les amis sont là" raconte au Post Boubaker Ajimi, 50 ans, père d'Abdelhakim. "Mais après, ça va être terrible."

Aujourd'hui lundi, deux jours après le drame, après
la mort d'Abdelhakim suite à une interpellation policière en centre-ville de Grasse, sa famille n'a toujours pas revu son corps. "Peut-être qu'après l'autopsie (prévue demain mardi), nous pourrons."

Boubaker Ajimi est "déprimé." Il n'admet pas qu'on ait laissé son fils "comme ça, sans l'aider." Il raconte au Post.

Selon vous, que s'est-il passé?
"Les policiers s'y sont pris à trois pour frapper un jeune de 22 ans maigre comme un clou. Je ne comprends pas. Les témoins ont raconté. Ils sont presque une dizaine maintenant: Abdelhakim avait les pieds et les mains menottés quand les policiers l'ont frappé. Pourquoi? Ils pouvaient l'emmener comme ça. Ils se sont acharnés sur mon fils."

Comment l'expliquez-vous?
"Je ne l'explique pas. C'est de la haine. Cette haine qui fait beaucoup de problèmes partout. Attention, je ne dis pas qu'on ne doit pas être puni pour ses erreurs. Si mon fils a fait une bêtise, il doit payer, peut-être aller en prison, si la justice le décide. C'est normal. Mais là, là, ce n'est pas normal. On ne tue pas quelqu'un comme ça. Même un chien on ne le tue pas comme ça."

Qu'attendez-vous aujourd'hui?
"Je ne demande pas la lune: juste que la justice soit faite, tout simplement. Que la même loi s'applique à tous, ni plus ni moins, et que l'affaire ne soit pas étouffée. Parce que là la police veut nous faire croire que mon fils est mort pendant son transfert ou une fois arrivé au commissariat, mais les témoins l'ont dit: il était déjà mort, plus aucun de ses membres ne bougeait, quand il a été jeté à l'arrière de la voiture."

Votre fils avait-il déjà eu des problèmes avec la police?
"Des petites choses, c'est tout. Trois fois rien. C'était un jeune de maintenant, ni alcoolique, ni toxico. Il était généreux et gentil, tout le monde ici vous le dira."

Quelle est l'ambiance à Grasse?
"C'est comme une marmite sur le feu, prête à exploser. Les jeunes ont la haine, ils sont remontés à fond. Ici, tout le monde a pleuré. Heureusement que nous sommes des gens calmes, on atténue les choses, on calme les esprits. Sinon, à Grasse, ce serait déjà la guerre civile."

Selon le syndicat de police Alliance, le jeune homme, qui a fait "une crise de nerfs",  "s'est montré violent et agressif." Selon le préfet de région, "Aucun élément ne permet actuellement de mettre en cause l'action des fonctionnaires."

(sources: Le Post, AFP)

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dimanche 11 mai 2008

En marge du Monde - Accès fermé, maisons gardées, rues privées

LE MONDE | 03.05.08 | 20h16  •  Mis à jour le 03.05.08  Villeneuve-Loubet Envoyés spéciaux

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Les envoyés spéciaux du Monde s'invitent dans l'une des nombreuses résidences fermées et sécurisées de la Côte d'Azur, un monde autarcique que l'on ne pénètre que sur invitation.

Bienvenue dans les Hauts de Vaugrenier

Non badgés, file de gauche : s'arrêter devant la barrière et indiquer avec qui est le rendez-vous. "Avec Lionel Chary", directeur, pour Nexity Saggel, du site des Hauts de Vaugrenier, érigé sur une colline qui surplombe Villeneuve-Loubet et l'immense baie de Nice. Appelé sur son téléphone fixe, Lionel Chary confirme le rendez-vous : les gardiens ouvrent. Comme dans les nombreuses résidences fermées et sécurisées qui fleurissent sur la Côte d'Azur, on n'entre ici que badgé ou invité, l'hôte devant toujours confirmer de vive voix au poste de garde qu'il attend bien un invité.

L'avenue, large et déserte, est bordée d'eucalyptus, de palmiers, de lantanas en fleur, et monte en lacet dans la colline verdoyante. Elle serpente ainsi entre les onze hameaux qui composent le domaine et abritent 1 459 appartements et 473 villas : entre 5 500 et 6 000 habitants, dont 60 % résident ici en permanence.

Tout en haut du domaine, M. Chary, jovial syndic, dit, dans un sourire, "se considérer comme le maire". Il est responsable des parties communes de ce lotissement sécurisé, construit entre 1973 et 1993, et dont le succès ne se dément pas : 95 % des transactions, nombreuses, se payent comptant, alors que les prix sont 20 % à 30 % plus chers que de l'autre côté de la barrière qui ceint entièrement la résidence.

D'ailleurs, elle abrite quatre agences immobilières - et un architecte d'intérieur, car les nouveaux arrivants, qui ne trouvent pas une villa de 120 m2 à moins de 1 million d'euros ou un appartement de trois pièces à moins de 450 000 euros, font en général tout refaire quand ils s'installent. Les raisons de ce coûteux enthousiasme ? "La sécurité, et l'environnement, ce calme et cette verdure partout", explique M. Chary, qui précise volontiers que "les malfrats, qui savent que nous sommes toujours là, ne viennent jamais chez nous".

Cette sécurité et ce confort ont un prix, principalement celui des cinquante salariés de Nexity Saggel. Seize surveillants, non armés, vingt jardiniers, aidés de quelques administratifs et d'agents techniques, se partagent le travail d'entretien des 130 hectares et 24 kilomètres de rues, régulièrement balayés, des réseaux, tous privatisés, des trois lacs artificiels et des trois piscines. L'été, des agents d'une société de gardiennage viennent renforcer la surveillance avec leurs chiens : ce n'est pas inutile, paraît-il, pour cette période où les logements sont pleins, et souvent loués à des gens plus turbulents que les résidents permanents.

DÉCOR DE FEUILLETON TÉLÉVISÉ - La vie commune de ce monde autarcique s'organise autour des assemblées de copropriétaires, peu fréquentées mais décisionnaires. Il y en a une par hameau, chacun délégant un syndic et un membre à celle qui coiffe l'ensemble et constitue le conseil d'administration de l'Association syndicale libre principale, chargée des parties et charges communes. Les conflits d'usage et de voisinage constituent l'essentiel des débats.

Heureusement, les distractions communes offrent des manières de mieux cultiver l'entre-soi : le club-house, géré par une association, abrite des clubs de bridge, de tarot, d'informatique et de randonnée, à deux pas des tennis. Un restaurant, face au lac du bas, permet de recevoir décemment.

Parmi les habitants, dont la moyenne d'âge est de 63 ans et l'ancienneté moyenne d'installation de quatorze ans, certains ne fréquentent que la supérette Vival, le dentiste et le coiffeur du petit village du bas. Ruelle pavée, minigalerie marchande, bancs donnant sur le lac, ce hameau sort directement d'un décor de feuilleton télévisé des années 1970.

Mais de jeunes couples, étrangers ou français, viennent encore en nombre assez grand pour que l'école maternelle publique compte deux classes : située dans l'enceinte, elle accueille quelques enfants de l'extérieur, et leurs parents ont le droit, eux, de pénétrer dans le sanctuaire.

Paul Barelli et Michel Samson  Article paru dans l'édition du 04.05.08.

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mardi 6 mai 2008

LCR Besancenot : Taser dément toute implication dans son espionnage !

NOUVELOBS. | 06.05.2008 |

Le porte-parole de la LCR aurait été mis sous surveillance par une officine privée. Il a porté plainte pour "qu'une enquête soit faite" et "pour savoir qui sont les commanditaires".

"Mises en fiches" - Selon l'Express, qui aurait obtenu copie du rapport de surveillance, la vie d'Olivier Besancenot et de sa compagne aurait été "épiée, disséquée et mise en fiches par une officine de renseignement privée" d'octobre 2007 à janvier 2008.
Une note résumerait les premières investigations sur le couple, jusqu'à l'emplacement exact de son appartement, tandis qu'une autre donne les détails de leurs comptes bancaires. (Reuters

Le directeur général de Taser France dément mardi 6 mai toute implication dans la filature et la surveillance dont le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, aurait fait l'objet pendant plusieurs mois.

"On est tombés des nues. On n'a jamais demandé à suivre M. Besancenot. Dans quel but ? Sa vie privée ne nous regarde pas, on a autre chose à faire", a déclaré Antoine Di Zazzo à Reuters.


La Ligue communiste révolutionnaire a décidé lundi de porter plainte contre X après les informations de l'Express affirmant que l'ex-candidat à la présidentielle a été espionné pendant plusieurs mois par une officine privée de renseignement.

L'hebdomadaire a émis l'hypothèse selon laquelle l'affaire trouverait son origine dans le contentieux opposant Olivier Besancenot à la société commercialisant un pistolet à impulsion électrique, le Taser.

Lors de la campagne pour la présidentielle de 2007, le porte-parole de la LCR, craignant une utilisation massive et dangereuse, avait estimé que cette arme était responsable de "150" décès aux États-Unis.
Les dirigeants de Taser, qui assurent qu'elle se révèle inoffensive pour la vie humaine, ont intenté une procédure en diffamation contre Besancenot et l'audience doit avoir lieu en juin.


"Surprise et révolte" -
"Notre demande en justice est très précise, nous avons demandé à M. Besancenot quelles sont les éventuelles victimes du taser, nous voulons les noms, c'est tout", a dit Antoine Di Zazzo.
"Qu'il nous les donne par lettre recommandée, par téléphone ou à travers les médias, c'est la seule chose qu'on lui demande", a-t-il ajouté.

Interrogé lundi dans le journal de 20 heures de France 2, Olivier Besancenot a fait part de sa "surprise", de sa "révolte" et demandé que la "lumière soit faite" dans cette affaire.
"Je souhaite savoir si cette filature (...) a eu lieu, si oui qui l'a faite et puis dans ce cadre-là pouvoir m'exprimer un minimum, je pense que ce serait la moindre des choses", a-t-il déclaré.
À la question de savoir qui pourrait être à l'origine de ces agissements, il a répondu : "Je n'en sais strictement rien".

Posté par Kozett à 11:25 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qui veut espionner Olivier Besancenot?

Placide - http://www.leplacide.com/

besancenot_barbouze

"Pendant plusieurs mois, d'octobre 2007 à janvier 2008, au moins, la vie d'Olivier Besancenot a été épiée, disséquée, mise en fiches par une officine de renseignement privée", affirme l'Express.fr qui dit avoir eu connaissance d'un "rapport de surveillance" rédigé par cette officine.

Selon l'Express, "une note confidentielle du 25 octobre résume les premières investigations sur le couple". "Un document du 14 décembre recense les numéros de comptes de Besancenot et de sa compagne". Dans un communiqué, la Ligue Communiste Révolutionnaire "condamne ces pratiques de barbouze qui auraient bénéficié, d'après cet hebdomadaire, de complicités bien placées".

Selon l'Express, "l'affaire trouverait son origine dans le contentieux opposant Olivier Besancenot à la société SMP Technologies, distributeur exclusif en France du pistolet à impulsion électrique Taser". SMP a attaqué en justice, pour diffamation, Olivier Besancenot, qui avait affirmé que le Taser avait causé 150 morts aux Etats-Unis. L'audience est prévue en juin.

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lundi 5 mai 2008

Le passeport biométrique est officiellement créé

NOUVELOBS.COM | 05.05.2008 |

Le décret est paru ce dimanche au Journal officiel. Le passeport biométrique contient une photo et des empreintes digitales numérisées. Les premiers exemplaires seront disponibles à l'automne.

Le passeport biométrique, contenant une photo et des empreintes digitales numérisées et dont les premiers exemplaires seront disponibles à l'automne, a été lancé officiellement par un décret paru le dimanche 4 mai au Journal officiel.
Le passeport biométrique succèdera progressivement au passeport électronique, dont six millions d'exemplaires ont été fabriqués depuis le 13 avril 2006.
Conformément à un accord européen du 13 décembre 2004, le passeport biométrique français, intitulé simplement "passeport", appellation qui se substitue à celle de "passeport électronique", devra être disponible avant le 28 juin 2009.

Deux milles mairies équipées
D'ici là, deux mille mairies seront équipées de machines gratuites qui enregistreront les photos et empreintes digitales numérisées insérées dans la puce de ces passeports biométriques.
Ce décret complète celui du 30 décembre 2005, pris pour les passeports électroniques. Il spécifie ainsi que "lors du dépôt de la demande de passeport il est procédé au recueil de l'image numérisée du visage et des empreintes digitales de huit doigts du demandeur. Les empreintes digitales des enfants de moins de six ans ne sont pas recueillies".

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Biométrie: l’ère de l’homme traçable

Le Collectif George Orwell contre la biométrie.. (extraits du forum)


Empreintes digitales numérisées, iris de l’oeil, forme de la main ou réseau des veines de la face, tout sera bon demain pour nous identifier. Nos libertés risquent d’y laisser des plumes

En effet qui fait encore des signature, bientôt on sera des juste des cartes à puce ...

En général, il ne faut pas s’attarder sur la technique, mais sur sa finalité. Le problème de la Biométrie n’est pas le simple problème lié à la surveillance, qui est déjà angoissant, mais au problème lié au stockage des caractéristiques physiques d’individus. Cela fait de nous de simples entrées dans des fichiers de coupables éventuels. Si on ajoute à cela les progres de la surveillance par satellite (google-heart est grand public, imaginez donc où doit en être les progrès pour les applications militaires), on a le droit de se poser de grosses questions.

Le stockage informatique centralisé des empreintes, rendu obligatoire par l’obtention d’une nouvelle carte d’identité, permet depuis longtemps de ficher nos empreintes même si on n’a tué aucune vieille dame. La CNIL ne dit rien la dessus.

Application pratique de type paranoïaque : vous buvez votre bière. Vous quittez le bar. Un policier vient ensuite et scanne votre empreinte sur le verre. Votre nom s’affiche sur l’écran : Jean-Yves DENIS , avec le profil : Critiqueur de biométrie, ainsi que différents détails qui auront été enregistrés si vous avez eu des ennuis avec la justice.

Mais finalement, ce qui intéresse autant big brother, c’est que c’est un marché porteur pour les années à venir...

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mercredi 30 avril 2008

La société de contrôle : bulletin d'alerte

Ouest-France - par Jacques Le Goff Professeur de droit à l'université de Brest - mercredi 30 avril 2008

« Notre société, au nom de l'impératif sécuritaire, s'habitue à l'usage des marqueurs biométriques et chacun accepte finalement d'être fiché, observé, repéré, tracé. » D'où l'alerte lancée, en avril 2007, par le Comité national d'éthique face à la multiplication des techniques de contrôle.

Dès les années 1970, le rapport Nora, sur l'informatisation de la société, avait provoqué une prise de conscience qui allait conduire à la création, en 1974, de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Nous sommes pourtant à un nouveau tournant de l'histoire de la surveillance. Deux traits le caractérisent : les informations recueillies touchent à la vie intime ; les contrôles sont de plus en plus sophistiqués (1).

L'intime ? L'identification ne porte plus seulement sur les caractéristiques extérieures des individus, mais sur des informations d'ordre biologique ou comportemental. On pense, bien sûr, au Fichier national des empreintes génétiques dont le domaine n'a cessé de s'étendre à des délits de plus en plus mineurs (tags, fauchage d'OGM...) et qui regroupe 600 000 signalements. On pense aussi au projet de carte d'identité biométrique qui comportera, outre empreintes digitales et photo, l'état civil complet de chacun et, à terme, des informations sur les caractéristiques biologiques.

On nous annonce aussi une carte Vitale 2 et, déjà, 3, qui inclurait, pour parer aux situations d'urgence, une bonne part du dossier médical. On imagine la convoitise qu'elle ne manquera pas de susciter du côté des compagnies d'assurances ou de certains employeurs.

Et que dire des précieuses informations glanées par la grande distribution, sous le couvert de carte de fidélité, sur la famille, les préférences de consommation, le montant du loyer et le type d'habitation... jusqu'au numéro de Sécurité sociale, sous prétexte de nouvelles assurances ? La liaison entre les fichiers publics accroît le problème.

S'y ajoutent les techniques autorisant le contrôle des déplacements. C'est évident pour le GPS permettant de suivre le parcours des salariés mobiles ou les caméras de vidéosurveillance captant et triant les images sans désemparer. En Grande-Bretagne où l'on en dénombre 25 millions, elles commencent à « parler » aux contrevenants en leur prescrivant un comportement conforme. C'est moins évident en ce qui concerne ces systèmes d'allure si commode, du type Pass Navigo, grâce auxquels on peut franchir les accès au métro ou à l'avion, sans avoir à présenter le moindre document. Une puce à radiofréquence insérée sur la carte que vous portez dans votre poche signale votre passage à distance et... l'enregistre. Un dispositif serait d'ailleurs à l'étude qui permettrait d'infliger automatiquement un PV pour excès de vitesse à la sortie de l'autoroute sur la base du temps mis pour parcourir la distance ! Et que sera-ce le jour où des puces d'identification seront glissées sous la peau ?

Le plus préoccupant est moins le perfectionnement des techniques que la facilité avec laquelle nos sociétés s'en accommodent. On les justifie au nom d'une sécurité accrue, ce qui n'est nullement avéré, d'une commodité améliorée et de l'idée que ceux qui s'inquiètent seraient ceux « qui ont quelque chose à se reprocher ». Pourtant, les mises en garde récentes d'Alex Turck, le président de la Cnil, ont valeur de bulletin d'alerte.

Car imaginons un recul de la démocratie et l'instauration d'un régime non libéral. Pas de doute : avec les moyens disponibles, la sombre prophétie d'Orwell, dans son roman 1984, évoquant un Big Brother totalitaire, ferait figure de conte noir... pour enfants.


(1) Voir les livres de Claude-Marie Vadrot, La grande surveillance (Seuil) et Armand Mattelart, La globalisation de la surveillance (La Découverte).

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mardi 29 avril 2008

Le jour où la police a tiré à balles réelles sur les émeutiers

LE MONDE | 25.04.08

Le 8 mai 2007, contre toutes les règles d'engagement des forces de l'ordre en banlieue, les policiers ont utilisé leur 357 Magnum contre des émeutiers à la Grande Borne, un quartier de Grigny (Essonne). Au moins 7 coups de feu, peut-être 9, ont été tirés en direction de jeunes qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov. Un incident que les autorités judiciaires locales ont cherché à minimiser en limitant les investigations.

Vers 22 h 20, ce soir-là, 30 à 40 jeunes attaquent avec des pierres et des cocktails Molotov des policiers venus surveiller le tournage d'un clip vidéo. L'affrontement est qualifié de "particulièrement dur" par les forces de l'ordre, rapidement débordées. Celles-ci tirent avec leurs flash-ball et utilisent des grenades lacrymogènes. Sans effet. "Nos munitions n'avaient aucune conséquence sur la détermination de nos assaillants", raconte le chef de la brigade anticriminalité (BAC) devant les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

La vingtaine de policiers est obligée de se replier dans une station service un peu plus loin. Les violences se poursuivent. Sur les images de la vidéosurveillance, on voit notamment un individu en train de saisir le pistolet d'une pompe à essence puis tenter de l'allumer avec un briquet - sans y parvenir.

Dans la panique, selon le récit donné par les forces de l'ordre, un des policiers tombe. Un émeutier, qui se trouve à une dizaine de mètres, le voit et se prépare à lancer un cocktail Molotov.

Le brigadier-chef P., fait alors feu avec son arme de service pour protéger son collègue. A trois reprises, assure-t-il. Le jeune homme, âgé de 17 ans, est touché au bras mais il parvient à s'enfuir. Interpellé à l'hôpital peu après, il reconnaît, après seize heures de garde à vue, avoir lancé un cocktail Molotov éteint sur les policiers alors qu'il se trouvait à une cinquantaine de mètres. La justice décide de l'écrouer et ouvre une information judiciaire pour tentative de meurtre.

Voilà pour la version officielle. Car l'enquête conduite par l'IGPN, pour vérifier les conditions d'usage de l'arme, va mettre à jour un scénario très différent. D'abord parce que les enquêteurs ne découvrent pas 3 impacts mais 8, auxquels s'ajoute la balle reçue par le jeune homme. Prudemment, puisqu'une partie des impacts ont pu être causés par des éclats, l'IGPN estime qu'il y a eu "entre 7 et 9 tirs effectués".

Confronté aux découvertes sur le nombre de tirs, le brigadier-chef de la BAC revient sur ses déclarations le 10 mai. Devant l'IGPN, il reconnaît avoir utilisé dans la "panique" les 6 cartouches de son revolver Manhurin. Il avoue aussi s'être débarrassé de 3 douilles "dans une bouche d'égout ou dans un terrain vague" pour tenter de dissimuler ses tirs. "J'ai craint que l'administration trouve mon comportement excessif et que d'avoir tiré 6 cartouches était trop par rapport à la situation vécue", indique le policier, bien noté par sa hiérarchie.

Ces nouvelles déclarations expliquant seulement 6 des 7 ou 9 tirs, l'IGPN propose d'effectuer de nouvelles investigations. Notamment pour déterminer si un ou plusieurs autres policiers ont fait usage de leurs armes. Mais le parquet d'Evry refuse en arguant que la mesure ne paraît pas justifiée. Fait étonnant, qui traduit le trouble provoqué par cette décision, le commandant de l'IGPN dresse un procès-verbal rendant compte de sa conversation téléphonique avec le procureur et du choix de ce dernier de limiter le champs de l'enquête.

Au cours de ses recherches, l'IGPN met en évidence d'autres zones d'ombre. Sur les images de la vidéosurveillance, la scène décrite par l'auteur des tirs n'apparaît pas. Le doute s'accentue avec l'expertise balistique qui met en évidence une "incompatibilité" entre les déclarations du policier et les constatations établies sur place.

Malgré ces contradictions, le rapport conclut néanmoins à la "légitime défense", relevant que le jeune homme blessé a partiellement reconnu les faits.

Après avoir reçu le rapport, le 16 juillet 2007, le parquet classe immédiatement la procédure sur l'usage de l'arme à feu. "A ce moment, les déclarations des policiers et du jeune concordaient. Et comme l'enquête de l'IGPN concluait à la légitime défense, il était logique de classer l'affaire", justifie aujourd'hui Jean-François Pascal, le procureur de la République d'Evry. Le 24 avril, il a annoncé sa décision de demander une nouvelle enquête de l'IGPN.

Dans un premier temps, le parquet ne transmet pas le document au juge chargé d'enquêter sur la tentative de meurtre. Dans l'ignorance des résultats de l'enquête IGPN, celui-ci maintient la victime du tir policier en détention provisoire. Y compris lorsque le jeune homme revient sur son aveu partiel, en octobre, en évoquant "la pression des policiers" au cours de la garde à vue.

La situation change en février 2008 lorsque le magistrat instructeur apprend, incidemment, l'existence du rapport de l'IGPN. Découvrant son contenu, il décide la remise en liberté du jeune homme, alors en détention provisoire depuis neuf mois. Le parquet d'Evry fait appel. Mais ne convainc pas la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris, qui confirme la remise en liberté en fustigeant l'attitude du parquet d'Evry.

La famille du jeune homme, défendue par Me Damien Brossier, espère désormais un non-lieu et une indemnisation pour la blessure et la période de détention.

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lundi 28 avril 2008

Fichier des délinquants sexuels : Michèle Alliot-Marie évoque "des dysfonctionnements"

Selon la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, Il y a "sans doute des dysfonctionnements" dans le fichage génétique des délinquants sexuels. Ce qui explique qu'il n' y avait pas d'empreinte génétique de Bruno Cholet, 51 ans, qui a été mis en examen après le meurtre d'une jeune femme de 19 ans. L'homme qui est soupçonné du meurtre de la jeune Suédoise retrouvée morte, le 19 avril, en forêt de Chantilly (Oise) a été interpellé à la suivre d'une véritable "course contre la montre".

"Le fichier est aujourd'hui encombré car nous enregistrons de plus en plus d'empreintes. Il est nécessaire d'avoir de nouveaux moyens pour le faire et c'est inscrit dans la future loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure que j'ai déposée il y a quelques semaines", a ajouté Michèle Alliot-Marie.

On va augmenter encore une fois le budget de la police pour continuer de ficher opposants et manifestants de tout poil alors que ce fichier est destiné à confondre les asassins récidivistes...

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jeudi 24 avril 2008

Il ne faudra pas se noyer hors saison

Sophie d'Ambra - 20 Minutes du 24/04/2008

C'est avec un sentiment mitigé que la nouvelle a été accueillie. Les CRS-maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) seront bien présents cet été, du 1er juillet au 31 août, sur la côte atlantique. C'est ce qu'affirme la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, dans un courrier adressé aux maires de 102 villes touristiques. Quelque 230 CRS-MNS (quinze de moins qu'en 2007) seront déployés de La Rochelle à Hendaye. En revanche, les fonctionnaires ne surveilleront les plages ni en juin, ni en septembre, contrairement aux années précédentes.

Les plages resteront ouvertes

«Nous demeurons soucieux pour l'avant et l'après-saison», réagit Michel Sammarcelli, maire de Lège-Cap-Ferret et président du Syndicat intercommunal à vocation unique, chargé notamment d'organiser la sécurité sur les plages girondines. «Nous essayons de voir s'il est possible d'avoir à ce moment-là une surveillance uniquement les week-ends.»

Il n'est en effet pas question pour les élus de fermer l'accès aux plages à cette époque de l'année. Il est par ailleurs matériellement impossible de remplacer les CRS par des civils. «Il faut au moins trois ans d'ancienneté pour pouvoir être chef de postes, et en général les civils, qui sont pour l'essentiel des étudiants, sont moins expérimentés», souligne le maire de Lège-Cap-Ferret. A défaut de solution, l'élu n'hésite pas à prédire des morts par noyade en cas de forte affluence.

Nouvel Observateur – 24/04/04

Une vaste opération de police a été menée, mercredi 23 avril au soir, dans le quartier des Beaudottes à Sevran (Seine-Saint-Denis). Trois cent cinquante policiers avaient été déployés pour boucler ce quartier considéré, selon une note des Renseignements généraux, comme une plaque tournante du trafic de cannabis.
Le procureur de la République de Bobigny, François Molins, a précisé sur France Info que des perquisitions avaient été menées "dans 12 appartements qui étaient squattés depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et qui étaient ciblés comme pouvant servir de lieu de stockage de produits stupéfiants".

"Le bilan, c'est quatre personnes interpellées pour des infractions relatives aux stupéfiants", a-t-il précisé, en observant qu'aucun incident n'avait été "à déplorer" pendant l'intervention. (avec AP)

La sécurité des personnes : un choix très discutable….

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mercredi 23 avril 2008

Les jeux pyramidaux peuvent faire perdre gros

Ouest-France – 23/04/08 - Frédéric BARILLÉ

Les « cercles » promettent de multiplier la mise des participants par huit. 

Le phénomène, basé sur l'appât du gain et mâtiné d'ésotérisme, n'épargne pas la Bretagne. Témoignage d'une Lorientaise qui a été prise dans l'engrenage.

Miser 2 000 € puis repartir avec 16 000 €. Voilà la promesse du « cercle de solidarité ». Organisation pyramidale autrefois connue sous l'appellation « Jeu de l'avion ». Bien qu'il soit « vieux comme le monde » selon la gendarmerie, le phénomène sévit avec beaucoup de vigueur à Quimperlé, dans le Sud- Finistère.

Au départ, le créateur du cercle trouve huit connaissances prêtes à lui donner une certaine somme d'argent : généralement 2 000 €. Le cercle se divise en quatre niveaux hiérarchiques. Lorsque les huit personnes à la périphérie ont remis leur don à l'initiateur, celui-ci quitte le jeu avec son « cadeau », 16 000 €.

« Des gens en recherche spirituelle »

Le cercle se scinde alors en deux. Tous les joueurs remontent d'un cran vers la sortie. Les places laissées libres à la périphérie doivent alors être pourvues : d'où la recherche de nouveaux donneurs. Les gagnants peuvent intégrer un cercle supérieur. La mise : 10 000 !

« Dans le secteur, ça se passe dans les milieux écolos. Il y avait aussi des thérapeutes et des médecins, témoigne Stéphanie (1), une Lorientaise prise dans l'engrenage depuis le mois de décembre. Ce sont des gens en recherche spirituelle. Ils pensent réinventer le monde en se référant à d'anciennes formes de solidarités des Inuits ou de tribus africaines. »

C'est ainsi que cette mère de famille, salariée dans le commerce, a failli entraîner des amis dans l'engrenage. « Je pensais vraiment leur rendre service. Cela aurait résolu leurs problèmes d'argent. Et moi, je me voyais déjà installer une pompe à chaleur dans la maison... »

Familles brouillées amis fâchés...

C'est « l'euphorie » dans le cercle. Mais au cours d'une réunion organisée à son domicile, Stéphanie commence à s'interroger. « Les nouveaux venus étaient des personnes un peu perdues. Certaines étaient endettées. Ça m'a interpellé. » Elle décide de quitter le jeu. Seule la menace d'une plainte lui permettra de récupérer sa mise.

Aujourd'hui libérée, elle dénonce l'aspect « destructeur » de cette « arnaque » qui laisse beaucoup de joueurs sur le carreau. « Car au bout d'un moment, on ne trouve plus personne.

Tous ceux qui restent ont perdu. » Des familles se brouillent, des amis se fâchent... Les victimes commencent à s'organiser. Plusieurs blogs se consacrent entièrement à la question (2). Pourtant, faute de plaintes - difficile de se retourner contre des amis -, gendarmes et policiers ne peuvent pas endiguer le phénomène. D'autant que les réunions se déroulent chez des particuliers en dehors des heures légales de perquisition.

Toutefois, la situation devrait évoluer. Les premiers dépôts de plaintes ont été enregistrés dans le sud de la France, là où le jeu a commencé. « Et ici, le recrutement de nouveaux joueurs ralentit sérieusement. Cela s'essouffle », assure Stéphanie.

(1) Le prénom a été changé.

(2) http://anticercles.blogspot.com ou vers http://forum.nopyramide.com

Posté par werdna à 00:09 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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