samedi 6 septembre 2008
Football : les salaires de la L1 ont bondi de 16%
par Nicolas Stiel, grand reporter à Challenges, le vendredi 5 septembre.
Toujours plus. Le salaire mensuel en Ligue 1 est passé de 41.000 euros la saison dernière à 47.000 euros. Un bond de 16% ! Les footballeurs du Championnat anglais gagent encore 3 fois plus que les Français, mais l’écart se resserre.
Cette augmentation est due, bien sûr, à la manne des droits télés. On se souvient que, lors du renouvellement des droits, Canal, qui avait déboursé 600 millions d’euros, s’était plaint de la faiblesse du championnat. En clair, les clubs avaient pris l’argent, avaient, pour certains, modernisé leurs infrastructures, mais ne s’étaient pas préoccupés du spectacle.
Cette saison, ils l’ont pris en compte. Le mercato, qui s’est achevé le 1er septembre, montre que les clubs de L1et L2 ont pour la première fois dépensé plus de 200 millions d’euros. Résultat, non seulement les stars (Karim Benzema, Hatem Ben Arefa, Bafetimbi Gomis) ne sont pas parties à l’étranger comme on le craignait, mais plusieurs internationaux sont revenus dans la mère patrie (Claude Makelele, Ludovic Giuly, Yoann Gourcuff).
Evidemment, tout cela a un prix. D’après L’Equipe, le PSG paie 320.000 euros par mois Makelele et 220.000 euros Giuly. Il reste à conclure ce "cercle vertueux". Les vedettes doivent maintenant "livrer", c’est-à-dire faire le spectacle, ce qui aura pour conséquence d’amener plus de fans au stade et devant leurs écrans. Alors, Canal et Orange, les deux diffuseurs de la F1, ne regretteront pas les 668 millions versés.
le pouvoir d'achat qui augmente de 16 % et plus en un an ... ça fait rêver
mardi 2 septembre 2008
Enquête : « Comment truquer un match de foot ? »
Le Soir – Belgique - lundi 01 septembre 2008
Du 8e de finale de la Coupe du monde 2006 entre le Brésil et le Ghana à un obscur match d’un championnat de jeunes en Ecosse, le journaliste et universitaire canadien Declan Hill en est persuadé : le football est en danger, menacé par les mafias du jeu et la corruption.
Quatre ans après l’affaire Robert Hoyzer, du nom de cet arbitre acheté pour influencer les résultats de plusieurs matchs du championnat d’Allemagne, le football allemand est peut-être confronté à une nouvelle affaire de corruption et de manipulation de résultats.
Alerté par Declan Hill, auteur du livre « Comment truquer un match de foot ? », les journalistes du magazine Der Spiegel ont enquêté sur d’étranges mouvements autour de 2 matchs de Bundesliga 2004-05. Ils ont mis au jour un réseau de paris organisé par William Bee Wah Lim, condamné en 2007 à 2 ans et 5 mois de prison par le tribunal de Francfort pour tentative de manipulation, déjà dans le football, peine qu’il ne purge pourtant pas, puisqu’il a disparu dans la nature. Le 26 novembre 2005, ce Malaisien aurait parié un million d’euros sur une victoire d’Hanovre dans le match opposant ce club à Kaiserslautern. La large victoire d’Hanovre (5-1) lui aurait rapporté 2,2 millions d’euros.
L’Allemagne rattrapée par la manipulation ?
Le résultat de son enquête paraît mercredi en France sous le titre « Comment truquer un match de foot ? » (Editions Florent Massot, 443 pages, 21,90 euros) et son message ne prête guère à l’optimisme.
« Le football court un danger très, très sérieux (…) car les hommes qui ont détruit certains championnats en Asie sont en train de débarquer en Europe » affirme Hill lundi, lors de la présentation de son livre à Berlin. Ce docteur de l’université d’Oxford, spécialisé dans le crime organisé, assure avoir rencontré l’un des parrains de la mafia asiatique du jeu, un homme qu’il désigne sous un nom fictif, Lee Chin.
Lors d’une de leurs rencontres à Bangkok en novembre 2005, Lee Chin répond à ses questions tout en menant ses affaires au téléphone. A l’issue d’un de ces coups de fil, il assure Hill que des intermédiaires étaient en train d’approcher des joueurs du Ghana en vue de la Coupe du monde 2006. Deux jours avant le 8e de finale entre le Brésil et le Ghana, ils se parlent à nouveau : « Il m’a dit que le Ghana allait perdre avec au moins deux buts d’écart », rappelle-t-il.
« Magasin de bonbons »
Après une belle résistance, le Ghana s’incline finalement 3 à 0 devant la Seleçao : Au cours de ses investigations, Hill rencontre Stephen Appiah, un joueur ghanéen, qui reconnaît avoir été en contact avec des organisateurs de paris : « Les intermédiaires sont constamment là dans tous les tournois. Moi, j’ai reçu de l’argent deux fois lors du Mondial-1997 des moins de 20 ans et les JO-2004. Pas pour perdre mais pour gagner », explique-t-il calmement à son interlocuteur.
Cette industrie génère « plusieurs milliards de dollars de chiffres d’affaires » en Asie, s’inquiète Hill qui a demandé à ses avocats de faire suivre à la justice enregistrements et photos étayant ses accusations « s’il devait m’arriver quelque chose ou à un membre de ma famille ».
« Le football européen est comme un magasin de bonbons, dont les portes seraient grandes ouvertes pour ces organisations », prévient-il. « Tous les championnats professionnels nord-américains ont des services de sécurité avec des policiers de haut rang en charge de la surveillance du crime organisé. Pas la fédération allemande, l’UEFA ou la Fifa », rappelle Hill.
Du 8e de finale de la Coupe du monde 2006 entre le Brésil et le Ghana à un obscur match d’un championnat de jeunes en Ecosse, le journaliste et universitaire canadien Declan Hill en est persuadé : le football est en danger, menacé par les mafias du jeu et la corruption. Pendant trois ans, Hill a enquêté dans les coulisses les moins reluisantes du sport le plus populaire du monde, celles des mafias asiatiques qui parient d’énormes sommes d’argent sur des matches suivis par une dizaine de spectateurs en Ecosse ou Finlande, celles des intermédiaires qui paient des joueurs pour qu’ils « lèvent le pied ».jeudi 28 août 2008
Pas de clôture des JO pour les athlètes chinois

mercredi 27 août 2008
La Chine va allouer 2,6 millions de dollars à ses médaillés d'or
[ 26/08/08 - 07H17 - reuters ] Les Echos
PEKIN (Reuters) - Le gouvernement chinois va consacrer au total l'équivalent de plus de 2,6 millions de dollars pour récompenser ses athlètes qui ont remporté des médailles d'or aux Jeux olympiques de Pékin, ont rapporté mardi les médias chinois.
Chaque athlète ayant remporté une médaille d'or recevra 350.000 yuans (exemptés d'impôts), soit un peu plus de 51.000 dollars, écrit le journal Beijing News, citant Xiao Shan, directeur adjoint de l'Administration générale du sport.
La Chine a ravi 51 médailles d'or aux JO, plus que n'importe quel autre pays.
Cette récompense est de 150.000 yuans supérieure à celle touchée par chaque médaillé d'or chinois aux JO 2004 à Athènes, et considérablement plus que les 6.000 yuans qu'avaient reçus les médaillés chinois en 1984 à Los Angeles. Au cours de ces JO d'été, la Chine avait remporté 15 médailles d'or.
Plus motivant que la biographie de Pierre de Coubertin !
lundi 25 août 2008
JO : combien vaut une médaille ?
Challenges.fr – 21/08
Les Français touchent 50.000 euros par médaille d'or, contre "seulement" 25.000 dollars pour l'américain Michael Phelps, grande star de ces Jeux.
Entre 35 et 40 médailles d'or, d'argent et de bronze: tel sera le bilan de la France aux Jeux olympiques de Pékin.
Mais combien valent ces breloques? Composée, d'après la charte olympique, d'au moins 92,5% d'argent pur et de 6 grammes d'or, une médaille d'or vaut un peu plus de 200 dollars, soit 150 euros. Et donc beaucoup moins que ce que touche l'athlète qui la remporte, qui reçoit notamment une prime de son comité olympique national…
Des primes "modestes" pour les Américains
Une somme qui varie grandement d'un pays à l'autre. Ainsi, les primes françaises sont plutôt généreuses : 50.000 euros pour l'or, 20.000 pour l'argent et 13.000 pour le bronze.
Il ne fait pourtant pas toujours forcément bon venir d'un pays qui accumule les podiums: ainsi, les Américains touchent "seulement" 25.000 dollars par médaille d'or, 15.000 dollars par médaille d'argent et 10.000 dollars par médaille de bronze. Le Canada, lui, qui récompense pour la première fois ses athlètes, verse 20.000 dollars canadiens pour l'or, 15.000 pour l'argent et 10.000 pour le bronze.
De son côté, la Russie s'est voulue ambitieuse, puisqu'elle a doublé les primes traditionnellement attribuées, qui passent de 50.000 à 100.000 euros pour un titre olympique.
La Géorgie casse sa tirelire
A noter enfin que certains petits pays peu pourvus en médailles ont décidé de casser leur tirelire: la Géorgie versera 715.000 dollars par médaille d'or, Singapour 500.000 euros et la Malaisie, qui n'a jamais remporté de titre aux Jeux, 200.000 dollars. Avant Pékin, ces deux derniers pays n'avaient encore jamais remporté de médaille d'or, et ne comptaient toujours aucune médaille d'or le 20 août, alors qu'un judoka et un lutteur géorgien avaient déjà décroché le jackpot de 715.000 dollars.
Le pays hôte, enfin, offre 250.000 yuans (un peu plus de 35.000 dollars) par médaille d'or, mais la totalité des gains qu'un athlète chinois peut attendre de sa victoire (autres primes et sommes versées par les sponsors comprises) est estimée à plus d'un million de dollars.
"Monétiser" ses succès
Au-delà de ces primes, l'essentiel pour les athlètes est la façon dont ils arrivent à "monétiser" leurs médailles après les Jeux, notamment auprès de sponsors ou des médias. C'est ce qu'avait par exemple réussi Laure Manaudou, triple médaillée à Athènes (dont un titre). La championne bénéficie de contrats avec de nombreux sponsors (EDF, Lancel, Lastminute…) et a signé un contrat de mécénat avec Artemis, la holding de François Pinault, à hauteur de 1 million d'euros par an sur cinq ans.
Mais aucun des autres athlètes français médaillés à Athènes n'a réussi cette "performance", car elle dépend de nombreux critères: la médiatisation de la discipline, la personnalité et l'âge du champion (plus il est jeune, plus il est facile de "parier" sur lui pour d'autres JO)… Les revenus de Laure Manaudou restent eux-mêmes inférieurs à ceux des sportifs français les mieux payés: en 2007, elle s'est classée 29e du palmarès établi par L'Equipe, dont les premières places sont trustées par les footballeurs.
Phelps, l'homme qui valait un milliard
Une chose est sûre, l'athlète majeur des ces JO, aussi bien sur le plan sportif que financier, restera l'américain Michael Phelps. Le nageur, qui a de très nombreux sponsors (Visa, Omega, AT&T, Kellogg…), va en effet recevoir 1 million de dollars de son équipementier Speedo, puisque, avec huit titres, il est parvenu à battre le record de sept médailles d'or établi par Mark Spitz aux JO de 1972.
Les experts en marketing font déjà de lui "l'homme à un milliard de dollars": "il est le plus grand athlète olympique du monde et il pourra remporter de l'argent n'importe où, c'est une marque internationale", explique l'agent de stars australien Max Markson. "Il n'aura jamais plus à travailler de sa vie, il peut en vivre pour 50 ans".
C'en est bien fini de l'amateurisme. On en oublierait presque que l'essentiel "c'est de participer"
lundi 18 août 2008
Les chevaux aux JO: 218 chevaux des compétitions olympiques d'équitation vivent dans un luxe presque indécent.
HONG KONG (AFP) - 17/08/2008 – Tv5 Infos
Alors que les 7 millions d'habitants de Hong Kong se serrent dans des appartements trop petits dans une ville où la densité de population est l'une des plus fortes du monde, les 218 chevaux des compétitions olympiques d'équitation vivent dans un luxe presque indécent.
Les organisateurs n'ont pas lésiné sur les moyens pour offrir à ces athlètes à quatre pattes le plus grand confort. Le Hong Kong Jockey Club (HKJC), qui a le monopole de toutes les activités hippiques dans cette ville fondue de courses de galop, a dépensé pas moins de 150 millions de dollars (environ 100 millions d'euros) pour les installations ultra-modernes accueillant les Jeux.
Les épreuves d'équitation se déroulent à Hong Kong, à quelque 1900 km de Pékin, car la Chine n'offrait pas toutes les garanties pour préserver des maladies des chevaux, dont les meilleurs valent parfois des millions de dollars. Outre un parcours de cross, dont le coût est évalué à 30 millions de dollars (20 millions d'euros), et une arène centrale à côté du champ de course de Shatin, le HKJC a construit des installations dernier cri pour accueillir les chevaux.
Dans des "écuries six étoiles", comme les appelle fièrement le HKJC, ils disposent de l'air conditionné, de distributeurs automatiques d'eau, de planchers et de murs matelassés pour éviter les blessures, et de rideaux spéciaux au-dessus des portes pour empêcher l'air chaud d'entrer. Quatre zones de rafraîchissement ont également été installées, avec des ventilateurs électriques qui projettent des gouttelettes d'eau à 6°C pour refroidir des animaux guettés par le coup de chaleur.
Le climat chaud et humide de Hong Kong (entre 27 et 34°C en été, et un taux d'humidité de 90%) est en effet la principale préoccupation des organisateurs qui ont amélioré les dispositifs de rafraîchissement, tirant les leçons d'une compétition de rodage en août 2007. "Vous pouvez voir combien les chevaux se plaisent ici, ils sont détendus", commente Chris Riggs, le responsable des services vétérinaires du HKJC, en faisant visiter les installations.
Des unités mobiles de rafraîchissement étaient même prêtes pour le cross, la compétition la plus à risque, mais le climat rafraîchi après la tempête tropicale qui a touché la ville a permis à l'épreuve de se dérouler dans de bonnes conditions, sans la moindre blessure grave pour un cheval ou un cavalier.
Tout a également été prévu en cas de pépins de santé, avec une clinique chevaline ultra-moderne où le cheval suédois Keymaster, victime d'une fêlure, a été opéré par l'Américain Jack Snyder, le responsable des services vétérinaires olympiques.
L'établissement dispose aussi d'appareils à rayons X et à ultra-sons pour des examens médicaux, ainsi que du premier laboratoire antidopage pour chevaux de l'histoire des Jeux. "Pour un cheval malade, c'est le meilleur endroit pour se faire soigner", juge un propriétaire de chevaux. Deux maréchaux-ferrants anglais et treize installations d'entraînement sont également à disposition des chevaux.
Le Jockey Club a enfin installé une usine pour recycler les tonnes de déchets produits par les chevaux, conformément aux engagements des dirigeants chinois d'organiser des Jeux "verts".
Au 21 août, à l'issue du programme olympique, toutes ces installations serviront au très lucratif business des courses de chevaux du Jockey Club.
jeudi 14 août 2008
Et si le CIO s’occupait de sport
Par André Gavillet 13/08/08 – Actualités Suisse - Domaine public
L'olympisme peut-il être autre chose que le super-meeting de championnats du monde simultanés?
Il y a quarante ans, c’est-à-dire hier, le CIO prétendait défendre et illustrer l’éthique sportive. Non seulement par la fraternité née des concours, mais aussi par le désintéressement. N’étaient admis aux Jeux que les athlètes pour qui le sport n’était pas un métier ou la source principale de leurs revenus.
Sous l’ère Samaranch, l’amateurisme a cessé d’être une exigence. Parce que la publicité, le sponsoring, la télévision avaient donné une nouvelle dimension au sport de haut niveau. Parce que beaucoup de régimes, autoritaires et mêmes démocratiques, pour magnifier leur image, entretenaient leurs athlètes de pointe comme des professionnels fonctionnarisés. Parce que le CIO lui-même tirait un profit gigantesque, à l’échelle des Jeux, des droits de reproduction des compétitions.
L’amateurisme comme garant de l’éthique sportive a vécu ou survit à peine dans des disciplines discrètes comme le tir à l’arc. Mais par quoi le remplacer si l’on veut que les Jeux ne soient pas le super-meeting de championnats du monde simultanés ?
Deux gymnastes chinoises
Avant même que commencent les concours, on a pu les découvrir à la télévision, le président Hu Jintao ayant tenu à les encourager au cours de leur entraînement. Deux gymnastes chinoises par leur taille, leur poids, leur structure osseuse correspondaient parfaitement à ces enfants-oiseaux adaptés aux vols qu’exigent les engins de la gymnastique. Et, on le sait, cette particularité physique s’obtient par un surentraînement qui bloque et la croissance et la puberté.
Alerté, le CIO élude, en rappelant qu’il appartient aux Fédérations de faire respecter les règles qu’elles-mêmes érigent. En l’occurrence, l’interdiction de concours avant l’age de 16 ans.
En soi, cette mesure est déjà insuffisante. On ne se présente pas à ce niveau de compétition sans un entraînement intensif de plusieurs années. C’est donc bien avant dix ans que ces enfants sont embrigadées. Interpellée, la Fédération internationale de gymnastique a affirmé avoir reçu des assurances, état civil à l’appui.
Comment attendre du CIO qu’il soit le défenseur des Droits de l’Homme, si, dans son domaine, il ne fait pas respecter les droits de l’Enfant ?
Les Impasses
L’olympisme a atteint ses limites. Le constat est banal. D’abord le gigantisme des jeux. Seules quelques capitales ou mégapoles peuvent prétendre être villes organisatrices Le surdimensionnement exclut une véritable fraternisation des athlètes et surtout on a passé des disciplines classiques à la participation de tout ce qui est compétition sportive. De l’athlétisme au sport. Deuxième limite, celle du plafonnement des records, l’homme atteignant le seuil des performances qu’autorise sa physiologie.
Questions essentielles qui justifieraient la réunion d’un « conclave » : qu’est-ce que le sport ? Qu’est-ce que la performance naturelle ? et, selon la réponse donnée, qu’est-ce que l’olympisme ?
CIO et Fédérations
Les membres du CIO sont cooptés. Ce mode d’élection soustrait l’institution aux pressions politiques. Ce peut être une garantie d’indépendance. Mais la cooptation a les tares de l’endogamie. On reste entre soi. Les présidents des grandes fédérations sont membres du CIO et, une fois choisi, électeurs du président.
Toute réforme devra donc aussi être institutionnelle, rompant la cogestion Fédérations-CIO. Si le CIO veut promouvoir une nouvelle conception de l’olympisme, corrigeant les fléaux actuels cumulés du chauvinisme national et de l’argent, il devra l’imposer aux Fédérations, non pas comme modèle de leur propre organisation, qu’elles sont libres de décider, mais comme condition de participation aux Jeux. Pour participer, il ne suffira plus de répondre à des exigences sportives ordinaires, mais des exigences « olympiques », qui donneraient un sens nouveau au slogan « l’important n’est pas de gagner, mais de participer ».
Un remaniement ministériel après les JO ??

La France manque de médailles d'or mais elle a Roselyne Bachelot. Ca vaut toutes les breloques. Car elle est unique, Roselyne, comme ministre des Sports. D'abord elle est d'une obséquieuse politesse devant la puissance invitante et elle réconcilierait la France avec n'importe quel chinois remonté contre le coq gaulois.
Roselyne ne mégote pas, qui s'est dit "extrêmement riche d'émotions et d'admiration devant l'impeccable organisation chinoise, une expression de puissance sans arrogance". Si, après ça, Hu Jintao ne commande pas deux petites centrales nucléaires supplémentaires à Sarko...
Elle s'amuse Roselyne, qui prétend à elle toute seule redonner le moral aux français accablés par les mauvais indices. Tant qu'on a la santé, qu'importe le revers de médaille. Avec son bagoût, elle écrase tout. Elle a déja réussi à clouer le bec à son secrétaire d'Etat aux Sports, dont personne n'entend plus parler. Il a honte, Laporte ?
J.-M. Th. Le Canard Enchaîné du 13/08/08
vendredi 8 août 2008
Les Chinois de Paris parlent peu de JO trop politisés à leur goût
TV5MONDE PARIS (AFP) - 07/08/2008 09h11
A la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, les Chinois interrogés à Paris et dans sa banlieue se livrent avec parcimonie sur cet événement international trop politisé à leur goût, souvent embarrassés par l'image donnée de la Chine par les médias.
Aucune animation particulière ne semble prévue pour la cérémonie d'ouverture, dont beaucoup de Chinois et Français d'origine chinoise ignorent encore la date exacte, et les commerces n'arborrent aucun signe distinctif aux couleurs des JO dans les quartiers de Belleville, des Olympiades (XIIIe arrondissement) ou à Lognes (Seine-et-Marne).
"Ca ne les intéresse pas. Même entre Chinois, on n'en parle pas", assure Li Wen, 31 ans, directeur de l'association Hui Ji d'aide et accueil aux migrants chinois, ajoutant toutefois en guise d'explication que "c'est un sujet qui a été très politisé".
"Certains voudraient peut-être s'afficher, mais ont peur de la réaction des Français", avance un ancien restaurateur cantonnais de 67 ans, interrogé sur l'invisibilité des JO dans les commerces chinois.
Lui même se dit très "fier" de ces jeux qui verront peut-être pour la première fois la Chine l'emporter, mais apprécie peu le mélange entre sport et politique. Il reproche d'ailleurs à Nicolas Sarkozy d'avoir "lié sa venue à des enjeux politiques".
Fanny, serveuse de 22 ans née en France mais originaire de Hong Kong "n'a pas la fibre nationaliste" et suivra "ces JO comme les autres". David, fonctionnaire de 33 ans, français d'origine sino-vietnamo-cambodgienne, se dit "un peu détaché de l'événement". Pour le président de Hui Ji, Richard Beraha, le relatif silence de cette communauté - notamment des commerçants qui ont pignon sur rue - s'explique d'une part par le fait qu'ils travaillent beaucoup, d'autres part par une certaine vexation ressentie après les attaques médiatiques contre leur pays sur les questions des droits de l'Homme et du Tibet.
"L'image de la Chine donnée par les médias ici est plutôt mauvaise pourtant au niveau économique, c'est bien!", estime Im, 42 ans, propriétaire d'un tabac-presse, qui ironise: "les droits de l'Homme, c'est le mot magique des politiques". "Au moins, ils (le gouvernement chinois, ndlr) ont le cran de faire ce qu'ils font, et il y a moins de voleurs là-bas", affirme-t-il.
Et son employé Ly Tony de renchérir:"les droits de l'Homme, c'est bien mais en France les gens abusent: ici, vous pouvez voler sans être puni". Pour autant, les travaux de titans des JO n'ont pas emporté l'adhésion du jeune Chinois de 23 ans, né au Cambodge, qui trouve "anormal que des gens aient perdu leur logement".
"Les Occidentaux montrent une image caricaturale de la Chine et des Chinois, un peu comme si on réduisait la France au romantisme et l'Allemagne à l'ordre", souligne Chen Lin Liang, étudiant chinois venu faire son master "entreprise et innovation" à Paris.
Le "très fort patriotisme" peut "expliquer une partie de la colère de Chinois" devant le flot de critiques, selon lui. La présence massive des journalistes étrangers en Chine "va leur permettre de mieux comprendre la Chine et la réalité de ce qui s'y passe", de "contrebalancer" l'image donnée jusque là, espère-t-il.
Les JO sont l'occasion d'une "ouverture" pour la Chine et l'occasion que "tout le monde comprenne ce qu'est la Chine, la mentalité des Chinois, leur religion", pense de son côté Pierre-Alain, étudiant français d'origine chinoise, encore étonné du décalage entre ce qu'il a constaté là-bas lors de voyages et "l'image rabaissée qu'en ont les médias ici".
jeudi 7 août 2008
« Les jeunes des quartiers : un vivier extraordinaire »
Actualités ma Ville Ouest-France mercredi 6 Août 2008
Un dispositif du plan Espoir banlieue est expérimenté sur un an, à Nantes, par le cabinetC3 consultants. Thierry Frère est le gérant de cette société.
Depuis deux mois, le cabinet C3 consultants aide les jeunes des quartiers sensibles à créer leur entreprise dans le cadre du plan Espoir banlieue, de Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville.
Dans quel sens entendez-vous accompagner ces quarante jeunes, âgés de 18 à 30 ans et issus de quartiers prioritaires ?
Monter son entreprise, c'est compliqué pour tout le monde. Mais c'est encore plus difficile lorsque l'on vient d'un milieu sans appui. Nous voulons apporter un réseau aux jeunes de ces quartiers.
Il y a déjà beaucoup d'associations en place sur le terrain qui font un travail remarquable. Notre rôle est seulement d'être le fil rouge qui guide les jeunes dans leurs démarches.
Comment expliquer le taux de chômage en banlieue, qui touche notamment 40 % des jeunes ?
Dans les années 50, les immigrés étaient heureux de venir dans des immeubles avec électricité et eau courante. Ils ont réussi, se sont installés dans des quartiers pavillonnaires. Dans les HLM, d'autres immigrés, peu qualifiés et aux petits revenus, les remplacent. Mais les emplois industriels disparaissent. En 1974, c'est la crise économique et la fin des Trente glorieuses. Aujourd'hui, les habitants des banlieues ne disposent pas des réseaux d'embauche.
Quelles sont les conséquences dans les quartiers ?
Trente ans après, ce sont les voitures brûlées dans les banlieues en 2005. Pour moi, la deuxième nuit d'émeute a retenti comme une sonnette d'alarme. Quand la société ne fournit pas de perspectives aux jeunes, aucune issue n'est envisageable. L'absence d'espoir est la pire chose.
Pourquoi êtes-vous particulièrement intéressé par le profil de ces jeunes ?
Plusieurs études montrent que les grands potentiels sont aujourd'hui dans les quartiers dits sensibles. Les jeunes de ces milieux sont souvent plus pragmatiques et plus visionnaires que la majorité des Français. Ils ont l'envie et l'énergie. Ces zones sont un vivier extraordinaire. Les grandes écoles l'ont bien compris depuis l'expérience de Richard Descoings, directeur de Sciences Po.
De plus, les spécialistes prévoient un déficit de chefs d'entreprises dans les vingt prochaines années. Encourager les initiatives dans ces quartiers, c'est une nécessité économique en plus d'un souci de justice sociale.
Seule une minorité sera concernée par ce programme ?
L'État a peu d'argent actuellement. Alors autant innover pour trouver des solutions efficaces aux problèmes minant les cités depuis trop longtemps. Des contrats d'autonomie devraient également être mis en place pour 45 000 jeunes de 16 à 25 ans, peu ou pas diplômés.
Propos recueillis par Caroline VENAILLE.
Renseignements sur www.c3consultants.fr

Thierry Frère, gérant du cabinet C3 consultant, souhaite encourager la création d'entreprises dans les zones urbaines sensibles.
