mardi 23 octobre 2007
Areva signe avec le Maroc un accord de coopération sur le nucléaire civil...
REUTERS : lundi 22 octobre 2007
MARRAKECH (Reuters) - Le groupe français Areva a signé un protocole d'accord avec l'Office chérifien des phosphates pour une coopération "en matière de recherches dans le domaine de l'extraction de l'uranium à partir de l'acide phosphatique", a annoncé l'Elysée dans un communiqué.
C'est la PDG d'Areva, Anne Lauvergeon, qui a signé pour le groupe français ce protocole d'accord en présence du président Nicolas Sarkozy et du roi du Maroc, Mohammed VI, au palais royal du souverain à Marrakech.
"C'est le premier accord commercial dans ce domaine au Maroc", fait-on valoir dans l'entourage du président français. "Il va permettre de développer la coopération avec le Maroc dans le domaine du nucléaire civil. Un choix stratégique a été fait d'une coopération dans la durée entre la France et le Maroc."
Ah ! si c'est bon pour la balance commerciale ...
dimanche 21 octobre 2007
Le scandale né des propos racistes du prix Nobel James Watson s'amplifie
LEMONDE. avec AFP, AP et Reuters 20 Octobre 2007
Face au tollé mondial suscité par ses propos racistes, le prix Nobel de médecine 1962, l'Américain James Watson, codécouvreur de la structure de l'ADN, a interrompu, vendredi 19 octobre, sa tournée européenne, tandis que plusieurs sanctions à son encontre ont été prises. Arrivé cette semaine en Grande-Bretagne, il devait participer à diverses manifestations jusqu'au 25 octobre en vue de promouvoir son dernier livre.
M. Watson, âgé de 79 ans, avait indiqué, la semaine dernière, au Sunday Times qu'il aurait aimé que tout le monde soit égal, mais que "ceux qui ont à traiter avec des employés noirs savent que ce n'est pas vrai". "Nos politiques sociales se fondent sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre (Occidentaux blancs), alors (...) que toutes les recherches concluent que ce n'est pas vraiment le cas", a-t-il affirmé au journal britannique.
"PROVOCATION INADMISSIBLE" Le musée des Sciences de Londres a été la première institution à réagir à ces propos en annulant, jeudi, une conférence que devait donner le Dr Watson.
Vendredi matin, le généticien a tenté d'apaiser la controverse, se disant, dans un communiqué, "mortifié par ce qui s'est passé". "Et le plus grave, c'est que je ne peux pas comprendre comment j'ai pu dire ce sur quoi on me cite. Je peux certainement comprendre pourquoi les gens, en lisant ces mots, ont réagi comme ils l'ont fait", a-t-il déclaré. "A tous ceux qui ont déduit de mes propos que l'Afrique, comme continent, était d'une certaine façon génétiquement inférieure, je ne peux que présenter mes excuses sans réserve", a-t-il ajouté. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Plus important de mon point de vue, il n'y a aucune base scientifique pour une telle croyance".
Avant l'annonce de son retour aux Etats-Unis, l'université d'Edimbourg a indiqué, vendredi, avoir annulé l'intervention prévue du chercheur, jugeant les propos qu'il avait tenus "incompatibles" avec les valeurs qu'elle défend. Un festival à Bristol a fait de même, dénonçant la "provocation inadmissible" de ses opinions.
Parallèlement un prestigieux laboratoire de recherche américain a suspendu de ses fonctions M. Watson. "Le conseil d'administration s'est réuni et a décidé jeudi soir de suspendre le Dr Watson de toutes ses responsabilités administratives", a ainsi fait savoir, dans un communiqué, Bruce Stillman, PDG de l'Institut de recherches de Cold Spring Harbor, situé à Long Island (nord-est des Etats-Unis).
"NOBEL DE RACISME" Dans le même temps, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier, s'est dit "indigné" par ses "propos racistes inacceptables" tandis que le quotidien privé sénégalais Le Populaire lui attribuait le "Nobel de racisme".
M. Watson avait déjà défrayé la chronique par ses prises de position notamment sur l'homosexualité ou la pigmentation. Il avait par exemple affirmé que les femmes devraient avoir le droit d'avorter si des tests pouvaient déterminer que l'enfant à naître portait les gènes de l'homosexualité. Il avait aussi laissé entendre qu'il pouvait y avoir un lien entre la couleur de la peau et les pulsions sexuelles, ce qui expliquerait pourquoi, selon lui, les Noirs ont une libido plus développée que les autres.
Il avait aussi estimé qu'on pourrait un jour modifier la génétique pour créer des gens plus beaux. "Les gens disent que ce serait horrible si on pouvait faire en sorte que toutes les filles soient jolies", avait-il déclaré. "Moi je trouve que ce serait super".
NOUVELOBS | 19.10.2007
Après le tollé provoqué par ses propos sur l’intelligence des Africains, James Watson a présenté jeudi soir ses excuses. Dans un communiqué transmis à l’Associated Press par l’éditeur britannique de son dernier livre, le prix Nobel se déclare «mortifié» par ce qui s’est passé.
«Je ne comprends pas comment j’ai pu dire ce qui est rapporté en citation dans cet article» explique James Watson, faisant référence au papier du Sunday Times dans lequel figurent ses propos controversés «Je peux bien sûr comprendre que les gens, à la lecture de ces mots, aient réagi comme ils l’ont fait» poursuit Watson dans son texte de repentir. «A tous ceux qui ont déduit de mes propos que l’Afrique, en tant que continent, est de quelque façon génétiquement inférieure, je peux seulement m’excuser sans réserve. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Plus important encore de mon point de vue, il n’y a pas de base scientifique à une telle croyance.»
De fait, aucun travail scientifique ne peut étayer une relation entre certains gènes et l’intelligence, ne serait-ce que parce que la part d’acquis, liée à l’environnement au sens large, est très importante dans le développement intellectuel d’une personne.
Alors que s’est-il passé ? Les citations de James Watson dans le Sunday Times sont-elles erronées ? Le quotidien britannique a déclaré que l’entretien avait été enregistré et maintient la version publiée. Interrogée par l’agence AP, la représentante de la maison d’édition britannique n’a pas répondu à cette question.
Tard dans la soirée de jeudi, la direction du laboratoire de Cold Spring Harbor où travaille James Watson a annoncé que le généticien était suspendu de ses fonctions administratives jusqu’à nouvelle délibération. Le président du laboratoire a déclaré qu’il était en total désaccord avec les propos du chercheur.
Cécile Dumas Sciences et Avenir
jeudi 11 octobre 2007
Christian Bréchot démissionne de la direction de l’Inserm
NOUVELOBS | 08.10.2007
En quittant ses fonctions de directeur général de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le professeur Christian Bréchot veut avoir les coudées franches pour défendre sa position dans le conflit qui l’oppose à la société Métagenex. Dans cette affaire complexe, des chercheurs de l’Inserm s’opposent à la commercialisation d’un test qu’ils ont eux-mêmes mis au point permettant de détecter des cellules tumorales dans le sang. Un outil très prometteur pour suivre les traitements anticancéreux, prédire le risque de rechute ou détecter très tôt la maladie. Problème : Métagenex commercialise le test sans que les validations scientifiques nécessaires aient été réalisées, plaident les chercheurs, soutenus par la direction.
C’est l’équipe de Patrizia Paterlini-Bréchot, la femme de Christian Bréchot, qui a élaboré ce test, baptisé ISET oncologie, et publié ses travaux en 2000. Pour financer la suite des recherches, Patrizia Paterlini-Bréchot fonde en 2001 une start-up, Métagenex, soutenue par la structure Inserm-Transfert. En 2006, après l’entrée dans le capital de deux sociétés d’investissements, Axa et Banexi, les actionnaires d’origines sont devenus minoritaires.
Depuis quelques mois, le test ISET est commercialisé pour plus de 160 euros auprès de quelques médecins par Métagenex, sans que les chercheurs aient pu mener l’étude clinique contrôlée qu’ils souhaitaient. L’utilisation de ce test pose par ailleurs des questions éthiques, notamment pour l’information du patient. Saisis, le comité d’éthique de l’Inserm et le Comité consultatif national d’éthique se sont prononcés contre la commercialisation du test en l’état.
L’Inserm, tout comme la direction de l’AP-HP et l’Université Paris-V qui détiennent encore des droits sur le brevet, ont refusé de céder l’intégralité des licences à Métagenex. Cependant, le 21 septembre dernier, les deux ministères de tutelle, celui de la santé et de la recherche, ont demandé à Christian Bréchot de respecter l’engagement de cession de licence. Le directeur de l’Inserm, accusé par ses détracteurs de conflit d’intérêt, a préféré quitter son poste pour se défendre.
«Je suis convaincu qu’au-delà de ce cas particulier, les manquements graves aux bonnes pratiques et à l’éthique risquent de nuire à toutes les actions mises en œuvre pour rapprocher les chercheurs et les partenaires industriels, écrit-il dans le communiqué annonçant sa démission. Ce problème est emblématique de ceux qui se poseront dans les années à venir concernant le transfert des connaissances de la recherche à la médecine et les dangers potentiels de la médecine “prédictive”».
C.D. Sciences et Avenir
mardi 9 octobre 2007
Aquaculture – L’élevage nuit à la reproduction des truites
Nouvel Obs 0810 2007
Michael Blouin, professeur de zoologie de l’Université de l’Oregon qui étudie les capacités reproductrices des truites dans la rivière Hood depuis des années, reconnaît qu’il a été surpris de la vitesse du phénomène et que s’il avait lu les résultats sous la plume d’une autre équipe il en aurait douté.
Deux ou trois générations de domestication suffisent à réduire drastiquement les capacités de la truite Oncorhynchus mykiss à se reproduire à l’état sauvage.
Depuis une quinzaine d’années, l’équipe de Michael Blouin a utilisé des marqueurs génétiques pour mesurer cette capacité reproductrice des truites dans la rivière Hood. Chaque année des poissons issus des écloseries sont lâchées dans cette rivière pour maintenir les populations de truites. Les écloseries de salmonidés, d’abord utilisées pour peupler l’océan Pacifique et soutenir la pêche, sont aussi un moyen de lutter contre le déclin de certaines populations sauvages. Les résultats de Blouin et de ses collègues, publiés dans la revue Science du 5 octobre, incitent cependant à la prudence.
Ces chercheurs ont montré que la domestication réduit d’environ 40% les chances de reproduction des truites arc-en-ciel pour chaque génération élevée en écloserie. L’ampleur et la rapidité du processus seraient dues au très grand nombre d’œufs produits par rapport au nombre de poissons adultes survivants, expliquent les chercheurs. Ainsi sur 10.000 œufs il peut ne rester que 100 truites adultes, ce qui permet à la sélection naturelle de fonctionner très rapidement. Le bon côté des choses, soulignent Michael Blouin, c’est que la même pression permet de sélectionner rapidement une population plus robuste à l’état sauvage.
Sans remettre en cause les programmes d’élevage en écloserie, Blouin et ses collègues estiment qu’il est important de réduire l’impact de la domestication sur les populations sauvages de salmonidés.
Cécile Dumas Sciences et Avenir(08/10/07)
dimanche 7 octobre 2007
La Ministre de la Recherche Valérie Pécresse interpellée à Toulouse lors d'une rencontre avec des scientifiques
Par SYLVESTRE HUET Libération samedi 6 octobre 2007
A Toulouse, la ministre a été auditionnée sur son projet de réforme.
Rude étape régionale, vendredi à Toulouse, pour Valérie Pécresse, ministre de la Recherche. Répondant à l’invitation de Sauvons la recherche (SLR), elle avait accepté une rencontre avec les scientifiques réunis en université d’automne au conseil régional de Midi-Pyrénées.
Plus de 200 scientifiques l’attendaient autour d’une table dont le tapis vert évoquait une ambiance de négociations courtoises. Mais SLR ne pouvait renoncer à ses jeunes traditions d’ironie mordante qui ont marqué le mouvement de protestation en 2004. La ministre fit donc face, avec un «ho, la là!» un tantinet énervé, à quelques affichettes accusatrices : «Moins créatifs, plus compétitifs», «la précarité libère l’esprit» …
Puis le dialogue s’est engagé. Ce fut court et franc, avec un constat de désaccord final sans appel. «Le gouvernement,a souligné Bertrand Monthubert, le président de SLR, nous a dit : Vous n’aurez pas de moyens sans réformes. Nous avons eu des réformes, que nous contestons, mais pas les crédits.» Sans frémir, Pécresse a répondu en vantant un budget «en hausse de 1,8 milliard d’euros». Et revendiqué des choix forts en faveur du soutien à la recherche privée par un crédit d’impôt-recherche dépassant les 400 millions d’euros; ainsi qu’un financement des équipes par des appels d’offres de l’Agence nationale de la recherche au détriment des crédits confiés directement aux laboratoires.
Une présentation qualifiée «d’autosatisfaction» par Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup, qui a pointé l’absence de création de postes, interdisant toute amélioration de l’encadrement pédagogique en premier cycle. Et aussi stigmatisée par Edouard Brézin, ancien président de l’Académie des sciences et du CNRS : «Je ne vois rien dans cette politique qui puisse garantir que la recherche française sera aussi bonne dans vingt ans qu’aujourd’hui.» Cruel, il a lancé à la ministre : «Comment voulez-vous qu’un étudiant brillant, qui a en face de lui un maître de conférences recruté à 1 700 euros net, voit en lui un modèle ?» Bref, si la communication ministérielle est bonne, elle ne suffit manifestement pas à anesthésier les labos.
Les coccinelles asiatiques à la conquête de la France
STRASBOURG (AFP) - 05/10/2007
Très efficaces dans la lutte contre les pucerons en raison de leur voracité exceptionnelle, les coccinelles asiatiques ont aussi envahi en un temps record le nord-est de la France au détriment des espèces locales et rien ne semble les arrêter, selon les spécialistes.
Les observations de l'intruse se multiplient ces derniers jours, notamment en Alsace. "J'en ai vu plusieurs centaines, voire plusieurs milliers l'autre jour, sur un immeuble à Strasbourg. Il y en avait plein les façades", témoigne ainsi Raynald Moratini, membre d'une association de protection de la nature strasbourgeoise, Imago. D'autres témoins font état de centaines de coccinelles pénétrant dans des vérandas ou par des fenêtres ouvertes, en quête d'un abri pour l'hiver.
Ces dernières années, "Harmonia axyridis" a colonisé la Belgique et depuis 2004 le nord-est de la France, raconte Vincent Ternois, fondateur de l'Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France. On en trouve aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
"Mon téléphone n'arrête pas de sonner", confie le naturaliste qui intègre les témoignages à une carte de France de l'invasion, consultable sur internet. Les coccinelles asiatiques sont voraces: elles peuvent priver les espèces indigènes de nourriture et même manger leurs larves. Ces dernières "régressent à mesure qu'Harmonia progresse", affirme Vincent Ternois.
Les intruses peuvent aussi poser problème dans le vignoble, où, dissimulées dans les grappes de raisin mûr, elles finissent écrasées dans des pressoirs, ce qui peut facilement gâter une belle vendange tardive en lui donnant un goût amer, précise-t-il.
En France, cette coccinelle a été importée de Chine par l'INRA dès 1982 dans le cadre d'expérimentations de lutte biologique contre les pucerons. Elle a ensuite été commercialisée à grande échelle en France entre 1995 et 2000 par la société Biotop qui fabrique des produits de lutte biologique contre les parasites.
Cette année, l'INRA a initié une étude mondiale à l'aide de marqueurs génétiques, menée à Montpellier et Sofia-Antipolis, pour tenter de déterminer "les routes de l'invasion de l'insecte", explique un des ingénieurs du projet, Eric Lombaert.
L'étude, dont les premiers résultats sont attendus début 2008, doit notamment déterminer si le phénomène est imputable "à la lutte biologique contre les pucerons ou à des introductions accidentelles", précise Eric Lombaert. L'invasion pose en effet une énigme aux chercheurs, car il s'agit d'un phénomène récent. Aux Etats-Unis, les premiers lâchers remontent à 1916, mais l'espèce n'est devenue invasive qu'à la fin des années 1980.
Par précaution, la société Biotop, suivie par d'autres concurrents, a cessé de commercialiser la coccinelle asiatique en 2000. Biotop a cependant continué à distribuer en exclusivité une variante génétiquement modifiée, incapable de voler. Cette dernière présente l'avantage de ne pas quitter l'endroit où on souhaite la voir éliminer les pucerons, explique à l'AFP Firouz Kabiri, directeur opérationnel de Biotop.
"Mais son gène est récessif et il suffit qu'elle se croise avec une coccinelle volante pour qu'une partie des descendants se remette à voler", rétorque Vincent Ternois. Qu'on finisse par l'interdire ou pas, il est déjà trop tard, estime le naturaliste. "Elle est si rapide que plus rien ne pourra l'arrêter".
Le biologiste controversé C. Venter annonce une nouvelle forme de vie
WASHINGTON (AFP) - 06/10/2007
Le pionnier controversé des biotechnologies Craig Venter se dit sur le point de créer une nouvelle forme de vie, une bactérie greffée avec un patrimoine génétique minimal, qui pourrait être mise au service de l'humanité pour produire carburants et médicaments.
Cet organisme unicellulaire est piloté par un chromosome dans lequel n'a été conservé qu'un nombre très réduits de gènes: 381. Juste ce qu'il faut pour que la bactérie puisse rester en vie, se nourrir et se reproduire. La nouvelle bactérie serait ainsi très largement artificielle même si les briques de base la composant proviennent d'organismes existants. L'idée est de produire un outil à tout faire pour les biologistes en la dotant par la suite des gènes nécessaires à l'accomplissement de tâches déterminées.
Sa création, sur laquelle M. Venter travaille depuis plus de cinq ans, a été en partie financée par le département américain de l'Energie, séduit par son potentiel pour fournir une énergie "verte" à bon marché.
Le laboratoire de M. Venter, le J. Craig Venter Institute, a récidivé en déposant en octobre 2006 une demande de brevet "pour un jeu de gènes essentiels et un organisme de synthèse autonome, qui peut croître et se répliquer".
Les chercheurs américains ont travaillé sur l'organisme vivant le plus simple connu: une bactérie appellée Mycoplasma genitalium, que l'on trouve dans les voies génitales où elle cause des inflations de l'urètre. Le M. genitalium ne contient que 517 gènes, contre environ 34.000 pour un être humain. La version "épurée" mise au point par M. Venter, baptisée Mycoplasma laboratorium, a ainsi été allégée d'un quart de ses gènes "inutiles".
Les opposants à la démarche de M. Venter, comme ETC, craignent que le chercheur iconoclaste ne s'arroge un monopole sur toutes les formes de vie artificielle. Et ouvre une véritable boîte de Pandore en créant un vecteur idéal pour de terrifiantes armes biologiques.
mardi 2 octobre 2007
Jacques Testart, un généticien rebelle en son jardin
Bernard LE SOLLEU. Ouest-France 02/09/07
Jacques Testart : « J'ai d'abord été un héros, puis un martyr, puis un traître. »
Au clou, la blouse blanche, pipettes et fivettes. Jacques Testart, le père scientifique du premier bébé éprouvette, Amandine, a pris sa retraite. Le voici en jardinier écolo bucolique. Et en éternel rebelle et critique des manipulations génétiques.
Dans son patio, pousse un bananier magnifique. « Exclusivement bio. » Dans le jardin, éclatant de verdure, il glane ses dernières groseilles, ses premières framboises. Et il jubile, Testart, l'homme à la main verte. « Vous saviez que j'étais jardinier · » Ce fringant retraité de 68 ans, à la fois grand-père et père tardif, revisite, verve intacte, son aventure de biologiste marquée par sa réputation de grande gueule, claqueur de portes.
Il est né très à gauche et il le reste, fidèle à son ami José Bové. Il est à la fois écologiste, altermondialiste et avant tout pourfendeur de toutes les manipulations du vivant, qu'il s'agisse des plantes (les OGM) ou des embryons humains. Son parcours est d'une totale originalité. Ce directeur de recherche à l'Inserm n'a jamais eu le baccalauréat. L'élève Testart est une forte tête. « À 16 ans, je voulais être jardinier. » De l'école d'horticulture, il entre sur concours à l'école d'ingénieurs agronomes d'Alger - la seule qui accepte sans le bac. C'était en 1962. Réformé pour un ulcère à l'estomac, il est propulsé illico à l'Inra de Jouy-en-Josas, groupe reproduction. « Me voilà installé au cul des vaches. » Il y fait des miracles. Petit quart d'heure de célébrité en 1972. Il réalise, par fécondation in vivo, les premières vaches porteuses. D'une belle laitière super fécondée, il engrosse par transfert d'embryons des génisses ordinaires. Toutes les coopératives d'élevage l'appellent. « J'étais devenu le plombier de la sélection génétique. J'avais l'impression de travailler pour des maquignons. »
Claquement de porte. Adieu l'Inra, adieu veaux, vaches. « J'ai toujours été frustré de travailler dans le domestique. J'aurais voulu faire du sauvage. » S'occuper de tigres ou d'oiseaux rares. La pampa, mieux que le pré. Mais au CNRS, on le trouve déjà trop âgé pour la recherche. Il a 40 ans. Un hôpital lui tend les bras. Antoine-Béclère à Clamart, Hauts-de-Seine. Il se reconvertit à la fécondation humaine. Il est donc le biologiste de la première fécondation in vitro (la FIV) réussie en France.
C'était en 1982. Naît Amandine. La presse est dithyrambique. Testart est sur la photo, mais son compère, devenu depuis son frère ennemi, le gynécologue René Frydman, ne l'a pas convié dans la salle de travail. Interdit de naissance. Grosse frustration. La superbe des mandarins l'a toujours agacé.
« À l'époque, les médecins étaient nuls par rapport aux vétérinaires qu'ils méprisaient par ailleurs. » L'exploit, le côté bébé spectacle célébré par les médias, l'énervent également.
Le voilà célèbre. Malgré lui ? « Ouais, ouais... » Bougonnement. « Vous voulez que je vous résume ma vie, vue par les journaux. J'ai d'abord été un héros, puis un martyr, puis un traître. » Héros en 1982 avec Amandine. Martyr en 1990. « Je suis viré de mon labo de Béclère. Parce j'ai refusé de travailler sur le tri d'embryons. » C'est sa hantise : devoir sélectionner l'embryon parfait, ce qui mènerait l'humanité tout droit à l'eugénisme. Il refuse de pratiquer le diagnostic préimplantatoire, réclame un moratoire sur toutes ces recherches. Il multiplie les ouvrages. Il en publie une douzaine au total, dont un roman. L'oeuf transparent. Le magasin des enfants. Le désir du gène...
Et le traître ? En 1992, il réalise une autre première française. Une fécondation à partir de la spermatide, la cellule à l'origine du spermatozoïde. Il vole au secours de maris stériles, mais la technique est contestée. Serait-il devenu à son tour apprenti sorcier ? « La veille, on encensait ma lucidité. Le lendemain, on me traînait dans la boue. »
Depuis, ces querelles sont passées de mode. Mais Testart, têtu, n'a rien oublié. Le tri d'embryons demeure sa grande préoccupation. « J'avais prédit qu'un jour on trierait les myopes. Nous y sommes presque. Les Anglais viennent d'autoriser le tri génétique pour éviter les cas de strabisme important. » Athée, le généticien s'est souvent retrouvé aux côtés des catholiques, opposés à toute manipulation des embryons. « Je ne le sacralise pas cet embryon, mais je suis pour la protection de l'humanité là où elle est la plus fragile, à son début. Là où veulent intervenir les faiseurs de miracles. »
Le jardinier ne cultive pas que les groseilles en son beau jardin. Il fait pousser un site sur Internet. Il s'y présente en citoyen critique. Il traque les fausses solutions scientifiques, ces mauvaises herbes. Il craint la technoscience, la célèbre science sans conscience. « Je crois, dit-il, dans les capacités de la technique. C'est bien pourquoi j'en ai peur. »
dimanche 30 septembre 2007
Le retour du cloneur fou
Yaroslav Pigenet 20Minutes du 28/09/2007
Poursuivi dans son propre pays où il lui est interdit de continuer ses recherches, le biologiste coréen Hwang Woo-suk vient de créer un laboratoire… en Thaïlande.
Le Prix Nobel de la fraude
Un temps pressenti pour le Prix Nobel pour ses prétendues réussites dans le domaine du clonage thérapeutique, le professeur Hwang est devenu en 2006 l’archétype du scientifique malhonnête quand on a découvert qu’il avait falsifié ses résultats et violé plusieurs règles bioéthiques.
Des clones aux hybrides
Inculpé pour fraude, malversation et infraction à la loi bioéthique, le chercheur s’est vu retirer son autorisation de travailler sur des œufs humains. Celui-ci a donc décidé de s’exiler en Thaïlande avec dix de ses collaborateurs afin d’y fonder un nouveau laboratoire. Un officiel coréen a précisé à la revue Nature que Hwang comptait y mener des expériences portant sur le transfert d’ADN humain dans des oeufs animaux.
Persona non grata ?
Bien que toute forme de clonage humain reproductif soit interdite depuis 2002 en Thaïlande, aucune loi ne s’applique au clonage thérapeutique ou à la création d’hybrides humain-animal. Toutefois, interrogé par Nature, un responsable du ministère Thaï de la recherche a déclaré que son gouvernement n’avait pas été officiellement informé de la venue de Hwang ni de la nature de ses recherches. Et qu’il s’en inquiétait…
vendredi 28 septembre 2007
Les amphibiens victimes de la fertilisation des terres agricoles
NOUVELOBS.COM | 26.09.2007
Les grandes quantités d’azote et de phosphore déversées par les agriculteurs sur leurs champs contribuent au développement de difformités chez les amphibiens des lacs et des étangs en Amérique du Nord, affirment des chercheurs américains. Le nombre croissant de grenouilles ayant des pattes en plus ou en moins, ou des membres difformes, a défrayé pour la première fois la chronique dans les années 90 lorsque des écoliers du Minnesota avaient découvert que plus de la moitié des grenouilles léopards d’un étang étaient anormales.
Une nouvelle étude, publiée cette semaine par l’équipe de Pieter Johnson, de l’Université du Colorado (Boulder), montre par quelle cascade l’usage des fertilisants agricoles favorisent les difformités chez les amphibiens. L’azote et le phosphore stimulent la croissance des algues qui à leur tour favorisent l’essor des populations d’escargots qui véhiculent un grand nombre de parasites, détaillent les chercheurs. Les larves de ces parasites forment des kystes dans les membres en développement des têtards, provoquant de sévères déformations chez les amphibiens.
Le parasite en question est un trématode, un vers dont le cycle de reproduction se déroule chez trois hôtes différents : les escargots, les amphibiens et certains prédateurs des amphibiens, comme les oiseaux, qui remettent les parasites en circulation dans le système via leurs fientes.
Johnson et ses collègues ont construit 36 étangs artificiels dans le Wisconsin, lieu de reproduction des amphibiens. Ils ont constaté que l’eutrophisation du milieu aquatique - l’apport de nutriments dans l’eau - entraînait une augmentation de 50% de la population d’escargots. Un seul escargot infecté par un trématode peut produire jusqu’à un millier de larves en une nuit. Or une douzaine de larves suffit à rendre une grenouille difforme, précisent les chercheurs.
Ces travaux sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.
Cécile Dumas Sciences et Avenir
