samedi 26 avril 2008
La CGT-pénitentiaire dénonce un "inflationnisme sécuritaire", qui a créé "de nouveaux délits pour de nouvelles incriminations".
NOUVELOBS.COM | 24.04.2008 | Nouvel Observateur
Selon le syndicat, il y aurait "12.474 personnes en surnombre en détention".
La troisième organisation syndicale des surveillants de prison, la CGT-pénitentiaire, a dénoncé, jeudi 24 avril, "l'inflation" du nombre de détenus consécutive, selon elle, à un "inflationnisme sécuritaire", qui a créé "de nouveaux délits pour de nouvelles incriminations".
Dans un communiqué, le syndicat se demande "quand va s'arrêter l'inflation pénitentiaire" après la publication des chiffres de l'Administration pénitentiaire (AP) montrant que le nombre de détenus a augmenté de 1% au mois de mars par rapport à février pour atteindre 63.211 personnes au 1er avril.
Un pic historique
On se rapproche du pic historique de juillet 2004 avec 63.652 détenus. Selon la CGT, il y a "12.474 personnes en surnombre en détention", un chiffre que l'AP ne fournit pas dans ses bilans mensuels. Le directeur de l'AP avait évalué en février le nombre de places disponibles en prison à 51.500.
La CGT a dénoncé la "création de nouveaux délits pour de nouvelles incriminations" au travers des "lois Perben I et II en passant par la loi dite de sécurité intérieure, ou la loi de prévention de la délinquance, celle du traitement de la récidive, sans oublier les lois relatives aux "peines plancher et l'ignoble rétention de sûreté".
"Une honte"
Pour le syndicat, "la politique carcérale et pénale française est une honte: les personnes incarcérées n'ont pas à être traitées comme du bétail" et les personnels pénitentiaires "n'ont pas à subir dans leur chair les dérives et obsessions sécuritaires".
La secrétaire générale de la CGT-pénitentiaire, Céline Verzeletti, a en outre déploré le "flou" entourant le futur projet de loi pénitentiaire, censé développer les alternatives à l'incarcération.
Un comité technique paritaire, qui devait lui être consacré, a été annulé le 28 mars pour cause de boycottage syndical mais aucune autre date n'est venue la remplacer.
vendredi 25 avril 2008
JUSTICE - Réforme du CSM : le gouvernement ne retient pas l'avis du Conseil d'Etat
NOUVELOBS | 24.04.2008 | 21:15
Deux réserves avaient été émises sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature estimant notamment que "l'unité du corps judiciaire" était mise à mal. L'exécutif n'est toutefois pas tenu de les suivre.
Le projet de révision constitutionnelle adopté mercredi en Conseil des ministres n'a pas tenu compte des réserves émises par le Conseil d'Etat sur la partie réformant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), a-t-on appris de sources concordantes, jeudi 24 avril.
Dans son avis, que l'exécutif n'est toutefois pas tenu de suivre, le Conseil d'Etat avait émis deux réserves sur la réforme de l'organe suprême des magistrats, a précisé une source proche du dossier.
La plus haute juridiction administrative avait estimé que la double présidence du CSM confiée au premier président de la Cour de cassation pour la formation compétente pour les magistrats du siège, et au procureur général près la Cour de cassation pour celle du parquet, était contraire au principe constitutionnel "d'unité du corps judiciaire", a-t-on ajouté de même source.
D'autre part, le Conseil d'Etat souhaitait que le projet mentionne que le CSM concourt "à l'indépendance de la magistrature", a-t-on poursuivi.
Une volonté de "reprises en mains", selon les syndicats - Le gouvernement a décidé de maintenir sa version initiale, ce qu'a confirmé jeudi le porte-parole de la Chancellerie, qui s'est refusé à tout autre commentaire car "les avis du Conseil d'Etat sont confidentiels".
Selon l'article 28 du projet de révision constitutionnelle, le CSM ne sera plus présidé par le chef de l'Etat et sera composé d'une majorité de non-magistrats.
Les deux principaux syndicats de la profession, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), ont dénoncé une volonté de "reprise en main" des juges par l'exécutif.
mercredi 23 avril 2008
Un témoin met en cause la Société Genérale dans l'affaire Kerviel
REUTERS : mardi 22 avril 2008 - Thierry Lévêque
PARIS - Un témoin allemand entendu dans l'enquête sur le perte de 4,9 milliards d'euros subie par la Société générale dit avoir alerté la banque française en vain fin 2007 des manoeuvres litigieuses du trader Jérôme Kerviel.
Le sens général de la déposition de Michel Zollweg, publiée en partie par Le Canard enchaîné et sur le site internet de L'Express, a été confirmé à Reuters par deux sources. Ce témoin, auditionné pendant une demi-journée le 10 avril par les policiers de la Brigade financière, dirige le Trading surveillance office (TSO), le "gendarme" officiel d'Eurex, marché de la Bourse allemande.
Dans une déclaration, la Société générale explique en substance que les alertes mentionnées par le témoin ne lui permettaient pas de prendre conscience du problème Kerviel. "Les questions ne portaient pas sur les positions globales du trader. La Société Générale avait proposé à Eurex de lui fournir toutes explications complémentaires souhaitées, offre à laquelle Eurex n'a pas souhaité donner suite", dit la banque.
Michel Zollweg a dit avoir été alerté à l'été 2007 sur des mouvements importants de marché, dûs à des engagements pris par la SocGen sur Eurex, opérés par le seul trader Jérôme Kerviel.
"Il est inhabituel qu'un seul individu engage une banque pour de tels montants", déclare le témoin sur le procès-verbal.
Il a dit avoir écrit en octobre au service de contrôle interne de la banque à propos d'un engagement de Kerviel sur un milliard d'euros mais n'a reçu qu'une réponse orale un mois plus tard, le 15 novembre 2007, l'assurant que tout était correct.
NOUVELLE AUDITION MERCREDI
Une confirmation écrite a été demandée et est parvenue cinq jours plus tard, a-t-il raconté. "Nous n'avons pas été satisfaits de cette réponse dont les termes étaient incompréhensibles (...) A dessein, la réponse reprenait des termes inconnus. La Société générale a volontairement utilisé une terminologie que nous ne comprenions pas", a-t-il dit.
Un nouveau courrier de la TSO a reçu une nouvelle réponse de la Société générale le 10 décembre, avec copie à la hiérarchie de Jérôme Kerviel, mais le témoin a expliqué qu'il n'était toujours pas satisfait, car le courrier ne rendait selon lui pas fidèlement compte des positions prises par le trader.
Une nouvelle demande d'information était sur le point d'être envoyée à la banque française le 18 janvier mais l'affaire a été rendue publique peu après et l'échange s'est arrêté là.
Mis en examen pour "abus de confiance, faux et usage de faux et introduction dans un système de traitement automatisé de données", Jérôme Kerviel, libéré le 18 mars après 38 jours de prison, doit être entendu à nouveau mercredi par les juges d'instruction chargés du dossier.
L'enquête a montré que ces agissements de Jérôme Kerviel duraient depuis plusieurs années et avaient rapporté à la banque 1,4 milliard d'euros le 31 décembre 2007.
La banque, alertée à 74 reprises par diverses sources en décembre 2006 et janvier 2007, n'a jamais réagi, selon un rapport d'inspection interne. Lors de plusieurs confrontations judiciaires entre Jérôme Kerviel et ses supérieurs hiérarchiques, ces derniers ont assuré n'avoir rien remarqué. Plusieurs sont sous le coup d'une procédure de licenciement.
UIMM: Gautier-Sauvagnac met en cause François Ceyrac, ex-patron des patrons
LIBERATION - mardi 22 avril 2008
L'ex-président de l'UIMM accuse l'ex-homme fort du patronat d'avoir perçu pendant des années 5.000 euros par mois en liquide prélevés sur la caisse du patronat de la métallurgie.
Il a alors affirmé que l’ancien patron des patrons François Ceyrac avait perçu pendant des années 5.000 euros par mois en liquide de complément de retraite prélevés sur la caisse du patronat de la métallurgie. Et ce jusqu’en 2007, date de la révélation publique des retraits suspects de l’UIMM.
Le magistrat cherche à connaître la destination de quelque 19 millions d’euros en espèces, retirés sous son autorité entre 2000 et 2007, d’une caisse de secours mutuel créées en 1972, l’Epim. Celle-ci avait vocation à soutenir les entreprises adhérentes ayant subi des préjudices lors de conflits sociaux.
Interrogé sur la destination de ces fonds, Gautier-Sauvagnac n’a pas livré le nom de l’ensemble des bénéficiaires. Il a cependant fourni au juge des explications sur la destination d’une partie de ces fonds en ce qui concerne le versement de complément de retraites à des personnes aujourd’hui décédées.
Enfin, il a cité les noms de deux bénéficiaires encore vivants, dont celui de François Ceyrac. Entré à l’UIMM en 1936, François Ceyrac, 95 ans, a présidé l’union de la métallurgie de 1969 à 1973, période durant laquelle a été créée, en 1972, la caisse Epim, aujourd’hui riche de 600 millions d’euros. Il présida également le CNPF (ancêtre du Medef) de 1972 à 1981.
Outre les compléments de retraite, Ceyrac réside depuis 1959 à titre gracieux dans une villa au Vésinet (Yvelines), appartenant au patrimoine immobilier de l’UIMM.
Denis Gautier-Sauvagnac commence à livrer des noms. Mis en examen depuis janvier dans l'affaire des retraits en liquide opérés sur les caisses du patronat de la métallurgie, l'ex-président de l'UIMM a été entendu pour la première fois sur le fond du dossier le 16 avril, par le juge Roger Le Loire.
dimanche 20 avril 2008
CDD ABUSIFS : Une filiale de l'Ifop dirigé par Laurence Parisot, la présidente du Medef condamnée aux prud'hommes.
Nouvel Observateur – 18/04/08
L'institut de sondage condamné La société Phone City, filiale à 100% de l'institut de sondage Ifop, a été condamnée jeudi par les prud'hommes pour des recours abusifs aux CDD, écrit Le Parisien/Aujourd'hui en France dans son édition du vendredi 18 avril.
Les faits condamnés remontent à une période courant jusqu'à janvier dernier, alors que l'Ifop était dirigé par Laurence Parisot, la présidente du Medef.
Les juges du tribunal de Créteil (Val-de-Marne) ont considéré que Phone City, une plate-forme téléphonique spécialisée dans la réalisation de sondages, avait recours à tort à des CDD à répétition, et a procédé à des licenciements abusifs. Les contrats à durée déterminée ont été requalifiés en CDI par la justice.
vendredi 18 avril 2008
Dati dans sa bulle
Libération vendredi 18 avril 2008
Françoise Cotta avocate, Nathalie Jaudel psychanalyste et Serge portelli magistrat.
Rachida Dati a un grand souci de son image, et multiplie les interviews. Mais pourquoi déteste-t-elle à ce point la contradiction ? Dimanche dernier, l’émission Ripostes, sur la 5, devait être consacrée au bilan de la Garde des Sceaux. L’équipe de Serge Moati nous a contactés. À l’issue de tractations délicates, Rachida Dati a refusé le juge et l’avocate, proposant des contradicteurs plus tendres. Serge Moati, dont nous saluons le courage, a préféré annuler l’émission plutôt que de se soumettre à de telles exigences.
La politique qu’elle met en œuvre mérite plus que jamais un vaste débat. Les réformes qui portent son nom depuis près d’un an traduisent un bouleversement non seulement de notre droit, mais surtout des principes fondamentaux de notre société. Sommes-nous fondés à détenir à vie des personnes estimées dangereuses une fois leur peine purgée ? Peut-on traduire devant un tribunal des malades mentaux déclarés inaccessibles à une sanction pénale ? Les enfants et les adolescents doivent-ils ou non faire l’objet d’une justice particulière ? Peut-on appliquer des peines automatiques aux récidivistes ? Comment répartir les tribunaux en France ? Comment concevoir la prison aujourd’hui ? De telles interrogations méritent un débat réel avec des interlocuteurs qu’on ne puisse soupçonner de complaisance.
Nous ne pouvons que regretter cette tentative de passage en force qui prive l’opinion d’un lieu de débat démocratique de qualité. Il faut dire que l’esprit de dialogue n’est pas le point fort de la ministre. Une fois enlevé son sourire conquérant, le style réel alterne agressivité et arrogance. On ne compte plus les groupes de travail qu’elle installe mais n’écoute pas. Celui sur la carte judiciaire en est l’illustration caricaturale. Inauguré en grande pompe, il n’a jamais fonctionné, la ministre préférant imposer autoritairement ses choix. Chacun connaît les raisons réelles des départs de ses conseillers : la désinvolture et la brutalité avec lesquelles elle les traite.
Si Rachida Dati a pour modèle absolu Nicolas Sarkozy, qu’elle aille jusqu’au bout d’une imitation qui a ses risques. Lui ne refuse pas le débat, si dur puisse-t-il être, même s’il tente parfois de choisir interlocuteurs et journalistes. Rachida Dati vit dans une bulle. Les récentes confidences qu’elle faisait, off, à une de ses amies, journaliste sur France 24, montrent qu’elle ne mesure pas son isolement et la réalité de la résistance à ses réformes. Ce n’est pas en refusant une fois de plus le dialogue qu’elle servira sa propre cause. Encore moins celle de la justice.
jeudi 17 avril 2008
Obsession
Libération - Editorial de Fabrice Rousselot –jeudi 17 avril 2008
A l’heure ou le Président appelle les ministres à la «loyauté», il n’a pas de souci à se faire avec Rachida Dati. C’est avec des accents sarkozystes que la Garde des Sceaux a mis en chantier la réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, grande obsession de son patron depuis 2002. Vidéo et chiffres à l’appui, la ministre s’est tout simplement rangée derrière un argument imparable : «l’attente de sécurité des Français». En clair, la délinquance chez les jeunes augmente, et «nous» (les Français) avons peur. Il faut donc faire quelque chose…
En période de couacs gouvernementaux, rien ne vaut de retirer sur les grosses ficelles de l’insécurité, thème porteur de la campagne de 2007. Mais cette réforme-là mérite mieux que la politique politicienne et la rengaine du tout-répressif. La chancellerie n’a pas fait secret de ses intentions et envisage un abaissement de l’âge minimum à partir duquel les mineurs peuvent se retrouver derrière les barreaux. Dans ces conditions, les inquiétudes exprimées par l’Unicef sont légitimes. Certes, l’ordonnance de 1945 doit être dépoussiérée et ne fixe pas le seuil de responsabilité de l’enfant, ce qu’il faut corriger. Mais, à en croire les professionnels, le texte offre toujours de nombreux outils aux juges pour des sanctions éducatives envers les mineurs. Comme à chaque fois, ce sont les moyens qui manquent pour les mettre en œuvre.
Une piste que la «Commission Dati» pourrait creuser, plutôt que de céder automatiquement aux sirènes droitières qui ne pensent qu’à jeter les jeunes en prison.
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«On n’investit que dans le répressif»
Recueilli par O.M.
Hélène Franco est secrétaire générale du Syndicat de la magistrature et juge pour enfants à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Constatez-vous une augmentation et un durcissement des délits de mineurs?
Non. Ce que je constate, c’est que des comportements qui autrefois auraient fait l’objet d’un rappel à l’ordre d’un professeur ou d’un parent se retrouvent aujourd’hui devant le juge. On voit arriver des bagarres de cour de récré. Si les chiffres augmentent, cela ne veut pas dire que la délinquance augmente, mais que le recours au juge est plus fréquent. Entre 2001 et 2006, la part de la délinquance des mineurs dans la délinquance globale a chuté de 21 à 18 %.
Pensez-vous que la délinquance des mineurs ressemble «de plus en plus» à celle des majeurs?
Non. On veut réformer l’ordonnance de 1945 car les enfants d’aujourd’hui seraient soi-disant plus dangereux. Mais en 1945, des bandes d’enfants violents récupéraient des armes de guerre, faisaient des attaques à main armée. Les mineurs aujourd’hui ne sont pas devenus «violents comme des majeurs». Leur mode de passage à l’acte reste spécifique. Quand ils récidivent, ce qui est rare, ce sont des spirales courtes, subites, souvent causées par un évènement (rupture familiale, scolaire). Ces spirales sont une demande d’aide, d’où l’importance de l’éducatif.
Doit-on améliorer la justice des mineurs?
Oui. Quand on ordonne une mesure éducative et que le jeune ne rencontre son éducateur que 4 à 6 mois plus tard, c’est désastreux. Il faut plus de moyens pour que les mesures éducatives soient appliquées.
Malheureusement, le ministère de la Justice, depuis 2002, n’investit que dans le répressif : construction de centres éducatifs fermés et d’établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM).
mercredi 16 avril 2008
Dati invoque "une attente" de sécurité des français pour réformer la justice des mineurs
PARIS (AFP) - 15/04/2008 17h13 TV5 Infos
Rachida Dati a installé mardi un groupe de travail chargé de réformer l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, invoquant "une attente" de sécurité des Français, à grands renforts de chiffres sur la hausse de la délinquance chez les adolescents.
"Les Français expriment des doutes sur l'efficacité de la Justice, pensent que certains jeunes échappent à la loi. (Réformer l'ordonnance de 1945) est une attente de Français", a lancé Mme Dati.
La garde des Sceaux a appelé à une "véritable refondation" de ce texte posant pour principe la primauté des mesures éducatives face aux mineurs délinquants, mais qui a aujourd'hui, selon elle, "perdu de sa pertinence, de son efficacité".
Elle a confié à une commission d'une trentaine de membres (avocats, magistrats, parlementaires de droite et de gauche, un sociologue, un pédopsychiatre) présidée par le juriste André Varinard le soin de lui remettre des propositions de réforme au plus tard le 1er novembre. "Des propositions tout à fait libres, modernes, respectueuses du nécessaire équilibre entre l'intérêt des enfants et la sécurité des Français", a déclaré la ministre à la Chancellerie.
Dans une vidéo projetée à la presse, venait d'être égrenée une impressionnante série de chiffres sur la progression de la délinquance des mineurs depuis soixante ans. En 2007, 18% des auteurs présumés d'infractions étaient des mineurs, et selon ministère, les condamnations de moins de 18 ans pour des violences volontaires ont augmenté de 150% entre 1997 et 2006. Pour les moins de 13 ans "on remarque un niveau élevé d'infractions sexuelles", a-t-on précisé.
En invitant la commission à s'interroger sur l'instauration d'un âge minimum de responsabilité pénale, la ministre a jugé "pas exempte de critiques" l'impossibilité de "condamner à une peine" un moins de 13 ans. Actuellement un juge ne peut prononcer pour les adolescents les plus jeunes que des "mesures ou sanctions éducatives", a-t-elle rappelé. André Varinard a renchéri sur le thème d'un texte "peu lisible" après 31 modifications en 63 ans. "La remise aux parents a-t-elle un véritable sens aujourd'hui pour des mineurs délinquants parfois auteurs d'une infraction grave?", s'est-il interrogé.
Si le constat d'une ordonnance peu cohérente est partagé par l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), son secrétaire national Christophe Regnard a regretté "un discours flou, digne du café du commerce". "On nous dit simplement que les mineurs sont plus dangereux qu'avant, il n'y a aucune hauteur de vue, aucune vision d'ensemble", a-t-il déclaré à l'AFP.
Dans la commission, aucun siège n'a été attribué aux représentants des syndicats de magistrats, d'éducateurs ou de policiers, a aussi dénoncé M. Regnard, à l'unisson sur ce point avec le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), le Syndicat national des psychologues, le SNPES-PJJ (affilié à la FSU) et les éducateurs CGT de la Protection judiciaire de la jeunesse.
Selon ces quatre derniers syndicats, les conclusions du groupe de travail "iront dans le même sens qu'un arsenal de lois plus sécuritaires les unes que les autres votées ces dernières années" : la loi Perben I de 2002 qui a instauré les prisons pour mineurs (EPM) et les centres éducatifs fermés, la loi Perben II de 2004 "qui a renforcé l'alignement de la justice des mineurs sur celle des majeurs", et la loi de 2007 sur les peines plancher qui permet d'écarter l'"excuse de minorité" pour les 16-18 ans jugés en récidive.
Une loi répressive de plus contre les mineurs et une nouvelle commission qui fait mine d'être utile à une décision déja prise...
La justice interdit la "prime anti-grève" à l'entreprise GT Logistics du site de Tarnos, dans les Landes
REUTERS : mardi 15 avril 2008 - Claude Canellas
BORDEAUX (Reuters) - La justice a interdit à l'entreprise GT Logistics du site de Tarnos, dans les Landes, d'accorder à ses salariés une prime de 1.000 euros, remboursable par ces derniers s'ils font grève.
Le juge des référés de Dax a annulé le "contrat de garantie de permanence de prestation" proposé par l'entreprise, a-t-on appris de source syndicale.
Le syndicat CFDT-Transports Aquitaine avait qualifié de "rachat du droit de grève" l'offre de cette filiale de Safran, qui emploie à Tarnos 94 salariés assurant la logistique du fabricant de moteurs d'hélicoptères Turboméca.
Dans son ordonnance, le juge souligne que le contrat en date du 12 février "équivaut à exercer une menace ou une pression sur chaque salarié qui ultérieurement en cas d'action de grève ou d'interruption du travail se verrait imposer une sanction pécuniaire".
Il estime que cette offre "constitue une atteinte manifeste au droit de grève des personnels ayant signé le document". GT Logistics a également été condamnée à verser 4.000 euros à la CFDT.
"Cette décision est une grande satisfaction pour nous. Elle confirme que ce contrat est bien une atteinte au droit de grève et elle évitera à d'autres entreprises de prendre cet exemple", a indiqué à Reuters Michel Audebert, secrétaire général de la CFDT-Transports.
Me André Guillemot, avocat de GT Logistics n'a pas dit si son client allait faire appel.
Le dossier reviendra à une date ultérieure devant les magistrats du Tribunal de grande instance de Dax qui auront à se prononcer sur le fond. Le conseil des prud'hommes, saisi par 43 salariés, doit également examiner cette affaire le 9 octobre.
GT Logistics emploie un peu plus de 500 salariés sur toute la France. Elle fait partie du Groupe GT (Générale de traction), dont le siège se trouve à Bassens dans la banlieue de Bordeaux, et qui comprend également GT Location et GT Santé. En 2007, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de près de 100 millions d'euros et employait plus de 1.200 salariés.
mardi 15 avril 2008
Justice sous pression - Dati annonce une remise à plat de l'ordonnance de 1945
NOUVELOBS | 14.04.2008 | 16:03
La garde des Sceaux, qui va installer mardi un groupe de travail, entend rendre le texte "plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent".
Rachida Dati , ministre de la Justice, a indiqué lundi 14 avril que le texte de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs serait "totalement remis à plat". La garde des Sceaux entend le rendre "plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent" avec l'évolution de la délinquance des mineurs.
Rachida Dati doit installer mardi à la Chancellerie un groupe de travail composé d'une trentaine de membres chargé de réfléchir à cette réforme et présidé par le juriste André Varinard.
Rachida Dati visitait aujourd'hui la "Maison des adolescents d'Avicenne", à Bobigny, une structure de soins pluridisciplinaires pour adolescents de 12 à 21 ans en souffrance psychique, où elle a assisté à la signature d'une convention de partenariat entre l'hôpital et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).
"Nous allons réécrire" et "codifier" ce texte, avec des renvois directs au code pénal, a-t-elle expliqué, ajoutant: "ce texte (qui pose le principe de la primauté des mesures éducatives) ne sera plus en dehors des codes qui existent".
"Nouvelles formes de délinquance" - Le groupe de travail pourrait notamment modifier les seuils de responsabilité pénale et de la majorité pénale. "Tout sera examiné avec discernement", a indiqué Rachida Dati en s'interrogeant sur le sens de la catégorie "jeune majeur" (18-21 ans), pour laquelle les mesures "marchent mal", sont "éparpillées" et "coûtent beaucoup d'argent".
La ministre a évoqué "les infractions à caractère sexuel", en "forte augmentation" parmi les "nouvelles formes de délinquance".
"C'est une réforme à contre-temps, il n'y a pas d'urgence à réformer l'ordonnance de 1945, où est l'aggravation ? La délinquance juvénile est en baisse depuis neuf mois", a dit de son côté Jean-Pierre Rosenzweig, le président du tribunal pour enfants de Bobigny, selon qui le problème est "l'organisation des moyens" et "la mise en oeuvre des mesures" décidées par les juges des enfants.
Le professeur Marie Rose Moro, responsable de la Maison des adolescents d'Avicenne, a quant à lui insisté sur la nécessité "de ne pas condamner trop tôt les adolescents" car "à l'adolescence, tout est encore possible, on peut transformer des parcours", a-t-elle estimé.

