mercredi 19 mars 2008
Nicolas Princen, «l’œil de Sarkozy sur le web»
François Vignal - LIBERATION mardi 18 mars 2008Nicolas Princen a déjà travaillé pour le site de campagne de Nicolas Sarkozy.
La vidéo du «Casse-toi pauv’con», l’affaire du SMS à Cécilia, et autres buzz ou rumeurs du Net ont certainement échaudé l’Elysée, habitué à contrôler sa communication. Mais à défaut de maîtriser, il est possible de surveiller. Pour mieux réagir.
C'est le rôle qui vient d’être confié à Nicolas Princen, 24 ans, diplômé d’HEC et normalien. Ce jeune homme au look de gendre idéal préfère la politique aux lettres ou au business. Il s’était d’ailleurs mis en congé d’EuroRSCG pour s’engager dans la campagne présidentielle de Sarkozy. Auprès de José Frèches et François de la Brosse, il était chargé d’animer l’émission Libre cours pour la NSTV (pour Nicolas Sarkozy TV) sur le site de campagne. De lui, José Frèches dit alors sur son bloc notes qu’il est «jeune et brillant».
A l’Elysée, sous la responsabilité du chargé presse et communication Franck Louvrier, et non de François de la Brosse (désormais responsable du site de l’Elysée), il sera chargé de la veille Internet : répertorier les informations, buzz, rumeurs, attaques contre le Président, puis les transmettre pour permettre de réagir au plus vite. Les sites d’information passeront dans son tamis, mais aussi les forums de discussion ou autres blogs.
«Nadine Morano défonce Nicolas Princen»
Les blogueurs justement accueillent son arrivée avec sourire et moquerie. Et veulent même l’aider. «Cher Nicolas Princen, je te souhaite bien du courage. Et je souhaite donc savoir si tu mérites bien ta place. Je t’ai ajouté dans mes contacts sur Facebook. Comme cela tu auras automatiquement les notifications de mes nouveaux articles de mon blog, ce sera pratique pour toi», écrit Luc Mandret sur son blog politique. Sur le blog Mafacecachee, Princen est qualifié de «djeun's qui doit servir de mouchard sur le Net pour le compte du petit Nicolas». Pour «aider» Nicolas Princen, l’auteur ajoute «la liste non définitive des méchants». Comprendre les blogs ou site anti-Sarkozy. Quant au «blog politique de gauche» Intox2007, sous le titre Nadine Morano défonce Nicolas Princen, il s’amuse à comparer le nombre d’occurrence des deux personnalités sur les blogs, avec une victoire haut la main pour la députée de Meurthe-et-Moselle.
«Pas un flicage»
L’initiative élyséenne fait moins rire d’autres blogueurs. Selon peuples.net, le geek de l’Elysée n’est là que pour «surveiller afin de punir». «J'ai bien peur que la dérive juridique que nous venons de connaître, durant ces élections municipales et cantonales, ne soit que le prémisse de ce qui nous attend dans les mois à venir.»
Nicolas Princen, apprenti RG pour le compte de l’Elysée ? L’accusation est fausse et injuste pour Eric Walter, ex-responsable Internet de l’UMP, devenu conseiller auprès de Rama Yade, qui avait déjà instauré une veille pour son parti . «Dire cela serait un gros procès d’intention. La veille n’est pas un flicage, ni même une surveillance, mais une observation. Le but n’est pas d’empêcher.» Les blogueurs, eux, se sont déjà fait une idée. Et ont trouvé un surnom à Nicolas Princen : «L'oeil de Nicolas Sarkozy sur le Web».
L’Elysée a chargé ce normalien de 24 ans de mettre en œuvre une veille du Web pour relever les critiques, buzz ou rumeurs sur le Président.
mercredi 12 mars 2008
Des shérifs du ciel dans les avions
Libévoyages 12/03/08
De nouvelles normes de sécurité aérienne ont été adoptées par l'Union européenne 12 MARS 2008
Le Parlement européen a adopté ce mardi des normes communes concernant la sûreté aérienne. Parmi les règles figurent, entre autres, le passage aux rayons X des passagers et des bagages à main, le déploiement de "shérifs du ciel" ou encore les contrôles et les fouilles à bord et la vérification d'objets interdits.
Les Etats-membres le souhaitant pourront aussi appliquer des règles plus sévères sous réserve qu'elles soient "pertinentes, objectives, non-discriminatoires et proportionnelles aux risques pour la sécurité", indique un communiqué de presse du Parlement européen. Pour ce qui est des shérifs du ciel, ceux-ci devront être sélectionnés et formés de manière spécifique.
L'uniformisation des normes de sûreté aérienne par tous les pays membres de l'Union européenne permettra ainsi à tous les voyageurs en provenance d'un pays tiers, appliquant des règles de sécurité aussi sévères, de ne pas avoir à passer aux rayons X en cas de transit dans un pays de l'Union.
Concernant le coût du renforcement de ces nouvelles mesures de sûreté, le Parlement européen a indiqué que les voyageurs seraient certainement mis à contribution. Les Etats membres participeront également au déploiement de ces nouvelles mesures de sûreté.

mardi 11 mars 2008
Virements bancaires : attention aux arnaques
mardi 11 mars 2008 | Le Parisien - Daniel Rosenweg
Des centaines de vendeurs sur Internet ont été victimes d'un réseau international qui, au lieu d'effectuer des virements, payait avec des chèques volés. Le pôle financier de Paris a été saisi. Des plaintes ont été déposées contre les banques.
DEPUIS plusieurs mois, la brigade de répression du banditisme enquête sur un réseau international qui aurait fait, selon l'Association française des usagers des banques (Afub), « plusieurs milliers de victimes » en France. Un réseau qui s'en prend aux particuliers, vendeurs de grosses berlines et 4 x 4, et qui exploite les failles du système bancaire.
La méthode ? L'utilisation de « faux virements ».
L'Afub a reçu l'an dernier 200 dossiers de victimes et plusieurs centaines de plaintes ont été déposées à travers la France. L'enquête pilotée par le pôle financier de Paris est remontée, notamment, jusqu'en Côte d'Ivoire où plusieurs véhicules ont été retrouvés. La juge en charge du dossier a lancé des mandats d'arrêt internationaux.
« Les préjudices atteignent des sommets »
De son côté, l'Afub accuse les banques d'avoir « sacrifié la sécurité des moyens de paiement à la productivité ». La Fédération française bancaire, elle, pointe le manque de prudence des vendeurs. « Les préjudices atteignent des sommets, 30 000, 40 000, 50 000 €... », explique Serge Maitre, président de l'Afub.
Le mode opératoire, lui, est constant : une personne se porte acquéreur d'une voiture proposée par petite annonce sur Internet et propose de payer par virement, plus sûr que les chèques. En réalité, il va utiliser un chèque volé, qu'il endossera comme s'il en était le bénéficiaire - c'est-à-dire le vendeur. Il le déposera ensuite dans une petite agence de la banque du vendeur. Ce dernier se contente souvent de regarder le solde de son compte pour vérifier le paiement. Rassuré, il conclut la vente. « Les escrocs exploitent le fait que les banques créditent un chèque avant même que celui-ci ne soit débité du compte de l'émetteur, et sans même vérifier s'il a été volé, précise Serge Maitre. Ils profitent aussi du contrôle insuffisant des signatures au dos des chèques. »
« Le contrôle des signatures d'endossement prend du temps et les escrocs jouent sur la rapidité, se défend Philippe Caplet, directeur du Centre d'information bancaire de la Fédération bancaire française. Le chèque est toujours risqué, le vendeur doit vérifier qu'il a reçu un virement et pas un chèque. Nous avons déjà alerté les consommateurs dans notre guide de sécurité bancaire*. »
Mais l'Afub maintient ses accusations : « Les banquiers laissent croire que l'argent crédité est disponible même s'il s'agit de sommes importantes. Peu de gens savent qu'un chèque crédité sur leur compte est conditionné par le paiement de la banque qui peut procéder à une contre-passation, c'est-à-dire reprendre l'argent. »
Selon la Banque de France, il peut s'écouler deux mois avant que la banque ne constate que le chèque est volé. L'Afub conseille donc, dans le doute, de demander à son banquier un « avis de sort » qui garantit que l'argent est définitivement acquis.
* Guide de sécurité des opérations bancaires, téléchargeable sur www.lesclesdelabanque.com.
vendredi 7 mars 2008
Le rapport Bauer remis à M. Sarkozy organise la veille sécuritaire
LE MONDE | 06.03.08 | 14h44
Le bras armé du futur conseil national de sécurité intérieure et de défense souhaité par Nicolas Sarkozy pourrait prendre la forme d'un "conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique" (CSFRS). Ce nouvel établissement public dépendrait de l'Elysée et de Matignon. Il serait chargé d'anticiper les menaces et les risques de demain : bioterrorisme, accidents technologiques, crises sanitaires ou climatiques.
Sans attendre les conclusions du Livre blanc sur la sécurité et la défense, reporté au mois de mai, le criminologue Alain Bauer, qui avait reçu une lettre de mission cosignée de Nicolas Sarkozy et de François Fillon en août 2007, a rendu son rapport, mardi 4 mars, au président de la République. La commission qu'il a pilotée, composée de treize membres dont deux représentants d'Areva et d'EDF, propose de réunir sous une même autorité tous ceux qui réfléchissent à la sécurité, en développant les partenariats public-privé. Pour Alain Bauer, l'enjeu se résume à une formule choc : il faut, écrit-il en introduction, "choisir de rester à la table des grands - donc déceler, diagnostiquer, puis prévenir ou riposter -, ou devenir une simple force supplétive".
Résultat : l'actuel Observatoire national de la délinquance (OND) - que M. Bauer préside -, sortirait du giron du ministère de l'intérieur pour intégrer ce nouveau pôle. Les quatre instituts de formation, liés à l'intérieur ou à la défense, seraient remaniés et réduits au nombre de deux d'ici à deux ans. L'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) serait ainsi regroupé avec l'Institut d'études et de recherche pour la sécurité des entreprises (Ierse) ; et l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) fusionnerait avec le Centre des hautes études de l'armement (CHEAr). Les deux nouveaux instituts seraient physiquement réunis sur un même site, celui de l'Ecole militaire à Paris, qui deviendrait "le centre intellectuel et névralgique de la pensée stratégique de sécurité". Le CSFRS fixerait toutes leurs orientations et chapeauterait aussi le centre interministériel de traduction, un centre de "décèlement précoce" des menaces, ou bien encore un bureau d'aide aux appels d'offres.
L'université trouverait sa place dans cet ensemble et les recherches communes privées-publiques seraient encouragées pour la "conduite de travaux d'intérêts communs". Un fonds d'investissement mixte serait mis en place, abondé notamment par des industriels qui, en contrepartie, bénéficieraient d'une défiscalisation sur le modèle du crédit d'impôt recherche.
Le rapport Bauer fustige "la culture administrative", "l'arrogance intellectuelle des chefs d'administration" et cite Tocqueville : "Ce qui caractérise l'administration en France, c'est la haine violente que lui inspirent indistinctement (...) tous ceux qui veulent s'occuper d'affaires publiques en dehors d'elle (...) En un mot elle préfère la stérilité à la concurrence". La mission Bauer, elle, entend ouvrir les bras au secteur privé au nom de la "sécurité globale".
Un concept avec lequel Pierre Tournier, directeur de recherches au CNRS et membre de la mission, prend ses distances dans les volumineuses annexes. "Une telle approche, écrit-il, n'est pas nécessairement neutre idéologiquement. Elle peut être révélatrice d'une pensée "catastrophiste", voire "apocalyptique" qui consiste à dramatiser l'insécurité (...) pour en arriver à militariser l'ensemble des questions de sécurité."

mercredi 5 mars 2008
Les cercles de jeux parisiens sous surveillance
REUTERS : mercredi 5 mars 2008 - Gérard Bon
Le Cercle Haussmann, l'un des principaux établissements de jeux parisiens, a été contraint de fermer jusqu'à nouvel ordre après la découverte d'anomalies comptables, rapportent mercredi RTL et le ministère de l'Intérieur.
"Les RG ont retrouvé des chèques antidatés, des cotisations détournées, et des salariés non déclarés", précise la radio.
L'autorisation du cercle Haussmann n'a pas été renouvelée, a dit pour sa part un porte-parole du ministère de l'Intérieur.
Depuis quelques années, une nouvelle génération de joueurs de poker passe des soirées, voire des nuits entières, dans les cercles de jeux.
Le ministère de l'Intérieur a renforcé la surveillance de ces établissements afin de ne pas laisser de considérables sommes d'argent y circuler sans contrôle.
"Le développement des jeux et l'ambiance générale font qu'à chaque demande les choses sont regardées de façon sérieuse et rigoureuse", a précisé le porte-parole.
Fin février, les neuf établissements parisiens ont fait l'objet de contrôles policiers dans le cadre d'une enquête sur le renouvellement des licences accordées par l'Etat.
Le cercle Concorde, qui avait récemment rouvert en raison de l'explosion du poker en France, a été à nouveau fermé à la fin 2007 à la suite d'une enquête sur une affaire de blanchiment d'argent.
Selon la police judiciaire, deux équipes de malfaiteurs corses et marseillais se disputaient le contrôle de l'établissement.
vendredi 29 février 2008
Cyberperquisitions
Edito du Monde | 28.02.08
Chaque citoyen a droit au respect de sa vie privée. Cette injonction de la Déclaration universelle des droits de l'homme s'impose à tous depuis 1948. Elle a incité la Cour constitutionnelle allemande à encadrer de façon stricte, mercredi 27 février, le droit pour la police d'espionner, via Internet, les ordinateurs des personnes soupçonnées de terrorisme.
Cette décision de la Cour de Karlsruhe était d'autant plus attendue qu'elle porte sur une question commune à toutes les démocraties. A l'heure où les individus confient une part croissante d'eux-mêmes à la Toile, où doivent s'arrêter les intrusions de l'Etat ? Autrement dit, la lutte contre le terrorisme, la pédophilie et la cybercriminalité justifie-t-elle que la police s'arroge des pouvoirs d'investigation étendus ?
La Cour de Karlsruhe a répondu non. Elle autorise les perquisitions en ligne, mais elle les circonscrit. La police aura le droit de surveiller à distance la navigation sur Internet des personnes soupçonnées de crime. Mais elle ne pourra le faire qu'après avoir obtenu l'autorisation d'un juge. Et seulement en cas de menaces concrètes contre la vie humaine ou contre l'Etat. Qui plus est, les données recueillies lors de ces cyberperquisitions ne pourront pas être utilisées par la justice si elles touchent à la vie privée des suspects.
En France, un projet de ce type est à l'étude. Comme son collègue allemand de l'intérieur, Wolfgang Schäuble (CDU), Michèle Alliot-Marie souhaite faciliter les perquisitions en ligne. Ce dispositif devrait figurer, au printemps, dans le projet de loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure.
On ne connaît que les contours de ce projet, mais il mûrit. Mme Alliot-Marie a ainsi indiqué que "la captation à distance des données numériques se trouvant dans un ordinateur ou transitant par lui" devra être autorisée par un juge. Cette garantie est essentielle. Mais - la décision de la Cour de Karlsruhe le suggère - d'autres garde-fous sont indispensables.
Pour justifier sa démarche, qui inquiète les défenseurs des droits de l'homme et les internautes, la ministre de l'intérieur a fait un parallèle entre les écoutes téléphoniques, encadrées par la loi, et la surveillance de la Toile, difficile à instaurer faute d'outils juridiques appropriés.
L'exemple n'est pas vraiment convaincant. La réglementation des écoutes téléphoniques, administratives ou judiciaires, n'a jamais empêché les officines d'Etat d'outrepasser leurs droits. Les exemples d'écoutes "sauvages" ne manquent pas. C'est en ayant en tête ces transgressions, toujours tentantes, qu'il faudra juger le projet Alliot-Marie. En espérant que le Conseil constitutionnel se montrera aussi vigilant que la Cour de Karlsruhe.


jeudi 28 février 2008
Corse: un mouvement clandestin armé conseille aux «Français» résidant sur l'île de «ne pas se rendre aux urnes» en les menaçant
Philippe COSTE – Le Parisien - mercredi 27 février 2008
Le FLNC-Union des combattants (FLNC-UC), l'une des principales organisations indépendantistes clandestines en Corse, s'est invité mercredi dans la campagne des municipales en «conseillant» aux «Français» résidant en Corse de «ne pas se rendre aux urnes», les menaçant d'une «réponse adéquate».
Cette menace, la première du genre à la veille d'élections, a été accueillie dans un silence de plomb par la classe politique de l'île, habituellement plus prompte à réagir. «Nous conseillons aux Français étrangers aux intérêts vitaux de notre terre de ne pas se rendre aux urnes», a fait savoir mercredi le FLNC-UC, dans un communiqué transmis à France 3 Corse et dont l'AFP à obtenu copie.
Le «conseil» apparaît en gras sur le texte d'une page et demie.
Ce mouvement, partisan de la lutte armée, s'est déjà manifesté à la veille d'élections. Avant la présidentielle de 2007, il avait annoncé qu'il serait «présent» durant la campagne, puis avait déclaré que cette élection «conjoncturelle» n'apporterait «rien d'évolutif pour la Corse». Cette fois-ci, le ton est monté d'un cran. Le groupe clandestin estime que «la colonie française de peuplement ne peut en aucun cas décider du destin politique de la nation corse». «Elle n'a aucun droit sur cette terre. Nous saurons lui répondre de manière adéquate, le moment venu», avertit le mouvement qui revendique régulièrement de nombreux attentats dans l'île.
La dernière revendication remonte à fin novembre: seize attentats, dont des tirs de roquette contre des bâtiments publics. Le FLNC-UC juge les municipales «sans conséquences politiques effectives» car, selon lui, «la Corse se trouve toujours confrontée au problème de la négation de son identité nationale».
«Plus que jamais l'heure est au renforcement de la lutte de libération nationale», écrit-il en renouvelant ses accusations contre le gouvernement et contre le président Nicolas Sarkozy pour ses «mensonges répétés sur le rapprochement des prisonniers politiques» corses de leurs familles dans l'île. Le mouvement qui s'en est souvent pris à la classe politique corse «inféodée à Paris», selon lui, dénonce une fois encore sa «soumission», et fait allusion «au feu de paille qui a affecté un bureau de la Collectivité territoriale».
Le 12 janvier, quelques centaines de militants nationalistes, venus manifester contre la «répression» dans l'île, avaient envahi l'hémicycle de l'Assemblée de Corse où un incendie volontaire avait ensuite entièrement détruit les bureaux d'Ange Santini, président UMP du conseil exécutif de Corse. Un autre élu de l'Assemblée de Corse, Jean-Christophe Angelini, secrétaire général du Parti de la nation corse (PNC-autonomiste modéré), mis en cause dans le texte du FLNC-UC, pour avoir rencontré en janvier un haut responsable de la police, a estimé qu'il n'avait «pas à polémiquer avec une organisation clandestine» à propos d'un texte qui démontre bien «les divergences existant entre la mouvance de libération nationale et nous», a-t-il dit à l'AFP.
Même refus de réagir à la mairie de Bastia: le directeur de campagne d'Emile Zuccarelli (PRG) qui brigue un quatrième mandat, a seulement indiqué que le maire «ne réagissait jamais aux communiqués de terroristes». Aucune réaction n'avait été rendue publique en fin de journée de la part du député UMP et président de l'assemblée de Corse Camille de Rocca Serra.
Le dirigeant de Corsica Nazione Indipendente (CNI) Jean-Guy Talamoni, principal parti indépendantiste avec trois élus à l'Assemblée de Corse, s'est contenté de «prendre acte» de la publication du texte qu'il a jugé «très clair».
mercredi 27 février 2008
Quand Sarkozy expliquait le respect aux policiers
NOUVELOBS.COM | 26.02.2008 |
A la lumière de l'algarade entre Nicolas Sarkozy et un visiteur du Salon de l'agriculture, samedi 24 février, le discours du président de la République lors de la rencontre police-gendarmerie à la Grande Arche de la Défense le 29 novembre 2007, dans lequel Nicolas Sarkozy appelait les policiers à plus de tenue :
- "En pensant et je voudrais terminer par cela, que vous êtes les forces de sécurité de la République, et que votre éthique doit être au-dessus de tout soupçon."
- "Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens.[...] Mais pensez à cela, chaque minute : vous portez un uniforme, vous êtes les représentants de l‘Etat, vous devez avoir une éthique, vous devez être exemplaires. Et c‘est très important, pas de fenêtre ouverte dans les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement, du respect.
Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien qu‘on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous."
On est sous le charme ...

lundi 25 février 2008
Villliers-le-Bel : Les dénonciations en question
Le JDD du Dimanche 24 Février 2008 - Jean-Pierre VERGES
Une semaine après le vaste coup de filet, à grand renfort de caméras, à Villiers-le-Bel, suite aux émeutes qui avaient secoué la cité francilienne en novembre dernier, l'heure est à l'interrogation. Le cas de certains accusés, dénoncés pour, à en croire les témoignages, s'en être directement pris aux forces de l'ordre, pose en effet problème. Leurs soutiens crient à la délation.
Le 7 février, Adama, 27 ans, serrait la main de Christine Boutin au ministère du Logement et de la Ville. Avec un éducateur sportif et deux autres "grands frères" de Villiers-le-Bel, ce Français d'origine sénégalaise était venu plaider la cause de cette cité du Val-d'Oise, où la mort de deux jeunes percutés par un véhicule de police avait entraîné deux soirées d'émeutes. "Un rendez-vous très constructif, indique aujourd'hui Ephra Kazadi, l'un des participants. La ministre veut nous aider à promouvoir l'emploi des jeunes issus des quartiers défavorisés."
Vendredi, Adama a pourtant été mis en examen pour "tentative d'homicide volontaire sur agent de la force publique". Le débat sur la mise en détention de cet homme marié, père de trois enfants, a été différé à mercredi. La justice le soupçonne d'avoir tiré des plombs et de la grenaille sur des CRS, dont certains avaient été sérieusement blessés.
Juge de paix ou caïd ?
A Villiers, la mise en cause de cet ancien médiateur, qui dirige avec sa femme une entreprise de sécurité, a surpris. "Ici, on connaît plus Adama que le maire de la ville", assure Dida, un natif de la cité devenu champion du monde de boxe thaïe. "C'était une grande gueule qui se mêlait de tout. Il avait tendance à vouloir régler les problèmes. Beaucoup le jalousaient." Si certains le voient comme un juge de paix, les policiers eux parlent d'un caïd de cité ayant eu maille à partir avec la justice. "De nombreux témoignages concordent pour dire qu'il était le meneur des affrontements", confie un enquêteur.
Placé en détention provisoire, Adama clame pourtant son innocence. "Il a tout fait pour calmer les jeunes, plaide son défenseur, Me Sylvie Noachovitch. Son passé le rattrape." L'avocate, qui a longtemps fréquenté le plateau de l'émission Sans aucun doute sur TF1, connaît bien son client qui soutenait sa candidature UMP à l'élection municipale de Villiers-le-Bel... "Je souhaite que sa mise en cause n'ait rien à voir avec ce combat politique", espère Dida. Certains se demandent pourtant si la proximité d'Adama avec le parti de la majorité ne lui aurait pas valu d'être "balancé".
Son frère Abou et trois autres personnes ont aussi été mises en examen dans ce volet de l'enquête. Hier après-midi, un nouveau suspect a été présenté au juge d'instruction. Désigné par un indic'et présenté comme un habitué de la mosquée de Villiers-le-Bel, Maka est soupçonné d'avoir tiré au fusil de chasse sur les policiers. Comme pour les treize autres personnes mises en examen - pour l'agression d'un commissaire de police après l'accident, le caillassage des policiers, les incendies de la bibliothèque et de l'école maternelle -, les témoignages constituent le socle des investigations en l'absence d'ADN ou de preuves photographiques. Après l'appel à témoins lancé par la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles et la promesse d'une rétribution, certains ont voulu dénoncer les responsables de façon anonyme.
"Ils voulaient me faire avouer des choses que je n'avais pas faites"
"Certaines dénonciations ne sont pas assez précises, il y en avait quatre ou cinq vraiment exploitables", reconnaît un enquêteur. "C'est un procédé contestable. Comment se défendre quand il ne peut pas y avoir de confrontations? On sait que les tireurs étaient cagoulés, comment ont-ils pu être reconnus?" s'interroge Sylvie Noachovitch. Me Joseph Cohen-Sabban, qui défend Saïd, un chauffeur de taxi accusé d'avoir transporté de l'essence pour les incendiaires, envisage de contester le témoignage sous X qui accuse son client. "Mais c'est une telle usine à gaz!", avoue-t-il.
"Moi, on m'a d'abord dit que j'avais été dénoncé puis que j'avais été filmé", affirme un jeune de Villiers qui a passé 24 heures en garde à vue et qui veut garder l'anonymat. "En fait, ils voulaient me faire avouer des choses que je n'avais pas faites." "Grizzly", qui lui est ressorti libre après 40 heures de garde à vue, se demande qui sont les deux personnes qui l'auraient vu frapper un policier alors qu'il était n'était pas à Villiers-le-Bel. Quant aux 7 400 euros retrouvés dans sa poche, dont la prise avait été annoncée par la procureure de Pontoise, ils proviennent selon lui de la vente d'un véhicule...
Vendredi, la magistrate a annoncé que sur la quarantaine de personnes interpellées, dix-huit avaient été mises en examen et onze écrouées. Elle s'est félicitée de la "réussite" de l'enquête, avant d'aller sabler le champagne avec ses collaborateurs. Hier, une cinquantaine de jeunes se sont réunis en silence à Villiers-le-Bel pour dénoncer cette opération médiatico-policière. Sur l'une des affichettes placardées sur les murs, on pouvait lire cette interrogation: "La délation est-elle devenue une preuve?"
Lire : Villiers: A qui profite la fuite?; Coup de force à Villiers-le-Bel

Le silence des femmes victimes de violences
LE MONDE | 22.02.08
Selon l'enquête Cadre de vie et sécurité, publiée jeudi 21 février par l'Insee, les femmes sont autant exposées à la violence dans leur propre foyer qu'à l'extérieur de leur domicile : 3,3 % des femmes ont déclaré avoir subi en 2005 ou 2006 une agression physique ou sexuelle de la part d'une personne vivant chez elle, et 3,3 % l'ont vécue hors de chez elles.
Les violences conjugales sont, le plus souvent, tues : un cinquième des victimes de violences physiques et le tiers des victimes de violences sexuelles n'ont ni porté plainte, ni enregistré de main courante, ni parlé à qui que ce soit. Quand elles évoquent l'agression, elles s'adressent en priorité à un proche (41,6 %), puis à une association ou à un professionnel (19,4 %), ensuite seulement à la police (11,1 %).
Cette enquête précise également le profil des auteurs de violences conjugales : ils ont souvent plus de 45 ans et sont faiblement diplômés. "Les agressions sexuelles et les violences domestiques envers les femmes se rencontrent dans tous les milieux sociaux, constatent les auteurs de l'étude, Lorraine Tournyol du Clos et Thomas Le Jeannic, mais elles sont plus fréquentes dans les milieux à faible niveau scolaire

