jeudi 22 mai 2008
En quoi Delanoë est-il présidentiable ?
Marianne – 22/05/08 – Malakine
Objectivement, Delanoë cumule beaucoup d'handicaps.
Il n'a strictement aucune expérience ministérielle. Il ne représente aucun courant d'idées. Il incarne une gauche morale et sociétale, hyper-parisienne, fait de bons sentiments écolo-libertaires, de happening culturels ou festifs et de soumission à l'ordre économique mondialisé, c'est à dire un discours qui n'a strictement aucune chance de passer dans les classes populaires et les régions industrielles.
Il n'a jamais conduit de campagne nationale, son seul fait d'armes ayant été de se faire réélire à Paris sur une vague rose, comme beaucoup de ses collègues. Son mauvais caractère est notoire, ce qui fait douter de sa capacité de rassembleur. Et pour finir, il partage avec sa concurrente, le handicap d'avoir son statut assis sur des responsabilités locales. Or, comme la campagne malheureuse de Royal l'a montré (même si cela n'a pas été suffisamment analysé), l'expérience de la gestion locale n'est ni transposable, ni valorisable dans une élection politique comme la présidentielle.
Pourtant, il est assez curieusement considéré comme un « présidentiable » incontournable. Il a certes pour lui l'estime des journalistes politiques (parisiens) et des sondages flatteurs, mais cela est précaire. Ne jamais oublier la formule de Jean François Kahn : « Lèche, lache, lynche… » Toute bulle médiatique est condamné à exploser.
Le PS va-t-il nous faire un remake de l'élection de 2007 avec des déchirements internes, un parti démobilisé, une candidature hyperpersonnalisée, un programme d'une vacuité abyssale, une campagne conduite avec amateurisme, des bourdes à répétition trahissant l'inexpérience et conduisant aux procès en incompétence, un candidat finalement discrédité et repoussoir ?
Plus qu'un premier secrétaire ou un candidat pour la présidentielle, le PS a besoin de se trouver un leader. Or la popularité, s'il elle peut faire un vote, ne peut pas fonder un leadership. Le leadership se conquiert et se constate. Sarkozy a conquis la droite bien avant de se faire élire président de l'UMP.
C'est triste à dire, mais pour en arriver là, le PS devra aller au bout de sa guerre des chefs et accepter qu'elle soit violente : Qu'ils arrêtent de se réfugier derrière des questions ou des discours tiédasses et de jurer qu'ils n'ont pas d'autre ambition que le souci du collectif. Que les prétendants affirment leur caractère, leur ambition, leurs convictions, qu'ils expriment leur haine et leurs désaccords. Qu'ils se comportent en mâles dominant en lutte pour le pouvoir !
Au final, il ne restera qu'un et celui là sera vraiment un «présidentiable».
C'est ce que la droite sait très bien faire. La bataille pour le leadership y est ré-ouverte depuis que la disgrâce du président apparaît profonde et durable. Sarkozy risquant de perdre son leadership sur son camp, un rival est en train de s'affirmer en la personne de Jean François Copé. Il n'aura besoin ni de courant, ni d'élection, ni d'investiture pour s'imposer comme le futur leader de la droite post-sarkozyste.
Il est vrai qu'il est plus facile de s'affirmer lorsqu'il y a un chef à tuer. C'est peut-être cela le problème du PS. Ce parti est depuis trop longtemps un collectif hétérogène et fragmenté, dépourvu de chef, de ligne et d'autorité, que nul ne peut s'y affirmer par un combat d'idées ou d'égo.
Redécoupage législatif : Le gouvernement a entamé ce lourd chantier
TV5MONDE PARIS (AFP) - 21/05/2008 16h58
Le gouvernement a entamé le lourd chantier du redécoupage des circonscriptions législatives, sur l'hypothèse de 577 députés, leur nombre actuel, mais avec une nouvelle répartition entre départements et la création d'une douzaine de sièges pour représenter les Français de l'étranger.
Nommé dans la semaine qui a suivi les municipales, le secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités territoriales, Alain Marleix, chargé de mener à bien cette difficile mission a esquissé mercredi les grandes lignes de ce redécoupage, attendu depuis des années.
Il a indiqué à l'AFP que le découpage se ferait à nombre de députés inchangé, soit 577 et avec maintien du seuil actuel minimum de deux députés par département, une tradition républicaine non écrite.
Principale innovation: la création de douze députés représentant les Français de l'étranger, qui nécessitera selon le secrétaire d'Etat une loi organique. En revanche, l'idée de faire élire une portion des députés à la proportionnelle semble abandonnée.
M. Marleix, qui a rencontré Nicolas Sarkozy mardi pour des "arbitrages techniques" sur ce dossier, a précisé que ce découpage "se fera sur la base des dernières données de l'INSEE" de 2008 et ne devrait pas aboutir avant l'été 2009.
"Je veux faire un découpage clair transparent, républicain", a-t-il dit précisant que les critères pourraient être définis par une loi d'habilitation, autorisant le gouvernement à agir sur ordonnance.
Selon lui, certains départements ayant vu leur population croître fortement se verrait accorder des sièges supplémentaires par tranches de 100.000 à 120.000 habitants supplémentaires. C'est le cas de départements du sud comme la Haute-Garonne, le Var, l'Hérault, le Vaucluse, le Gard... D'autres dont la population a moins augmenté ou baissé - comme Paris ou le Nord - en perdraient.
Des départements ruraux pourraient passer de 4 à 3 ou de 3 à 2 députés.
L'actuel découpage remonte à 1986, à partir des données du recensement général de 1982. Non seulement, il repose sur des données démographiques largement dépassées, mais il laisse subsister de fortes disparités entre circonscriptions en terme d'électeurs inscrits, même si la moyenne nationale est d'un député pour 100.279 habitants.
Un député représente ainsi 34.374 habitants dans la 2e circonscription de la Lozère, la moins peuplée, et, à l'autre extrémité, 188.200 dans la 2e circonscription du Val d'Oise.
Ni la Constitution ni la loi n'obligent le législateur à réviser la carte législative à intervalles réguliers, mais le Conseil constitutionnel a à maintes reprises pointé la nécessité d'un remodelage au nom du principe e l'égalité des citoyens devant le suffrage, prévu notamment par l'article 3 de la Constitution.
D'autant, soulignait le Conseil au lendemain des élections législatives de 2002 que les disparités ne peuvent que s'accroître avec le temps.
Une précédente tentative de mener à bien un redécoupage avait été abandonnée en 2005, en raison notamment de la proximité avec l'échéance de 2007, mais surtout de la difficulté à obtenir un consensus sur une question toujours controversée, puisque, par delà les équilibres démographiques elle touche aussi aux équilibres politiques.
Le Comité Balladur sur la réforme des institutions avait repris le flambeau préconisant dans son rapport remis fin octobre 2007 au président Nicolas Sarkozy "un redécoupage transparent, impartial et périodique des circonscriptions électorales".
mardi 20 mai 2008
La drôle de cohabitation : L'omniprésident face à une majorité rétive
LE MONDE | 19.05.08 | 15h05
Jacques Chirac avait dissous l'Assemblée nationale pour moins que ça. En 1997, Dominique de Villepin et Alain Juppé l'avaient convaincu que sa majorité parlementaire, trop frondeuse, trop balladurienne pour tout dire, ne saurait supporter les réformes que réclamait le passage à l'euro. Sitôt pensé, sitôt fait. Deux ans après son élection, le président de la République se retrouvait sans majorité, contraint à la plus longue cohabitation qu'ait connue la Ve
Nicolas Sarkozy découvre à son tour une majorité rétive. Depuis quelques mois déjà, on la sentait traîner des pieds. L'"ouverture" voulue par le chef de l'Etat la déboussolait, le rythme l'épuisait, le style la hérissait. "Trop de réformes, se plaignaient les parlementaires. Où est le cap ?" L'Elysée passait outre leurs conseils et leurs états d'âme. "J'ai été élu pour changer la France", balayait M. Sarkozy.
Les députés UMP ont durci leur message. On ne les entendait pas ? Ils ont parlé plus fort. Première semonce : le rejet - d'une voix - du texte sur les OGM. Deuxième semonce : le vote négatif, en commission des affaires étrangères, sur la réforme des institutions. Troisième semonce enfin : le refus de revenir sur l'obligation - concédée par Jacques Chirac au moment de la campagne référendaire sur la Constitution européenne - d'un référendum pour toute nouvelle adhésion à l'Union européenne.
D'autres textes, tel que le projet de loi de modernisation économique, portent les germes de futures rébellions.
Par trois fois, face à un chef de l'Etat qui les enjoint de ne pas rester "dans le camp des immobilistes", les parlementaires ont préféré défier M. Sarkozy plutôt que de trahir leurs clientèles, réservant même une "standing-ovation" à Jean-François Copé, leur président, que l'Elysée tient pour responsable de leur indiscipline.
Paradoxe : alors que la future réforme des institutions leur est "vendue" comme le moyen de redonner du pouvoir au Parlement, les députés de la majorité se comportent comme s'ils en avaient suffisamment.
Autre paradoxe : alors que le quinquennat et l'inversion du calendrier (présidentielle avant législatives) étaient supposés restreindre l'indépendance de l'Assemblée en subordonnant à l'élection du chef de l'Etat celle des députés, ces derniers montrent qu'il n'en est rien.
Un président sous tutelle ? Après une première année de mandat où M. Sarkozy et son gouvernement, libres de tout mouvement, ont incarné aussi bien la majorité que l'opposition, tout se passe comme si le Parlement voulait "cadrer" le président, à défaut de le "contrer".
Cette drôle de cohabitation traduit la méfiance de la majorité face à l'omniprésidence. Elle est un rééquilibrage naturel des pouvoirs. On peut aussi y voir un combat d'arrière garde des chiraquo-villepinistes, petite armée sans chef qui ne se résout pas à rendre les armes.
S'il se montre agacé, M. Sarkozy peut toutefois tirer avantage de cette situation. Au moins à court terme. En incarnant pour partie l'opposition, sa majorité prive le PS et ses alliés de leur statut institutionnel d'opposant unique.
Une fois encore, comme souvent depuis le 6 mai 2007, les cartes sont brouillées, les repères abolis. La majorité est secouée par des crises à répétition, tandis que l'opposition découvre avec amertume que quelques voix discordantes à droite sont plus audibles que la sienne.
lundi 19 mai 2008
Le Nouveau Centre sur orbite avec pour ambition de ressusciter l'UDF
TV5MONDE NIMES (AFP) - 17/05/2008 21h21
Le Nouveau Centre a pris forme officiellement à Nîmes samedi, sous la présidence du ministre de la Défense Hervé Morin, avec pour ambition de reprendre la place qui était celle de l'UDF en rassemblant "le centre et le centre droit".
Près d'un an après avoir été lancé par les députés UDF qui ont fait le choix de soutenir Nicolas Sarkozy, refusant de suivre François Bayrou dans la création du MoDem, le Nouveau Centre est désormais en mesure d'être "le pôle attractif" qui va attirer "toutes les particules centristes", s'est félicité M. Morin.
Parmi les cadeaux de naissance apportés au nouveau parti, M. Morin a annoncé le soutien du gouvernement à un amendement Nouveau Centre inscrivant dans la Constitution la "règle d'or": l'obligation pour le gouvernement de présenter un budget de l'Etat en équilibre de fonctionnement, et un budget de la Sécurité sociale en équilibre.
"Le Premier ministre nous a appelés hier pour nous dire qu'il était favorable à l'adoption" de cet amendement, a déclaré M. Morin, juste après la proclamation des résultats lui donnant la présidence du parti par 87% des voix.
Interrogé par l'AFP sur un soutien de M. Sarkozy à un tel amendement, l'Elysée a répondu qu'"il faut laisser le débat parlementaire débuter mardi".
Mais les ex-amis de François Bayrou ne doutent pas de leur succès, qui prouve, selon eux, l'efficacité de leur démarche d'alliance avec l'UMP.
Avec cette réforme, "on verra que cela sert à quelque chose d'avoir sauvé un groupe parlementaire" par l'alliance avec l'UMP aux législatives "plutôt que de revenir comme Bayrou avec trois ou quatre députés", a déclaré le député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du parti.
Et tant pis si au passage le Nouveau Centre cède sur sa revendication d'instiller une dose de proportionnelle aux législatives, autre revendication phare de l'ancienne UDF qu'avait reprise le NC.
"Avec 22 députés Nouveau Centre contre 316 députés à l'UMP, on a fromage ou dessert, mais pas fromage et dessert", a estimé Maurice Leroy, intronisé porte-parole du parti.
Plusieurs personnalités centristes ont fait le déplacement à Nîmes pour saluer le nouveau parti, sans pour autant le rejoindre dès maintenant, comme Jean-Marie Cavada, le député Thierry Benoit, élu sous l'étiquette UDF MoDem mais aujourd'hui en froid avec François Bayrou, ou le secrétaire d'Etat Eric Besson.
Le Nouveau Centre, qui compte 22 députés, convoite surtout pour l'instant le ralliement de sénateurs centristes, dont la plupart n'ont pas voulu choisir leur camp entre le MoDem de François Bayrou et le Nouveau Centre.
"Si nous arrivons à fédérer autour de nous les forces centristes, en laissant à ceux qui veulent le faire le temps de nous rejoindre, nous pourrons constituer le deuxième pôle de la majorité" au Sénat après les élections sénatoriales de septembre, a déclaré le sénateur Jean-Léonce Dupont.
Hervé Morin a lui agité le bâton, menaçant de présenter des candidats face aux sénateurs centristes qui refuseraient le rassemblement autour de son parti.
Le Nouveau Centre a du toutefois repousser à septembre une étape clef de sa stratégie de rassemblement des centristes: un changement de nom pour le parti.
Un nouveau nom ("Solid", pour Social, libéral, démocrate) avait bien été trouvé. Mais le NC a décidé de se donner jusqu'à septembre pour réfléchir et tester cette idée, jugée "trop ébouriffante" par certains.
Congrès PRG: partisans et adversaires d'alliance avec les centristes s'affrontent
TV5 MONDE PARIS (AFP) - 17/05/2008 15h52
Les élections européennes de 2009 étaient samedi au coeur du Congrès du Parti Radical de gauche (PRG) à Paris où des passes d'armes ont opposé les partisans d'une alliance avec les centristes de Bayrou ou de Borloo, aux fidèles du camp de la gauche.
Le Congrès, qui réunit quelque 400 délégués, est sans gros suspense: Jean-Michel Baylet, président du parti depuis 1996, doit être réélu dimanche sans problème, étant seul candidat en lice.
Les intervenants ont tous regretté l'échec de la gauche à la présidentielle de 2007 alors que les radicaux de gauche avaient défendu dès le premier tour Ségolène Royal.
Pour la prochaine échéance, les européennes, Jean-Michel Baylet voit dans son parti "une forte volonté d'être présent" à ce scrutin car "nous sommes un parti engagé et militant de l'Europe". "De quelle manière, avec quelle alliance c'est une question que nous allons poser", dit-il.
M. Baylet -qui a initié depuis un an un dialogue avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo- estime "possible" une alliance avec des centristes. "J'attends de voir comment vont se passer les discussions avec les uns et les autres".
Hervé Mesnager, conseiller municipal de Blois, met déjà des noms sur les listes d'alliance, "les trois B: Baylet-Bayrou-Borloo".
Le secrétaire national, Pascal-Eric Lalmy, plaide aussi pour de nouvelles alliances: "Sur l'Europe, les radicaux de gauche n'ont aucune affinité avec le PCF" et "les socialistes n'ont aucun projet européen". Il faut "bâtir dès la rentrée des listes pro-européennes et laïques", dit-il.
Mais de fortes oppositions se font entendre, notamment de la puissante Fédération de Paris, dirigée par Jean-Bernard Bros, adjoint au maire de Paris, qui réclame "des listes autonomes ou de rassemblement à gauche", "excluant totalement toute compromission ou alliances avec Nicolas Sarkozy ou un parti soutenant son gouvernement", dans une claire allusion au parti de Borloo.
Thierry Braillard, maire-adjoint de Lyon, abonde dans le même sens: "l'avenir du PRG est à gauche, la discussion avec les Valoisiens était troublante et troublée" et "il faut clôturer un débat polluant qui n'aurait jamais du naître". "Bayrou est dans l'impasse centriste" et le Parti radical "vote tous les textes" de Nicolas Sarkozy, souligne-t-il.
Yacine, militant de Seine-Saint-Denis, résume: "la porte des radicaux est ouverte, mais à condition de quitter la tutelle de la droite".
Odile Leperre-Verrier, ancienne députée européenne, renchérit: "ce rêve des trois B a peu de chance de prospérer et nous mènerait droit dans le mur".
Une autre variante est proposée par Bernard Castagnede, un dirigeant du parti, "une alliance des radicaux de gauche avec des courants écologistes". Il verrait bien aux européennes des listes "Borloo, Tapie, Christiane Taubira, Dominique Voynet".
Mais l'offre de service pour 2009 de Bernard Tapie -exclu du PRG suite à son soutien à Nicolas Sarkozy- est balayée par M. Baylet: "Bernard Tapie n'est plus membre du PRG, ses déclarations n'engagent que lui".
De son côté, Christiane Taubira, une figure phare du PRG, ne se prononce pas et se dit "archi-nulle" en stratégie électorale. Mais souligne-t-elle à l'AFP, "les radicaux de gauche portent une audace sur la construction de l'Europe qui est singulière" et "avec l'ancienne UDF, c'est le seul parti à gauche qui est cohérent sur ses engagements européens".
dimanche 18 mai 2008
UMP - Charrette exige des "excuses publiques" de Devedjian
NOUVELOBS | 17.05.2008 | 09:53
Mercredi, Hervé de Charrette dénonçait la "présidence brejnevienne" du secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian. Vendredi, celui-ci a répondu que les états d'âme du député valent 600 000 euros. Hervé de Charrette, scandalisé, exige des excuses publiques
Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a répondu vendredi 16 mai aux attaques de Hervé de Charette sur le fonctionnement du parti, avertissant que ces critiques "aidaient surtout l'opposition".
Hervé de Charette avait parlé de l'UMP comme d'un parti qui traverse une "crise d'identité" sous la "présidence brejnevienne" de son secrétaire général.
Ce-dernier a alors répondu: "Je connais le prix des états d'âme de Charette, il est de 600.000 euros!".
Cette somme correspond au montant de la subvention demandée par le député du Maine-et-Loire à l'UMP pour entretenir son club de réflexion "Convention Démocrate" et qui lui a été refusé, précise Patrick Devedjian.
Charrette exige des excuses publiques - Dans un entretien de l'édition de vendredi du Parisien/Aujourd'hui en France, Hervé de Charette répond et se dit "scandalisé" par les "attaques" du secrétaire général du parti majoritaire, Patrick Devedjian. Il "exige des excuses publiques" dans l'édition de samedi.
"Je suis scandalisé par la bassesse indigne des attaques de Patrick Devedjian. Et j'exige des excuses publiques", déclare le député du Maine-et-Loire.
"Sur le fond, j'ai dit et je maintiens que l'UMP a un fonctionnement brejnevien sous la responsabilité de Devedjian", continue Hervé de Charette.
"Les militants UMP désertent nos permanences. Il y a un vrai malaise dans ce parti", conclut-il.
Direction du PS : Ségolène Royal officialise sa candidature
LE MONDE | 17.05.08 |
Vendredi 16 mai, Ségolène Royal a mis à profit la réunion d'un "atelier citoyen" organisé à Paris, dans le 20e arrondissement, pour annoncer sa candidature à la direction du PS. Le lancement de l'offensive de Bertrand Delanoë et la nette percée du maire de Paris dans les sondages d'opinion ne lui laissaient guère le choix. "Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti", a lancé Mme Royal devant près de cinqcents de ses partisans réunis autour d'elle en cercle dans la salle de La Bellevilloise.
Démarrer très tôt et s'adresser directement aux militant : la "méthode Royal" pour le congrès de Reims, en novembre, renvoie à la stratégie qui a permis à la présidente de la région Poitou-Charentes de s'imposer en 2006 lors de la course à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle.
Les rapports de force internes sont difficiles à appréhender dans un parti qui a perdu près d'un quart de ses adhérents en un an et où les principaux courants constitués hésitent encore sur la stratégie à adopter. Toutefois, l'important n'est pas tant que Mme Royal ait décidé d'officialiser ses ambitions – personne ne pouvait en douter –, mais qu'elle soit parvenue à donner à sa candidature une légitimité ancrée dans le PS.
Annoncer que vingt-cinq premiers secrétaires fédéraux se rangent derrière elle (M. Delanoë a toutefois reçu le soutien des dirigeants de deux importantes fédérations socialistes, celles de Paris et de la Haute-Garonne) constitue une démonstration de force. Ce soutien à Mme Royal ne doit pas être surestimé, car il s'agit de fédérations petites ou de taille intermédiaire (Aude, Somme, Indre-et-Loire, Lot-et-Garonne, Yvelines, Var). Les grands bastions (Nord, Paris, Bouches-du-Rhône, Hérault) ne figurent pas sur la liste.
Essentielles pour l'emporter en novembre, ces places fortes ne veulent pas encore s'engager. En mobilisant ces soutiens, auxquels il faut ajouter celui du maire de Lyon, Gérard Collomb (dans la catégorie des maires de grandes villes, l'avantage penche toutefois en faveur de Bertrand Delanoë), Mme Royal cherche à répondre à certains partisans de Bertrand Delanoë : a mots à peine couverts, ils l'accusent de "ne pas aimer" le PS voire d'être un corps étranger à celui-ci.
L'ex-candidate à la présidentielle entend "respecter les militants" et récuse la tradition selon laquelle un congrès socialiste se gagne "à gauche" mais se termine sur une synthèse unanimiste "qui, sous couvert d'unité, fait que rien ne bouge".
Aussitôt cette pierre jetée dans le jardin de l'actuel premier secrétaire, Ségolène Royal a salué François Hollande, qui "a gagné des batailles" électorales et évité l'éclatement du parti.
Mme Royal a exclu tout "risque d'affrontement ou de guerre des chefs". "En ce qui me concerne, le débat sera respectueux", a-t-elle promis. Evoquant abondamment François Mitterrand, l'ex-candidate a remis à l'honneur certains thèmes de sa campagne présidentielle, tels "l'ordre – économique, social et écologique – juste" ou "le trouble qui pèse sur l'identité française, secouée par la peur de l'autre".
En accélérant la cadence, Ségolène Royal veut garder l'initiative face à Bertrand Delanoë, qui compte occuper le terrain dans les prochains jours, notamment avec la parution d'un livre d'entretiens.
Le maire de Paris, qui ne tardera sans doute pas à produire une nouvelle liste de soutiens, peut bénéficier d'un réflexe "anti-Ségolène", mais il devra composer avec divers courants du PS.
Pour aller au-delà de son premier cercle, celui des jospinistes "historiques", il doit attirer une partie des amis de Dominique Strauss-Kahn, devenu directeur général du FMI, et trouver un modus vivendi avec François Hollande. D'ici à l'ouverture du congrès de Reims, dans six mois, la route sera encore longue pour Ségolène Royal comme pour Bertrand Delanoë. Et elle pourrait aussi être sinueuse.
samedi 17 mai 2008
Les députés UMP déterrent la hache de guerre contre le grand sachem Sarkozy
Marianne – 17/05/08 – Sylvain Lapoix
Avec les coups de théâtre de la loi sur les OGM et de la réforme des institutions, de nombreux députés et sénateurs UMP affichent désormais clairement leur résistance à un système sarkozyste qui voudrait les réduire au silence.
Le dernier rassemblement des députés UMP a donné le ton : pour défendre leur tribu, il faut déterrer la hache de guerre. Coincés entre le «brejnevien» Devedjian et les sentinelles sarkozystes Xavier Bertrand et Frédéric Lefèbvre au siège du parti, Copé et ses troupes revendiquent leur indépendance et réclament plus de pouvoir pour les parlementaires ainsi qu'une refonte d'un parti de conquête qui a perdu toute raison de vivre. Entre déclarations chocs et votes critiques, ils dessinent ce qui pourrait bien devenir le nécessaire contrepoids au sarkozysme dans une droite française en crise.
Hervé de Charrette, Taureau centriste
Grand chef des centristes au sein de l'UMP, où il préside le courant Convention démocrate, le très écouté député du Maine-et-Loire a fait bruyamment connaître son opposition au projet de réforme des institutions : «le Président peut compter sur notre soutien mais ni sur notre silence, ni sur notre servilité», a-t-il déclaré à Libération.fr. Soutenant le principe de «coproduction législative» amené par Copé pour renforcer le rôle des parlementaires dans l'élaboration des lois, il est en première ligne pour la réforme de l'UMP comme un parti de courant… où il aurait toute légitimité pour faire vivre le noyau centriste.
Jean-François Le Grand, Mouette protectrice
Au Sénat, Le Grand est surtout connu pour son engagement anti-OGM, qu'il cultive par son appartenance à de nombreux groupes d'étude sur l'eau, les techniques agricoles, etc. Alors que le pro-OGM Jean Bizet, également sénateur de Normandie, est nommé rapporteur de la loi sur les semences génétiquement modifiées et introduit le «délit de fauchage», Le Grand prône l'activation de la clause de sauvegarde avant de dénoncer, le 2 avril, les «députés actionnés» par les groupes semenciers. Le vote défavorable en deuxième lecture à l'Assemblée a remis du baume au cœur à celui qui fut longtemps isolé : il fait aujourd'hui figure, à l'instar de Fabienne Keller et François Grosdidier, de fer de lance de la vigilance écologique à droite face à la tentation des lobbys!
Jacques Myard, Belette hargneuse
Avec 7 membres présents, il fallait qu'au moins 3 des UMP s'associent au seul député d'opposition à la Commission des Affaires étrangères pour rejeter le projet de réforme des institutions dans la nuit du 14 au 15 mai : Jacques Myard était de ceux-là. «Si le groupe majoritaire colle à tout ce que dit le président de la République, le rôle du Parlement ne sera pas revalorisé !», expliquait-il au Point.fr. Grognard en chef, qui avait dénoncé sur Marianne2 la lâcheté des députés qui n'avaient pas eu «de couilles au cul» pour exiger qu'on les consulte sur l'envoi de troupes en Afghanistan, le député des Yvelines est souvent considéré par ses collègues comme le possible pilier d'un courant «gaulliste historique» au sein de l'UMP.
Jean-François Copé, Renard ambitieux
Applaudi par ses confrères quand il a pris la parole face à François Fillon sur «l'incident» du texte sur les OGM, Jean-François Copé est désormais légitimé comme chef indépendant du groupe UMP. Initiateur du principe de «coproduction législative» pour réintégrer les députés au débat sur les réformes, il n'a pas hésité à organiser la très polémique réunion UMP-PS dans les sous-sol de l'Assemblée, perçue à l'Elysée comme une haute trahison. Qu'importe, il ne manque pas de gardes du corps, comme Claude Goasguen, député de Paris, qui dénonçait les «quelques connards» de l'Elysée qui ont tapé sur les doigts de son patron. Déclaration vivement applaudie lors de la réunion du groupe parlementaire UMP où elle fut prononcée.
Christian Estrosi, Loutre opportuniste
Attention, faux ennemi ! Contrairement à ce que pourraient laisser penser les mots très durs du nouveau maire de Nice à l'attention de l'UMP, Christian Estrosi ne s'en va pas titiller Sarkozy. De même que sa sortie sur le manque de démocratie interne à l'UMP n'était qu'un message haineux à Patrick Devedjian, les nouvelles attaques contre son parti qui ne serait utile «ni à Sarkozy, ni à la vie politique» interviennent opportunément alors qu'une législative partielle va probablement le faire élire dimanche 18 mai député des Alpes-Maritimes. Avoir un député qui étrille un parti majoritaire «coupé de sa base», c'est toujours vendeur au niveau local.
Nicolas Dupont-Aignan, Hibou persévérant
Anti-sarkozyste historique, l'acharné député non-inscrit de l'Essonne revient tout doucement sur le devant de la scène parlementaire à mesure qu'élus et médias affichent de plus en plus leur désamour vis-à-vis de Sarkozy. Par ces temps de contestation, on se demande bien qui le rejoindra dans les listes qu'il compte monter pour les élections européennes.
Dominique de Villepin, Héron patient ?
Grosdidier, Grand, Mariton… Ils sont de tous les coups et portent en eux l'espoir secret du retour sur scène de leur maître à contester. Resté silencieux depuis l'appel Républicain qu'il avait signé dans Marianne, Dominique de Villepin arriverait aujourd'hui comme chez lui dans cette droite en révolte. Peut-être, d'ailleurs, n'attendait-il que ça.
vendredi 16 mai 2008
UMP - Une nouvelle crise entre l'Elysée et la majorité
NOUVELOBS.| 15.05.2008 | 10:21
Après le rejet par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée de la réforme des institutions et du projet de loi OGM par les députés, Hervé de Charrette qualifie la direction de l'UMP de "brejnevienne", tandis que Christian Estrosi estime que le parti n'est pas utile au chef de l'Etat.
Alors qu'une nouvelle crise entre l'Elysée et la majorité a éclaté, mercredi 14 mai, avec le rejet en commission des Affaires étrangères de l'Assemblée de la réforme des institutions, les membres de l'UMP poursuivent la polémique, Hervé de Charrette dénonçant une direction "brejnevienne" du parti tandis que Christian Estrosi accuse l'UMP de na pas être utile au chef de l'Etat.
Le député UMP Hervé de Charette s'est inquiété, dans un entretien publié mercredi par Libération.fr, "d'une "crise d'identité pour l'UMP". "L'UMP est un parti qui a été organisé de façon autoritaire par Nicolas Sarkozy pour la conquête de pouvoir, mais son fonctionnement devient inadapté sous la présidence brejnevienne de Patrick Devedjian", ajoute-t-il.
"Il y a une indispensable nécessité de réforme des structures et du mode de vie interne de l'UMP. Je suis pour l'existence de courants au sein du parti", dit le député de Maine-et-Loire, se qualifiant de "centriste de toujours".
L'UMP inutile à Sarkozy - Interrogé sur les nouveaux couacs au sein de la majorité, Hervé de Charette estime que "tout cela va continuer à se développer s'il n'y a pas de remède. Ce n'est pas le groupe UMP qui ne marche pas bien. C'est le parti".
De son côté, l'ancien secrétaire d'Etat et proche du président de la République, Christian Estrosi, a estimé jeudi que l'UMP "n'est pas utile à Nicolas Sarkozy aujourd'hui" et qu'il y a "un vrai problème d'organisation"
"Ce qui m'inquiète, c'est que le parti n'est pas utile à Nicolas Sarkozy aujourd'hui, alors qu'il devrait être le garant de ses engagements. Il n'est pas non plus utile dans la vie politique parce qu'il y a un vrai problème d'organisation, de débat interne et de confrontation des idées", explique-t-il dans une interview au site internet lepoint.fr.
Couacs en série - Chaque jour apporte son lot de couacs dans la majorité. La décision de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, mercredi, de rejeter la réforme des institutions est intervenue au lendemain de l'adoption d'une motion de procédure contre le projet de loi sur les OGM.
Autre camouflet pour le gouvernement, deux amendements socialistes au même texte ont été adoptés en commission des lois avec le concours de députés UMP.
Ces incidents ont encore accentué le malaise entre le gouvernement et la majorité, perceptible depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Les députés se plaignent de ne pas être associés aux projets gouvernementaux. Le débat sur les OGM a ainsi cristallisé tous les mécontentements.
"Connards" - En réunion de groupe, le député UMP Claude Goasguen a fustigé les "connards" (sic) qui "parlent trop de l'autre côté de la Seine". En clair, les conseillers de Nicolas Sarkozy.
Le recadrage opéré la semaine dernière par le chef de l'Etat lors de la réception de la majorité à l'Elysée n'a donc rien changé. "On ne peut pas dire que son intervention de la semaine dernière ait été totalement concluante", ironisait le député UMP François Goulard. (avec AP)
jeudi 15 mai 2008
Question de confiance
Edito LE MONDE | 14.05.08 | 13h29
Quelle ironie de l'histoire ! Mardi, en fin de journée, Jacques Chirac recevait au Centre Pompidou ses anciens conseillers à l'Elysée pour leur exprimer sa "reconnaissance" pour le travail accompli avec lui, à l'Elysée, pendant ses douze années de mandat. Une heure auparavant, son successeur, Nicolas Sarkozy, venait d'enregistrer à l'Assemblée nationale un camouflet spectaculaire : faute d'une mobilisation suffisante de sa majorité, le projet de loi sur les OGM était rejeté, après l'adoption surprise d'une motion de procédure défendue par la gauche.
Et l'on voit. Un président qui entendait assumer pleinement ses responsabilités et "gouverner". Et qui gouverne mal, trop solitaire, trop impulsif, incapable de déléguer et de faire confiance au-delà du cercle trop étroit de ses principaux conseillers.
Un président qui s'était imposé comme l'incontestable "patron" de la droite française. Et qui se montre impuissant à tenir ses troupes parlementaires, en dépit de vigoureux rappels à l'ordre dont le plus récent remonte à moins d'une semaine.
Un président qui allait réformer la France, sans craindre de la bousculer. Et dont les initiatives se heurtent trop souvent, même quand elles sont pertinentes, aux réticences, voire au rejet.
Un président enfin qui n'hésitait pas, il y a un an, à faire la leçon à ses voisins européens, trop timorés à ses yeux. Et qui est aujourd'hui rappelé à l'ordre par la Commission de Bruxelles, inquiète des dérapages de nos finances publiques, lourdement déficitaires.
A quelques semaines de la présidence française de l'Union, sur laquelle mise le chef de l'Etat pour redorer son blason, c'est un autre camouflet, tout aussi cinglant. Nicolas Sarkozy l'a dit et répété : il n'entend pas "changer de stratégie". Dont acte. Cela n'interdit pas de lui suggérer de changer de méthode. C'est, à l'évidence, la condition nécessaire pour retrouver la confiance du pays, indispensable à l'action.
Nul doute que l'ancien président a dû savourer ce moment. Il y a un an, Nicolas Sarkozy ne manquait pas une occasion de fustiger les prudences, les velléités, les louvoiements des années Chirac, pour mieux vanter sa propre énergie et son volontarisme à toute épreuve. On allait voir ce qu'on allait voir, ne cessait-il de clamer.


