mardi 13 mai 2008
TIBET - Reniement : Le dalaï lama persona non grata à Downing street
NOUVELOBS.COM | 12.05.2008 | 14:47
Le Premier ministre britannique a finalement décidé de recevoir le chef spirituel des Tibétains à la résidence du chef de l'église d'Angleterre pour ne pas froisser Pékin.
Le dalaï lama, attendu à Londres à la fin du mois de mai, ne sera pas reçu par le Premier ministre Gordon Brown au bureau de ce dernier mais à la résidence du chef de l'église d'Angleterre, a indiqué un porte-parole du gouvernement cité lundi 12 mai par The Times.
"Ce qui est important est qu'ils aient une rencontre et des conversations consistantes. Il est aussi significatif que les Chinois aient eux-mêmes engagé des conversations avec des représentants du dalaï lama", a déclaré au Times le porte-parole qui a tout de même précisé qu'il s'agissait bien là d'éviter une confrontation avec la Chine.
Le Times précise que les deux prédécesseurs de Gordon Brown, Tony Blair et John Major, avaient quant à eux reçu le dalaï lama à Downing street.
Conférences - Outre sa rencontre avec Gordon Brown, le dalaï lama s'exprimera aussi devant les parlementaires britanniques lors de sa visite de 11 jours en Grande-Bretagne du 20 au 30 mai prochains.
"Au vu de l'intérêt particulier que présente le bilan des droits de l'Homme en Chine en 2008, la commission (des Affaires étrangères) a demandé à pouvoir recueillir le témoignage oral de sa sainteté sur une série de questions relatifs aux droits de l'Homme quand elle visitera le Royaume-Uni en mai, et sa sainteté a agréé cette demande", selon un communiqué du Parlement britannique du 22 avril.
Le dalaï lama doit également donner une série de conférence à Londres, à Nottingham (centre-est de l'Angleterre) et Oxford (sud-est) lors de son séjour en Grande-Bretagne.
Les survivants birmans victimes de pillards et de l'absence d'aide
LE MONDE | 12.05.08 | 14h04 • BANGKOK, STOCKHOLM CORRESPONDANTS
La junte birmane s'apprête à proclamer le triomphe de son référendum constitutionnel du 10 mai alors que l'aide internationale parvient toujours difficilement à atteindre les populations du détroit de l'Irrawaddy, les plus touchées, le 3 mai, par le typhon Nargis.
Si la junte s'en tient à son bilan de près de 60 000 victimes, morts ou disparus, le bilan de 100 000 tués est évoqué par des diplomates étrangers. Près de deux millions de rescapés survivent démunis de tout depuis une semaine.
Durant le week-end, les militaires et le gouvernement birmans se sont félicités de la "participation massive" à un référendum "couronné de succès" dans tout le pays, hormis les régions frappées par le typhon. Les organes de presse officiels n'ont pas fourni d'estimation chiffrée du corps électoral appelé à approuver cette nouvelle Constitution, grâce à laquelle les militaires espèrent conserver le contrôle du pouvoir. La télévision d'Etat a vanté la promesse du "plus bel avenir" tout en fustigeant les tentatives "colonialistes" de "manipulations".
La consigne de vote négatif de l'opposition ne semble guère avoir été suivie. Le dépouillement du scrutin s'effectue en l'absence de tout contrôle extérieur.
Dans le même temps, les cris d'alarme des instances internationales et non gouvernementales sur la situation sanitaire se multiplient. Trois avions, affrétés par la Croix-Rouge, l'ONU et la Grèce, se sont posés dimanche à Rangoun, et des camions de secours avaient pu, la veille, franchir la frontière terrestre avec la Thaïlande pour gagner, conduits par des chauffeurs birmans fournis par l'armée, l'ancienne capitale, plus grande ville du pays.
Toutefois, la branche britannique de l'organisation Campagne pour la Birmanie faisait état de cas, dûment relevés dans la presse de Bangkok, d'appropriation abusive d'aide étrangère par des membres de la junte.
PÉRIODE CRITIQUE - Ces débuts d'aide demeurent très loin du compte exigé par la situation. La période devient même critique pour la prévention d'éventuelles épidémies de choléra, typhoïde et dysenterie. Seul un quart des rescapés aurait reçu un début d'assistance.
Selon un reporter clandestin de la radio d'opposition birmane Democratic Voice of Burma (DVB), qui diffuse depuis la Norvège, des pillards s'en prennent aux survivants dans la région de l'Irrawaddy, notamment dans les villages près de Wakema et Kyonmage.
"C'est une vision épouvantable que de voir des corps partout, dans les villages et dans les criques", rapporte une habitante de Kyonmane. "La nuit, c'est effrayant, car des gens viennent en bateau dans les villages désertés pour emporter les tracteurs chinois et d'autres machines. D'autres se faisant passer pour des sauveteurs ont dit à des jeunes femmes survivantes de venir avec eux et, une fois à bord, les jeunes femmes ont été dépouillées de ce qu'elles avaient, violées et abandonnées dans les villages voisins."
Dans le village de Thabaukkyun, le corps d'une femme, Ma Than Than Htay, a été retrouvé par des amis. Ses mains et ses oreilles avaient été tranchée. D'autres corps de femmes ont été trouvés dans le même état. Elles devaient probablement porter des bagues et des boucles d'oreilles.
Une survivante à Hlaing Tharyar, près de Rangoun, a raconté à Democratic Voice of Burma que les habitants du canton ne reçoivent pas d'aide et sont évacués des bâtiments officiels par les autorités et les membres de l'organisation gouvernementale birmane USDA (Union Solidarity and Development Association).
Ce témoin a affirmé à Democratic Voice of Burma que les autorités ne distribuent du riz et de l'huile qu'aux partisans du régime. "Les gens qui meurent vraiment de faim n'ont rien reçu. La nourriture était distribuée aux gens de leurs propres organisations. Seulement une cinquantaine de victimes ont reçu de la nourriture", raconte-t-elle, alors que, selon elle, 10 000 personnes en auraient besoin dans cet endroit.
BIRMANIE - L'Asie impuissante à influencer la junte
LE MONDE | 12.05.08 | 14h04 • BANGKOK, PÉKIN CORRESPONDANTS
Les gouvernements d'Asie, face à la catastrophe humanitaire provoquée par le typhon Nargis, ont une nouvelle fois montré leur impuissance à exercer une quelconque influence sur la junte birmane qui aurait notamment permis d'ouvrir le pays aux secours internationaux.
Dans une formule qui ressemble fort à une injonction impériale à l'égard de la junte birmane, la Chine avait exprimé la semaine dernière, par la voix du porte-parole du ministère des affaires étrangères, Qin Gang, son voeu de voir "le Myanmar coopérer avec la communauté internationale".
Principal partenaire économique et pourvoyeur en armes de la Birmanie, la Chine sait que la communauté internationale a les yeux tournés vers elle quand il s'agit d'exercer des pressions politiques sur la junte. La déclaration du porte-parole chinois est cependant restée de l'ordre de l'implicite, la presse officielle et l'agence Chine nouvelle n'ayant pas fait mention jusqu'à présent des réticences des autorités birmanes à délivrer des visas aux envoyés des ONG ou de l'ONU.
Liu Zhenmin, adjoint de l'ambassadeur chinois aux Nations unies avait espéré, en fin de semaine dernière, que "le gouvernement birman participe activement au dialogue avec les différents acteurs de l'action humanitaire et les assiste en facilitant l'exécution de ces missions." Pékin s'irrite sans doute de la mauvaise volonté des généraux birmans dont l'attitude risque, par effet de rebond, de rejaillir sur la Chine.
La Thaïlande, qui partage une frontière terrestre de 1 800 km avec la Birmanie, a multiplié les pas de deux indécis entre son penchant pour une approche conciliatrice envers la junte birmane et la nécessité de ne pas apparaître comme un obstacle à l'acheminement de l'assistance humanitaire.
"L'AUTISME" DES MILITAIRES - Le premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, a d'abord accepté d'effectuer une visite à Naypyidaw, la nouvelle capitale birmane, pour convaincre les généraux de laisser passer les secouristes étrangers. La junte "n'a pas le temps" de le recevoir, lui a-t-on répondu. Il a dépêché, à sa place, d'autres officiels thaïlandais pour faire oeuvre de "persuasion".
Bangkok ne s'est pas départi de cette attitude qui l'avait déjà conduit, lors de la répression de la "révolte safran" des moines birmans fin 2007, à prendre des distances par rapport à l'opprobre occidentale frappant la Birmanie des généraux.
Dans un éditorial précédent l'ouverture timide à l'aide internationale, le Bangkok Post apportait pourtant son soutien à la notion française de "responsabilité de protection" soumise aux Nations unies, notant que "face à une junte notoirement connue pour sa brutalité", l'apport d'une aide à la population "sans la permission de Rangoun" pourrait se révéler "nécessaire".
Aucune proclamation d'urgence absolue n'est venue de l'Association des Nations du Sud-Est asiatique (Asean) qui a fait preuve d'une discrétion à la hauteur de sa tradition d'ingérence minimale. Le quotidien thaïlandais The Nation affirme ainsi : "Jamais les destins de l'Asean et de la Birmanie n'ont été autant imbriqués. Soit elles surnagent ensemble, soit elles coulent ensemble."
A Singapour, l'aide financière privée collectée en urgence a rapidement dépassé l'aide débloquée par le gouvernement de la riche cité-Etat (100 000 euros les premiers jours). Contrastant avec cette réaction, le quotidien Straits Times, pourtant proche du pouvoir, n'a pas hésité à qualifier l'attitude de la junte de "crime contre la population" birmane.
En Indonésie, le Jakarta Post a souligné que la réponse des pays du Sud-Est asiatique montrait à nouveau son "impuissance devant l'autisme de la junte". Le gouvernement indonésien a adopté au Conseil de sécurité des Nations unies une position similaire à celle de la Chine contre la tentative française de forcing diplomatique, de crainte de renforcer les réticences de la junte.
dimanche 11 mai 2008
BIRMANIE - 1,5 million de personnes sont en danger de mort, selon Oxfam
NOUVELOBS. | 11.05.2008 | 12:05
Si le bilan officiel du cyclone Nargis est d'au moins 23.335 morts et 37.019 disparus, l'organisation humanitaire britannique OXfam estime que ce bilan pourrait être multiplié par 15 par une catastrophe publique massive. De son côté, la junte se félicite de la participation au référendum.
L'organisation humanitaire britannique Oxfam a estimé, dimanche 11 mai, qu'un million et demi de Birmans se trouvaient en danger de mort dans le sud du pays frappé par le cyclone Nargis le 3 mai.
Le bilan officiel du passage de Nargis sur le delta de l'Irrawaddy est d'au moins 23.335 morts et 37.019 disparus mais la responsable régional d'Oxfam, Sarah Ireland, l'a jugé probablement plus proche des 100.000 morts.
Elle a mis en garde contre une nouvelle catastrophe humanitaire qui pourrait s'y ajouter et multiplier ce chiffre jusqu'à 15 fois. "Nous pensons qu'une menace réelle de catastrophe publique massive plane sur la Birmanie", a-t-elle dit. Nombre de rescapés de Nargis sont privés de toit et manquent d'eau propre et potable, ainsi que de nourriture et de produits de première nécessité. Les organisations humanitaires redoutent des épidémies.
Les visas, "question cruciale" - Des vivres continuaient de parvenir aux victimes du cyclone dimanche grâce au déblaiement des routes encombrées jusque-là d'arbres et de débris, mais la junte militaire refusait toujours de laisser des spécialistes étrangers se charger de la distribution de l'aide humanitaire.
"Les visas pour le personnel humanitaire international restent une question cruciale", estime un rapport interne du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU
La dictature militaire insiste pour distribuer l'aide elle-même aux quelque deux millions d'habitants sinistrés et, selon Debbie Stothard, responsable de l'organisation ALTSEAN-Burma de défense des droits de l'Homme en Asie du Sud-Est, elle choisit les bénéficiaires sans se soucier des véritables besoins.
"Même dans la région de Rangoon, qui est accessible pour le régime, les gens se plaignent de ne pas recevoir d'aide. Ils ne reçoivent que du riz pourri", a-t-elle affirmé à l'Associated Press Television News à Bangkok, en Thaïlande. (avec AP)

A LABUTTA partie la plus touchée
BIRMANIE - La junte militaire a confisqué deux cargaisons d'aide de l'ONU
NOUVELOBS. | 10.05.2008 | 18:17
C'est ce qu'a constaté le Programme alimentaire mondial de l'ONU après l'arrivée de deux avions humanitaires destinés aux sinistrés du cyclone Nargis qui a fait au moins 60.000 morts et disparus et plus d'un million de sans-abri.
La junte birmane a confisqué deux autres cargaisons d'aide des Nations unies arrivées par avion et destinées aux sinistrés du cyclone Nargis, a affirmé samedi 10 mai le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU. Le PAM avait déjà eu vendredi deux cargaisons saisies par les autorités douanières birmanes à leur arrivée à Rangoun.
"La situation (des nouveaux arrivages) est similaire à celle des deux autres", a déclaré un porte-parole du PAM à Bangkok, Marcus Prior.
Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a d'ailleurs affirmé que le bilan du cyclone Nargis s'alourdissait "de jour en jour" à cause des restrictions imposées par la junte à l'aide humanitaire et a appelé l'ONU à envoyer une assistance "par tous les moyens".
"Les autorités imposent de nombreuses sortes de restrictions à l'aide internationale, notamment celle des Nations unies, si bien que le nombre de morts augmente de jour en jour", a estimé la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de la lauréate du prix Nobel de la paix.
Deux camions transportant 20 tonnes de matériel dont des tentes et des bâches en plastique, ont atteint la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie à 13H07 heure locale. "Nous espérons que (ce convoi) ouvrira un corridor humanitaire pour permettre à davantage d'aide internationale de parvenir aux victimes du cyclone", a déclaré Raymon Hall, représentant du HCR en Thaïlande cité par le communiqué.
Des responsables du HCR, présents à la frontière birmane, vont superviser le chargement du matériel sur des camions birmans et accompagner le convoi jusqu'à Rangoun, a précisé le communiqué.
187 millions de $ réclamés - Alors que les Nations unies lancent un appel d'urgence pour réunir 187 millions de dollars (121 millions d'euros) afin de venir en aide aux rescapés du cyclone pendant les trois prochains mois, l'ambassadeur de la Birmanie auprès de l'ONU, Kyaw Tint Swe, a assuré que la "Birmanie compte coopérer avec la communauté internationale pour faire à face à ce grand défi". L'ambassadeur birman a toutefois stipulé que l'aide doit être apportée de "façon ordonnée et systématique".
La Maison Blanche a annoncé de son côté que les généraux avaient finalement autorisé la venue d'un avion-cargo américain, un C-130 militaire, attendu lundi en Birmanie.
"Dans la bonne direction" - Ban Ki-moon a expliqué que le personnel de l'ONU discutait avec la junte pour sortir de l'impasse même si de "façon regrettable", les généraux ne sont pas entrés en contact directement avec lui. "Cela avance dans la bonne direction", a-t-il jugé, appelant "avec force" les dirigeants birmans "à faire tout ce qu'il peuvent pour faciliter cette aide".
Auparavant, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait brièvement suspendu son aide après la confiscation de ses deux chargements parvenus jusque-là, dont 38 tonnes de biscuits hautement énergétiques, selon le porte-parole du PAM à Bangkok, Paul Risley. Le porte-parole du gouvernement, Ye Htut, a assuré que les autorités avaient voulu distribuer l'aide "sans retard".
Les Nations unies estiment qu'un million et demi d'habitants ont été "gravement affectés" par le cyclone Nargis du 3 mai, qui a fait selon les autorités birmanes au moins 23.335 morts et 37.019 disparus. La faim et les épidémies menacent, et certaines zones sinistrées sont très difficiles d'accès.
Premiers cas d'épidémie - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de cas de diarrhée et de dysenterie, mais le régime militaire a campé sur son isolationnisme, à la veille d'un référendum constitutionnel contesté par l'opposition. Il a soutenu jusqu'ici que le meilleur moyen de l'aider consiste à lui dépêcher du matériel, pas des hommes, et a renvoyé à l'expéditeur un avion-cargo dans lequel l'aide était accompagnée sans autorisation préalable par une équipe de secours et des médias.
La Croix-Rouge internationale estimait vendredi que les personnels humanitaires ont pu avoir accès à 220.000 victimes de Nargis en Birmanie, sur les quelque 1,9 million de personnes affectées par le cyclone.
Le personnel birman et étranger des organisations humanitaires sur place avant le cyclone assiste déjà les sinistrés mais depuis samedi les nouvelles demandes de visa restent sans résultat. Le PAM dit en avoir déposé dix.
Des villages entiers du delta de l'Irrawaddy, la région la plus durement frappée par Nargis, se trouvent sous les eaux. "Beaucoup (de cadavres humains et animaux) ne sont pas enterrés et traînent dans l'eau. Ils ont commencé à pourrir. La puanteur dépasse tous les mots", constate Anders Ladegaard, secrétaire général de la Croix-Rouge danoise, arrivé à Rangoon vendredi.
Vingt mille sacs seront distribués à des volontaires pour ramasser les dépouilles mortelles. Ce responsable a aussi témoigné des difficultés pour "acheminer l'aide dans le pays, puis dans le delta". "Il n'y a presque pas de bateaux ou d'hélicoptères, c'est vraiment une opération cauchemardesque à organiser."
"Croyez-moi, le gouvernement n'autorisera jamais des étrangers à pénétrer dans la zone dévastée", estimait vendredi Joseph Kyaw, commerçant à Rangoon. "Le gouvernement ne se soucie que de son maintien. Il se moque de la situation désastreuse du peuple." (avec AP)
Pendant ce temps, l'aide internationale continue de s'accumuler de l'autre côté de la frontière, en Thaïlande, où de nombreux humanitaires attendent le feu vert de la Birmanie. Des navires, des avions sont prêts à intervenir dans toute la région, mais seule une aide limitée arrive à passer.
samedi 10 mai 2008
COLONISATION - Discours de Dakar : une réponse à Nicolas Sarkozy
NOUVELOBS | 09.05.2008 | 08:46
Des intellectuels africains ont formulé jeudi une réponse au discours sur l'Afrique du chef de l'Etat qui résulte selon eux de préjugés sectaires.
Des intellectuels africains ont dénoncé, jeudi 8 mai, à Dakar le discours sur l'Afrique prononcé en juillet 2007 par le président français Nicolas Sarkozy, lors de la présentation d'un ouvrage rédigé en réponse à ses propos résultant selon eux, de "préjugés séculaires".
Dans cet ouvrage, rédigé par 23 intellectuels africains et publié en France en février, les auteurs estiment qu'il est "difficile de laisser passer des accusations, des propos d'une violence inattendue". "Ce que nous combattons, ce n'est rien de moins que des préjugés séculaires qui empoisonnent les relations de l'Afrique avec le reste du monde", "J'ai été étonné qu'on ait pu servir un tel discours à un chef d'Etat français dans lequel on retrouve des idées de (Friedrich) Hegel", philosophe allemand du 19e siècle qui a nié toute histoire à l'Afrique, a dit Ibrahima Sall, un des contributeurs du livre. Nicolas Sarkozy avait suscité une vive émotion à l'occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, en évoquant notamment "le drame de l'Afrique, (qui est) que l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire". (AFP)
Nouvelle citoyenneté - Pour Boubacar Diop, co-auteur sénégalais du livre, "il y aura d'autres Sarkozy jusqu'au jour où il y aura une nouvelle citoyenneté, faite de respect mutuel, de connaissances partagées et quand les préjugés seront déstructurés".
Archives de la décolonisation - "Le discours de Dakar (de Sarkozy) aura une place notable dans les archives de la décolonisation et notre ouvrage l'y accompagnera", a dit Makhily Gassama, ancien ministre de la Culture du Sénégal, en présence de plus d'une centaine de personnes, dont des hommes politiques et des étudiants, à l'Université de Dakar.
Parmi ses rédacteurs, il y a notamment le linguiste et historien congolais Théophile Obenga et l'historien guinéen Djibril Tamsir Niane.
vendredi 9 mai 2008
JAPON - Hiroshima : ce que le monde n'avait jamais vu
LE MONDE | 09.05.08 | 13h57 • Mis à jour le 09.05.08 | 13h57 NEW YORK, TOKYO CORRESPONDANTS
Hiroshima : ce que le monde n'avait jamais vu
BIRMANIE - Carte satellitaire des inondations
Carte satellitaire des inondations en Birmanie
LEMONDE| 07.05.08 | 17h30
J.O. - La torche olympique a atteint le sommet de l'Everest
TV5MONDE 8 Mai 2008 PEKIN (AFP) - 08/05/2008 10h29
La torche olympique a atteint jeudi le sommet de l'Everest, à trois des mois des JO, une première historique célébrée par Pékin après un parcours chaotique de la flamme qui a parfois mis la Chine dans l'embarras.
Le dernier porteur de la torche, spécialement conçue pour la haute altitude, la Tibétaine Cering Wangmo, a atteint à 09H18 (01H18 GMT) le sommet le plus élevé du monde (8.848 m), provoquant des célébrations en Chine mais aussi des critiques à l'étranger de la part des militants pro-tibétains.
Une douzaine d'alpinistes, dans leurs combinaisons ornées du logo "Pékin 2008", ont célébré l'ascension devant la caméra de la télévision chinoise, lançant des "Pékin vous accueille!" ou "Nous sommes sur le toit du monde!".
Malgré le vent et une température de moins 30 degrés Celsius, la torche spéciale est restée allumée, a assuré l'agence Chine Nouvelle. La torche avait été allumée 40 mètres avant le sommet par un des alpinistes qui avait sorti de son sac à dos une boîte enfermant la flamme. L'équipe avait débuté l'ascension vers le sommet à 03Hh00 (19H00 GMT mercredi), a indiqué l'agence Chine Nouvelle. L'un des cinq derniers porteurs de la torche -- quatre Tibétains et un Han, ethnie majoritaire en Chine -- avait lancé "Un seul monde, un seul rêve" en prenant le relais, le slogan officiel des jeux Olympiques de Pékin en août.
La flamme était arrivée le 27 avril au camp de base de l'Everest, mais de mauvaises conditions météorologiques avaient retardé l'ascension.
La crise au Tibet et dans les régions environnantes du mois de mars n'avait pas fait changer le projet de faire passer la torche sur le "Toit du monde", l'un des moments forts du relais de la torche en Chine. Il s'agit d'une flamme distincte de celle qui parcourt actuellement la Chine après être passée par une vingtaine de pays à l'étranger, parfois de manière houleuse, comme à Paris, en raison de manifestations de pro-Tibétains et de militants des droits de l'Homme.
La torche olympique sur l'Everest a suscité des protestations des militants pro-tibétains, qui dénoncent la répression après le début des émeutes au Tibet en mars. "La Chine a fait du Tibet un thème central de sa propagande olympique", a estimé Matt Whitticase, porte-parole de l'organisation "Campagne pour un Tibet libre", basée à Londres. "En hissant la torche par le versant tibétain de l'Everest, la Chine marque clairement ses revendications de souveraineté sur le Tibet, qui sont sans fondement. C'est une politisation évidente des jeux Olympiques par le pays hôte", a-t-il dénoncé.
Les médias officiels, eux, ont profité de l'occasion pour vanter l'unité du pays avec le Tibet moins de deux mois après les troubles dans la région. Les reportages ont souligné la présence au sein de l'équipe d'alpinistes de Tibétains et de Han, l'ethnie majoritaire en Chine.
Pour éviter toute manifestation de militants pro-tibétains après les troubles de mars, la Chine avait déployé des forces de l'ordre dans la zone et interdit toute autre expédition, comme au Népal voisin, où le versant sud a été fermé. Cette ascension survient quelques jours après une rencontre dans le sud de la Chine entre des émissaires du dalaï lama et les autorités chinoises, la première --connue et rendue publique-- entre les deux parties en près d'un an et après des semaines de pressions internationales sur Pékin.
BIRMANIE Le premier avion de l'Onu est arrivé en Birmanie
NOUVELOBS. | 08.05.2008 | 13:18
Après deux jours de tergiversations, la junte militaire a finalement autorisé les Nations unies à acheminer de l'aide alors que le bilan du passage du cyclone Nargis pourrait atteindre 100.000 morts. Washington attend toujours, en revanche, le feu vert des autorités locales.
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