mardi 15 janvier 2008
Le nouveau siège de l'Opac crée la polémique
lundi 14 janvier 2008 | Odile Plichon - Le Parisien
Le premier bailleur social de Paris doit faire face à de nombreuses critiques sur les travaux engagés dans son nouvel immeuble. Leur coût, jugé trop élevé, aurait largement entamé le budget promis pour 1 500 logements dans la capitale.
LOCAUX BAIGNÉS dans un puits de lumière naturelle, végétalisation de l'immeuble, salle de conférences surmontée d'une coupole en verre... C'est un siège résolument écolo et assurément haut de gamme que le premier bailleur social de Paris, l'Opac, devait inaugurer en février. Seulement voilà : le « coupé de cordon » n'aura lieu qu'au printemps .
Est-ce parce que le chantier a pris du retard, ou parce qu'à la veille des municipales, dévoiler un projet immobilier de 130 millions d'euros aurait pu être mal perçu (cette somme représente un quart des recettes locatives en 2006) ?
Ce report, en tout cas, ne fera pas taire la polémique : implantation du nouveau siège dans l'arrondissement le plus cher de Paris, coût très élevé des travaux... voici les principaux points en débat.
Un nouveau siège situé à côté de l'ancien... Les dirigeants de l'Opac souhaitaient regrouper 600 collaborateurs disséminés sur trois sites en un seul lieu. Mais où ? S'il a un moment été question de « partir » dans le XIIIe, certains ont estimé cet arrondissement trop « mal desservi ». « Les collaborateurs ne souhaitaient pas être excentrés », confirme le directeur général de l'Opac, Jean-François Gueullette. Le nouvel immeuble siégera au 21 bis, rue Claude-Bernard, dans le Vème arrondissement, entre le jardin des Plantes et celui du Luxembourg. Soit, surtout, à dix minutes à pied des anciens locaux (situés au 49, rue du Cardinal-Lemoine, dans le Ve). Un choix surprenant pour cet organisme « social » : le Vème reste l'un des quartiers les plus onéreux de Paris.
... et beaucoup plus cher. Si l'ancien siège social, un très bel hôtel particulier, classé monument historique, a été revendu pour 35,3 millions d'euros, les nouveaux locaux, achetés au journal « le Monde », ont pour leur part été acquis pour la coquette somme de 80 millions d'euros en 2004. Avant de subir une « restructuration complète », précise le site Internet de l'Opac : non seulement, il a fallu intégrer les équipements souhaités (amphithéâtre, etc.) mais le bâtiment comme le chantier devaient être « durables » (pas de clim, matériaux non polluants, etc.) Il a donc fallu démolir avant de reconstruire. Ajoutez à cela moult imprévus, un an de retard, du fait de problèmes de désamiantage, et vous obtenez une addition salée : le coût global de l'opération avoisine 130 millions, contre 123 millions prévus en octobre 2007.
« Horizon Claude-Bernard ». Les salariés de l'Opac n'ont eu ni la crèche ni la salle de sports mais, pour le reste, ils ont été choyés : depuis trois ans, les 2 000 collaborateurs ont régulièrement reçu la lettre d'information sur le futur siège, un spécial quatre pages tout en couleurs baptisé « Horizon Claude-Bernard » : point sur les travaux, implantation des services... Un groupe de travail « mobilier » de 15 personnes, un autre intitulé « restaurant d'entreprise » ont planché plusieurs mois durant. Et en mai 2007, la direction de l'Opac a loué des showrooms à Saint-Lazare, afin que les salariés puissent tester bureaux et sièges. Les « rois du pétrole », résume Alain Paviet, du Supap-FSU. « Des outils de communication interne normaux », rétorque Jean-François Gueullette.
Mais où sont les 1 500 logements promis ? En 2005 comme en 2006, le président du conseil d'administration de l'Opac de Paris, Jean-Yves Mano, avait annoncé que « le produit de la vente (NDLR : du siège) permettrait à l'Opac de disposer de fonds propres pour produire 1 500 logements dans le centre et l'Ouest parisiens » (lire ci-dessous). A aucun moment, il ne précisait qu'il faudrait loger les salariés de l'Opac ailleurs... et donc financer de nouveaux locaux.
Le gaspillage des fonds publics est évident ... que devient l'enquête de la mairie de Paris sur les loyers des hauts fonctionnaires ? Chirac, Juppé, Gaymard, etc... avaient bien déménagé ou remboursé, eux jadis...là rien ne se passe, c'est agaçant ces connivences des élus de gauche et de droite, tout comme leurs régimes spéciaux de retraites injustes qui sont maintenus !
Marseille traque le bruit qui rend fou
Marseille traque le bruit qui rend fou
Par Philippe Gallini -lundi 14 janvier 2008 - La Provence
Le bruit représente la première nuisance environnementale. A Marseille, la lutte s'organise, une cartographie est en cours. Le long des axes routiers ou près des usines, le niveau sonore dépasse souvent la limite du supportable. Ce fléau n'est pas assez pris en compte.
Selon le Petit Robert, le bruit serait "ce qui, perçu par l'ouïe, n'est pas senti comme son musical". Force est de reconnaître que le bruit ambiant généré par une agglomération d'un million d'habitants n'a rien d'une douce mélodie… Pour les Marseillais qui résident ou travaillent à proximité d'une artère très fréquentée, d'une ligne ferroviaire, d'une zone industrielle, d'un lieu festif ou d'un couloir d'approche de l'aéroport, le quotidien est souvent vécu comme un enfer.
S'y ajoutent les bruits récurrents d'une grande ville (deux-roues "trafiqués", sirènes de police et pompiers, engins de nettoiement, etc.). Une exposition au bruit dont les effets ne sont pas négligeables : troubles du sommeil et cardiaques, baisse des défenses immunitaires et de la motivation au travail, hypertension, fatigue, anxiété, agressivité, dégradation des apprentissages scolaires.
Véritable "police du bruit" chargée du contrôle et des mesures, le service municipal de l'hygiène dispose de 16 inspecteurs. Chaque année, ils recensent sur les seules nuits environ 900 plaintes, dont 47% sont liées à des travaux nocturnes, 24% à des bars et discothèques (ces derniers peuvent se voir imposer des travaux d'insonorisation et la pose d'un "limiteur", sorte de boîte noire du son), 4% à des climatiseurs et ventilateurs et 20% à des bruits dits de "comportement".
Lueur d'espoir, une cartographie du bruit devrait être disponible dans le courant de l'été, à l'initiative de la Communauté urbaine MPM. "Nous en sommes à la phase de colorisation des données informatiques afin de rendre lisibles et exploitables par le grand public toutes les informations que nous avons collectées, explique Robert Assante, président de la commission Environnement de MPM. L'échelle retenue est inférieure à celle du quartier. Mais ne figurent que les valeurs moyennes, pas les pics. Nous avons voulu analyser la pollution sonore de fond, la plus difficile à gérer et à réduire".
Cette carte devrait permettre à la population de disposer de valeurs de référence et d'en tirer profit pour choisir un quartier de résidence, obtenir des aides au financement de dispositifs antibruit, voire de réévaluer à la hausse ou à la baisse le prix d'un logement. Dans un second temps, les riverains seront invités à apporter des correctifs à cette carte, afin de tenir compte d'un changement radical intervenu dans leur environnement comme par exemple l'enfouissement annoncé de la passerelle autoroutière de la Joliette.
Centre d'information contre le bruit : www.infobruit.org
vendredi 11 janvier 2008
La Maison écologique: nouveau rêve français et succès de presse
RENNES (AFP) - 10/01/2008 – TV5 INFOs
Sensibilisés aux problèmes de maîtrise de l'énergie, de plus en plus de Français rêvent de construire leur maison écologique mais peinent à trouver l'information nécessaire, d'où le succès du premier magazine français sur le sujet, basé en Bretagne.
Après sept ans d'existence, La Maison écologique, bimestriel indépendant, revendique la tête des ventes d'un secteur dont il a été pionnier, avec 15.000 abonnements et un tirage de 100.000 exemplaires.
Un succès remarquable pour un produit lancé sans moyens par une petite société éditrice. Cette coopérative ouvrière de production (Scop) emploie aujourd'hui huit salariés à Bazouges-sous-Hédé, commune rurale à une vingtaine de km au nord de Rennes.
Le magazine a été consacré fin 2007 à Berlin par le prix européen Eurosolar, une référence dans le domaine des énergies renouvelables.
La Maison écologique cultive un esprit d'enquête, avec des dossiers approfondis comme sur le chauffage au bois dans le dernier numéro de décembre-janvier. Le principe c'est "du concret, du pratique, des retours d'expérience, avec des contacts, des listes de fournisseurs", explique le fondateur Yvan Saint-Jours.
"Les gens sont en recherche de renseignements. Ils ont entendu parler de matériaux propres, d'économies d'énergie... Mais l'information est rare", poursuit ce militant écologiste formé par l'association Le Cun du Larzac durant son service civil comme objecteur de conscience.
La découverte en 1993 de ce centre de formation, avec ses maisons de paille, ses WC sans eau et ses éoliennes, l'a profondément marqué.
Animateur dans une association écologiste sous statut d'emploi jeune, il s'en est inspiré pour démarrer le magazine en février 2001. "J'avais galéré pour rénover une maison en Normandie. Je me disais que ça valait le coup de lancer quelque chose sur ce thème", explique cet ancien élève des Beaux Arts et d'une fac de chinois, deux cursus qu'il n'a pas terminés.
Avec son associée, une comptable qui apporte au projet son pragmatisme, et un solide réseau dans le milieu écologiste, Yvan Saint-Jours fabrique son premier numéro à l'aide d'un micro-ordinateur, une imprimante et un scanner financés par ses parents.
En pleine déprime de la presse écrite, le succès du numéro Un tiré à 3.000 exemplaires est immédiat, ce qui ne l'étonne pas vraiment. "Les gens ont besoin de magazines qui portent du sens", commente-t-il.
L'initiative a d'ailleurs fait des émules. Trois autres titres sont sortis sur le même créneau: Habitat naturel, Future e-maison et Planète bâtiment. Un quatrième, Ecologik, doit sortir début février.
Yvan Saint-Jours se réjouit du nouvel engouement pour l'écologie. "C'est génial, même la presse conventionnelle à grand tirage développe des rubriques sur le sujet". Mais il reconnait le risque, désormais, de voir les idéaux de départ noyés par le business.
La Scop, qui co-organise depuis 2004 le salon annuel "Bâtir écologique" à Paris, a choisi de limiter la publicité à cinq pages sur 62, et refuse de nombreux annonceurs. "On respecte nos lecteurs. Si on voit qu'un produit est mauvais, on l'enlève. On n'est pas lié économiquement à la publicité", souligne le journaliste militant.
Signe de son succès, La Maison écologique a racheté l'ancien presbytère de Bazouges-sous-Hédé qu'elle va rénover pour en faire un siège social selon les meilleurs normes environnementales.
Sur le web : Site de la Maison écologique
«La loi est violée depuis 30 ans, il est temps que ça change»
20Minutes.fr, éditions du 10/01/2008 - Propos recueillis par Anne-Louise Sautreuil
Dix-neuf associations de défense des sans-abris et des mal-logés ont pressé ce jeudi matin le gouvernement de «s’engager sur 13 points» pour «sortir de la crise du logement». Elles espèrent obtenir satisfaction lors de leur prochain rendez-vous avec le Premier ministre François Fillon, prévu pour le 15 janvier. Le porte-parole de l’association des « Enfants de Don Quichotte», Augustin Legrand :
Comment s’est mis en place ce collectif d’association ?
Tout s’est mis en place très naturellement après l'action de Notre-Dame. Il y avait un diagnostic commun à toutes les associations : le droit de vivre dans un logement décent fait partie de la constitution, la loi est violée depuis 30 ans, il est temps que ça change.
Depuis un an le dossier a beaucoup avancé. Le fait que les médias aient rendu compte des actions menées par les Don Quichotte a permis d’expliquer aux Français que les difficultés de logement concernent un grand nombre de personnes, de la classe moyenne aux sans abris. Mais les Don Quichotte n’ont été que la pièce manquante qui a contribué au déclenchement. Le problème des autres associations c’est qu’elles sont subventionnées par l’Etat. Les Don Quichotte ne sont liés à personne: c’est leur force.
Qu’attendez-vous du rendez-vous avec François Fillon le 15 janvier ?
Que l’Etat tienne ses promesses. Nicolas Sarkozy avait dit «zéro SDF fin 2008». Mais ils n’y arriveront pas en disant aux 600.000 ménages prioritaires de la loi «droit au logement opposable»: «voilà nous avons 60:000 logements à vous proposer».
Il faut que nos propositions soient chiffrées et évaluées. Ils ont tout à y gagner. Loger des gens dans des hôtels ça leur coûte 1 million d’euros par jour ! C’est pour cela que nous proposons par exemple de développer les logements sociaux dans le privé. L’Etat subventionne le propriétaire. Ce qui est casse-gueule pour le gouvernement, c’est que ça prend du temps et qu’un autre gouvernement pourrait en récolter les lauriers.
Ça vous semblerait paradoxal qu’un gouvernement de droite règle le problème du logement?
Oui, mais aujourd’hui le seuil de l’insupportable a été atteint. Si rien a été fait pendant aussi longtemps par les gouvernements successifs, c’est que ces gens qui vivent dehors, qui luttent pour acheter un sandwich à leurs enfants, ne sont pas fédérés et ne peuvent pas se faire entendre. Nous, en tant qu’associations, notre rôle est de parler en leur nom. Nous transmettons ce que nous savons de leurs conditions de vie. Aujourd’hui, les associations ont conscience leur force.
Que ferez-vous si vous n’obtenez pas satisfaction lors de votre rendez-vous avec François Fillon?
Planter des tentes pour protéger les gens qui dorment dehors, ce n’est pas de l’activisme, c’est un geste citoyen. S’ils restent des gens dehors, les tentes ne sont pas loin.
dimanche 6 janvier 2008
Les sénateurs aussi ont droit à des appartements bradés
LIBERATION.FR : vendredi 4 janvier 2008
Selon LCI.fr, les sénateurs ont reçu le 17 décembre une offre d’appartement de l’Opac pour un prix bien en dessous du marché. Le Sénat disposerait de 36 appartements parisiens, dont seuls 7 seraient occupés. Les appartements de politiques ou de commis de l’Etat n’en finissent plus de défrayer la chronique. Après les 190 m2 du directeur de cabinet de Chritine Boutin, c’est au tour des sénateurs.
L’affaire est peut-être cette fois moins grave, mais risque encore de faire du bruit. Selon LCI.fr, le 17 décembre dernier, les présidents de groupe du Sénat ont reçu une note par fax de leur direction du budget. Cette note indique «qu'un appartement ILN (immeuble à loyer normal, ndlr) attribué au Sénat par l'Office Public d'Aménagement et de Construction de Paris (OPAC), est libre actuellement». Le document du Sénat invite les présidents de chaque groupe politique à faire circuler la note à tous les sénateurs.
Il s'agit d'un deux pièces-cuisine de 52 m2 situé boulevard Auguste Blanqui dans le 13e arrondissement de Paris et loué 707,18 euros par mois. Un loyer pas tout à fait normal donc, car en dessous des prix parisiens (700 euros étant plus le prix d’un studio de 30 m2).
«Rien à voir avec le standing des logements de fonctions des conseillers d'Etat»
Une note du Sénat diffusée jeudi tente de justifier cette pratique : «En raison d'une participation à des investissements et d'une convention conclue en 1952, l'Opac de Paris avait attribué au Sénat 28 logements HLM et 9 logements dits "immeubles à loyers normaux" (ILN)». Mais en 2006, indique LCI.fr, les 28 logements HLM ont été remplacés par des ILN, en raison de l'incompatibilité des ressources des sénateurs avec ce type de logement.
Sur les 36 appartements parisiens dont dispose le Sénat aujourd’hui, seuls 7 sont occupés. 4 sont occupés par des sénateurs - dont la majorité d'origine d'Outre-Mer - et 3 par des fonctionnaires (2 secrétaires et un agent de lingerie).
Selon une source anonyme citée par le site d’information, «il n'y vraiment pas de quoi fouetter un chat». «Tous les appartements occupés se situent dans le 13e arrondissement et sont de petites surfaces, donc rien à voir avec le standing des logements de fonctions des conseillers d'Etat dans un immeuble du 6e arrondissement», explique-t-il. Et il ajoute, au sujet des loyers inférieurs au prix du marché, «c'est vrai mais c'est le cas pour tous les appartements ILN de l'Opac, pas seulement pour les sénateurs.»
samedi 5 janvier 2008
Opération vérité promise dès lundi, sur les "HLM" de standing de Paris !
REUTERS : samedi 5 janvier 2008 - - Gérard Bon
PARIS (Reuters) - La Régie immobilière de la ville de Paris procèdera dès lundi à une opération vérité sur les logements de standing à loyer modéré après l'affaire Bolufer, annonce son président, Pierre Castagnou.
Dans une interview samedi au Parisien, il précise que les locataires qui auront procédé à des sous-locations seront poursuivis et, le cas échéant, radiés.
Dans un second temps, les loyers seront augmentés lors de l'augmentation des baux, une hausse qui sera étalée dans le temps.
L'examen systématique de la situation des occupants des 315 appartements de standing à loyer modéré de la capitale débutera la semaine prochaine.
"On lance l'opération vérité (...) Dès lundi prochain nous allons examiner de très près la situation des 315 occupants de standing à loyer libre que possède la RIVP", explique Pierre Castagnou.
"Nous sommes décidés à porter certaines affaires devant les tribunaux s'il le faut", ajoute-t-il.
Le directeur de cabinet de Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer, a démissionné après que le Canard Enchaîné a révélé qu'il bénéficiait d'un logement de la RIVP pour un loyer très inférieur au prix du marché.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a demandé pour sa part à la chambre régionale des comptes de contribuer à la vérification des logements attribués.
Selon le Parisien, l'immeuble du boulevard du Port-Royal où demeure Jean-Paul Bolufer abrite un véritable bottin mondain, un préfet de région, un ancien préfet et un secrétaire général de préfecture figurant parmi les occupants.
Les loyers des 40 appartements vont de 4,60 à 12,20 euros le mètre carré contre 20 à 30 euros pour des logements du même ordre dans ce quartier aisé.
Rien que la vraie vérité ? Promis, juré ?
La mixité sociale s'organise sur Paris

A propos des affaires HLM, que devient cette enquête commanditée par la mairie de Paris ? Droite et gauche confondues sont devenues muettes sur le sujet ..... trop gênant avant les municipales de dire la vérité aux contribuables ?
vendredi 4 janvier 2008
Il croit dur comme fer en la maison en terre
Ouest-France – 02/01/08 - Patrice MOYON.
À Kaboul, un architecte franco-afghan plaide pour des maisons construites en terre. Et trouve une oreille attentive en France.
Depuis sa mise au point par un Français, Louis Vicat, au début du XIXe siècle, le béton s'est imposé dans la construction. Hégémonique à Paris ou au Japon et même dans les régions les plus reculées du globe. Comme à Kaboul où l'eau et l'électricité se font rares. « Absurde », soupire Ashmat Froz.
Frais en été, chaud en hiver
Formé à Rennes, cet architecte franco-afghan aurait pu surfer sur la vague de l'immobilier en Bretagne. Mais l'ami d'enfance du commandant Massoud a voulu rester fidèle à son pays. Il est revenu à Kaboul où il vit désormais une partie de l'année. Professeur à l'université polytechnique, il plaide pour le retour de l'architecture en terre crue. « C'est le matériau traditionnel utilisé en Afghanistan pour la construction des maisons. Renouvelable, il garde les maisons fraîches en été et les protège du froid en hiver. »
Kaboul, la ville de tous les extrêmes. Et pas seulement parce que les habitants vivent la peur chevillée au corps. Dans l'angoisse des attentats suicide. Perchée à 2 000 mètres d'altitude, traversée par une chaîne de montagnes, on y gèle en hiver, étouffe en été. Ici tout manque. Dans des quartiers éventrés par la guerre, des immeubles poussent pourtant à la hâte. « On fait, ici, ce que vous essayez d'abandonner en France : des habitations gourmandes en énergie qui utilisent des matériaux difficilement recyclables », peste-t-il. Dans les embouteillages, son vieux break japonais se fraie un passage au milieu des troupeaux de chèvres et des convois sécurisés de la Force internationale.
Devant l'université construite par les Russes, des hommes en armes surveillent les entrées et les sorties. Des enfants descendus de la montagne font la navette, chargés de jerricans pour approvisionner en eau leur famille. Dans le ciel noirci par les gaz d'échappement, une tache de couleur : celle d'un cerf-volant bricolé avec des sacs en plastique.
C'est ici que Ashmat Froz a installé un laboratoire expérimental soutenu par la coopération française. L'idée : innover pour améliorer les techniques traditionnelles de la terre crue. « Avec les seules ressources locales, sans électricité, on peut reconstruire des villages. Être moderne tout en restant fidèle à nos traditions architecturales. »
En France aussi
Rien à voir avec la France ? « C'est ce que vous croyez », sourit-il. « Dans le bassin de Rennes, jusqu'à la fin du XIXe siècle, une bonne partie de l'habitat était en torchis et donc en terre. » Tout comme dans le Dauphiné avec le pisé. « C'est pour sauver ce patrimoine que l'école d'architecture de Grenoble a commencé à s'y intéresser. » Avec le laboratoire CRAterre (1) installé dans ses locaux, elle bénéficie d'une chaire à l'Unesco et travaille en lien avec l'ENTPE (l'École nationale des travaux publics) de Vaulx-en-Velin.
En Normandie, les artisans du bâtiment, membres de la Capeb, s'y mettent à leur tour. Ils ont créé Asterre, l'Association nationale des professionnels de la terre crue afin de former des professionnels (2). « On voulait maintenir des compétences et sauvegarder le patrimoine normand », explique Pascal Dufour, secrétaire régional de la Capeb de Haute-Normandie. « Le Grenelle de l'environnement devrait nous aider à populariser nos idées. »
(1) www.cratere.archi.fr
(2) www.asterre.org
samedi 29 décembre 2007
La ROCHELLE - Sans cabanes fixes - Résistance
SUD-OUEST 28/12/07
LA ROCHELLE. --Une dizaine de SDF ont investi des cabanes de chantier dans l'enceinte de l'hôpital. Le directeur, qui souhaite leur expulsion, a déposé plainte
Ils appellent ça des bungalows. Certes, la superficie y est à peu près identique à celle d'une location de vacances ; pour le confort en revanche, on est loin des étoiles. C'est pourtant ces trois cabanes de chantier installées dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Louis, à La Rochelle, qu'une dizaine de SDF refusent de quitter, menaçant même d'une grève de la faim le directeur de l'établissement venu leur demander hier de quitter les lieux.
Une résistance organisée depuis par Serge Claire, le frère de Marie-Ange, cette marginale devenue l'icône des sans-abri après sa mort dans les rues de La Rochelle au début du mois de novembre dernier.
« Ca fait trois mois que nous sommes ici, et ce matin le directeur de l'hôpital a voulu nous couper l'eau et l'électricité comme si, soudainement, nous étions devenus infréquentables. Mais, heureusement pour nous, le technicien a refusé d'obtempérer. Il a aussi appelé le Samu social et les flics pour nous virer. »
« Leurs chiens font peur. » Assurant à l'inverse que le squat ne date que de « trois ou quatre jours pas plus », le directeur adjoint du centre hospitalier dénonçait hier soir une occupation aussi illégale que dangereuse. « Je n'ai rien contre ces gens-là, mais leur présence pose de sérieux problèmes », assure Dominique Rey.
« D'abord parce que les cabanes de chantier doivent être rendues aux entreprises qui en sont propriétaires, et puis surtout en raison des risques d'incendies, lorsqu'ils brûlent des palettes de bois à proximité de l'hôpital. Plusieurs fois déjà, les alarmes se sont déclenchées. Certains de nos employés, enfin, ont très peur de leurs chiens. C'est vrai que j'ai déposé une main courante puis une plainte au commissariat, mais j'ai aussi demandé l'aide de la Ddass (Direction départementale de l'action sanitaire et sociale) pour que l'on trouve des hébergements d'urgence. C'est ce que le Samu social a fait, mais les SDF ont refusé notre offre. »
« On ne bougera pas. » Une fin de non recevoir justifiée, selon les squatters, par l'impossibilité d'emmener leurs animaux avec eux. « On nous propose l'accueil de nuit. Mais on ne bougera pas d'ici si l'on doit être séparés de nos femmes et de nos chiens », répète Serge Claire.
jeudi 27 décembre 2007
HLM de Paris : le syndrome de la patate chaude
Jeudi 27 Décembre 2007 – Marianne - A. Borrel
Bolufer, Amara, Chevènement : personne ne sort grandi des scandales qui éclatent sur l'attribution des HLM parisiens. Si bien que ni la droite ni la gauche ne semblent très pressés d'en savoir plus. Explications.
Les affaires de personnalités politiques prises la main dans le sac et la clef dans la serrure de leur HLM parisien pourraient être un thème très porteur en ce début de bataille municipale à Paris… mais non. Après l'affaire Bolufer, on apprend coup sur coup que Jean-Pierre Chevènement et Fadela Amara ainsi que sa chef de cabinet jouissent également de logements à loyers très avantageux dans le parc social.
Poussé à la roue par Jean-Paul Bolufer lui-même, Bertrand Delanoë, qui avait promis la transparence dans le ce domaine en arrivant à la mairie, annonce donc, à trois mois de la fin de son mandat, qu'il va saisir la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France pour qu'elle mette enfin son nez dans la gestion de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP). L'UMP profite-t-elle de ce boulevard pour crier au scandale ? Aux promesses non tenues ? Bien au contraire : les porte-parole de Françoise de Panafieu se sont fendus, ce 26 décembre, d'un étonnant communiqué pour clamer que le problème… « ne saurait trouver sa solution dans la publication de documents concernant des situations particulières ».
A croire que personne, pas plus à droite qu'à gauche, ne tient à ce qu'on vienne regarder de trop près à qui sont attribués, entre autres, les 300 logements de « très haut standing » de la RIVP. De fait, à chaque fois qu'une « révélation » met au jour ce type d'abus, l'affaire fleure plus le règlement de compte politicien que le souci éthique.
Le miracle Amara
A cet égard, les affaires Amara et Chevènement sont exemplaires. Dès qu'on les regarde d'un peu près, personne n'en sort grandi. Tandis que sa chef de cabinet, Marie-Christine Blanchard-Amelin, occupe une HLM de 80m2 pour un loyer battant toute concurrence (420 euros par mois) à Boulogne, la secrétaire d'Etat à la Ville du gouvernement Fillon bénéficie, elle, d'un modeste 54 mètres carrés dans le XIIIè arrondissement de Paris pour un peu plus de 500 euros par mois. « Un super bon plan », dirait sans doute l'auteur du « plan anti-glandouille », puisque, pour ce prix-là, dans le XIIIème, le marché n'offre guère que des studettes. Mais, problème, Fadela Amara a obtenu ce pied-à-terre en 2004, après un délai d'attente bien en dessous de la moyenne. Pour mémoire, cette année-là, la présidente de Ni putes ni soumises était au mieux avec la mairie, qui a même accordé à son association une subvention de 30 000 euros ainsi que des facilités pour ses locaux… Comment la militante associative a-t-elle donc pu accéder à un appartement que certains attendent depuis des années ?
Chevènement : le faux scoop
Quant à Jean-Pierre Chevènement, c'est en pleine guerre entre le MRC et le PS dans le cadre des municipales parisiennes que surgit l'affaire du 150 mètres carrés qu'il occupe pour moins de 1500 euros par mois dans le Vème arrondissement. Là encore, on peut s'étonner que le scandale éclate si soudainement concernant un appartement attribué au leader du MRC en 1971 !
Si le Che, assujetti à l'Impôt sur la fortune, a beau jeu d'évoquer des « polémiques de caniveau » alors que plus de 100 000 personnes attendent désespérément sur les listes d'attente des HLM, on eût pu souhaiter que les élus parisiens se penchent sur la question avant que cela ne serve les querelles internes de la gauche aux municipales…
Malheureusement, au vu des réactions anxieuses de l'équipe de Françoise de Panafieu, qui donne l'impression de craindre par dessus tout la montée de la polémique, il semble que personne ne soit prêt à emprunter ce boulevard électoral. Déjà, lorsque l'inspection générale avait examiné, en 2006, l'attribution des HLM à des élus, les mairies UMP avaient tout simplement refusé de collaborer.
La question pourra-t-elle encore être évitée jusqu'en mars ???

