jeudi 25 septembre 2008
Edvige Alliot-Marie
Le Canard Enchaîné du mercredi 24 septembre 2008
Une nouvelle fois, Sarko s’en est pris à MAM, sa tête de Turc favorite.
« J’ai, une ministre de l’Intérieur qui ne s’occupe pas de sécurité, à éructé Sarko, et une ministre de la justice qui est incapable de parler de politique pénale ».
Le chef de l’Etat a continué de faire porter le chapeau de la polémique sur le fichier Edvige à Michèle Alliot-Marie. « Elle ne travaille pas assez ses dossiers, elle a signé sans regarder ce qu’il y avait dedans. Tout ce bordel autour du fichier Edvige, c’est à cause d’elle ! »
Et pas à cause de ceux qui l’ont laissé faire ?
MAM contre-attaque
MAM qui a de plus en plus de mal à supporter les attaques de Sarko, à commencer à contre-attaquer, pour l’instant, en privé : « Le fichier Edvige, a-t-elle affirmé devant ses proches, cela fait longtemps qu’il était en préparation. C’est même Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur qui l’a initié lorsqu’il a préparé la fusion des deux fichiers de la DST et des RG ».
Et la ministre de l’Intérieur d’enfoncer le clou : « Quand il a été question de signer le décret permettant la constitution du fichier Edvige, j’ai pris la précaution d’avertir l’Elysée et Matignon : certaines modalités de rédaction pouvaient prêter à confusion. Et que m’a-t-on répondu ? Que l’on n’avait pas le temps de le revoir du fait de la fusion effective entre la Défense du Territoire et les Renseignements Généraux. »
Dommage qu’elle n’aille pas raconter tout cela à la télé…
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Quand le fichier Edvige change de nom !
France Info s'est procuré le nouveau décret sur le fichier policier qui devrait être rendu public dans un mois.
Libération.fr - mercredi 24 septembre 2008
Le fichier policier Edvige change de contenu et ... de nom. Selon la dernière mouture du décret, que s’est procurée France Info, Edvige devient désormais Edvirsp (Exploitation documentaire et valorisation de l’information relative à la sécurité publique).
Le nouveau texte, transmis vendredi dernier par le ministère de l’Intérieur à la CNIL, ne devrait pas être rendu public avant un mois. Le temps de permettre à la CNIL, puis au Conseil d’Etat de rendre leurs avis.
Dans cette dernière mouture (à consulter sur le site de France Info), le ministère semble avoir pris un soin particulier aux tournures de phrases pour ménager l’opinion et convaincre les détracteurs du texte. Dès l’article 2, sont clairement exclues les données à caractère personnel, relatives à la santé ou à la vie sexuelle des personnes.
La liste des personnes susceptibles d’être fichées (article 3) est également plus restrictive : «Les personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique». Et les personnes faisant l’objet d’une enquête administrative (pour accéder à certains emplois notamment).
Mais pas de trace, dans le nouveau texte, des personnalités jouant un rôle économique ou religieux comme l’avait annoncé Michèle Alliot-Marie la semaine dernière.
La délicate question du fichage des mineurs est abordée à l’article 5. Le nouveau décret maintient le principe : toute personne de plus de 13 ans susceptible de porter atteinte à la «sécurité publique» pourra être fichée.
Et d’ajouter, en guise de concession : «Les données ne peuvent être conservées au-delà du dix-huitième anniversaire. Si un élément nouveau justifiant un enregistrement au même titre est intervenu durant les deux années précédentes, elles peuvent être conservées jusqu’au vingt-et-unième anniversaire.»
Alex Türk, président de la CNIL: “Le plus grand danger ce n’est pas Edvige, c’est le traçage des personnes"
Télérama - 17 septembre 2008
Pour le président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, les fichiers type Edvige existent depuis longtemps et sont relativement contrôlés. D’autres fichiers, tel Stic, sont bien plus dangereux. Mais l’émergence de la civilisation numérique pourrait révéler pire encore. Ainsi la biométrie ou la géolocalisation des personnes… Avez-vous pensé à renouveler votre carte Pass ?
Le mouvement de protestation contre le fichier de police Edvige qui entend recenser tout individu « susceptible de porter atteinte à l'ordre public » est un cas d'école. Exemplaire, à bien des égards. Voilà une protestation née sur Internet, en dehors des grands médias et des grandes formations politiques. Loïc Daguzan, syndicaliste CGT de la Banque de France, n'imaginait pas une seconde soulever une telle tempête quand il a rédigé, seul ou presque, la pétition qui allait recueillir plus de 150 000 signatures en trois mois. Le « net-activisme » non seulement a de beaux jours devant lui, mais il réinvente une forme de référendum d'initiative populaire que la classe politique et, contraint et forcé, le gouvernement ont bien été obligés de prendre en compte.
Edvige a servi de catalyseur. Mais le débat est beaucoup plus large, et peut-être plus inquiétant encore, comme en témoigne Alex Türk, président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Un sénateur divers droite qui n'a la langue ni de bois ni dans la poche...
On ne vous a pas beaucoup entendu sur le fichier Edvige...
Tout le monde a l'air d'oublier aujourd'hui que si la Cnil n'avait pas demandé au gouvernement de publier le décret créant ce fichier de police personne ne serait en train d'en parler. Au départ, il n'était même pas question qu'Edvige figure au Journal officiel. Il y a trois mois, nous avons rendu un avis critique (1) dans lequel nous émettions des réserves sur la collecte d'informations concernant les mineurs de 13 ans. Notre souhait était de voir l'âge minimum repoussé à 16 ans. Nous n'avons pas été entendus. J'ai parlé alors d'Edvige à la presse. A l'époque, tout le monde s'en fichait ! Je suis heureux - et un peu étonné - de voir que cette mobilisation a pris, en plein été, sur Internet, puis a été relayée par la classe politique à la rentrée. Si le débat d'aujourd'hui est un moyen de sensibiliser les Français en matière d'informatique et de libertés, tant mieux, mais il y a des sujets qui me préoccupent mille fois plus qu'Edvige !
Vraiment ? La volonté de ficher toute personne « susceptible » de troubler l'ordre public et de pister tout militant associatif, syndical ou politique ne vous paraît pas particulièrement inquiétante ?
Il faut dire la vérité, tout ça existait déjà avant ! On saute au plafond mais on n'a pas attendu aujourd'hui pour ficher ainsi les gens. C'était déjà dans les pratiques des Renseignements généraux depuis fort longtemps. Edvige a certes aggravé la situation sur certains points - l'âge minimum, la référence aux préférences sexuelles, le dossier médical -, mais le principe existait depuis longtemps, sous les gouvernements de droite comme de gauche.
La Cnil est souvent accusée de ne pas être assez ferme face aux projets que l'Etat lui soumet pour consultation. Le gouvernement, en préparant ce décret, a-t-il tenu compte de votre avis ?
La Cnil ne prétend pas que nous vivons dans un monde totalement rousseauiste ; nous ne sommes pas, par principe, contre tous les fichiers de police. Pour Edvige, il nous paraissait important qu'il n'y ait aucune interconnexion avec les dizaines d'autres fichiers de police et de gendarmerie. Nous l'avons obtenu. Quant aux renseignements s'étendant à la vie sexuelle et la santé des personnes fichées, nous pensions que le gouvernement allait trop loin. A la suite d'un compromis, nous sommes arrivés à l'idée qu'il fallait cantonner ces informations à des cas exceptionnels.
Exceptionnels... mais c'est tellement flou !
Pas du tout. C'est une notion qui est connue par la jurisprudence. Il appartiendra au juge de dire dans quel cas c'est justifié, dans quel cas ça ne l'est pas.
Le débat actuel sur Edvige devrait vous réjouir. Les mobilisations de cette ampleur contre les dérives du fichage informatique sont rarissimes.
Le problème en France, c'est que la presse ne se mobilise qu'à propos des fichiers de police. Evidemment, c'est plus croustillant. Ça parle aux gens. Mais l'expérience prouve que ce n'est pas là qu'il y a les plus gros problèmes. Les fichiers de police sont, malgré tout, assez bien contrôlés. Pour vous donner un exemple, tous les jours ouvrables, des magistrats de la Cnil (ils sont huit sur dix-sept membres) se rendent au ministère de l'Intérieur, dans les commissariats ou les tribunaux pour vérifier le contenu des fichiers. C'est ce qu'on appelle le contrôle du droit d'accès. Lorsqu'un particulier nous saisit pour savoir ce qui le concerne dans un fichier de police, nous allons vérifier sur place et nous faisons corriger les éventuelles erreurs. Moins médiatisé qu'Edvige, un autre fichier de police nous inquiète, en revanche, infiniment plus : il s'agit du Stic (Système de traitement des infractions constatées), sur lequel nous allons sortir un rapport en fin d'année.
Qu'est-ce que le fichier Stic ?
C'est un très grand fichier, dans lequel vous avez aujourd'hui plus de vingt millions d'informations répertoriées, dont plusieurs millions de noms. Cet outil, qui dépend du ministère de l'Intérieur, nous cause beaucoup d'inquiétudes ; il est bien plus puissant qu'Edvige. Il contient tous les noms des personnes qui, dans un délit, un crime ou une contravention de 5e classe [la catégorie la plus élevée dans l'échelle des contraventions, NDLR], ont été mises en cause. Un exemple : une personne est impliquée dans une procédure pénale, mais il s'avère que le juge prononce une relaxe. Il appartient alors au procureur de se brancher aussitôt sur le Stic pour faire corriger et enlever les références de la personne relaxée. Mais comme les procureurs sont souvent débordés de travail, ils ne le font pas toujours. Du coup, vous avez toute une série de nos concitoyens qui sont dans le fichier Stic alors qu'ils ne devraient pas y être. Si un demandeur d'emploi postule pour un emploi dans la sécurité - dans un aéroport, par exemple -, une procédure doit permettre de vérifier s'il figure dans le Stic. S'il y est inscrit, il ne pourra pas être embauché... Et comme de nombreuses personnes sont encore dans le Stic de manière injustifiée, elles sont écartées d'office.
“Aujourd'hui, soit les Français ne sont pas conscients d'être tracés et ils continuent comme si de rien était, soit ils le savent et ils s'en fichent !”
Quels sont les sujets qui vous préoccupent « mille fois plus qu'Edvige », comme vous dites ?
Le plus grand danger, c'est le traçage des personnes. Par le téléphone portable, par la carte bancaire, par les pass de transport. Le traçage, aussi, par la vidéosurveillance, la géolocalisation des personnes et des biens, les systèmes biométriques... Voilà, de loin, l'actualité la plus préoccupante aujourd'hui pour la Cnil. Nous sommes en train de glisser, dans le silence, et probablement dans l'inconscience, vers un mode de civilisation numérique de plus en plus dangereux. Progressivement, les Français s'habituent à être géolocalisés, filmés par les caméras de surveillance, soumis à des systèmes biométriques [identification via les empreintes digitales ou l'iris de l'oeil, par exemple, NDLR]. Je reprends souvent la métaphore de la grenouille : si vous jetez une grenouille dans un bocal d'eau bouillante, elle va jaillir hors de l'eau, dans un effort désespéré.
En revanche, si vous mettez une grenouille dans un bocal d'eau bien fraîche et que vous montez la température d'un dixième de degré toutes les semaines, elle va finir par mijoter tranquillement. C'est exactement ce qui se passe. Aujourd'hui, soit les Français ne sont pas conscients d'être tracés et ils continuent comme si de rien était, soit ils le savent et ils s'en fichent ! Un exemple, que nous avons rencontré à la Cnil, et qui va se reproduire, à l'avenir, sous des formes variées : un jeune de 19 ans boit un coup de trop dans une soirée étudiante, et il baisse son pantalon pour amuser la galerie. Bien entendu, l'un de ses amis prend une photo sur son téléphone portable et la met ensuite en ligne sur Internet. Six mois après, le jeune répond à une offre d'emploi et a rendez-vous dans une entreprise. Le recruteur lui met sous les yeux la photo de ses fesses et lui demande s'il est coutumier du fait... On devrait quand même pouvoir faire des bêtises à 19 ans et ne pas être, plus tard, confronté à tous ses actes !
Sur les réseaux sociaux type Facebook, on peut bloquer soi-même les accès à certaines photos ou informations personnelles. Mais on n'y pense pas toujours. Que faire ?
Pour l'instant, presque rien ! Mais il va nous falloir convaincre les promoteurs de ces systèmes d'assurer à chacun le droit à l'oubli, c'est-à-dire de permettre aux utilisateurs de retirer des informations personnelles qui les concernent et qu'ils ne veulent plus voir en ligne. Mais actuellement, ce n'est pas possible.
Ce « droit à l'oubli » sera d'autant plus difficile à conquérir qu'une photo ou un texte qu'on veut voir retirés a peut-être essaimé sur la Toile. Difficile de retrouver tous les liens correspondants... Charles Baudelaire revendiquait deux droits fondamentaux : le droit de s'en aller et le droit de se contredire. Le droit de s'en aller, aujourd'hui, est malmené par la vidéosurveillance, la géolocalisation... et tous les traçages dans l'espace. Le droit de se contredire est bafoué par les informations et les images qui restent sur la Toile et qu'on ne peut pas faire disparaître : je dois quand même avoir le droit de dire blanc à 20 ans et de penser noir à 30 ! Il faudrait que les réseaux laissent la maîtrise de l'information aux utilisateurs. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Mais on voit bien que la technologie, en l'affaire, avance cent fois plus vite que notre capacité à la contrôler. Le nouveau navigateur Internet, Google Chrome, rival d'Internet Explorer et de Firefox, par exemple, est très contesté. Quel usage - publicitaire, et autre - fera-t-il de toutes les informations qu'il stocke sur ses utilisateurs ? Et quelles précautions pouvons-nous prendre pour ne pas être fichés à notre insu ?
Face à cette déferlante, je ne vois que deux solutions. Premièrement, faire de la pédagogie : il faut que les citoyens prennent conscience des avantages et des inconvénients de telle ou telle nouvelle technologie. Qu'ils gardent leur libre arbitre et qu'ils réfléchissent bien à ce qu'ils veulent livrer, ou pas, comme informations personnelles. On ne va quand même pas mettre une Cnil entre chaque citoyen et chaque technologie ! Il n'y a pas, en soi, de bonne ou mauvaise technologie. Chacune peut véhiculer le bien ou le mal. Prenez la technique qui permet de géolocaliser les personnes par les puces RFID (Radio Frequency Identification) ; ces radio-étiquettes incorporées dans le corps humain peuvent être utilisées pour repérer des personnes âgées gravement atteintes de la maladie d'Alzheimer, pour les retrouver si elles sont en difficulté. Avouez que ça mérite qu'on y réfléchisse. Mais j'apprends dans le même temps que dans certaines boîtes branchées, en Italie ou en Espagne, des jeunes acceptent de se faire injecter dans la chair, au moyen d'une seringue, ces mêmes puces RFID pour bénéficier d'un accès privilégié ! Ils sont ainsi repérés automatiquement et peuvent entrer dans la boîte avant les autres... Quand je raconte cela à mes étudiants de la fac de Lille, ils rigolent. Ils trouvent ce système génial !
La pédagogie, certes indispensable, ne suffit pas...
Bien sûr. Il faut juguler, encadrer autant que faire se peut. C'est notre travail, au sein du regroupement des vingt-sept Cnil européennes [Alex Türk en est actuellement le président, NDLR]. Notre combat est de convaincre les sociétés qui développent les réseaux sociaux de respecter un certain nombre de règles. Nous avançons à peu près du même pas en Europe, car la protection des données personnelles est considérée par nos voisins comme un élément fondamental de leurs libertés, un attribut de la personnalité. Mais un hiatus considérable existe entre l'Europe et les Etats-Unis, où les données personnelles sont regardées comme un bien marchand. L'Amérique a une conception beaucoup plus laxiste qui représente un danger mortel pour l'avenir.
Quel est l'enjeu principal de cette bataille ?
A notre naissance, nous sommes, chacun, dotés d'un capital comprenant notre intimité, notre identité, c'est-à-dire les données propres à notre personne. Ce capital, qui appartient à notre sphère de libertés individuelles fondamentales, est fragile. Si on le mutile, il ne se reconstituera pas facilement. Si on accepte de le laisser grignoter par les moteurs de recherche, par les réseaux sociaux, par le traçage dans le temps et l'espace, par les fichiers de police, etc., c'est un homme différent, infiniment moins libre, qui surgira du paysage. Dans la nouvelle société numérique qui se prépare, ce combat pour nos libertés me paraît aussi essentiel que la lutte pour la protection de l'environnement. Ce sont deux batailles parallèles.
A l'horizon 2015, il sera même impossible de voir à l'oeil nu la technologie présente dans un objet : des nanoparticules, indécelables au microscope, pourront être éveillées à distance et pourront permettre de communiquer. Si un tel système se développe, un groupe d'individus, une entreprise ou un Etat, en répandant des particules sur un territoire quelconque, aura la capacité de voir ce qui se passe dans un autre pays, dans l'habitation de quelqu'un, etc. A distance, sans qu'il y ait la moindre possibilité de se défendre, de se justifier. C'est totalement inacceptable, bien sûr. Si nous ne sommes pas capables, aujourd'hui, de traiter les problèmes qui se posent déjà, imaginez un peu ce que cela va donner, après-demain, avec le développement des nanotechnologies !.
Propos recueillis par Thierry Leclère
Télérama n° 3062
(1) www.cnil.fr
Voir aussi : www.telerama.fr/tag/edvige/

samedi 20 septembre 2008
"Grève des amendes" chez les policiers Suisses du vaudois
le 19 septembre 2008 - Le Matin Online - Suisse
Les gendarmes vaudois sont en colère. Ils dénoncent l'attitude du Conseil d'Etat qui refuse d'honorer correctement leurs 17 000 heures supplémentaires de l'EURO. En réaction, ils ne vont plus infliger de procès verbaux (PV) ou d'amendes d'ordre.
Ras le képi ! "Il y a un trop plein", a déclaré Billy Warpelin, président de l’Association professionnelle des gendarmes vaudois (APG), résumant une rencontre qui s’est tenue mercredi dernier entre l’APG et le Syndicat de la sûreté vaudoise (SSV) d’une part et une délégation du Conseil d’Etat d’autre part. La négociation a viré à l’affrontement, puis à l’humiliation.
Les associations de police vaudoises reprochent au Conseil d’Etat de refuser de majorer les heures supplémentaires, dont le total avoisine désormais les 60.000 heures, selon Billy Warpelin. La délégation a également refusé la prime de 1.500 francs demandée pour chaque policier qui a vu ses congés et ses vacances supprimés durant les six semaines de l’Eurofoot.
L’introduction de la nouvelle grille salariale lausannoise irrite également les gendarmes, qui réclamaient des informations et la possibilité de négocier leur revenu. Enfin, les policiers demandent le maintien des inconvénients de service. "On rencontre désormais des problèmes de recrutement et les cas de burn-out se multiplient", a souligné Billy Warpelin.
Confiance rompue
Les gendarmes vaudois ont donc décidé de ne plus infliger d’amendes d’ordres et de procès-verbaux de circulation et de ne plus encaisser les émoluments, en attendant une réponse du Conseil d’Etat. "Plus il attendra, moins il y aura d’argent dans ses caisses", a souligné le président de l’APG. La sécurité des citoyens en revanche, n’est pas remise en cause.
Un exemple à méditer...
Dans les facs américaines, une formation antifusillade !
Courrier international – 11/09/08
Comme si les cours d’éducation sexuelle et les sermons sur la drogue et la violence à l’école ne suffisaient pas, les jeunes étudiants américains suivent désormais une formation pour apprendre à survivre en cas de fusillade. Des centaines d’universités se sont dotées d’un programme audiovisuel expliquant aux professeurs et aux étudiants comment réagir au cas où un homme armé entrerait dans leur classe et ouvrirait le feu. La vidéo, intitulée Shots Fired on Campus, explique en une vingtaine de minutes comment les victimes peuvent tirer parti de leur supériorité numérique et riposter avec des armes improvisées telles qu’ordinateurs portables ou sacoches. Elle est aujourd’hui présentée dans 500 universités américaines et canadiennes.
Malgré un côté vidéo de formation d’entreprise aux accents légèrement macabres, la reconstitution dramatique d’une fusillade commise par un adolescent suicidaire qui tire sur une classe bondée fait bien passer la gravité du message. Le film a été réalisé au lendemain des fusillades des universités Virginia Tech, en 2007, et Northern Illinois, en 2008, dans lesquelles plusieurs dizaines d’enseignants et d’étudiants ont trouvé la mort.
“On peut comparer ça aux exercices anti-incendie”, commente Tim Walters, chef de la sécurité à l’Eastern Washington University. “Les incendies sont très rares, mais ça n’empêche pas de faire régulièrement des exercices d’évacuation.”
Randy Spivey, inventeur du programme, vend ses vidéos 1 450 dollars pièce. Ancien négociateur de prise d’otages, aujourd’hui à la tête d’une entreprise de sécurité privée, Spivey nie exploiter la paranoïa ambiante. Loren Coleman, qui compte parmi les principaux experts du pays en matière de suicides de jeunes et de fusillades en milieu scolaire, dénonce quant à elle une “exploitation commerciale de la peur”. Pour 1 500 dollars, estime-t-elle, “les universités feraient bien mieux de payer un conseiller pour venir en aide aux étudiants les plus vulnérables et prévenir ce genre de situation”.
Interdire les armes en vente libre, ce serait tellement plus simple…
mercredi 17 septembre 2008
Meurtre en prison
Edito du Monde LE MONDE | 13.09.08
Ne craignons pas de le répéter : les prisons françaises sont un scandale de la République. Un scandale dont les pouvoirs publics semblent s'accommoder, en dépit de multiples commissions d'enquête et des mises en garde incessantes sur les dangers de la surpopulation carcérale. Le meurtre d'un jeune homme, égorgé par son codétenu à la maison d'arrêt de Rouen, dans la nuit du 10 au 11 septembre, en témoigne une nouvelle fois.
Qu'on en juge. Un garçon de 26 ans, qui encourait une peine légère (récidive de conduite en état d'ébriété et port d'armes blanches), a été mis en cellule avec un homme impliqué dans une affaire d'homicide, atteint de troubles du comportement et qui avait été placé à l'isolement en raison d'un comportement agressif envers ses codétenus. Malgré ses antécédents et sa dangerosité, la principale prise en charge de ce détenu a consisté à le placer dans le huis clos d'une cellule avec un autre jeune homme, qui est devenu sa victime. Le fait que le malheureux ait été d'accord ne change rien à l'affaire.
Il faut le redire. La peine subie par un condamné est l'enfermement, la privation de liberté. Dans une démocratie moderne, les autres droits d'un détenu, et d'abord celui à son intégrité physique, doivent être garantis par l'Etat. Les prisons ne doivent être ni un pourrissoir ni un endroit où un délinquant mineur peut être mis au contact de criminels. Et encore moins risquer sa vie dans un lieu qui, plus que d'autres, est placé sous la responsabilité de l'Etat.
Il faudrait le rappeler à la ministre de la justice, qui semble l'ignorer. Le 29 août, lors d'une visite à la prison de Metz-Queuleu, Rachida Dati a répondu avec une étonnante désinvolture à un détenu qui se plaignait du manque d'intimité en cellule : "Tenez-vous à carreau et vous serez chez vous, libre, avec une chambre et des toilettes séparées. La prison ce n'est pas l'hôtel."
Mme Dati n'ignore sans doute pas que le meurtre de Rouen porte à trois le nombre de détenus décédés de mort violente depuis le début de l'année dans les prisons françaises. Pour reprendre l'expression qu'elle a jugé bon d'utiliser : à la prison de Rouen, dans la nuit du 10 au 11 septembre, assurément, ce n'était pas l'hôtel.
jeudi 11 septembre 2008
24h dans la vie d'un citoyen «sous surveillance»
La rédaction de 20minutes.fr – 11/09/08

Clemens Bilan AFP/Archives ¦ Un caméra de vidéo-surveillance le 5 juillet 2007 à Paris
Filmé aussi
Fin 2007, 20.000 caméras de vidéosurveillance scrutaient les lieux publics en France. D'ici à 2009, le ministère de l'Intérieur a prévu de porter ce nombre à 60.000. A Paris, la police aura également accès aux images de la RATP et à 150 caméras du secteur privé, implantées dans des lieux jugés «stratégiques».
Le fichier Edvige a suscité une telle levée de bouclier que le gouvernement a dû ouvrir une concertation à ce sujet mardi. Si les données censées figurer dans ce fichier de police sont particulièrement sensibles, la collecte d'informations concernant la vie privée d'un particulier, dans des fichiers publics et privés, est en fait déjà réalité. 20minutes.fr a dressé la journée type d'un citoyen «sous surveillance».
>> 20minutes.fr a également suivi la journée d'un militant de «Souriez, vous êtes filmé», qui tente chaque jour d'échapper au traçage de ses données personnelles. Pour retrouver son témoignage, cliquez ici.
8h: Alexandre* prend son RER pour se rendre au travail, «20 Minutes» sous le bras (première information: Alexandre est un jeune actif urbain âgé entre 18 et 35 ans...). Au moment de passer le tourniquet, un petit bip lui indique que son pass Navigo est bien valide… et enregistre son passage, permettant ainsi de déterminer par quelle(s) station(s) il a voyagé. Toutefois, «seules les trois dernières validations sont mémorisées, entre 24h et 48h. Au-delà de ce délai, les données sont détruites et ne peuvent être retrouvées, même en cas de requête judiciaire», indique-t-on à la RATP.
9h: Arrivée au bureau. Alexandre est ponctuel et son patron le sait puisqu'il pointe chaque jour avec son badge. Avant de se mettre au travail, il se connecte sur son Facebook. Les renseignements sur nos profils ne sont pas utiles qu’à nos amis. Ils servent aussi pour le réseau social à vendre des publicités très ciblées aux annonceurs. Ainsi, une personne mariée a peu de chance de voir s’afficher sur sa page une bannière pour un site de rencontres. Chez Google, le mastodonte du Net, même topo. Les données collectées sur les internautes servent la pub. A force de messages promotionnels distillés dans leur messagerie Gmail, les internautes se demandent si quelqu’un ne lit pas le contenu de leurs emails. En fait, c’est plus compliqué. «Il n’est pas question que Google sache quelle est l’identité réelle et civile d’un internaute, mais pour cibler des pubs, il faut s’appuyer sur quelques données virtuelles», répond Peter Fleischer, le monsieur vie privée de Google. Aux algorithmes de Google, donc, de scanner ces données pour faire en sorte que les pubs soient dans la langue de l’internaute et en rapport géographique avec le lieu d’où il se connecte.
12h: C'est l'heure de la pause déjeuner. Alexandre règle avec sa carte bancaire. S'il est curieux, son conseiller bancaire s'apercevra qu'Alexandre a des goûts culinaires... onéreux. Il a en effet accès au montant des transactions, au lieu, à l'heure, et à la date à laquelle elles ont été réalisées. Il peut également savoir si ce client a été interdit bancaire, quelle est sa «note» de risque en termes de crédit et garde une trace de ses conversations avec lui. La banque n'a pas le droit, par contre, de communiquer à un tiers ces informations, sous le sceau du secret bancaire. Seul un juge peut obtenir la levée de ce secret bancaire dans le cadre d'une enquête. Les données personnelles d'un client (nom, prénom, date et lieu de naissance, date d'ouverture du compte) sont transmises par les établissements bancaires au ministère de l’Economie et des Finances, qui conserve ces informations pendant toute la durée de vie du compte et trois ans après sa clôture.
16h: Alexandre passe un coup de fil avec son téléphone portable. Son appel peut être localisé grâce à la triangulation: lors d’un appel, le téléphone émet un signal relayé par des antennes. En recoupant les données de ces antennes, il est possible de définir une zone d’appel et de préciser de quelle antenne vous étiez le plus proche lors de votre coup de fil. La logique est la même pour le navigateur GPS. Les opérateurs peuvent aussi identifier le destinataire de l’appel. La collecte de ces données personnelles est strictement encadrée par deux textes: la loi «informatique et libertés» et le code des postes et télécommunications qui précise que la conservation de ces données est valable «un an à compter du jour de l'enregistrement.» Les opérateurs ne sont pas autorisés à communiquer ces données pour une exploitation commerciale. Ils sont en revanche tenus de les transmettre à la justice et à la police si elles concernent une enquête en cours.
18h: Alexandre a fini sa journée et se rend chez le médecin. Sa carte Vitale gardera en mémoire ce rendez-vous et les prescriptions éventuelles de son médecin. Alexandre n'a pas encore la nouvelle version de la carte vitale, qui contiendra davantage d'informations sur l'assuré: photo, nom du médecin traitant, maladie professionnelle éventuelle, personne à prévenir en cas d'accident... «La Carte vitale permet d'être remboursé en cinq jours et assure une qualité de soins car le médecin peut consulter les derniers médicaments prescrits et ainsi éviter une interaction médicamenteuse», fait valoir la Caisse nationale d'assurance-maladie. Même Jean-Pierre Petit, qui milite contre les diverses cartes à puce, reconnaît son utilité: «L'année dernière, j'ai perdu ma carte vitale. J'ai tenté de m'en passer, mais j'ai eu trop de problèmes. J'ai été obligé de la reprendre.»
19h: Avant de reprendre son RER, Alexandre passe faire quelques courses dans un supermarché et utilise sa carte de fidélité à la caisse. En plus de son nom et son adresse, cette carte garde en mémoire tous ses achats effectués dans ce magasin. «Les données collectées sont la propriété exclusive de Monoprix», assure à 20minutes.fr Caroline Puons-Paitre, responsable du pôle fidélisation de cette enseigne. Elles ne sont jamais communiquées et servent à définir des profils clients, «pour adresser, non pas des publicités, mais des offres privilèges, comme des réductions» sur des produits ciblés. Conservées trois ans, ces données sont également utilisées «dans le cadre d'un rappel produit. Nous adressons alors immédiatement une communication aux clients concernés.»
*Prénom fictif.
Sur le même sujet : Témoignage : Echapper au fichage, «un choix de vie»
Quand Sarko laissait les nationalistes corses piétiner l’état de droit
Le Canard Enchaîné du mercredi 10 septembre 2008 – Christophe Nobili
Avis à la population : « L’autorité de l’Etat est rétablie » en Corse ! « J’admets bien volontiers que c’est un grand changement pour tous ceux qui ont laissé faire depuis des années » a fanfaronné Sarkozy, le 4 septembre, depuis Damas.
Il en a fait des tonnes : « Les indépendantistes n’ont pas tous les droits et je ne laisserai pas une petite équipe bafouer la République. La Loi s’applique en Corse, comme sur chaque centimètre carré de la République française. Tant que je serai président, comme lorsque j’étais ministre de l’Intérieur, la loi républicaine l’appliquera en Corse .»
Sarko a la mémoire courte.
Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, justement, la « petite équipe » dont il parle s’était déjà illustrée, et avait encore plus gravement « bafoué la République » sans qu’il lève le petit doigt. Le 13 mars 2007, les militants du mouvement indépendantiste U Rinnovu, ceux-là même qui ont envahit la propriété de Clavier, s’étaient en effet invités dans le jardin de leur leader, Paul-Félix Benedetti, pour empêcher son arrestation par des flics parisiens venus le cueillir dans sa villa de Lavasina, dans le cap, Corse.
Mandatés par le juge antiterroriste Gilbert Thiel, les agents comptaient emmener le chef nationaliste au commissariat de Bastia pour l’interroger sur ses liens supposés avec les cagoulés du FLNC dit « du 22 octobre ». Une cinquantaine de ses camarades avaient improvisé le blocus de sa résidence, ce qui avait donné lieu à une scène mémorable. Benedetti avait été placé en garde à vue… dans sa propre maison, avant d’en ressortir libre, et en héros, quelques heures plus tard, tandis que les flics se retiraient piteusement sous les quolibets d’une petite foule.
A aucun moment, ordre n’avait été donné de faire intervenir la force publique pour mettre un terme à cette pantalonnade. Un bras d’honneur à la justice, la police ridiculisée, personne, dans la police à commencer par Dominique Rossi (décoré dix mois plus tard de la Légion d’honneur…), n’avait été limogé. Et, en guise d’explications, le ministre de l’Intérieur Sarkozy avait même communiqué à la presse : « Il fallait avoir une attitude responsable, et le dossier ne méritait pas une épreuve de force. »
Petit rappel : à l’époque, Sarko était à dix jours de son départ de la place Beauvau, et à cinq semaines de l’élection présidentielle. Et surtout, aucun copain n’ait en cause. Pas comme dans la considérable affaire Clavier, qui, si l’on comprend bien, aurait au moins mérité l’envoi du GIGN…
mercredi 10 septembre 2008
Nicolas Sarkozy lâche du lest devant la contestation grandissante contre Edvige.
Le Soir – Belgique - mardi 09 septembre 2008
Devant l’opposition grandissante contre le fichier dont la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie aimerait doter la police française, le président français a demandé « l’ouverture d’une concertation » afin de « protéger les libertés ».
Le chef de l’Etat français a organisé en fin de journée une réunion sur le fichier Edvige au cours de laquelle, tout en rappelant la priorité donnée à la lutte contre la délinquance, « il a demandé au ministre de l’Intérieur d’ouvrir rapidement une concertation qui doit être suivie de décisions pour protéger les libertés », selon l’Elysée. Outre Mme Alliot-Marie, participaient également à la réunion, François Fillon, Premier ministre, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, et Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur.

Selon une source proche du dossier, le chef de l’Etat a émis des doutes sur les références à la sexualité et la santé prévues par le fichier et sur l’opportunité de ficher des personnalités. De retour mardi matin d’une tournée de médiation en Russie et en Géorgie, Nicolas Sarkozy est donc très vite monté au créneau pour tenter d’apaiser la polémique sur Edvige, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur ces derniers jours, semant le trouble jusqu’au sein du gouvernement.
La pétition lancée le 10 juillet pour exiger l’abandon de ce fichier a recueilli plus de 130.000 signatures individuelles et celles de près de 800 associations, syndicats ou mouvements politiques. Le collectif « non à Edvige » à l’origine de cette campagne a invité mardi les citoyens à se rassembler devant les préfectures pour une action symbolique visant à y déposer « leur propre fiche afin de faciliter le travail de la police ». Il a annoncé le dépôt de 13 recours en annulation devant le Conseil d’Etat contre Edvige et d’un autre recours concernant Cristina, un autre fichier, qui n’a pas été rendu public.
Le décret créant Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) a été publié le 1er juillet au Journal officiel. Il autorise les services de renseignement à collecter des informations sur tous les militants politiques, associatifs ou syndicaux, et sur toute personne ou groupe simplement « susceptible de porter atteinte à l’ordre public », et ce dès l’âge de 13 ans.
Concernant l’atteinte à l’ordre public, le fichier déjà existant aux ex-RG précisait que le fichage des individus ou groupes concernait ceux susceptibles de porter atteinte à la « sûreté de l’Etat » par « l’usage » ou le « soutien actif » à la violence, références qui ont totalement disparu dans la nouvelle version. Le fichage peut comporter des informations sur l’état de santé ou l’orientation sexuelle de la personne concernée.
« Ce fichier, contrairement à ce que dit le gouvernement, n’est pas le prolongement d’un fichier existant mais le passage à une véritable société de surveillance », a constaté le président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) Jean-Pierre Dubois, mardi lors d’une conférence de presse du collectif « Non à Edvige » à Paris. « Police politique, fichage politique global, ça existe en Tunisie, en Chine, mais pas chez nous. Le mélange du fichier Edvige, entre militants politiques, syndicaux, associatifs, et présumés délinquants n’est pas le fait du hasard, c’est une politique », a-t-il ajouté.
Depuis le week-end dernier, la polémique a largement dépassé le cadre associatif et syndical. Le ministre de la Défense Hervé Morin a fait part de ses interrogations, tandis que le Parti radical, composante de l’UMP, réclamait la création d’une mission d’information parlementaire paritaire entre la majorité et l’opposition sur les fichiers mis en place par les pouvoirs publics. Par ailleurs, Yannick Paternotte, porte-parole des députés « réformateurs » (libéraux de l’UMP), a demandé lundi au gouvernement « de clarifier les objectifs et les critères d’inscription de certaines données dans le fichier ». Quant à la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade, elle a estimé mardi que le Conseil d’Etat devrait apporter des « précisions » et des « clarifications », « notamment sur la question des orientations » sexuelles.
Face à la controverse, Michèle Alliot-Marie a laissé entendre mardi que le gouvernement pourrait faire des concessions, notamment pour limiter la durée de conservation des informations collectées au sujet des mineurs, sujet sur lequel la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait dès le début émis des réserves.

mardi 9 septembre 2008
Edvige : Alliot-Marie prête à des concessions sur le fichage des mineurs
LEMONDE. avec AFP | 09.09.08 | 13h13
La mobilisation contre le fichier Edvige a pris de l'ampleur depuis la rentrée politique. Mardi, la pétition en ligne du collectif Non à Edvige, a atteint les cent trente mille signataires. Les opposants à ce fichier appellent à manifester le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige.
Devant la fronde des anti-Edvige, le gouvernement est-il en train de reculer ? Pour la première fois, mardi 9 septembre, Michèle Alliot-Marie, s'est dite prête à proposer aux associations opposées au fichier Edvige le "droit à l'oubli" pour les mineurs. "Je pense, effectivement, qu'on peut limiter le temps pendant lequel les indications [sur ces mineurs] sont maintenues dans le fichier", a-t-elle expliqué.
Le fichier Edvige prévoit que des mineurs, dès 13 ans, puissent y figurer si, par exemple, "ils se trouvent dans un certain nombre de groupes extrêmement violents ou participant à des trafics de drogue", a-t-elle expliqué. "Mais si, par la suite, ils ont des conduites exemplaires, il n'y a aucune raison pour que cela les suive toute leur vie", a estimé la ministre.
"J'entends des inquiétudes, je veux lever ces inquiétudes et toutes les ambiguïtés", a assuré la ministre de l'intérieur, qui a contacté "un certain nombre de personnalités, responsables d'associations pour", a-t-elle dit, "que nous nous rencontrions".
Notamment la CNIL (Commission de l'informatique et des libertés) "qui s'inquiète sur le fait que des mineurs [restent] dans le fichier Edvige après leur majorité si rien ne s'est passé", a relevé Mme Alliot-Marie. Si la ministre semble prête à discuter, elle affirme ne pas envisager de supprimer Edvige, en notant que "très peu de personnes" le demandaient.
RAMA YADE VEUT DES "PRÉCISIONS"
Après les déclarations du ministre de la défense, Hervé Morin, et son rappel à l'ordre par le premier ministre, François Fillon, c'est la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, qui a estimé, mardi, que le Conseil d'Etat devrait apporter des "précisions" et des "clarifications" sur le fichier Edvige, notamment sur la question des orientations sexuelles. "Le décret qui a créé ce fichier provoque des inquiétudes, je crois qu'il est important de les apaiser", a-t-elle ajouté.
Le Conseil d'Etat devrait rendre fin décembre sa décision sur la légalité du fichier policier Edvige, contre lequel de nombreuses associations et personnalités politiques ont déposé des recours. La question des données sur les orientations sexuelles des personnes fichées "m'interpelle plus que toute autre", a dit Mme Yade.
Des propos mesurés à côté des déclarations de certains membres de la majorité qui, à l'image de Christian Demuynck, sénateur-maire UMP de Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis), regrettent "le manque d'information et de transparence" de la ministre de l'intérieur. "On ne comprend rien à ce fichier ! Comme de nombreux Français, j'ai pris connaissance des informations qui seront recensées par Edvige, et franchement je reste sceptique", a déclaré, mardi, le sénateur dans un communiqué.
Des interrogations entendues par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, qui estime qu'il faut "mieux expliquer" la réalité du fichier Edvige, dans un entretien publié par France soir.
"FACILITEZ LE TRAVAIL DE LA POLICE" - La mobilisation contre le fichier Edvige a pris de l'ampleur depuis la rentrée politique, François Bayrou se joignant à l'opposition pour dénoncer l'existence de celui-ci. Mardi, la pétition en ligne du collectif Non à Edvige, a atteint les cent trente mille signataires. Les opposants à ce fichier appellent à manifester le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige.
Mardi, douze syndicats et associations, à l'origine de recours en annulation auprès du Conseil d'Etat, ont exprimé "la volonté citoyenne de ne pas se laisser faire". Parmi les actions annoncées dans toute la France, les citoyens sont invités à adresser au ministère de l'intérieur "une parodie de fiche". Ce document, baptisé "facilitez le travail de la police", invite notamment à répondre à la question "avez-vous été au cours de votre existence en contact avec un être humain ?" et à lécher le coin gauche de la fiche pour y déposer son ADN.
Une initiative qui ne devrait pas faire sourire le vice-président de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin, et le député UMP de Paris, Pierre Lellouche, qui ont appelé mardi à ne pas "instrumentaliser" ce dossier à des fins politiques. "Nous sommes dans un Etat de droit, on ne peut pas contester tout au nom de tout, il y a des règles qui doivent être respectées", a déclaré M. Raffarin sur LCI.
Après la papamobile : le papadrone
Marianne.fr – 09/09/08 – Régis Soubrouillard
Le ministère de la Défense n'a pas lésiné sur les moyens pour assurer la sécurité du Pape pendant sa visite en France la semaine prochaine: un drone, des hélicoptères, des chasseurs, un avion-radar… De quoi faire rêver les soldats français d'Afghanistan.
Le drone Eagle d'EADS assurera la sécurité de Sa Sainteté (crédit: wikipédia par Duch.seb)
Benoit XVI, qui entame sa tournée en France le 12 septembre prochain, ne sera peut-être pas le Pape le plus populaire, mais il sera le plus protégé. Pendant les trois jours que sa Sainteté passera en France, il bénéficiera d'un dispositif de sûreté aérienne inédit : à côté des traditionnels hélicoptères, on trouvera des chasseurs et un avion-radar. Mieux : l'armée de l'air étrennera pour l'occasion un drone Eagle. Ce sera l'une des premières sorties de cet engin déclaré bon pour le service en juin dernier.
Cette débauche de technologie laisse songeur, surtout au moment où les experts comme les militaires pointent la faiblesse des moyens du renseignement aérien français en Afghanistan. La question avait particulièrement fait débat lors de l'audition du ministre de la Défense par les commissions ad hoc de l'Assemblée nationale après la mort des dix soldats français.
Sur place, l'armée ne dispose, en effet, que de deux hélicoptères. Surtout, elle n'a pu déployer aucun drone, la France en étant largement sous-équipée. Déjà en octobre 2007, lors d'une audition devant la commission Défense de l'Assemblée, le député Yves Fromion soulignait « qu'en matière de drones, la situation est calamiteuse. Les ruptures capacitaires sont très importantes ». Preuve en est aujourd'hui. S'il n'est pas sûr que l'engin suffise à déjouer les multiples embuscades afghanes, sur un théâtre d'opérations, les drones sont bien souvent les « yeux » indispensables des forces engagées.
L'Afghanistan plutôt que le Vatican
Journaliste à Libération, spécialiste des questions de défense, Jean Dominique Merchet l'expliquait sur son blog après l'attaque qui a causé la mort des dix soldats français « La colonne française a été attaquée dans un col. Elle n'avait, au sens propre, pas la capacité de voir au delà de la colline. Des moyens aériens, drones ou hélicoptères, auraient pu précéder la colonne et reconnaitre les lieux ». Interrogé dans France Soir, Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône, président de la commission de Défense de l'Assemblée nationale, allait plus loin : « Si un drone avait survolé les lieux avant le passage des soldats, sans doute aurait-il détecté la présence des Talibans venus en masse et avec d'importants moyens ».
Que vaut la sécurité d'une poignée de troufions français face à l'hypothèse d'une tentative d'agression sur sa Sainteté Benoît XVI ? Vous avez désormais la réponse.
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A l'occasion de la visite du pape les 12 et 13 septembre prochains à Paris, le service Transilien SNCF annonce que la gare de St-Michel Notre-Dame (RER C) et les stations de St-Michel (RER B et ligne 4), ainsi que Cluny la Sorbonne (ligne 10) et Cité (ligne 4) seront fermées au public à partir de 14h le vendredi 12. Elles ne rouvriront que le lendemain matin.
La fermeture exceptionnelle de ces stations a été décidée par rmesure de sécurité. Pour compenser, des trains supplémentaires seront mis en service sur les lignes concernées.
La visite du pape à Paris modifie également le passage des bus à proximité des lieux accueillant le Saint Père. De nombreux bus verront leur itinéraire modifié, indiquent dans un communiqué commun la RATP et la SNCF.
