jeudi 27 septembre 2007
Un pas franchi vers la mise au point d'ordinateurs quantiques
REUTERS : jeudi 27 septembre 2007 - Julie Steenhuysen
CHICAGO (Reuters) - Des physiciens sont parvenus à faire en sorte que des atomes artificiels communiquent entre eux, progrès qui pourrait déboucher à terme sur la fabrication d'ordinateurs quantiques, d'une rapidité exceptionnelle en regard des ordinateurs actuels, ont annoncé mercredi des chercheurs.
Grâce à des techniques de calcul très différentes de celles que l'on connaît, les ordinateurs quantiques seront d'une puissance remarquable, en mesure de résoudre en quelques secondes des problèmes qui demandent aujourd'hui des années aux ordinateurs les plus rapides.
Jusqu'à présent, les physiciens se sont surtout employés à mettre au point des "qubits" - plus petites unités de stockage d'information quantique. Une série d'articles publiés par la prestigieuse revue Nature laissent penser que les chercheurs ont trouvé le moyen de faire communiquer des qubits à distance, alors que par le passé, un qubit ne pouvait communiquer qu'avec ses voisins.
Des chercheurs de l'université de Yale ont trouvé le moyen pour que des informations stockées dans un qubit "sautent" vers un autre qubit de la même puce, cela grâce à un photon microonde. "Il s'agit du pas le plus élémentaire vers la construction et la mise en service d'un ordinateur quantique", a déclaré dans une interview Steve Girvin, professeur de physique à Yale.
"C'est un petit pas. Cela ne porte que sur deux qubits", dit Girvin. "Mais c'est un pas digne d'intérêt vers l'objectif, très difficile à atteindre, de la construction d'un ordinateur quantique".
Des chercheurs de l'Institut national des normes et de technologie, qui dépend du département américain du Commerce, ont décrit un exploit du même genre dans un autre article de Nature. A plusieurs reprises, ils ont réussi à faire passer des informations d'un qubit à l'autre, sur un câble minuscule.
Pourquoi faire ! On n’a rien demandé !
jeudi 20 septembre 2007
Le rayon de la mort réinventé par des chercheurs américains
Yaroslav Pigenet 20 Minutes 19/09/07
Les physiciens David Cassidy et Allen Mills, de l’Université Riverside en Californie, seront peut-être un jour aussi célèbres que les scientifiques qui ont permis la construction des premières bombes atomiques. Ces deux chercheurs viennent en tout cas de synthétiser une molécule exotique qui permet de générer des lasers à rayon gamma infiniment plus puissant que les lasers actuels.
Un atome d’antimatière
Cassidy et Mills sont en fait parvenu à créer en laboratoire un atome qui combine matière et antimatière. Baptisé positronium (Ps), cet atome est constitué d’un électron et d’un positron (l’équivalent « antimatériel » de l’électron). Toutefois, une fois créé, cet atome se désintègre en moins de 142 milliardième de secondes, et se transforme en photons de très haute énergie - appelés aussi rayons gamma.
Un million de lasers
Cassidy et Mills pensent qu’à terme, il sera possible de combiner des millions d’atomes Ps entre eux. En se désintégrant simultanément, ces condensats d’atome pourront ainsi générer un laser à rayon gamma concentrant une énergie un million de fois plus importante que les lasers actuels.
Reste maintenant à savoir à quoi pourrait servir un tel rayon s’il tombait au mauvais endroit ou entre de mauvaises mains.
Les avancées scientifiques ne sont maîtrisables mais … on n’arrête pas le progrès
jeudi 13 septembre 2007
Y a-t-il une vie après la démocratie ?
Du magazine nouvelle clés – Septembre 2007
La démocratie, c’est formidable... sauf si vous n’êtes pas d’accord avec la majorité, qui peut vous écraser. Au nom de quoi et de quelle façon une minorité peut-elle faire valoir « démocratiquement » ses droits ? Autrement dit, comment améliorer et dépasser la démocratie parlementaire classique, dont nous avons hérité du XVIII° siècle ? On parle beaucoup de « démocratie participative » aujourd’hui, mais au fond, de quoi s’agit-il ?
Vous connaissez la fameuse phrase de Winston Churchill : « La démocratie parlementaire est le pire des régimes... à l’exception de tous les autres. » Il ne viendrait à l’idée d’aucun humaniste, aujourd’hui, de renier les vertus de la démocratie représentative classique. Mais de nouvelles données sont apparues, qui changent le paysage politique et social, nous obligeant tous à réfléchir à la suite de l’aventure. Par exemple : le niveau de culture général s’élève irrésistiblement ; l’information, même si elle est toujours manipulable et manipulée, est de mieux en mieux partagée, notamment grâce à internet ; les changements de mœurs et les brassages de population font émerger des minorités nouvelles, qui revendiquent de décider de leur sort ; et puis de nouveaux périls surgissent, mettant en danger la survie biosphérique elle-même et nécessitant que se dégagent de nouvelles manières d’accéder au consensus citoyen. Tout cela donne un énorme bouillon de culture politique, dans lequel il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Voici quelques éléments sur la question :
La Démocratie Participative, voilà quelques années que tout le monde en parle. Alain Benard, maire de Saint-Paul de La Réunion, veut la hisser, le plus concrètement possible, au niveau des « foules intelligentes » qui, selon lui, remplacent désormais les « masses manipulables ». Cet homme inclassable, plein d’humour et en permanente recherche, a trouvé trois outils pour rendre le processus vraiment opérationnel : la vision partagée, la gestion par consentement et la communication non violente.
1°) La Vision partagée, fondé sur une tradition asiatique, le « jeu du Tao », où les gens expriment leurs désirs et écoutent ceux des autres. Celui qui a « vidé son sac » et se sent reconnu peut infiniment mieux s’inscrire dans un projet commun, où son talent propre sera utilisé de façon optimale, dans une logique gagnant-gagnant
2°) La Sociocratie, elle, se propose de remédier au plus gros défaut de la démocratie : la majorité y écrase les minorités. C’est injuste et sot, car cela affaiblit l’intelligence de l’ensemble. À partir d’un but et de valeurs clairement définis, cette méthode de gestion et de gouvernement invite à considérer à priori toute objection comme un enrichissement potentiel (c’est la « gestion par consentement ») et à faire remonter l’information de bas en haut de la hiérarchie, par une série de “cercles” élisant chacun un représentant dans le cercle supérieur, parallèlement à l’organigramme officiel (c’est le « double lien »). En Hollande, et plus récemment au Canada (sous la conduite de Gilles Charest), des entreprises audacieuses (de l’électromécanique au salon de coiffure), et des administrations (dans la police notamment), ont commencé à mettre en application la sociocratie, dont la devise pourrait être : « La bonne décision est celle qui tient compte de l’ensemble des limites de ceux qui dépendront d’elle. »
3°) Quant à la Communication Non Violente, applicable aussi bien en couple ou en famille, qu’au travail ou en politique, la CNV consiste schématiquement à apprendre comment traduire tout manque ou malaise, non pas en accusation ou en critique, mais en besoins personnels, exprimés à la première personne ; puis à poser sans passion les termes d’une négociation destinée à satisfaire le mieux possible ces besoins, en tenant compte de ceux de l’autre.
Articulées ensemble, ces trois méthodes constituent une formidable force d’innovation et de prise de conscience, individuelle et collective.
mercredi 12 septembre 2007
Nantes terre d'accueil des chercheurs étrangers
Ouest-France 10 septembre 2007 Francis SALAÜN.
Les chercheurs étrangers vont pouvoir conforter leurs travaux dans une maison qui leur est consacrée. Unique en France, elle a été dessinée par l'architecte Jean-Claude Pondevie. Inaugurée aujourd'hui, elle abrite aussi une maison des échanges et de la francophonie.
Une maison peut en cacher une autre. À Nantes, sous le même toit, on trouve, désormais celle des chercheurs étrangers et celle des échanges internationaux et de la francophonie. Une double création qui symbolise à merveille l'ouverture de la ville à l'international.
Les chercheurs étrangers ? Voilà belle lurette que beaucoup d'entre eux ont choisi les bords de la Loire. Un plus partagé par les responsables de l'enseignement supérieur : « Les savoirs et les savoir-faire, c'est fondamental pour le développement économique de notre territoire. » Chaque année, Nantes accueille 500 chercheurs étrangers dans les disciplines les plus diverses : école des Mines, d'architecture, vétérinaire, Centrale, Ponts et chaussées, Centre hospitalier universitaire, etc. En 2001 a été créée l'association « Chercheurs étrangers à Nantes », à l'initiative de Nantes Métropole et de l'université, pour mettre en place un guichet unique d'accueil des chercheurs étrangers arrivant dans l'agglomération.
Cette maison est désormais ouverte au coeur de la ville. C'est un lieu d'hébergement (24 logements individuels), mais pas seulement. Car il ouvre d'autres possibilités. Sous le même toit se trouve la Maison des échanges internationaux et de la francophonie (Meif). C'est la première fois en France que deux structures de cette nature travaillent ensemble. « C'est un espace d'accueil et d'accompagnement, d'information et d'aide aux procédures administratives, dirigé tant vers les étudiants étrangers que vers les Nantais désireux d'aller étudier hors de nos frontières, explique l'université. L'objectif, c'est améliorer l'accueil des étudiants étrangers, de promouvoir les échanges interculturels et interlinguistiques tout en développant la mobilité des étudiants nantais. »
La Maison propose un guichet unique aux étudiants étrangers : information, aide aux démarches administratives, orientation, intégration, animation culturelle et soutien linguistique. C'est également un lieu de rencontre permanent ouvert à tous, tout au long de l'année.
S'agissant de la francophonie, elle est présente dans la maison sous deux volets : la culture et l'enseignement du français. « La diffusion de la culture francophone, explique-t-on, se fera à travers des rencontres interculturelles ainsi que par l'accès au fond documentaire du centre de documentation et par des cours intensifs de français ».
La maison des chercheurs étrangers et de la francophonie, à Nantes, a coûté 3,8 millions d'euros, payés par Nantes Métropole à hauteur de 33 %, par l'État, le conseil régional et le conseil général de la Loire-Atlantique à hauteur de 18 % chacun environ, par l'Europe à hauteur de 13 % environ.
BACTÉRIES Différents antibiotiques, un même poison !
NOUVELOBS 10.09.2007
Ils ont beau avoir différentes façons de s’attaquer aux bactéries, les antibiotiques utilisent tous le même mécanisme pour en finir avec leur cible : ils produisent de délétères radicaux libres.
Telle est l’étonnante découverte réalisée par James Collins (Boston University, USA) et ses collègues, qui avaient déjà constaté que certains antibiotiques stimulaient la production de radicaux hydroxyles dans les cellules des bactéries. Les hydroxyles sont très réactifs, autant dire qu’il s’agit de radicaux libres de la pire espèce qui provoquent de gros dégâts dans l’ADN, les protéines et les membranes.
Les antibiotiques sont classés en fonction de leur mode d’action. Il en existe trois principaux : ceux qui s’attaquent à la paroi ou à la membrane cytoplasmique des cellules de bactéries, ceux qui entravent la synthèse des protéines et ceux qui s’en prennent à la synthèse de l’ADN.
Collins et ses collègues ont testé ces différents antibiotiques sur la bactérie Escherichia coli. Ils ont aussi comparé l’action des antibiotiques destinés à tuer les bactéries et celle des antibiotiques bactériostatiques qui bloquent leur prolifération.
Tous les antibiotiques ‘’tueurs’’ entraînent une augmentation de la concentration de radicaux hydroxyles dans les cellules des bactéries, ce qui n’est pas le cas des bactériostatiques.
De plus, lorsque les chercheurs ont bloqué la formation des radicaux libres, les bactéries ont survécu plus longtemps.
La production de radicaux hydroxyles est donc bien une arme utilisée par les antibiotiques dans la mise à mort des bactéries, expliquent les chercheurs dans la revue Cell publiée le 6 septembre. Ces résultats coïncident avec de précédentes études qui ont montré que les mécanismes de résistance des bactéries étaient souvent liés à la capacité de réparation des dommages de l’ADN.
Le fait que les antibiotiques possèdent une arme commune ne remet pas en cause la pertinence des catégories déjà établies. En revanche cela permet d’imaginer de nouveaux moyens de lutter contre les bactéries résistantes en stimulant la production de radicaux libres ou en bloquant la réparation de l’ADN chez la bactérie.
Cécile Dumas Sciences et Avenir (10/09/07)
mardi 11 septembre 2007
Berlin soutient l'étude des cellules souches non-embryonnaires
REUTERS : lundi 10 septembre 2007
BERLIN (Reuters) - Le gouvernement allemand annonce que cinq millions d'euros seront alloués en trois ans à la recherche sur des cellules souches non-embryonnaires
"Nous soutiendrons davantage ces projets de recherche qui visent à remplacer (...) les cellules souches embryonnaires par des cellules souches (...) produites à partir de cellules non-embryonnaires", a fait savoir lundi par voie de communiqué la ministre allemande de la Recherche, Annette Schavan.
Les cellules souches sont susceptibles de se transformer en cellules de plusieurs sortes, comme des globules sanguins, des cellules nerveuses, musculaires ou encore osseuses.
Selon les scientifiques, elles sont une piste prometteuse dans la recherche de traitements contre des maladies telles que le diabète ou la maladie de Parkinson et pourraient permettre de régénérer des tissus ou organes endommagés.
Les cellules extraites d'embryons âgés de quelques jours semblent être les plus prometteuses, mais la mort inévitable de l'embryon soulève des problèmes éthiques, notamment en Allemagne où le souvenir des expériences eugénistes du régime nazi est encore présent.
L'étude des cellules souches est sévèrement encadrée en Allemagne, où il est interdit de produire des cellules embryonnaires à partir de cellules souches créées avant 2002.
Les travaux sur des lignées de cellules créées après le 1er janvier 2002 sont interdits, afin d'éviter l'importation en Allemagne de cellules produites dans des laboratoires étrangers.
En juillet, un organisme chargé de conseiller le gouvernement allemand sur les questions éthiques avait recommandé un allègement de ces restrictions.
Selon le parti d'opposition des libéraux (FDP, centre-droit), ces restrictions handicapent les chercheurs allemands face à leurs concurrents internationaux.
En Grande-Bretagne, où les lois sont plus souples à ce sujet, les chercheurs ont été autorisés début septembre à créer des embryons hybrides humains-animaux, ou chimères.
Ces embryons, qui seraient à 99,9% humains et à 0,1% animaux, devront être détruits au plus tard 14 jours après leur création.
Une telle opération est interdite dans la plupart des pays, mais pourrait faciliter la production de cellules souches.
Entre l'éthique ou les brevets, le choix est fait
jeudi 6 septembre 2007
La Grande-Bretagne autorise "en principe" les embryons hybrides
(05 septembre 2007) http://www.romandie.com
SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée
L'autorité britannique de la fertilité humaine a accepté "en principe" la création d'embryons inter-espèces, mêlant de l'ADN humain à des ovules d'animaux. De tels embryons doivent être utilisés à des fins de recherche et non de procréation.
La décision controversée, adoptée par l'Autorité britannique pour la fertilité humaine et l'embryologie (HFEA), vise à pallier le manque d'ovocytes humains destinés au clonage d'embryons à des fins thérapeutiques, permis en Grande-Bretagne à la différence de la Suisse ou de la France par exemple.
Une commission ad hoc évaluera en novembre les demandes déjà déposées par des chercheurs de l'université de King's College à Londres, ainsi que de l'université de Newcastle, dans le nord-est de l'Angleterre, a précisé la HFEA.
Les scientifiques du King's College avaient annoncé début 2006 leur intention de cloner des embryons à partir d'ovules de lapines, dans lesquels serait transféré l'ADN du noyau d'une cellule humaine, comme l'avait déjà réalisé une équipe chinoise en 2003.
La Grande-Bretagne avait déjà adopté le 17 mai une loi permettant le "transfert nucléaire" (transfert de noyau), nom scientifique donné à ce type de clonage.
Pour l'essentiel, les embryons hybrides utilisent l'ovule d'un animal mais remplacent l'ADN de son noyau par des chromosomes humains. Cette méthode est cependant destinée à créer des embryons à détruire au plus tard au bout de 14 jours. Ils ne doivent en aucun cas être implantés dans l'utérus d'une femme.
Pas très rassurants les nouveaux docteurs Jeckill et Hyde
mardi 4 septembre 2007
Russie: l'exportateur d'armes serait le mystérieux acheteur du français Altis
MOSCOU (AFP) - 03/09/2007
L'entreprise publique russe chargée des exportations d'armements, Rosoboronexport, est le mystérieux acheteur de la société française Altis (composants électroniques), vendue la semaine dernière par l'américain IBM et l'allemand Infineon, selon la presse russe lundi.
"Rosoboronexport a atterri près de Paris", titre ainsi le journal Kommersant, citant "plusieurs participants du marché" ayant donné cette information sous couvert d'anonymat. "Nous ne démentons ni ne confirmons cette information", a répondu Rosoboronexport à l'AFP. "Nous ne commentons pas les projets qui ne sont pas totalement aboutis", a ajouté un responsable du service de presse, alors que cette acquisition doit encore recevoir le feu vert des autorités de régulation.
Infineon et IBM ont annoncé jeudi avoir trouvé un accord avec la société AES, pilotée par un mystérieux investisseur russe, pour lui céder Altis, leur société commune située à Corbeil-Essonnes, près de Paris. Le rachat a été effectué par la société AES (Advanced Electronics Systems), "filiale suisse de GIS (Global Information Services), un holding basé en Russie", annonçait le communiqué d'Infineon jeudi, sans plus de précisions sur ce groupe inconnu à Moscou.
Selon l'analyste Elina Iourina, de la société d'investissements Finam, les composants électroniques fabriqués par Altis pourraient être utilisés par le fabricant automobile russe AvtoVaz, qui fait partie de Rosoboronexport.
La ministre française de l'Economie, des Finances et de l'Emploi Christine Lagarde s'était inquiétée jeudi du projet des repreneurs. Altis emploie 1.800 personnes à Corbeil-Essonnes et a enregistré un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros en 2005, selon son site internet.
La société avait été fondée en 1999 par IBM et Infineon, qui en détiennent chacun 50%. Elle avait subi un plan social au printemps 2006.
La cession à AES, encore soumise au feu vert du comité d'entreprise et des autorités de régulation, devrait être finalisée avant la fin 2007, selon Infineon.
Les français vont fabriquer des armes pour la Russie mais chut… il ne faut pas le répéter …
samedi 25 août 2007
Des expériences extracorporelles en laboratoire
Cécile Dumas Sciences et Avenir (23/08/07)
D’où vient la conscience que nous avons de notre propre corps, intimement liée à la conscience de soi ? Pour mieux comprendre ces questions fondamentales, des chercheurs essaient de reproduire les expériences extracorporelles.
Comment, en laboratoire, amener des volontaires à ‘’sortir de leur corps’’, sans leur donner de stupéfiants ou déclencher une crise d’épilepsie ? Deux expériences menées indépendamment, en Suisse et en Suède, apportent une solution. Grâce à la réalité virtuelle, il est possible de montrer à un quelqu’un son propre corps et de créer une confusion sur sa localisation réelle, autrement dit de perturber la conscience de son propre corps, expliquent deux articles publiés aujourd’hui dans la revue Science.
Longtemps confinées à la littérature fantastique ou au cercle du paranormal, les expériences extracorporelles ont intrigué les chercheurs en neurosciences. Un dysfonctionnement cérébral, lié à une attaque ou à la prise de drogues, provoque chez certaines personnes l’impression de voir leur propre corps sans faire partie de ce corps, tout en étant éveillées et conscientes. L’unité entre le corps et le ‘’soi’’ est rompue. En étudiant ces situations exceptionnelles, les scientifiques cherchent à comprendre les bases neurobiologiques de la conscience de soi.
Henrik Ehrsson (Institut Karolinska, Suède) et l’équipe d’Olaf Blanke (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Suisse) ont, chacun de leur côté, utilisé des lunettes vidéo pour projeter devant les yeux des volontaires l’image de leur propre corps vu de derrière. Pour créer une confusion, les chercheurs ont touché les personnes dans le dos, par exemple, puis les ont interrogées sur leurs sensations. Lorsque le toucher réel était synchronisé avec l’image de l’objet en train de toucher leur corps, les personnes imputaient la sensation à l’objet qu’elles voyaient. Cela signifie que la localisation du soi n’est plus strictement dans les limites du corps, expliquent les chercheurs.
Lorsque l’image projetée n’était plus leur propre corps mais la simple représentation d’un corps ou un objet, les volontaires ne ressentaient pas la même dissociation, relate Blanke et ses collègues.
Les sensations obtenues en laboratoire ne sont pas aussi fortes que les expériences extracorporelles réelles. Certains participants ont jugé l’expérience étrange, bizarre, voire dérangeante, mais aucun n’a eu la sensation de totalement sortir de son corps, explique Olaf Blanke. Quoi qu’il en soit, la réalité virtuelle combinée au toucher crée des perturbations sensorielles et offrent aux chercheurs de nouvelles possibilités pour étudier la conscience que chacun a de son corps.
Pour Henrik Ehrsson, la vision est essentielle à cette conscience : nous situons notre ‘’moi’’ là où est notre regard, estime ce chercheur. «Video ergo sum» (je vois donc je suis) résument Blanke et ses coauteurs dans le titre de leur article.
Polémique sur "la machine qui détecte la personnalité"
NOUVELOBS.COM | 24.08.2007 |
La médiatisation d'une curieuse machine, qui permettrait de déterminer le "profil bio-psychologique" d'une personne en quelques minutes, suscite une vive polémique sur internet, plusieurs sites dénonçant une opération de marketing reprise trop facilement par plusieurs médias.
C'est un article du Monde daté du 8 juillet, et intitulé "la machine qui détecte la personnalité", qui a lancé la polémique. L'auteur avait été invité par ses concepteurs à tester leur test QPM (Qantic Potential Measurement). Basé "sur la bio dépendance des tissus humains", selon la plaquette de l'entreprise, le QPM est censé déterminer "votre "intelligence émotionnelle", votre sensibilité au stress, vos points forts et faibles, ainsi que les principales caractéristiques de votre comportement. Et ceci "via une interface informatique basée sur le modèle électronique de l'organisme".
En trente secondes
Concrètement, raconte la journaliste du Monde, "assis sur une chaise, on vous pose deux électrodes sur le front et on vous demande de mettre vos pieds nus et vos mains sur une plaque d'acier" durant trente secondes. Quelques minutes plus tard, la machine sort votre profil détaillé.
Sans réellement trancher la question de sa validité scientifique, l'article du Monde affirme : "vous êtes à la fois troublé par la justesse des résultats, dubitatif face au procédé utilisé et craintif sur d'éventuelles grilles de lecture normatives. Un jugement beaucoup trop neutre pour beaucoup d'internautes et de journalistes, d'autant plus que le lendemain, France2 consacrait à son tour un reportage à l'invention.
Il semblerait en effet que le QPM soit scientifiquement pour le moins contestable. Plusieurs sites soulignent tout d'abord la personnalité des inventeurs du procédé.
Ainsi, parmi les scientifiques, Jean-Luc Ayoun, "docteur en médecine, acupuncteur, spécialiste du développement personnel" selon le site de la société, est l'auteur d'un livre sur les "médiations guidées avec les cristaux" (éditions Recto Verseau), un ouvrage de "médecine karmique". Hervé Moskovakis, physicien et électronicien, travaille de son côté sur la "visualisation des corps énergétiques". Enfin, le "leader de l'équipe", Patrick Visier, est un spécialiste du markéting direct.
"L'électropsychomètre de Hubbard"
Alors que les articles sur le sujet se multiplient sur internet, notamment sur le site de Marianne, de Rue89 ou Corinne Maier sur son blog, plusieurs scientifiques interrogés ont fortement critiqué le QPM. L'attaque la plus sévère est venue de l''Association française pour l'information scientifique (Afis), association combattant les "pseudo-sciences", qui, à la fin du mois d'août, a diffusé un communiqué intitulé: "Le journal Le Monde promeut la vision moderne de l'électromètre de l'Eglise de scientologie".
L'Afis rappelle en effet qu'il est prouvé qu'"une réaction émotive se traduit par des augmentations de la transpiration, faisant ainsi varier sensiblement la résistance opposée à un courant électrique". Cette méthode, poursuit l'association, est d'ailleurs utilisée par les détecteurs de mensonge, ainsi que par l'"électropsychomètre de Hubbard", dont se servent les scientologues pour déterminer "l'état mental" des adeptes.
"N'importe quel journaliste muni d'un peu de sens critique devrait immédiatement détecter la supercherie", affirme le communiqué de l'Afis. L'association explique la séduction de certains journalistes par "l'effet Barnum" qui "exprime le fait que la plupart des gens tendent à accepter une vague description de personnalité comme les décrivant bien, surtout si cette description est plutôt positive ou flatteuse, sans se rendre compte que la même description pourrait s’appliquer aussi bien à n’importe qui.".
