vendredi 8 janvier 2010
Cour des comptes – Philippe Seguin n’a pas épargné Nicolas Sarkozy
Philippe Séguin, un poil à gratter pour Nicolas Sarkozy
NOUVELOBS. | 07.01.2010 | 18:16
Les deux hommes s'estimaient. Et pourtant, le président de la Cour des comptes n'aura pas épargné le chef de l'Etat : affaire des sondages de l'Elysée, coût de la présidence française de l'UE, inutilité de la baisse de la TVA dans la restauration... Florilège.
Quand Philippe Séguin prend la tête de la Cour des comptes, en 2004, la gauche proteste: Jacques Chirac "recycle les anciens dignitaires du RPR", estime ainsi François Hollande. Et pourtant, en cinq années, Philippe Séguin aura démontré son indépendance, multipliant des rapports souvent sévères pour ses anciens amis politiques.
Tout juste élu président de la République, Nicolas Sarkozy accepte de faire contrôler le budget de l'Elysée - une première. Philippe Séguin s'acquitte de sa nouvelle tâche avec conscience. Pendant l'été 2009, le chef de l'Etat doit ainsi rembourser 14.123 euros de dépenses privées, payées indûment par la présidence de la République.
Sus aux "dérives" !
Surtout, la Cour des comptes révèle l'affaire des sondages de l'Elysée: des enquêtes de l'institut Opinionway, payés par la présidence de la République, ont été publiées par Le Figaro et LCI.
En octobre dernier, c'est le coût de la présidence française de l'Union européenne qui émeut la Cour des comptes. "Il y a eu un certain nombre de dérives et un certain nombre d'erreurs", déclare Philippe Séguin. Le rapport de la Cour des comptes s'alarme du faste du dîner du 13 juillet 2008, pour le sommet de l'Union pour la Méditerranée, qui a représenté "un total de 1.072.437 euros pour 200 personnes, soit 5.362 euros par invité".
La Cour des comptes ne manie pas non plus la langue de bois lorsqu'une politique lui paraît inutilement coûteuse. Sur la baisse de la TVA dans la restauration par exemple, Philippe Séguin se dit "réservé sur le respect des engagements d'embauche et de baisse des prix" formulés par les restaurateurs, qualifiant d'"optimiste" l'objectif de 40.000 créations d'emploi. "Seuls 6.000 emplois pourraient être créés à long terme", estime la Cour des comptes, ajoutant que "l'utilisation des taux réduits de TVA pour stimuler l'emploi est contestée, et son effet sur l'emploi mal documenté".
La Cour des comptes critique également, en septembre 2008, les exonérations de cotisation de la Sécurité sociale et le "caractère irréaliste" des prévisions de dépense de santé.
Bien sûr, c'est surtout l'envolée des déficits publics qui inquiète les sages. Depuis deux ans, les avertissements se multiplient, crise économique oblige.
Ainsi, le 11 mars 2009, Philippe Séguin s'alarme du niveau de la dette publique qui "s'approche des 80%" du produit intérieur brut (PIB). Déjà, quelques mois plus tôt, il exprimait ses doutes face aux promesses du gouvernement de résorber les déficits : "Nous avons déjà dit que l'objectif de résorption du déficit en 2012 nous semblait ambitieux. Celui de 2014 est très ambitieux également", commente-t-il.
Même inquiétude face à la dérive des déficits sociaux qui pourraient bientôt "constituer de l'ordre de 10% des flux annuels".
Du coup, le président de la Cour des comptes n'hésite pas à prédire une augmentation des impôts ou de l'inflation.
Séguin ministre ?
Et pourtant, Philippe Séguin et Nicolas Sarkozy s'entendaient bien. C'est d'ailleurs sur proposition de Nicolas Sarkozy, qui était alors ministre de l'Economie, que Philippe Séguin a été nommé en 2004. Les deux hommes soutenaient Jacques Chirac dans les années 1980.
S'ils se sont affrontés lors de la présidentielle de 1995 - Nicolas Sarkozy choisissant Edouard Balladur - leur réconciliation est spectaculaire : en 1997, Philippe Séguin s'empare du RPR et fait de Nicolas Sarkozy son numéro 2, mettant fin à une brève traversée du désert pour l'actuel chef de l'Etat.
Depuis 2007, Philippe Séguin a été plusieurs fois pressenti par la rumeur pour entrer au gouvernement. En mars 2009, il refuse en ces termes : "J'ai mon caractère, mes convictions, un souci d'indépendance que mon passage à la Cour a plutôt exacerbés".
Baptiste Legrand - Nouvelobs.com
Disparition : Philippe Seguin - Adieu l’artiste
par Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef à Challenges, jeudi 7 janvier 2009.
IL était l'un des derniers à pratiquer la politique comme un art. Avec passion, grandeur, ascèse. Physique de Falstaff, voix de baryton, goût de la formule, sens de l'histoire, formidable tribun, Philippe Séguin savait emporter les salles, provoquer l'émotion, retourner les situations.
Durant la guerre fratricide entre Edouard Balladur et Jacques Chirac, lors de la présidentielle de 1995, il avait contribué à miner la crédibilité du Premier ministre en place en dénonçant sa politique sociale et en la qualifiant de "Munich social".
Puis en janvier 1995, alors que le journal Le Monde et le microcosme annonçaient que les jeux étaient faits -Balladur était plébiscité dans les sondages- il avait réveillé l'opinion publique avec un célèbre discours prononcé à Bobigny, "Circulez rien à voir", d'une ironie mordante, d'une méchanceté ravageuse.
Dans la logique de la campagne menée par Jacques Chirac, c'est Philippe Séguin, le gaulliste social, le co-inventeur avec Henri Guaino de la fracture sociale, qui aurait du être nommé à Matignon. Mais Jacques Chirac se méfiait de cet homme ombrageux, imprévisible, susceptible et intransigeant. Et puis, dans le fond, Chirac était avant tout un pompidolien. Beaucoup plus libéral qu'il n'était apparu durant la campagne. Il n'était pas en phase avec le credo de Philippe Séguin, étatiste, interventionniste, volontariste.
A la veille de la dissolution ratée de 1997, Jacques Pilhan et Henri Guaino avaient tenté de convaincre le chef de l'Etat de nommer Philippe Séguin à Matignon, plutôt que de provoquer des élections anticipées. En vain. Dominique de Villepin s'y était violemment opposé.
Philippe Séguin est passé à côté d'un grand destin. Question d'époque. Question d'hommes. Question de circonstances. Ecarté des sommets par l'homme qu'il avait contribué à faire élire, il avait tenté un baroud d'honneur en se présentant à Paris en 2001. Mais la majorité municipale de l'époque était trop divisée, trop affaiblie, trop minée par la fin de règne de Jean Tibéri. Au lendemain de sa défaite, il quittait la scène politique.
En 2004, il devenait premier président de la Cour des Comptes. Peu à peu, en réaffirmant la puissance de ce contrepouvoir, il s'était installé en "statue du commandeur". Et il s'apprêtait, tranquillement, à prendre sa retraite, loin des bruits médiatiques.
Aujourd'hui, tout le monde politique pleure cet homme exceptionnel, grand serviteur de l'Etat, surdoué de la politique. D'autant que derrière son apparence gargantuesque se cachait un homme timide, sensible, d'une infinie gentillesse.
Ainsi, lors du référendum sur Maastricht, alors qu'il affrontait François Mitterrand dans un duel télévisé de légende, il s'était montré d'une exceptionnelle finesse face au président de la République malade et affaibli.
Il confiait même qu'il n'avait pas été au bout de ses arguments en faveur du "non". Par respect pour la fonction. Par respect pour celui qui incarnait, à cet instant, la France. Alors qu'il aurait sans doute pu, une fois de plus dans sa vie, faire basculer l'opinion. C'était Philippe Séguin.
Jospin : Pas un scalp de plus à la ceinture de N. Sarkozy …
Jospin a refusé des offres de mission proposées par Sarkozy
NOUVELOBS | 07.01.2010
" Je lui ai dit en souriant que je n'avais pas l'intention d'être un scalp de plus à sa ceinture",
révèle l'ancien Premier ministre socialiste, auquel Nicolas Sarkozy a proposé de prendre la tête d'une mission.
Lionel Jospin révèle, jeudi 7 janvier dans les colonnes du Monde, avoir été approché par Nicolas Sarkozy pour prendre la tête d'une mission de réflexion sur le modèle de la commission sur le grand emprunt. Une offre que l'ancien Premier ministre socialiste a refusée.
"Il a évoqué des possibilités de ce genre, je lui ai dit en souriant que je n'avais pas l'intention d'être un scalp de plus à sa ceinture", explique-t-il.
Il précise avoir rencontré le chef de l'Etat deux fois "à sa demande dans le cadre de consultations républicaines", au printemps 2008 pour parler de la présidence française de l'Union européenne et en septembre dernier lors d'un dîner de préparation du G20 de Pittsburgh.
Dans le quotidien, Lionel Jospin juge au passage très sévèrement la pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy, "qui nous noie sous les discours". "Obsession de l'effet d'annonce"
"L'équipe au pouvoir gouverne mal"
Le chef de l'Etat "ne théorise pas, il verbalise", estime l'ancien Premier ministre.
Dans les conditions économiques actuelles, il considère que le président de la République est "condamné à la fuite en avant" parce qu'il "ne veut pas modifier sa politique en demandant plus d'efforts à ceux qui ne souffrent pas de la crise".
"Le réveil risque d'être brutal", prévient le dernier chef du gouvernement de gauche en date.
A ses yeux, "l'équipe au pouvoir gouverne mal".
"L'obsession de l'effet d'annonce et la prise de décision sans débat, dans un cercle restreint tout en haut à l'Elysée, font négliger le sérieux et la préparation des textes", déplore Lionel Jospin, citant en exemple la taxe carbone, défendue par Nicolas Sarkozy avant d'être annulée par le Conseil constitutionnel.
Le dirigeant socialiste dénonce également le débat sur l'identité nationale lancé par la droite "mal engagé et pour de mauvaises raisons, avec des arrière-pensées électoralistes".
"Le rôle d'un président et d'un gouvernement n'est pas de semer le trouble (...) d'introduire des ferments de divisions mais de permettre à chacun de se sentir Français", souligne-t-il.
Revenant sur 40 ans d'engagement politique, Lionel Jospin publie cette semaine un livre d'entretiens intitulé "Lionel raconte Jospin". Une version télévisée, en deux parties, doit être diffusé les 14 et 21 janvier sur France 2.
(Nouvelobs.com avec Reuters
mercredi 6 janvier 2010
Le gouvernement manoeuvre pour éviter tous les sujets qui fâchent avant les régionales de Mars
Slovar – 06/01/10 - Extraits
Si l'UMP ne table que sur deux à quatre régions "gagnables" pour les prochaines élections régionales, elle fait tout son possible, avec l'aide de ses élus et du gouvernement pour éviter les sujets qui fâchent avant les deux tours de scrutin : les 14 et 21 Mars 2010.
Mais, il existe d'autres sujets, qui ne sont pas évoqués par le Président ni par sa majorité, qui vont subir un report, histoire de ne pas prendre le citoyen/électeur à rebrousse poil :
... / ... cette disposition, qui pourrait permettre l'enregistrement pendant une durée d'au plus huit mois, de tous les caractères saisis au clavier et de toutes les images affichées sur l’écran de tous les ordinateurs d'un point d'accès public à Internet, et ce, à l'insu des utilisateurs. »
PC Impact décrit bien ce "chef d'oeuvre" qui doit en théorie s'attaquer aux sites pédophiles mais aussi de permettre à la police d'utiliser des : mouchards (chevaux de Troie installés à distance), fichiers d’analyse sérielle et sanction de l’usurpation d’identité.
Et ne l'oublions surtout pas : LOPPSI, moins connu du public mais que HADOPI mais n'en est pas moins liberticide pour tous les internautes citoyens. - Report du débat sur les retraites - Alors qu'il devait déposer ses conclusions en Janvier 2010 : "Le Conseil d'orientation des retraites ne présentera ses projections qu'après les régionales"- Report du durcissement des sanctions financières : pour les entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d'emploi de personnes handicapées, prévu au 1erjanvier, reporté de ... quelques mois
Ce qui signifie que ces deux sujets qui prêtaient à discussion pourront être appliqués une fois que ... les français auront voté.
- Le redécoupage électoral : " ... / ... Le secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur et aux Collectivités territoriales Alain Marleix a toutefois annoncé, dans la foulée de ces décisions, la poursuite des travaux du redécoupage et les ordonnances ratifiées par le Parlement avant la fin de l'année ... / ... " Source Le Point
- La taxe carbone : "Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a annoncé à l'issue du conseil des ministres du mardi 5 janvier que Nicolas Sarkozy avait promis une entrée en vigueur de la taxe carbone en France le 1er juillet ... / ... En revanche, ce qui n'a pas été critiqué par les Sages sera conservé: le montant de la taxe (17 euros la tonne de CO2), les dispositions concernant les ménages (paiement de la taxe et remboursement forfaitaire via un "chèque vert") tout comme les exonérations partielles promises à certaines professions (agriculteurs, pêcheurs et routiers), ainsi que celle accordée au secteur de l'électricité ... / ... " - Source Challenge
Oui, mais, ces rejets ne tombent-ils pas à pic, pour le Président et sa majorité, car ils auraient pu plomber les candidats de l'UMP aux régionales ? Mais, ne vous inquiétez pas, ils reviendront, rapidement, une fois que vous ne pourrez plus sanctionner les candidats de la majorité présidentielle !
Alors, de quelle façon ? : Tout simplement en repoussant après le scrutin tous projets ou mesures susceptibles d'indisposer l'électorat. Certes, direz-vous, mais : La taxe carbone et le projet de loi sur le redécoupage électoral ont été rejetés par le Conseil Constitutionnel.
Seulement, lorsqu'on est candidat de la majorité présidentielle, difficile de faire campagne en évitant les sujets du pouvoir d'achat ou du "travailler plus et gagner plus". Difficile de vanter les qualités de la loi TEPA (heures supplémentaires et bouclier fiscal), de la baisse de la TVA pour les restaurateurs (coût 2, 5 milliard d’euros) , de la fiscalisation des accidents du travail, du million de chômeurs en fin de droit en 2010, de l'augmentation du prix des soins ou de la fermeture des tribunaux, qui sont dans leur ensemble des mesures et "réformes" dont les français connaissent les effets pervers et l'impact sur leur vie quotidienne
" Nicolas Sarkozy a exhorté samedi les cadres de l'UMP à faire preuve de "courage" et à refuser la "petitesse", alors que la majorité a été secouée récemment par des dissensions sur la taxe professionnelle et réforme des collectivités territoriales. ... / ... Le chef de l'Etat lors d'un discours de 50 minutes, après avoir défendu les réformes entamées depuis 2007: baisse de la TVA pour les restaurateurs, service minimum dans les transports publics, autonomie des universités, bouclier fiscal, taxe carbone, loi Hadopi contre le téléchargement sur Internet... ... / ...
Et oui, il va falloir défendre le bilan du Président et de son gouvernement et pour pas mal de mesures ou "réformes", ça relève de la haute voltige !

mercredi 30 décembre 2009
Peine de mort - Pilippeti dénonce l'accord UMP avec le parti communiste chinois
Filippetti critique l'accord entre l'UMP et le Parti communiste chinois
NOUVELOBS. | 30.12.2009 | 10:50
Après l'exécution du britannique Akmal Shaikh en Chine, Aurélie Filippetti demande à l'UMP de dénoncer son accord de partenariat avec le Parti communiste chinois.
La députée PS Aurélie Filippetti demande à l'UMP "de dénoncer officiellement" son "accord de partenariat avec le Parti communiste chinois" après l'exécution en Chine d'un Britannique, condamné à mort pour trafic de drogue mais présenté comme déficient mental par ses proches.
Condamner officiellement
Dans un communiqué publié mardi 29 décembre, l'élue de Moselle déclare : "Je demande à l'UMP de dénoncer officiellement l'accord de partenariat qu'il a signé avec la Parti Communiste chinois le 22 octobre". Elle ajoute "la réal politique, les accords commerciaux et diplomatiques ne justifient d'aucune façon que l'on tolère des manquements aussi élémentaires aux droits de l'Homme. Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand doivent condamner officiellement la dictature chinoise et ne plus coopérer avec elle à moins qu'ils privilégient la voie de la complicité".
1.700 exécutions
Malgré d'ultimes appels à la clémence, la Chine a procédé à l'exécution par injection létale du ressortissant britannique, Akmal Shaikh, 53 ans. "Cette décision inhumaine doit interpeller tous les états démocratiques dans leurs relations avec Pékin, qui selon Amnesty International, a procédé à plus de 1.700 exécutions sur les 2.400 enregistrées dans le monde l'an dernier", poursuit Aurélie Filippetti, membre du bureau national du PS.
Remous dans la majorité
L'accord de partenariat entre l'UMP et le PCC, signé le 22 octobre à Pékin par le secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand, avait suscité des remous au sein même de la majorité. Le président du groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée, Lionnel Luca, dénonçait un "accord indécent" et regrettait un "affichage politique avec un des derniers partis totalitaires".
Le patron de l'UMP avait pour sa part justifié sa démarche en affirmant que le mémorandum signé avec le PCC n'était en rien "un alignement sur ses positions".
(Nouvelobs.com avec AFP
lundi 28 décembre 2009
Régionales : Sarkozy fait peur aux candidats UMP
Marianne - Juan - Blogueur associé | Samedi 26 Décembre 2009
Mardi, Nicolas Sarkozy recevait (presque) toutes les têtes de liste UMP aux prochaines élections régionales. « Il a remonté les troupes et nous a dit qu'il fallait avoir envie » a déclaré un des participants. Mais, à l'UMP, qui a encore envie de Sarkozy ? La réunion des têtes de listes UMP aux prochaines élections régionales mardi 22 décembre à l’Elysée a été l’occasion d’un retournement politique. Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy avait fixé quatre thèmes de campagne à son clan : la fiscalité, où il fallait opposer la soi-disant mauvaise gestion des régions socialistes à la modération (inconséquente) du gouvernement, l’insécurité – l’ADN politique du Monarque -, l’identité nationale – ou plutôt l’immigration, afin de raviver la flamme frontiste qui sommeille dans le programme sarkozyen. Et enfin l’environnement, assumé sous le curieux vocable d’écologie populaire. Le débat identitaire d’Eric Besson suscite lui des inquiétudes au sujet d'une résurgence du FN, et rebute largement à droite, y compris chez des ministres-candidats. L'un d'entre eux, toujours anonyme, a confié son pessimisme au Figaro : «Je n'ai pas beaucoup de chances de gagner, mais je pensais que d'autres y arriveraient beaucoup plus facilement. J'ai maintenant l'intuition que rien ne pourra renverser la tendance, ni pour moi, ni pour mes collègues.»Juan nous raconte le jeu de cache-cache entre Sarkozy et les candidats UMP aux Régionales. Le président ne veut pas être marginalisé de la campagne politique, et les candidats voudraient pouvoir l'éviter pour conserver leurs maigres espoirs, mais il court très vite.
«Chez moi, Fillon est très bien adapté pour ma campagne. Avec Sarkozy, je redoute un mauvais buzz.» Cette confession anonyme d'un ministre, rapportée par le Figaro il y a quelques jours, a de quoi surprendre. Nicolas Sarkozy fait peur. Non pas qu'il inspire une quelconque crainte parmi les responsables de son camp. On craint plutôt qu'il ne porte la poisse. Un comble pour le président qui ne ménage pas son soutien à l'UMP... en vue de la prochaine élection présidentielle.
Aujourd’hui, le président a dû changer son fusil d’épaule. Des quatre thèmes retenus par l'UMP pour faire campagne - fiscalité, insécurité, identité, environnement - deux sont tombés à l'eau. Le fiasco du sommet de Copenhague a plombé l'argument écolo du Monarque. Mercredi, le Monarque a annoncé vouloir réunir les pays des grands bassins forestiers pour discuter réchauffement climatique. Il faut faire oublier l'échec.
En matière d'insécurité, Brice Hortefeux a quelques difficultés à promouvoir son action, statistiques floues à l’appui. Reste la fiscalité, où Nicolas Sarkozy a mardi encore fustigé la « folie fiscale » des régions de gauche.
Cacher Sarkozy du terrain
Le Monarque a donc élargi le spectre des thèmes de campagne qu’il suggère son camp :
- assumer le bilan national du gouvernement, notamment en matière de lutte contre la crise.
- élargir les sujets à « l'emploi, la sécurité dans les transports, la vidéoprotection, la réforme territoriale »
Surtout, l'Elysée cherche à préparer son camp au succès modeste : «Chaque région gagnée sera une victoire» affirmait Xavier Bertrand. La droite rêve de l'emporter en Champagne-Ardenne (Jean-Luc Warsmann), en Franche Comté (Alain Joyandet), dans la région Centre (Hervé Novelli) et en Picardie (Caroline Cayeux). Sur ces 4 régions, il y aurait fort à dire sur les candidats présidentiels. Warsmann est ce curieux député qui, à la présidence de la commission des lois, « sauva » la Scientologie de la dissolution par un amendement bien trouvé en septembre dernier. Alain Joyandet est l'actif et discret secrétaire d'Etat à la Françafrique - pardon, la Coopération. Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au commerce et aux PME, est empêtré dans la niche fiscale inefficace accordée à la restauration en juillet dernier.
Sarkozy devrait-il intervenir sur le terrain ? « On ne m'enfermera pas » a-t-il prévenu mardi. Mais qui veut l'enfermer ? Les candidats UMP ?
Le président français n'aurait pas « arrêté » sa décision de participer, « sur le terrain » à des meetings de campagnes. Fillon, lui, ira au front. Mardi dernier, le chef de l'Etat a reçu à l'Élysée les vingt-deux têtes de la liste de l'UMP. Les moyens du Palais sont ainsi régulièrement privatisés pour le compte du parti présidentiel. On s'interroge: Eric Woerth, ministre du budget, refacturera-t-il les boissons et viennoiseries à Eric Woerth, trésorier de l'UMP ?
Un peu plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy et son épouse Carla étaient allés jouer au couple royal et charitable auprès d'enfants malades dans un service pédiatrique à Créteil.
Il faut soigner l'image.
Jusqu'au bout.
jeudi 24 décembre 2009
Identité nationale : Les minarets créent une querelle de chapelles à l'UMP

En plein débat sur l'identité nationale, la présence des minarets en France a provoqué mercredi des étincelles à l'UMP. Au lendemain d'une réunion du groupe UMP à l'Assemblée, la secrétaire d'Etat aux Aînés, Nora Berra, et l'ancien ministre de la Justice, Pascal Clément, se sont accusés respectivement d'atteinte à la laïcité et de mensonge.
Selon plusieurs participants à la réunion de mardi, Nora Berra a claqué la porte après avoir entendu l'ancien Garde des Sceaux dire que "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France". La secrétaire d'Etat chargée du Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, et le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, lui ont emboîté le pas.
REGIONALES - Réunion UMP à huis clos ... Elysée le 22 Décembre
Sarkozy s'implique dans la campagne des régionales
NOUVELOBS. | 23.12.2009
"Insistez sur la fiscalité", "n'hésitez pas à parler de la taxe professionnelle, de la baisse de la TVA, du service minimum", a lancé le chef de l'Etat lors d'une réunion informelle et à huis clos à une trentaine d'élus UMP.
Le président Nicolas Sarkozy a donné leur feuille de route aux têtes de liste de la majorité aux élections régionales, qu'il a reçues dans la soirée mardi 22 décembre à l'Elysée, les invitant à mettre en avant ses réformes les plus emblématiques : fiscalité, service minimum ou baisse de la TVA.
"Insistez sur la fiscalité", a lancé le chef de l'Etat à la trentaine d'élus UMP et Nouveau centre qui défendront les couleurs de la majorité en métropole, auxquels s'étaient joints les chefs des partis et/ou ministres (Xavier Bertrand, Hervé Morin, Brice Hortefeux, Eric Besson). "Vous avez un gouvernement qui n'a pas augmenté, et n'augmentera pas les impôts alors qu'on a assisté à une folie fiscale dans les régions. C'est vraiment insupportable pour les Français", a-t-il ajouté, selon l'un des participants. "N'hésitez pas à parler de la suppression de la taxe professionnelle, de la baisse de la TVA aux restaurateurs, du service minimum" dans les transports publics, leur a également conseillé Nicolas Sarkozy. Autres conseils : dire aux électeurs que "la France résiste mieux que d'autres pays à la crise. Ca aussi, il faut le faire savoir!"
Nicolas Sarkozy, patron de l'UMP
Tous ont été reçus "de manière informelle" et "à huis-clos", le chef de l'Etat n'allant "pas faire une intervention à la télévision pour dire de voter pour la majorité présidentielle", selon l'un de ses conseillers. Pendant la campagne, le président ne devrait pas non plus participer à un meeting de l'UMP, parti qu'il avait officiellement dirigé de fin 2004 à son élection et dont il continue, chaque semaine, à recevoir les dirigeants à l'Elysée.
Dans son entourage, on cherchait ainsi à relativiser l'implication du chef de l'Etat dans un scrutin qui s'annonce difficile pour la majorité et dont les résultats devraient être interprétés comme un vote de réaction à sa politique.
Mais en se rendant lui-même au Conseil national de l'UMP à Aubervilliers fin novembre, le président avait en quelque sorte nationalisé le scrutin des 14 et 21 mars 2010, se jetant du même coup dans la bataille. Ce que n'avait d'ailleurs pas manqué de lui reprocher les socialistes, en l'accusant de se comporter comme le "président d'un clan".
"Après le temps des débats est venu le temps de l'unité", avait alors déclaré Nicolas Sarkozy, en évoquant "l'œuvre gigantesque de modernisation de la France" de son gouvernement.
Une majorité fragilisée par les polémiques
"Evidemment, les régionales ne sont pas déconnectées du contexte national, mais ce sont quand même des élections locales, aussi", tient à préciser un conseiller présidentiel.
Interrogé sur ses "pronostics", le même fait remarquer, alors que vingt régions de métropole sur vingt-deux sont à gauche depuis 2004, qu"'on ne peut pas faire pire". De manière générale, ces élections intermédiaires sont rarement favorables au pouvoir en place, les électeurs en profitant pour manifester leur dépit. Et dans un contexte de crise économique, alors que le chômage continue de monter, que l'actuel débat sur l'identité nationale provoque remous et interrogations jusque dans la majorité, les électeurs pourraient d'autant plus être amenés à sanctionner la politique actuelle. Il fallait oser : impots augmentés en régions ! A qui la faute ? report des dépenses de l'Etat sur les régions et Conseil généraux
"Le bilan dépendra de l'importance des régions gagnées. Si on ne gagne rien numériquement, mais qu'on remporte l'Ile-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ça ira", assure-t-il.
"Lors de la seconde partie du quinquennat, on va revenir sur les réformes entreprises, afin de permettre aux Français de les comprendre et de les évaluer", affirme d'ailleurs un conseiller présidentiel.
(Nouvelobs.com avec AFP
mercredi 23 décembre 2009
Elections régionales - Le Parti Pirate entre dans la course
Nouvel Obs 16 Décembre 2009
Le Parti Pirate se lance officiellement dans la course aux régionales. Pour l'occasion, le parti invite tous lesJ citoyens à faire des propositions concrètes à ajouter au programme et même à se présenter sur une liste. Jean-Christophe Frachet, tête de liste en Ile-de-France, et Valentin Villenave, trésorier du Parti Pirate, présentent à Nouvelobs.com les modalités de la future campagne.
N.O. : Quel est votre programme pour les régionales ?
Jean-Christophe Frachet : Le Parti Pirate propose un programme sur 3 plans. Le premier porte sur notre politique générale pour la défense du socle républicain - liberté, égalité, fraternité - tout en intégrant une réelle prise en compte de la société d'information et du développement durable.
Ensuite, nous défendons des grands combats notamment sur les libertés personnelles et sur le partage de la culture. Enfin, nous proposons à tous les citoyens (même les non-encartés) d'apporter leur collaboration pour des propositions concrètes.
Le Parti Pirate va même plus loin en proposant à tous ceux qui partagent nos valeurs, même s'ils ne sont pas adhérents au parti, de figurer sur nos listes. Nous voulons une démarche politique ouverte et participative, une autre façon de faire de la politique.
N.O. : Combien de listes allez-vous présenter ?
Valentin Villenave : Le nombre de listes n'est pas encore acté. Nous visons au rassemblement de tous, citoyens et associations. D'ici fin décembre, nous proposerons un document de base pour que chacun puisse apporter sa contribution. Après, une petite dizaine de personnes dans différentes régions sont capables de porter des listes, si liste il y a. Tout ça dépend surtout de nombre de personnes qui nous rejoindrons.
N.O. : Quels sont vos objectifs ?
J.-C. Frachet : Difficile à dire. Nous pouvons aussi bien réaliser 0,5% que 5%. Atteindre 10% relèverait toutefois du miracle. Personnellement, je ne désespère pas d'atteindre les 5%.
N.O. : Le Parti Pirate est-il un parti de gauche ou de droite ?
J.-C. Frachet : Nous évitons de trop nous positionnez à droite ou à gauche. Le Parti Pirate est avant tout un parti républicain, social et laïc. Une philosophie plus à gauche, même si nous réunissons à la fois des ex-PS, des ex-Modem, des ex-Verts.
.O. : Qui rallierez-vous au deuxième tour ?
J.-C. Frachet : Ce qui est sûr c'est que nous savons avec qui nous ne nous rallierons pas... L'UMP par exemple.
N.O. : Est-ce que le Parti Pirate a-t-il encore lieu d'être alors que la loi Hadopi a été adoptée ?
J.-C. Frachet : Est-ce que sous prétexte de l'adoption de la taxe carbone, les Verts doivent disparaître ? Le Parti Pirate ne se résume pas qu'à sa lutte contre la loi Hadopi. Notre positionnement ne se cantonne pas qu'à Internet, même si nous revendiquons une large prise en compte de la société de l'information. Aujourd'hui, les différents partis nient cette réalité et votent ainsi des lois complètement obsolètes comme la loi Dadvsi avant Hadopi.
N.O. : Comment le Parti Pirate va-t-il financer sa campagne ?
V. Villenave : Pour l'instant, il y a deux écoles : ceux qui plaident pour une campagne à 0 euro, et ceux qui souhaitent que nous mettions le paquet. Dans le premier cas, nous inviterions les gens à imprimer eux-mêmes leur bulletin de vote. Mais cela pose des problèmes au niveau de la validité. L'autre option consisterait à réunir des fonds dans les régions où des listes seront présentées. Pour l'instant, rien n'est fait. Nous fonctions surtout à l'instinct. Tout va se jouer pendant le mois de janvier. La prochaine échéance reste le dépôt des listes, le 14 février prochain.
A lire aussi :
"Au-delà d'Hadopi, le Parti Pirate combat un système de pensée"
Boris Manenti
mardi 22 décembre 2009
Roselyne Bachelot de vient la ministre la moins populaire du gouvernement
Mardi 22 décembre 2009
Roselyne Bachelot est devenue, en décembre, la ministre la moins populaire du gouvernement Fillon, selon le palmarès Ipsos-Le Point publié hier.
La ministre de la Santé recueille 51% d'avis défavorables (+12 points en un an), ce qui la place désormais devant Brice Hortefux et François Fillon.. Pourquoi cet acharnement ?


