samedi 12 décembre 2009
Des millions pour un entraîneur de foot ?
La chronique de Bacchus - Tribune de genève - 12/12/09 -

Un quotidien populaire, gratuit qui plus est ce qui ne gâte rien, reprend ce matin une dépêche d'agence, qui donne le montant des salaires des entraîneurs de football européens.
On trouve ainsi, pour le top 5:
- Fabio Capello (Angleterre), salaire annuel 13.3 millions de francs
(1 euro = 1,51183705 francs suisse)
- Marcello Lippi (Italie), salaire annuel 4.5 millions
- Joachim Loew (Allemagne), 3.8 millions
- Bert van Mawljk (Pays-Bas), 2.7 millions
- Ottmar Hitzefeld (Suisse), 2.6 millions
Questions et remarques:
- pourquoi et comment ces types-là peuvent-ils gagner des sommes pareilles ? Certes, certes, il y a beaucoup d'argent dans le football, tous ces droits télévisés (c'est d'ailleurs ce qui contribuer à tuer le football de haut niveau, mais c'est un autre problème). Du coup, il peut paraître "normal" qu'un entraîneur, quelle que puisse être sa valeur ajoutée, reçoive une aumône de quelques millions, si les meilleurs joueurs gagnent, disons, entre 5 et 10 fois plus.
- il n'en reste pas moins que, si l'on rappelle que la plupart des dirigeants d'entreprise gagnent clairement moins de 1 million, on peut afficher quelque surprise. Car un dirigeant d'entreprise a d'autres responsabilités, que ce soit en nombre de personnes, en stratégie, et a besoin d'autres compétences, infiniment plus élevées et sophistiquées que celle dont peut avoir besoin un entraîneur de foot! Et pourtant, bizarrement, le peuple de moutons semble tout à fait content que, disons, l'entraîneur moyen d'une équipe de Suisse moyenne puisse gagner 2.6 millions annuels. Mais le même bon peuple trouve sans doute scandaleux que le patron d'une société employant, disons, 10'000 personnes, puisse gagner, disons, 1 million.
- c'est ainsi comme si nous étions devenus une sorte de société de la médiocrité, qui n'est plus d'accord que de reconnaître le mérite sportif, et qui n'est plus d'accord d'accepter la compétition que si elle n'implique rien d'intellectuel. Une société, donc, qui ne veut plus reconnaître dans l'homme, que les domaines où il est proche de l'animal - pire, dans les domaines où il est nettement inférieur à l'animal, puisque l'on trouvera toujours facilement des animaux plus agiles, plus rapides, voyant mieux, et j'en passe.
- un autre exemple de ladite société de la médiocrité, de l'animalité, c'est l'école: oh là là on ne veut aucune compétition pour l'acquisition de connaissances, pour les notes, car cela traumatiserait ces pauvres petits. Par contre, si l'entraîneur de natation demande cinq séances par semaines, et qu'il pousse les enfants comme des fous, et qu'il ne sélectionne ensuite qu'une poignée de meilleurs et laisse les autres sur le carreau, alors là, tout le monde est content, trouve cela tellement juste et naturel. Vraiment, c'est comme si nous, les êtres humains, n'osions plus stimuler les facultés où nous dépassons les animaux. Avons-nous honte d'avoir un cerveau? Visons-nous le retour à un état plus primitif, comme dans le film, certes vulgaire, mais non dénué d'intelligence, "Idiocracy?" (20th Century Fox, 2006, Mike Judge, avec Luke Wilson)
Ne serait-il pas temps de se réveiller, et de recommencer non seulement à utiliser notre cerveau, mais aussi à être fiers de le faire?
Quant aux entraîneurs de foot, franchement, est-ce que, en rapport avec la valeur ajoutée, un salaire maximal de, disons, 100'000 francs ne serait pas plus que largement payé ? Oui, plus que largement. Accessoirement, on pourrait aussi ramener les joueurs à quelque chose de, là aussi, plus en rapport avec leur valeur ajoutée, disons 500'000 au grand maximum, pour les tout grands. Avec un peu de chance, cela ramènerait aussi du vrai plaisir et de l'authenticité au jeu (plus de ces "mains de Dieu" dans les grands moments!), et les équipes nationales se mettraient à jouer presque aussi bien, et aussi plaisamment, que les gamins qui s'amusent le soir sur Copacabana...
dimanche 29 novembre 2009
Rugby : La France partait favorite face aux All-Blacks

lundi 23 novembre 2009
Fier d’avoir honte
Rue Affre - 20 minutes - 22/11/09

La connerie nationaliste n’ayant pas de frontière, le chauvinisme étant universel, je suis assez fier, pour une fois, que la France ait honte de se qualifier en se disqualifiant. En ce sens le peuple français, sans doute pas plus vertueux qu’un autre, exprime pourtant une de ses valeurs qu’on croyait à jamais dissoute dans la médiocrité sarkoziste – une forme de romantisme élégant : le goût du panache.
A savoir : mieux vaut perdre dans la dignité, que de gagner dans la triche. (Je ne suis pas certain qu’il en soit de même en Italie ou chez les Anglosaxons). Il reste donc, dans notre mémoire collective, ce vieux sens chevaleresque de la beauté du geste et ce sens de l’honneur que la sous culture vulgaire et pseudo pragmatique (culture du résultat, performance, compétitivité…) qu’on nous inflige depuis deux ans n’a visiblement pas entamée.
Et peut être même, pouvons nous y voir une forme de résistance et le rejet de cette politique « racaille » et opportuniste - pas vu pas pris - prête à tout, à toutes les bassesses, à tous les vices, à toutes les instrumentalisations, pour arriver à ses fins. Ben non, pour nous encore, ici et maintenant, la fin ne justifie pas tous les moyens. Il y a un prix que nous n’acceptons pas de payer – le prix du déshonneur. L’essentiel encore, n’est pas seulement d’atteindre les objectifs mais d’y mettre la manière. En cela le Bernartapisme ne nous a pas tant contaminé que ça. Et c’est méchamment réconfortant.
Si nous avons appris à gagner avec Zidane, à passer l’éponge sur un coup de boule théâtral, par gratitude et passion indulgente, si nous aurions pu fermer les yeux sur un fait de jeu finalement assez commun, la grosse mimine d’un Thierry Henry plus filou que truqueur, nous avons décidément la nausée devant une équipe qui ne joue pas mal mais qui ne joue pas du tout, une équipe sans âme, sans envie, sans grâce, et devant l’obscénité surtout d’un entraîneur pitoyable, avec prime de 800 000 euros gagnée à la sueur de son incompétence, incapable de la moindre décence et de la moindre empathie.

Non on n'a rien contre un petit coup de pouce du destin, contre un chouïa de bol, contre un réflexe instinctif, coup de boule ou coup de main, encore faut il qu’on en rajoute pas dans la fanfaronnade et qu’on se la joue profil bas.
Il est curieux finalement que sous ce triste sarkozisme, chaque résultat soit si ambigu, toujours entaché de quelque chose de pourri, de suspect, de pas net, que chaque action soit un peu sale sur les bords, chaque décision soit un peu tirée par les cheveux, voire par les poils du cul merdeux, que chaque discours frise l’escroquerie, l’arnaque ou la tartufferie, que chaque image soit sujette à caution. Bref il est curieux qu’on nous impose aujourd’hui d’aimer cette petite France là, menteuse, tricheuse, foireuse, un peu moche, un peu nauséabonde, un peu minable, un peu moisie. Alors que d’évidence on en aime une autre.
Oui il y a plus d’honneur chez le dernier pilier de bistrot, le dernier supporter abruti que chez le premier des politiques, le premier des présidents de fédération, le premier des entraîneurs bidons. Oui ici on préférera toujours le dandy de grand chemin détournant un fourgon blindé sans armes et sans verser une goutte de sang plutôt qu’un banquier plié dans la soie et dans son parachute doré .
Il y a toujours en nous quelque chose de Mandrin, toujours en nous un vieux fond anar, toujours en nous un vieux fond de docteur Justice, qui nous fait admirer un héros, perdant peut-être mais avec classe, plutôt qu’un petit voyou de Neuilly, gagnant peut-être mais avec mépris.
Et, encore une fois le manque d’exemplarité de notre oligarchie, systématiquement à côté de la plaque, renforce ce divorce avec le peuple de France. Oui, ce malaise fouteux est emblématique du malaise profond en ce pays qui ne se reconnaît pas. Ni dans le miroir qu’on lui tend, ni dans ces élites qu’on nous vend. Ce malaise est d’évidence le signe avant-coureur d’un hiatus définitif. (et dangereux)
Tant pis pour les Irlandais, volés, violés, floués, spoliés. On le fût aussi, on le sera encore. Ce n’est pas plus grave que ça. Tant pis pour ces Irlandais donc, dignes et respectables ; on ne rejouera pas le match. Ce n’est pas comme pour le referendum.
Dans le foot au moins on est cohérent, quelque soit le résultat, estimable ou pas on applique la règle et on valide le score. La France ira donc en Afrique du sud sur un hold-up. Ne lui reste plus alors qu’à être héroïque ou à disparaître sous les quolibets.
En tout cas aujourd’hui avec des millions de français, je suis fier d’avoir honte...
mardi 6 octobre 2009
Football - Les frères Cantona investissent 1,5 million à Nantes
Challenges 05 Octobre 2009
Eric et Joël Cantona veulent financer un complexe de 3.500 m² dédié à la pratique du football. Celui-ci ouvrira ses portes à Sautron en décembre prochain.
ERIC Cantona trouve un nouveau terrain de jeu du côté de Nantes. Cet été, Canto Bros, une société qu'il a constituée avec ses deux frères, Joël et Jean-Marie, a en effet conclu l'achat du complexe de tennis des Cyprès, à Sautron. Depuis, le lieu fait l'objet d'un profond lifting pour se transformer en un complexe de 3.500m² dédié à la pratique du football.
Dès son ouverture, en décembre prochain, il offrira quatre terrains de foot indoor, mais aussi un salon pour les séminaires et un grand club-house qui proposera une offre déjeuner le midi. En mars, cette offre devrait s'étoffer d'une aire extérieure dédiée à la pratique du beach soccer et du beach-volley.
Enfin, le lieu devrait accueillir une école de football destinée aux jeunes de 7 à 14 ans. Celle-ci devrait recevoir plusieurs fois par an la visite d'Éric Cantona en personne
.
Achat compris, le projet va mobiliser une enveloppe de près de 1,5 million d'euros. "C'est le premier centre de ce genre que nous lançons, explique Joël Cantona. Notre idée, c'est d'ouvrir un lieu à la fois classe et accessible. Sautron offre un très bon positionnement, avec la proximité d'un gros pôle marchand comme Atlantis et la présence de nombreuses entreprises, dont nous allons toucher les salariés. Les résultats des études de marché que nous avons réalisées sont très bons".
Sur la première année d'exploitation du complexe, Joël Cantona espère voir les terrains du site occupés pendant environ 5.000 heures, ce qui équivaudrait à une fréquentation de 50.000 joueurs (un match de football indoor mobilise deux équipes de cinq personnes).
Afin de doper sa visibilité, le lieu fait actuellement l'objet de pourparlers avec plusieurs partenaires, dont le FC Nantes et Nike.
Avec l'arrivée des frères Cantona au Nord de l'agglomération, le football en salle compte désormais deux places fortes dans la métropole nantaise. Car au Sud-Loire, un sérieux concurrent existe déjà avec l'entreprise parisienne Urban Football, qui avait conclu à l'été 2008 la reprise d'un centre de 9.000m², installé dans l'ancienne usine CP Georges Renault, à Saint-Sébastien. À l'époque en difficulté, le site a depuis été redressé grâce à une politique commerciale très offensive. Avec cette compétition à venir entre les frères marseillais et l'enseigne de la capitale, Nantes va donc goûter à un "classico" d'un nouveau genre, sauce entrepreneuriale. Qui pourrait s'en plaindre ?
par Le Journal des Entreprises, lundi 5 octobre 2009.
samedi 9 mai 2009
Coupe de France - Retour du Cap Nègre ...
Nouvel Obs Samedi 9/05/2009 - 22h32
mercredi 29 avril 2009
Destructions et répressions au sud de la Russie pour les Jeux Olympiques d’hiver
Politis -26 avril 2009 Claude-Marie Vadrot
Sans inquiéter les responsables du CIO qui en ont vu d’autres en Chine, le gouvernement russe prépare ses Jeux Olympiques d’hiver en saccageant le littoral de la mer Noire et en réprimant ceux qui ne sont pas d’accord…
Toujours plus de destructions et de violations des droits élémentaires en Russie, notamment sur le littoral de la mer Noire où les autorités, pour préparer les jeux Olympiques d’Hiver de 2014 qui se dérouleront dans les montagnes du Caucase, ont commencé à bétonner le littoral et à exproprier les Russes. Ceux qui se croyaient à l’abri de l’arbitraire et surtout du besoin avec leurs potagers et leurs vergers leur permettant de faire face à l’inflation et à l’augmentation des prix.
A la place des maisons, grâce à une loi du mois de janvier dernier, vont être mis en place les hôtels et les « espaces de loisir » destinés à accueillir les athlètes et les visiteurs étrangers. Il faut faire place nette et, en général, les propriétaires des petites maisons familiales disposent d’un ou deux mois pour évacuer les lieux.
S’ils le souhaitent et s’ils versent de somptueux pots de vin aux fonctionnaires, ils auront peut-être (peut-être...) le droit de s’installer dans de nouveaux immeubles collectifs prévus dans l’arrière pays, loin de la mer près de laquelle ils vivaient, voire, s’ils y mettent le prix (achat et corruption) une maison individuelle préfabriquée. En attendant, comme ces logements n’existent encore qu’à l’état de projet, ils doivent se débrouiller pour se loger chez des amis.
Le littoral de la mer Noire et la zone infra-littorale propice à la pêche, autre source de revenus, vont être progressivement saccagés. Les promoteurs fous évoquent même une île de luxe artificielle. Pour faire plaisir au Comité International Olympique (CIO) qui s’est récemment félicité du budget provisoire de plus de 10 milliards d’euros destiné à transformer la région.
Les rares associations de propriétaires et d’écologistes sont priés de se taire et subissent pressions, intimidations et arrestations quand ils protestent contre les premières destructions et l’extraordinaire spéculation immobilière organisée par des proches du pouvoir et quelques maffias moscovites mal identifiées.
Evidemment les expulsés trop « bronzée », c’est à dire caucasiens, sont les plus mal servis. Si l’Abkhazie voisine, province de Géorgie, a été instamment priée de proclamer une indépendance seulement reconnue par la Russie et le Nicaragua, c’est qu’elle doit aussi être équipée massivement pour l’accueil des skieurs et des nombreux visiteurs espérés par le Fédération de Russie. En outre le nouvel « Etat », en fait annexé par les Russes, devra abriter plusieurs années des dizaines de milliers de travailleurs chinois aux salaires et aux conditions de logement misérables. Il faut donc que l’ordre, que l’on peut qualifier de « soviétique », y règne.
D’où, dans toutes les républiques autonomes voisines des compétitions, la mise en place d’une répression quotidienne contre les minorités musulmanes. Au nom de la « sécurité » promise par la Fédération de Russie aux autorités olympiques. Ce qui explique que l’Abkhazie, l’Ossétie du sud et d’autres se transforment rapidement en énormes bases militaires concentrant les forces armées russes et ses unités spéciales. Celles qui se sont illustrées en Tchétchénie.
Le Kremlin a encore cinq ans pour imposer sa paix. Comme en Chine, les Jeux Olympiques d’hiver se dérouleront sous haute protection militaire et policière. En parfaite contradiction avec les « idéaux » olympiques ressassés par les responsables du CIO. Lesquels n’ont formulé aucune exigence particulière sur les conditions démocratiques dans lesquels sont censés se dérouler les Jeux.
lundi 20 avril 2009
Un jeu vidéo préventif contre l'alcool
Check-list Le Monde du 20 avril 2009
Afin de sensibiliser les Nantais âgés de 16-25 ans aux dangers de l'hyperalcoolisation, la Ville de Nantes lance un jeu en ligne aux vertus préventives. Secret Happy Night est un jeu d'aventure en 3D glissant l'internaute dans la peau d'un agent secret, Jacques Baveu, dont la mission consiste à s'infiltrer dans une discothèque... afin de maîtriser sa consommation d'alcool et celle des autres personnages.
mardi 24 février 2009
Nouvelle règles antidopage dans le football : ça grogne !
Dessin : Chaunu

Dopage. Le principe de localisation, une heure par jour, pour faciliter les contrôles inopinés, s’applique désormais au football ou au tennis. Et certains n’aiment pas.
C’est quoi la localisation ?
Le Code mondial antidopage et le Code du sport instaurent le principe de localisation afin de permettre des contrôles inopinés auprès des sportifs en dehors des compétitions. Donc, durant les périodes d’entraînement et de repos. Pour ce faire, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a besoin de l’emploi du temps quotidien des athlètes. Chacun, jour après jour, choisit donc une heure et un lieu, et doit se tenir prêt.
mardi 10 février 2009
Le tour de France sans dopage est possible ! C'est L'Alter tour !
Tour cycliste familial
en relais solidaire
pour une Nature sans dopages
En opposition avec l'esprit de compétition qui conduit au dopage dans le sport, et à la logique de l'agriculture productiviste qui débouche sur les Plantes Génétiquement Modifiées, nous allons voyager ensemble en nous relayant tous les 15 kilomètres dans un esprit de solidarité.
L'AlterTour, c'est un autre Tour de France, qui dénonce le dopage
sous toutes ses formes : dans le sport parce qu'il y porte atteinte aux
sportifs pour le bénéfice de sponsors, dans l'agriculture, parce qu'il
y porte atteinte aux paysans et à la biodiversité pour le bénéfice des
firmes productrices d'OGM et d'agrotoxiques, dans l'économie, où il est
source d'inégalités et de mises sous dépendance.
C'est un tour "à la carte", pour tout ceux qui souhaitent partager une belle tranche de vie collective découvrir des terroirs préservés, faire du "sport-santé" et dire ensemble : "Nous voulons un monde sans dopages".
Cette manifestation itinérante veut faire la démonstration de notre soutien à celles et ceux qui luttent dans le monde entier contre les dopages agricoles, contre les atteintes à la biodiversité et à l'existence même des paysans.
Le site web de l'Alter Tour : altertour.net
samedi 7 février 2009
"On peut faire ce que l'on veut quand on entend l'hymne national !"
Métro France – 06/02/09

Laurent Blanc a sèchement taclé la "proposition de loi sur la Marseillaise"
"Si les députés, dans le moment de crise que l'on vit, n'ont que ça à penser, sincèrement, c'est triste"
Laurent Blanc, entraîneur de Bordeaux
L'entraîneur de Bordeaux, l’ancien internationel et champion du monde Laurent Blanc (97 sélections)., s'est montré sévère vendredi à l'égard de la proposition de loi du député UMP des Alpes-Maritimes, Jean-Claude Guibal, qui vise à contraindre les sportifs évoluant en équipe nationale à chanter la Marseillaise sous peine d'exclusion.
"C'est du temps à perdre"
"Ils ont que ça à penser les députés!", s'est exclamé le technicien girondin vendredi. "Si les députés, dans le moment de crise que l'on vit, n'ont que ça à penser, sincèrement, c'est triste", a poursuivi l'ancien "Que je sache, que ce soit un député de l'UMP ou du PS, on est en démocratie, on peut faire ce que l'on veut quand on entend l'hymne national. On a le choix de le chanter ou de l'écouter. C'est du temps à perdre, je n'ai pas envie de perdre mon temps."
Interrogé sur le sujet, le milieu international Yoann Gourcuff, sélectionné pour affronter l'Argentine mercredi à Marseille, en match amical, a indiqué "mal comprendre" cette proposition de loi.
"Cela peut paraît bizarre d'entendre ça. Et ça parait dur à mettre en place", a-t-il indiqué.
"Même si je pense que cela donne une meilleure image quand tout le monde chante, après il y a des joueurs qui pour se concentrer et être dans le match ont besoin d'intérioriser, de se renfermer sur eux mêmes, d'autres qui au contraire ont besoin d'extérioriser. Cela dépend des caractères de chacun, de la concentration qu'il va mettre pour être performant sur le terrain", a ajouté Gourcuff qui compte six sélections.
Le respect des symboles invoqué
Jeudi, le député Guibal avait déposé à l'Assemblée une proposition de loi pour contraindre les sportifs évoluant en équipe nationale à chanter la Marseillaise sous peine d'exclusion.
"Quand ils jouent en équipe nationale, les sportifs ne représentent pas leur club, mais la France. A ce titre, ils doivent en respecter les symboles, au nombre desquels on compte le drapeau, le maillot et l'hymne", avait avancé le député dans l'exposé de ses motifs.
Le député avait proposé que chaque fédération sportive rédige une "charte relative aux droits et aux devoirs des joueurs sélectionnés en équipe nationale", comprenant l'obligation de chanter l'hymne national.
Cette proposition de loi est toutefois encore loin d'être adoptée. Elle devrait pour cela être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée -soit par le gouvernement, soit par le groupe UMP lors d'une de ses "niches" ou séances réservées à un groupe parlementaire- puis être votée par l'Assemblée et par le Sénat.
Gourcuff se dit perplexe



