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samedi 19 janvier 2008

Le sort des sans papiers dépend de notre solidarité

Libéblog 19/01/08 - Richard Moyon

Aujourd’hui, samedi 19 janvier, journée européenne de mobilisation contre l'enfermement des étrangers sans papiers. Selon les pays, ces prisons portent des noms différents, les sans papiers y sont enfermés pour des durées variables,  32 jours en France, 6 mois en Belgique, sans limitation de durée en Grande-Bretagne.

Mais partout le principe est le même : celle ou celui qui n'a pas les bons papiers, les bons tampons et le reste est traqué, arrêté, enfermé et promis à l'expulsion. L'antichambre de l'exil, privation de liberté et de parole, cellules, barbelés, gardiens, pour des hommes, des femmes, des enfants, le plus jeune retenu était âgé de trois semaines.

Des lieux de promiscuité et de violence. Le plus souvent en dehors des villes, mais près des lieux d’embarquement. On y interdit aussi la lecture d’un livre pour enfant jugé «subversif» apporté par une  visiteuse à la petite Séphora.

A la différence des prisons, celles et ceux qui y résident n'ont commis aucun crime, aucun autre délit que celui de n'être pas né au bon endroit à la bonne époque, survivance anachronique des privilèges liés à la naissance pourtant officiellement abolis à la fin du XVIIIe siècle.

Pour n'être pas bien nés les sans papiers se retrouvent, sur simple décision administrative, promis à la pire des peines : le bannissement, la coupure brutale d'avec tout ce qui jusqu'alors faisait leur vie. Ils sont partis un matin, ils ne rentrent pas le soir et, quelques jours ou quelques semaines plus tard, se retrouvent à des milliers de kilomètres de leur travail, de leur logement, de leurs amis, de leur famille, de leurs enfants parfois. 

Les autorités, les ministres, tous ceux qui s'aveuglent sur le caractère inhumain des expulsions, se félicitent de la relative propreté des centres de rétention français, rénovés pour la plupart ou en voie de l'être. C'est ne rien comprendre. C'est la notion même d'enfermement d'innocents qui est monstrueuse. Avec, au bout, non pas un nouvel exil, comparable à celui que constitue toute migration, mais le sentiment insupportable d'avoir été chassé de la société où on avait recommencé à bâtir sa vie, d'être rejeté, non désiré. D’être un paria. Sentiment qui mine la vie de nombre des expulsés.
Ce sont profondément les raisons qui font qu'on ira manifester demain samedi devant les centres de rétention.

Parce que leur sort dépend aussi de notre solidarité !

RESF (Réseau Education Sans Frontières) : http://www.educationsansfrontieres.org/?article10854

Lire aussi : le député Mariani poursuit sa croisade contre les sans-papiers

Le député UMP Thierry Mariani est obsessionnel. Après avoir réussi à glisser les tests ADN pour surveiller les regroupements familiaux, le revoilà poursuivant son travail de harcèlement. Il veut désormais s’attaquer à l’aide médicale d’Etat (AME), un dispositif qui permet de prendre en charge les frais de santé des personnes vivant en France en situation irrégulière.

Selon le Figaro de vendredi, Thierry Mariani va, avec son confrère Claude Goasguen (UMP), déposer un projet de loi envisageant une réforme «drastique» de l’AME.....

MARCHE UNITAIRE samedi 19 janvier 14 heures à Paris.
Départ : CITE de l’IMMIGRATION (Porte Dorée) pour aller au Centre de Rétention de VINCENNES

Posté par werdna à 11:31 - Immigrations - Rétroliens [2] - Permalien [#]

Centre de rétention : « C'est une prison qui n'en a pas le nom »

Ouest-France 19/01/08 - Recueilli par Fanny ROCA.

Une journée européenne d'action contre les centres de rétention administrative est prévue ce samedi. Un homme en situation irrégulière, à Angers, témoigne sous couvert d'anonymat.

« Quand je suis arrivé en France, en 2006, j'ai demandé l'asile politique. Dans mon pays d'origine, les gens sont assassinés ou persécutés. Moi, j'avais été jeté en prison. Parce que ma famille était soupçonnée d'entretenir des relations avec les rebelles. Ils sont tous partis, maintenant. »

J'étais en danger là-bas

« Mes frères et soeurs ont trouvé refuge en Europe ou au Canada. Mes trois enfants sont avec ma soeur dans un autre pays d'Afrique. Moi, l'asile en France m'a été refusé. On m'a alors débouté et dirigé vers la commission des recours des réfugiés. Il y a six mois, j'ai réussi à réunir des documents provenant de mon pays. Des preuves que j'étais en danger là-bas. Avec ces nouveaux éléments, je pouvais faire une demande de réexamen. Ce que j'ai fait. »

Une convocation piège

« La préfecture m'a convoqué une semaine plus tard. C'était une convocation piège. Ils ont voulu que je signe un papier. J'ai refusé. Mais j'ai suivi les agents en civil sans rien dire. On m'a placé en garde à vue 24 heures. Le lendemain, on m'a mis dans une fourgonnette et menotté, comme si j'étais un délinquant. Sauf que je n'avais rien fait. »

Elle m'a dit « Débrouillez-vous »

« Je me suis retrouvé au centre de rétention de Rennes. J'ai demandé un formulaire pour faire un recours. Ils me l'ont fourni. J'ai alors réclamé un stylo pour le remplir. Mais les crayons, comme les livres et les journaux, sont interdits à l'intérieur. La dame m'a dit : « Ah, je n'y peux rien, débrouillez-vous. » Alors, quand elle s'est retournée, j'en ai piqué un sur son bureau. »

Un avocat commis d'office

« 48 heures plus tard, j'étais convoqué chez le juge pour étudier mon recours. C'est la procédure habituelle. J'avais droit à un avocat commis d'office, qu'on voit cinq minutes avant de passer devant le juge. Et lire un dossier de 40 ou 50 pages en cinq minutes... D'ailleurs, il m'a dit : « Ne vous faites pas d'illusion, la demande va être rejetée. » Ce qui s'est passé. »

Irakiens, Turcs, Maliens...

« Là-bas, j'étais avec des Irakiens, des Iraniens, des Turcs, des Maliens, des Sénégalais. Beaucoup de Chinois, aussi. On a entamé une grève de la faim. Ils l'ont fait cesser, mais au moins, ils ont ouvert le chauffage. Jusque-là, la nuit, il faisait zéro degré. »

Des caméras partout

« La vie au centre ? On n'a aucune intimité. Les portes des toilettes et des douches sont conçues de façon à ce que ça ne ferme pas. Les chambres sont constituées d'une grande porte vitrée qui donne sur la cour. Il y a des caméras partout et des haut-parleurs qui nous appellent régulièrement pour qu'on se présente à n'importe quelle heure de la journée, devant un portail, pour être identifiés. »

Bourrés de médicaments

« À partir de 20 h, on est enfermé dans nos « cages » jusqu'à 6 h, avec la télé à fond toute la nuit, a priori sur la chaîne qu'on a demandée le matin. On ne dort pas puisqu'il y en a qui peuvent être libérés à 2 h du matin. On est juste bourrés de médicaments et d'anxiolytiques. Et pour ceux qui arrivent à dormir, le matin, certains gendarmes donnent un grand coup de pied dans la porte pour qu'on se réveille en sursaut. »

C'est une prison

« Les gardiens entrent parfois sans frapper. Moi, je leur ai demandé de ne plus le faire, alors, vers la fin, ça allait mieux. Mais la majorité de ceux qui sont là-bas ne parlent pas le français et n'arrivent pas à se faire comprendre. En fait, c'est une prison qui n'en a pas le nom. »

Sans argent ni pyjama

« Je ne m'attendais pas vraiment à tout ça avant d'y entrer. On ne voit pas ça aux informations... Et puis, j'ai été libéré seize jours plus tard. Ils m'ont déposé devant le tribunal de Rennes, sans argent ni pyjama. Pendant une demi-heure, je suis resté là sans bouger, à me demander ce que j'allais faire. »

Des gens pour m'aider

« Je suis reparti à Angers, où j'ai trouvé des gens pour m'aider. Mais je suis toujours en situation irrégulière. J'attends une nouvelle convocation. J'ai fait des demandes dans d'autres pays, d'ailleurs. Ce n'est pas que je veux absolument rester ici. Je cherche juste une protection. En France ou ailleurs. Même en Afrique. »

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mercredi 9 janvier 2008

Immigration: Sarkozy insiste sur les quotas et veut mettre en place une juridiction spécialisée

PARIS (AFP) - 08/01/2008 – TV5 infos

Nicolas Sarkozy a réaffirmé mardi le bien-fondé du contrôle de l'immigration et des expulsions d'étrangers sans-papiers, demandant d'aller "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas" et souhaitant la création d'une juridiction spécialisée dans le droit des étrangers.

Le président de la République a de nouveau évoqué les "quotas" d'immigrés, concept rejeté par les organisations de défense des droits de l'homme, qui nécessiterait une réforme de la Constitution.

En effet, remarque Serge Slama, professeur de droit public, cette notion de quotas a été jugée par deux fois par le Conseil constitutionnel contraire au principe d'égalité qui concerne aussi bien les Français que les étrangers vivant en France.

"J'ai demandé (au ministre de l'Immigration) Brice Hortefeux (...) d'aller jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas. Cela fait trop longtemps qu'on en parle. Tout le monde sait que c'est la seule solution", a déclaré M. Sarkozy.

Le Réseau Education Sans Frontières (RESF), qui organise tous les mois un rassemblement dans le quartier parisien de Belleville, a dénoncé le discours présidentiel en s'engageant à aller "jusqu'au bout" dans le soutien aux sans-papiers. M. Sarkozy avait souhaité en septembre arriver "à établir chaque année, après un débat au Parlement, un quota avec un chiffre plafond d'étrangers" accueillis sur le territoire". Il avait envisagé d'établir ce quota par profession et par zone géorgraphique.

"Le respect de nos engagements internationaux et notre Constitution nous empêchent légalement de pouvoir recourir aux quotas dans plus de 85% des cas", a estimé l'association France Terre d'Asile, rappelant que les quotas par professions "restent difficiles à atteindre dans tous les pays de l'OCDE".

M. Sarkozy a aussi défendu la politique d'expulsions. "Je ne permets pas que l'on dise de la France que nous traitons comme des criminels des gens qui n'ont pas de papiers", a-t-il dit. "Il ne s'agit pas d'inhumanité, il s'agit d'Etat de droit et, dans un Etat de droit, on a des papiers".

Enfin, M. Sarkozy s'est prononcé pour "une juridiction qui s'occupe du droit des étrangers" alors que ce domaine relève de tribunaux ordinaires, administratifs ou judiciaires.

Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Immigration n'a pas apporté de précisions à ce propos présidentiel.

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a estimé qu'une éventuelle remise en cause de la double compétence des justices administrative et judiciaire impliquerait de "réformer la Constitution".

Des comités d’expulsion ! c’est plutôt révolutionnaire…

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samedi 5 janvier 2008

L'étau se resserre sur les étrangers en situation irrégulière

LE MONDE 04.01.08 | 14h06

Augmentation des places en centre de rétention, création d'un fichier des étrangers irréguliers, vérification systématique des titres de séjour lors d'embauche ou d'inscription à l'ANPE : l'étau se resserre sur les sans-papiers.

Le gouvernement s'est ainsi engagé dans un important programme de "rénovation" des Centres de rétention administratives (CRA), destiné à accroître le nombre de places. Cette augmentation de capacités est devenue d'autant plus nécessaire que les délais de rétention ont été allongés par la première loi Sarkozy sur l'immigration en 2003. Cette réforme a porté de 5 à 32 jours le délai maximum pendant lequel un étranger sans papier interpellé peut être gardé en CRA.

De 739 en 2003, le nombre de places dans ces lieux d'enfermement est déjà passé à 1 800 fin 2007. De nouveaux centres ont été construits, d'autres ont vu leur capacité doubler. Sur le site de Vincennes (Val-de-Marne), il y a désormais deux centres accolés l'un à l'autre de 140 places chacun, soit au total 280. Et l'ouverture de 240 autres places sur l'enceinte de Roissy (Val-d'Oise) est en prévision pour 2009 ou 2010.

Pour la Cimade, association habilitée à être présente dans les CRA, ce programme de construction privilégiant la création de grosses structures, allié à la politique du chiffre, n'est pas étranger aux mouvements de protestation qui surgissent spontanément de plus en plus souvent dans les centres. "Alors que les conditions matérielles se sont améliorées, le climat s'est fortement dégradé, observe Damien Nantes, un de ses responsables. Cela peut paraître paradoxal, mais n'a rien de surprenant cependant quand on voit la taille des centres et surtout l'accroissement des situations inhumaines : hommes et femmes insérés socialement depuis des années en France, personnes malades, parents dont les enfants sont à l'extérieur..."

Le gouvernement s'est par ailleurs doté d'un outil supplémentaire, dans son arsenal contre l'immigration clandestine, avec la création, par décret du 30 décembre, du fichier ELOI, destiné "à faciliter" l'éloignement des étrangers en situation irrégulière. Ce nouveau fichier permet d'enregistrer des données personnelles sur l'étranger frappé d'une mesure de reconduite à la frontière ou d'expulsion, mais aussi sur l'hébergeant, en cas d'assignation à résidence. Ces données devront cependant être effacées "au plus tard trois mois" après l'assignation ; seules celles concernant l'identité et la filiation pourront être conservées trois ans.

Et depuis le 1er juillet, les employeurs doivent adresser aux préfectures la copie du titre de séjour de tout salarié étranger qu'il embauche. L'ANPE et les Assedic doivent faire de même pour tout étranger sollicitant une inscription comme demandeur d'emploi.

J’ai mal a la France 

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vendredi 4 janvier 2008

Manifestation à Paris en soutien aux sans-papiers retenus, dont certains en grève de la faim

PARIS (AFP) - 03/01/2008 Tv5-infos

Quelque 200 personnes ont manifesté jeudi après-midi à Paris jusqu'au centre de rétention administrative (CRA) de Paris-Vincennes pour demander la régularisation de tous les sans-papiers et exprimer leur soutien à ceux retenus, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants s'étaient rassemblés à 16h00 à l'appel du 9ème collectif des sans-papiers de Paris, devant la Cité de l'immigration Porte Dorée. Ils ont ensuite marché jusqu'aux portes du CRA, gardé par un cordon de gendarmes, de l'autre côté du Bois de Vincennes, avant de se disperser vers 19h15.

"2007 est fini, mais la politique du chiffre continue", a dénoncé l'un des organisateurs de la manifestation, à laquelle s'étaient joints des membres du Réseau Education sans frontière (RESF), du MRAP ainsi que d'Act Up.

Le défilé était émaillé des traditionnels slogans "non aux expulsions" et "régularisation de tous les sans-papiers". Des pancartes comme "non à la politique des quotas", "non à la chasse aux étrangers" ou "arrêt immédiat de toutes les rafles" étaient brandies, tout comme une d'Act Up : "Malades expulsées, malades assassinées".

Devant le CRA, les manifestants ont réclamé la "fermeture des centres de rétention", tout en scandant "libérez nos camarades".

Selon un retenu, en liaison téléphonique avec l'un des organisateurs de la manifestation, 70 personnes observeraient une grève de la faim au centre. Mais un autre retenu, joint par l'AFP, a assuré que seuls "quelques-uns" faisaient une grève de la faim. "La tension reste forte dans le centre. Ca peut dégénérer à tout moment", a dit à l'AFP ce retenu, mais "il n'y a pas eu d'incident ces derniers jours", a-t-il affirmé.

Avec les manifestations, "on sent qu'on n'est pas oubliés, qu'il y a une solidarité dehors, ça nous fortifie", a-t-il ajouté. "La revendication, ce n'est pas d'améliorer les conditions de rétention, c'est de régulariser les sans-papiers", a déclaré Mme Bahija Benkouka, porte-parole du collectif.

Une membre de RESF et du collectif des sans-papiers de Montreuil, qui souhaite garder l'anonymat, a de son côté dénoncé les "conditions d'interpellation" des étrangers, dont certains ont été arrêtés "dans des préfectures ou des commissariats" où ils sont convoqués : "ce sont des pièges manifestes".

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dimanche 30 décembre 2007

SANS-PAPIERS - Un fichier des étrangers en situation irrégulière créé

NOUVELOBS| 30.12.2007 | 12:06

Un fichier informatisé des étrangers en situation irrégulière "faisant l'objet d'une mesure d'éloignement" a été créé par décret.

Le gouvernement a créé par un décret paru dimanche 30 décembre au Journal officiel un fichier informatisé des étrangers en situation irrégulière "faisant l'objet d'une mesure d'éloignement", six mois après que le Conseil d'Etat eut annulé un fichier similaire pour des raisons de forme.

Baptisé Eloi, comme "éloignement", le fichier centralisera de multiples données sur les "étrangers faisant l'objet d'une mesure d'éloignement", tels que l'identité de l'intéressé, de ses parents et de ses enfants, les étapes de la procédure le concernant ou encore la "nécessité d'une surveillance particulière au regard de l'ordre public".

Ce nouvel outil informatique avait été créé une première fois en août 2006 par un arrêté du ministère de l'Intérieur, provoquant des protestations des associations qui parlaient de "flicage" et d'"atteinte aux libertés individuelles".

Le Conseil d'Etat avait annulé cette première mouture en mars 2007, en estimant qu'un tel fichier ne pouvait être créé "que par décret en Conseil d'Etat après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés" (CNIL).

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Sans-papiers : le mouvement de protestation s'étend à deux autres centres de rétention

LEMONDE avec AFP et Reuters | 29.12.07

Le mouvement de protestation des sans-papiers du centre de rétention du Mesnil-Amelot commencé le 20 décembre s'est étendu, samedi 29 décembre aux deux centres de rétention de Vincennes. Ces trois centres accueillent quelque 400 personnes.

Les sans-papiers protestent contre leurs conditions d'arrestation et de détention. "Nous avons décidé d'entamer une grève de la faim dès ce soir et nous refuserons de rentrer dans nos chambres", a annoncé à l'AFP par téléphone Abou (qui n'a pas souhaité communiquer son patronyme), porte-parole du mouvement au Mesnil-Amelot qui a été transféré vendredi au centre de Vincennes. Il explique que les autorités du centre de rétention ont tenté de "casser le mouvement" en transférant les "meneurs".

"FAIRE DU CHIFFRE"

Une centaine de sans-papiers retenus au Mesnil-Amelot avaient annoncé jeudi leur décision de mener une grève de la faim illimitée afin de réclamer leur libération et dénoncer les conditions de leur détention. En majorité d'origine africaine, ils expliquent leur situation, selon l'un d'eux, par "une volonté gouvernementale de faire du chiffre avant la fin de l'année".

Dans un courrier adressé aux consuls de leurs pays d'origine, les détenus dénoncent "les agissements injustes et humiliants de l'administration française qui bafoue les droits de l'homme."

"Nous demandons que la chasse à l'homme cesse. Qu'on cesse d'envoyer de fausse convocation de la préfecture pour arrêter les gens", a ajouté par téléphone, Paul, porte-parole du mouvement au Mesnil-Amelot. Selon lui, plusieurs sans-papiers du centre du Mesnil-Amelot pourraient se joindre à la grève de la faim ce soir. Lui-même a déclaré en être à son troisième jour de grève de la faim et de la soif.

Le Réseau éducation sans frontières (RESF) à appelé à soutenir les sans-papiers et demande "la fermeture des centres de rétention", selon Pablo Krasnopolsky, enseignant membre du réseau. La FSU, première fédération syndicale de l'enseignement, a apporté samedi "solidarité et soutien" aux sans-papiers mobilisés.

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vendredi 28 décembre 2007

Expulsions : les sans-papiers craignent la fin d'année

Marylise COURAUD – Ouest-France – 180/12/07

Le président Nicolas Sarkozy exigeait « 25 000 reconduites à la frontière en 2007 ». Son ministre, Brice Hortefeux, en annonce 21 000 effectives, fin novembre. Le point dans des départements de l'Ouest.

Dans leur appartement, sur un chantier, à quelques mètres de l'école, sur les marches de la préfecture, dans l'enceinte même d'un tribunal... Les sans-papiers sont interpellés dans des conditions de plus en plus contestées.

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« Il n'y a plus de sanctuaire, constate l'avocat nantais Me Loïc Bourgeois. En dix ans, je n'ai jamais vu cela. »

Pour 2007, Nicolas Sarkozy a imposé le chiffre de 25 000 expulsions (contre 15 000 en 2004). Le quota sera-t-il atteint au 31 décembre ? Partout en France, « la machine à expulser s'est perfectionnée », observe Mickaël Garreau, de la Cimade, l'association nationale qui s'occupe des étrangers menacés d'expulsion.

« On contrôle davantage les Noirs »

Le travail illégal est en ligne de mire. Les contrôles sur les chantiers du bâtiment se multiplient. ANPE et agences d'intérim sont priées de contrôler la situation des travailleurs étrangers et, surtout, de fournir ces informations à la préfecture. Les mariages mixtes sont examinés d'un peu plus près par les agents d'état civil.

En Loire-Atlantique, les gendarmes ont créé, en septembre, une cellule spécifique de trois hommes qui se consacrent aux sans-papiers. Désormais, les militants d'extrême gauche ne sont plus les seuls à parler de « rafles ». Des avocats aussi lâchent le mot et agissent avec un luxe de précautions : « On biffe des adresses et des infos dans les courriers. »

D'autres avocats dénoncent les réquisitions prises par le procureur pour des contrôles d'identité. « C'est une mesure exceptionnelle qui devient permanente », protestent-ils. Parmi les expulsés, les Roumains, pourtant citoyens européens, figurent en bonne place. La préfecture fait pleuvoir des OQTF (obligations de quitter le territoire).

Conditions de logement indignes, défaut de ressources au-delà de trois mois de présence, mendicité... les arguments ne manquent pas. Des arguments actuellement contestés devant le tribunal administratif. Pour le commissaire du gouvernement qui a donné son avis, récemment, sur plusieurs dossiers, les expulsions en masse ne sont pas conformes à la loi qui impose une étude individuelle des situations. Le tribunal tranchera.

Des policiers, aussi, s'insurgent. Un agent confie : « On n'a pas de quotas à réaliser. Mais on nous fait comprendre qu'il faut y aller. Alors c'est sûr, lors de contrôles routiers par exemple, on arrête davantage les hommes noirs ».

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jeudi 27 décembre 2007

Familles de sans- papiers déchirées

Libération : mercredi 26 décembre 2007 CATHERINE COROLLER

Expulsés dans le cadre de la politique Sarkozy, Qiuhong, Mohamed et Samiel ont laissé en France leur famille. Trois parcours dramatiques parmi des milliers.

La première était serveuse, le second ferrailleur, le troisième menuisier ébéniste. A leur humble niveau, Zhou Qiuhong, Mohamed Haddaoui et Samiel Faye participaient à la richesse de la France. En 2007, tous trois ont pourtant été expulsés vers leur pays d’origine, mains et pieds attachés, sans un sou en poche et avec pour seuls vêtements ceux qu’ils avaient sur le dos. Derrière eux, ils ont laissé, outre des années de vie en France, leur famille : conjoint et enfants. Probable première dans l’histoire des expulsions, l’un d’entre eux est une femme, Zhou Qiuhong, épouse Pan. Rompant avec tous les tabous, le gouvernement français n’a pas hésité à la séparer, elle aussi, de ses enfants restés avec leur père.

En juin 2006, Zhou Qiuhong et Mohamed Haddaoui ont cru un moment pouvoir sortir enfin de la clandestinité. Nicolas Sarkozy avait alors publié une circulaire autorisant la régularisation exceptionnelle des parents d’enfants scolarisés. Tous deux répondaient a priori aux critères définis par le ministre. Tous deux ont fait une demande, mais ont été déboutés. Les demandes de régularisation de Samiel Faye et celle de sa compagne, Marie-Pierre, ont également été retoquées.

Dans un proche avenir, seul le dossier des Pan semble pouvoir se débloquer. Shaolin Pan est convoqué, le 4 janvier, à la préfecture de police de Paris pour «envisager une éventuelle admission exceptionnelle au séjour pour raisons humanitaires». S’il est régularisé, il pourra faire revenir sa femme. A Rahma Haddaoui, l’épouse de Mohamed, et Marie-Pierre Faye, celle de Samiel, l’administration oppose, en revanche, une fin de non-recevoir. Privés de leur conjoint, Rahma Haddaoui, Marie-Pierre Faye et même Shaolin Pan vivent aujourd’hui de la charité de leur entourage. 

Pour Nicolas Sarkozy, ces trois couples, pauvres et sans qualification, incarnent l’immigration «subie», celle dont il ne veut pas. En visite hier dans un centre d’accueil des demandeurs d’asile de Paris, le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, a défendu sa politique «d’immigration choisie», et répété que «La France - comme tous les autres pays, ni plus ni moins - entend choisir qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire». 

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ALBANAIS : après deux ans de combat, le droit de vivre en France

SUD-OUEST- Gironde 26/12/07 Dominique Andrieux

LORMONT. --D'origine albanaise, Gazmir Hoxha, 21 ans, a obtenu avec le soutien de Réseau Education Sans frontières, après deux ans de combat, le droit de vivre en France. « Mon cadeau de Noël » dit-il

« Je suis enfin libre », lâche Gazmir Hoxha avec un sourire qu'on ne lui connaissait pas. Hier, en ce jour de Noël, ce jeune homme de 21 ans d'origine albanaise, est revenu au foyer des jeunes travailleurs, à Lormont, dans lequel il s'est caché des mois durant. Le quotidien d'« un clandestin » dans l'attente, l'espoir de voir sa situation de séjour sur le territoire national régularisée.
Dans sa quête, Gazmir a reçu le soutien sans faille du Réseau éducation sans frontières, en particulier d'Agnès Dubourg, professeur du lycée lormontais Jacques Brel, qui lui a enseigné le français avant de devenir sa marraine républicaine, en décembre dernier 2006.

Elle raconte : « Le samedi 15 décembre, j'ai reçu une lettre de la préfecture indiquant que Gazmir obtenait le droit de demander une carte de séjour avec autorisation de travailler. » La ville de Lormont, également très impliquée dans le soutien du jeune homme reçoit le même courrier. « Quand Mme Dubourg m'a annoncé ça au téléphone, j'ai été très content, ça a été un truc énorme », témoigne Gazmir. « On a fait un bon repas le soir avec 5 ou 6 personnes », poursuit Gazmir, très discret sur les gens qui l'ont aidé à vivre « pendant un an de clandestinité ». « On n'y croyait plus », avouait-il, hier, en choeur avec sa marraine républicaine.

« Volonté », « capacités ». « Il avait tout pour que son dossier soit examiné favorablement », résume l'enseignante admirative de « la volonté » et « des capacités » de son élève, lequel en sus de l'apprentissage du français a obtenu « un CAP de plombier dans le même temps que les élèves francophones ».

Gazmir est arrivé à Bordeaux en janvier 2003. Il avait 17 ans. « J'ai cherché dès le début à m'intégrer », rappelle-t-il. Personne ne le remet en cause. Le problème est qu'à la fin de cette même année, la loi Sarkozy annule le droit de nationalité française attribué aux mineurs. L'administration française se montre inflexible, refuse de considérer l'antériorité. « Il y avait injustice », tranche Réseau éducation sans frontières. Les recours ne changeront rien.

Il y a eu pire, pensent les mêmes et d'autres encore. Quand Gazmir Hoxhoa a constitué son premier dossier de demande de régularisation, il ne savait pas qu'il commettait une erreur en adressant le certificat original de décès de ses parents, assassinés en Albanie, alors qu'il avait 11 ans.
Longtemps, le destinataire, l'Ofpra (1), a indiqué « ne plus être en possession de ce document », malgré un accusé de réception. Après moult péripéties, Gazmir a obtenu de cousins albanais une attestation officielle du décès de ses parents. Jointe au dernier dossier adressé à la préfecture, cette pièce a sans doute incité l'administration à faire sortir Gazmir de la clandestinité. :
(1) Office français de protection des réfugiés et apatrides

Sud-Ouest

Posté par Kozett à 00:02 - Immigrations - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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