mardi 1 juillet 2008
Sarkozy accueilli sous les huées à France Télévisions
lundi 30 juin 2008, - Le Parisien
Quelques centaines de salariés de France Télévisions ont accueilli sous les huées la voiture du président Nicolas Sarkozy venu lundi soir pour le 19/20 de France 3, selon un journaliste de l'AFP.
Aux cris de «Plus belle la vie sans Sarkozy», les manifestants ont brandi deux banderoles sur lesquelles on pouvait lire «hold-up sur l'audiovisuel public», des affiches avec des têtes de morts et des textes dénonçant un «retour à la propagande pure et simple», ou une «attaque contre la démocratie et le pluralisme de l'information»
La voiture du chef de l'Etat et son cortège se sont rapidement engouffrés dans le parking du bâtiment.
lundi 30 juin 2008
Des médias aux ordres ?
Dimanche 29 Juin 2008 - Marianne2.fr
Carla en une de Libé, Nicolas aux commandes de France 2 : la semaine dernière, certains ont fait une overdose de Sarkozy dans les médias. Ne manque plus que Renée, la maman du président, dans Notre Temps et le tableau sera complet.
Les Sarkozy (Carla, Nicolas, Jean, etc.) et les médias : c'est le sujet qui a mobilisé cette dernière semaine. Il faut dire que tout avait commencé très fort, avec l'interview de Carla Bruni-Sarkozy dans Libération. Pour la plupart d'entre vous, le quotidien a vendu son âme au diable en ouvrant ses colonnes à la présidente-chanteuse. «Je n'ai pas l'habitude d'avoir des regrets, force est de constater que le libé qu'il m'arrivait d'acheter, au siècle dernier, n'avait rien à voir avec le "voicilibé" d'aujourd'hui…», explique Patrick, rejoint par l'écrasante majorité des mariannautes, dont Christian résume la colère : «Ce type d'allégeance aux monarques en place est pitoyable de la part de n'importe quel journal. Plus encore quand il s'agit d'un journal comme Libé dont j'étais un fidèle ».
Lorsqu'ils n'en veulent pas à Libé, les mariannautes s'en prennent à l'omniprésence dans les médias du couple présidentiel. « La colère m'est montée car on a assez de Europe1, TF1 et France Télévision pour se coltiner les deux abrutis de la République», écrit Gradguy. « Jamais album de chansonnettes ne fut promu de la sorte avec autant de flagornerie médiatique. Déférence à l'épouse d'un président qui rate tout, saigne le service public, accroît les revenus des plus riches, fait payer les pauvres pour les plus pauvres. », martèle Gilles. Seule une petite minorité d'entre vous se veulent pragmatiques. « Paris vaut bien une messe et une explosion momentanée de ventes vaut bien une Carla. Au demeurant, rien d'extraordinaire à voir Libé abandonner un certain gauchisme de salon mâtiné d'idéologie à connotation "jeuniste" libertaire pour adopter une ligne éditoriale marquée par une culture libérale sociale moins hypocrite. Il y va de sa survie », estime Maiboroda Jean tandis que Daylight s'interroge : « Sarko fait l'ouverture, pourquoi pas Libé? ».
Des médias aux ordres? C'est déjà le cas…
Trois jours plus tard, Nicolas Sarkozy provoquait un tollé en décidant que les dirigeants de France Télévision seraient désormais nommés par l'exécutif. Une fois de plus, les mariannautes sont au rendez-vous. Et le cynisme n'est jamais loin : pour vous, cette décision ne changera rien à l'affaire car les médias n'ont pas attendu cela pour être aux pieds de Sarko 1er. «i[Cela ne changera rien à France 2, déjà aux ordres ou pratiquant l'autocensure de la honte […] des débats formatés, tellement cadrés qu'ils sont un véhicule de com et pas de dialogue. Ce n'est pas sur France 2, que l'on risquait de remettre le cadre en question]i», se lamente Patrick. «Et le pire dans tout cela, c'est l'autocensure des journalistes qui ne manquera pas de s'exercer», estime Libre. «Je rejoins le commentaire fait plus tôt sur l'asservissement des journalistes, renchérit Alaingif. A quand une bonne, une vraie, une forte réaction de vous tous, Mesdames, Messieurs des rédactions (télévisuelles ou non)? Vous êtes les premiers concernés et vous relayez l'information comme s'il s'agissait d'un fait-divers de plus... Nous revenons 30-40 ans en arrière et je n'entend sur les antennes que des interviews policés, sans un mot au dessus de l'autre... un vrai bonheur pour les Albanel, Estrosi, Morin et consorts... » « La presse politique, elle fait dans le people, les journalistes commencent à longer les murs de peur d'être accusés de lèse-majesté et les moutons suivent le troupeau. L'histoire recommence, c'est dommage d'en arriver là », conclut Croquignol. Pessimiste ou cynique ? A votre avis ?
dimanche 29 juin 2008
"Le risque de retour à une télévision d'Etat est réel"
Chat : Jean-Louis Missika : "Le risque de retour à une télévision d'Etat est réel"
Dans un chat au Monde.fr, Jean-Louis Missika, sociologue et adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation, doute que la nomination directe du président de France Télévisions telle qu'elle a été proposée "soit acceptable par le Conseil constitutionnel s'il respecte sa propre jurisprudence sur l'indépendance des autorités administratives".
LIRE SUR
LEMONDE | 26.06.08 | 12h02 •
vendredi 27 juin 2008
Haro sur France Télé ! Edito du MONDE
Edito du Monde | 26.06.08 | 12h30
Contrairement à Silvio Berlusconi en Italie, Nicolas Sarkozy n'a pas les moyens d'acheter les chaînes de télévision dont il rêve. A défaut, il a décidé d'en prendre le contrôle. Avec un mélange saisissant de brutalité et de cynisme.
Brutalité ? Elle est patente de bout en bout. Quand il annonce, le 8 janvier, son intention de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, le président de la République n'a prévenu personne ou presque. Mise en place pour examiner les conséquences de cette décision, la commission présidée par Jean-François Copé n'aura servi, pendant quatre mois, qu'à "amuser" la galerie. Le 25 juin, le chef de l'Etat a tranché : la suppression de la publicité se fera à ses conditions - elle sera effective après 20 heures dès le 1er janvier 2009 et totale à la fin de 2011.
Mieux. Invoquant la règle d'airain selon laquelle "qui paie commande" - et se comportant de fait comme si l'argent public était le sien -, M. Sarkozy a décidé que le patron de France Télévisions serait, à l'avenir, nommé par le pouvoir exécutif. Autant dire par lui-même, tant les garde-fous du CSA et d'un éventuel veto parlementaire sont illusoires.
Quant au cynisme, il s'exprime sans gêne. Contrairement aux assurances initiales, il est dès à présent évident que la suppression des recettes publicitaires de France Télévisions ne sera pas compensée, et de loin, par les deux taxes nouvelles prévues sur les chaînes privées et sur les opérateurs des télécoms et d'Internet. A supposer qu'elles franchissent les obstacles du Parlement, du Conseil constitutionnel et de Bruxelles. On voit mal, dans ces conditions, comment la télévision publique pourra, faute de moyens suffisants, améliorer la qualité et la richesse de ses programmes pour mieux "faire la différence" avec le privé, comme elle y est conviée.
On l'a déjà dit ici même : la télévision publique est tout sauf un modèle de bonne organisation et de qualité garantie. La désignation de son patron, tout sauf un modèle de transparence. Ce n'est pas une raison pour lui casser les reins. Le rôle des chaînes publiques - informer, instruire et divertir les Français - est trop important pour en laisser la maîtrise à un seul homme, fût-il président de la République.
Sarko a fait un beau cadeau à Bouygues, par Dominique Dhombres
LE MONDE | 26.06.08 | 12h49
Nicolas Sarkozy tranche de tout et s'occupe de tout, y compris de télévision. C'était un spectacle extraordinaire, mercredi 25 juin, de suivre en direct sur la chaîne parlementaire le soliloque du chef de l'Etat, tout excité, et même remonté comme une pendule, à propos du type de télévision publique qu'il est décidé à instaurer sans tarder, et que ça saute !
Sous les yeux des professionnels concernés, sagement assis devant lui dans son palais de l'Elysée, il refaisait leur monde, les appelait par leurs noms ou par leurs prénoms, leur tressait des éloges ou leur lançait quelques perfidies choisies. C'était un numéro de cabaret auquel ils étaient bien obligés d'assister, en spectateurs muets, cocus et contents, dont les traits du visage étaient régulièrement scrutés par l'oeil de la caméra. Malheur à celui qui ne sourirait pas ! Ils souriaient.
Le prétexte de cette pantalonnade était la remise du rapport de la commission Copé. Formée le 19 février, celle-ci devait trouver une solution au problème que Nicolas Sarkozy avait lui-même créé en annonçant le 8 janvier, à la surprise générale, la suppression de la publicité sur les chaînes du service public.
La commission a accouché d'un texte d'une cinquantaine de pages que son destinataire a sûrement lu, par politesse, après avoir déjà arbitré sur tout. Pauvre commission et pauvre Jean-François Copé !
La première était accablée d'éloges pour la qualité de ses travaux, l'ampleur de ses vues et son courage face aux critiques.
Idem pour le second. Moyennant quoi, les recommandations du rapport étaient sévèrement détricotées par Nicolas l'agité.
Evidemment, les parlementaires socialistes, qui ont quitté la commission le 4 juin en estimant qu'on se moquait d'eux, étaient couverts de sarcasmes. Et tous ceux qui dénonçaient dans cette affaire l'arbitraire du prince étaient nécessairement des aigris, des immobilistes et des défenseurs d'un système dépassé par l'évolution des technologies... On retiendra de cette séance à l'Elysée les deux décisions qui importent : la publicité est supprimée de 20 heures à 6 heures du matin, dès le 1er janvier prochain, sur les chaînes du service public.
Et la nomination du président de France Télévisions est chose trop importante pour être confiée à un autre que le chef de l'Etat. On résume en langage enfant ? Sarko a fait un beau cadeau à Bouygues, Bolloré et consorts. Il nommera lui-même, le jour venu, le successeur de Patrick de Carolis.
Ce dernier, qui voudrait bien rester, disait qu'il était très content. Christine Albanel, qui proposera prochainement le projet de loi reprenant les désirs présidentiels, est sûrement très contente, elle aussi. Avant le 8 janvier, ils étaient l'un et l'autre hostiles à la suppression de la publicité.
Mais pourquoi ils ne sont pas tous sortis ??
jeudi 26 juin 2008
Com’ Com’ Com’ Com …!
J.-L. P. - Le Canard enchaîné du mercredi 25 juin 2008
Que fait un président omniprésent sur les écrans qui, après avoir fondé toute son action sur la com’, se retrouve, un an après son élection, au plus bas dans les sondages ?
Il fait encore plus de com’ !
C’est ainsi que Sarkozy a chargé son vieil ami publicitaire Thierry Saussez, bombardé « délégué interministériel à la communication », de lui concocter une belle campagne de pub sur le pouvoir d’achat, jusqu’ici son échec le plus retentissant. Pas moins de 4,3 millions de beaux euros, sonnants et trébuchants ont ainsi été claqués pour diffuser à la télé pendant les trois semaines à venir, très exactement 1630 fois, des jolis spots publicitaires expliquant les formidables mesures gouvernementales grâce auxquelles « c’est mois après mois que nous gagnons la bataille du pouvoir d’achat ». Ainsi, par exemple, un spot nous explique que, « aujourd’hui chaque heure sup’ vous rapporte plus », et un autre que, « aujourd’hui, on ne demande plus qu’un mois de caution au lieu de deux ». Des mesures foudroyantes qui vont bouleverser l’opinion publique, non ?
Le prix de l’essence ne cesse de grimper, et celui des denrées alimentaires, et l’inflation repart, et juste au moment où le gouvernement annonce qu’au 1er juillet il ne donnera aucun coup de pouce au smic, (mais juste le minimum légal pour accompagner l’inflation, soit 8 centimes de plus par heure), notre « président du pouvoir d’achat » fait du ramdam autour de quelques mesurettes qui ne mangent pas de pain.
France Télévisions : du "détricotage" à la "mise sous contrôle" du service public
LEMONDE. avec AFP et Reuters | 25.06.08 | 20h05
Nicolas Sarkozy s'était félicité, lors du discours qui a suivi la remise du rapport de la commission Copé, mercredi 25 juin, que le débat autour de sa réforme ait été "passionné". Maintenant qu'il a livré ses arbitrages, la période qui s'ouvre, jusqu'à la présentation du projet de loi en automne, risque d'être aussi mouvementée, si l'on en croit les réactions qui ont suivi son intervention.
Si Jean-François Copé s'est déclaré "très heureux" que l'essentiel des propositions de la commission ait été repris par le président de la République, la plupart des réactions ont été plutôt négatives. Parmi les plus virulentes, celle de l'intersyndicale de France Télévisions. "Nous sommes encore plus en colère à cause d'un détricotage des mesures proposées par Copé", a réagi Jean-François Téaldi, délégué CGT et membre de l'intersyndicale. "A l'instant 't', on ne sait plus sur quel pied danser. Toutes les mesures préconisées, tous les chiffres avancés sont remis en cause par Sarkozy. On ne sait plus où on va", a-t-il ajouté.
"LES ARMES DE GUERRE DU POUVOIR"
Les opérateurs télécom et les fournisseurs d'accès Internet, scandalisés de voir leur chiffre d'affaires taxé de 0,9 % pour financer l'audiovisuel public, ne sont pas en reste. "Cette taxe, qui va au-delà des recommandations de la commission Copé, est à la fois contre-productive et illégale", affirme la Fédération française des télécoms, qui assure qu'elle irait même à l'encontre de la Constitution française et du droit communautaire. L'organisme prévient que les 378 millions d'euros que représente cette taxe seront "inéluctablement" reportés "sur la facture de leurs clients".
Pour les politiques, la problématique du pouvoir d'achat reste une des principales préoccupations. "Instaurer de nouvelles taxes aura des répercussions sur les ménages des Français. Ce n'est pas le moment", a estimé le député du Nouveau Centre François Sauvadet. L'autre inquiétude, c'est l'indépendance du service public vis-à-vis du pouvoir. "On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision", a ainsi réagi le président du MoDem, François Bayrou, qui constate que "le service public devient directement dépendant de l'Etat : son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants".
"Ce qui se prépare, ce sont les armes de guerre du pouvoir pour faire digérer la potion amère de politiques scandaleusement impopulaires", s'est emporté le député PS Arnaud Montebourg. "Moins il y a de services publics forts, plus ça arrange les libéraux qui vont donc maintenant – c'est ça l'arrière-pensée – distribuer l'argent de la publicité à leurs amis".
dimanche 1 juin 2008
Internet et téléphonie mobile : les nouveaux droits des usagers
LE MONDE | 31.05.08 Les conflits avec les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) et les opérateurs de téléphonie mobile constituent 28,1 % des plaintes déposées par les consommateurs à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Mise en oeuvre à partir du dimanche 1er juin, la loi Chatel, relative aux services de communications électroniques, devrait sinon éliminer du moins réduire les sources de conflits avec les opérateurs et mieux encadrer les relations avec leurs clients. La quasi-totalité des dispositions devrait être appliquée à cette date par les principaux opérateurs.
Voici les sept principales d'entre elles.
Des possibilités de résiliation des contrats plus étendues. Les clients qui sont engagés auprès d'un opérateur pour vingt-quatre mois pourront résilier leur abonnement à partir du treizième mois. Le fournisseur ne pourra leur réclamer qu'un quart des sommes restant dues. Cette mesure est destinée à accroître la concurrence entre les acteurs du secteur. Mais "cela ne sert à rien", tranche Edouard Barreiro, chargé de mission à l'UFC-Que choisir. "Pour que cette mesure soit une réelle incitation à changer d'opérateur, il faudrait que l'un d'entre eux propose de payer le dédit à l'ancien opérateur pour ses nouveaux clients", estime-t-il.
Des durées d'engagement raccourcies. Aucun contrat ne pourra obliger un client à souscrire un abonnement supérieur à vingt-quatre mois. Les opérateurs sont tenus de proposer systématiquement une formule sur douze mois. Mais celle-ci revient généralement plus cher. Les organisations de consommateurs avaient plaidé pour une interdiction pure et simple des abonnements supérieurs à douze mois. M. Barreiro conseille de se tourner vers les offres sans engagement et sans téléphone offert ou subventionné. "Pour deux heures de communications mensuelles, ces offres reviennent à environ 20 euros, contre environ 35 euros pour les abonnements sur vingt-quatre mois. Cela fait une différence de 360 euros, le prix d'un téléphone acheté sans abonnement", observe M. Barreiro.
L'accord du client exigé pour les options payantes. Les opérateurs proposaient des services gratuits pendant deux mois puis les facturaient ensuite automatiquement à leur client. Ils ne peuvent désormais le faire que s'ils ont obtenu l'accord exprès du client. Devant la difficulté de mettre en place cette mesure, Bouygues ou SFR, par exemple, ont décidé de faire payer ces options dès leur souscription moyennant une réduction les deux premiers mois.
Des préavis de résiliation plus courts. Ils ont été ramenés à dix jours contre plus de deux mois chez certains fournisseurs.
La restitution plus rapide des avances et des dépôts. Certains FAI réclament le versement d'une caution pour la fourniture du matériel (décodeur, modem...) tandis que les opérateurs de téléphonie mobile peuvent exiger des avances sur consommation. Ces sommes doivent être remboursées sous dix jours après restitution des appareils ou résiliation du contrat.
Des communications téléphoniques moins chères vers les centres d'appels. Le coût de la communication doit être gratuit pendant le temps d'attente et équivalent à celui d'un appel une fois que l'on est mis en relation avec un conseiller. Ces appels étaient jusqu'à présent surtaxés. Cette mesure n'est cependant mise en place que lorsqu'on appelle d'un poste fixe ou sur le réseau de l'opérateur. Numéricâble, montré du doigt pour ses temps d'attente interminables au téléphone, s'engage à rappeler ses clients dans un délai de vingt-quatre heures pour des problèmes complexes.
Les appels vers le 118 un peu moins chers et un peu plus transparents. L'appel sera désormais compris dans le forfait, mais le service (un peu plus de 1 euro par appel) et le temps passé avec le service de renseignements (10 centimes d'euro par minute) continueront d'être facturés. Lorsque l'appel est transféré vers le numéro recherché, la communication continue de ne pas être incluse dans le forfait, mais le service doit informer de son coût.
Une meilleure information. La durée du contrat pendant laquelle le client reste engagé avec l'opérateur doit figurer sur chaque facture. Une mention qui pourrait ne pas apparaître dès celle de juin chez certains opérateurs.

vendredi 30 mai 2008
Fillon le meilleur ennemi du "meilleur ami" du Président
Le Canard Enchaîné du mercredi 28 mai
Les hauts fonctionnaires de ministère de la Culture en sont restés estomaqués : Christine Albanel a fait préparer par son cabinet un amendement visant à autoriser une deuxième coupure publicitaire dans les œuvres audiovisuelles.
Traduction : c’est un amendement taillé sur mesure pour TF1, qui, actuellement ne peut interrompre la diffusion de ses œuvres de fiction que par un seul écran publicitaire.
Autre curiosité : la ministre de la Culture entendait faire voter cet « amendement Bouygues » au cours de la discussion sur le projet de loi sur la modernisation de l’économie qui doit s’ouvrir, à l’Assemblée, cette semaine. Quel rapport avec la dite loi de modernisation ? Aucun. Mais il est urgent d’aider TF1 à redresser ses comptes, qui sont en berne en raison de la chute de ses recettes publicitaires.
Saisi de l’affaire, le 26 mai, François Fillon a décidé de bloquer l’amendement en question. Au motif que la commission Copé est en train de plancher sur le financement de l’audiovisuel public et que cette mesure risquait de mettre le feu aux poudres.
Problème annexe : Matignon soupçonne fortement l’Elysée d’avoir inspiré à Albanel cet amendement et s’attend à devoir contrer une nouvelle offensive.
Le Premier ministre n’en est pas à son premier mauvais coup contre la maison Bouygues. Il ne cesse de dire, en privé, tout le mal qu’il pense – au nom de la morale républicaine – du projet de fusion Areva-Alstom au profit du propriétaire de TF1. C’est à croire que Fillon a quelque chose à reprocher au « meilleur ami » de Sarko.
A part quoi, comme le chef de l’Etat a tenu a le préciser, mardi matin, aux journalistes de RTL : « Vous n’arriverez pas à un mettre un coin entre le Premier ministre et moi ! ».
Un coin en béton Bouygues, par exemple.

jeudi 29 mai 2008
Edito - Le fait du prince
Edito du Monde | 28.05.08 | 13h51
On cogne d'abord et on réfléchit après. Si nécessaire, on cogne à nouveau et on compte les morts ensuite. Ainsi pourrait-on résumer la méthode adoptée par Nicolas Sarkozy pour traiter la question de l'avenir de la télévision publique en France. Caricature ? Malheureusement pas !
Le 8 janvier, le président de la République annonce son intention de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, sans prévenir la ministre concernée (Christine Albanel), et encore moins le principal intéressé (Patrick de Carolis, patron de France Télévisions). La décision est audacieuse - la gauche en avait rêvé et s'était "dégonflée". Mais elle est tellement improvisée qu'elle déclenche panique et tollé.
Le chef de l'Etat confie donc en février à Jean-François Copé, le turbulent président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, la présidence d'une commission chargée de proposer une stratégie économique et éditoriale pour la "nouvelle télévision publique".
Après deux mois de travail sérieux, cette commission esquisse prudemment, parmi d'autres solutions de financement, une augmentation de la redevance, beaucoup plus faible en France que chez nos voisins européens. Hors de question !, vient de répliquer Nicolas Sarkozy en invoquant la promesse faite pendant la campagne de 2007 de ne pas toucher à la redevance et en coupant l'herbe sous les pieds à la commission Copé.
On reste médusé par cette inconséquence. France Télévisions n'est certes pas une vache sacrée. Elle n'est pas un modèle de bonne organisation, tant ses structures sont empilées et stratifiées. Pas davantage un modèle de bonne gestion, avec ses 11 000 salariés et son dédale de statuts et de "placards". Beaucoup s'accordent sur la nécessité d'une profonde modernisation.
Est-ce une raison suffisante pour déstabiliser en profondeur l'ensemble des chaînes publiques ? Pour ignorer avec une telle désinvolture la qualité indéniable de ses productions, comparées à celles des télévisions privées ? Pour lui demander froidement de faire encore mieux en la privant de centaines de millions d'euros de recettes ? Bref, pour la tuer avant de l'avoir guérie ? La réponse est non. Sauf à admettre le fait du prince.

