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dimanche 10 août 2008

Les JO de Pékin endeuillés par le meurtre d'un touriste américain, parent d'un entraîneur

TV5MONDE - 09/08/2008 11h16 PEKIN (AFP)

A peine ouverts, les jeux Olympiques de Pékin ont été endeuillés samedi par le meurtre d'un touriste américain, parent d'un entraîneur de l'équipe américaine de volley-ball.

L'homme a été poignardé près du site historique de la Tour du Tambour, a indiqué le comité olympique américain sur son site internet.

L'agresseur, un Chinois de 47 ans, s'est suicidé juste après, selon un communiqué de la police chinoise transmis à l'AFP. Les Etats-Unis ont confirmé l'agression et le décès.

L'attaque est survenue malgré la forte présence policière dans la capitale, où les Olympiades ont été lancées vendredi soir. Un total de 110.000 policiers et 40.000 militaires assurent la protection des sites olympiques et touristiques de Pékin.

Un autre membre de la famille de l'entraîneur a été "grièvement blessé" dans l'attaque, a ajouté le Comité olympique américain. Il s'agit d'une femme, selon la police chinoise.

Enfin, a précisé la police, une deuxième femme a été blessée, la guide chinoise des deux touristes. Les faits sont intervenus à 12H20 (04H20 GMT). La police n'a pas précisé l'arme utilisée.

L'agresseur, a priori seul, s'est suicidé en se jetant du deuxième étage de la Tour du Tambour, édifice bâti au XIIIe siècle qui offre de belles vues sur le Vieux Pékin. La Tour servait à frapper les heures grâce à une série de tambours.

La meurtrier présumé, Tang Yongming, était originaire de la ville de Hangzhou (est de la Chine), a indiqué l'agence officielle Chine Nouvelle.

Présent à Pékin pour les premiers jours des jeux Olympiques, le président George W. Bush a été informé de la mort du touriste américain et a adressé ses pensées à ses proches.

"Le président a été informé, il est de tout coeur avec les familles des victimes", a dit un responsable de l'administration.

"La Maison Blanche et l'ambassade américaine ont offert aux familles toute l'aide dont elles pouvaient avoir besoin", a-t-il dit.

"Les responsables américains ont aussi été en contact avec les autorités chinoises sur la question", a-t-il poursuivi.

M. Bush doit rencontrer dimanche son homologue chinois Hu Jintao.

Le Comité international olympique (CIO), dans un communiqué samedi en fin d'après-midi, a dit être "profondément attristé" par le "tragique accident". Le CIO a présenté ses condoléances aux familles des victimes et à toute la délégation sportive américaine.

Un porte-parole de l'ambassade américaine, Don Q. Washington, a de son côté assuré ne pas avoir d'indication que l'attaque ait été motivée par des sentiments anti-américains.

"Nous coopérons étroitement avec les personnels de sécurité (chinois) pour établir quelle est la situation", a-t-il affirmé.

Il a jugé prématuré d'envisager de lancer une mise en garde aux touristes américains en Chine tant que les circonstances et les motivations de l'agression n'étaient pas déterminées.

Les autorités chinoises attendent environ 450.000 étrangers pour les JO de Pékin, qui s'achèveront le 24 août. Elles ont affirmé pouvoir assurer la protection des Jeux, malgré des menaces islamistes émanant notamment de radicaux de la région musulmane du Xinjiang (ouest).

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A l'autre bout du pays, les Ouïgour maudissent les Jeux de Pékin

LE MONDE | 08.08.08 | 16h02 Kashgar, envoyé spécial

A presque 4 000 kilomètres de Pékin, Kashgar, l'ancienne oasis de la route de la soie, est la ville de Chine la plus éloignée des Jeux olympiques. Quelque 90 % des habitants y sont ouïgour et turcophones, musulmans pour la plupart. Hors des grandes avenues des nouveaux quartiers chinois, une fois dans les ruelles aux murs de pisé de la vieille ville, on pénètre vite dans un autre monde : vendeurs de brochettes et de galettes de pain blanc, charrettes tirées par des ânes croulant sous leurs cargaisons de gousses d'ail ou de melons...

Les JO laisseraient peut-être indifférent, s'ils ne semblaient pas tant ici une vraie malédiction : prononcer le mot dans cette ville de 350 000 habitants semble tantôt faire peur, tantôt exaspérer, ou provoque un haussement d'épaules qui en dit long.

Petits commerces et tourisme tournent au ralenti. Les étrangers sont rares, les contrôles d'identité fréquents, tout comme les vérifications à domicile, pour chasser les non-résidents. "C'est la pire année que j'ai jamais vue", estime Omar, assoupi devant sa boutique, à quelques centaines de mètres de la mosquée Idi Kah. Il ne vend pas plus d'un tapis par mois.

En juin, il y a eu le passage de la torche et son cortège de tracasseries, les fonctionnaires ouïgour mobilisés sur tout le parcours, et la population incitée à rester chez elle. Puis, comme si cela ne suffisait pas, il y a eu l'attaque du 4 août contre des policiers chinois - 16 morts - pour venir montrer au pays entier que Kashgar et sa région étaient un nid de "terroristes".

Seule la mention de Mehmet Tursun Chong, boxeur ouïgour de 21 ans, éclaire quelquefois les visages. "Depuis qu'il a été sélectionné pour les Jeux, les gens parlent de lui !", raconte Ali, qui tient un petit commerce. Mehmet Tursun Chong vient d'un village à 40 km de Kashgar, ses parents sont paysans, et on se met à espérer qu'un Ouïgour représentera pour les Chinois autre chose qu'un "voleur" ou qu'un "terroriste". "Il y a de la discrimination, les Chinois nous regardent de haut. Quand on est fonctionnaire, on a des postes subalternes et des tout petits salaires", explique un salarié de la télévision ouïgour qui arrondit ses fins de mois en vendant des produits Amway.

Akim, un étudiant de 20 ans inscrit à l'école normale de Kashgar, raconte qu'a éclaté sur le campus, il y a trois mois, une bataille rangée entre étudiants ouïgours et chinois : "Les Chinois ne voulaient pas que les Ouïgour utilisent le terrain de basket. Ceux-ci n'ont pas bougé. Les étudiants ont commencé à se battre, tout le monde a appelé ses copains sur son portable. Si la police n'était pas arrivée, je ne sais pas ce que ça aurait donné, on est plus nombreux qu'eux."

Des étudiants ouïgour ont passé plusieurs jours en garde à vue, pas les Chinois.

Akim vient d'une famille d'instituteurs - ses parents, ses frères et soeurs le sont. L'école normale est le seul établissement d'enseignement supérieur à Kashgar. Malgré les perspectives que pourrait lui ouvrir une économie en pleine croissance, à Kashgar aussi, il ne se montre guère enthousiaste : "Les riches Ouïgour à Kashgar, on les compte sur les doigts de la main. Les Chinois, on ne peut pas les compter." Persuadé qu'on ne peut pas trouver d'emploi avec un diplôme, il aimerait "faire des affaires".

Dans son village, l'une de ses cousines suit des cours de chinois organisés par le gouvernement pour partir travailler en usine hors du Xinjiang. Elle a arrêté l'école, et ce programme d'emploi, lancé en 2006, est obligatoire : 130 filles du village d'Akim y ont participé.

En 2007, deux de ses ex-camarades de classe se sont retrouvées un an dans une usine du Sichuan, à dépiauter du poisson les pieds dans l'eau toute la journée : "Elles ne pouvaient pas démissionner et n'étaient payées que 400 yuans (environ 39 euros), alors qu'à l'origine ça devait être 800.

Elles regrettent, et leurs parents aussi." Depuis, elles se sont inscrites dans un institut de gestion hôtelière. A Kashgar, l'un des slogans que l'on voit le plus souvent sur les murs proclame : "Pour partir travailler à l'extérieur, rejoignez les groupes de travail prévus à cet effet."

Brice Pedroletti

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vendredi 8 août 2008

CHINE - Pékinois, pendant les JO " Restez chez vous "

Aujourd'hui la Chine le 8/8/2008 à 9h37  par Mathilde Bonnassieux

"Les Jeux du Peuple" commencent parait-il ce soir. Mais bizarrement le peuple pékinois n'est pas invité à y participer. Les autorités conseillent fermement aux Pékinois de "rester chez eux" et de ne pas se "mêler aux étrangers"...

Les Jeux ont beau être omniprésents dans la capitale, les Pékinois pourraient ne pas en goûter toute la saveur. A cheval sur la sécurité, les autorités ne lésinent pas sur les précautions, quitte à priver les habitants de prendre part à la fête.

Le 8 août à 20h08, heure de la grande cérémonie d'ouverture des JO, les rues de Pékin seront-elles remplies de monde ? En dépit des écrans géants installés dans différents endroits de la capitale, rien n'est moins sûr.

En tout cas, si la question se pose aujourd'hui, c'est que les autorités chinoises, obsédées par les questions de sécurité, ont tout fait pour décourager les Pékinois de se joindre à la fête.

Le 6 août dernier, le gouvernement municipal de la ville de Pékin a annoncé que le 8 août serait un jour férié. Ainsi, mis à part les activités de base permettant de faire fonctionner l'économie, les entreprises et administrations sont priées de prendre un jour de congé. Un message rappelé le 8 août au matin sur les ondes radiophoniques.

Bien que le choix reste à la discrétion de chacune, ce conseil, justifié par la volonté de limiter la circulation dans les rues de la capitale, ne peut masquer un autre motif.

Alors que l'on attend 160 000 personnes pour la cérémonie d'ouverture, dont des dizaines de chefs d'état, les autorités chinoises vivent dans la hantise de débordements et de l'émergence de revendications susceptibles de ternir leur image. Elles veulent donc à tout prix éviter la formation de gros rassemblements difficilement contrôlables.

Obligation ou simple conseil, les forces de police devraient voir leur tâche faciliter puisque la plupart des entreprises ont décidé d'appliquer la consigne à la lettre en fermant leurs portes le jour dit.

Message reçu - Un geste qui en dit long sur l'état d'esprit ambiant puisqu'à force de brandir la menace d'attentats ou d'actions de la part d'activistes remplis de mauvaises intentions, les autorités ont réussi à conditionner leurs troupes. Et ce constat est valable bien au-delà du 8 août.

La preuve, certaines entreprises ont interdit à leurs employés de se promener à proximité des trois parcs réservés aux manifestations à Pékin, tandis que le quartier de Taoranting au Sud a conseillé à ses habitants d'éviter de sortir pendant les JO pour laisser la voie libre aux étrangers. La banderole affichant le message a depuis été retirée. Mais l'idée transmise par les comités de quartier est claire "Les JO sont pour les étrangers, il ne faut pas se mêler à eux".

Un professeur confie ainsi que le Bureau de l'éducation du district de Dongcheng à Pékin les a enjoint, lui et ses collègues, à rester chez eux pendant les Jeux pour ne pas déranger les étrangers et les athlètes...

Un autre district, lui, a demandé à ses habitants de ne pas faire sécher leur linge sur les balcons... Il parait que, là encore, ça dérange les étrangers.

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Sarkozy otage des chinois

Marianne- 07/08/08 - Régis Soubrouillard

Face à l'irritation des dirigeants chinois, le président-fanfaron qui n'entendait pas se laisser dicter son agenda par la Chine a adopté des positions beaucoup plus accommodantes. La brouille n'en sera pas moins durable... «Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous !». C'est avec ces mots d'une rare violence que Nicolas Sarkozy avait cru moucher le nouvel ambassadeur de Chine en France, qui brandissait la menace de conséquences graves sur les relations bilatérales si le président français venait à rencontrer le Dalaï Lama. Un mois jour pour jour après ces déclarations, face aux menaces chinoises de rétorsion économique, et suite à des entretiens extrêmement tendus entre officiels chinois et français de haut rang, à la limite de la crise diplomatique, Sarkozy a donc tourné casaque. C'est bien la Chine qui lui dictera ses rendez-vous. Un véritable camouflet diplomatique.

Toujours des mots
Durant toute sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait mis en avant son attachement à la question des droits de l'homme, se présentant comme faisant partie de ces être qui ne courbent pas l'échine devant les seules promesses de contrats... Après la répression des émeutes antichinoises au Tibet en mars, Sarkozy avait prévenu qu'il n'assisterait à la cérémonie d'ouverture que si la Chine renouait le dialogue avec les représentants du dirigeant en exil.


Droits de l'Homme : Ce qu'il dit, ce qu'il fait
par gerardonesta

Pékin sonne la fin de la récré Sarkozyste
Pour Pékin, très irrité par les provocations du président français, la comédie a donc assez duré. Comme pour calmer le jeu, le président de la République fait même grossièrement du zèle, accordant une interview à l'agence officielle Chine Nouvelle, dans laquelle il tient des propos que n'auraient pas reniés les officiels chinois: rien que du prémâché, des généralités sur la ferveur, l'enthousiasme et l'investissement du peuple chinois ou encore sur la magnifique puissance chinoise. Nicolas Sarkozy a même poussé le bouchon jusqu'à souhaiter bonne chance à tous les athlètes chinois: « Je suis sûr que leurs performances seront à la hauteur de l'immense mobilisation qu'a montrée le peuple chinois pour l'organisation de ces Jeux ».

La France perdante sur tous les tableaux
A ce jour, la gestion diplomatique des relations franco-chinoises se révèle donc désastreuse. La France perdante sur tous tableaux: crédibilité, échanges commerciaux, diplomatie. Sans compter que l'on ne pourra mesurer la véritable étendue des dégâts qu'après les Jeux, selon qu'ils se dérouleront ou non sans débordements populaires, manifestations d'athlètes, répressions, encadrement des journalistes, limitations des accès à l'internet etc.
Si l'UMP assure aujourd'hui, sans apporter plus de précisions, que Nicolas Sarkozy recevra le Dalaï Lama avant la fin de l'année, c'est son épouse, la sans grade Carla Bruni, qui assistera à une cérémonie religieuse en présence du chef spirituel tibétain lors de sa prochaine visite en France. Peut-être en profitera-t-elle pour lui offrir son disque, le bien nommé «Comme si de rien n'était»...

Pékin a donc sonné la fin de la récré sarkozyste.

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jeudi 7 août 2008

M. Sarkozy à Canossa - Editorial du Monde du jour

Editorial du "Monde" | 07.08.08 | 13h59

Tout ça pour ça, serait-on tenté d'écrire. Nicolas Sarkozy assistera à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, vendredi 8 août, et il ne rencontrera pas le dalaï-lama, qui commence le 11 août une visite en France. Le président de la République, et du Conseil européen jusqu'à la fin 2008, est ainsi très loin des positions qu'il a affichées depuis plusieurs mois. N'était-ce donc que fanfaronnades ?

C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui, le 10 juillet, indiquait sèchement à Strasbourg, devant le Parlement européen : "Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous." Certes, son épouse, Carla Bruni, rencontrera, elle, le chef spirituel des Tibétains. Mais ce compromis ne peut pas masquer le retournement français.

Après la répression des émeutes antichinoises au Tibet en mars, M. Sarkozy avait prévenu qu'il n'assisterait à la cérémonie d'ouverture que si la Chine renouait le dialogue avec les représentants du dirigeant en exil. Pendant des semaines, son entourage avait indiqué que sa présence serait équilibrée par une rencontre avec le dalaï-lama.

Certes, Berlin est dans une situation plus confortable que Paris vis-à-vis de Pékin : la Chine a besoin des machines-outils que lui vend l'Allemagne, ce qui oblige les dirigeants chinois à accepter les critiques sur les droits de l'homme d'Angela Merkel.

C'est dans ce contexte que M. Sarkozy s'est senti obligé de se rendre à la cérémonie d'ouverture des JO, sans condition, pour tenter de restaurer les relations de Paris avec Pékin. Après les dégâts causés par le passage chaotique de la flamme olympique dans la capitale française, la crise bilatérale a été aggravée par ce que les Chinois ont considéré comme un chantage et une ingérence dans leurs affaires intérieures.

M. Sarkozy perd aujourd'hui sur tous les tableaux : qu'il s'agisse des droits de l'homme et de l'image internationale de la France ou de ses relations avec les autorités chinoises, qui savent désormais quel poids il faut accorder aux exigences françaises. Sans doute, avec ce revirement, M. Sarkozy prend-il en compte le poids international, non seulement économique, mais aussi politique, de Pékin, par exemple sur la question du nucléaire iranien.

Mais mieux valait alors s'abstenir de bomber le torse quelques semaines avant d'aller à Canossa.

Posté par Kozett à 14:38 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sarkozy, Pékin et le dalaï lama: une Bérézina diplomatique

Aujourd’hui la Chine - le 7/8/2008 à 10h41  par Pierre Haski (Rue 89)

Ainsi donc, la raison d’Etat l’a emporté. Nicolas Sarkozy ne rencontrera pas le dalaï lama, afin de sauver les relations franco-chinoises des "conséquences graves" qui leur étaient promises en cas de rencontre, même informelle, entre le président français et le leader tibétain. C’est le plus grave échec de la diplomatie de Sarkozy depuis son élection, qu’il ne doit qu’à sa propre maladresse. 

Depuis le début de cette affaire, Nicolas Sarkozy a multiplié les incohérences et les gestes contradictoires, créant lui-même le piège qui finit de se refermer sur lui. Il est le seul chef d'Etat ou de gouvernement à avoir mis des conditions à sa venue à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des JO vendredi: Angela Merkel n'y sera pas, sans avoir expliqué pourquoi, et George Bush a finalement décidé d'y aller, sans état d'âme, se payant le luxe de recevoir des dissidents chinois chez lui sans faire trop de vagues. Sarkozy, lui, a d'abord lié sa venue à d'hypthétiques "progrès" dans le dialogue entre Pékin et les Tibétains, avant de mettre en parallèle sa rencontre avec le Dalaï lama en août.

Cette valse hésitation a eu le don d'agacer au plus haut point les dirigeants chinois, déjà remontés contre la France après le passage de la flamme olympique à Paris en avril. Les choses s'étaient calmées après l'envoi de trois émissaires, pas moins, à Pékin, pour mieux repartir avec l'annonce simultanée de la visite à Pékin, et de la rencontre avec le dalaï lama.

Il y a alors eu une joute verbale entre le chef de l'Etat et l'ambassadeur chinois à Paris, Kong Quan. Ce dernier a convoqué des journalistes pour déclarer solellement qu'une telle rencontre Sarkozy-dalaï lama «serait contraire au principe de non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures».

Et le tout nouvel ambassadeur -un diplomé de l'ENA française- de brandir la menace de «conséquences graves» sur les relations bilatérales.
Nicolas Sarkozy avait aussitôt répliqué sèchement que ce n'était pas à l'ambassadeur de Chine de lui dicter son agenda. Eh bien si! (même si c'est déguisé sous la forme d'un renoncement de la partie tibétaine elle-même à demander une telle rencontre).

Le paradoxe de cette situation est que la sortie de Kong Quan avait été critiquée dans certains secteurs de l'establishment chinois, qui estimaient qu'elle ne laissait pas d'autre choix au président français que de rencontrer le dalaï lama, sous peine d'avoir l'air de céder aux injonctions de l'ambassadeur. Kong Quan et l'aîle dure de la diplomatie chinoise ont montré que la fermeté paye, avec Nicolas Sarkozy en tous cas. Le pire, c'est que le mal est fait et l'annulation de la rencontre n'est qu'une manière de limiter la casse.

La gestion désastreuse de toute cette "séquence chinoise", des émeutes de Lhassa le 14 mars, à l'ouverture des JO le 8 août, aura montré un amateurisme incroyable et une méconnaissance du contexte et de la psychologie du pouvoir chinois à ce moment particulier. Le triangle Sarkozy-Kouchner-Yade a disfonctionné de manière spectaculaire, et le seul vrai connaisseur de la Chine à l'Elysée, le conseiller diplomatique Jean-David Levitte, n'aura pas pu empêcher le désastre.

Nicolas Sarkozy arrive vendredi à Pékin pour quelques heures à peine -vingt heures de vol aller-retour pour dix heures sur place, sans même y passer la nuit…- en position de faiblesse. Le président français s'est éliminé du jeu diplomatique entre la Chine et le reste du monde: il devra subir le rapport de force ainsi instauré pour le reste de son mandat: les Chinois ont compris que pour quelques contrats dont l'économie française a un besoin vital, ils le tiennent.

Que la France entretienne de bonne relations avec la Chine n'a rien que de plus normal. Nicolas Sarkozy avait eu une très belle sortie au parlement européen, en lançant à Daniel Cohn-Bendit: "on n'humilie pas un quart de l'humanité". Mais une phrase brillante et une belle intuition ne font pas une politique étrangère, pas plus que l'envoi de sa femme à une cérémonie religieuse, puisque c'est le lot de consolation auquel auront droit les Tibétains.

La France sort affaiblie et déconsidérée de cet épisode. Elle s'est tirée une balle dans le pied dans l'un des lieux du monde où s'écrit le XXI° siècle. Et surtout, elle aura donné au clan des durs de la diplomatie chinoise une médaille d'or avant même l'ouverture des Jeux.

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Sarkozy ne rencontrera pas le dalaï-lama, Carla Bruni si

L'Express et Reuters le 06/08/2008

Pékin s'était opposé à tout contact du dalaï-lama avec la France...

Nicolas Sarkozy a confirmé mercredi, dans un communiqué publié par l'Elysée, qu'il ne rencontrerait pas le dalaï lama lors de sa prochaine visite en France, mais a indiqué que son épouse Carla assisterait à une cérémonie présidée par le dignitaire tibétain.

"Le président de la République comprend les raisons qui conduisent le dalaï lama, compte tenu des circonstances présentes, à ne pas solliciter un entretien durant son séjour au mois d'août en France", a déclaré l'Elysée dans un communiqué.

Le plus proche conseiller du dignitaire tibétain avait indiqué plus tôt mercredi que le dalaï lama, qui doit se rendre en France la semaine prochaine, ne devrait pas rencontrer Nicolas Sarkozy et n'avait pas demandé d'entretien avec le président français.

Cela fait des mois que le président affirmait qu’il rencontrerait le dalaï-lama lors de sa venue en France en août. Apparemment, le dignitaire tibétain a décliné l'invitation.

L'épouse du président "sera présente à la cérémonie religieuse présidée par le dalaï lama qui marquera l'inauguration le 22 août d'un important temple bouddhique", ajoute l'Elysée. M. Sarkozy doit se rendre à Pékin pour assister vendredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, un déplacement qui a suscité des critiques.

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Les chinois ont de grandes oreilles...

Le Canard Enchaîné du mercredi 6 Août 08

Les autorités chinoises ne veulent pas se brider à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin. Elles ne se contentent pas de verrouiller l'accès d'un certain nombre de sites Internet que pourraient consulter les délégations étrangères, elles se proposent aussi de les avoir à l'oeil, en les mettant sur écoute. C'est en tout cas les soupçons que nourrissent les services français envoyés à Pékin pour préparer, entre autres la visite de Sarkozy à la cérémonie d'ouverture, le 8 Août.

Chacun des memebres de la délégation française s'est ainsi vu aimablement proposer un cadeau de bienvenue par la puissance invitante : un beau téléphone portable et un numéro pékinois. Officiellement, cela part d'une bonne intention : éviter les difficultés de communication. pour que le client n'ait pas à se plaindre, qu'il reste connecté avec Paris et voie le coût de ses appels réduits, il lui est même proposé de faire "basculer" son numéro de téléphone hexagonal vers un central chinois.

Au lieu de n'y voir qu'une envie de rendre service, nos barbouzes en ont vite conclu qu'il s'agissait de mettre tout le monde sur écoutes. Conseil a donc été donné aux sommités françaises de refuser poliment cette facilité offerte par la Chine et d'user des téléphones satellitaires codés dont certains disposent pour les conversations sensibles.

Mais les chinois ont plus d'un tour dans leur sac de sport. Afin de, si possible, contrôler les conversations des sportifs et celles des honorables invités étrangers dans les enceintes de la cité olympique, ils ont aussi monilisé plusieurs centaines de vrais-faux journalistes, originaires de l'empire du milieu et équipés de caméras et de micros directionnels. Du coup, consigne a été donnée aussi aux officiels français de ne pas évoquer de sujets sensibles dans des endroits clos comme les restaurants ou les chambres d'hôtel.

Un vrai sacerdoce que cette balade à Pékin ou il faut faire voeu de silence. Et où l'essentiel n'est pas de participer mais de la fermer.

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mercredi 6 août 2008

Nicolas Sarkozy : Voyage éclair pour l'ouverture de jeux sucitant des critiques notamment des associations des droits de l'homme

TV5MONDE PARIS (AFP) - 05/08/2008

Voyage-éclair de Sarkozy pour la cérémonie d'ouverture des JO

Le président Nicolas Sarkozy sera vendredi à Pékin à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, pour un voyage-éclair dont le programme a été détaillé hier  mardi par l'Elysée.

L'Airbus du chef de l'Etat et de sa délégation, qui comprend quelques politiques et de nombreux sportifs, arrivera à 11H30. Nicolas Sarkozy partira aussitôt pour le Palais du peuple où il sera accueilli par son homologue chinois, Hu Jintao, à midi, selon le programme communiqué par la présidence.

Il assistera au déjeuner offert en l'honneur des chefs d'Etat et de gouvernement au Palais du peuple situé place Tiananmen. Juste après, Nicolas Sarkozy fera route vers le village olympique où il rendra visite aux athlètes français et aux responsables du sport français. A 15H30, il retrouvera le président chinois, Hu Jintao, pour un entretien. A 16H20, le président rencontrera le premier ministre chinois, Wen Jiabao. Il se rendra à 20H00 à la cérémonie d'ouverture des JO. Aussitôt après la fin des festivités, le chef de l'Etat redécollera pour le sud de la France où il poursuivra ses vacances.

Outre la ministre des Sports, Roselyne Bachelot, le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et les députés UMP Bernard Debré et Patrick Balkany seront du voyage.

Une brochette de champions, dont le navigateur Loïck Peyron et l'ancienne skieuse Marielle Goitschel, accompagneront également le chef de l'Etat ainsi que le directeur général de Carrefour, José Luis Duran.

Ce voyage a suscité des critiques, notamment d'associations de défense des droits de l'Homme.

C'est encore nous qui paieront tous ces voyages  ! Grrrrrrr

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CHINE J.O - Pékin sous tension, après l’action des britanniques et des américains / Un médaillé privé de jeux …

LEMONDE avec AFP | 06.08.08 | 11h11

A deux jours de l'ouverture des Jeux olympiques, la tension sécuritaire est montée d'un cran en Chine. Mercredi 6 août, les autorités ont arrêté quatre étrangers, qui défiaient le pouvoir en appelant à un "Tibet libre" devant le stade national, alors que la flamme olympique rentrait à Pékin. Selon l'agence officielle Chine Nouvelle, deux Britanniques et deux Américains ont été interpellés par la police, douze minutes après avoir déployé une première banderole près du "nid d'oiseau". Mais selon le groupe Students for a free Tibet, les militants – trois hommes et une femme – sont restés près d'une heure et demie à côté du stade.

"Nous avons mené cette action pour souligner l'utilisation de ces JO par les autorités chinoises comme outil de propagande", a expliqué Iain Thom, un Ecossais de 24 ans. Les quatre manifestants sont entrés en Chine avec des visas de touristes, a indiqué la police à Chine Nouvelle. Selon Students for a free Tibet, les quatre militants ont déployé trois banderoles, deux en anglais et une en chinois. "On ne risque pas de les revoir de sitôt", a commenté la directrice de l'ONG, Lhadon Tethong, précisant que cette action, "vigoureusement condamnée" par le comité d'organisation des Jeux, était préparée "de longue date".

UN MÉDAILLÉ DES JEUX D'HIVER PRIVÉ DE VISA - Les autorités chinoises ont déployé d'importants moyens de sécurité autour des sites olympiques, invoquant la menace terroriste.

Mais pour certains militants des droits de l'homme, ces mesures visent avant tout à empêcher toute manifestation qui pourrait ternir l'organisation des Jeux.

Outre la question du Tibet, Pékin craint que soit remise en cause son engagement au Darfour (Soudan).

Mercredi, l'Américain Joey Cheek, médaillé d'or de patinage de vitesse en 2006 et militant de la cause du Darfour, a eu son visa pour la Chine révoqué. "En dépit du fait que j'ai toujours parlé de manière positive de l'idéal olympique et jamais appelé à un boycott ou demandé à un athlète d'enfreindre une règle du CIO, mon visa a été révoqué moins de 24 heures avant mon départ", a déclaré M. Cheek, l'un des co-fondateurs de Team Darfur. Le responsable de l'ambassade de Chine à Washington, qui a prévenu M. Cheek de cette décision, lui a indiqué qu'il n'était "pas tenu d'avancer une raison" pour la révocation de son visa.

Joey Cheek devait se rendre à Pékin pour soutenir plus de 70 athlètes en compétition qui se sont engagés à attirer l'attention pendant les Jeux sur les violences au Darfour et sur le rôle que pourrait jouer la Chine et la communauté internationale pour y mettre fin. "Je suis attristé de ne pas pouvoir assister aux Jeux (...) Le refus de mon visa s'inscrit dans un effort systématique du gouvernement chinois pour contraindre et menacer les athlètes qui s'expriment au nom des populations innocentes au Darfour". Washington a officiellement protesté.

RAPPEL À L'ORDRE - Face au durcissement de ces mesures de sécurité, les partenaires de la Chine haussent le ton. Les Etats-Unis ont ainsi rappelé mardi à la Chine les engagements qu'elle avait pris en se portant candidate à l'organisation des JO, après les brutalités infligées lundi à deux journalistes japonais par la police chinoise.

"La Chine avait promis que les journalistes pourraient travailler librement pendant la période menant aux Jeux olympiques et pendant leur durée, a souligné un porte-parole du département d'Etat. La détention et les coups infligés à deux journalistes japonais qui tentaient de faire un reportage sur l'attentat du 4 août à Kashgar contredisent l'esprit des engagements de la Chine."

Masami Kawakita, photographe du quotidien Tokyo Shimbun, et Shinji Katsuta, caméraman de Nippon News Network, ont été interpellés par des policiers paramilitaires lundi soir alors qu'ils tentaient de prendre des images de Kashgar, où a eu lieu un attentat, lundi matin, qui a tué 16 policiers, dans la région à majorité musulmane du Xinjiang.

Emmené dans un bâtiment gouvernemental, Masami Kawakita dit avoir été plaqué au sol, le pied d'un policier maintenant sa tête contre terre, puis avoir aussi reçu des coups de pied.

De son côté, Chine Nouvelle indique simplement que la police s'est "affrontée" aux journalistes nippons et que "l'antenne locale des affaires étrangères leur a présenté mardi des excuses". Des policiers ont par ailleurs fait irruption dans la chambre d'un photographe de l'AFP, le forçant à effacer les photos qu'il avait prises du site de l'attaque. Mardi, les journalistes en reportage à Kashgar étaient escortés par des policiers en civil.

Posté par Kozett à 13:11 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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