vendredi 4 juillet 2008
CHINE - Nicolas Sarkozy n'est pas le bienvenu en Chine
Actualités CHINE le 2/7/2008 à 20h33 par AFP
Le ressentiment anti-français semblait rester vif en Chine à cinq semaines des jeux Olympiques, illustré par un sondage internet défavorable à la présence du président Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture de l'événement.
Une consultation ouverte par un des plus grands portails du pays, Sina.com, donne 88% d'internautes opposés à la présence du président français à cette cérémonie, le 8 août.
Les sondés ont jugé "extrêmement inamicale" l'attitude du chef de l'Etat français qui, ces derniers mois, a lié sa venue pour l'ouverture des JO à la question du Tibet.
99.461 internautes avaient participé à l'enquête d'opinion du portail sina.com mercredi à midi, selon le site, dont les forums se sont souvent faits l'écho d'une expression nationaliste.
Le portail de la société privée Sina Corp., cotée au Nasdaq, est un des plus populaires de Chine, officiellement indépendant dans un pays où toutefois les médias restent étroitement contrôlés par le pouvoir.
Lundi, M. Sarkozy a fait savoir qu'il annoncerait en "début de semaine prochaine" s'il assistera à la cérémonie, en fonction de l'évolution du "dialogue" entre le régime chinois et le dalaï lama, qui a repris à huis clos mardi.
Les relations franco-chinoises se sont tendues au printemps, sur fond de crise tibétaine, notamment après le passage chaotique de la flamme à Paris début avril, très mal perçu par le public chinois comme, par la suite, l'octroi de la citoyenneté d'honneur de la ville de Paris au dalaï lama.
Un ressentiment anti-occidental et notamment anti-français s'était traduit par une série de manifestations à partir de la mi-avril devant des hypermarchés du distributeur Carrefour, érigé en symbole de la France.
Fin mai, les tours opérateurs de Pékin avaient reçu pour consigne, non écrite, de retirer la France de leurs destinations touristiques. Pour certains observateurs, ce boycottage officieux de la France été une mesure de rétorsion à l'honneur décerné au dalaï lama par la ville de Paris.
jeudi 3 juillet 2008
MONGOLIE - Les violences ont fait 5 morts et 329 blessés
NOUVELOBS. | 02.07.2008 | 11:00
Tard mardi soir, le président de Mongolie, Nambariin Enkhbayar, a décrété l'état d'urgence pour quatre jours, à la suite de violentes manifestations déclenchées par une contestation des élections législatives, alors que les résultats ne sont toujours pas officiels.
Au lendemain de violentes manifestations déclenchées par une contestation des élections législatives en Mongolie, l'armée patrouillait mercredi 2 juillet dans le centre d'Oulan Bator, la capitale de la Mongolie.
Le ministre de la Justice Tsend Munkh-Orgil a annoncé que ces violences ont provoqué la mort de cinq personnes et 329 autres ont été blessées (221 civils et 108 policiers).
Affrontements devant le siège du PPRM
Tard mardi soir, le président de Mongolie, Nambariin Enkhbayar, a décrété l'état d'urgence pour quatre jours. Des milliers d'électeurs, furieux que les anciens communistes aient revendiqué la victoire alors que les résultats officiels se font encore attendre, s'étaient affrontés dans la soirée avec la police anti-émeutes.
Mercredi matin, les incendies étaient éteints, laissant place à des tas de débris et des voitures calcinées. Le siège du Parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM, ancien parti communiste), grand bâtiment de style soviétique qui a servi de point de ralliement aux manifestants, fumait encore. Les vitres ont été brisées et les bureaux pillés.
Des dizaines de soldats armés de fusils gardaient l'immeuble, tandis que d'autres circulaient en ville, à pied ou à bord de véhicules militaires.
L'état d'urgence prévoit notamment l'interdiction de la vente d'alcool et des restrictions contre la presse. Seule la télévision nationale est autorisée à diffuser. Un couvre-feu interdit toute circulation la nuit dans le centre de la capitale.
Bataille entre Démocrates et communistes
Mardi soir, la police avait tiré des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes contre une foule de 8.000 manifestants. Elle n'avait réussi à maîtriser le mouvement que tard dans la nuit. 718 personnes ont été interpellées, selon le ministre de la Justice.
Les anciens communistes et leurs rivaux les Démocrates se disputent le pouvoir en Mongolie depuis le retour de la démocratie en 1992 après plus de 70 ans passés dans le giron soviétique. Cet immense pays compte moins de 3 millions d'habitants.
Aux dernières législatives de 2004, les deux partis s'étaient retrouvés quasiment à égalité, se partageant de fait le pouvoir au sein d'une coalition tendue, paralysant toutes réformes. En quatre ans, le pays a connu trois Premiers ministres.
Les violences, rares dans cette jeune démocratie, ont désolé de nombreux Mongols.
Pas de date pour les résultats
Le Premier ministre Sanjaagiin Bayar, issu du PPRM, a accusé les Démocrates d'avoir suscité l'explosion de violence en accusant les communistes de fraude électorale.
Mais le leader des Démocrates, Tsakhiagiin Elbegdorj, s'est défendu en rejetant la responsabilité des troubles sur les anciens communistes : "La violence n'est pas de notre faute. C'est la faute du PPRM qui a acheté cette élection. C'est ça qui a mis les gens en colère".
L'ancien parti communiste de Mongolie, qui a dirigé le pays de 1921 à 1996, a assuré lundi avoir remporté la majorité au Parlement avec 45 sièges sur les 76 que compte le Grand Houral.
La commission électorale nationale doit encore se prononcer, mais ne peut pas encore avancer de date pour les résultats.

Réélection de Mungabe au Zimbabwe

mercredi 2 juillet 2008
TIBET - Les responsables tibétains veulent un geste de Pékin
LE MONDE | 02.07.08 | 10h37 Pékin correspondant
Des envoyés du dalaï-lama et des responsables du Parti communiste chinois se sont rencontrés, mardi 1er juillet à Pékin, dans le cadre d'une nouvelle série de discussions destinées à ébaucher l'esquisse d'un compromis pour ramener le calme au Tibet, deux mois et demi après les violentes émeutes de Lhassa.
Ces consultations, les septièmes depuis 2002, n'ont pas été confirmées de source officielle chinoise, l'agence de presse Chine nouvelle ayant simplement annoncé, en fin de semaine dernière, que des émissaires du dalaï-lama viendraient à Pékin "début juillet". Le gouvernement en exil du dalaï-lama, basé en Inde, a, de son côté, confirmé la reprise de ces discussions qui devaient se conclure mercredi.
La dernière rencontre entre les deux habituels négociateurs tibétains, Lyodi Gari et Kelsen Gyaltsen, et deux hauts responsables du Département du front uni du Parti communiste avait eu lieu, le 4 mai, dans le sud de la Chine, à Shenzhen. Il s'agissait d'une réunion d'urgence dont Pékin avait accepté le principe sous forte pression internationale, quelques semaines après les violences au Tibet qui, selon le gouvernement tibétain en exil en Inde, auraient fait 203 morts depuis la mi-mars.
Pékin affirme pour sa part que les violences dans tout le Tibet et les régions limitrophes de peuplement tibétain ont provoqué la mort de 21 personnes, dont un policier. La rencontre de Shenzhen avait duré une seule journée et n'avait débouché sur rien de concret, sauf la promesse de reprendre le dialogue à une date ultérieure. Le séisme du 12 mai au Sichuan, dont le bilan dépasse les 80000 morts, aurait, depuis, obligé le pouvoir chinois à repousser la reprise de ces contacts.
Le gouvernement tibétain en exil estime que, cette fois-ci, "la balle est dans le camp [de la Chine], comme l'a dit la ministre des affaires étrangères Kesang Yangkyi Takla." Elle a souligné le fait que depuis 2002, les Chinois n'ont jamais fait les concessions attendues par la partie tibétaine.
CONCESSION MAJEURE
A Pékin, un observateur étranger, demandant à ne pas être nommément cité, estime que le dalaï-lama "ne peut pas aller plus loin" dans le compromis avec Pékin, le chef de l'Eglise tibétaine ayant, ces derniers temps, fait des déclarations en phase avec la volonté chinoise.
Dans un entretien accordé, le 24 mai, au quotidien britannique The Financial Times lors de son passage au Royaume-Uni, le dalaï-lama avait clairement expliqué qu'il revendiquait une "autonomie réaliste" pour les Tibétains "dans le cadre de la Constitution chinoise", renouvelant sa promesse de ne pas "chercher l'indépendance" du Tibet. Le fait d'accepter le principe de la soumission à la Constitution chinoise est en effet une concession majeure de la part du dalaï-lama.
Jusqu'à présent, les ouvertures pratiquées par le dalaï-lama ont été largement ignorées par le régime chinois, les responsables de la propagande multipliant les insultes à l'égard du "loup en robe de moine"… Dernièrement, durant le passage, sous haute surveillance, de la flamme olympique à Lhassa, le secrétaire du Parti pour le Tibet, le redoutable Zhang Qingli, a promis "d'écraser les séparatistes". Une formule peu appropriée durant le relais de la "flamme sacrée" et qui a conduit le Comité international olympique (CIO) à protester.
A cinq semaines des Jeux olympiques du 8 août, quelle va être cette fois-ci l'attitude de Pékin, si l'on considère que la "balle" est dans son camp ? Ce que veulent les Tibétains, c'est notamment la fin des campagnes de "rééducation patriotique" imposées dans les monastères et la libération des prisonniers.
La semaine dernière, le pouvoir chinois a fait un geste en libérant 1157 personnes impliquées dans les émeutes anti-han (chinois) du mois de mars à Lhassa.
Ce que veut la Chine, comme l'a répété, mardi, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Liu Jianchao, c'est que le dalaï-lama applique une politique consistant à freiner les "activités des séparatistes" et à arrêter de "saboter les Jeux olympiques".
Un article publié par la revue Qiushi ("Chercher la vérité"), l'organe officiel du Comité central du Parti communiste chinois, a néanmoins été récemment remarqué pour avoir rappelé que, depuis Mao Zedong, la Chine est prête à "accueillir bien volontiers le dalaï-lama s'il change son attitude"… Selon un observateur des questions tibétaines qui requiert l'anonymat, le régime préparerait ainsi le terrain à une politique plus "bienveillante" à l'égard du dalaï-lama qui a retrouvé, dans le langage de la propagande, son titre de "14e dalaï"…
L'impératif numéro un de la Répu blique populaire étant la réussite des Jeux olympiques, il ne faut cependant pas trop anticiper sur les conséquences, à terme, d'une possible "modération" pékinoise. Quant au dalaï-lama, il a renouvelé dans son entretien au Financial Times sa volonté d'aller à Pékin assister aux Jeux olympiques, "si une invitation arrive".
lundi 30 juin 2008
Japon - Manifestation à Tokyo contre le sommet du G8
Actualités Japon 30 Juin 2008
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Tokyo contre la tenue, début juillet dans le nord du Japon, du sommet des pays industrialisés du G8.
Les manifestants, issus d'horizons divers allant des associations altermondalistes aux mouvements de sans-abri japonais, ont scandé des slogans tels que: "arrêtez le sommet du G8! Ils ne font que créer de la pauvreté!"
Les médias japonais ont chiffré à environ 1.500 le nombre de manifestants dans le quartier central tokyoïte de Shibuya.
Quelques dizaines d'autres protestataires se sont également rassemblés dans un autre quartier, Shinjuku.
Selon une journaliste de l'AFP sur place, de légères échauffourées ont opposé les manifestants de Shibuya aux forces de l'ordre, déployées en grand nombre. La chaîne TV Asahi a fait état de deux arrestations, mais la police, interrogée, n'était pas en mesure de confirmer cette information.
Le sommet du G8 doit réunir, du 7 au 9 juillet à Toyako, dans l'île septentrionale de Hokkaido, les chefs d'Etat ou de gouvernement des Etats-Unis, du Japon, d'Allemagne, de Grande-Bretagne, de France, d'Italie, du Canada, de Russie ainsi que de plusieurs autres pays invités pour l'occasion.
Les forces de sécurité japonaises se sont fortement mobilisées pour l'occasion, déployant 21.000 policiers en renfort rien qu'à Tokyo.
SéNéGAL - Marche à Dakar pour la protection des journalistes
Presse Sénégal JeanMarcMorandini - 29/06/2008 13:53
Plusieurs centaines de personnes ont participé samedi à Dakar à une marche, à l'appel de syndicats de la presse notamment, pour "réclamer justice" à l'égard de policiers ayant battu deux journalistes, dont l'un est toujours hospitalisé, après un match de football le 21 juin.

La manifestation à laquelle ont pris part des journalistes, des hommes politiques de l'opposition et du pouvoir, des membres de la société civile et des intellectuels, s'est déroulée près du centre ville de Dakar, sur une distance de quelque 3 km.
"Nous réclamons justice", "Le monstre est toujours là", "policiers = tortionnaires" sont quelques unes des inscriptions sur des banderoles et panneaux portés par les manifestants -- estimés à 2000 par les organisateurs et à 500 par la police -- qui ont scandé des slogans pour la liberté de la presse.
jeudi 26 juin 2008
Vrai-faux suspense chinois pour Sarkozy et les JO
Le Point – 25/06/08 - Véronique Tison
Officiellement, aucune décision n’est prise en ce qui concerne la participation de Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, le 8 août prochain. Mais en réalité, son déplacement est d’ores et déjà programmé par l’Elysée !
La ministre de la Jeunesse et des Sports a même inscrit, dans le planning des personnalités françaises attendues à Pékin, le nom de Nicolas Sarkozy pour un séjour de quatre jours entre le 7 et le 11 août. Ses deux fils, Pierre et Jean étant annoncés dans la capitale chinoise, du début à la fin des jeux.
Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’assemblée y sera du 20 au 26 août. quand à Fillon, même à Pékin, il a pris soin de ne pas croiser Sarko puisqu’il est attendu sur place du 16 au 19 août.
L’important, c’est de participer…
Nicolas Sarkozy représentera également à Pékin l’Union européenne, du fait de la présidence française.
lundi 2 juin 2008
TIBET - les aveux d'un moine savamment orchestrés
"Je suis encore jeune. Je ne réalisais pas les conséquences". Cet "aveu" d'un jeune moine tibétain a eu lieu à Lhassa le 3 juin dernier devant une trentaine de journalistes asiatiques, invités au 2ème voyage de presse organisé par le gouvernement chinois depuis les émeutes du 14 mars dernier.

Au milieu des caméras et des appareils photos, Luojie, un moine de 27 ans, a déclaré qu'il regrettait s'être plaint du sort de sa communauté devant des journalistes étrangers.
Il y a deux mois, lui et une trentaine d'autres moines avaient en effet profité de la première visite de presse programmée à Lhassa par le gouvernement chinois pour faire irruption dans la salle remplie de journalistes étrangers et témoigner de l'oppression et du silence auxquels les contraignaient les autorités chinoises.
Ce 3 juin, c'est un tout autre son de cloche qui a résonné. Alors que la visite guidée touchait à sa fin, le jeune moine, escorté par un officiel chinois, a avoué qu'il avait commis une "erreur" en s'appuyant sur des "rumeurs" entendues dehors, notamment une radio basée en Inde.
Des propos énoncés "d'une voix hésitante et apparemment très nerveuse", selon un journaliste du quotidien hongkongais South China Morning Post. Bref, une intervention aux allures de mise en scène qui laisse difficilement croire au retour à la normale au Tibet tant annoncé par les autorités chinoises.
Un climat lourd - Au contraire, sous la conduite du secrétaire du Parti au Tibet Zhang Qingli, partisan d'une ligne dure, l'oppression s'est renforcée au Tibet depuis les émeutes de mars dernier. "Les séances obligatoires de « rééducation patriotique » dans les monastères existent depuis 1996 mais elles se sont intensifiées. Le but étant de les forcer à renier le Dalaï Lama. Mais ces unités de rééducation ne font qu'aboutir à l'effet inverse et pousser à la rébellion", raconte Kate Saunders, de l'organisation International Campaign for Tibet.
En effet, loin de l'itinéraire tout tracé des visites de presse à Lhassa, les protestations continuent, tout de suite sévèrement punies. Selon plusieurs organisations, depuis le 12 mai, les autorités ont arrêté plus de 80 religieuses et une douzaine de moines après que de nouvelles manifestations aient éclaté dans une préfecture tibétaine du Sichuan, province du Sud de la Chine touchée par le tremblement de terre.
Et ce n'est pas dans les trois prochains mois que les autorités chinoises vont baisser leur garde, d'autant que le mois de juin s'annonce chargé entre le festival de Saga Dawa, l'anniversaire de Bouddha au cours duquel des milliers de pélerins se rendent à Lhassa et le passage de la flamme olympique dans la capitale tibétaine.
CHINE - Renforcement de la présence policière à Lhassa en juin
Actualités Chine par Arthur Camus (Aujourd'hui la Chine)
Les patrouilles de police et les contrôles d'identité se multiplient depuis le début du mois de juin à Lhassa. Les autorités chinoises cherchent à empêcher toute manifestation au Tibet en prévision du passage de la flamme olympique a expliqué un officiel de la Région autonome.
La présence policière a été renforcée dans les rues de Lhassa depuis dimanche 1er juin. Pour Pelma Trilek, vice-président de l'exécutif de la Région autonome, "ces mesures visent à empêcher toute menace à la sécurité posée par les « forces séparatistes » et à préparer le passage de la flamme olympique au Tibet".
Des groupes de police équipés de matraques et de boucliers anti-émeutes patrouillent dans les rues de Lhassa, notamment à proximité du monastère de Jokhang, le premier centre religieux du Tibet, selon le journal hong-kongais South China Morning Post. Les contrôles d'identité se multiplient le soir venu.
« Le Dalai-Lama a fait certaines remarques, spécialement depuis le 23 mai, et le Congrès de la Jeunesse Tibétaine a dit qu'il ferait tout son possible pour instiguer de nouveaux troubles en juin. Pour assurer la stabilité sociale et la sécurité des personnes, nous avons déployé des policiers armés dans les rues » a déclaré M. Trilek pour justifier ce renforcement sécuritaire.
Récemment en visite à Londres, le Dalai-Lama avait dit à des journalistes qu'il craignait que de nouvelles scènes de violence éclatent si les discussions entre ses représentants et Pékin échouaient.
« Nous n'en connaissons pas encore l'ampleur et la localisation, mais avec l'appui du gouvernement central, nous pensons que leurs projets échoueront. Nous devons malgré tout être préparés » a expliqué Pelma Trilek.
Le mois de juin est important dans la tradition tibétaine, puisqu'il est marqué par le festival de Saga Dawa, l'anniversaire de Bouddha au cours duquel des milliers de pélerins se rendent à Lhassa.
Cette année, ce mois sera également marqué par le passage de la flamme olympique à Lhassa et les autorités chinoises craignent qu'il ne soit troublé par des manifestations comme en a connu la région autonome en mars dernier.
CHINE - Les parents des enfants disparus dans le séisme au Sichuan demandent des comptes à l'Etat
Les parents des enfants disparus dans le séisme au Sichuan demandent des comptes à l'Etat
LE MONDE LUOSHUI, MIANZHU (SICHUAN) ENVOYÉ SPÉCIAL
Mère tenant la photo de son enfant

Pour la Journée de l'enfant, dimanche 1er juin, les parents des enfants morts ou disparus dans les écoles de Luoshui, dans la province chinoise du Sichuan, détruites par le séisme du 12 mai, se sont d'abord rendus devant l'autel érigé au milieu des ruines. La semaine dernière, ils avaient marché jusqu'à Deyang, passant outre les supplications d'un officiel local, qui s'était agenouillé devant eux, de ne pas porter leurs doléances aux autorités du chef-lieu. La publication de la photo de la scène avait embarrassé les autorités.
Dimanche, les policiers en civil enregistraient les noms des journalistes tout en ajoutant qu'ils sont "entièrement libres de travailler". Les parents, étonnamment peu loquaces, se sont rendus, en cortège, au centre de coordination des secours de Mianzhu, où ils se sont recueillis plusieurs minutes, avant de s'asseoir sur la chaussée, les yeux au sol, les portraits des enfants brandis au-dessus de leur tête. Un cordon de policiers empêchait discrètement les badauds de s'approcher, tandis que les officiels tentaient en vain de les faire entrer dans l'enceinte du centre pour les "protéger du soleil". Le groupe a refusé de bouger.
"A Deyang, on nous a dit qu'on aurait des résultats le 3 juin. Hier, ils sont passés nous voir pour expliquer qu'il fallait attendre le 20. On veut au moins qu'on nous montre les plans de l'école", dit une femme. De l'eau et des repas sont distribués. Un vice-directeur de la construction explique que l'expertise requiert plusieurs étapes.
Vendredi 30 mai, dans la cour de l'école de Luoshui, des mères attendaient, elles, sous un parapluie et regardaient des photos d'un temps meilleur avec des sourires qui tournaient souvent aux sanglots. La veille, une banderole écrite à la main avait été tendue au-dessus d'un monticule de gravats devant le seul bâtiment de l'école resté debout, celui de l'administration. On y lisait : "Rendez justice à nos enfants."
Luoshui est une bourgade d'une dizaine de milliers d'habitants, située au nord de Chengdu, sertie dans un paysage de rizières et de collines. Ces parents attendent, en cet après-midi pluvieux, la venue d'experts dépêchés par le gouvernement provincial et la ville de Deyang, dont dépend Luoshui. "Qu'on nous dise s'il s'agit d'une erreur humaine ou d'une catastrophe naturelle", tempête Wu Yongquan, un homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'un long ciré rouge. "C'est évident que la construction a été bâclée", poursuit-il, en désignant un vieil immeuble qui jouxte l'école et n'a pas une fissure.
Au loin, la silhouette d'une ancienne cimenterie, elle aussi intacte, barre l'horizon. Wu Yongquan était à Deyang quand le séisme a eu lieu. Il travaille pour une entreprise de matériaux de décoration. Il a mis une heure pour rentrer, rassuré car la plupart des bâtiments étaient encore debout. "On habite à la campagne, je pensais bien que notre maison n'aurait pas trop de problèmes."
En arrivant à l'école, il découvre pourtant que les deux étages supérieurs du bâtiment se sont complètement effondrés. Seule une partie du rez-de-chaussée subsiste. La salle de classe de son fils de 11 ans, Wu Youpeng, était la plus près de la sortie, et l'enfant, avec ses camarades s'est rué dehors. Le couloir s'est écroulé sous le poids des gravats.
Le groupe de parents presse un autre père, Li Dequan, d'accompagner les experts, parce qu'il a travaillé sur des chantiers. "Les experts se rendent bien compte qu'il y a des problèmes. Le ciment s'effrite. Mais ce n'est que la première étape", conclut-il après la visite. Il soupçonne une collusion entre l'administration, et "l'équipe" désignée pour construire l'école qui, comme souvent dans les campagnes, n'est pas une entreprise de construction.
Cette école effondrée date de 1995. Construite dix ans auparavant, l'autre école primaire de Luoshui a tenu bon. Au total, sur 360 morts que compte la ville, au moins 180, donc plus de la moitié, ont péri dans l'écroulement des établissements scolaires : les 80 enfants de l'école primaire Luocheng, et 100 adolescents morts dans le lycée, qui s'est désagrégé en quelques secondes.
Les experts l'ont inspecté juste avant l'école, sous le regard d'un autre groupe de parents tout aussi vigilants et désemparés. "On ira en haut lieu si l'on nous dit que c'est la faute de la nature", dit l'un d'eux. Juste après le séisme, des cadres locaux ont menacé des photographes chinois de casser leurs appareils s'ils prenaient des photos de l'école. Mais la visite du premier ministre, Wen Jiabao, a calmé leurs ardeurs.
Dans ce drame de la Chine rurale, ou plutôt "rurbaine", les dizaines de bourgades sinistrées, à l'image de Luoshui, sont des villes champignons au centre rempli de commerces, dont une grande partie de la population travaille aux champs.
Le niveau de vie n'est pas comparable à celui des grandes villes. Ici, la fragilité suspecte des écoles saute aux yeux : à Wufu, un bourg proche de la ville de Mianzhu, l'école primaire Fuxin n° 2 est le seul bâtiment détruit et près de 125 élèves ont péri.
Depuis plusieurs jours, les publications chinoises les plus progressistes, comme Caijing ou le groupe de presse Nanfang, accordent une plus grande place au scandale des écoles, mettant en question les méthodes du gouvernement. Dans le Beijing News, un universitaire de Pékin a appelé à l'organisation d'élections au niveau local, comme le prévoit la Constitution, pour responsabiliser les cadres dirigeants.
Le 29 mai, un inspecteur adjoint du département d'éducation du Sichuan, Lin Qiang, est sorti à son tour de sa réserve. Dans un interview au Nanfang Zhoumo, demandant de vraies enquêtes sur les raisons des défauts de construction, il a ainsi estimé que "devant autant de jeunes vies emportées, on ne mérite pas la qualification d'êtres humains, et encore moins celle d'éducateurs, si l'on ne donne pas priorité à la vie sur la politique et la bureaucratie, si nous, officiels, continuons de tenter d'échapper à nos responsabilités et de nous protéger".

