lundi 28 avril 2008
Bayrou: les réformes "ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice"
Marianne 26/04/2008 13:42
François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), a jugé samedi que les réformes étaient "indispensables", mais qu'elle "ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice".
"Les réformes sont indispensables, mais elles ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice", a déclaré le leader centriste en clôturant une réunion à Paris d'élus et ex-candidats de son parti aux municipales.
"Je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins, et de ne pas mettre à contribution ceux qui ont plus", a-t-il ajouté.
Le député des Pyrénées-Atlantiques a cité plusieurs exemples, certains tirés de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi soir.
Pour lui, la "justification des franchises médicales par le financement des recherches sur la maladie d'Alzheimer" est "une présentation publicitaire", de la "communication".
"Même si c'était vrai", il serait "profondément choquant" de demander "aux seuls malades", plutôt qu'aux biens portants, de financer la recherche sur cette maladie, a-t-il jugé.
M. Bayrou s'est de nouveau élevé contre le financement de la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA) par un redéploiement partiel de la Prime pour l'emploi (PPE): "nous ne considérons pas qu'il soit socialement juste ni acceptable de faire payer la solidarité par les plus pauvres", s'est-il exclamé.
Il a aussi dénoncé la diminution "brutale" des allocations familiales pour les enfants entre 11 et 14 ans.
Entre un "projet de société fondé sur l'assistance sur notre gauche, et un projet fondé trop souvent sur l'arrogance sur notre droite, il y a un immense espace pour le projet de société" défendu par le MoDem, a-t-il affirmé.
"Nicolas Sarkozy a dit jeudi soir: +je crois au capitalisme et à la mondialisation+. Moi je crois à l'humanisme et à la justice", a-t-il lancé.
dimanche 27 avril 2008
Chine: Delanoë «extrêmement choqué» par l’attitude de Raffarin
LIBERATION : samedi 26 avril 2008
Le maire de Paris reproche à l’ex-Premier ministre d'avoir choisi un journal chinois, «un organe de propagande étranger», pour critiquer sa décision de faire du dalaï-lama un «citoyen d’honneur» de la ville de Paris.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est dit samedi "extrêmement choqué" que l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ait choisi de s'exprimer dans un journal chinois pour critiquer la décision de la ville de Paris d'accorder le titre de "citoyen d'honneur" au Dalaï-lama.
"J'ai une règle que François Mitterrand appliquait vraiment bien, c'est que l'on ne polémique pas sur un terrain de politique intérieure quand on est à l'étranger", a déclaré Bertrand Delanoë, venu à Londres soutenir le maire de la capitale britannique Ken Livingstone avant les élections municipales jeudi. "J'ai été extrêmement choqué qu'un ancien Premier ministre choisisse un organe de propagande étranger pour dire du mal d'un autre responsable français, en l'occurrence moi", a-t-il repris, lors d'une conférence de presse conjointe avec Ken Livingstone.
Dans un entretien au Journal de la jeunesse de Chine, Jean-Pierre Raffarin avait déclaré que "la décision de Delanoë est une erreur politique très grave". Il avait également regretté que "la ville de Paris aille dans le sens opposé au gouvernement français".
S'exprimant samedi sur France Info depuis Pékin, où il a été dépêché par le président Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin a répété que l'initiative de la ville de Paris lui paraissait "inopportune", car "ce n'est pas au moment où le gouvernement cherche à apaiser qu'une collectivité locale doit chercher à attiser".
Bertrand Delanoë, rappelant qu'il n'avait jamais recommandé le boycott des épreuves olympiques, s'est à nouveau justifié à Londres. "En même temps que nous respectons l'identité chinoise, le peuple chinois, il faut défendre nos valeurs, nos convictions universelles, les droits de l'Homme bien sûr, et le respect d'un peuple, le peuple tibétain, qui ne demande même pas son indépendance", a-t-il affirmé.
Le Conseil de Paris (PS et Verts) a donné lundi au dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris, à l'issue d'un vote conforme au souhait de Bertrand Delanoë. De nombreux élus n'ont cependant pas pris part au vote (UMP, MRC, communistes et Centre et indépendants).
mardi 22 avril 2008
Le bouclier fiscal contesté à l'UMP, le PS adore !
Marianne 21 Avril 2008
Député UMP de Seine-et-Marne, et récemment nommée porte-parole de l'UMP, Chantal Brunel a lourdement pointé les dérives du bouclier fiscal lors d'une intervention à l'assemblée... suscitant une standing ovation de l'opposition de gauche.
A chaque jour suffit son couac. Celui-ci s'est déroulé à l'Assemblée nationale le 16 avril dernier. La députée UMP de Seine-et-Marne Chantal Brunel s'empare du micro pour poser une question sur «les niches fiscales».
Profitant de son temps de parole, elle se livre à une descente en règle du bouclier fiscal, rythmant son propos de «oui c'est vrai» tout en souriant de façon complice sous les applaudissements de plus en plus prononcés des députés de gauche.
Plutôt discrète jusqu'ici, la nouvelle porte-parole de l'UMP aura réussi un joli coup, pointant du doigt les multiples dérives du système imaginé par le gouvernement. Interpellée, Christine Lagarde a promis un rapport sous 15 jours.
A en perdre son latin: jamais la gauche n'avait paru si virulente au point que Chantal Brunel finira sa question sous une standing ovation du PS. De leur côté, les députés de droite ne mouftent pas.
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lundi 21 avril 2008
Sarkozy privé de parole en Martinique, à la demande de la famille d’Aimé Césaire
France Info – 21/04/08
Le président de la République n’est pas resté plus de deux heures en Martinique : s’il a assisté aux obsèques nationales prévues pour Aimé Césaire, il n’y a prononcé aucun discours, à la demande de la famille du défunt.
Nicolas Sarkozy n’a eu droit qu’à une brève allocution, à sa descente de l’avion et face à la presse. Pendant la cérémonie, il a été prié de ne pas s’exprimer. Il était juste là en représentation, à la tête d’une délégation composée de plusieurs ministres. La famille d’Aimé Césaire avait en effet souhaité que l’hommage soit simple et apolitique. En filigrane, la communauté antillaise craignait surtout une forme de récupération politique.
En Martinique, on se souvient en effet avec aigreur du discours prononcé par le chef de l’Etat en juillet dernier à Dakar. "Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire" déclarait alors Nicolas Sarkozy. Des propos qui avaient heurté la population. Le porte-parole du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) mettait en garde il y a quelques jours : "Que Nicolas Sarkozy aille aux obsèques, très bien, mais il faut alors qu’il y ait rupture avec les discours de Dakar et de Toulon (sur "l’immigration maîtrisée", NDLR) sinon ce ne sera qu’une pure mascarade", estimait Louis-George Tin.
Au delà du ressenti de la population, il y a surtout le respect dû au défunt : Aimé Césaire et le président ont toujours entretenu des relations assez chaotiques. Le poète n’appréciait guère les positions de l’ancien ministre de l’Intérieur sur la présence française outre-mer. En 2005, Césaire, qui recevait régulièrement les personnalités en visite en Martinique, avait même refusé de le rencontrer. Objet du litige : la loi de février 2005, dont un article mentionnait "le rôle positif de la présence française outre-mer". Une formule que le père de la "négritude", de tous les combats contre le colonialisme, ne pouvait accepter. En mars 2006, il avait finalement reçu Nicolas Sarkozy, lui offrant son célèbre pamphlet "Discours sur le Colonialisme" de 1950.
Gouvernement - Les députés UMP entrent en dissidence
Marianne Lundi 21 Avril 2008 - 00:53
Non seulement ils sont obligés d'assumer des mesures impopulaires sur le terrain, mais en plus on considère leur Assemblée comme une vulgaire chambre d'enregistrement. La révolte gronde !
«Peu de voix se sont élevées sur l'Afghanistan parce que la plupart des députés UMP n'ont pas de "c....... " au cul !» Le diagnostic est signé Jacques Myard, député UMP des Yvelines et un des grognards en chef de l'Assemblée nationale.
Depuis quelques semaines, les 312 soldats du bataillon présidentiel commencent à trouver la campagne des réformes trop boueuse, trop brutale, voire carrément contre-productive dans la reconquête de l'opinion. Le rythme des réformes, Blitzkrieg engagée par le nouvel exécutif contre «l'inertie» politique que Sarkozy a dénoncée pendant toute sa campagne, met aujourd'hui les députés en porte-à-faux vis-à-vis de leur électorat.
Assumer au niveau local la précipitation présidentielle - «La réforme des hôpitaux est nécessaire et je milite pour sa mise en place depuis des années, insiste Jacques Domergue, député de l'Hérault. Mais si on ne fait pas un effort de pédagogie, on risque de provoquer une réaction négative de tous les acteurs.» De Pierre Méhaignerie à Jean-Pierre Raffarin en passant par Jean-François Copé, la pédagogie a fait florès.
Hôpitaux, casernes, allocations familiales, réduction SNCF... Les dernières réformes touchant directement les Français, les parlementaires se retrouvent coincés entre un calendrier parlementaire accéléré et des électeurs qui se sentent floués.
De l'ouverture dans la contestation - Si le noyau dur des villepinistes continue de mener la critique la plus frontale de la politique de réforme, toutes les sensibilités du parti présidentiel prennent désormais part à la critique, par petites touches ou au mortier. Hervé de Charette, président du club centriste Convention démocrate, a ainsi écrit à Nadine Morano pour la mettre en garde contre la «colère légitime» que pourrait soulever son projet de supprimer une des majorations des allocations familiales.
Sur le même sujet, Jacques Myard, gaulliste conservateur, convoque sa verve critique : «Les allocations familiales sont un vrai élément de la politique industrielle du pays et il n'y a que ces imbéciles de technocrates pour dire que cela ne sert à rien.» Nouvelle performance de Sarkozy : de la droite au centre en passant par les libéraux, il a amené de l'ouverture dans la contestation.
Tétanie institutionnelle - Pour le gaulliste indépendant Nicolas Dupont-Aignan, rien d'étonnant à cette grogne : «Quand on traite mal les députés, qu'on les humilie, qu'on les méprise, il ne faut pas s'attendre à autre chose.» Car les élus, qui ont trimé pour soutenir le candidat, espéraient en retour un peu de considération. Au lieu de cela, la majorité présidentielle est réduite au rôle de chambre d'enregistrement.
Et le renforcement de l'Assemblée nationale promis par le candidat Sarkozy ? Pas le temps : entre le dernier retour de vacances et le 14 juillet, les députés auront à débattre, amender et voter une dizaine de «réformes majeures» (statut des fonctionnaires, ports autonomes, prisons…) rappelait Roger Karoutchi le 24 mars dernier. Un délai «très court» reconnaissait le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.
Les députés de la majorité ont l'impression qu'on les a oubliés. D'un mois sur l'autre, Copé est le défenseur de leur cause ou le grand absent. Quant à Karoutchi, «sa priorité a toujours été à ses magouilles personnelles», peste un élu qui remarque que le secrétaire d'Etat se préoccupe plus du Grand Paris que du grand parti.
Un temps à dissoudre la Chambre ? Du côté de l'opposition, on minimise l'ampleur de cette grogne : «Il y a bien quelques contestataires comme Myard pour défendre les avancées de de Gaulle, concède Jean-Claude Sandrier, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, mais ils sont surtout d'accord pour hurler sur ceux qui, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, soutiennent des mesures de gauche.»
Au sein de l'UMP, Dominique Paillé, conseiller de l'Elysée et ancien député lui-même est encore plus sévère : «J'ai été 20 ans parlementaire et durant tout ce temps j'ai entendu des élus avoir des états d'âme : les députés disposent de tous les outils pour s'exprimer et infléchir les textes mais ils ne les utilisent pas !»
En fait, beaucoup se sentent abandonnés au milieu du gué : plus de chef, plus de ligne, plus vraiment de parti. «Certains députés conservateurs ne savent plus où ils habitent, raconte Nicolas Dupont-Aignan. Ils ont fait campagne pour la Ligue du Nord et on leur sort un seau de gauche caviar!»
Les mesures d'économies brisent ainsi certains fondement d'égalité sociale partagés par tout le spectre de l'UMP : politique nataliste, protection sociale, etc. «S'il faut trouver des économies, moi je vais vous en trouver des économies, dans les structures de l'Etat par exemple : mais ne coupez pas l'aide aux familles !», supplie un député. Preuve de cette désorientation, le silence des députés de la majorité lorsque l'exécutif les a tout bonnement zappés en décidant seul d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan.
«Si on continue, Sarkozy n'aura plus d'autre choix que dissoudre l'Assemblée», tonnait le villepiniste Jean-Pierre Grand. De fait, pour beaucoup, la situation rappelle les début du premier mandat de Jacques Chirac quand, en 1997, Juppé n'écoutait plus les parlementaires pour appliquer le programme. Une situation qui avait justement mené le président de la République à une solution radicale. Sarkozy suivra-t-il l'exemple de Chirac face à la révolte de ses troupes ?
samedi 19 avril 2008
M. Sarkozy et M. Fillon se renvoient la responsabilité des couacs gouvernementaux
LE MONDE | 18.04.08 Extrait
Chaque jour ou presque, on rapporte à François Fillon un agacement de Nicolas Sarkozy, une phrase un peu vive d'un collaborateur du président à son égard. A l'Elysée, on tempête, on s'impatiente. Un ministre dérape ? "C'est la faute à Fillon." Un dossier mal préparé et mal vendu ? "Fillon." Un manque de visibilité : "Fillon bien sûr." "Sarkozy est condamné à s'occuper de tout", lâche un proche du président. Une autre manière de dire que le premier ministre ne fait rien.
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MM. Fillon et Sarkozy n'ont jamais été amis. Les sarkozystes remarquent que le premier n'a rejoint le second qu'après son éviction du gouvernement en 2005. Autant dire hier... Un proche des deux hommes explique : "Tout s'est détérioré quand Fillon à dit en Corse, en septembre 2007 : "Je suis à la tête d'un Etat en faillite". Ce n'est pas le mot de "faillite" qui a provoqué Sarkozy, mais l'expression "à la tête".
" Autre explication avancée à l'UMP : en mal d'ennemis, M. Sarkozy cultiverait une rivalité avec son premier ministre pour se galvaniser... "François et moi nous avons nos désaccords mais ce n'est rien par rapport à ce qui se passait entre moi et Chirac ou entre Chirac et Giscard", a confié le chef de l'Etat, mercredi. Presque un regret
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vendredi 18 avril 2008
Daniel Cohn-Bendit reçu à l'Elysée

Après le conseil des ministres, Daniel Cohn-Bendit a été reçu dans le cadre des rendez-vous du chef de l'Etat avec les chefs de file des différents partis du Parlement européen en vue de la présidence française de l'Union européenne qui débutera le 1er juillet.
Vous a-t-il répété qu'il voulait "liquider mai 68", a demandé une journaliste, allusion à une phrase du candidat Sarkozy lors de son dernier meeting en avril 2007. "Non", a répondu Daniel Cohn-Bendit. "Mais il va lire mon bouquin. Il va m'appeler et dire "je me suis trompé. Pardon... Je vais pas liquider 68. Au contraire. C'est très bien. Ca me permet d'être président", a-t-il plaisanté.
jeudi 17 avril 2008
Chantal Brunel, porte-parole UMP ovationnée à gauche
MURIEL GREMILLET – Libération jeudi 17 avril 2008
Restée discrète depuis sa nomination comme porte-parole de l’UMP, la députée de Seine-et-Marne Chantal Brunel était hier la star de l’Assemblée en devenant… l’idole de la gauche.
Lors des questions d’actualité, Chantal Brunel décide d’intervenir sur les niches fiscales, qui permettent aux plus fortunés «de ne pas payer d’impôts». A mesure qu’elle déroule sa question, les élus de gauche l’applaudissent de plus en plus ostensiblement. Jusqu’à lui réserver une standing ovation quand elle interroge la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, sur les intentions du gouvernement face à «certaines dérives fiscales».
A droite, hormis certains élus qui militent pour le plafonnement, les députés regardent le bout de leurs godasses. Frédéric Lefebvre, autre porte-parole de l’UMP et proche de Nicolas Sarkozy, se ronge même les ongles plus frénétiquement que d’habitude. Dans sa réponse, Lagarde a promis un rapport sous quinze jours. Il est attendu depuis février…
Chantal Brunel, députée de Seine-et-Marne
Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales,
Membre de la délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne
Groupe d'études : - Associative - Cancer et causes sanitaires nationales - Dépendance - Emergents - Maladies orphelines - Prisons et conditions carcérales - Tibet
mercredi 16 avril 2008
GOUVERNEMENT Les députés UMP ruent dans les brancards
Le Parisien mardi 15 avril 2008, 20h05
Crise sur les OGM, couacs sur la carte famille nombreuse, sur la Sécu... les députés UMP se fâchent.
Crise sur les OGM, couacs sur la carte famille nombreuse, éventuelle prise en charge des frais d'optique par les mutuelles : les députés UMP ruent à nouveau dans les brancards et exigent du gouvernement de la "cohérence".
"Tous les jours, il y a quelque chose. Quand ce n'est pas la carte famille nombreuse, ce sont les lunettes.
Si les réactions des élus de la majorité avaient été, de l'avis général, plus tempérées que prévu au lendemain de la défaite de la droite aux municipales, les couacs et échanges de noms d'oiseaux à l'occasion du débat sur le projet de loi, très controversé, sur les OGM ont remis le feu aux poudres, tendant à nouveau les relations gouvernement-députés UMP.
Dans les couloirs de l'Assemblée, Claude Goasguen (UMP) a dénoncé "un bombardement de mesures individuelles" dont "on ne voit pas l'intérêt global". "Je souhaite que le Premier ministre François Fillon assure la cohérence du gouvernement", a-t-il lâché.
Les reproches de la majorité ne portent pas forcément sur le fond -les députés UMP se disent très favorables aux réformes- mais sur la méthode du gouvernement.
Arlette Grosskost déplore ainsi que les élus UMP aient parfois "l'impression de devoir se soumettre béatement" au gouvernement.
D'autres critiquent le "mépris" vis-à-vis des parlementaires à l'heure où Nicolas Sarkozy promet pourtant de revaloriser le rôle des deux assemblées. "On a l'impression que, pour se faire une popularité, les ministres se disent qu'il faut injurier les députés UMP", dénonce un élu en allusion à la récente accusation de "lâcheté" lancée par Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie).
Des prises de position que le patron du groupe, Jean-François Copé, ne fait rien pour contenir. Peut-être parce qu'il espère en toucher, in fine, les dividendes. Lui-même décoche ses flèches, en regrettant par exemple "le grand cafouillage" sur la carte famille nombreuse ou en prônant "pédagogie" et "méthode" sur les frais d'optique.
Il en a ainsi appelé mardi à "l'esprit de cordée" entre gouvernement et majorité. "Il faut que chacun se sente pleinement co-responsable des actes qu'il commet et des propos qu'il tient", a-t-il lâché.
Les députés du Nouveau Centre ne sont pas en reste. Leur président, François Sauvadet, a dénoncé mardi "des annonces intempestives" du gouvernement "qui polluent le débat".
"Il faut vraiment que le Premier ministre et le gouvernement disent que l'on ne peut pas sans cesse lancer des débats qui, finalement, ne permettent pas d'aller au fond de ce que l'on souhaite pour la France : une réforme juste et équilibrée", a-t-il lancé.
Les récriminations des élus UMP ont le don d'agacer la porte-parole de l'UMP, Chantal Brunel. Il n'y a "pas un jour" où des députés UMP ne "fassent des déclarations" critiques vis-à-vis de l'exécutif, a-t-elle déclaré en regrettant qu'ils ne s'expriment pas "dans les instances du parti" plutôt que "dans les médias".
Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, en a appelé mardi à "l'esprit de cordée" entre le gouvernement et les députés UMP, condition selon lui de "la réussite de l'action politique". (Roslan Rahman - AFP/Archives)
Ca suffit, ça manque de visibilité, de cohérence et de cohésion au gouvernement", a tempêté mardi le député villepiniste Jacques Le Guen.
mardi 15 avril 2008
François Bayrou dénonce une "manoeuvre" de l'Elysée contre le MoDem
LEMONDE. avec AFP | 14.04.08
Le président du MoDem, François Bayrou, a affirmé, lundi 13 avril, que l'Elysée menait une "manœuvre" contre son parti pour "tenter de mettre fin au pluralisme" du système politique français. "Nous savons de manière certaine que des mouvements [des membres du parti] présentés comme internes" au MoDem "n'avaient en réalité pas grand chose de spontané", et qu'ils étaient "dirigés et agités de l'extérieur, pour parler clairement, de l'Elysée", a déclaré M. Bayrou lors d'une conférence de presse au siège de son parti, à Paris, promettant de "conduire sans faiblir la contre-attaque".
L'intervention de M. Bayrou fait suite au départ du sénateur Modem, Jean Arthuis, et à la prise de distance du chef de file des sénateurs centristes, Michel Mercier, ainsi qu'à la publication dans le journal Le Monde d'une note, attribuée au conseiller de Nicolas Sarkozy, Dominique Paillé, faisant état de la stratégie de la présidence pour le fragiliser.
"L'INTRIGUE, LA DÉLOYAUTÉ, LE CYNISME" - Ce document aborde notamment les "mouvements" des sénateurs centristes – M. Mercier qui ne "suivrait plus [François Bayrou et Marielle de Sarnez] dans des opérations suicides et sectaires" et M. Arthuis, qui "est venu s'aligner pratiquement mot pour mot sur [cette] position" – et se félicite qu'"un tiers" des sénateurs centristes soient prêts à s'engager dans un stratégie d'alliance avec la majorité.
François Bayrou reproche à Nicolas Sarkozy, "celui qui affirmait vouloir construire une démocratie exemplaire", d'utiliser "l'intrigue, la déloyauté, le cynisme".
L'ancien candidat à l'Elysée annonce par ailleurs une consultation des adhérents du MoDem sur la stratégie d'indépendance qu'il prône pour que le débat soit tranché "avant l'été".
Une réunion de 26 élus centristes déçus du MoDem qui souhaitent veiller sur les intérêts "juridiques, matériels et moraux" de l'ancienne UDF, est prévue mercredi soir à la demande de plusieurs élus qui se disent déçus du parti de M. Bayrou. Ces derniers affirment vouloir "faire revivre" l'UDF, qui s'est officiellement transformée en MoDem lors d'un congrès en décembre 2007.

