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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

dimanche 1 juin 2008

Internet et téléphonie mobile : les nouveaux droits des usagers

LE MONDE | 31.05.08

Les conflits avec les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) et les opérateurs de téléphonie mobile constituent 28,1 % des plaintes déposées par les consommateurs à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Mise en oeuvre à partir du dimanche 1er juin, la loi Chatel, relative aux services de communications électroniques, devrait sinon éliminer du moins réduire les sources de conflits avec les opérateurs et mieux encadrer les relations avec leurs clients. La quasi-totalité des dispositions devrait être appliquée à cette date par les principaux opérateurs.

Voici les sept principales d'entre elles.

Des possibilités de résiliation des contrats plus étendues. Les clients qui sont engagés auprès d'un opérateur pour vingt-quatre mois pourront résilier leur abonnement à partir du treizième mois. Le fournisseur ne pourra leur réclamer qu'un quart des sommes restant dues. Cette mesure est destinée à accroître la concurrence entre les acteurs du secteur. Mais "cela ne sert à rien", tranche Edouard Barreiro, chargé de mission à l'UFC-Que choisir. "Pour que cette mesure soit une réelle incitation à changer d'opérateur, il faudrait que l'un d'entre eux propose de payer le dédit à l'ancien opérateur pour ses nouveaux clients", estime-t-il.

Des durées d'engagement raccourcies. Aucun contrat ne pourra obliger un client à souscrire un abonnement supérieur à vingt-quatre mois. Les opérateurs sont tenus de proposer systématiquement une formule sur douze mois. Mais celle-ci revient généralement plus cher. Les organisations de consommateurs avaient plaidé pour une interdiction pure et simple des abonnements supérieurs à douze mois. M. Barreiro conseille de se tourner vers les offres sans engagement et sans téléphone offert ou subventionné. "Pour deux heures de communications mensuelles, ces offres reviennent à environ 20 euros, contre environ 35 euros pour les abonnements sur vingt-quatre mois. Cela fait une différence de 360 euros, le prix d'un téléphone acheté sans abonnement", observe M. Barreiro.

L'accord du client exigé pour les options payantes. Les opérateurs proposaient des services gratuits pendant deux mois puis les facturaient ensuite automatiquement à leur client. Ils ne peuvent désormais le faire que s'ils ont obtenu l'accord exprès du client. Devant la difficulté de mettre en place cette mesure, Bouygues ou SFR, par exemple, ont décidé de faire payer ces options dès leur souscription moyennant une réduction les deux premiers mois.

Des préavis de résiliation plus courts. Ils ont été ramenés à dix jours contre plus de deux mois chez certains fournisseurs.

La restitution plus rapide des avances et des dépôts. Certains FAI réclament le versement d'une caution pour la fourniture du matériel (décodeur, modem...) tandis que les opérateurs de téléphonie mobile peuvent exiger des avances sur consommation. Ces sommes doivent être remboursées sous dix jours après restitution des appareils ou résiliation du contrat.

Des communications téléphoniques moins chères vers les centres d'appels. Le coût de la communication doit être gratuit pendant le temps d'attente et équivalent à celui d'un appel une fois que l'on est mis en relation avec un conseiller. Ces appels étaient jusqu'à présent surtaxés. Cette mesure n'est cependant mise en place que lorsqu'on appelle d'un poste fixe ou sur le réseau de l'opérateur. Numéricâble, montré du doigt pour ses temps d'attente interminables au téléphone, s'engage à rappeler ses clients dans un délai de vingt-quatre heures pour des problèmes complexes.

Les appels vers le 118 un peu moins chers et un peu plus transparents. L'appel sera désormais compris dans le forfait, mais le service (un peu plus de 1 euro par appel) et le temps passé avec le service de renseignements (10 centimes d'euro par minute) continueront d'être facturés. Lorsque l'appel est transféré vers le numéro recherché, la communication continue de ne pas être incluse dans le forfait, mais le service doit informer de son coût.

Une meilleure information. La durée du contrat pendant laquelle le client reste engagé avec l'opérateur doit figurer sur chaque facture. Une mention qui pourrait ne pas apparaître dès celle de juin chez certains opérateurs.

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vendredi 30 mai 2008

Fillon le meilleur ennemi du "meilleur ami" du Président

Le Canard Enchaîné du mercredi 28 mai

Les hauts fonctionnaires de ministère de la Culture en sont restés estomaqués : Christine Albanel a fait préparer par son cabinet un amendement visant à autoriser une deuxième coupure publicitaire dans les œuvres audiovisuelles.

Traduction : c’est un amendement taillé sur mesure pour TF1, qui, actuellement ne peut interrompre la diffusion de ses œuvres de fiction que par un seul écran publicitaire.

Autre curiosité : la ministre de la Culture entendait faire voter cet « amendement Bouygues » au cours de la discussion sur le projet de loi sur la modernisation de l’économie qui doit s’ouvrir, à l’Assemblée, cette semaine. Quel rapport avec la dite loi de modernisation ? Aucun. Mais il est urgent d’aider TF1 à redresser ses comptes, qui sont en berne en raison de la chute de ses recettes publicitaires.

Saisi de l’affaire, le 26 mai, François Fillon a décidé de bloquer l’amendement en question. Au motif que la commission Copé est en train de plancher sur le financement de l’audiovisuel public et que cette mesure risquait de mettre le feu aux poudres.

Problème annexe : Matignon soupçonne fortement l’Elysée d’avoir inspiré à Albanel cet amendement et s’attend à devoir contrer une nouvelle offensive.

Le Premier ministre n’en est pas à son premier mauvais coup contre la maison Bouygues. Il ne cesse de dire, en privé, tout le mal qu’il pense – au nom de la morale républicaine – du projet de fusion Areva-Alstom au profit du propriétaire de TF1. C’est à croire que Fillon a quelque chose à reprocher au « meilleur ami » de Sarko.

A part quoi, comme le chef de l’Etat a tenu a le préciser, mardi matin, aux journalistes de RTL : « Vous n’arriverez pas à un mettre un coin entre le Premier ministre et moi ! ».

Un coin en béton Bouygues, par exemple.

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jeudi 29 mai 2008

Edito - Le fait du prince

Edito du Monde | 28.05.08 | 13h51

On cogne d'abord et on réfléchit après. Si nécessaire, on cogne à nouveau et on compte les morts ensuite. Ainsi pourrait-on résumer la méthode adoptée par Nicolas Sarkozy pour traiter la question de l'avenir de la télévision publique en France. Caricature ? Malheureusement pas !

Le 8 janvier, le président de la République annonce son intention de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, sans prévenir la ministre concernée (Christine Albanel), et encore moins le principal intéressé (Patrick de Carolis, patron de France Télévisions). La décision est audacieuse - la gauche en avait rêvé et s'était "dégonflée". Mais elle est tellement improvisée qu'elle déclenche panique et tollé.

Le chef de l'Etat confie donc en février à Jean-François Copé, le turbulent président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, la présidence d'une commission chargée de proposer une stratégie économique et éditoriale pour la "nouvelle télévision publique".

Après deux mois de travail sérieux, cette commission esquisse prudemment, parmi d'autres solutions de financement, une augmentation de la redevance, beaucoup plus faible en France que chez nos voisins européens. Hors de question !, vient de répliquer Nicolas Sarkozy en invoquant la promesse faite pendant la campagne de 2007 de ne pas toucher à la redevance et en coupant l'herbe sous les pieds à la commission Copé.

On reste médusé par cette inconséquence. France Télévisions n'est certes pas une vache sacrée. Elle n'est pas un modèle de bonne organisation, tant ses structures sont empilées et stratifiées. Pas davantage un modèle de bonne gestion, avec ses 11 000 salariés et son dédale de statuts et de "placards". Beaucoup s'accordent sur la nécessité d'une profonde modernisation.

Est-ce une raison suffisante pour déstabiliser en profondeur l'ensemble des chaînes publiques ? Pour ignorer avec une telle désinvolture la qualité indéniable de ses productions, comparées à celles des télévisions privées ? Pour lui demander froidement de faire encore mieux en la privant de centaines de millions d'euros de recettes ? Bref, pour la tuer avant de l'avoir guérie ? La réponse est non. Sauf à admettre le fait du prince. 

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Cacophonie autour de la hausse de la redevance télévisuelle

LE MONDE | 28.05.08 | 12h56

Le financement de l'audiovisuel public devient un véritable casse-tête. Après l'annonce surprise par Nicolas Sarkozy, le 8 janvier, de sa volonté de supprimer la publicité sur les chaînes de France Télévisions et la mise en place, fin février, d'une commission pour trouver des solutions à un nouveau financement, le président de la République a déclaré, mardi 27 mai sur RTL, qu'il "excluait catégoriquement toute augmentation de la redevance audiovisuelle". M. Sarkozy a justifié sa décision en rappelant que c'était une de ses promesses électorales

Or la commission pour la nouvelle télévision publique présidée par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a présenté le 21 mai trois scénarios "ni exclusifs ni définitifs" pour assurer le financement de France Télévisions.

Parmi les pistes proposées, celle qui a fait la quasi-unanimité des membres de la commission composée de professionnels de l'audiovisuel et de parlementaires est une augmentation de la redevance (actuellement de 116 euros par an) indexée sur le coût de la vie ou élargie à une assiette plus équitable et proportionnelle aux revenus.

Seul M. Copé, qui trouve cet impôt "injuste", privilégie les deux autres pistes : l'instauration d'une taxe sur le chiffre d'affaires des opérateurs de téléphonie et des opérateurs d'accès à Internet et une taxe d'environ 0,55 % sur l'électronique grand public.

"Il n'y a pas de couac entre l'Elysée et la commission, a déclaré au Monde M. Copé. Nicolas Sarkozy a toujours dit, y compris lors de la campagne électorale, qu'il était opposé à une augmentation de la redevance. La proposition de la commission n'est qu'une piste parmi d'autres et nous continuons à travailler."

La déclaration du chef de l'Etat a semé un grand trouble au sein de la commission. Dès mardi matin, le député Patrick Bloche (PS), membre de l'atelier financement de la commission, estimait qu'après les déclarations de M. Sarkozy, cette dernière "a perdu sa raison même d'exister". "A partir du moment où une hypothèse est récusée par le président de la République, les deux autres sont déséquilibrées", indique M. Bloche en soulignant que M. Sarkozy avait "coupé les jarrets" à M. Copé.

Didier Mathus (PS), également membre de la commission, affirme que M. Sarkozy veut "étouffer le service public" et qu'il "règle ses comptes" avec M. Copé. Une réunion du groupe socialiste devrait décider, mercredi matin, si leurs élus restent ou quittent la commission. "Je suis pour le départ", a déclaré au Monde M. Mathus.

Du côté des professionnels de l'audiovisuel, on reste prudent. "C'est une demi-surprise", dit la productrice Simone Hariri, vice-présidente de l'atelier "modèle économique". "Mais nous allons continuer à nous battre pour cette solution et par ailleurs personne n'est contre de faire payer les nouveaux riches de l'audiovisuel", dit-elle, en faisant allusion aux nouveaux opérateurs des télécommunications qui, en 2007, ont réalisé un chiffre d'affaires de 42 milliards d'euros avec une marge de 20 %. Les producteurs de l'audiovisuel craignent que si les opérateurs de télécommunications et les chaînes privées "financent" le service public via des taxes, ces derniers exigent en contrepartie une remise en cause des obligations à la création.

"Pour l'instant, la meilleure solution est de rester au sein de la commission, car le travail que nous avons fait depuis trois mois est excellent", poursuit Hervé Chabalier, PDG de l'agence Capa, qui rappelle que 80 % du financement du service public provient de la redevance audiovisuelle.

Mercredi matin, lors d'une réunion plénière, plusieurs professionnels devaient demander à M. Copé de remettre au centre des débats la piste de l'augmentation de la redevance. "Si, au minimum, nous n'arrivons à faire passer l'indexation de la redevance sur le coût de la vie, on signe la mort du service public", indique un professionnel qui souhaiterait même un rattrapage sur cinq ans. "Rien n'empêche que cette piste de la redevance soit consignée dans le rapport final, car l'important pour la commission est de proposer des solutions pour trouver des recettes. Après, ce sera aux parlementaires de décider", dit M. Copé.

Mardi, l'inquiétude est montée d'un cran à France Télévisions, où l'on craint toujours un démantèlement de l'entreprise. L'intersyndicale de l'audiovisuel public a d'ores et déjà appelé à un arrêt de travail de 24 heures le 18 juin - soit une semaine avant la remise du rapport final de la commission Copé au président de la République -, pour "sauver le service public audiovisuel" et "défendre le pluralisme de l'information".

Un appel à la grève auquel se joindront les salariés de Radio France, Radio France Internationale (RFI) et ceux de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). "En refusant une augmentation de la redevance, Sarkozy assassine le service public pour faire plaisir aux groupes privés TF1, M6 et Bolloré", dit Jean-François Téaldi, porte-parole de l'intersyndicale.

Les syndicats craignent que la loi instaurant la taxation des opérateurs de télécommunications et des chaînes privées ne soit repoussée par la Commission européenne. "Dans ce cas-là, la commission Copé n'aura été qu'un écran de fumée pour démanteler le service public en s'abritant derrière les décisions de Bruxelles et nous nous retrouverons sans aucun financement pérenne et à hauteur des missions de l'audiovisuel public", dit M. Téaldi.

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mercredi 28 mai 2008

Sarkozy : «Le problème d'Internet est considérable !»

http://www.marianne2.fr/Sarkozy-Le-probleme-d-Internet-est-considerable!-_a87667.htmlMarianne - Mardi 27 Mai 2008 - Sylvain Lapoix

Le web, c'est mal : Nadine Morano l'avait déjà soutenu, c'est au tour du Président d'en faire l'une des causes de la crise de la presse.

Le minitel 1 : nostalgie... Crédits : CC : Mikaël Restoux / Wikipedia.fr

« Le problème d'Internet est considérable. » L'opinion du président de la République sur le web a le mérite de la nuance. Lors de son intervention matinale sur RTL, Internet a été cité comme deuxième « cause » de la crise de la presse après la question des points de vente. Parce que, comme l'a expliqué Nicolas Sarkozy, le journal gratuit sur Internet, «c'est pas sain (...) comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s'il est gratuit sur Internet ? » Ben oui parce que, en Angleterre ou en Allemagne par exemple, ils vendent beaucoup plus de quotidiens et ils n'ont pas Internet. Ah si ? Bon, on m'aura mal renseigné...

En plus, sur Internet, y'a que des pédophiles...
Autre découverte étonnante du Président, les sites Internet des journaux, « ça fait plus de lecteurs mais pas davantage de recettes. » Voilà qui présage de belles ambitions pour les médias.

Histoire de ne pas non plus attirer les foudres des rédactions web des grands médias (comme du Nouvel observateur, par exemple), Nicolas Sarkozy a implicitement salué l'expérience du Parisien-Aujourd'hui en France (après avoir fustigé ce journal dans une autre conférence), en suggérant de se poser, à l'occasion des états généraux qu'il compte organiser à l'automne, la question suivante : « est-qu'il faut créer des groupes mutimédia alors qu'aujourd'hui on fait tout pour les éviter ? » Face à une telle clairvoyance, une seule question nous brûle les lèvres : mais de quoi parle-t-il ?

Mais il faut le comprendre : ses idées sur le web datent un peu. Un peu plus tôt dans l'interview, parlant des départs de profs, il fait ainsi un parallèle troublant entre l'informatisation de la société et la réduction du nombre de postes. Merveilleux fantasme de la substitution de l'homme par la machine, une jolie idée digne de l'an 8. 1908.

 

Internet, temple de la caricature selon Morano

Jusqu'ici, la pourfendeuse d'Internet en Sarkozie était Nadine Morano. On se souvient de la formidable intervention dans l'émission Revu et corrigé de Paul Amar sur France 5 où la ministre de la Famille s'associait pleinement à une toile décrite comme le repère des pédophiles, cybercriminels et autres pseudo-journalistes en quête de sensations. Nos confrères de Rue89 avaient même réussit à arracher à Nadine Morano cette belle description du web : « Ah, Internet, je déteste, c'est le temple des rumeurs et de la caricature. » Un avis parfaitement objectif et motivé, là encore.

En même temps, il faut les comprendre, les sarkozystes : quand on a été élu par plus de 50% de plus de 50 ans au second tour de la présidentielle, c'est difficile de dire du bien de tous ces trucs de jeunes, ma bonne dame !

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Nicolas Sarkozy : « La vie est difficile »

Marianne 27 Mai 2008

Ce matin sur RTL, le président s'est adressé à la France qui roule en voiture et qui se lève tôt. Et de fait, pour trouver une interview présidentielle plus truffée de considérations de café du commerce que celle-ci, il faudra se lever tôt!

On était prévenus : avant son interview sur RTL, Nicolas Sarkozy s'était fendu d'une visite à Rungis et à ceux « qui se lèvent tôt ». Là-bas, il a fait son marché de lieux communs et autres considérations générales de président « proche du peuple ». Dès son arrivée sur les ondes, il enfonce donc le clou : il entend s'adresser à « la France qui travaille, se lève tôt, ne casse pas les abrisbus, ne manifeste pas et a les mêmes problèmes que les autres », à ces gens « qui vont au travail et sont dans leur voiture » - exit les Français syndiqués, les Français qui n'ont pas de voiture, les Français qui travaillent la nuit ! Et que lui dit-il à cette France qui a constitué le gros de son électorat ? « Vous savez je préfèrerais pas avoir toutes ces réformes à conduire, moi ça m'amuse pas ».

Premier constat présidentiel : « La vie est trop chère ». Sarkozy promet donc de faire de la France « le pays où la vie est moins chère », comme dit la pub d'Intermarché. Comment ? En donnant « aux fournisseurs et aux distributeurs » la « possibilité de négocier leurs tarifs ». Il faut également « plus de concurrence entre les grandes surfaces » (entre Carrefour et sa filiale low cost par exemple ?). Oublié, le petit commerce. Balayés, les petits producteurs. Le président sait qu'il parle aux Français qui vont faire leurs courses à Auchan ou Lidl.

Mais Sarkozy n'oublie pas non plus qu'il s'adresse ce matin à des Français qui roulent en voiture. D'où la tartine sur le pétrole. Et ce nouveau constat présidentiel : « Quand on fait on plein on est affolé par l'augmentation du prix ». « Et ça va pas s'arranger, prédit-il : la demande est de plus en plus forte et l'offre n'augmente pas ». Heureusement, notre président est un malin : « C'est pour ça que j'étais en Angola vendredi dernier ». C'est donc l'Angola, gros producteur d'or noir mais surtout pays le plus corrompu du monde, qui va nous sauver de la crise du pétrole !

Le chômage, c'est la faute aux chômeurs
Après nous avoir asséné quelques considérations sur les lenteurs de la bureaucratie européenne - « Vous connaissez les processus européens… » - qui empêchent notre président de régler là tout de suite maintenant la crise pétrolière en suspendant la TVA sur l'essence, Sarkozy passe la surmultipliée en évoquant le chômage.

Ben oui, Madame Michu, le chômage, c'est la faute… des chômeurs. Ainsi, dès lors qu'on décide de sanctionner les chômeurs qui refusent deux emplois de suite, le chômage ne peut que baisser ! Et puis, « Les gens n'ont pas à travailler pour payer les allocations de ceux qui ne veulent pas s'en sortir », explique le président, oubliant au passage que le chômage est une assurance et que ceux qui en bénéficient ont cotisé. Peu importe, pour la France qui se lève tôt, le chômeur est un glandeur et Nicolas Sarkozy n'entend pas la détromper.

Super Sarko nous sauve de Parisot!
Sur les retraites, coup de  maître. Sarkozy se pose en défenseur des travailleurs opprimés que Laurence Parisot voudrait faire bosser jusqu'à 63 ans et demi. « Je ne le ferai pas. Je n'en ai pas parlé pendant ma campagne et je n'ai donc pas de mandat pour faire cela », explique-t-il, inflexible.

En face, pas un seul de ses trois interviewers n'ose le relancer sur la réforme des retraites. Le sujet est clos. Sarkozy reste donc celui qui nous sauve des griffes de la présidente du Medef. « J'apprécie beaucoup la sagesse des Francais, je sais que la vie n'est pas facile », conclut-il.
« La vie est difficile », redira-t-il plus tard. On veut bien le croire. En revanche, la vie de président, ça a l'air plutôt cool. Surtout avec des interviewers comme Duhamel, Hondelatte et Aphatie, qui ont servi la soupe juste ce qu'il faut, et copieusement évité le sujet (un sujet difficile, comme la vie) de la crise de la majorité.

Bref, la grande nouvelle , c'est que Nicolas Sarkozy vient d'inventer le président de la République qui fonctionne à l'énergie renouvelable : du vent, du vent, du vent !

Quant aux 35 heures, ma bonne dame, il faut les maintenir car sinon comment qu'on fait pour calculer les heures sup' ? nous explique-t-il. En revanche, « on supprime tous les verrous qui empêchent les Français de travailler ». A commencer par le travail dominical : « Est-ce normal que les touristes qui viennent le dimanche arrivent chez nous et tout est fermé ? » se demande notre président. Ah ben oui, quelle image on donne, hein ? Des glandeurs, on vous dit, des gens qui passent leur temps à manifester ou à casser des abribus.

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dimanche 25 mai 2008

Une charte pour la qualité de l'information

LE MONDE | 23.05.08 | 17h00

Les deuxièmes assises du journalisme, qui se tenaient à Lille jusqu'à vendredi 23 mai, ont appelé à la mise en place d'une charte pour la qualité de l'information. Son objet : définir les bonnes pratiques du métier de journaliste pour une information de qualité et indépendante de toute pression.

Porté par Jérôme Bouvier, président de l'association Journalisme et citoyenneté, ce projet est né il y a un an lors des premières assises. Cette charte, qui s'inscrit dans le droit fil de celles de 1918 et de 1971, pourrait figurer dans la convention collective des journalistes.

Certes, plusieurs médias ont déjà pris des dispositions pour faire face aux dérives, en élaborant des chartes - il en existe une quarantaine -, en mettant en place des médiateurs - il y en a une quinzaine -, mais cela n'est pas suffisant, dans le contexte actuel d'une crise de confiance entre le public et les médias.

FRAGILISATION DU MÉTIER - Les exemples récents, comme les critiques des députés UMP et de Nicolas Sarkozy contre l'AFP, l'adoption en première lecture de la loi, très controversée, sur la protection des sources, ne font que renforcer cet appel. Sans parler de la mutation profonde de l'univers des médias, sur fond de crise économique et de fragilisation du métier de journaliste.

"La crise a du bon", a insisté mercredi 21 mai François Malye, secrétaire général du Forum des SDJ (Sociétés de journalistes) lors des assises. Pour la première fois, SDJ, syndicats, politiques, etc., se mettent autour de la table pour faire émerger ce projet.

"L'idée est de regagner la confiance du public", explique M. Bouvier, en définissant "un projet éditorial entre les éditeurs et la rédaction qui serait la base de dialogue avec les lecteurs, les auditeurs..."

Parallèlement, une instance de médiation, sorte de conseil de presse, est à l'étude. Reste maintenant à concrétiser ces idées. 

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samedi 24 mai 2008

Audiovisuel public : dans quel pays vivons-nous ?, par Le bureau de la société des journalistes de France 2

LE MONDE | 23.05.08 | 14h45

Le bureau de la société des journalistes de France 2 : Agnès Molinier (présidente), Christophe Airaud, Martin Gouesse, Anne Guéry, Gérard Grizbec, Bernard Lebrun, Loïc de la Mornais, Vincent Nguyen, Anne Ponsinet, Daniel Wolfromm.

Mercredi 21 mai, la commission Copé sur l'audiovisuel public a présenté les scénarios envisagés pour compenser la fin des recettes publicitaires sur France Télévisions. Face à ces propositions complexes et hypothétiques, nous sommes très inquiets mais bien déterminés à ne pas nous laisser faire.

Le 8 janvier, Nicolas Sarkozy annonçait, à la surprise générale, y compris de son gouvernement, la suppression de la publicité sur France Télévisions. Depuis, plus rien ou presque... Une commission planche depuis trois mois pour trouver l'équivalent de 850 millions à 1 milliard d'euros, c'est selon, de recettes perdues. Tout laisse présager qu'elle ne trouvera pas de solutions à la hauteur des besoins. A ce jour, l'argent perdu l'est, bel et bien.

Un chef d'Etat, sans concertation, ni préparation, ni état d'âme, biffe d'un trait de plume désinvolte un tiers des ressources affectées à cette entreprise de haute technologie qu'est une chaîne de télévision travaillant au XXIe siècle.

Imaginons la même situation dans les industries aérospatiales ou celles du génie génétique. France Télévisions, avec ses cinq chaînes et ses 11 000 salariés, est en concurrence frontale avec les groupes privés, TF1 en tête, dans tous les domaines - information, cinéma, documentaires, séries, sports... - à un moment charnière de son existence : le passage à Internet et à la télévision du futur.

Des milliers d'autres emplois induits dépendent de notre existence, à l'extérieur, dans le monde multiforme de la production télévisuelle ou du cinéma. Avant cette annonce, France Télévisions dégageait un bénéfice de 22 millions d'euros. Aujourd'hui elle vit sans boussole, au ralenti. Elle en est déjà à quémander une rallonge à l'Etat de 150 millions d'euros pour boucler ses fins de mois.

DRÔLE DE TUTELLE - L'Etat, actionnaire principal, provoque de lui-même la déstabilisation d'une entreprise publique. Drôle de tutelle, qui se comporte comme une marâtre ! Quel patron avisé irait offrir à ses principaux concurrents plus du tiers de son budget annuel ? Dans quelle industrie, dans quelle autre économie de marché verrait-on cela ?

En fait, la ficelle est bien grosse, l'explication des plus triviales : TF1 a besoin d'une part substantielle de la publicité du service public. Les Echos (7 mars) révélaient que la suppression de la publicité faisait partie d'un Livre blanc remis par TF1 à l'Elysée... en décembre 2007, juste avant l'annonce de Nicolas Sarkozy.

La chaîne privée est en mauvaise posture, ses audiences historiquement basses (27,8 % au premier trimestre 2008), son chiffre d'affaires en retrait de plus de 6 % et ses recettes publicitaires à l'image de ce tableau peu flatteur. Un service public affaibli par le tarissement de ses ressources ferait l'affaire, le siphonnage d'une partie de sa publicité tout autant.

Entendons-nous bien, nous ne sommes pas des militants de l'immobilisme, allergiques aux réformes, ni des défenseurs de la publicité à la télévision. Mais, en fin de compte, si celle-ci devait être supprimée, pourquoi ne pas réfléchir à une augmentation de la redevance, qui est déjà l'une des plus basses d'Europe ?

La culture et la connaissance (fictions "en costumes" ou pas, documentaires, journaux et magazines de qualité, achats de films ou d'événements culturels), que nous souhaitons de tous nos voeux voir davantage figurer dans les programmes et les informations du service public, coûtent cher.

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, inspirateur de nombre des projets présidentiels, vient de s'en prendre à l'une des trois grandes agences de presse mondiales, indépendante et respectée par ses milliers de clients : l'AFP. Or le même homme qui multiplie les intimidations contre la presse avait l'hiver dernier suggéré à Nicolas Sarkozy... la suppression de la publicité sur le service public.

Pour couronner le tout, selon L'Express, TF1, bon camarade, vient de remettre un rapport de 13 pages à la commission Copé, proposant un cahier des charges au rabais, en forme d'enterrement, pour le service public.

Si la suppression de la publicité n'était pas compensée dans un bref délai par un financement équivalent, pérenne et durable (comme en Grande-Bretagne avec la BBC ou en Allemagne avec l'ARD et la ZDF), l'existence même de France Télévisions serait menacée. Tout se passe comme si le gouvernement prenait plaisir, en ces temps inconfortables pour lui, à défaire ce que des générations de professionnels, tous métiers confondus, ont bâti pour le grand public.

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vendredi 23 mai 2008

AFP: les élus du CE condamnent les "attaques sans précédent" de M. Goasguen

PARIS (AFP) - 22/05/2008 – TV5 Infos

Les élus du comité d'entreprise (CE) de l'AFP ont condamné, jeudi dans une motion, les "attaques sans précédent" du député UMP de Paris Claude Goasguen, qui a appelé de ses voeux une privatisation de l'Agence France-Presse.

Les élus (CGT, SNJ, CFDT, FO, CFE-CGC et Sud) dénoncent "l'absurdité et l'ignominie" des propos de M. Goasguen, affirmant que ses déclarations sont fondées sur une "série impressionnante d'erreurs et de contre-vérités".

Mercredi sur i-TELE, M. Goasguen avait indiqué qu'il souhaitait "ardemment une privatisation" de l'AFP, qu'il a qualifiée d'"agence d'Etat". Affirmant que la France est "le seul pays qui dispose d'une seule agence", il s'est prononcé "pour la concurrence des agences".

"Contrairement à ce qu'affirme ce politicien, l'AFP est en permanence confrontée à la concurrence d'un marché difficile et impitoyable" et reste "malgré tout compétitive et exportatrice de services tout en remplissant une mission d'intérêt général peu compatible avec un statut d'entreprise privée", soulignent les élus.

Alors que l'AFP fait l'objet depuis plusieurs semaines de critiques émanant de responsables de l'UMP, ils dénoncent une "campagne de dénigrement", qui vise, selon eux, à "faire peur aux journalistes", "s'attaquer au statut" de l'AFP qui garantit son indépendance et à "privatiser l'Agence".

Les élus appellent le PDG de l'AFP, Pierre Louette, à "se positionner clairement contre ce projet de privatisation" et les parlementaires à "faire barrage à la volonté partisane et purement idéologique d'imposer une privatisation qu'aucune considération économique ne saurait justifier".

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jeudi 22 mai 2008

Manifestation en baillons ...

Check-list LE MONDE 22 Mai 2008

Rassemblement, mercredi 21 mai, de 150 à 300 personnes devant le siège de l'AFP à Paris Symboliques bâillons
150 à 300 journalistes se sont rassemblés, mercredi devant le siège parisien de l'Agence France-Presse, pour protester contre les  "attaques" de politiques français qui reprochent à l'AFP de ne pas relayer certains communiqués.

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