lundi 5 mai 2008
Lefèbvre, l'aboyeur de Sarkozy
mai
On le dit influent. Il a en tout cas été placé au coeur du nouveau dispositif que Nicolas Sarkozy a souhaité mettre en place autour de lui après les municipales. Nommé porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefèbvre ne manque pas une occasion de taper sur le PS, un parti qu'il juge rétrograde, et notamment sur Ségolène Royal. N'en ferait-il pas un peu trop?
La machine à fabriquer des communiqués tourne à plein régime à l'UMP. Encore plus depuis que Frédéric Lefèbvre a été nommé porte-parole du parti présidentiel. Pour beaucoup, plus qu'un porte-parole, Frédéric Lefèbvre est le porte-flingue de Nicolas Sarkozy. Omniprésent sur les plateaux télé, ce professionnel du lobbysme -il a fondé une société spécialisée dans cette activité- inonde les rédactions de communiqués cinglants à la moindre occasion, que ce soit un début de polémique, une critique à l'égard de la politique gouvernementale ou une déclaration du chef de l'Etat. Au point qu'on en oublierait presque l'existence de Dominique Paillé et Chantal Brunel, les deux autres porte-parole officiels de l'UMP.
L'homme qui a fait connaissance avec Nicolas Sarkozy dès 1981, dans les rangs des jeunes RPR alors en campagne pour Jacques Chirac, semble ainsi s'être fixé pour mission de faire rempart de son corps pour défendre et protéger son ami de 27 ans... Frédéric Lefèbvre a longtemps été dans l'ombre du chef de l'Etat. Il est ainsi entré dans son cabinet au ministère du Budget en 1993 dans le gouvernement Balladur, avant d'être son assistant parlementaire, puis son conseiller place Beauvau et à Bercy. Parallèlement, en créant le pôle "relations élus", il est devenu un rouage essentiel de la machine UMP, outil essentiel de l'accession à l'Elysée de Nicolas Sarkozy. C'est depuis l'élection de ce dernier que Frédéric Lefèbvre a été projeté sur le devant de la scène. Toutefois, n'étant pas dans les petits papiers de Cécilia Sarkozy et donc quelque peu supplanté par David Martinon, il a dû attendre quelques mois avant que son heure n'arrive réellement et que, peu à peu, son visage ne soit connu du grand public.
Influent donc parce que proche du Président de la République dont il a la confiance, il lui manquait une assise électorale. Jusqu'alors, il n'avait jamais été qu'un élu local, adjoint au maire de Garches en 1989, réélu en 1995 et 2001. Aux élections législatives de 2007, il a ainsi habilement hérité d'un siège de député en or massif, celui de la dixième circonscription des Hauts-de-Seine. Suppléant de l'indéboulonnable André Santini, il a récupéré son fauteuil au Palais Bourbon quand celui-ci a été nommé au gouvernement. Un deal rondement mené dont on ne sait s'il prévoit un retour en arrière dans l'hypothèse où le secrétaire d'Etat à la Fonction publique devait quitter le gouvernement...
Offensif voire agressif
Désormais bien installé et autorisé à intervenir auprès des médias à la suite du revers électoral subi par l'UMP aux élections municipales, Frédéric Lefèbvre prend son rôle très à coeur et se révèle être un redoutable avocat de la cause présidentielle. Mieux, partant du principe que la meilleure défense, c'est l'attaque, le député n'hésite pas à se montrer offensif, à la limité de l'agressivité. Mercredi, après des chiffres du chômage en hausse, il réagissait illico à un communiqué du PS qui imputait ce chiffre au gouvernement. "Le PS ne trouve rien d'autre à dire aujourd'hui que la faute incombe au gouvernement. Au lieu d'aboyer bruyamment, le PS ferait mieux de travailler!", lâchait-il un rien méprisant.
Jeudi, à l'occasion de la Fête du travail, il en remettait une couche à l'adresse de sa cible favorite: "Le travail est le symbole du changement que nous conduisons malgré les forces conservatrices de ce pays qu'incarne si bien le PS. En 40 ans le changement a changé de camp!!!" Et pour bien se faire comprendre, il enchaînait dans la foulée avec un autre communiqué, destiné celui-là à Ségolène Royal, revenant, deux semaines après, sur la condamnation pour licenciement abusif dont elle a fait l'objet. "En ce jour de fête du travail, l'UMP s'étonne que madame Royal ne se soit toujours pas exprimée sur sa condamnation pour violation du droit du travail! (...) Madame Royal bénéficie d'un traitement de faveur particulièrement injuste au regard de la gravité des faits commis. Le PS, qui est resté bien silencieux dans cette affaire choquante, a-t-il symboliquement attendu le 1er mai pour annoncer les sanctions qu'il n'a pas pu ne pas prendre? Madame Royal, qui avait annoncé un recours en cassation, a-t-elle attendu le 1er mai pour le déposer, afin de lui donner plus de poids ou a-t-elle renoncé à ce recours?", s'interroge perfidement Frédéric Lefèbvre, lequel est allé jusqu'à protester auprès de l'AFP qui se montrerait réticente à se faire l'écho de ses communiqués. Quoi qu'il en soit, cette attaque frontale en bonne et due forme s'inscrit dans une guerre des communiqués pas forcément de nature à améliorer l'image de la politique en France...
vendredi 2 mai 2008
Eric Besson hué dans l'hémicycle par les députés PS
NOUVELOBS. | 30.04.2008 | 18:12
Le secrétaire d'Etat à la Prospective a été vivement malmené lors des questions au gouvernement. Lorsqu'il a cité une formule de Tony Blair sur la mondialisation, de nombreux élus PS ont quitté la séance, criant notamment "à la soupe".
Traitre", "félon", "Ganelon"... Ces invectives ont été lancées, mercredi 30 avril à l'Assemblée nationale, par les députés PS à l'adresse d'Eric Besson. Cet ancien socialiste devenu secrétaire d'Etat à la Prospective a été vivement chahuté lors de la séance des questions au gouvernement sur son projet France 2025.
Dès qu'il a pris la parole pour répondre à une question du député UMP Gérard Millet, Eric Besson s'est fait malmené et le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a dû intervenir à plusieurs reprises pour tenter, en vain, de ramener le calme.
La bronca des élus de gauche a redoublé lorsqu'Eric Besson a cité une formule de Tony Blair : "la mondialisation est une chance pour les pays en mouvement, un risque pour les pays immobiles".
Des "traître", "félon", "Ganelon", "à la soupe", "à la gamelle" ont été scandés au milieu des huées.
Le secrétaire d'Etat s'en est alors pris au premier secrétaire du PS, François Hollande, accusé d'avoir "demandé aux députés socialistes de réagir" contre lui.
"On n'a pas de leçons à recevoir d'un traître" - De nombreux élus PS ont alors quitté l'hémicycle, faisant du bras un geste de dégoût, comme Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe, ou encore Christian Paul, qui s'est approché du banc du gouvernement pour lancer au ministre : "on n'a pas de leçons à recevoir d'un traître".
"Vous venez, mes chers ex-camarades, de décider, 40 ans après les Allemands, de découvrir l'économie sociale de marché. A ce rythme-là, dans 25 ans, ils (les socialistes) vont accepter la prospective et la stratégie, c'est le rythme actuel du Parti socialiste", a conclu le secrétaire d'Etat, quasi inaudible dans l'hémicycle.
Eric Besson avait dénoncé dimanche sur Canal+ le bilan de François Hollande à la tête du PS depuis onze années. François Hollande "a hérité du PS et va rendre la SFIO", avait-il déclaré.
mercredi 30 avril 2008
Nicolas Sarkozy atteint au mois d'avril un record absolu d'opinions négatives
NOUVELOBS. | 29.04.2008 | 07:17
Avec 64% d'opinions négatives, jamais un président n'avait enregistré un taux de mécontentement aussi fort depuis la création du baromètre mensuel BVA, en 1981. Le Premier ministre, François Fillon, baisse lui aussi, à 43% de satisfaits (-8) contre 46% de mécontents (+10). Le sondage a été réalisé avant l'interview télévisée du chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy établit un record d'impopularité dans le baromètre BVA-L'Express, rendu public lundi 28 avril. Il perd 8 points de popularité en un mois, à seulement 32% de bonnes opinions, selon ce sondage réalisé avant l'interview télévisée du chef de l'Etat.
Le président réunit en avril 64% de mauvaises opinions (+9), selon cette enquête. 4% des personnes interrogées ne se prononcent pas.
Selon le directeur de BVA Opinion, Jérôme Sainte-Marie, ce taux de mauvaises opinions est "le plus élevé jamais enregistré" par son institut depuis la création de son baromètre de l'exécutif en 1981. En revanche le faible taux de bonnes opinions (32%) s'est déjà rencontré (Jacques Chirac en novembre 1995, et même 31% pour François Mitterrand en mars 1992).
La popularité de François Fillon baisse elle aussi fortement. Le Premier ministre inspire désormais une majorité de mécontents: 46% (+ 10) contre 43% de satisfaits (-8 points). 11% ne se prononcent pas.
Delanoë reste devant Royal - Du côté de l'opposition, le sondage BVA montre par ailleurs un resserrement de l'écart de popularité entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. 49% des Français souhaitent que le maire de Paris "ait davantage d'influence dans la vie politique française", en baisse de 2 points, contre 43% pour la présidente de Poitou-Charentes (+2 points).
Ségolène Royal devance cependant Bertrand Delanoë parmi les sympathisants de gauche: 71% contre 64%.
Derrière les deux socialistes, les Français placent en troisième position le centriste François Bayrou (42%, -3 points), puis le trotskiste Olivier Besancenot (41%, en baisse de 2 points).
65 % favorables au mouvement lycéen - Parmi les ministres, Jean-Louis Borloo arrive en tête avec 39% (-5 points), devant Michèle Alliot-Marie (37%, -4). La secrétaire d'Etat à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s'est illustrée pour avoir accusé Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé de "lâcheté", fait son entrée dans le baromètre avec 23% des sondés qui souhaitent lui voir jouer un rôle plus grand à l'avenir.
En outre, 65 % des sondés se disent "plutôt favorables" au mouvement lycéen pour la défense du service public d'éducation, contre 30% qui y sont opposés et 5% qui n'ont pas d'opinion.
- Sondage réalisé en face à face du 22 au 24 avril (l'émission télévisée de Nicolas Sarkozy ayant eu lieu le 24 au soir) auprès d'un échantillon national représentatif de 994 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages.
lundi 28 avril 2008
Bayrou: les réformes "ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice"
Marianne 26/04/2008 13:42
François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), a jugé samedi que les réformes étaient "indispensables", mais qu'elle "ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice".
"Les réformes sont indispensables, mais elles ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice", a déclaré le leader centriste en clôturant une réunion à Paris d'élus et ex-candidats de son parti aux municipales.
"Je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins, et de ne pas mettre à contribution ceux qui ont plus", a-t-il ajouté.
Le député des Pyrénées-Atlantiques a cité plusieurs exemples, certains tirés de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi soir.
Pour lui, la "justification des franchises médicales par le financement des recherches sur la maladie d'Alzheimer" est "une présentation publicitaire", de la "communication".
"Même si c'était vrai", il serait "profondément choquant" de demander "aux seuls malades", plutôt qu'aux biens portants, de financer la recherche sur cette maladie, a-t-il jugé.
M. Bayrou s'est de nouveau élevé contre le financement de la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA) par un redéploiement partiel de la Prime pour l'emploi (PPE): "nous ne considérons pas qu'il soit socialement juste ni acceptable de faire payer la solidarité par les plus pauvres", s'est-il exclamé.
Il a aussi dénoncé la diminution "brutale" des allocations familiales pour les enfants entre 11 et 14 ans.
Entre un "projet de société fondé sur l'assistance sur notre gauche, et un projet fondé trop souvent sur l'arrogance sur notre droite, il y a un immense espace pour le projet de société" défendu par le MoDem, a-t-il affirmé.
"Nicolas Sarkozy a dit jeudi soir: +je crois au capitalisme et à la mondialisation+. Moi je crois à l'humanisme et à la justice", a-t-il lancé.
dimanche 27 avril 2008
Chine: Delanoë «extrêmement choqué» par l’attitude de Raffarin
LIBERATION : samedi 26 avril 2008
Le maire de Paris reproche à l’ex-Premier ministre d'avoir choisi un journal chinois, «un organe de propagande étranger», pour critiquer sa décision de faire du dalaï-lama un «citoyen d’honneur» de la ville de Paris.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est dit samedi "extrêmement choqué" que l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ait choisi de s'exprimer dans un journal chinois pour critiquer la décision de la ville de Paris d'accorder le titre de "citoyen d'honneur" au Dalaï-lama.
"J'ai une règle que François Mitterrand appliquait vraiment bien, c'est que l'on ne polémique pas sur un terrain de politique intérieure quand on est à l'étranger", a déclaré Bertrand Delanoë, venu à Londres soutenir le maire de la capitale britannique Ken Livingstone avant les élections municipales jeudi. "J'ai été extrêmement choqué qu'un ancien Premier ministre choisisse un organe de propagande étranger pour dire du mal d'un autre responsable français, en l'occurrence moi", a-t-il repris, lors d'une conférence de presse conjointe avec Ken Livingstone.
Dans un entretien au Journal de la jeunesse de Chine, Jean-Pierre Raffarin avait déclaré que "la décision de Delanoë est une erreur politique très grave". Il avait également regretté que "la ville de Paris aille dans le sens opposé au gouvernement français".
S'exprimant samedi sur France Info depuis Pékin, où il a été dépêché par le président Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin a répété que l'initiative de la ville de Paris lui paraissait "inopportune", car "ce n'est pas au moment où le gouvernement cherche à apaiser qu'une collectivité locale doit chercher à attiser".
Bertrand Delanoë, rappelant qu'il n'avait jamais recommandé le boycott des épreuves olympiques, s'est à nouveau justifié à Londres. "En même temps que nous respectons l'identité chinoise, le peuple chinois, il faut défendre nos valeurs, nos convictions universelles, les droits de l'Homme bien sûr, et le respect d'un peuple, le peuple tibétain, qui ne demande même pas son indépendance", a-t-il affirmé.
Le Conseil de Paris (PS et Verts) a donné lundi au dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris, à l'issue d'un vote conforme au souhait de Bertrand Delanoë. De nombreux élus n'ont cependant pas pris part au vote (UMP, MRC, communistes et Centre et indépendants).
mardi 22 avril 2008
Le bouclier fiscal contesté à l'UMP, le PS adore !
Marianne 21 Avril 2008
Député UMP de Seine-et-Marne, et récemment nommée porte-parole de l'UMP, Chantal Brunel a lourdement pointé les dérives du bouclier fiscal lors d'une intervention à l'assemblée... suscitant une standing ovation de l'opposition de gauche.
A chaque jour suffit son couac. Celui-ci s'est déroulé à l'Assemblée nationale le 16 avril dernier. La députée UMP de Seine-et-Marne Chantal Brunel s'empare du micro pour poser une question sur «les niches fiscales».
Profitant de son temps de parole, elle se livre à une descente en règle du bouclier fiscal, rythmant son propos de «oui c'est vrai» tout en souriant de façon complice sous les applaudissements de plus en plus prononcés des députés de gauche.
Plutôt discrète jusqu'ici, la nouvelle porte-parole de l'UMP aura réussi un joli coup, pointant du doigt les multiples dérives du système imaginé par le gouvernement. Interpellée, Christine Lagarde a promis un rapport sous 15 jours.
A en perdre son latin: jamais la gauche n'avait paru si virulente au point que Chantal Brunel finira sa question sous une standing ovation du PS. De leur côté, les députés de droite ne mouftent pas.
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lundi 21 avril 2008
Sarkozy privé de parole en Martinique, à la demande de la famille d’Aimé Césaire
France Info – 21/04/08
Le président de la République n’est pas resté plus de deux heures en Martinique : s’il a assisté aux obsèques nationales prévues pour Aimé Césaire, il n’y a prononcé aucun discours, à la demande de la famille du défunt.
Nicolas Sarkozy n’a eu droit qu’à une brève allocution, à sa descente de l’avion et face à la presse. Pendant la cérémonie, il a été prié de ne pas s’exprimer. Il était juste là en représentation, à la tête d’une délégation composée de plusieurs ministres. La famille d’Aimé Césaire avait en effet souhaité que l’hommage soit simple et apolitique. En filigrane, la communauté antillaise craignait surtout une forme de récupération politique.
En Martinique, on se souvient en effet avec aigreur du discours prononcé par le chef de l’Etat en juillet dernier à Dakar. "Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire" déclarait alors Nicolas Sarkozy. Des propos qui avaient heurté la population. Le porte-parole du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) mettait en garde il y a quelques jours : "Que Nicolas Sarkozy aille aux obsèques, très bien, mais il faut alors qu’il y ait rupture avec les discours de Dakar et de Toulon (sur "l’immigration maîtrisée", NDLR) sinon ce ne sera qu’une pure mascarade", estimait Louis-George Tin.
Au delà du ressenti de la population, il y a surtout le respect dû au défunt : Aimé Césaire et le président ont toujours entretenu des relations assez chaotiques. Le poète n’appréciait guère les positions de l’ancien ministre de l’Intérieur sur la présence française outre-mer. En 2005, Césaire, qui recevait régulièrement les personnalités en visite en Martinique, avait même refusé de le rencontrer. Objet du litige : la loi de février 2005, dont un article mentionnait "le rôle positif de la présence française outre-mer". Une formule que le père de la "négritude", de tous les combats contre le colonialisme, ne pouvait accepter. En mars 2006, il avait finalement reçu Nicolas Sarkozy, lui offrant son célèbre pamphlet "Discours sur le Colonialisme" de 1950.
Gouvernement - Les députés UMP entrent en dissidence
Marianne Lundi 21 Avril 2008 - 00:53
Non seulement ils sont obligés d'assumer des mesures impopulaires sur le terrain, mais en plus on considère leur Assemblée comme une vulgaire chambre d'enregistrement. La révolte gronde !
«Peu de voix se sont élevées sur l'Afghanistan parce que la plupart des députés UMP n'ont pas de "c....... " au cul !» Le diagnostic est signé Jacques Myard, député UMP des Yvelines et un des grognards en chef de l'Assemblée nationale.
Depuis quelques semaines, les 312 soldats du bataillon présidentiel commencent à trouver la campagne des réformes trop boueuse, trop brutale, voire carrément contre-productive dans la reconquête de l'opinion. Le rythme des réformes, Blitzkrieg engagée par le nouvel exécutif contre «l'inertie» politique que Sarkozy a dénoncée pendant toute sa campagne, met aujourd'hui les députés en porte-à-faux vis-à-vis de leur électorat.
Assumer au niveau local la précipitation présidentielle - «La réforme des hôpitaux est nécessaire et je milite pour sa mise en place depuis des années, insiste Jacques Domergue, député de l'Hérault. Mais si on ne fait pas un effort de pédagogie, on risque de provoquer une réaction négative de tous les acteurs.» De Pierre Méhaignerie à Jean-Pierre Raffarin en passant par Jean-François Copé, la pédagogie a fait florès.
Hôpitaux, casernes, allocations familiales, réduction SNCF... Les dernières réformes touchant directement les Français, les parlementaires se retrouvent coincés entre un calendrier parlementaire accéléré et des électeurs qui se sentent floués.
De l'ouverture dans la contestation - Si le noyau dur des villepinistes continue de mener la critique la plus frontale de la politique de réforme, toutes les sensibilités du parti présidentiel prennent désormais part à la critique, par petites touches ou au mortier. Hervé de Charette, président du club centriste Convention démocrate, a ainsi écrit à Nadine Morano pour la mettre en garde contre la «colère légitime» que pourrait soulever son projet de supprimer une des majorations des allocations familiales.
Sur le même sujet, Jacques Myard, gaulliste conservateur, convoque sa verve critique : «Les allocations familiales sont un vrai élément de la politique industrielle du pays et il n'y a que ces imbéciles de technocrates pour dire que cela ne sert à rien.» Nouvelle performance de Sarkozy : de la droite au centre en passant par les libéraux, il a amené de l'ouverture dans la contestation.
Tétanie institutionnelle - Pour le gaulliste indépendant Nicolas Dupont-Aignan, rien d'étonnant à cette grogne : «Quand on traite mal les députés, qu'on les humilie, qu'on les méprise, il ne faut pas s'attendre à autre chose.» Car les élus, qui ont trimé pour soutenir le candidat, espéraient en retour un peu de considération. Au lieu de cela, la majorité présidentielle est réduite au rôle de chambre d'enregistrement.
Et le renforcement de l'Assemblée nationale promis par le candidat Sarkozy ? Pas le temps : entre le dernier retour de vacances et le 14 juillet, les députés auront à débattre, amender et voter une dizaine de «réformes majeures» (statut des fonctionnaires, ports autonomes, prisons…) rappelait Roger Karoutchi le 24 mars dernier. Un délai «très court» reconnaissait le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.
Les députés de la majorité ont l'impression qu'on les a oubliés. D'un mois sur l'autre, Copé est le défenseur de leur cause ou le grand absent. Quant à Karoutchi, «sa priorité a toujours été à ses magouilles personnelles», peste un élu qui remarque que le secrétaire d'Etat se préoccupe plus du Grand Paris que du grand parti.
Un temps à dissoudre la Chambre ? Du côté de l'opposition, on minimise l'ampleur de cette grogne : «Il y a bien quelques contestataires comme Myard pour défendre les avancées de de Gaulle, concède Jean-Claude Sandrier, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, mais ils sont surtout d'accord pour hurler sur ceux qui, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, soutiennent des mesures de gauche.»
Au sein de l'UMP, Dominique Paillé, conseiller de l'Elysée et ancien député lui-même est encore plus sévère : «J'ai été 20 ans parlementaire et durant tout ce temps j'ai entendu des élus avoir des états d'âme : les députés disposent de tous les outils pour s'exprimer et infléchir les textes mais ils ne les utilisent pas !»
En fait, beaucoup se sentent abandonnés au milieu du gué : plus de chef, plus de ligne, plus vraiment de parti. «Certains députés conservateurs ne savent plus où ils habitent, raconte Nicolas Dupont-Aignan. Ils ont fait campagne pour la Ligue du Nord et on leur sort un seau de gauche caviar!»
Les mesures d'économies brisent ainsi certains fondement d'égalité sociale partagés par tout le spectre de l'UMP : politique nataliste, protection sociale, etc. «S'il faut trouver des économies, moi je vais vous en trouver des économies, dans les structures de l'Etat par exemple : mais ne coupez pas l'aide aux familles !», supplie un député. Preuve de cette désorientation, le silence des députés de la majorité lorsque l'exécutif les a tout bonnement zappés en décidant seul d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan.
«Si on continue, Sarkozy n'aura plus d'autre choix que dissoudre l'Assemblée», tonnait le villepiniste Jean-Pierre Grand. De fait, pour beaucoup, la situation rappelle les début du premier mandat de Jacques Chirac quand, en 1997, Juppé n'écoutait plus les parlementaires pour appliquer le programme. Une situation qui avait justement mené le président de la République à une solution radicale. Sarkozy suivra-t-il l'exemple de Chirac face à la révolte de ses troupes ?
samedi 19 avril 2008
M. Sarkozy et M. Fillon se renvoient la responsabilité des couacs gouvernementaux
LE MONDE | 18.04.08 Extrait
Chaque jour ou presque, on rapporte à François Fillon un agacement de Nicolas Sarkozy, une phrase un peu vive d'un collaborateur du président à son égard. A l'Elysée, on tempête, on s'impatiente. Un ministre dérape ? "C'est la faute à Fillon." Un dossier mal préparé et mal vendu ? "Fillon." Un manque de visibilité : "Fillon bien sûr." "Sarkozy est condamné à s'occuper de tout", lâche un proche du président. Une autre manière de dire que le premier ministre ne fait rien.
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MM. Fillon et Sarkozy n'ont jamais été amis. Les sarkozystes remarquent que le premier n'a rejoint le second qu'après son éviction du gouvernement en 2005. Autant dire hier... Un proche des deux hommes explique : "Tout s'est détérioré quand Fillon à dit en Corse, en septembre 2007 : "Je suis à la tête d'un Etat en faillite". Ce n'est pas le mot de "faillite" qui a provoqué Sarkozy, mais l'expression "à la tête".
" Autre explication avancée à l'UMP : en mal d'ennemis, M. Sarkozy cultiverait une rivalité avec son premier ministre pour se galvaniser... "François et moi nous avons nos désaccords mais ce n'est rien par rapport à ce qui se passait entre moi et Chirac ou entre Chirac et Giscard", a confié le chef de l'Etat, mercredi. Presque un regret
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vendredi 18 avril 2008
Daniel Cohn-Bendit reçu à l'Elysée

Après le conseil des ministres, Daniel Cohn-Bendit a été reçu dans le cadre des rendez-vous du chef de l'Etat avec les chefs de file des différents partis du Parlement européen en vue de la présidence française de l'Union européenne qui débutera le 1er juillet.
Vous a-t-il répété qu'il voulait "liquider mai 68", a demandé une journaliste, allusion à une phrase du candidat Sarkozy lors de son dernier meeting en avril 2007. "Non", a répondu Daniel Cohn-Bendit. "Mais il va lire mon bouquin. Il va m'appeler et dire "je me suis trompé. Pardon... Je vais pas liquider 68. Au contraire. C'est très bien. Ca me permet d'être président", a-t-il plaisanté.

