lundi 7 juillet 2008
Non à la criminalisation des yourtes!
Non à la criminalisation des yourtes!
et de tous les habitats modestes et légers.
La crémation au feu judiciaire, après épuisement du supplicié dans les couloirs des maisons des solidarités et autres services sociaux exsangues, est la procédure finale concrétisée par l'Etat en guise de mise en oeuvre du Droit Au Logement Opposable,
( DALO), contre ceux qui n'ont rien, et d'abord pas de toit ... Jeunes sans travail, salariés pauvres, hommes et femmes de tous âges frappés par les accidents de vie : séparation conjugale, perte d'emploi, rupture de revenus, maladie irrévocable, ainsi que tous ceux qui sont chassés par la spéculation immobilière, la hausse des loyers et l'insuffisance de logements sociaux...
La crise du logement aggravée par la crise de l'emploi et les inégalités sociales produit l'exclusion massive de millions de foyers.
« L'accés au logement, droit fondamental, ne peut être laissé au fonctionnement du marché. » (Charte du canal Saint Martin, Les Don Quichotte)
« La lutte contre les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l'égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l'ensemble des politiques publiques de la nation » Loi d'orientation relative à la lutte contre les exclusions.
Le 25 juillet 2008, Sylvie BARBE, qui vit dans sa Yourte au Cantoyourte, à Béssèges, en Cevennes minières, est convoquée au Tribunal d'Alès ! ...
Refusons la criminalisation de la pauvreté,
du mouvement social, de la protection de la nature,
Refusons la criminalisation des choix de vie alternatifs,
la discrimination par le mode de vie,
Non au harcelement et à la répression contre les yourtes!
Réagissons!
Ce procés est important pour tous ceux qui aujourd'hui, en s'inquiètant de l'avenir de leurs enfants, réfléchissent à de nouvelles solutions; tous ceux qui, de plus en plus nombreux, apportent des réponses concrétes et responsables à la crise économique, sociale et écologique.
Appel à un large soutien,
le 25 Juillet à 9 heures au tribunal d'Alès.
Pétition papier et soutien financier pour le proçés à envoyer à:
« Demeures nomades » Cantoyourte, la Cantonade, 30160 Besseges. cantoyourte@orange.fr
Blog sur la toile: www.yurtao.canalblog.com
Pétition en ligne sur le site: alternatifsgardois.free.fr.
Avec déjà le soutien de:
Les Objecteurs de Croissance, les Alternatifs, le réseau Coquelicot, le Collectif Cevenol Gauche Alternative, le Collectif Citoyen du canton de Besseges, les Ateliers Collectifs de la Céze et de l'Auzonnet. Collectif des chomeurs d'Alès. Les Verts. LCR Gard. Nouveau Parti Anti-capitaliste Gard. Ligue des droits de l'homme Alès.Collectif SDF Alsace.
Halem (habitants en logements éphémères et mobiles), Réseau Permis de Vivre, Droit au Logement.
lundi 26 mai 2008
Faute d'un toit, une cabane au bois de Vincennes
Ouest-France – 26/05/08 – François Chrétien
Jean Hannart devant sa cabane faite de bâches et de tasseaux : « Ici, on me fout la paix. » : Claude Stefan
Enquête : Sa cabane est située à moins de 200 mètres d'un boulevard cossu, aux portes de Paris. Pour la trouver, on s'enfonce dans le bois de Vincennes, on suit des traces d'herbes foulées, jusqu'à un bosquet touffu, à l'abri des regards. Jean Hannart, 63 ans, vit ici « depuis un an et demi ». La voix traîne un reste d'accent ch'ti. Il lâche le mégot qui lui jaunit les moustaches et raconte, calme, bras croisés.
Les foyers, les hôtels borgnes et la rue : l'ancien intérimaire en a eu marre. « Ici, on me fout la paix. » Les « travelos » qui tapinent dans le coin, à la nuit tombée, ne le dérangent pas. « Ils ne me volent pas. Contrairement à certains SDF. » Ayant perdu tout espoir de se loger « en dur », de plus en plus de SDF viennent planter une tente dans un coin de l'immense bois. Ils seraient plusieurs centaines. On tombe même sur de petits villages de toile, avec feu de camp au milieu, à l'indienne.
« Mon électricité, le soleil »
Jean, lui, a acheté des bâches dont il a recouvert un squelette de maison, fait de branches et de tasseaux. Sur le pas de porte, il a déposé une gamelle de pâtée pour ses sept chats. À l'intérieur : une petite table, un lit, un réchaud, un transistor à pile. Le sol est en terre battue. Jean y use ses chaussons aux couleurs délavées. Cet hiver, il a ajouté un pull sous sa polaire grise. « Ma seule électricité, c'est le soleil ! De toutes façon, j'ai jamais aimé la télé. »
Ses journées ? « Je vais faire quelques courses. Ramasser l'eau à la fontaine. Puis, je rentre. J'attends. » Geste vers le sol. « J'attends la terre, d'aller dedans. » Il lâche un grand rire pour atténuer la froideur de ses mots. Habiter Paris ou la banlieue ? Regard indulgent pour cette question stupide : « Faut être un couple de cadres : un qui paie le loyer, l'autre le manger. »
Jean touche une retraite de 640 €. Son ultime espoir : décrocher une HLM dans son pays natal, à Béthune (Pas-de-Calais). Pas loin de la tombe de sa mère. Y croit-il vraiment ? « Vous savez, quand on a manqué sa vie, c'est pas à 60 ans qu'on va la réussir. » Et toujours ce rire poli.
La loi « droit au logement opposable » crée bien des espoirs. Mais elle mettra des années à porter ses fruits. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux, comme Jean Hannart, à sombrer dans la précarité.
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Pour un T2, « gagner au moins 1800 euros ! »
Elle nous reçoit dans sa chambre minuscule du foyer Sonacotra de Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise). Elle est assise sur son lit ; on ne peut pas tenir debout à plusieurs dans la pièce. Un lavabo, un micro-onde et toute une vie empaquetée sur des petites étagères qui montent au plafond.
Pierrette Sitondji, 49 ans, rentre du travail. 35 heures par semaine, en CDD (contrat à durée déterminée), elle lave, nourrit, assiste les pensionnaires d'une maison de retraite. « Ils disent que je leur apporte le soleil. » Pierrette vient du Bénin. Elle a débarqué en France en 2002. Elle a rejoint son mari, cuisinier, émigré devenu handicapé. « Il fallait bien que quelqu'un lui fasse à manger. »
HLM : c'est saturé
Le couple est en situation régulière. Leur fille, mariée à un Français, vit pas loin. Pierrette a suivi une formation pour devenir auxiliaire de vie. Elle gagne 1 380 € par mois. Travaille sur le marché le dimanche pour arrondir les fins de mois. « Quand je ne suis pas de garde, je fais la poissonnière ! » Pourtant, impossible d'obtenir un logement social.
Opiniâtre, Pierrette a décroché une chambre au foyer - cube de béton mal entretenu et bruyant - dans le même couloir que son mari. « La chambre d'à côté sert d'école coranique, après 16 h. Guillaume, mon mari, vient de faire un accident vasculaire, le médecin dit que c'est à cause du bruit. À l'hôpital, il va mieux parce que c'est calme. »
Les HLM saturent ; pourquoi ne pas chercher un appartement dans le privé ? Ici, à 30 minutes de Paris, les T2 sont moins chers... Pierrette lève les bras, en signe d'impuissance : « Les agences disent que je dois gagner au moins 1 800 € et être en contrat à durée indéterminée ! »
vendredi 2 mai 2008
Le maire du troisième veut des lois pour lutter contre la spéculation à Paris
Marianne – Mercredi 30 Avril 2008 - Sylvain Lapoix
Alors que Jeudi noir s'apprête à procéder à une nouvelle réquisition, Pierre Aidenbaum, maire du IIIème arrondissement de Paris laisse agir le collectif en soulignant l'inefficacité de la législation en matière de lutte contre l'inoccupation immobilière.
Pour eux, comme toutes les semaines, le premier mai sera un Jeudi noir. Un mois après la réquisition de l'immeuble de L'Impasse dans le IIIè arrondissement de Paris, le collectif de lutte contre le mal logement, désormais suivi à chaque action d'un cortège de caméras fébriles, veut donner un nouveau coup de pied dans la fourmilière locative. Du rendez-vous fixé jeudi 1er mai à 16 heures sur la place Saint-Eustache, dans le quartier des Halles à Paris, le groupe ira « réquisitionner » un nouveau lieu tenu secret : « Une loi de réquisition existe : ce que l'Etat ne fait pas, nous le ferons », clame leur site.
A la mairie du troisième arrondissement, Pierre Aidenbaum, socialiste proche de Bertrand Delanoë, a fait la visite de L'Impasse avant d'affirmer face aux caméras de France 2 qu'il comprenait leur mobilisation.
Marianne2.fr : Un mois après la « réquisition » de L'Impasse par Jeudi Noir, soutenez-vous toujours cette action ?
Pierre Aidenbaum : Nous avons promis que, tant qu'ils respecteraient la loi et qu'ils ne créaient pas de nuisances à l'ordre public, nous ne ferions rien contre eux. J'ai été visiter ce lieu pour des raisons de sécurité, avec le commissaire de police. Ce bâtiment inoccupé a déjà été squatté en 2005 mais cela avait donné lieu à des débordements considérables : 50 à 100 personnes y vivaient au lieu des 25 venus au départ et les fêtes qui y étaient organisées dégénéraient complètement et ont excédé le voisinage. Depuis, je suis méfiant et les habitants du quartier aussi : une demande d'expulsion a déjà été déposée par le syndic.
Approuvez-vous néanmoins cette démarche de réquisition ?
Je comprends ces actions car il y a effectivement une nécessité d'interpeller l'opinion et les pouvoirs publics sur le problème du logement. Mais cette technique ne doit pas non plus devenir systématique : la mairie de Paris fait beaucoup d'efforts depuis 2001. Durant la précédente mandature, 450 logements ont été construits grâce à des préemptions organisées par la mairie du IIIème arrondissement, et ce malgré les prix du quartier. Il faudrait aussi qu'ils aillent squatter un peu dans des arrondissements de droite, pour interpeller l'opposition de temps en temps !
L'un des objectifs de ces réquisitions sauvages est justement de souligner les limites de l'action des pouvoirs publics. Y a-t-il une solution à cette impuissance ?
Le problème n'est pas parisien, il est législatif : pour lutter contre le vide à Paris, il faut pouvoir taxer les gens qui laissent des locaux vides, qu'il s'agisse de bureaux ou de logements. A ce titre, c'est directement aux députés qu'il faudrait s'adresser, plus qu'aux maires. La spéculation immobilière ces derniers temps à Paris a poussé le prix du foncier à la hausse de 10 à 15% par an : ceux qui achètent ne le font que pour vendre à un meilleur prix qui n'arrête jamais de monter ! Face à cette escalade, la puissance publique devrait pouvoir agir au bout de deux ans et disposer de procédures rapides et contraignantes qui permettraient de remobiliser les surfaces vides au bénéfice du parc locatif ou social de la ville de Paris. Il est inimaginable de laisser de tels locaux en jachère quand on voit le besoin de logement d'une ville comme Paris.

lundi 28 avril 2008
« Je ne veux plus que mes enfants dorment avec les clochards »
A.Gd. – Libélyon – 28/04/08
Ils ne rendront pas leurs clés aujourd’hui, comme cela leur a été demandé. Le foyer des Acacias, à Vénissieux, accueillait cet hiver une dizaine de familles sans logement. Mais l’hiver est terminé, et le foyer doit fermer ses portes ce lundi. Les sept familles restantes, soutenues par le réseau d’associations « Personne Dehors ! », ont décidé de rester. L’endroit n’a rien d’un paradis. Mais, pour ces familles, dont la plupart ont de jeunes enfants, c’est « une chance ». Tous n’ont qu’une peur, « retourner au 115 », c’est à la dire à la rue, téléphonant tous les trois jours en espérant qu’une place de quelques jours se libère dans un foyer d’hébergement d’urgence…
Victorine a vécu des mois avec le 115. Elle ne veut plus. « Ici, mes enfants sont bien. Il n’y a que des familles, pas de clochards violents. Je peux faire à manger. Les enfants rentrent tous les soirs au même endroit. Ils peuvent faire leurs devoirs ». Peu importe que ses deux enfants traversent chaque matin et chaque soir l’agglomération lyonnaise pour se rendre au collège de la Duchère (Lyon 9è) où ils sont scolarisés. « Ici, ils dorment tous les soirs au même endroit. Ils n’ont pas peur. C’est comme une maison. Je ne veux plus que mes enfants dorment avec les clochards », explique Victorine. Cette mère célibataire s’est retrouvée à la rue au mois d’août dernier, après une séparation. Sans-papiers depuis 2004, cette gabonaise n’a droit à aucune aide et ne peut pas solliciter de demande de logement. La semaine dernière, un responsable du foyer lui a dit qu’il était dangereux pour elle de rester là car la police aux frontières risquait de débarquer pour l’emmener au centre de rétention et l’expulser. « On nous fait peur. Comme on fait peur aux animaux pour qu'ils s'en aillent. Nous sommes des riens », dit-elle.
Ces familles passent entre les mailles du filet de la loi sur le logement opposable entrée en vigueur cet hiver (dite Loi DALO) car la plupart sont sans-papiers. Le droit au logement opposable ne concerne en effet que les personnes en situation régulière. Cependant, cette loi prévoit aussi dans son article 4 que toute personne accueillie dans un hébergement d’urgence (le foyer des Acacias relèvent de ce statut) ne peut en être délogée tant qu’elle ne dispose d’une solution de logement pérenne, sans-papiers ou pas. Sauf que problème : pour bénéficier d’un logement pérenne, il faut être en situation régulière. C’est dans cette situation inextricable que se retrouvent aujourd’hui les familles sur le point d’être expulsées du foyer des Acacias. Certains sont en situations régulières car ressortissants de l’union européenne. C’est le cas de deux familles Roms. « Ils ont des papiers mais les Ddass et les préfectures les traitent souvent comme des cas à part et refusent généralement de leur proposer autre chose que de l’urgence », explique une travailleuse sociale.
Le foyer des Acacias aurait dû fermer il y a déjà quinze jours. La Ddass avait accordé un délai supplémentaire. Qui prend fin ce lundi. Aujourd’hui, des militants associatifs resteront au foyer pour s’opposer à l’expulsion des familles.
samedi 26 avril 2008
Fondation Abbé-Pierre – Ces villes qui nous font honte
Revue « Et les Autres ? » - Avril 2008 - Raymond Etienne - Président de la Fondation Abbé-Pierre
En France, plus de 3 millions de personnes sont très mal logées ou sans logement. Environ 6 millions de personnes se trouvent en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme.
Ce phénomène se retrouve dans un grand nombre de régions à un moment où la hausse considérable de la part du budget des ménages consacrée au logement grève le pouvoir d'achat des Français. De fait, la précarité voire la pauvreté augmente.
En région Languedoc-Roussillon, alors qu’on observe un effort en matière de construction sur un territoire attractif, le logement reste malgré tout une préoccupation permanente en particulier pour les personnes les plus fragilisées.
Avec 71600 demandes de logements sociaux, plus de 370 000 personnes vivant avec des ressources proches du seuil de pauvreté, un taux de chômage qui reste élevé, l’offre demeure inadaptée ou insuffisante au moment de l'entrée en vigueur de la loi Droit au logement opposable (DALO). Cette situation pose de nombreuses questions telle que les plus modestes peuvent-ils encore se loger ?
La Fondation Abbé Pierre dénonce dans son 13ème rapport sur l'état du mal-logement comment Français sont confrontés à une crise de plus en plus grave en la matière.
Elle se révèle entre autres exemples par :
• l'absence de logement ou les difficultés d’accès au logement des ménages modestes,
• le manque de confort ou l'insalubrité,
• les difficultés de maintien, la mobilité difficile et l'assignation à résidence.
Raymond Etienne
Le logement devient hors de portée de milliers de familles...
Scandaleux. C’est le sentiment ressenti par des milliers de ménages français en attente d’un logement décent, alors qu’il existe une loi votée en 2000 ; une loi censée assurer une meilleure répartition des logements sociaux sur tout le territoire et une plus grande solidarité en matière d’habitat. Intitulée “Solidarité et renouvellement urbains” (SRU), elle oblige les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) à disposer d’au moins 20 % de logements sociaux sur leur territoire d’ici à 2020.
Or depuis son application en 2002, cette Loi est bafouée par une grande partie des villes concernées.
En 2008, le constat est accablant. Sur les 720 communes de notre étude relevant de la Loi, 435
n’ont pas respecté leur engagement et n’ont pas atteint leur objectif de construction. Pire encore,
67 d’entre elles n’ont rien fait. « Si je suis venu ici c’est que se trouve mis en question l’honneur de la France », s’exclamait l’abbé Pierre à l’Assemblée nationale le 24 janvier 2006, alors que plusieurs députés souhaitaient réduire la portée de cette fameuse Loi. Ce cri d’alarme reste d’actualité. Et c’est pourquoi la Fondation a fait paraître ce palmarès qui lève le voile sur les communes qui respectent et celles qui sont hors la loi. Car on ne peut pas se taire. On ne doit pas se taire.
« ON CHOISIT DÉLIBÉRÉMENT DE REJETER LES PAUVRES »
Françoise est née en 1954 à Saint-Maur-des-Fossés, commune du Val-de-Marne, à 14 km de Paris.
Aujourd’hui peuplée de quelque 73 000 habitants, elle offre un cadre de vie calme et agréable grâce aux bords de Marne où sont lovés de cossus pavillons. « Mon père était ouvrier, nous étions 6 enfants et nous habitions dans un immeuble à loyer modéré (ILM). Il y avait de tout dans notre rue ! Des Bretons, des Portugais, des Marocains, des Tunisiens... Il n’y avait aucun a priori racial ou religieux. Aujourd’hui, plus rien de tout cela n’existe. Les pauvres ? Ils ont été repoussés à Créteil, Bonneuil et Champigny. Ici, c’est quasiment impossible de trouver un logement à loyer abordable... Même les personnes âgées sont rejetées. »
Françoise est amère et ne reconnaît plus sa ville. La mixité sociale qui avait fait la richesse de son
enfance a complètement disparu. Les ouvriers, les immigrés se retrouvent de l’autre côté des ponts, dans les communes limitrophes devenues populaires, où commencent à se développer des ghettos...
« C’est vrai que le cadre de vie est agréable ici, mais à quel prix ? C’est une ville qui produit de l’exclusion depuis 15 ans. » Pour les familles nombreuses, pour les ménages modestes, Saint-Maur-des-Fossés est intouchable. Seulement 30 logements à loyer modéré ont été financés entre 2002 et 2006, alors que la loi en prévoyait 1236.
« Un petit salaire ne trouvera rien. Les HLM sont peu nombreux et réservés en priorité au personnel
communal. » Quant au parc locatif privé, il n’a rien à envier à Paris. « Ici, pour un petit 2 pièces, comptez 850 euros/mois sans les charges... et l’appartement n’est pas flambant neuf ! » Françoise
finit par évoquer sa fille, pharmacienne, qui s’est installée sur la commune grâce à la caution de ses parents. « Sinon, elle n’aurait pu signer aucun bail. » Il aurait alors fallu se loger bien plus loin et ajouter des heures de transport en plus pour aller travailler.
Repousser les plus modestes hors la ville, c’est créer des conditions de vie inacceptables pour des familles entières et c’est faire disparaître la mixité dans la cité. C’est la porte ouverte aux villes réservées aux riches et aux villes destinées aux pauvres. « Quand les plus faibles sont agressés
avec des dégâts comme ceux que la crise du logement leur fait subir, on n’attend pas indéfiniment
de prendre les moyens de mobilisation nécessaire... La France, sur la question du logement, doit se
mettre en état de guerre... » Cet appel de l’abbé Pierre date du 1er février 2006. A l’époque, Saint-
Maur-des-Fossés était déjà parmi les communes qui n’appliquaient pas la Loi.
Les pauvres, dehors ? L’argument électoral est d’autant plus que choquant qu’il s’agit de loger l’institutrice, le policier, l’infirmière ou le postier. Derrière le chiffre de 420 900 logements construits
en 2006 se cache une dure réalité : 25 % de la production concerne les ménages modestes, seuls 8 % sont réellement des logements sociaux. Oui, c’est vraiment la guerre.
SEULEMENT DES INTENTIONS…
Trop peu de terrains disponibles, pas assez de moyens, des contraintes administratives... Certaines
communes mauvaises élèves plaident coupables mais non responsables. Or, à y regarder de plus près, on découvre que la volonté politique n’est pas toujours au rendez-vous. Allauch, petite commune aux portes de Marseille, compte 18 907 habitants et 2,6 % de logements sociaux. Déjà épinglée en 2005, elle est à nouveau qualifiée de “cancre” du logement social. 319 logements à loyer modéré devaient être construits, pas un n’est sorti de terre. « Nous avons une commune de 5000 hectares, dont 4000 de bois et de collines. Construire est difficile.... Mais nous avons des projets et 300 logements sociaux devraient être livrés avant fin 2009 », précise la directrice de cabinet du Maire. Mais les documents
d’urbanisme montrent une toute autre réalité : il s’agit en fait de logements à loyer intermédiaire , inaccessibles aux revenus modestes.
mardi 22 avril 2008
La première maison bioclimatique de Marseille
20 avril 2008 - Luc Leroux - La Provence - ( lleroux@laprovence-presse.fr )

Annick et Philippe ont construit une villa en bois, chauffée au soleil et écologique en diable
Ouverte plein sud, la serre fait fonction d'accumulateur. Equipé du double vitrage extérieur, ce sas se transforme en serre chaude pour y faire pousser des bananiers et autres plantes tropicales.
Le voisin a pris le pli écolo. À Annick qui passe la tondeuse électrique, il lance : "Faut prendre la faux !" Mais Annick et Philippe qui achèvent la construction de la première maison bioclimatique de Marseille ne sont pas des intégristes verts. Tout bonnement souscrivent-ils à ce qu'ils ont affiché sur la porte de leurs toilettes sèches : "Un petit coin pour soulager la planète".
L'idée d'une maison solaire passive, "la plus écologique possible", s'est forgée à partir d'un rêve. Cette enseignante-documentaliste et cet architecte se seraient bien vus habiter dans une maison-coupole qui, en tournant, peut suivre la course du soleil. Ce sera finalement une maison tout en bois proscrivant les matériaux à forte énergie grise, c'est-à-dire dont la fabrication consomme beaucoup d'énergie.
La barrière thermique des fondations est en liège. Les murs sont comme un millefeuille en bois avec du pin Douglas pour l'ossature, une sorte d'isorel en fibre de bois, un pare-pluie côté extérieur et un pare-vapeur à l'intérieur - ils auraient tant aimé du kraft - et, pour le bardage extérieur, du cèdre rouge du Canada.
Philippe confesse ce petit péché écologique : la quantité de CO2 qu'il a fallu pour traverser l'Atlantique. "Mais j'aime sa couleur orangé. Je vais le laisser vieillir tranquillement". Largement ouverte plein sud, une serre joue le rôle d'accumulateur. La chaleur est restituée dans la maison par six sabords percés en haut de la façade. Un ventilateur renvoie les strates froides de l'air au sol qui quitte la pièce centrale par deux ouies.
En été, le ventilo tourne dans l'autre sens pour aspirer l'air frais du sol. Un mur central, en sable et chaux, joue le rôle de masse thermique. Un poële à pellets - des billes de sciure agglomérée - fait office de chauffage d'appoint. Et l'été, direz-vous ? Un jeu de pare-soleil en "casquette" sur la serre atténue l'ensoleillement ainsi que les deux mûriers-platanes -sans feuilles l'hiver.
Annick et Philippe ne redoutent pas leur exposition plein sud grâce à leur système de climatisation 100% naturelle. Trente-six mètres de tuyau ont été enfouis à deux mètres de profondeur. Là, la température de la terre ne varie pas de 13 degrés. Au fond du jardin, le "puits provençal" capte l'air, bientôt entouré de lauriers roses pour faire perdre deux degrés à l'air entrant. Dans la maison, un ventilateur refoule l'air frais. Trois petites fenêtres sur la façade nord permettront, l'été, une ventilation nocturne.
Chaude l'hiver, fraîche l'été, c'était le but du jeu. Sur le toit, un capteur solaire chauffe l'eau sanitaire à 70 degrés. Depuis novembre, l'appoint électrique du cumulus n'a tourné que 139 heures. Quasiment rien... Dans de tels murs, Annick et Philippe ont fait le choix de "vivre le plus écolo possible". Les eaux usées des douches et éviers sont filtrées à travers une petite station d'épuration naturelle.
Les eaux percolent dans différents bacs remplis de galets et de pouzzolane, plantés l'un de joncs, l'autre d'iris d'eau. Ça, c'est la partie d'Annick qui s'est formée à l'épuration de l'eau : "Les bactéries vivant en symbiose des racines transforment les cochonneries en éléments nutritifs absorbables par les plantes". L'eau qui termine dans sa course servira à l'arrosage du gazon "sec", une variété de chiendent spécialement choisie pour ne pas nécessiter trop d'eau.
Récupérée dans une citerne connectée à un double réseau de plomberie, la pluie remplira les chasses d'eau. Philippe a chiffré le surcoût de ce rêve écolo : 28% de plus qu'une construction traditionnelle -vite amorti. Mais ce qui n'a pas de prix, c'est le sentiment de préserver un joyau : la Terre.


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- Ecolos et... missionnaires, Annick et Philippe ouvrent grand leurs portes aux architectes, artisans et à tous ceux qui ont un projet de maison écologique. On peut retrouver les étapes de la construction sur leur site www.labedouide.net.
- Les aides publiques varient selon les lieux de construction. Pour l'installation de leur chauffe-eau solaire, ils ont reçu une aide du Conseil général de 700€ moins importante que celle versée dans les Alpes-Maritimes.
- Pour construire sa mini station d'épuration, Annik a suivi un stage auprès de l'association Eau vivante www.eauvivante.net
samedi 5 avril 2008
Des HLM plus bas de plafond
TONINO SERAFINI – Libération samedi 5 avril 2008
Il faudra gagner moins pour en bénéficier.
Dans le domaine des politiques du logement, les mesures annoncées concernent surtout les HLM. Nicolas Sarkozy n’a pas parlé d’économies, mais d’un recentrage des attributions des logements sociaux au profit des ménages les plus modestes. A cet effet, les plafonds de revenus donnant accès à un HLM vont être abaissés de 10 %.
Pour obtenir un logement social, une famille avec deux enfants ne devra pas gagner plus de 35 728 euros annuels contre 39 698 euros avant réajustement (1). Dans les sphères gouvernementales, certains plaidaient pour un abaissement plus radical des plafonds (les chiffres de 20 à 30 % ont circulé). Mais, au cours des arbitrages, la ministre du Logement, Christine Boutin, a pointé le risque de voir les petites couches moyennes écartées du logement social, sans qu’elles aient les revenus suffisants pour se loger dans le privé, notamment dans les grandes villes. Les organismes de HLM craignaient, eux, une ghettoïsation du logement social. Le réajustement à 10 % est un compromis qui convient grosso modo à tous. Sarkozy a cru pourtant utile de forcer le trait pour justifier sa décision, affirmant qu’avec les plafonds antérieurs «70 %» des ménages étaient éligibles aux HLM. Mais le chiffre est biaisé : à peine plus de 30 % le sont effectivement, puisque 56,5 % de la population est propriétaire de son logement.
Une autre mesure vise aussi à réserver les HLM aux plus modestes : un «surloyer dissuasif» va être appliqué aux locataires aux revenus supérieurs aux plafonds de ressources. L’idée est de les inciter à quitter le parc social. Une «mesure révoltante», dénonce la Confédération nationale du logement. L’association de locataires dénonce «un processus d’expulsion qui ne dit pas son nom» visant des familles qui n’ont pas les moyens de «louer au prix du marché». Autre mesure qui risque de faire des vagues : le gouvernement songe aussi à «étudier» la mise en place d’un «loyer progressif en fonction des revenus» dans le parc HLM. La finalité est-elle de faire des économies sur les allocations logement, les locataires les moins pauvres payant pour les plus pauvres ?
(1) En Ile-de-France ce sera 45 615 euros contre 50 683 euros auparavant.
Pour résoudre la pénurie de logements sociaux, on restreint le nombre de demandeurs, fallait oser !
vendredi 28 mars 2008
Les loyers lyonnais ont augmenté de 50% en dix ans !
27/03/2008 - Libéblog - A.Gd. –
LOGEMENT – Les professionnels de l’immobilier et les investisseurs s’en félicitent, les locataires lyonnais certainement beaucoup moins. En dix ans, les loyers lyonnais (du parc privé) ont augmenté de plus de 50% (1). 5% par an : une des plus grosses hausses en France puisque la moyenne nationale est de 3,5 % par an sur la même période. C’est ce que révèle une étude de CNAB Lyon (confédération nationale des administrateurs de biens) rendue publique ce jeudi…
En 2008, un appartement à Lyon se loue en moyenne 11,7 euros du mètre carré. Avec une particularité : le prix est désormais quasiment identique d’un arrondissement à l’autre. Ainsi, l’arrondissement le plus cher, le 2è, sur la presqu’île, est à 14,4 euros du mètre carré. Soit seulement 4 euros de plus que l’arrondissement le moins cher, le 9è (10,3 euros le mètre carré).
Un lissage qui s’est opéré progressivement ces dernières années. « Auparavant, il y avait de grosses différences de loyers entre les secteurs. C’est spécifique à Lyon. Dans des villes comme Paris ou Marseille, on a des écarts allant de 1 à 2 entre les arrondissements », note Michel Mouillard, professeur d’économie et rapporteur de l’étude de la CNAB.
Ce qui ne veut pas dire que les loyers sont homogènes à Lyon. En effet, si le quartier, tout comme la présence de dessertes de transports en commun, semblent curieusement n’avoir que peu d’influence, l’équipement des immeubles, le standing et l’entretien des appartements restent déterminants. Ainsi, par exemples, de grosses différences de prix apparaissent entre des immeubles équipés ou pas d’ascenseurs. Les écarts peuvent d’ailleurs aller de 1 à 5 sur des surfaces comparables. Par exemple, selon cette étude, le prix d’un studio à Lyon va de 5,8 euros le mètre carré à plus de 20 euros le mètre carré.
« Le marché lyonnais est sain. C’est une bonne nouvelle pour les propriétaires bailleurs », se félicite Patrice Rosier, le président de la CNAB Lyon qui espère… que la hausse se poursuivra.
(1) L’étude porte sur les nouveaux baux et ne concerne pas les baux qui n’ont pas été renouvelés.
50% ! Mais pourquoi cela ???
dimanche 16 mars 2008
Des centaines de manifestants disent non aux expulsions locatives
samedi 15 mars 2008, 18h45 | Le Parisien
EXPULSIONS LOCATIVES Alors que la trêve hivernale s'achève, une manifestation à l'initiative du Dal, rassemble entre 900 et 4 000 manifestants selon les sources
De 900 à 3.000 voire 4.000 personnes selon la police ou les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris en faveur du droit au logement à la veille de la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives. Sous des banderoles clamant notamment «un toit, c'est un droit, pas d'expulsion», les manifestants ont quitté la place de la République pour rejoindre l'île de la Cité, où se trouvent à la fois la préfecture de police et le palais de justice, deux bâtiments clef dans les processus d'expulsion. Le cortège s'est arrêté un bref moment devant la poste de la rue du Louvre pour protester contre la prochaine généralisation à toutes les banques du livret A, qui finance le logement social.
Une trentaine d'associations, comme le Dal (Droit au logement), le Cal (Comité action logement) ou Jeudi Noir, avaient appelé à cette manifestation pour souligner l'absurdité d'un système qui met à la rue des personnes que la loi sur le droit au logement opposable oblige à reloger.
«Nous mettons au défi le gouvernement de mettre en oeuvre la loi Dalo (NDLR : droit au logement opposable) qui ne peut pas fonctionner tant que qu'il n'y a pas la mise en place de la loi de réquisition», a déclaré Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du Dal.
Des appels à manifester avaient également été lancés dans plusieurs grandes villes françaises comme Strasbourg, Amiens ou Lille. Dans l'agglomération lilloise, à Seclin, Lambersart, puis Lille, des militants du Dal ont débaptisé «symboliquement» certaines rues en leur redonnant des noms tels que «Avenue de la crise du logement» ou «Rue de la loi de réquisition».
samedi 15 mars 2008
LOGEMENT EXPULSIONS LOCATIVES : Les associations appellent à manifester
NOUVELOBS. | 15.03.2008 | 09:57
Alors que la trêve hivernale des expulsions locatives touche à sa fin, elles dénoncent l'absurdité d'un système qui met à la rue des personnes que la loi Dalo oblige à reloger.
Quelque trente associations appellent à manifester à Paris samedi 14 mars à partir de 14h30, alors que la trêve hivernale des expulsions locatives est arrivée à son terme. Les associations dénoncent l'absurdité d'un système qui met à la rue des personnes que la loi sur le droit au logement opposable oblige à reloger. Les manifestants ont prévu de se retrouver place de la République à Paris, à l'appel d'associations comme le Dal (Droit au logement), le Cal (Comité action logement) ou Jeudi Noir, pour demander notamment "l'arrêt des expulsions sans relogement" et l'"application de la loi de réquisition sur les logements vacants".
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal, a mis en avant, lors d'une conférence de presse "l'absurdité" de mettre des gens à la rue, à partir du 16 mars, la fin de la trêve hivernale, alors que la loi Dalo (Droit au logement opposable) fait obligation de les reloger.
Les personnes expulsées de leur logement sont en effet parmi les publics prioritaires du Dalo qui, si aucun relogement ne leur est proposé au bout d'une période de six mois, seront en droit d'engager des poursuites judiciaires contre l'Etat.
Les associations, dans leur appel à manifester, affirment que "plus de 120.000 ménages seront mis à la porte cette année.... alors que les loyers et l'immobilier n'ont jamais été aussi chers (...) et qu'avec des revenus faibles, modestes et même moyens il n'est plus possible de se loger décemment".
En plus de leurs revendications habituelles demandant l'arrêt des expulsions, les associations font part, cette année, de leurs craintes au sujet du livret A dont la collecte - actuellement de quelque 19 milliards d'euros - finance le logement social.
Suivant des injonctions de l'Union européenne, le gouvernement envisage de "banaliser" le livret A, à savoir ouvrir sa distribution à tout le secteur bancaire.
Parmi les revendications qui seront mises en avant lors de la manifestation de samedi figureront "la défense du logement social" ou l'"arrêt des ventes de HLM".
Selon une des promesses électorales du candidat Nicolas Sarkozy, la ministre du Logement Christine Boutin s'est engagée à mettre en vente, chaque année, 40.000 logements HLM auprès de leurs occupants pour dégager des liquidités pour la construction de nouveaux logements sociaux Le Parisien 15/03/08 Les expulsions locatives à nouveau possibles Voir video
Des associations comme Jeudi Noir, qui se veut le défenseur des "jeunes galériens du logement", mettent aussi en avant des revendications sur le développement et la réhabilitation du logement des travailleurs migrants, des jeunes et des étudiants.

