jeudi 21 février 2008
CE SOIR PLACE DE LA REPUBLIQUE : Nuit solidaire pour le logement
organisée par les enfants de don quichotte

samedi 16 février 2008
Jeudi noir fait le trottoir chez Boutin
Marianne - Vendredi 15 Février 2008 - Sylvain Lapoix
Militant contre les dérives du marché locatif, des membres du collectif Jeudi noir sont venus « montrer leur cul » rue de Varenne pour interpeller la ministre du logement sur la prostitution passive révélée par un article de Libération. Une pratique dont ils ont pu vérifer la réalité dans leur entourage ou par des testings inquiétants.
Le collectif Jeudi noir (nommé en référence à la crise de 1929 et au jour de parution du magazine de petites annonces Particulier à particulier) a organisé cette manifestation en réaction à l'article Loue studette contre pipe, paru dans Libération le 8 février 2008. Pour sa part, Marianne2.fr avait, depuis plus d'une semaine, demandé une interview à la Ministre sur le sujet. Sans succès.
vendredi 15 février 2008
Exclusion : Les associations mettent la pression sur le gouvernement
jeudi 14 février 2008, 17h50 | leparisien.fr avec l'AFP
Déçues des propositions gouvernementales, 28 associations de solidarité avec les sans-abri et les mal-logés annoncent l'organisation d'une «nuit solidaire pour le logement» le jeudi 21 février à partir de 18 heures, place de la République.
«Déçues par les propositions gouvernementales que François Fillon leur a présentées le 29 janvier, les associations unies (...) appellent tous les citoyens à se rassembler pour une nuit solidaire, le 21 février», indiquent-elles dans un communiqué commun.
Estimant que «la volonté politique n'est pas au rendez-vous», les associations considèrent que les propositions gouvernementales «ne sont pas de nature à améliorer durablement les conditions de vie des personnes sans abri et mal logées, ou à fluidifier l'ensemble de la chaîne, de l'hébergement au logement».
«Les moyens annoncés ne permettront pas de mettre en oeuvre le droit au logement opposable», ajoutent les associations qui évaluent l'effort financier nécessaire à plus de 1,7 milliard d'euros pour 2008 alors que François Fillon n'a annoncé que 250 millions.
Pour dénoncer cette «insuffisante mobilisation de l'Etat» et demander au gouvernement de «compléter immédiatement ses mesures pour définir une réelle politique publique à l'égard des personnes sans abri et mal logées», les associations organisent jeudi, à partir de la tombée de la nuit, «une nuit solidaire pour le logement ouverte à tous, personnes à la rue, mal logés, associations et autres citoyens».
Parmi les signataires figurent Emmaüs, le Secours Catholique, le Centre d'action sociale protestant, les Enfants de Don Quichotte, la Fnars et France Terre d'Asile.
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«Il faut un pilotage cohérent de l'action»
Propos recueillis par Sylvain Merle
Nicole Maestracci, présidente de la FNARS, Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale
LeParisien.fr : Plusieurs centaines de SDF camperaient dans le bois de Vincennes, sans qu'on puisse être plus précis. Peut-on évaluer le nombre de sans abris en France ?
Nicole Maestracci : «Il y a peu de données fiables, et c'est un problème pour évaluer les besoins. Selon les dernières évalutions, recoupant des données de l'Insee et de la Fondation Abbé Pierre, il y aurait 220 000 personnes qui habiteraient dans des endroits qui ne sont pas destinés à l'habitation.
Mais on ne peut uniquement recenser ceux qui font appel aux associations, car certains sont dans une situation d'invisibilité».
Lp.fr : Qu'induit cette absence de données fiables ?
N.M. : «Tant qu'on n'a pas de chiffres précis, on aura beau mener un tas d'actions, mettre de plus en plus d'argent, on rique d'être toujours à côté de la cible. La Fnars regroupe 850 associations qui gèrent des centres d'hébergement et d'insertion, et on a mis en évidence ces dernières années que même si l'Etat met de plus en plus d'argent, les résultats sont catastrophiques : il y a de plus en plus de sans-abris.»
Lp.fr : Depuis décembre, pouvoirs publics et associations mènent une réflexion pour définir une nouvelle politique, qu'en est-il ?
N.M. : «On s'est arrêté sur le principe que personne ne doit être contraint de vivre à la rue, mais il faut d'abord savoir qui vit dehors et pourquoi. Si on veut atteindre cet objectif, il faut évaluer les besoins pour définir une diversité de solutions à proposer, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui».
Lp.fr : Que manque-t-il pour y arriver ?
N.M. : «Un pilotage de l'action. Aujourd'hui, divers acteurs interviennent sans coordination : l'Etat, les conseils généraux, les communes et les associations... Chaque association est livrée à elle-même et on en a assez de bien travailler sans répondre aux besoins ! Il faut un pilotage cohérent pour cela, avec des objectifs chiffrés et une obligation de résultats».
Lp.fr : A qui revient ce rôle de pilote selon vous ?
N.M. : A l'Etat, il doit jouer son rôle de garant de l'égalité et de la solidarité sur tout le territoire, une notion aujourd'hui vide de contenu. Nous avons demandé la nomination d'un super préfet qui aurait une mission interministérielle et devrait animer les actions des préfets, définir les besoins, les objectifs et résultats à atteindre. Il faut être capable de gérer des choses très différentes afin de répondre aux situations très variées des personnes en difficultés pour lesquelles il faut absolument diversifier les réponses. Il n'y a que l'Etat qui puisse le faire. Si je ne crois pas au zéro SDF, en revanche, je crois qu'on peut diminuer le nombre de gens à la rue».
Lp.fr : C'est ce qu'on essaye depuis des années, comment faire mieux ?
N.M. : «Aujourd'hui on a un système qui aide les gens à sortir de la rue et, en parallèle, un autre qui les y jette. Il faut tarir la source avant tout, c'est à dire les expulsions locatives - que le premier ministre s'est engagé à suspendre tant qu'il n'y a pas de solutions - mais aussi agir à la sortie de prison, auprès des jeunes qui quittent l'aide sociale à l'enfance ou en rupture familiale qui n'ont pas droit au RMI ou encore les personnes qui sortent des institutions psychiatriques... Si on cessait d'alimenter la rue, on ferait un très grand pas. Ensuite, il faut une vraie évalutation des besoins et définir des objectifs, c'est ainsi que nombre de pays européens ont procédé avec succès. L'Etat français doit prendre ses responsabilités, d'autant que le gouvernement est au pied du mur : en décembre prochain, le droit opposable au logement sera applicable et toute personne pourra faire condamner l'Etat».
jeudi 14 février 2008
La Fondation Abbé Pierre dévoile le palmarès des villes pour qui la loi SRU qui impose aux communes 20 % de logements sociaux.
Le Parisien - mercredi 13 février 2008
La fondation a publié les tableaux d'honneur et de déshonneur des communes soumises à l'article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui impose aux communes 20 % de logements sociaux.
Saint-Maur-des-Fossés arrivant en tête des «mauvais élèves» des villes de plus de 50.000 habitants et Montauban en tête des «bons».
L'article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) oblige les communes rattachées à une agglomération de plus de 50.000 habitants à atteindre au moins 20% de logements sociaux d'ici 2020. Sur les 720 communes examinées par la Fondation Abbé Pierre, 435 (60,4%) n'ont pas respecté l'objectif fixé par la loi durant la période 2002-2006.
9,3% n'ont même financé aucun logement social durant ces 5 ans.
Présentant à la presse ce palmarès, le premier du genre pour la loi SRU, applicable depuis janvier 2002, le délégué général de la Fondation Patrick Doutreligne a regretté que seuls 140 «constats de carence» aient été dressés, et a dénoncé «le laxisme» de l'Etat.
L'analyse de la Fondation a distingué trois types de communes : celles de moins de 5.000 habitants (mais faisant partie d'agglomérations de plus de 50.000), celles de 5.000 à 50.000, et celles de plus de 50.000.
Parmi les 29 communes de plus de 50.000 habitants concernées, Saint-Maur-des-Fossés figure à la première place des «mauvais élèves», suivie par Neuilly-sur-Seine, Hyères (Var), Toulon et Nice. Saint-Maur, qui comptait au début de l'application de la loi 5,5% de logements sociaux, avait pour objectif de financer en 5 ans 1.236 logements sociaux: il n'en a finalement financé que 30. Neuilly, qui avait 2,6% de logements sociaux en 2002, n'a financé en 5 ans que 181 logements sociaux, alors que l'objectif était fixé à 1.324.
Parmi les «bons élèves» de la catégorie, figurent en tête Montauban, suivi d'Annecy, Dijon, Versailles et Paris. Montauban et Annecy qui comptaient en 2002, respectivement 15,4% et 17% de logements sociaux, ont réalisé plus de 200% de leurs objectifs. Versailles et Paris ont largement dépassé leurs objectifs, et Patrick Doutreligne a rendu hommage à leurs municipalités qui ont su, «malgré des contraintes environnementales fortes», «se mobiliser pour respecter la loi».
Pour les communes de moins de 5.000 habitants, situées à la périphérie de villes importantes où la tension du marché immobilier est forte, la Fondation a dénoncé celles qui «manifestent un égoïsme local inacceptable» et n'ont toujours pas construit un seul logement social depuis 5 ans. Parmi celles-ci, Saint Jeannet (Alpes maritimes) et Barbentane (Bouches-du-Rhone). Dans cette catégorie, Patrick Doutreligne a souligné la forte représentation des régions Paca et Ile-de-France.
En revanche, les villes de Sangatte (Pas-de-Calais) et Lambres-lez-Douai (Nord) sont allées très au-delà de leur objectif.
Parmi les villes de 5.000 à 50.000 habitants, le «tableau de déshonneur» va à Allauch (Bouches-du-Rhône), le Pian Médoc (Gironde) qui n'ont pas financé le moindre logement social. Parmi les «bons élèves» de la catégorie: Francheville (Rhône), Saint-Médard en Jalles (Gironde).
La Fondation a demandé que soient systématiquement établis des constats de carence pour les communes récalcitrantes, et que le montant des amendes soit triplé. Elle voudrait aussi que soit donnée aux préfets la capacité d'accorder les permis de construire à la place des maires défaillants.
mercredi 13 février 2008
ETUDIANTS : L'Unef lance une campagne choc pour le logement étudiant
NOUVELOBS.COM | 12.02.2008 |
Le syndicat étudiant exige le "lancement d'un plan pluriannuel de construction de logements étudiants" et demande à l'Etat d'investir un milliard d'euros.
Le syndicat étudiant Unef (Union nationale des étudiants de France) a lancé mardi 12 février une pétition en ligne et une campagne d'affichage choc. Il réclame "un plan pluriannuel" pour construire "40.000 logements" en cités universitaires, financé par un investissement d'"un milliard d'euros" de l'Etat.
Intitulé "un milliard d'euros pour le logement étudiant", le texte de la pétition "exige" le lancement d'un plan pluriannuel de construction de logements étudiants" et "demande que l'Etat investisse un milliard d'euros pour rattraper le retard pris et permettre la construction de 40.000 nouvelles chambres afin d'arriver à 200.000 étudiants logés en cités U". Des "mesures immédiates" sont également demandées : une revalorisation des aides au logement (APL et ALS) pour faire face à l'escalade des loyers", la "généralisation du cautionnement solidaire (Locapass)", l'"exonération de la taxe d'habitation pour les étudiants" mais aussi "le versement des aides au logement dès le premier mois".
10.000 signatures
La pétition est accompagnée d'une campagne d'affichage : on y voit un couple d'étudiants en plein ébat au milieu d'un lit, qu'ils partagent avec leurs parents, relégués sur les côtés. Un texte accompagne la photo : "certains prétendent que les étudiants n'ont pas de problèmes de logement". Un sous-titre explique : "Damien et Mélanie, 22 et 23 ans, habitent chacun chez leurs parents".
En 2004, l'Etat s'était engagé sur la base d'un premier rapport de du député UMP Jean-Paul Anciaux, à construire par an pendant 10 ans 5.000 logements et à en rénover 7.000 par an sur la même durée. Le budget 2008 prévoit 155 millions d'euros consacrés au logement étudiant, soit 16 millions supplémentaires par rapport à 2007.
Cette double offensive de l'Unef intervient trois jours avant la remise aux ministres de l'Enseignement supérieur et du Logement, d'un deuxième rapport rédigé par le même député UMP Jean-Paul Anciaux. Le rapport constate le retard pris par l'Etat dans la construction et la rénovation des logements étudiants. Dans un communiqué, le syndicat étudiant assure que la pétition, a déjà recueilli "10.000 signatures".
samedi 2 février 2008
Logement : les difficultés d'accès s'accentuent, Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre.
NOUVELOBS.COM | 01.02.2008 |
la France compte 1,3 million de demandeurs de logements sociaux pour un parc qui progresse seulement de 30.000 logements par an.
La politique du logement ne répond que très partiellement aux besoins sociaux", dénonce la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel qui doit être rendu public vendredi 1er février. Dans ce contexte, la Fondation émet des doutes sur l'application effective de la loi sur le droit au logement opposable (DALO), entrée en vigueur le 1er janvier dernier.
La Fondation révèle par ailleurs que -toutes catégories sociales confondues- "on peut considérer qu'au moins 4 millions de personnes cherchent effectivement chaque année un logement, soit environ 15% des ménages" et que "87% des ménages ont le sentiment qu'il est aujourd'hui difficile de trouver un logement en France".
La politique du logement "ne répond que très partiellement aux besoins sociaux. Alors que la construction a retrouvé un niveau de production qu'elle n'avait pas connu depuis longtemps, les logements livrés sont le plus souvent inaccessibles aux ménages modestes", note la Fondation dans son 13e rapport annuel.
Recul de la mobilité résidentielle
"Sur tous les segments de la production, les produits les plus chers sont en effets privilégiés. L'accession s'adresse à ceux qui sont dotés de ressources conséquentes, le soutien à l'investissement locatif privé oriente la construction vers des produits qui ne sont même pas accessibles aux classes moyennes intermédiaires", précise le rapport.
Quant au développement de la production de logements sociaux, il "repose fortement sur le PLS (prêt locatif social) dont le coût de loyer est insupportable pour la quasi-totalité des demandeurs de logements sociaux".
"Alors que la demande de logement social atteint des sommets", avec près de 1,3 million de demandeurs, "il est paradoxal de constater que la croissance du parc social n'a sans doute jamais été aussi faible (de l'ordre de 30.000 logements par an depuis 10 ans)", déplore la Fondation.
En outre, le nombre de locations de logements sociaux "est à son niveau le plus bas depuis une douzaine d'années à cause du recul de la mobilité résidentielle", c'est-à-dire du nombre de logements sociaux libérés par des ménages pouvant accéder au parc locatif privé.
Parc HLM insuffisant
Selon la Fondation, on est ainsi passé de 500.000 logements sociaux mis en location en 1999 à 430.000 en 2006. L'organisation craint par ailleurs "de voir ce parc décroître pour la première fois depuis la création du logement social (...) avec le projet de vente de 40.000 logements sociaux par an", souhaité par le gouvernement.
Dans ce contexte, la reconnaissance du droit au logement opposable qui "constitue incontestablement une avancée" pour la Fondation, "risque de se heurter à l'insuffisance (...) de logements à loyer accessible puisqu'elle ne repose que sur la mobilisation du contingent préfectoral".
Ainsi, on estime qu'il y a 600.000 ménages prioritaires selon les chiffres de l'Union sociale pour l'habitat, pour "une capacité d'accueil du parc HLM sur le contingent préfectoral" située dans une fourchette de 30.000 à 100.000 logements par an selon la Fondation.
En conséquence, juge l'association, "faute de s'accompagner de l'augmentation de la production d'une offre de logements à loyers accessibles par la construction de véritables logements sociaux, mais aussi en mobilisant les ressources du parc locatif privé, la loi sur le droit au logement opposable demeurera inapplicable". (AP)
vendredi 1 février 2008
Dans la région parisienne, 5% des ascenseurs sont «immobilisés de façon chronique» !
AFP - LIBERATION.FR : jeudi 31 janvier 2008
Les cinq principaux bailleurs sociaux de Paris ont poussé un cri d’alarme jeudi sur le mauvais état des 8.000 ascenseurs de la région parisienne, et dénoncé des «défaillances» des ascensoristes, accentuées, selon eux, par la loi Robien.
Le parc d’ascenseurs français est le plus vétuste d’Europe !
Cette loi de 2003 rend obligatoire la mise à niveau du parc d’ascenseurs français d’ici 2008, 2013 ou 2018, en fonction des risques encourus. Mais du retard a été pris. La première échéance devrait être repoussée au 31 décembre 2010, a indiqué jeudi à l’AFP le cabinet du ministre du Logement. La décision sera officialisée prochainement.
Alors que le parc d’ascenseurs français est le plus vétuste d’Europe, seuls 10% étaient en cours de modernisation fin 2006. «C’est un coup de gueule», a lancé Jean-Yves Mano, président de l’OPAC (office HLM de Paris, le plus grand de France) et adjoint (PS) au logement de Bertrand Delanoë, lors d’une conférence de presse des cinq bailleurs (OPAC, RIVP, SGIM, SIEMP, SemPariSeine).
«Nos ascenseurs restent en moyenne arrêtés 89 heures»
5% des ascenseurs (400) sont «immobilisés de façon chronique», en raison de «carences d’entretien et de maintenance», selon ces organismes qui regroupent près de 200.000 logements. «Cette situation pénalise, de façon inadmissible, plusieurs milliers de locataires et parmi eux les plus fragiles (personnes âgées, à mobilité réduite)», disent-il, pointant «les manquements des ascensoristes». Ceux-ci sont accentués «par la mise en oeuvre de la loi Robien», dont les délais ne sont «pas tenables».
«La situation n’est pas nouvelle, mais elle empire», estime le président de l'OPAC à propos des carences d’entretien et de maintenance. «12.000 logements et 30.000 locataires sont pénalisés par l’incapacité des ascensoristes à assumer les termes de leur contrat». «Nos ascenseurs restent en moyenne arrêtés 89 heures», malgré que les bailleurs appliquent des pénalités aux ascensoristes (plus de 1,7 million d’euros pour l’Opac en 2007).
Carences d’entretien et de maintenance.
Selon les bailleurs, ces «dysfonctionnements» sont dus «au manque de personnel qualifié, au manque de stock de pièces de rechange et à une gestion privilégiant les remises aux normes, jugées plus rentables que l’entretien et la maintenance».
«Le personnel change et n’est pas formé. Il manque toujours une pièce pour réparer. Les délais d’intervention sont flous», soulignent-ils en choeur. Pour Jean-François Gueullette, directeur général de l’OPAC, «cela concerne tout autant le parc privé et ce n’est pas seulement un problème parisien».
A cela, Jean-Pierre Cadeau, délégué général de la fédération des ascenseurs répond: «Nous recrutons plus de 1.500 personnes par an. Nous mobilisons beaucoup de moyens pour les HLM, mais ils subissent parfois des dégradations à répétition, bien plus que le reste de notre parc».
Les bailleurs font valoir que la maintenance et la modernisation des ascenseurs «dépendent d’un petit nombre de prestataires, groupes mondiaux, qui occupent l’ensemble du secteur: Thyssen, Somatem/Schindler, Koné et Otis» et que le coût de maintenance s’élève «à 13,45 millions d’euros annuels».
Pour pallier les inconvénients des pannes, des mesures d’accompagnement ont été mises en place pour les personnes âgées ou malades, avec les gardiens d’immeubles et des associations (courses, déplacements pour raisons médicales). Mais elles s’avèrent insuffisantes en cas d’arrêts à répétition.
RAYMONDE, 73 ans, privée d'ascenseur depuis quatre mois et demi«JE N'EN PEUX PLUS ! » lâche une maman qui habite le 11e étage d'une tour HLM en Seine-Saint-Denis. Depuis plus de quatre mois et demi, les locataires du 3, rue Barre-Nouvelle, à Bagnolet, montent et descendent, du matin au soir. A pied. Quatorze étages pour les moins chanceux. Leur ascenseur, pourtant changé récemment, est en panne.
Tous sont excédés, fatigués : « Je ne sors plus pour ne pas descendre, je reste en pyjama toute la journée », s'énerve Josette du 14e, obligée de confier ses poubelles aux amis de son fils. Sa voisine d'en face, Fofana, mère de 4 enfants, dont une petite fille de 9 mois, fait le trajet trois à quatre fois par jour, notamment pour les emmener à l'école : « Je ne dors plus la nuit, mes jambes me font mal », explique cette jeune mère dont le mari a récemment fait un infarctus. La santé, c'est d'ailleurs ce qui inquiète le plus Raymonde, du quatrième. « Le Samu a refusé de venir une fois », accuse-t-elle. A 73 ans, elle souffre du coeur, comme l'atteste sa carte d'invalidité, « J'ai confié mes clés à une voisine au cas où surviendrait quelque chose », raconte-t-elle, essoufflée.
« Rien ne sera fait avant 2009 »
Toutes les tâches de la vie quotidienne deviennent difficiles pour les locataires de ces 56 appartements. Pour les courses, l'office HLM a engagé deux équipes de deux agents manutentionnaires. Sugath est l'un d'eux. « Nous montons des sacs de nourriture plusieurs fois par jour », note cet employé qui ressent à son tour quelques signes de fatigue. Raymonde, n'arrive pas à s'y résoudre : « Ce ne sont pas des larbins ! » Alors chacun s'organise et fait ses courses au compte-gouttes, « je ne prends jamais plus de deux ou trois litres d'eau à chaque voyage, mais au final il me manque beaucoup de choses », explique une retraitée.
Un week-end pourtant, l'ascenseur a fonctionné. Deux jours miraculeux durant lesquels chacun a fait le plein. Puis nouvelle panne ! C'est en fait un conflit entre le constructeur et la maintenance de l'ascenseur qui est à l'origine de ces dysfonctionnements à répétition. Le président de l'OPHLM, Laurent Jamet, s'indigne et compte bien faire appel à une société extérieure pour expertiser l'appareil, censé répondre aux nouvelles normes. En attendant, les locataires se sentent pris en otage. « Nous continuons à payer des charges pour quelque chose qui ne fonctionne pas », remarque une habitante. Maigre consolation, les locataires ont appris par courrier qu'ils allaient bénéficier d'un remboursement de... 10 € pour la gêne occasionnée. « C'est vraiment minable », s'emporte Nathalie. « Rien ne sera fait avant 2009 », conclut une locataire du 11 e . Pour Raymonde la solution est toute trouvée : « Je vais finir par jeter mes ordures par la fenêtre pour que notre cause aboutisse. »
Elle vit dans 6 m2
Sud-Ouest 31 0108
ÎLE D'AIX. --Danielle Marré, 67 ans, loge depuis plus d'un an dans un cabanon de six mètres carrés. Un habitat précaire qui illustre la crise du logement sur l'île
Elle conserve les produits alimentaires dehors dans des boîtes. Elle se douche dans une bassine, à l'ancienne. Ses toilettes, récupérées dans une caravane, se trouvent au fond du jardin. Depuis un an et demi, Danielle Marré, 67 ans, loge dans un cabanon de six mètres carrés sur l'île d'Aix. Un abri de bric et de broc, une ancienne cabane de jardin que la retraitée a aménagé comme un cocon sur un terrain non-constructible qui lui appartient.
En septembre 2006, la retraitée s'est vue contrainte d'abandonner le T2 qu'elle louait à la commune et qui devait être rénové dans le cadre d'une opération menée en partenariat avec l'office HLM de Rochefort et l'office Habitat 17. « J'ai accepté sans rechigner en pensant que c'était provisoire », raconte Danielle Marré.
Pas prioritaire. Mais neuf mois de chantier plus tard, et alors qu'elle pensait pouvoir réintégrer son logement, c'est la déconvenue. Le T2, transformé en T3, est finalement attribué à une famille.
« Ce que je dénonce, c'est la manière dont cela a été fait. Le bail n'a pas été dénoncé et c'est par la rumeur que j'ai appris que mon logement avait été attribué à quelqu'un d'autre », poursuit la retraitée. Mais pour le maire Jean-Pierre Chaudet, Danielle Marré qui est propriétaire d'une maison en Normandie, ne figure pas dans les dossiers prioritaires. « Nous avons des urgences de logements. Nous devons d'abord loger les gens qui travaillent et les familles », reconnaît le maire bien conscient du problème. Lequel promet une issue heureuse à cette histoire.
D'abord, la commune devrait être en mesure très bientôt de lui proposer un logement. Ensuite, le maire ne voit pas d'objection à reclasser son terrain en parcelle constructible. Retraité active, Danielle Marré qui s'est beaucoup investie sur l'île, était arrivée il y a dix ans pour s'occuper de sa mère, impotente.
Depuis l'âge de 7 ans et jusqu'à l'adolescence, elle y venait en colonie de vacances. Elle n'aurait pas voulu passer sa retraite ailleurs. « C'est tout simplement beau. Et tranquille même si je trouve qu'aujourd'hui on fait trop de publicité pour faire venir du monde ! », sourit-elle. Son petit paradis lui a fait vivre un enfer. « À mon âge, même si j'aime mon cabanon, je ne peux pas continuer à vivre comme ça », soupire-t-elle.
mercredi 30 janvier 2008
1,3 million de ménages recherchent un logement social, aujourd'hui, en France !
Ouest-France 29/01/08
Ils attendent souvent des années. Les maires sont en première ligne.
Une exigence (en principe). La loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) de décembre 2000 impose aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) situées dans des agglomérations (1) d'atteindre les 20 % de logements sociaux d'ici à 2020. Les villes concernées (un millier) paient ou paieront 154 € par logement manquant. Une « amende » peu dissuasive. Depuis le 1er janvier, les mal-logés peuvent exiger un hébergement au titre de la la loi du droit au logement opposable (Dalo).
70 % de la population (en principe). Au vu des plafonds de ressources, 70 % des Français peuvent prétendre à un logement social. En réalité, les locataires HLM sont souvent pauvres. Les dérapages sont rares : seulement 2 % dépassent le plafond de ressources. L'urgence est moins de débusquer des « fraudeurs » que de construire...
Des besoins qui changent. Le parc manque de petits logements (divorces, familles monoparentales), ainsi que de très grands (familles immigrées). Les locataires HLM restent plus longtemps, ce qui pénalise les jeunes ménages déjà touchés par la baisse du niveau de vie et la précarité.
(1) De plus de 50 000 habitants comptant une ville de 15 000 habitants.
mardi 29 janvier 2008
Prêts immobiliers : l'UFC-Que Choisir fait plier le Crédit Foncier
Marianne – 20/01/08 – Pauline Delassus
Accusé de tromper ses clients, le Crédit Foncier se défend avec virulence. Du côté des clients mécontents, la fronde s'organise.
Voici quelques années, les prêts à taux variables étaient à la mode. La stabilité des taux d'intérêt d'un Euro très faible rendait ce produit attractif : en souscrivant à un prêt à taux variable, les ménages avaient l'impression de faire une bonne affaire. Et puis l'inflation est revenue, et avec elle la peur de la crise et la remontée des taux d'intérêt. Tout au bout de la chaîne, l'emprunteur voit ses mensualités monter. Ainsi, un client qui aurait emprunté en juillet 2006, suite à la crise du 1er août 2007, peut subir jusqu’à 10% d’augmentation sur ses mensualités. Une situation extrême mais qui s'est produite. En France, près de 200 000 personnes ont souscrit à des prêts à taux variables. 80% d'entre elles l'ont fait au Crédit Foncier. D'où la campagne lancée par l'UFC-Que Choisir.
La Justice saisie
«Des éléments nous ont été transmis par des consommateurs à qui les conseillers bancaires auraient promis des taux d'intérêt plafonnés, ou « capés », alors qu'ils ne l'étaient pas, explique Isabelle Faujour, la conseillère juridique de l'UFC-Que Choisir. Leurs mensualités ont augmenté fortement et les clients se sont retrouvés dans l'embarras. Depuis l'été 2007 un collectif de 400 personnes a été formé et nous avons saisi le procureur de la République. Il y a eu tromperie ».
Jusqu'ici seule l'UFC a porté plainte, mais les autres associations tiennent un discours similaire. Pour l'association Consommations Logement et Cadre de Vie (CLCV), proposer des taux variables à des particuliers « n'est pas une pratique acceptable. Pour la majorité, les risques de ces prêts sont difficiles à cerner, si le devoir d'information et de conseil n'est pas respecté. Or c'est la responsabilité de l'établissement. Il semblerait bien que le Crédit Foncier n'ait pas informé correctement ses clients», précise Frédérique Phrunger de la CLCV. Christian Huard de l'Association de défense, d'éducation et d'information des consommateurs (Adeic) confirme: « Les prêts à taux variables provoquent le surendettement lorsque leur indice augmente. Les crédits immobiliers dans leur ensemble enferment la clientèle avec des offres très intéressantes mais risquées. C'est un piège. »
« Il est faux de dire qu'il y a eu tromperie »
Le Crédit Foncier a rapidement réagi. Vendredi 18 janvier, l'établissement a présenté lors d'une conférence de presse des « mesures exceptionnelles » destinées à sécuriser les prêts à taux variables de ses clients, deux mécanismes de sécurité, visant à limiter le montant des échéances à venir.
Thierry Dufour, directeur général délégué du Crédit Foncier rejette les attaques de l'UFC: « Notre offre exceptionnelle proposée lors de la conférence de presse est ferme, et 80% de nos clients ayant souscrit à des taux variables l'ont d'ailleurs acceptée même si tous ne se sont pas manifestés. Nous assumons notre responsabilité dans l'affaire dès lors que le client en apporte la preuve, nous ne sommes pas parfaits, mais il est faux de dire qu'il y a eu tromperie. Notre gamme est la plus sécurisée du marché, nous avons deux mécanismes très efficaces qui protègent nos clients. Cela consiste à étaler dans le temps les échéances pour éviter des variations dramatiques. Nous sommes la cible d'attaques parce que nous sommes les seuls à avoir ce fonctionnement auquel nous venons en plus de rajouter un plafond. » Et de se féliciter de la création d'une mission parlementaire sous la direction du député Frédéric Lefebvre, préconisant l'obligation pour les banques de proposer à leurs clients un plafond pour les emprunts de ce type.
Insuffisant
Les chefs de l'UFC-Que Choisir sont dubitatifs : « Ils ont réagi après que le Président de la République se soit ému de la situation de milliers de Français et que les médias se soient emparés de l'affaire, poursuit Isabelle Faujour. Ils se posent désormais en sauveur d'un scandale qu'ils ont créé eux-mêmes. Geler la hausse des taux à 6% n'est pas suffisant. Nous demandons l'application des contrats tels qu'ils ont été vendus aux consommateurs. Même s'il ne faut pas dramatiser, cette affaire est juridiquement grave : nous détenons des documents signés par des conseillers bancaires qui promettaient la sécurité de ces prêts, une sécurité qui n'a pas été respectée. »
Le Crédit Foncier est-il victime de l'acharnement des associations et notamment de l'UFC ? En tout cas, le Crédit Immobilier, son premier concurrent, n'est guère solidaire : « Nous sommes des spécialistes des prêts immobiliers, nos clients viennent nous voir pour ça et nos prêts sont créés sur mesure. Ils sont tous sécurisés et capés. Le produit du Crédit Foncier a dû être mal expliqué... Chez nous, la gestion est très prudente, eux le sont apparemment beaucoup moins. » Merci confrère !

