vendredi 18 juillet 2008
Discussion sur le Net... Attention, vous êtes surveillés !
LE MONDE | 17.07.08 | 15h58 Florence Amalou
Vous vous apprêtez à mettre en ligne sur Facebook les photos de votre dernière fiesta ? Réfléchissez-y à deux fois si vous allez prochainement passer un entretien d'embauche ! Un nombre croissant de recruteurs profitent d'Internet pour récupérer toutes sortes de données personnelles (maladies, sexualité, socialisation...) afin de cerner votre personnalité.
Certains sont passés maîtres dans l'art de farfouiller sur les forums de discussion, les profils perso de Meetic et Facebook ou sur Pilp.com. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) fait de la protection des données personnelles l'un de ses chevaux de bataille et estime que, sur le Net, la législation existante n'est pas appliquée.
Le Parlement européen envisage un accès plus facile aux données personnelles (adresses IP) au motif de mieux défendre, en cas de litige, les droits d'auteur des entreprises commerciales. Un vote en séance plénière est attendu le 22 septembre. "Ces technologies touchent aux libertés fondamentales, or l'idée majoritaire est de baisser le niveau de protection car les données personnelles ont une valeur économique", affirme le BEUC.
En France, le dossier est sur la table. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) organise des auditions sur l'utilisation des informations personnelles diffusées sur les réseaux sociaux. Ses conclusions sont attendues "avant la fin de l'année".
Alerte sur les sonneries de portable
Challenges 17 Juillet 2008
La Commission européenne tire la sonnette d'alarme sur les sites internet de services pour téléphone mobile: 80% présentent des informations trompeuses
Méfiez-vous !", a lancé Meglena Kuneva, la commissaire européenne chargée de la Protection des consommateurs, jeudi 17 juillet, au sujet des sites internet de services pour téléphone mobile.
La Commission européenne a en effet mené l'enquête, début juin, sur les sites proposant des sonneries et fonds d'écran dont raffolent les adolescents.
Résultat: plus de 80% d'entre eux présentaient des informations trompeuses.
Mystérieux frais - "De très nombreuses personnes sont victimes de surprises coûteuses consistant en de mystérieux frais, redevances ou abonnements à des sonneries dont elles apprennent l'existence pour la première fois à la lecture de leur facture de téléphone portable", a déclaré la commissaire, lors d'une conférence de presse. Hormis la Slovaquie qui fait un sans-faute, aucun pays de l'Union n’est épargné.
En France, 20 des 27 sites contrôlés présentaient des irrégularités. "Les contrôles (dans l'Hexagone) n'ont pas fait apparaître de pratiques commerciales trompeuses, notamment en ce qui concerne l'utilisation non justifiée du terme "Gratuit", précise Luc Chatel, le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation. En revanche, des manquements ont été relevés dans l'indication des coordonnées permettant au consommateur d'entrer en contact avec l'entreprise exploitant le site."
"Coup de balai" - Selon la Commission, la valeur des ventes de sonneries à l'échelle européenne est estimée, pour 2007, à 691 millions d'euros. Les sonneries représentent à elles seules jusqu'à 29% du marché total du "contenu mobile" en Europe en 2007, soit 10% de plus qu'en 2006. Près d'un demi-milliard de téléphones portables sont en circulation dans les 27 pays de l'UE plus la Norvège et l'Islande.
Meglena Kuneva annonce une opération "coup de balai" sur les sites internet fautifs. "Nous devons faire passer un message clair, particulièrement auprès des adolescents et des enfants - Méfiez-vous ! Tout est dans les petits caractères !"
jeudi 17 juillet 2008
France Télévisions s'attend à un déficit de 100 millions
Challenges 16 Juillet 2008
Le conseil d'administration a voté le budget rectificatif, qui prend en compte la fin de la publicité sur les chaînes publiques.
Le conseil d'administration de France Télévisions vient de voter le budget rectificatif pour 2008. Le groupe audiovisuel public prévoit un déficit de 100 millions d'euros pour cette année, a-t-il annoncé mercredi 16 juillet.
Suppressions de la pub à partir du 1er janvier
Damien Cuier, directeur général en charge de la gestion, des finances et des ressources humaines de France Télévisions, a expliqué que ce budget "intègre les pertes des recettes prévisionnelles liées à l'annonce de la suppression de la publicité", estimées à 152 millions d'euros (sur France Télévisions, ndlr), et les mesures de redressement envisagées pour essayer de limiter le déficit" à la suite de ces pertes.
"Le budget initial avait été adopté au mois de décembre, avant l'annonce de la suppression de la publicité sur France Télévisions", a rappelé le dirigeant.
C'est le 8 janvier que le président Nicolas Sarkozy a dévoilé son intention de supprimer la publicité sur France Télévisions. Elle disparaîtra des écrans après 20 heures à partir du 1er janvier 2009.
Confiance renouvelée à l'égard de Carolis
La dotation en capital de 150 millions promis par l'Etat pour compenser les pertes des recettes publicitaires en 2008 "devrait intervenir dans le courant de l'été", a précisé Damien Cuier.
Par ailleurs, le conseil d'administration a "manifesté de nouveau sa confiance à l'égard de Patrick de Carolis (P-DG de France Télévisions) et des équipes de France Télévisions, qui ont montré leur intelligence, compétence et conviction lors des travaux concernant la réorganisation de l'audiovisuel public".
mercredi 16 juillet 2008
«Cette année le pouvoir est assez bien parvenu à essouffler les journalistes»
Daniel Schneidermann - LIBERATION.FR : mardi 15 juillet 2008
Clark. Sur le site Arrêt sur Images, vous citez Claude Guéant comme étant la source de l'information comme quoi "on tiendrait une suspecte pour le premier cambriolage de Ségolène Royal". J'ai l'impression que cette information - pourtant importante - n'a été reprise par aucun média. Le confirmez-vous ? Pour quelle(s) raison(s)?
Daniel Schneidermann. Oui, je confirme que nous n'avons eu aucune reprise sur ce point. Je rappelle les faits. Après que Ségolène Royal a mis en cause (de manière tonitruante, un peu maladroite, mais somme toute efficace), le "clan Sarkozy", à propos de la mise à sac de son appartement, l'enquête policière sur le premier cambriolage, dont elle avait déjà été victime, s'est miraculeusement réveillée. Une dépêche de Reuters a expliqué "de source du ministère de l'Intérieur" que les policiers étaient parvenus à identifier une suspecte. Libération, dans un article de Antoine Guiral, a donné la même information, cette fois sourcée "d'un conseiller de Nicolas Sarkozy". Ce que nous avons révélé sur le site d'Arrêt sur images, c'est que cette information avait bien été donnée au cours d'un déjeuner avec nos deux confrères, par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. La précision, à mes yeux, est importante. Cela veut dire que c'est l'Elysée qui communique directement sur cette enquête policière. Si cette piste devait se dégonfler, l'Elysée porterait donc la responsabilité directe d'avoir manipulé la presse.
Un phénomène un peu comparable s'est d'ailleurs produit à la fin de la semaine dernière à propos de la visite en France de Bachar al-Assad. Plusieurs journaux ont reproduit les confidences, "d'une source anonyme à l'Elysée", expliquant que la Syrie n'était pas en cause dans l'attentat du Drakkar qui a coûté la vie à 58 militaires français, en 1983. C'est une révélation importante. Il faudrait pouvoir fouiller les choses à ce sujet. Comment se fait-il qu'elles ne sortent qu'aujourd'hui, 25 ans plus tard? Or, en lisant de près la transcription des propos qui a été faite par Le Monde, on reconnaît facilement le style oral relâché qui caractérise Nicolas Sarkozy. Donc, c'est bien Sarkozy lui-même qui, selon ce que dit implicitement Le Monde, délivre ces révélations importantes. S'il est vraiment sûr de ces informations, pourquoi ne les donne-t-il pas publiquement? Sur ce sujet aussi j'ai fait un billet ce matin sur le site d'Arrêt sur images. Et celui-là aussi, à l'heure où nous parlons, n'a pas été repris. Cela nous ramène au sujet de la chronique de cette semaine. Les journalistes sont en vacances. Ils ont sans doute trop travaillé cette année (ce que je comprends très bien, il y a eu beaucoup de travail). La Terre est priée de s'arrêter de tourner, jusqu'au 18 août.
Clark. Vous parlez, à mon avis avec raison de "Royalgate". Même si l'affaire se dégonfle, même si le gouvernement (ou le "clan Sarkozy") n'est pas derrière ces intimidations, il y a tout de même quelque chose de très curieux dans le fait que l'on "découvre", subitement une suspecte, moins de 48h après les déclarations de Royal. Est-ce que l'autre information qui est "opportunément" délivrée à la presse juste avant le 14 juillet, ("la Syrie n'y est pour rien dans l'affaire Drakkar") n'est pas similaire ?
Je viens de le dire, me semble-t-il. Voir plus haut.
Clark. Est-ce que la source pourrait être, là encore, Guéant ?
Encore une fois, voir plus haut. Il est vraisemblable que ce coup-ci, elle est encore plus haut placée que Guéant, c'est ce que suggère, en tout cas, la transcription du Monde.
Clark. Ce qui me turlupine le plus dans cette histoire n'est pas tant l'attitude du gouvernement (on finit par être blasé) mais l'étrange complaisance des médias. Pas un média pour relever. Qu'est-ce que cela signifie? Que vos confrères n'accordent aucun crédit à cette info, qu'ils sont vendus au pouvoir? Ou est-ce qu'ils sont vraiment en vacances?
Je vous laisse choisir. D'une manière générale, il me semble que pendant toute cette année le pouvoir est assez bien parvenu à essouffler les journalistes. Ils sont peut être encore plus essoufflés que d'habitude. Reste à savoir si c'est un de ces essoufflements dont on se remet.
Grimli. Est-ce que l'on ne risque pas de vous ranger directement dans la case "fanatique de Ségolène Royal" ou "antisarkozyste primaire", après ces informations sur Royal/Guéant/Sarkozy/Lémédias/La Syrie et ne pas approfondir (cf. les réactions épidermiques, comme celle de Joffrin la semaine dernière) ?
On me rangera dans la case que l'on voudra. Je n'ai pas l'impression de prendre parti pour l'un ou pour l'autre en relevant ce que je viens de vous raconter.
Fof. Vous avez exercé votre profession sous d'autres présidences, celle-là (celle de Sarkozy) est-elle vraiment différente, pire, pour un journaliste? Subissez-vous plus de pression, de manipulation?
Le phénomène nouveau avec Sarkozy, c'est vraiment l'essoufflement. Pour revenir aux deux affaires précédentes que nous avons abordées au début de ce chat, il me semble qu'elles marquent une évolution. Jusqu'alors la communication sarkozyenne se faisait dans une transparence affectée. Pour la première fois, on voit Sarkozy, ou l'un de ses collaborateurs, demander le off, c'est-à-dire ne pas assumer de donner directement les informations qu'il donne. Peut-être sont-ils en train de revenir à une forme plus traditionnelle de la communication du pouvoir.
Clomani. Qu'avez-vous pensé de la prestation de Memonna Hintermann en cireuse de pompes de Guaino, samedi soir, à l'édition de la nuit sur France 3?
J'avoue que j'ai raté cette prestation. Mais vous me le faites regretter.
Alex. Comment avez-vous apprécié la Une de Libé de la semaine dernière sur Royal?
J'ai écrit sur Arrêt sur images que cette une est un tract anti-Royal. C'est qui m'a le plus stupéfait c'est que Laurent Joffrin dans son éditorial emploie plusieurs fois le mot cambriolage, alors que, manifestement, il ne s'agit pas de cela, mais d'une tentative d'intimidation, ce qui, à mes yeux, change tout.
dimanche 13 juillet 2008
La chasse aux perroquets, par Max Dorra
LE MONDE | 12.07.08 | 13h30
Actionnariat salarié. Merveilleuse invention : plus les salariés seront exploités, plus leurs actions vont monter.
Classe politique. Cette formule absurde, constamment employée dans les grands médias, illustre bien le véritable négationnisme dont sont l'objet les classes sociales.
Communication. Manipulation. Les "experts" en "communication", transfuges universitaires à égale distance du marketing et de la psychanalyse, ont pris, auprès des hommes politiques, la place des astrologues de cour qui jadis conseillaient les princes. Voir Image.
Détail. Tout ce qui a transformé le monde - découverte scientifique, théorie philosophique nouvelle - a surgi d'un fait particulièrement gênant que l'on s'était efforcé de méconnaître. Le XXe siècle, c'est peut-être autour d'Auschwitz qu'il a pivoté, ce "détail" comme dit l'infâme, monstrueusement éclairant. Voir Retour du refoulé.
Dure (position -). Confrontée à "position molle" lors d'un conflit, d'une négociation ("faucons" et "colombes"). Clivage paresseux qui, privilégiant les réactions de prestance, dispense d'analyser les données réelles d'un problème.
Elites. Autodésignation, par opposition aux "petites gens" ou aux "gens". Voir ces mots.
Euroscepticisme. Réponse à un euro-obscurantisme dont on peut se demander s'il n'est pas délibérément entretenu. En effet, aucune explication claire du "projet européen", de ses enjeux économiques, et politiques, n'a été jusqu'ici apportée. Quant aux enjeux sociaux, c'est tout juste si l'on n'est pas tenu en suspicion dès que l'on exprime des interrogations à leur sujet.
Fort (signal -). Ultime recours des pensées flasques.
Fracture sociale. Découverte horrifiée (par un cabinet de communication) des antagonismes sociaux. La formule laisse supposer que la solution relève d'une sorte d'orthopédie sociale. Voir lien social.
Gens (les -). Ensemble indistinct dont on affecte, non sans une pointe de condescendance, d'exprimer les aspirations. "Ce que les gens veulent en réalité, c'est..."
Image. Voir communication. "Il lui a été recommandé par ses conseillers en communication de multiplier les exercices de "terrain" pour se construire une image plus "perso"." Sans commentaire.
Indique (je vous -). Se dit sur un ton neutre, objectif, discrètement protecteur, pour vous refiler à l'esbroufe des informations, habituellement inexactes.
Intellectuels. "Coupeurs de cheveux en quatre". Aurait sans aucun doute qualifié ceux qui, il y a quelques siècles, "en dépit de tout bon sens" et contre une opinion unanime, doutaient que la terre fût plate.
Internet. Champ de bataille où s'affrontent poètes et marchands. Sera, selon l'issue du conflit, la meilleure ou la pire des choses. Cela dit, le contenu latent du Web, tel celui d'un rêve, est encore à décrypter.
Lien social. Palliatif censé réparer la "fracture sociale" (voir supra). Une "citoyenneté" abstraite est ainsi rituellement invoquée à seule fin de jeter un voile sur la réalité dérangeante des conflits sociaux.
Loi du marché. (Aussi inéluctable que celle de la pesanteur, nous serine-t-on.) Tenaille financière qui permet au capital international d'exercer un contrôle inflexible sur la politique des gouvernements. "Les marchés ont mal réagi au projet de diminution du temps de travail..."
Marxisme (le - a échoué). Le marxisme est une grille d'interprétation, parmi d'autres, pour tenter de rendre l'Histoire intelligible. Un outil diagnostique. On ne demande pas à un scanner un projet thérapeutique.
Mentalité d'assisté. Se dit avec une moue réprobatrice, en général au volant d'une Mercedes.
Modernité. Confond "actuel, à la mode" et "universel, éternel" par la vertu de l'art. Stendhal et Rimbaud sont modernes. X, Y, Z (suivez mon regard) sont actuels.
Petites gens ; gens modestes ; gens simples (habitant en général des "quartiers défavorisés"). Pauvres.
Politiquement correct. Formulation (en provenance des Etats-Unis) visant à tourner en dérision tout énoncé progressiste, antiraciste, féministe, etc. Poncif particulièrement insidieux à qui il est urgent de tordre le cou.
Politologue (On va demander l'avis d'un -). Croyance médiatique (faussement) naïve en l'"objectivité scientifique" d'un "expert". On apprend d'ailleurs toujours, incidemment, que le "politologue" en question est "proche" de tel ou tel homme politique...
Quelque part. Evocation de ce qui n'est ni dans le temps ni dans l'espace, mais dans une autre dimension. Utilisé en général pour se donner un air vaguement analytique. Permet de jouer à l'initié. (Il est recommandé de prendre un air mystérieux.)
Repentances de l'Eglise, de la police, etc. La plus instructive est celle d'un prédécesseur de Laurence Parisot, René-Paul Duchemin, "patron des patrons" en 1936, disant lors des accords de Matignon, quand on lui avait mis sous le nez le montant des salaires de ses ouvriers : "Comment est-ce possible ? Comment avons-nous pu laisser faire cela ? Nous avons manqué à notre devoir en laissant les choses aller ainsi."
Retour du refoulé. Utilisation abusive d'un concept freudien pour désigner ce que l'on ne veut à aucun prix savoir. Ce qui est non pas refoulé, mais rejeté. Méconnu, pas inconscient. Les camps, l'Occupation, la colonisation, les 200 millions d'enfants au travail, en ce moment même, sur la planète - et les antagonismes sociaux...
Se tromper avec Sartre ou avoir raison avec Aron. Lieu commun revenant avec insistance dans la bouche des maîtres à penser médiatiques. Leur rappeler que l'analyse la plus lucide, la plus impitoyable du stalinisme, Le socialisme qui venait du froid (Gallimard, 1972), n'est pas d'Aron mais de Sartre.
Société civile. Prétend regrouper un ensemble d'individus illusoirement extraits de tout contexte politique. "Faire entrer des membres de la société civile dans un gouvernement". Voir classe politique.
Soixante-huitard (attardé). La caractéristique de Mai 68, réponse prématurée à une question qui n'avait pas, qui n'a pas encore été posée, c'est son côté incompréhensible (les "événements"). Il n'y a pas de soixante-huitards attardés. Il y a des individus récupérés. Exemples : X, Y, Z (voir modernité). Et d'autres qui sont restés en disponibilité d'avenir.
Transparence (souci de -). Prétexte pris par les administrations et les grandes entreprises pour publier régulièrement une masse de chiffres inutilisables sortis d'un ordinateur. Rideau de fumée qui permet de mettre soigneusement de côté les vrais problèmes, ceux que l'on se gardera bien d'aborder. Les chiffres vraiment gênants, par exemple.
Trop dépensier (l'Etat est -). Artifice de présentation culpabilisant destiné à faire accepter, dans un collectif budgétaire, la réduction des crédits alloués à la santé, l'éducation nationale, la culture, la recherche...
Max Dorra, écrivain et professeur de médecine
samedi 12 juillet 2008
Internet : les logiciels de contrôle méritent d'être contrôlés...par les parents
LE MONDE POUR DIRECTMATINPLUS | 10.07.08 | 17h50 • Mis à jour le 10.07.08 | 18h54
Quatre et cinq ans de prison ferme. Il s'agit des peines prononcées, le 2 juillet, par le tribunal correctionnel de Rouen contre deux internautes qui avaient planifié, via Internet, l'enlèvement, la séquestration, le viol et la torture d'une fillette. C'était sur la messagerie instantanée de Microsoft (Windows Live Messenger) que Christian Cadart et Hervé Limbour, deux hommes âgés de 49 et 42 ans, discutaient de leurs délires pervers, cachés derrière les pseudos de "Helliot" et "Diablo".
En mars 2007, un internaute belge de l'association Child Focus alertait la justice de son pays. Un policier belge s'infiltrait alors dans le réseau avant d'interpeller les deux cyber-pédophiles en mai 2007, sans qu'ils aient pu réaliser leur plan. "Ce jugement est une véritable mise en garde aux pédophiles", estime Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la famille, dont la lutte contre la cyber-pédophilie est une priorité.
Le 15 juin, après une rencontre avec Pamela Passman, vice-présidente Global Corporate Affairs de Microsoft, elle annonçait un accord avec le géant américain pour la mise en œuvre d'une campagne de sensibilisation sur les dangers que représente le Net pour les mineurs. La secrétaire d'Etat louait, par ailleurs, la qualité du système de contrôle parental de Microsoft lié à la messagerie instantanée (Windows Live Messenger). Avec ce logiciel, téléchargeable gratuitement, les parents ou tuteurs peuvent refuser à une personne qu'ils ne connaissent pas d'engager une conversation sur Internet avec leurs enfants.
LIMITES
Pour pouvoir "chatter" avec un "nouvel ami", le parent devra l'autoriser grâce à un mot de passe. S'il n'est pas près de l'ordinateur lorsqu'une demande arrive, il peut être sollicité via le webmail Microsoft (Hotmail) et valider le contact à distance. Ce contrôle se décline en deux versions : l'une pour l'ordinateur, l'autre pour le téléphone mobile.
Le système a néanmoins ses limites : "Les paramètres de contrôle parental s'appliquent uniquement aux ordinateurs sur lesquels le contrôle parental est installé", peut-on lire dans les conditions d'utilisation. "C'est dans ce contexte que notre système fonctionne pleinement", confirme Thomas Romieu, directeur stratégique et marketing de MSN France. Il est pourtant difficile pour les parents de contrôler l'ensemble des points d'accès à Internet qu'un adolescent peut avoir à sa disposition (école, amis, cybercafé, etc.).
Et ce n'est pas la seule faille du système : il existe de nombreux "web messenger" qu'il est possible d'installer sur un ordinateur sans disposer des droits administrateurs, et donc potentiellement sans l'aval des parents. Des systèmes comme Meebo, Trillian et Ebudd permettent de se connecter sur les principaux types de messagerie instantanée (MSN, Google, Yahoo…) et de communiquer entre elles, loin des yeux et des oreilles des parents. Il s'agit "de systèmes utilisés seulement par les geeks [les fanas d'informatique]", minimise une porte-parole de Microsoft.
TESTS COMPARATIFS
Enfin, pour soumettre leurs enfants au contrôle parental de Microsoft, les parents devront livrer à la multinationale les coordonnées de leur progéniture : nom, prénom, sexe, âge, résidence… "Nous n'avons pas l'intention d'utiliser ces données à des fins marketing", rassure Thomas Romieu.
Après avoir recommandé le système de MSN, la secrétaire d'Etat présentait, le 24 juin dernier, les résultats des tests comparatifs sur la qualité des logiciels de contrôle parental. Ces programmes, mis à disposition par les fournisseurs d'accès à Internet (FAI), permettent de filtrer le Web et d'interdire l'accès à certains sites. Numericable se classe en tête de ce classement réalisé par l'association e-Enfance, qui se consacre à "la sensibilisation des risques d'Internet vis-à-vis des enfants" ; il devance de peu Orange. Darty se classe dernier, Free et Neuf se partagent l'avant-dernière place.
En matière de communication, cette bonne note accordée à Numericable est une aubaine. Elle tend à faire oublier que, de février à juin 2007, le câblo-opérateur était "sous surveillance" de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en raison des nombreuses plaintes de ses abonnés, liées à l'indigence de ses services. Aujourd'hui, le flot des plaintes des utilisateurs a diminué, mais il n'est toujours pas tari. Misericable.org, portail des abonnés désabusés de Numericable, publie une pétition destinée à "comptabiliser les mécontents du câble". Elle affiche, à l'heure actuelle, plusieurs milliers de signatures.
Sondage : Sarkozy baisse encore
L’est républicain 11 Juillet 2008
Selon le dernier sondage Opinionway, l'action de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République est approuvée par 38% des Français en juillet (en baisse d'un point) alors que celle de François Fillon, son Premier ministre, progresse de trois points à 47%.
vendredi 11 juillet 2008
Le wifi de la discorde à la bibliothèque Sainte-Geneviève
Véronique Soulé – Libération - vendredi 11 juillet 2008
Les deux bornes wifi de la bibliothèque Sainte-Geneviève, au cœur de Paris, devraient être rebranchées à la rentrée. Elles avaient été déconnectées le 16 mai à la suite d’une plainte d’un magasinier. Souffrant de maux de tête, il avait mis en cause les ondes électromagnétiques propagées par les bornes et avait exercé son droit de retrait. La direction de la bibliothèque et la présidence de l’université Sorbonne nouvelle, à laquelle elle est rattachée, ont alors fait faire des mesures : selon les résultats, les taux de radiation sont jusqu’à 135 fois inférieurs aux normes. Le comité hygiène et sécurité (CHS) de l’université a dès lors donné un avis favorable à la réactivation des bornes.
« Les mesures ont même prouvé que les ondes dans nos locaux étaient inférieures à celles dans la rue, sans doute à cause de l’épaisseur de nos murs», explique le directeur de la bibliothèque, Yves Peyré. Mais l’affaire n’est pas tout à fait close. Soutenues par le syndicat FSU, une vingtaine d’agents ont rejeté dans une lettre la décision du CHS, estimant qu’il subsistait un «danger grave pour la santé».
Face à des plaintes similaires, la Ville de Paris a dû elle aussi débrancher le wifi dans quatre bibliothèques municipales sur la soixantaine équipées. Des mesures ont conclu à des émissions très en dessous de la norme. La Ville espère désormais un feu vert en septembre du comité hygiène et sécurité pour rebrancher les bornes. Le ministère de l’Enseignement supérieur a demandé à l’Inserm une étude sur les effets du déploiement du wifi.
jeudi 10 juillet 2008
Ingrid Bétancourt, nouvelle icône des médias

PPDA, sa dernière chance de rester au JT de TF1
09.07.2008 – La Suisse de Vaud


