mardi 25 septembre 2007
Marché noir autour de la Coupe du Monde
Ouest-France 23/09/07 - Agnès CLERMONT
Plusieurs centaines de billets pour la Coupe du Monde de rugby auraient été mises en vente illégalement. Un trafic détecté samedi, à Nantes.
Samedi, stade de la Beaujoire. Avant le match de rugby Angleterre-Samoa, le manège d'un acheteur alerte l'organisation. Bingo : plus qu'une revente à la sauvette, sans doute un véritable trafic.
Il avait réservé ses places via Internet. Jusqu'ici, tout va bien. Sauf qu'au guichet du stade de la Beaujoire, samedi, avant le début de la rencontre entre l'Angleterre et Samoa, l'homme ne passe pas inaperçu : le personnel remarque que l'acheteur a déjà plusieurs billets en sa possession.
Aussitôt, c'est l'alerte, explique Rémi Leonetti, directeur de la billetterie pour la Coupe du Monde de rugby : « On ne fait pas la chasse systématique à la revente à la sauvette. Mais il y a une différence entre le père de famille qui veut céder sa place et le marché noir. Lorsque des billets sont revendus plusieurs fois le prix, c'est un préjudice pour le spectateur. Pour cette raison, on s'efforce d'enrayer les fraudes. »
À Nantes, trois personnes ont été interpellées en flagrant délit, samedi : deux Indiens et un Norvégien âgés de 20 à 30 ans. En leur possession, de l'argent liquide et une cinquantaine de billets. Les trois suspects ont été déférés, hier, au parquet de Nantes.
Ce marché noir organisé autour de la Coupe du Monde pourrait trouver des ramifications ailleurs sur le territoire national. On parle de cinq cents billets en circulation, d'un site créé pour l'occasion avec des prix qui font la culbute, trois ou quatre fois supérieurs au tarif initial. Du côté de l'hôtel de police et du parquet de Nantes, silence total sur une affaire en cours d'élucidation.
Jusque-là, précise Rémi Leonetti, aucun trafic n'avait affecté l'organisation de la Coupe du Monde 2007. Qui a installé plusieurs filtres pour empêcher les reventes illégales. Achat limité à six billets par personne et par matchs, deux seulement pour certaines rencontres. Avec, certes, quelques tentatives : « Il y a deux ou trois mois, nous avons eu affaire à un début de réseau. Très vite, nous avions alerté la brigade de répression de la délinquance astucieuse. Tout était rentré dans l'ordre. »
Rappelons qu'une loi de juin 1919 interdit la revente de billets par toute personne non homologuée, « y compris pour un seul exemplaire, explique Loïc Le Gac, directeur de la société Satori. C'est vrai que ces pratiques ont beaucoup augmenté avec Internet. Mais elles sont illégales. »
lundi 24 septembre 2007
L’intrusion du pouvoir politique dans l’environnement des bleus perturbe les amateurs de rugby
Par S.L. Libération 24 septembre
En anticipant la nomination de Bernard Laporte au poste de secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Nicolas Sarkozy a sans doute flatté l’ego de tous les gros pardessus de la fédération, mais il n’a sûrement pas rendu service à l’ensemble du rugby français.
Car désormais, de la lecture de la lettre de Guy Môquet, aux déclarations d’après match de ce même Laporte, vendredi, devant la presse internationale interloquée (« ce soir nous avons été grands, comme le président de la république ! »), en passant par l’omniprésence gouvernementale dans les vestiaires du Stade de France comme au centre d’entraînement de Marcoussis (Essonne), la confusion des genres est à son comble.
Schizophrène. Et l’amateur de rugby se trouve aujourd’hui tiraillé entre le désir de soutenir inconditionnellement son équipe qui, contre l’Irlande a superbement construit son succès, et la tentation de rejeter celle-ci car trop étiquetée Sarkozyste. Le rugby français est donc devenu schizophrène. Ce qui explique peut être ses résultats en dents de scie.
vendredi 21 septembre 2007
Dérives du foot business: Platini en appelle à Sarkozy. A tort ?
RENAUD LECADRE - Libération jeudi 20 septembre 2007
Michel Platini, le président de l'UEFA, a envoyé une lettre à tous les chefs d'Etats de l'Union européenne en vue de «protéger le football d’un mercantilisme qui l’assaille de toutes parts». Mais Sarkozy ne partage sans doute pas cette inquiétude...
Michel Platini vient d’écrire, en tant que président de l’UEFA, une lettre à tous les chefs d’Etats de l’Union européenne, lettre que Libération s'est procurée. Un véritable appel au secours en vue de «protéger le football d’un mercantilisme qui l’assaille de toutes parts.»
La lettre de Michel Platini à Nicolas Sarkozy (format PDF).
Ce n’est pas la première fois que Platini dénonce les dérives du foot business, mais d’ordinaire, les responsables des fédérations internationales (UEFA et FIFA), jalouses de leur indépendance vis-à-vis du pouvoir politique ou judiciaire, préfèrent gérer entre eux leurs petites affaires.
Nicolas Sarkozy a bien reçu sa missive. Michel Platini a-t-il frappé à la bonne porte? Sarko, supporter assidu du PSG, n’aime pas qu’on dise du mal de son sport préféré. Le juge Renaud Van Ruymbeke, en charge du dossier des transferts douteux du PSG, en sait quelque chose.
En 2000, RVR croise Sarkozy à l’occasion d’un colloque à l’Ecole nationale de la magistrature (l’anecdote est doublement racontée, par Sarkozy dans «Libre», aux éditions Robert Laffont, par RVR dans «le Juge», aux éditions Privé). Ils devisent ballon rond. Van Ruymbeke: «J’aimais le football avant qu’il n’y ait toutes ces histoires d’argent qui ont fini par tout pourrir.»
Commentaire de Sarkozy: «Sa répartie me stupéfia proprement. Une telle aversion pour les «histoires d’argent» est singulière. Un magistrat instructeur doit poursuivre et dénicher la malhonnêteté avec équité et mesure.» Bon courage à Platini...
samedi 15 septembre 2007
Coupe du monde de Rugby : Heineken, le parrain qui dérange
Le juge des référés a estimé que le parrainage de la Coupe du monde de rugby par le brasseur était en contradiction avec la loi Evin de 1991. Il a ordonné vendredi le retrait de la voie publique et des débits de boissons de toutes les publicités Heineken relatives à la Coupe du monde de rugby.
On ne devrait plus voir de publicité Heineken sur la Coupe du monde de rugby, ni sur la voie publique, ni dans les débits de boissons. Un juge des référés de Paris a ordonné vendredi leur retrait, estimant que le parrainage de la Coupe du monde de rugby par le brasseur était en contradiction avec la loi Evin de 1991, qui interdit la promotion de l'alcool lors de manifestations sportives.
Le juge "fait injonction de retirer ce matériel publicitaire dans les 48 heures qui suivent la signification de l'ordonnance, sous astreinte provisoire de 5 000 euros par infraction constatée", écrit le juge dans son ordonnance. La société Heineken a la possibilité de faire appel de cette ordonnance. Aucune décision n'était connue en début d'après-midi.
Sportifs de haut-niveau, une voie royale pour entrer en politique
Marine Aubonnet La Tribune - 13/09/07
Maud Fontenoy pourrait intégrer le gouvernement comme secrétaire d'Etat avant les municipales de 2008. Si cette information, révélée hier par lepoint.fr, était avérée, la navigatrice de 28 ans accèderait en un battement de cil aux plus hautes sphères de l'Etat. A l'instar de l'ENA, les stades et les records sportifs apparaissent comme un ascenseur pour le pouvoir politique.
La présence aux côté de Nicolas Sarkozy lors de l'ouverture du mondial de Rugby de l'aventurière, qui a traversé l'Atlantique à la rame en 2003, alimente la rumeur. Le site Internet du Point avance que Maud Fontenoy serait nommée secrétaire d'Etat au début de l'année prochaine, à l'occasion du prochain remaniement ministériel. L'hebdomadaire ne précise pas dans quel ministère la jeune femme de 28 ans serait intégrée.
Comme pour beaucoup d'autres anciens champions, le cabinet actuellemement dirigé par Roselyne Bachelot pourrait embaucher la navigatrice. Le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports s'apprête déjà à accueillir Bernard Laporte. L'ancien joueur de rugby et actuel entraîneur du XV de France devrait y occuper le poste de secrétaire d'Etat aux Sports à partir d'octobre prochain (et ce quelque soit les résultats des rugbymen tricolores au mondial, d'après l'Elysée).
Si Roselyne Bachelot n'a pas eu de carrière sportive officielle, beaucoup de ses prédécesseurs se sont d'abord illustrés dans les stades avant d'entrer en politique. Jean Borotra a ouvert la voie. Le tennisman au palmarès qui donne la nostalgie (vainqueur de Roland Garros et de six Coupes avec les trois autres "mousquetaires"...) était commissaire général à l'Education et aux Sports sous le régime de Vichy. Le "Basque bondissant" a aussi conseiller les gouvernements gaullistes pendant les années 1960.
D'autres champions ont ensuite pris le relais comme ministres des sports : l'alpiniste, vainqueur de l'Annapurna dans l'Himalaya, Maurice Herzog de 1963 à 1966, Alain Calmat, ancien champion du monde de patinage artistique, de 1984 à 1986, le sprinter Roger Bambuck de 1988 à 1991, le specialiste du 110 mètres haies Guy Drut de 1995 à 1995 et le double champion olympique d'escrime Jean-François Lamour de 2002 à mai 2007.
Les grands sportifs investis en politique n'interviennent pas que dans les ministères. Les partis politiques s'empressent de s'assurer leurs soutiens. Leur objectif est de s'approprier leur potentiel communicatif. Pendant la campagne pour l'élection présidentielle en mai dernier, Nicolas Sarkozy a jugé nécessaire de s'attirer les faveurs de nombreux champions: Richard Virenque, Henri Leconte, Alain Prost entre autres ...
Sa rivale Ségolène Royal,quant à elle, a acquis à sa cause Yannick Noah. Pour Frédéric Bolotny, économiste au Centre du droit et de l'économie du sport de Limoges, "les sportifs sont devenus les acteurs des années 1950 et les mannequins des années 1980". Le chercheur estime que, depuis environ 10 ans, le sport jouit d'une reconnaissance inédite en France.
Cette popularité récente a encouragé certains athlètes à se lancer en politique par la voie des urnes. Aux dernières législatives, par exemple, le judoka Djamel Bouras a ainsi porté les couleurs du Modem dans la circonscription de Seine-Saint-Denis.
Champions ou non, les valeurs incarnées par le sport inspirent les hommes politiques. Le lancement du mondial de l'ovalie a enflammé Laurent Wauquiez. "Le rugby est un sport de voyous pratiqués par des gentlemen; la politique est un sport de voyous pratiqué par des voyous" a récemment lancé le porte-parole du gouvernement.
Lamentable et indigne de la part d’un porte-parole gouvernemental et auquel ses électeurs ont fait confiance…
Rugby: TF1 privée de vestiaires par Bernard Laporte
20 Minutes 14/09/07
Syndrome télé-réalité dans le XV de France. Les Bleus ont demandé à ce que les images tournées dans son vestiaire par TF1 avant ses matches de Coupe du monde, à la mi-temps et après les rencontres, ne soient plus diffusées dans la foulée.
«Ça a été une volonté des joueurs», a expliqué l'entraîneur Bernard Laporte. «Certains sont inhibés par la caméra, car ils savent qu'après ce sera exploité. A partir du moment où ça nuit à notre performance, on dit non.» «Certains joueurs ont été un peu choqués que des images sortent le lendemain du match, a précisé le capitaine Raphaël Ibanez. Pour ma part, ce n'est pas un inconvénient majeur, mais par souci de rester nous-mêmes et de préserver l'intimité du groupe, nous avons pris cette décision. Rien n'empêche la présence de caméras dans la mesure où on sait qu'un documentaire peut sortir après la Coupe du monde.»
L'attaché de presse du XV de France Lionel Rossigneux a souligné que la "caméra embarquée" de TF1 aurait toujours accès au vestiaire, mais que la chaîne ne diffuserait plus immédiatement les images de la mi-temps. Elle pourra le faire en revanche dans un documentaire après la compétition, qui est en projet selon une source proche du dossier. Charles Villeneuve, directeur des sports de TF1, affirme au contraire que ce n'est pas d'actualité. Disons que ça dépend du résultat...
jeudi 13 septembre 2007
Bernard Laporte à déçu Sarkozy après la défaite des bleus
Le Canard Enchaîné mercredi 12 septembre
Sarko est très déçu et peu optimiste sur les chances du XV de France d'aller en finale et même en demi, alors qu'il comptait sur la Coupe du monde de Rugby pour redonner "un peu d'euphorie" aux français et "booster la croissance". Mais le chef de l'état a néanmoins fait savoir à ses troupes qui gardent un gros doute que ""Laporte sera ministre le 21 octobre, quelque soit le résultat de la France".
On n’avait jamais vu ça : un secrétaire d’Etat nommé tout ce qu’il y a de plus officiellement, sur le perron de l’Elysée, mais nommé sans l’être vraiment, nommé à l’avance, un ministre virtuel pour tout dire, tant qu’il n’aurait pas fini son job et liquidé ses prestations publicitaires. Bernard Laporte, sélectionneur de notre équipe nationale de rugby est donc un ministre en devenir, une chrysalide sportive promise au sort de papillon gouvernemental.
"Cette défaite n'était pas prévue au programme, a ajouté le président. C'est un coup dur sur le plan politique. Etre le président d'une France qui gagne, ça peut aider".Et de s'interroger sur la suite de la compétion et de ses conséquences possibles.
"J'espère que l'on ne va pas finir trop minable. Quelle sera l'autorité de Laporte comme ministre des Sports si cela tourne mal ? On ne peut pas demander à Juppé de démissionner après une défaite aux législatives et garder au gouvernement un sélectionneur d'une équipe qui a connu la Bérézina. Sauf miracle, il n'y a que des emmerdements en erspective".
A ce point, Sarko s'est franchement marré : "On risque de devoir choisir entre deux maux : avoir un ministre des Sports discrédité ou, pire, conserver ce poste à Roselyne Bachelot".
Qui sait ? Si Roselyne avait entraîné l'équipe de France, les Coqs auraient peut être battu les Pumas !


