vendredi 4 juillet 2008
Journalistes, militaires, même combat !, par Dominique Dhombres
LE MONDE | 03.07.08 | 13h50
Patrick de Carolis se fâche avec panache. Il se lâche aussi. Avec une brutalité inédite chez un patron du service public, le président de France Télévisions a répliqué, mercredi 2 juillet, au micro de RTL, aux propos tenus lundi soir sur France 3 par le chef de l'Etat. C'était un festival d'épithètes. Les racines de sa colère et les ailes de son mécontentement. Un grand moment de fureur, pas du tout contenue.
"Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différence entre la télévision du service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide et je trouve cela injuste, profondément injuste", a martelé Patrick de Carolis.
Une première en France ! Le patron de la télévision publique affirme d'un ton furieux, au micro d'une radio privée, que le président de la République est menteur, stupide et profondément injuste. On remarquera que les militaires pensent exactement la même chose, mais qu'ils n'ont pas le droit de parler.
Heureusement pour les oreilles du président, car les militaires ont du vocabulaire ! Ils sont muets par vocation, mais cela ne les empêche pas d'avoir, en matière d'injures diverses et variées, un lexique très riche.
On en revient à la colère froide de Patrick de Carolis. La scène avait évidemment été enregistrée, et elle a beaucoup été utilisée dans les journaux télévisés, mercredi soir. Sur le service public, remonté comme une pendule, bien sûr, mais pas seulement.
Patrick Poivre d'Arvor, à quelques jours de son propre départ forcé du journal télévisé de TF1, était lui aussi soucieux d'informer le téléspectateur du cri de révolte du président de France Télévisions. Les deux Patrick ont en commun d'être des cibles préférées du tireur de l'Elysée. PPDA a eu le tort de traiter, à l'antenne, le président de "petit garçon".
Carolis énerve Sarkozy pour d'autres raisons. Il ne tiendrait pas ses troupes, surtout à France 3, dont la rédaction est en révolte ouverte contre le pouvoir. Son virage éditorial (davantage de théâtre, de musique, d'émissions scientifiques...) est jugé minimaliste par le petit garçon de l'Elysée, qui regrette tout à la fois "Apostrophes" et "Thierry la Fronde", bref la chaîne publique unique, en noir et blanc, de son enfance.
Le péché de Carolis est originel, en quelque sorte. Il est à la tête d'un groupe qui se sent (comme l'armée !) à la fois méprisé par le président et destiné à une sévère diminutio capitis. Il va y avoir moins de garnisons et moins de soldats. La suppression de la pub à la télévision ne sera pas compensée. "Le compte n'y est pas", dit Carolis, qui menace de démissionner, dès la rentrée de septembre, s'il n'a pas les moyens budgétaires nécessaires. A moins qu'il n'y soit poussé dès maintenant, comme le chef d'état-major de l'armée de terre.
AUDIOVISUEL RÉUNION DES SEPT MINISTRES
LE MONDE | 03.07.08 | 14h23
Télévision : la riposte de M. de Carolis gêne l'Elysée
Hallucinant !" : Nicolas Sarkozy ne décolère pas. Quarante-huit heures après son passage sur France 3, il a fait part de son agacement, mercredi 2 juillet en fin d'après-midi, aux sept ministres proches qu'il aime réunir régulièrement autour de lui.
Cela faisait près d'un mois que Xavier Bertrand (travail), Brice Hortefeux (immigration), Eric Woerth (budget), Xavier Darcos (éducation), Nadine Morano (famille), Luc Chatel (consommation) et Laurent Wauquiez (emploi) n'avaient pas été conviés. "Uniquement à cause d'un problème d'agenda ! On va refaire ça régulièrement", leur a-t-il promis.
Le président avait besoin d'être conforté par sa garde rapprochée sur son offensive contre France Télévisions. Il n'a toujours pas digéré la diffusion sur le site Internet "Rue89" d'images volées en régie qui montrent les dix minutes d'attente sur le plateau, avant l'émission.
Ni la façon dont le PDG de France Télévisions, Patrick de Carolis, lui a répondu, mercredi, sur RTL : "Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différence entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela injuste".
Lundi, le chef de l'Etat avait estimé que "les programmes de France Télévisions ressemblent encore trop à ceux d'une chaîne privée". Cette stratégie de la tension est-elle bienvenue ? Certains au gouvernement en doutent. "Carolis nous piège, on ne peut pas arriver dans ce climat au Parlement pour défendre la nouvelle loi sur la télévision publique", s'inquiète un proche du dossier. "Je ne porterai pas un projet sous-financé, j'en tirerai toutes les conséquences pour moi", menace M. de Carolis dans Le Parisien, jeudi.
"Tout est déjà sur la table, le mécanisme de financement ne va pas changer en septembre ! Carolis gagne des points auprès des syndicats, mais pour faire quoi ?", s'interroge-t-on au ministère de la culture.
Dans la majorité, on est d'avis de relâcher la pression : "On ne peut pas s'attaquer à la fois à l'AFP et France Télévisions !" "D'autant que cette réforme de la télé publique n'est ni une urgence, ni une demande des Français", prévient le député (UMP) Hervé Mariton.
A l'Elysée, on cherche à prendre à témoin l'opinion : "Le président est attaché à un service public qui fonctionne et à des chaînes qui ne soient pas des soeurs jumelles des chaînes commerciales", plaide Mme Morano. Moins diplomate, un autre participant à la réunion des "sept" tranche : "C'est une télévision d'Etat. Nicolas est en droit de dire ce qu'il pense".
sluppp .... Des droits ! toujours des droits ! et les devoirs ... ???
jeudi 3 juillet 2008
Le vrai plan de Sarko pour la télé
Le Canard Enchaîné – mercredi 2 juillet – Jean-Michel Thénard
Sarko, en bon patron de l’audiovisuel vient de garantir aux télé privées un monopole publicitaire. Il s’emploie aujourd’hui à finir d’annexer le service public, pas encore assez servile. D’où son annonce de la semaine dernière : le prochain président de France Télévisions sera nommé par lui et par personne d’autre. Un obligé qui servira, en quelque sorte, de garant de la … dépendance de la télé.
Décryptage.
Pour atteindre son objectif, Sarko ose tout . 1/ Il donne du grain à moudre à l’opposition, qui dénonce le retour aux années soixante, au moment où il a besoin d’elle pour faire passer sa réforme institutionnelle. 2/ Il torpille le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), censé mettre à distance télévision et politique. 3/ Ce faisant, il prend le risque d’être censuré par la Conseil constitutionnel, qui estime que l’on ne peut pas revenir sur une liberté acquise.
Qu’importe ces broutilles, le Président veut être le seul patron ! Il a ridiculisé Jean-François Copé, placé par lui, voilà quatre mois, à la tête d’une commission sur l’avenir de l’audiovisuel public. A peine ses conclusions rendues , Sarko s’asseyait dessus. « Il avait envie de faire un truc qui ramène les projecteurs sur lui. Je trouve ça dommage, ça a occulté le reste », grince Copé.
Les Bogdanoff, conseillers de l’Elysée.
Sarko est aussi convaincu qu’il lui revient de définir les programmes de la télé, de même qu’il s’est déjà occupé de ceux des écoles… Il a aussi ses marottes : plus d’Europe, plus de sciences, comme l’en ont convaincu ses amis les très étranges frères Bogdanoff récemment reçus à l’Elysée. « Une immixtion proprement scandaleuse, France Télévision n’est pas là pour satisfaire les goûts personnels de tel ou tel. Si cela se passe comme cela pour les programmes, qu’est ce que cela va être pour l’info ? » s’étrangle le producteur Nicolas Traube.
Pour que la future télé publique réponde à ses vœux, une profonde restructuration est nécessaire, Sarko ne cesse de le réclamer. « 11 000 personnes, 29 sociétés, vous vous rendez compte ! est- ce que le service public a vraiment besoin de tout ça ? », s’interroge, faussement ingénu, l’un de ses conseillers. Si l’actuel patron de France Télévision pousse le masochisme jusqu’à vouloir faire le sale boulot, pourquoi pas.
Patrick de Carolis sera d’autant plus acculé à restructurer que l’argent va manquer. Sarko a simplifié l’usine à gaz monté par la commission Copé. Ne demeurent, pour compenser la suppression de la pub, qu’une taxe de 0,9% sur le chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie et d’Internet, et une autre sur les recettes publicitaires des chaînes privées. Au total 530 millions.
Cela ne suffira pas. Surtout si les opérateurs de télécoms sortent victorieux de la bataille de lobbying qu’ils vont mener à Bruxelles et à l’Assemblée contre cette taxation.
« La vérité, c’est qu’en 2012, le prochain président de la république augmentera la redevance », convient-on à l’Elysée. Mais avant d’arroser, demain, le service public sarkozien, il faut d’abord le paupériser avec cynisme. Une fois la cure d’amaigrissement terminée et un nouveau patron choisi, le président Sarko, coprince d’Andorre et tsar de toutes les télés, sera vraiment le roi.

mercredi 2 juillet 2008
La télé publique bientôt sans couleurs ?

mardi 1 juillet 2008
Quand Nicolas Sarkozy perd patience en "off" avant son interview sur France 3
LEMONDE.| 01.07.08 | 09h44 • Mis à jour le 01.07.08 | 13h10
Quelques minutes avant de passer en direct au "19/20" de France 3 lundi 30 juin pour être interrogé sur la future présidence française de l'Union européenne, le président Nicolas Sarkozy fait quelques remarques acérées sur la télévision publique, créant un climat glacial sur le plateau.
Rue89 a publié ces images sur son site.
Alors que M. Sarkozy est entre les mains de la maquilleuse et du technicien, il se rebiffe contre ce dernier qui ne répond pas à son salut : "Enfin, quand on est invité, on a le droit que les gens vous disent bonjour quand même ! Ou alors, on n'est pas dans le service public...", lance Nicolas Sarkozy, choqué par l'attitude du technicien, "... on est chez les manifestants". "Ça va changer", finit-il par dire, d'un ton déterminé.
Après avoir vanté la beauté du plateau du "19/20", Nicolas Sarkozy évoque d'un ton léger la "placardisation" de Gérard Leclerc, un des journalistes signataires d'une tribune très critique sur le réforme de l'audiovisuel public en cours, publiée la semaine dernière dans Le Monde.
"Ça fait plaisir de voir M. Leclerc à l'antenne... Tu es resté combien de temps au placard ?"
S'ensuivent quelques secondes de silence gêné. Puis, juste avant de commencer l'émission, Nicolas Sarkozy suggère fortement aux journalistes présents sur le plateau : "Vous ne voulez pas me poser une question d'actualité sur Carcassonne ?
" Réponse de Paul Nahon, le directeur d'information de la chaîne : "On le pensait." Paul Nahon interroge ses collègues et tranche avec une rapidité exemplaire : "Donc, on parlera de Carcassonne avec le président, après."
Sarkozy en "off" sur le plateau de France 3
envoyé par rue89
Lors de son intervention télévisée d'une heure, Nicolas Sarkozy a évoqué le service audiovisuel public et s'est voulu rassurant : "Je ne vous laisserai pas tomber, je vous donnerai les moyens de vous développer, mais je ne regarderai pas le service public comme une petite secte qui appartient à quelques micro-organisations, qui descendent de temps en temps dans la rue."
Concernant la nomination du patron de France Télévisions, le président a estimé qu'avec le système actuel, on était "dans l'hypocrisie la plus totale".
En fin de matinée, Rue89 a ajouté que France 3 a lancé une enquête interne mardi matin pour déterminer "pourquoi et comment des images tournées avant le direct ont pu quitter France Télévisions". Interrogé par l'AFP sur le comportement du président avant l'émission, l'Elysée n'a souhaité faire "aucun commentaire".
Ni pub mais soumise
Mardi 1 juillet 2008 - Communiqué
C’est confirmé, il n’y aura plus de pub sur nos écrans après 20 heures, dès le 1er janvier prochain. Nicolas Sarkozy accélère la manœuvre quitte à chambouler les programmes en plein milieu d’année, négligeant le fait que nos grilles sont définies de septembre à juin.
En décidant de nommer directement le président de France Télévisions, le chef de l’Etat amorce un dangereux retour en arrière. Etranges relents d’une époque où le Conseil des ministres désignait le patron de l’ORTF, où le ministre de l’Information prêchait la bonne parole gouvernementale sur les ondes publiques.
Pour le président Sarkozy, il s’agit d’en finir avec «une hypocrisie». Mais quelle hypocrisie ? Certes, la nomination du président de France Télévisions par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n’empêche pas toujours l’ingérence du pouvoir politique. C’est un filtre imparfait sans doute, mais un filtre quand même. Le Conseil constitutionnel l’a réaffirmé à plusieurs reprises : le CSA est la «garantie de l’indépendance» des sociétés de l’audiovisuel public. Cette autorité de régulation est perfectible. Alors que partout en Europe on cherche à distendre les liens entre la télévision publique et le gouvernement, la France fait le chemin inverse et revient vingt-cinq ans en arrière. Drôle d’exception culturelle !
Dans l’esprit de Nicolas Sarkozy, France Télévisions est une société publique comme une autre, ses dirigeants doivent donc être nommés par le gouvernement. Il oublie que France Télévisions est une entreprise de presse et de création. Nous diffusons des images, des idées, des opinions, des analyses, bref tout ce qui contribue à nourrir le débat démocratique. A ce titre, nous ne pouvons pas être comparés à EDF ou à la SNCF. La désignation directe du président de France Télévisions par l’exécutif porterait gravement atteinte à notre indépendance, donc à notre crédibilité.
A cette menace politique s’ajoute la menace économique d’un projet de financement bâti sur du sable. Nos ressources seront indexées sur la bonne santé de deux secteurs, l’Internet et la téléphonie mobile, aujourd’hui prometteurs mais dont on ne peut, par définition, prédire l’avenir. Notre position sera d’autant plus inconfortable, qu’elle reposera également sur la réussite de nos principaux concurrents, les chaînes de télévision privées. Doit-on comprendre que si TF1 ou M6 perdent des téléspectateurs, donc des annonceurs et du chiffre d’affaires, nous devrons revoir nous aussi notre budget à la baisse ?
Dans ce brouillard total, quid de la promesse présidentielle de compenser «euro par euro» la suppression de la publicité ? Quid de la légalité d’un tel montage économique au regard du droit européen sur la concurrence ? A Bruxelles, la Commission européenne a déjà exprimé des réserves. Curieuse méthode que celle de Nicolas Sarkozy lorsqu’il met les mains dans le PAF : à la fois libérale au plan économique et autoritaire au plan politique. Dans un premier temps, on crée le désordre, on dérégule tout l’audiovisuel. Dans un deuxième, on reprend directement le contrôle.
Sous le vernis de la modernité transpire l’archaïsme.
Inquiètes et déstabilisées par cinq mois de tâtonnements, de règlements de compte politiques et d’amateurisme, entre vraies fuites et fausses révélations en guise de ballons d’essai, les rédactions de France 2 et France 3 doivent désormais subir l’interprétation très personnelle que livre le président de la République du rapport de la commission Copé. – la Société des journalistes de France 2 et la Société des journalistes de la rédaction nationale de France 3. La Société des journalistes de France 2 : Agnès Molinier (présidente), Christophe Airaud, Martin Gouesse, Gérard Grizbec, Anne Guéry, Bernard Lebrun, Loïc de la Mornais, Vincent Nguyen, Anne Ponsinet, Daniel Wolfromm La Société des journalistes de la rédaction nationale de France 3 : Bertrand Boyer (président), Guillaume Barbier, Anne Bourse, Didier Brignand, Amélie Delloye, Yann Fossurier, Samuel Guibout, Véronique Jan, Sandrine Rigaud.Windows XP définitivement abandonné
Pierre Tricoire - 30/06/2008 | Le Figaro
Lancé en 2001, le célèbre système d'exploitation de Microsoft sort ce lundi des rayons afin de laisser de la place à Vista, malgré une demande toujours existante.
Après 7 années de commercialisation, la vente du système d'exploitation Windows XP s'arrête ce lundi, malgré sa part de marché écrasante. L'opération, connue depuis plusieurs mois, a pour principal objectif de laisser plus de place à Windows Vista, le dernier né de Microsoft. Mais cette décision est loin de satisfaire l'ensemble des utilisateurs de PC, qui préfèrent pour certains encore utiliser XP par rapport à Vista. Une pétition «Save Windows XP»du site internet InfoWorld a même déjà recueilli plus de 160 000 signatures. L'objectif de la pétition étant de donner un sursis supplémentaire, jusqu'à la sortie prévue en 2009 du successeur Windows 7.
Des fabricants qui réussissent à faire pression
Des fabricants tels que Dell ont même déjà fait pression, et obtenu gain de cause auprès de Microsoft. Désormais, il sera ainsi possible de proposer une «downgrade», l'inverse d'une mise à jour pour passer de Vista à XP. De son côté, Fujitsu proposera le CD de XP Pro en option pour les acheteurs d'ordinateurs de sa marque, afin de répondre à la forte demande de PME.
Microsoft autorisera cependant les plus petits fabricants d'ordinateurs à acquérir XP pour le commercialiser jusqu'à fin janvier 2009. Une version d'XP restera également disponible pour les ordinateurs très bon marché comme le PC Asus Eee, qui n'ont pas la puissance nécessaire au fonctionnement de Vista, plus gourmand que son prédécesseur.
Sarkozy accueilli sous les huées à France Télévisions
lundi 30 juin 2008, - Le Parisien
Quelques centaines de salariés de France Télévisions ont accueilli sous les huées la voiture du président Nicolas Sarkozy venu lundi soir pour le 19/20 de France 3, selon un journaliste de l'AFP.
Aux cris de «Plus belle la vie sans Sarkozy», les manifestants ont brandi deux banderoles sur lesquelles on pouvait lire «hold-up sur l'audiovisuel public», des affiches avec des têtes de morts et des textes dénonçant un «retour à la propagande pure et simple», ou une «attaque contre la démocratie et le pluralisme de l'information»
La voiture du chef de l'Etat et son cortège se sont rapidement engouffrés dans le parking du bâtiment.
lundi 30 juin 2008
Des médias aux ordres ?
Dimanche 29 Juin 2008 - Marianne2.fr
Carla en une de Libé, Nicolas aux commandes de France 2 : la semaine dernière, certains ont fait une overdose de Sarkozy dans les médias. Ne manque plus que Renée, la maman du président, dans Notre Temps et le tableau sera complet.
Les Sarkozy (Carla, Nicolas, Jean, etc.) et les médias : c'est le sujet qui a mobilisé cette dernière semaine. Il faut dire que tout avait commencé très fort, avec l'interview de Carla Bruni-Sarkozy dans Libération. Pour la plupart d'entre vous, le quotidien a vendu son âme au diable en ouvrant ses colonnes à la présidente-chanteuse. «Je n'ai pas l'habitude d'avoir des regrets, force est de constater que le libé qu'il m'arrivait d'acheter, au siècle dernier, n'avait rien à voir avec le "voicilibé" d'aujourd'hui…», explique Patrick, rejoint par l'écrasante majorité des mariannautes, dont Christian résume la colère : «Ce type d'allégeance aux monarques en place est pitoyable de la part de n'importe quel journal. Plus encore quand il s'agit d'un journal comme Libé dont j'étais un fidèle ».
Lorsqu'ils n'en veulent pas à Libé, les mariannautes s'en prennent à l'omniprésence dans les médias du couple présidentiel. « La colère m'est montée car on a assez de Europe1, TF1 et France Télévision pour se coltiner les deux abrutis de la République», écrit Gradguy. « Jamais album de chansonnettes ne fut promu de la sorte avec autant de flagornerie médiatique. Déférence à l'épouse d'un président qui rate tout, saigne le service public, accroît les revenus des plus riches, fait payer les pauvres pour les plus pauvres. », martèle Gilles. Seule une petite minorité d'entre vous se veulent pragmatiques. « Paris vaut bien une messe et une explosion momentanée de ventes vaut bien une Carla. Au demeurant, rien d'extraordinaire à voir Libé abandonner un certain gauchisme de salon mâtiné d'idéologie à connotation "jeuniste" libertaire pour adopter une ligne éditoriale marquée par une culture libérale sociale moins hypocrite. Il y va de sa survie », estime Maiboroda Jean tandis que Daylight s'interroge : « Sarko fait l'ouverture, pourquoi pas Libé? ».
Des médias aux ordres? C'est déjà le cas…
Trois jours plus tard, Nicolas Sarkozy provoquait un tollé en décidant que les dirigeants de France Télévision seraient désormais nommés par l'exécutif. Une fois de plus, les mariannautes sont au rendez-vous. Et le cynisme n'est jamais loin : pour vous, cette décision ne changera rien à l'affaire car les médias n'ont pas attendu cela pour être aux pieds de Sarko 1er. «i[Cela ne changera rien à France 2, déjà aux ordres ou pratiquant l'autocensure de la honte […] des débats formatés, tellement cadrés qu'ils sont un véhicule de com et pas de dialogue. Ce n'est pas sur France 2, que l'on risquait de remettre le cadre en question]i», se lamente Patrick. «Et le pire dans tout cela, c'est l'autocensure des journalistes qui ne manquera pas de s'exercer», estime Libre. «Je rejoins le commentaire fait plus tôt sur l'asservissement des journalistes, renchérit Alaingif. A quand une bonne, une vraie, une forte réaction de vous tous, Mesdames, Messieurs des rédactions (télévisuelles ou non)? Vous êtes les premiers concernés et vous relayez l'information comme s'il s'agissait d'un fait-divers de plus... Nous revenons 30-40 ans en arrière et je n'entend sur les antennes que des interviews policés, sans un mot au dessus de l'autre... un vrai bonheur pour les Albanel, Estrosi, Morin et consorts... » « La presse politique, elle fait dans le people, les journalistes commencent à longer les murs de peur d'être accusés de lèse-majesté et les moutons suivent le troupeau. L'histoire recommence, c'est dommage d'en arriver là », conclut Croquignol. Pessimiste ou cynique ? A votre avis ?
dimanche 29 juin 2008
"Le risque de retour à une télévision d'Etat est réel"
Chat : Jean-Louis Missika : "Le risque de retour à une télévision d'Etat est réel"
Dans un chat au Monde.fr, Jean-Louis Missika, sociologue et adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation, doute que la nomination directe du président de France Télévisions telle qu'elle a été proposée "soit acceptable par le Conseil constitutionnel s'il respecte sa propre jurisprudence sur l'indépendance des autorités administratives".
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LEMONDE | 26.06.08 | 12h02 •

