lundi 8 septembre 2008
Jean-Marie Bigard - Sur Europe 1, l’humoriste a défendu la thèse d’un complot américain sur les événements du 11-Septembre…
Metro – 07/09/08
Encore une personnalité séduite par la théorie du complot à propos du 11-Septembre. Après Marion Cotillard, c’est Jean-Marie Bigard qui a exposé ses idées, lors de l’émission de Laurent Ruquier, « On va se gêner » sur Europe 1, vendredi. Des propos plutôt passés inaperçus. Alors que les invités discutaient d’une phrase de John McCain sur Oussama Ben Laden, l’humoriste est intervenu pour défendre sa thèse. « Il est mort depuis longtemps, Ben Laden […] D’ailleurs, on est maintenant sûr et certain que les deux avions qui se seraient écrasés en forêt et sur le Pentagone n’existent pas. C’est un mensonge absolument énorme. »
Profitant de la gêne – et de quelques moqueries… - des autres invités, il a alors continué. « On commence à penser sérieusement que ni Al-Qaida ni aucun Ben Laden n’ont été responsables du 11-Septembre ».
« Ils ont tué eux-mêmes des Américains »
Jean-Marie Bigard va plus loin dans la théorie du complot. Selon lui, « douze ou treize sujets existent sur Internet à propos de cela et ils ont été trafiqués pour qu’on ne puisse pas entendre le son » Citant David Ray-Griffin, « qui réalise en ce moment des conférences extraordinaires » et faisant référence à Thierry Meyssan, il accuse directement le gouvernement américain. « Ils ont intérêt à nous montrer un avion qui frappe le Pentagone… Non ! C’est un missile américain qui frappe le Pentagone ! Ils ont tué eux-mêmes des Américains ! »
Jean-Marie Bigard est un proche de Nicolas Sarkozy et ne cache pas son amitié pour le Président de la République. Il a accompagné celui-ci lors de son voyage au Vatican en décembre dernier et a été reçu par le pape Benoît XVI.
L'extrait de l'émission :
Autre info étrange...
vendredi 5 septembre 2008
Quai d'Orsay - Censurée / " Le Monde " et le ministère des affaires étrangères
LE MONDE | 03.09.08
Depuis plusieurs semaines, la correspondante diplomatique du Monde, Natalie Nougayrède, fait l'objet de mesures de boycottage de la part du cabinet du ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Le point le plus marquant a été atteint, vendredi 29 août, lorsque Natalie Nougayrède a été expulsée, sur décision du cabinet du ministre, d'une réunion organisée par le Quai d'Orsay au Centre international Kléber, où se tenait la conférence annuelle des ambassadeurs.
Notre journaliste avait été autorisée par le bureau du secrétaire général de la conférence des ambassadeurs à assister à un débat consacré à la politique énergétique de l'Europe. Tandis qu'elle attendait son badge d'accès, document qui devait lui être remis dans le quart d'heure, Natalie Nougayrède a été escortée vers la sortie de la salle par deux policiers qui agissaient, selon un fonctionnaire, "à la demande du cabinet du ministre".
La réunion, qui se tenait en principe à huis clos, avait été ouverte à certains journalistes. Natalie Nougayrède a, plus tard dans la journée, assisté à la conférence de presse de M. Kouchner au Centre Kléber.
Cette interdiction fait suite à l'annulation, au mois d'août, d'une interview de Bernard Kouchner par Le Monde sur le conflit en Géorgie et les événements en Afghanistan. Quelques heures avant le rendez-vous, le cabinet du ministre avait exigé que Natalie Nougayrède ne fasse pas partie de l'équipe de journalistes recueillant l'entretien - condition que Le Monde a refusée.
Depuis deux mois environ, notre journaliste a cessé de recevoir les correspondances du Quai d'Orsay, dossiers de presse et invitations, transmises, selon les usages, aux journalistes suivant les questions diplomatiques.
Ces mesures sont sans précédent dans l'histoire du journal. Elles font suite à des interventions informelles, ces derniers mois, suggérant au Monde de changer de journaliste diplomatique.
En un an, Le Monde n'a jamais reçu de demande de droit de réponse, de rectificatif ou mise au point de la part du ministère à la suite d'un article concernant la diplomatie française.
Et si la porte du Centre Kléber a été fermée à notre correspondante, celle des colonnes du journal est restée largement ouverte au ministre. Depuis qu'il est à la tête du Quai d'Orsay, Bernard Kouchner a publié pas moins de dix points de vue dans la section "Débats" du Monde - record inégalé pour un membre du gouvernement de François Fillon -, tandis que le journal recueillait, sous forme de questions-réponses, deux entretiens avec le ministre.
(Le Monde, qui a toujours entretenu des relations cordiales avec Bernard Kouchner, ne peut que déplorer le traitement réservé à Natalie Nougayrède.
Eric Fottorino et Alain Frachon).
Kouchner prendrait-il modèle sur son chef depuis qu'il est devenu Sarko-compatible ?
La grossesse de Rachida Dati fait les choux gras de la presse européenne
24 Heures Suisse - 04/09/08
La ministre française de la Justice Rachida Dati confirme qu'elle est enceinte. Puis vient une rumeur: José Maria Aznar, père de l'enfant? Le tout suivi d'un démenti ferme de l'ancien chef du gouvernement espagnol. Cette série d'événements a fait les choux gras d’une partie de la presse européenne.

Le Soir (Belgique)

jeudi 4 septembre 2008
Commentaires de la Presse Française - Le limogeage du n° 1 de la sécurité en Corse laisse perplexe
LEMONDE. | 03.09.08
Nicolas Sarkozy est-il intervenu dans la mutation du "M. Sécurité" de la Corse, Dominique Rossi, après l'intrusion, samedi, de militants nationalistes dans la villa de l'acteur Christian Clavier, dont il est un ami proche ? L'ampleur de la sanction infligée au coordonnateur des services de sécurité intérieure en Corse interpelle l'ensemble des quotidiens, nationaux et régionaux, mercredi matin.
Libération, citant une source au ministère de l'intérieur, indique que "des échanges" ont eu lieu entre le cabinet de Michèle Alliot-Marie et des "collaborateurs" à l'Elysée, mais la présidence a refusé de commenter cette décision, indiquant seulement qu'"il s'agit d'une décision de mutation d'un contrôleur général de police qui relève du ministère de l'intérieur".
A l'UMP aussi, on indique que Mme Alliot-Marie a agi "seule", selon Le Parisien/Aujourd'hui en France. Le quotidien s'interroge toutefois sur "la marge de manœuvre de [la ministre] dans ce dossier", avant d'affirmer que "dès lundi, le cas Rossi et l'épisode de la villa de Christian Clavier ont été évoqués par Nicolas Sarkozy lors de la traditionnelle réunion de 8 h 30 à l'Elysée avec ses principaux conseillers", contredisant ainsi la version de l'UMP.
Le Parisien évoque également les relations "étroites" et "complexes" du président avec l'île de Beauté, qui expliqueraient que "la manifestation symbolique [dans la demeure de l'acteur] ait été vécue comme un affront".
"LETTRE DE CACHET"
(...). Cette mutation-sanction ressemble tout à fait à une lettre de cachet", note Midi libre dans son éditorial.
Même constat dans Le Républicain lorrain, qui va jusqu'à faire le parallèle entre le limogeage de Dominique Rossi et celui de PPDA du JT de TF1, "coupable d'avoir déplu au chef de l'Etat".
La Voix du Nord estime, de son côté, que "ce n'est pas la première fois qu'un groupuscule piétine les lois républicaines, et quelques parterres en même temps, afin de dénoncer 'l'État colonial', 'la confiscation de la langue' ou, comme c'était le cas ici, 'la spoliation foncière'. (...) On ne trouve plus beaucoup de gendarmes pour s'en émouvoir". Pourquoi dès lors Dominique Rossi, 59 ans, dont le professionnalisme est salué par ses pairs, a-t-il été démis de ses fonctions ?
La Voix du Nord estime que le ministère de l'intérieur aurait pu diffuser un simple communiqué indiquant que "l'Etat a décrété l'égalité du traitement de la délinquance sur tout son territoire", qui aurait coupé court aux polémiques. "Mais non. On nous dit que M. Rossi est juste coupable d'une 'erreur de jugement'. (...) Voilà que pour avoir accompagné du regard cinquante gars tranquilles, M. Rossi saute", ajoute le quotidien.
Tranquilles, les manifestants l'étaient assurément, indique Jean-Guy Talamoni, interrogé par LibéMarseille, dénonçant une "République bananière". Le leader indépendantiste, qui se trouvait, samedi, dans la villa de Christian Clavier, explique que la manifestation s'est déroulée "sans incident", "dans la plus grande décontraction", et s'étonne de la sanction infligée à Dominique Rossi : "Ça montre bien comment la Corse est gérée : c'est l'arbitraire total ! D'habitude, c'est nous qui en faisons les frais. Là, c'est un rouage de l'Etat français [qui est visé]."
"Tant pis si M. Rossi, nommé 'premier flic' de Corse en 2005, pouvait se prévaloir d'un très bon bilan
mercredi 3 septembre 2008
Les brèves de comptoir de Nicolas Sarkozy
MARIANNE BUZZ – 02/09/08
La classe...
L’homme qui murmurait à l’oreille des veaux
www.la-bas.org/ Le site de « là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet
Jusqu’au bout nous avons espéré, mais on ne peut plus le cacher, Jean-Marc nous a quittés.
Oui, l’éditorialiste économique Jean Marc Sylvestre a quitté France inter. Sans esclandre, sans tapage, le hussard noir du capitalisme a rejoint la direction de l’information de TF1.
C’est la rentrée, mais malgré sourires et entrain, nous avons le cœur bien lourd. Car nous pensons à ces centaines de milliers d’auditeurs désemparés, sans guide et sans boussole désormais. Voilà 22 ans que chaque matin à 7h25, le Dalaï Lama du CAC 40 nous dit ce que nous devons penser. 22 ans qu’il réveille la France en lui parlant de l’horreur des 35 heures, des grèves qui prennent l’usager en otage, des privilégiés des régimes spéciaux, du Oui à la constitution européenne ou de la nécessité de « moderniser » le financement de la Santé et des retraites dans un pays archaïque où les entreprises sont écrasées par les charges.
Comment combler le manque que laisse cet infatigable télévangéliste du marché, cet humble
propagateur de la foi ultralibérale ? Et quelle simplicité! Jamais dans les couloirs de France inter on ne l’a vu arborer la légion d’honneur que son ami Nicolas Sarkozy lui avait remis en 2004. Toujours prêt à défendre les intérêts des nantis et des puissants et à nous enseigner la résignation par la modestie ou par l’évidence « Le libéralisme n’est pas une construction intellectuelle comme le marxisme, le monde a été créé ainsi, tel était le message de Jean-Marc, le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste, nous répétait-il ! » (Interview à VSD 20.01.05)
Pendant 22 ans, cet homme a murmuré à l’oreille des veaux. Un homme toujours prêt à lécher les maîtres du monde jusqu’entre les doigts de pieds là où ça sent pas toujours très bon.
Alors, bien sûr, France inter lui a trouvé un successeur. Mais de partout monte le choeur des auditeurs déboussolés « Pourvu que le prochain soit aussi caricatural ! » disent-ils « Jean-Marc n’avait pas son pareil pour vous faire monter l’adrénaline dés le matin, c’était bon pour démarrer la journée ! Jean-Marc Sylvestre, c’est le type qui est la caricature de tout ce qu’il défend. Il a fait réagir tant d’auditeurs, tant de colères et tant de rigolades entre le café et la brosse à dents, qu’il a plus fait pour dévoiler l’horreur économique que pour la faire avaler… Jean-Marc, tu vas nous manquer! Jean-Marc reviens ! »
lundi 1 septembre 2008
L’ascension d’un journaliste
Par Daniel Schneidermann - Libération lundi 1 septembre 2008
Comment se déroule une ascension médiatique, en République sarkozienne ? Très simplement. A ciel ouvert.
Le cas de Laurence Ferrari, sa vie, son œuvre, ses traumatismes d’enfance, ayant été exploré comme il convenait par la totalité de la presse française et francophone, attardons-nous sur un autre, plus discret : celui de Claude Askolovitch, nouvel embauché du groupe Lagardère.
Scénario : un journaliste (de talent) que les hasards de la carrière ont envoyé dans un hebdomadaire étiqueté à gauche ( le Nouvel Obs) s’y ennuie. Il s’y sent bloqué. Il y suit les activités de José Bové, les oscillations de Clémentine Autain, et les forums de Porto Alegre, ce qui peut lasser à la longue. Il trompe l’attente en répétant à longueur d’émissions, d’articles, de blog, que la candidate de la gauche est d’une nullité crasse ; il rédige à la chaîne des livres de discussions avec un socialiste passé à l’adversaire (Eric Besson), avec un socialiste raisonnable (Manuel Valls), avec une ministre sarkozyste (Rachida Dati), mais l’ennui persiste. C’est terrible, l’ennui.
Reste une inconnue - de taille. Sa Majesté a-t-elle explicitement donné consigne de faire nommer Askolovitch au firmament du groupe de son ami Arnaud Lagardère, pour service rendu à la famille ? Ou bien, dans l’état-major de Lagardère, a-t-on précédé ses désirs ? La simultanéité des deux nominations laisse irrésistiblement penser que la décision a été prise au sommet du groupe, et pas seulement dans chacun des deux médias. Le groupe en question est d’ailleurs habitué aux nominations «conseillées». L’an dernier, l’ex-patron Elkabbach avait déjà consulté Sarkozy sur la nomination du chef du service politique. Et puis, qu’importe ? Qu’on ait cédé aux désirs du prince ou qu’on les ait précédés, le résultat est le même : l’accession de la personne adéquate au poste qui l’attendait.
Et voilà le sarkozysme, après un an de règne, doté de son Commynes radiophonique, tout frais transfuge de chez le Téméraire. La première semaine est éblouissante. Ah, pouvoir enfin célébrer le nouveau-Sarkozy-entré-dans-ses-habits-de-président-grâce-aux-dix-morts-de l’embuscade (lundi), et le Stratège-Génial-qui-a-embarrassé-le-PS grâce-au-financement-du-RSA-par-une-taxe-sur-le-capital (mercredi). Ah, stigmatiser la ringardise des socialistes restés socialistes (mardi), et pointer le dérèglement de leur logiciel (vendredi). Certes, il ne faut pas oublier de critiquer, on est un journaliste indépendant : on épingle donc rudement la ministre des Sports, de s’être laissée porter sur les épaules des athlètes français, de retour de Pékin. Pas digne de vos fonctions, Madame la ministre ! Diantre. L’Excellence ne s’en relèvera pas.
Reste, au-delà du cas particulier, la question centrale. Quelle est l’efficacité de cette injection matinale de sarkozysme, à l’heure du café et du jus d’orange ? Il ne faut pas la sous-estimer. L’heure matinale désarme les vigilances. Dans le ronronnement du presse-agrume, dans le doux glou glou de la cafetière, l’oreille s’accroche aux morceaux qui surnagent, ringard, brillant, bug, bravo, etc. Le cerveau est disponible aux «en hausse» et «en baisse» auxquels se réduit, finalement, l’exercice. Il aura, pour la journée, sa dose de gentils et des méchants. Il n’en demande parfois pas davantage.
Mais tout n’est pas noir dans l’opération. Avantage connexe (il faut bien se consoler) : on aura désormais accès chaque matin à un condensé de la rumeur de la Cour : "Les socialistes sont ringards (sauf les ralliés, ou les ralliables à Sarkozy), Sarkozy est moderne, les talibans sont des nazis, Obama est bien plus moderne que les socialistes français, Sarkozy est habile, les nazis étaient des talibans qui s’ignoraient, la guerre d’Afghanistan est dure mais nécessaire, Sarkozy est courageux, etc." Cela évitera de lire, ou d’écouter, beaucoup d’autres journaux ou émissions.
Au début de l’été, le Destin lui sourit : il vole soudain à la radio défendre courageusement le fils du président de la République, cible d’une infâme agression antisémite, dans une chronique que personne n’avait lue, en page 19 d’un hebdomadaire satirique. Bingo ! L’affaire prend. La France s’embrase. Insultes, polémiques, pétitions. Et à la fin de l’été, abracadabra, on le retrouve dirigeant les pages politiques du Journal du dimanche (groupe Lagardère), et en charge de l’éditorial politique de la radio Europe 1 (groupe Lagardère), réussissant l’exploit d’en avoir déboulonné l’indéboulonnable Catherine Nay. Il est devenu une pièce centrale du dispositif. Venant de la gauche, il incarne l’ouverture médiatique.
mercredi 27 août 2008
Le Canard Enchaîné a enregistré un bénéfice de 6,2 millions d'euros en 2007
La Suisse de Vaud - 26 août 2008 |
…grâce à une forte progression de ses ventes, indique l'hebdomadaire satirique dans son édition à paraître mercredi.
Le bénéfice net du Canard Enchaîné est cependant en recul par rapport à celui de 2006 --où il avait atteint 7,8 millions d'euros--, en raison de la souscription d'un "contrat de retraite complémentaire au profit de l'ensemble de son personnel permanent", précise le journal.
"Conformément à nos usages et à notre volonté de conforter l'indépendance du journal, (le bénéfice) a été entièrement affecté à nos réserves", ajoute-t-il.
En 2007, année de forte actualité électorale, Le Canard Enchaîné a vu ses ventes progresser de 24%, à 503.125 exemplaires en moyenne (diffusion totale payée).
La diffusion des "Dossiers du canard" a par ailleurs progressé de 18% par rapport à 2006, avec 79.833 exemplaires en moyenne.
samedi 23 août 2008
Richard Labévière dénonce "l'orwellisation" de la presse française
Par William Castel Agoravox - Samedi 23 août - Yahoo actualités
Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen.
Viré pour mal-pensance, Richard Labévière contre-attaque.
Rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI), grand reporter et écrivain spécialiste du Proche et du Moyen Orient, Richard Labévière vient d’être licencié, au motif qu’il n’aurait pas demandé la permission de sa direction pour faire une interview de Bachar el-Assad le 8 juillet dernier, juste avant l’arrivée du président syrien en France en visite officielle (l’interview incriminée est en ligne sur le site de TV5 Monde).
Un prétexte aberrant, qui cache d’évidence d’autres raisons. Inavouables.
Le licenciement de ce journaliste de renommée internationale a été prononcé en plein mois d’août, le 12 exactement, à la dérobée, comme si de rien n’était... Une évidente volonté de discrétion, respectée scrupuleusement par tous les grands médias français, puisque pas un seul à ce jour (sauf erreur) ne s’est fait l’écho de ce limogeage.
Richard Labévière livre aujourd’hui ce qui lui semble être les vraies raisons de son renvoi.
Celui-ci s’inscrit d’abord, dit-il, dans "une suite de harcèlements professionnels" de la part de la direction de RFI, sur une durée de 4 ans. Labévière s’est ainsi vu retirer en 2005 l’Editorial international de RFI sur la simple demande de l’ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili.
Labévière dit aussi avoir été victime de menaces de mort sur son lieu de travail, "émanant vraisemblablement du Betar" (milice sioniste), "avec des complicités internes à RFI". L’accusation est forte. Il s’agirait, par ces pratiques, d’intimider les journalistes qui sortent du discours officiel pro-israélien que RFI chercherait à imposer.
Labévière note que sa mise au pas intervient au moment où Christine Ockrent, épouse du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, et Alain Pouzilhac prennent la tête de l’Audiovisuel extérieur de la France (RFI, TV5 Monde et France 24). Coïncidence ?
Il s’agirait, ni plus ni moins, selon lui, d’imposer une lecture néo conservatrice, américaine ou israélienne, des crises proche orientales. Avoir une lecture pro palestinienne ou pro-arabe ne serait aujourd’hui plus permis.
Retour du délit d’opinion ? Mainmise d’une pensée unique ? Terrorisme intellectuel ?
Richard Labévière va jusqu’à parler d’orwellisation de la presse française, publique et privée.
A l’heure où le pluralisme semble menacé, sans que les médias ne s’en émeuvent le moins du monde, une pétition de soutien à Richard Labévière vient d’être mise en ligne. Le journaliste a décidé d’assigner en justice la chaîne publique qui l’employait. Un préavis de grève est par ailleurs lancé par les syndicats de RFI pour la rentrée, et un référé prud’homal aura lieu le 22 septembre prochain.
Touche pas à mon BHL
Rappelons que, parmi ses faits d’armes, Richard Labévière avait publié l’an dernier un livre intitulé Bernard-Henry Lévy ou La règle du je, dans lequel il démontait la "double imposture : philosophique et journalistique" que représente selon lui BHL.
"Il s’agit de démonter, note son éditeur, les bouffonneries qu’il fait passer pour de la philosophie et du journalisme, avec l’aide des médias et de la grande édition qui sont les chiens de garde de l’idéologie la plus réactionnaire." Labèvière présente BHL comme un "serviteur de l’empire américain et du libéralisme mondialisé, ego médiatique vide et surdimensionné". De quoi s’attirer des ennuis...
Touche pas à mon Ben Laden
Même si cela n’a vraisemblablement aucun rapport avec son licenciement estival, souvenons-nous aussi que Richard Labévière est l’un des deux journalistes (avec Alexandra Richard du Figaro) à avoir rapporté la présence d’Oussama Ben Laden à l’hôpital américain de Dubaï du 4 au 14 juillet 2001, deux mois seulement avant les attentats du 11-Septembre, et sa rencontre, le 12 juillet, avec le chef d’antenne local de la CIA Larry Mitchell (voir la VIDÉO).
Extrait de son ouvrage Les Coulisses de la Terreur : "Recoupé et vérifié par d’autres témoignages, le récit de notre informateur atteste que la fameuse rencontre a eu lieu le 12 juillet 2001. Révélée le 31 octobre 2001 par Radio-France Internationale (RFI) et Le Figaro, l’information est aussitôt démentie par le directeur de l’hôpital, Bernard Koval (...). Le lendemain, RFI révèle l’identité de l’agent de la CIA qui, selon ses informations, a bel et bien rencontré Ben Laden. Le représentant local de la CIA qui a rendu visite à Oussama Ben Laden le 12 juillet 2001 à l’Hôpital américain de Dubaï s’appelle Larry Mitchell."
Description du livre : "Deux mois avant les attentats du 11 septembre, la CIA négocie encore avec Oussama Ben Laden. Puis les Etats-Unis déclenchent les hostilités en Afghanistan. Ils laissent s’échapper le milliardaire saoudien et ses protecteurs, comme ils laissent s’évanouir leurs capitaux dans une jungle financière. Qui sont les complices au cœur même de l’establishment américain ? Aurons-nous bientôt un « Ben Ladengate » ? Pour l’éviter, les idéologues de l’administration Bush inventent une nouvelle guerre froide : la guerre sans fin contre la terreur... Désormais, tous ceux qui ne partagent pas les valeurs du meilleur des mondes selon Washington sont suspectés de soutenir le terrorisme, sinon d’être des terroristes eux-mêmes, agents d’un nouveau complot contre le monde libre et les champions du Bien. Ce complot est baptisé d’un nom générique : Al Qaïda. Du Pakistan à Bali, de Riyad à Casablanca, de Genève à Lugano, enquêtant sur les lieux des attentats et les places bancaires, Richard Labévière parvient à une conclusion : Al Qaïda n’existe pas. Le terrorisme ne relève pas d’une organisation mondiale, mais d’une nébuleuse de réseaux qui s’enracinent localement, dans les économies les plus inégalitaires et les régimes politiques les plus arbitraires. Pourtant, la mythologie Ben Laden continue. Pour survivre, l’Empire a besoin d’un ennemi et de faire la guerre : une guerre sans fin. "
Le livre a paru en novembre 2003. Les ennuis de Labévière ont commencé, d’après ses dires, il y a environ 4 ans... Non, il n’y a sans doute aucun rapport...
vendredi 15 août 2008
Le CSA veut informer les parents des dangers de la TV pour les bébés
PARIS (AFP) - 14 août 2008 | Journal de Vaud – Suisse
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a décidé d'une série de règles visant à encadrer les programmes et chaînes télévisées destinées aux enfants de moins de trois ans et à mieux informer les parents des dangers de ces services, a-t-il indiqué jeudi.
A compter du 1er novembre, les chaînes de télévision ne pourront plus "ni diffuser, ni promouvoir, sur leur antenne et sur tout autre support, des programmes visant spécifiquement les enfants de moins de trois ans", indique l'institution dans une délibération rendue le 22 juillet.
"La diffusion n'est pas interdite, mais ces programmes ne doivent pas être diffusés et présentés à l'antenne comme spécifiquement destinés aux moins de trois ans", a précisé le CSA à l'AFP.
Cette disposition ne s'appliquera qu'aux chaînes établies en France et ne concernera donc pas Baby TV (lancée en France en 2005) et Baby First (2007), qui émettent depuis la Grande-Bretagne et sont à l'origine d'une vive polémique dans l'Hexagone.
De nombreux spécialistes de la petite enfance et des représentants des pouvoirs publics se sont insurgés contre la promotion par ces deux chaînes des bienfaits supposés de la télévision pour les moins de trois ans.
Les experts consultés par le CSA estiment au contraire que "la consommation de télévision porte atteinte au développement des enfants de moins de trois ans" et "présente un certain nombre de risques" en favorisant notamment "la passivité, les retards de langage, l'agitation, les troubles du sommeil et de la concentration", indique l'institution dans sa délibération.
Les distributeurs (opérateurs du câble, bouquets satellitaires...) devront également diffuser sur leur écran et sur celui des chaînes concernées un avertissement du CSA.

