mardi 25 novembre 2008
MALI – BAMAKO : Étonnants Voyageurs défend la littérature
Actualités MAVILLE Rennes lundi 24 novembre 2008

Débordants d'énergie riante et de pédagogie, les écrivains Dany Laferrière et Alain Mabanckou (avec la casquette) ont été de belles révélations pour le public malien.
La 7e édition du festival s'est achevée samedi soir au Mali. Pendant une semaine, une cinquantaine d'auteurs internationaux sont allés à la rencontre du public africain.
« Quand vous lisez, vous absorbez de la beauté sans le savoir », s'enflamme Dany Laferrière. L'écrivain né en Haïti, intervient dans une classe du lycée de Mopti, au Mali. Des dizaines d'yeux pétillants sont accrochées à ses lèvres.
« On lit pour changer de siècle, d'espace, et ce voyage est la liberté. C'est comme un vaisseau spatial dans lequel vous montez. Pour bien le diriger, il faut faire des heures de vol et plus vous en faîtes et plus vous vous évadez loin. »
Pour sa septième édition malienne, le festival littéraire est allé à la rencontre des adolescents dans les écoles de Mopti, Nioro et Bamako. « C'est grâce à Étonnants Voyageurs que j'ai rencontré pour la première fois de ma vie un écrivain, confie le jeune Mamadou. Depuis j'ai publié un livre ! Ce rendez-vous est un cadeau pour tous les Maliens. »
De Saïgon à Djibouti
Au coeur du parc du palais de la culture à Bamako, les cafés littéraires multiplient les échanges au gré de la cinquantaine de personnalités qui les animent. Alain Mabanckou répond à Ana Moï et Abdourahman Ali Waberi. Florent Couao-Zotti débat avec Fatou Diome.
Ces écrivains, venus des quatre continents, offrent au public une riche palette de la littérature francophone.
C'est aussi l'occasion de mettre à l'honneur les auteurs maliens, pas toujours les plus connus de leurs compatriotes. « Nul n'est jamais prophète dans son pays ! Souvent, on gagne notre légitimité seulement quand on est publié en France », constatent avec philosophie bon nombre d'entre eux.
Vingtième anniversaire
L'édition et la diffusion des livres dans ce pays d'Afrique ne sont pas non plus à la hauteur de ses auteurs, ni même de l'attente des lecteurs. Là aussi, Étonnants Voyageurs agit en dotant les bibliothèques publiques de nombreux ouvrages.
En partenariat avec la marque E.Leclerc, 20 000 livres, dont 7 000 cette année, sont déjà venus enrichir les rayons maliens depuis que le festival se déplace là-bas. Plusieurs écrivains maliens trouveront aussi une caisse de résonance à Saint-Malo.
La prochaine édition aura lieu les 30, 31 mai et 1er juin en Bretagne. Ce sera les vingt ans de ce rendez-vous incontournable. « Pas question de faire une rétrospective mais bien de se tourner vers l'avenir. Le thème tournera autour du monde qui vient. On aimerait n'inviter que 150 auteurs pour qu'ils aient tous une place conséquente dans les débats mais c'est toujours très dur d'être restrictif. D'autant que le cinéma a également trouvé sa place légitime et que nous sommes sollicités par de plus en plus de réalisateurs », reconnaît Michel Le Bris, le maître d'oeuvre d'Étonnants Voyageurs.
En attendant ces prochaines rencontres, la plupart des écrivains se retrouveront cet hiver à l'université de Floride puis d'Alger pour des colloques autour de leur manifeste « Pour une Littérature-Monde en français », lancé il y a tout juste deux ans à Bamako pour donner une autre image de la francophonie.
Karin SOULARD. Ouest-France
lundi 20 octobre 2008
Sommet de la Francophonie: et le Français dans tout ça ?
QUEBEC (AFP) - 19/10/2008 TV5 Infos

Les participants au sommet de la Francophonie, le 18 octobre 2008 à Québec
Des voix se sont élevées au XIIe sommet de la Francophonie à Québec en faveur d'un recentrage de l'organisation sur la défense du français et de la diversité culturelle, craignant une "dérive" vers une organisation politique réduite à "une Onu bis sans moyen".
Les chefs d'Etat et de gouvernements ont débattu dimanche, au cours d'un sommet dominé par la crise financière, de la langue française, pour la première fois thème à part entière d'un sommet de la Francophonie, aux côtés de la gouvernance économique, de l'Etat de droit et de l'environnement.
Toutefois, certains participants s'interrogeaient sur le tournant politique pris depuis quelques années par l'Organisation internationale de la Francophonie, au risque de devenir, selon les termes d'un expert du sujet Dominique Wolton, "une ONU bis sans moyen". "On se demande parfois quelle est la pertinence de ce forum pour débattre d'un certain nombre de sujets", a déclaré à l'AFP pendant le sommet le secrétaire d'Etat belge aux Affaires étrangères Olivier Chastel, résumant un avis partagé par d'autres délégués.
"Que la Francophonie s'occupe clairement du développement du français, des grands thèmes généraux comme la liberté de droits, OK. Mais pour les points de politique étrangère, les conflits se règlent à l'Onu", a-t-il estimé.
Du coup, la déclaration finale de Québec est, selon lui, un texte "fourre-tout" qui comprend beaucoup de "déclarations de principes" sur les grands thèmes abordés mais qui ne peut s'engager au-delà de ce qui est décidé dans les instances internationales "adéquates".
"A quoi sert à l'avenir un organisme mondial de la Francophonie si la défense de la langue commune est au dernier rang de ses préoccupations ? s'interrogeait pour sa part le quotidien québécois Le Devoir.
Pour Dominique Wolton, la Francophonie doit se recentrer sur "ce qu'elle sait faire: défendre le français c'est défendre toutes les autres langues et le pluralisme linguistique" dans un monde dominé par l'anglais. "Si la Francophonie continue à ressembler à une ONU bis, elle y gagnera peut-être en tapis rouges mais elle y perdra son âme. A faire des grandes déclarations sur tout, elle y perd sa crédibilité", a-t-il affirmé à l'AFP.
Il critique également "l'absence de vision stratégique de la France en matière de Francophonie" alors qu'elle finance à 80% ses institutions. Il milite pour une "Académie de la Francophonie" qui intègre le "français des banlieues, de l'Outre-mer, des francophones" et pour une "Francophonie des affaires".
Le Bénin a proposé au sommet la création d'un "visa francophonie" facilitant la circulation des personnes, une idée défendue dans un rapport publié en juin qui critiquait une France "repliée sur elle-même". Le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf a lui estimé que la défense du français et de la diversité allait de pair avec "des choix politiques forts" visant à "l'émergence d'un multilatéralisme plus équilibré, plus solidaire".
Dans la déclaration finale, les membres de la Francophonie s'engagent à "garantir sa pleine reconnaissance sur la scène internationale" notamment par l'application d'un vademecum sur l'utilisation du français dans les instances mondiales.
La Francophonie compte quelque 200 millions de francophones dans le monde. Le français, en perte de vitesse, est la neuvième langue parlée dans le monde derrière le chinois, l'anglais, l'indi, l'espagnol, le russe, l'arabe, le bengali et le portugais.
mercredi 24 septembre 2008
Le festival des Francophonies en Limousin honore Aimé Césaire
TV5MONDE LIMOGES, 23 sept 2008
La 25e édition des Francophonies en Limousin s'ouvre mardi à Limoges, et se déroulera jusqu'au 5 octobre, avec un hommage au poète martiniquais Aimé Césaire, disparu le 17 avril dernier.
Le fondateur du festival, en 1984, Pierre Debauche, alors directeur du centre dramatique national du Limousin qui a également travaillé au développement du théâtre en Martinique, est invité à cette occasion à jouer "Césaire? Ma liberté", une pièce de Patrick Chamoiseau.
Le fil rouge de la programmation 2008 sera Québec avec la seule représentation en France des trois volets des "Fantasmagories technologiques" de Denis Marleau. Le metteur en scène canadien présentera également "Le complexe de Thénardier "pour lequel José Pliya avait reçu le prix du jeune théâtre André-Roussin de l'Académie française.
Une large place sera aussi réservée à Madagascar avec en point d'orgue un récit de l'insurrection malgache contre la colonisation française écrit par Jean-Luc Raharimanana, mis en scène par Thierry Bedard. Ce sera la première représentation en France de "47".
Mais si la 25e édition reste riche, l'inquiétude plane sur les Francophonies en Limousin après l'annonce du retrait de la subvention accordée par le ministère des Affaires étrangères. Réduite de 135.000 euros à 100.000 cette année, elle sera supprimée totalement en 2009.
"Je n'imagine pas que cet événement disparaisse mais il sera en grande difficulté dès l'année prochaine", a expliqué Marie-Agnès Sevestre, la directrice du festival. "Pour cette année, le ministère de la Culture a pris le relais, mais je n'ai aucun engagement pour l'année prochaine", a-t-elle ajoutée.
Le festival propose notamment dix spectacles de théâtre, quatre chorégraphies, du cirque, trois concerts, quatre soirées musicales, une dizaine de lectures de textes, du débat, des ateliers de création publics, deux expositions et des interventions d'artistes belges, congolais, burkinabés, mahorais, israéliens, palestiniens, tunisiens.
mardi 23 septembre 2008
Belgique - La Flandre, sans nationalistes, accepte de négocier avec les francophones
TV5MONDE BRUXELLES, 22 sept 2008 (AFP) - 22/09/2008 11h50
Le gouvernement régional flamand s'est prononcé lundi pour des négociations avec les francophones sur la réforme du système fédéral belge, se dissociant ainsi de ses alliés nationalistes de la NVA et levant un des principaux obstacles à ces discussions.
Tous les partis représentés au sein du gouvernement de la première région belge, la Flandre (6 millions d'habitants), se sont prononcés pour le lancement de ces pourparlers, acceptant ainsi la formule proposée vendredi par les médiateurs désignés par le roi Albert II, ont rapporté les médias belges.
Cette décision unanime a été possible après que le seul ministre nationaliste du gouvernement régional, Geert Bourgeois, a annoncé sa démission. Une décision logique après que sa formation, la NVA, eut annoncé dimanche qu'elle refusait de participer à ces pourparlers.
Cette démission semble sceller le divorce entre la NVA et le parti chrétien-démocrate flamand (CDV) auquel appartiennent à la fois le ministre-président de la région flamande, Kris Peeters, et le Premier ministre du gouvernement fédéral belge, Yves Leterme.
Les deux formations étaient jusqu'ici alliées au sein d'un "cartel", qui avait contribué à durcir les revendications autonomistes des principaux partis flamands.
Si la décision du gouvernement flamand semble désamorcer un peu la crise politique belge que la position de la NVA menaçait au départ d'aggraver, elle ne règle pas tous les problèmes de M. Leterme: la défection de la NVA lui vaut en effet de perdre la majorité dont il disposait sur les bancs flamands du Parlement fédéral.
Comme il dispose malgré tout d'une forte majorité sur les bancs francophones, il garde une majorité globale qui lui permet de se maintenir au pouvoir, mais dans une situation politique extrêmement inconfortable, selon les analystes.
Beaucoup d'entre eux prévoient que le gouvernement fédéral fera tout pour rester en place jusqu'aux élections régionales de juin 2009, personne n'ayant intérêt à bousculer les échéances électorales.
Avec l'espoir que les négociations francophones/néerlandophones déboucheront d'ici là sur quelques résultats concrets, afin que les partis flamands puissent vanter une autonomie renforcée à leurs électeurs pendant la campagne.
samedi 19 avril 2008
L'adieu au Nègre - Edito du Monde
Edito LE MONDE | 18.04.08 | 14h00
La République est en deuil et les hommages se succèdent. Déjà, des voix s'élèvent pour qu'il entre au Panthéon... Mais nul ne s'y trompe : c'est en Martinique, et plus largement aux Antilles, que l'on se sent orphelin. C'est dans les Caraïbes que la figure d'Aimé Césaire, "symbole d'espoir pour tous les peuples opprimés", selon la formule de Nicolas Sarkozy, prend tout son sens, avec son poids de mémoire douloureuse et de combats. En métropole, malgré tous les éloges d'aujourd'hui, son oeuvre poétique est en grande partie ignorée
André Breton la qualifiait, à juste titre, de "monument lyrique". Aimé Césaire a donné en effet à la littérature française un souffle, un accent qui n'avaient pas été entendus avant lui. "J'habite une blessure sacrée/J'habite des ancêtres imaginaires/J'habite un vouloir obscur..."
Cette langue volcanique n'a pas valu cependant au normalien, agrégé de lettres, une entrée à l'Académie française, contrairement à son ancien condisciple Léopold Senghor, avec qui il avait lancé et consacré l'idée de "négritude".
Cet Antillais a contribué à rendre à l'homme noir sa fierté. On le célèbre en Afrique comme s'il faisait partie de ce continent. Mais Césaire a été aussi, pendant plus d'un demi-siècle, la plus grande figure politique martiniquaise. Son exceptionnelle longévité comme conseiller général, maire de Fort-de-France et député - il a siégé à l'Assemblée nationale de 1945 à 1993 - a fait de lui un personnage central.
Retiré de la vie politique depuis 2001, contesté par les uns mais vénéré de tous, il était devenu une sorte d'icône. Même l'aéroport international de la Martinique porte son nom...
Rejetant la notion d'assimilation, cette "grande illusion", Césaire a été l'un des artisans de la création des départements d'outre-mer. "Je ne suis pas antifrançais, disait-il, je suis d'abord martiniquais."
Lionel Jospin a bien résumé la personnalité de ce chantre de la négritude : "Aimé Césaire était fait d'un alliage rare. C'était un magnifique écrivain et un vrai politique. (...) Un être fier de sa singularité d'homme noir et un humaniste attaché à l'universel. Un combattant de l'anticolonialisme et un fidèle de la République."
Pour sa part, Aimé Césaire disait joliment : "Si vous voulez comprendre ma politique, lisez ma poésie."
mercredi 9 avril 2008
France/Québec - L'ingénuité d'un président
Opinions La Presse dimanche 06 avril 2008
FRANCOPHONEFrance-Québec, fin de la lune de miel ? Dans La Presse, un diplomate s'inquiète de la vision que Nicolas Sarkozy peut avoir des relations entre Paris et Québec.
L'auteur est un ancien délégué général du Québec à Londres.
De grâce, que Nicolas 1er ne devienne pas l'héritier politique de Louis XV ! Un conseiller diplomatique de Matignon m'a déjà avoué qu'après le Proche-Orient, la relation triangulaire avec le Québec et le Canada était peut-être, pour la France, la situation la plus complexe sur le plan diplomatique; le sang en moins, évidemment.
Ainsi, un mot au sens tout à fait anodin en Hexagone devient, utilisé par un haut gradé français au sujet du Québec, une hérésie pour les uns et une parole d'évangile pour les autres. Un mot, un seul, - que dis-je ? une légère inflexion - suffit à rompre l'équilibre qui existe pourtant depuis plus de 30 ans.
D'ailleurs, la presse d'ici est à l'affût du moindre faux pas lorsqu'un dirigeant politique français se prononce à ce sujet. À la lumière de l'annonce inusitée faite par Jean-Pierre Raffarin selon laquelle le président Sarkozy s'apprêterait à procéder à un important recentrage de la politique française vis-à-vis le Québec et le Canada, je me demande sincèrement si on pourra parler d'un autre sujet que celui-là à l'occasion du Sommet de Québec. Comme gestion des attentes, on a déjà vu mieux!
Je salue la modération avec laquelle André Pratte a commenté l'annonce de M. Raffarin dans La Presse, mais je me demande où logent les autres fédéralistes.
La question n'est pas de savoir si la France appuie l'idée d'indépendance nationale du Québec. Même si, soit dit en passant, personne ne s'insurge du mantra américain en faveur d'un Canada uni répété inlassablement depuis des décennies... La question est plutôt de savoir si le Québec peut conserver le modeste point d'appui que lui prête la France depuis bientôt 50 ans pour qu'il s'épanouisse le plus possible sur le plan international.
Si les fédéralistes québécois sont sincères dans la reconnaissance, la défense et le développement de la nation québécoise, voilà l'occasion idéale de le démontrer.
Le délégué général du Québec à Paris est-il à pied d'oeuvre dans les officines du Quai d'Orsay, de Matignon et de l'Élysée pour sauvegarder l'intégralité de la relation privilégiée entre le Québec et la France ?
Le bureau du premier ministre et le ministère des Relations internationales du Québec sont-ils en train de s'assurer que la relation directe entre le Québec et la France ne tombera pas en déshérence ?
Les militants libéraux sont-ils inquiets de cette dérive ? Il serait pour le moins absurde de réclamer plus d'autonomie pour le Québec sur la scène internationale - comme le font notamment les libéraux québécois - tout en regardant béatement nos acquis diplomatiques les plus chèrement gagnés et maintenus s'éroder de la sorte.
Car il faut le dire, tout anglophile et américanophile que je sois, nous ne pourrons jamais compter ni sur l'un ni sur l'autre de ces deux grandes nations pour appuyer quelque ambition internationale du Québec.
Il serait dommage que le président Sarkozy, au détour d'une de ces petites phrases qui font et défont des politiques, sorte des sentiers battus par sa propre famille politique. De grâce, que Nicolas 1er ne devienne pas l'héritier politique de Louis XV. Il découvrirait alors, à ses dépens, que le Québec, c'est peut-être quelque chose comme quelques arpents de pièges !
vendredi 21 mars 2008
FRANCOPHONIE - Le combat pour le français dans la seule province bilingue du Canada
TV5 Monde 20 mars 2008 MONTREAL, avec (AFP) - 20/03/2008 05h10
Protégé par une loi depuis près 40 ans, le français se maintient vaillamment au Nouveau-Brunswick, la seule province canadienne officiellement bilingue, mais sa promotion demeure un "combat de tous les jours" pour ses défenseurs.
En dehors du Québec voisin, le Nouveau-Brunswick est la province comptant le plus fort pourcentage de francophones, ceux-ci représentant 32,3% des quelque 719.000 habitants, soit quelque 232.900 personnes, selon le recensement canadien de 2006.
Mais le poids des francophones était en baisse de 1,6% entre 2001 et 2006. "Si on compare avec les années 60, il y a eu énormément de changements et de progrès", souligne Michel Doucet, professeur de droit à l'université de Moncton et spécialiste de la question.
"Les droits de la communauté francophone sont ancrés dans la Constitution canadienne. Des dispositions particulières au Nouveau-Brunswick reconnaissent l'égalité non seulement des langues officielles mais également des deux communautés (francophone et anglophone)", explique-t-il à l'AFP.
Mais il "reste encore beaucoup de travail à faire" et la "vigilance" demeure de mise, fait valoir ce défenseur du français. "C'est un combat de tous les jours, un combat politique car c'est un choix politique de s'affirmer tous les jours en tant que francophone", dit-il.
Jusqu'au début des années 60, les francophones étaient traités comme des citoyens de seconde classe. Il s'agit principalement d'Acadiens, descendants de paysans de l'ouest de la France, surtout du Poitou, qui avaient été chassés de la région par l'Angleterre à partir de 1755 et qui furent plus tard autorisés à y revenir. Après cet épisode traumatisant, les Acadiens restèrent longtemps craintifs d'affirmer publiquement leur identité, et ce n'est qu'au début des années 60 qu'ils commencèrent à revendiquer auprès du gouvernement de leur province le droit d'être servis dans leur langue.
Le Nouveau-Brunswick est officiellement bilingue (anglais/français) depuis 1969. Une loi sur les langues officielles, modernisée et complétée en 2002, stipule que les institutions provinciales (administration, hôpitaux, justice) doivent offrir au public des services dans la langue officielle de son choix.
La province a aussi institué en 2003 un poste de Commissaire aux langues officielles, dont la tâche est de recevoir et d'assurer le suivi des plaintes du public ainsi que de promouvoir le bilinguisme. L'an dernier, le bureau du Commissaire a reçu 119 plaintes, dont 77 ont été jugées recevables et la grande majorité concernait le manque de services en français, indique Giselle Goguen, porte-parole du Commissaire.
Une bonne partie de ces plaintes portent sur les soins de santé, bon nombre de francophones se plaignant de ne pouvoir être soignés dans leur langue.
Pour Marie-Pierre Simard, présidente de la société des Acadiennes et des Acadiens du Nouveau-Brunswick, si la "vitalité de la communauté n'est plus à prouver", le risque d'assimilation demeure un sujet de préoccupation. Elle note que le taux d'assimilation des francophones a légèrement augmenté ces dernières années en raison des mariages et de l'exode rural.
Les francophones qui se trouvaient concentrés dans des zones rurales se trouvent confrontés dans les agglomérations à une mixité qui favorise l'assimilation à la majorité anglophone.
"Il semble y avoir une plus grande acceptation de la communauté francophone par les anglophones. On est moins traités comme des citoyens de seconde zone", confie-t-elle à l'AFP, tout en estimant que le gouvernement provincial doit se montrer plus actif, notamment pour favoriser l'immigration francophone.
Un expatrié français s'étonne pour sa part qu'il y ait une nette sous-représentation des produits culturels en français et qu'aucun film français ou québécois n'y soit diffusé dans les circuits officiels
jeudi 20 mars 2008
La Francophonie compte ses troupes jeudi pour célébrer le français
TV5MONDE PARIS, 19 mars 2008 (AFP) - 14h12
De Séoul à Québec, débats, concours de théâtre, de danse, concerts, récitals de poésie célèbrent jeudi sur les cinq continents la journée internationale de la Francophonie du 20 mars dédiée à la langue française.
La Francophonie revendique 200 millions de locuteurs dans le monde et fédère 803 millions de personnes au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui représente 68 Etats et gouvernements.
Le secrétaire général de l'OIF Abdou Diouf doit lancer jeudi les célébrations officielles de cette journée à la Cité internationale universitaire de Paris qui accueille plus de 10.000 résidents de 140 nationalités. Il sera accompagné du nouveau secrétaire d'Etat à la Francophonie Alain Joyandet, qui a remplacé cette semaine Jean-Marie Bockel, chargé désormais des Anciens combattants.
Les étudiants de la Cité ont été invités à participer à un concours en rédigeant un texte qui intègre les dix mots "apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s'attabler, tact, toi, visage".
En France comme dans de nombreux autres pays, la célébration de la francophonie a suscité des centaines d'initiatives enregistrées sur le site "http://www.20mars.francophonie.org" dédié à l'événement.
En 2007, plus d'un millier d'événements avaient été recensés de par le monde, selon l'OIF.
A Québec, qui accueillera le prochain sommet de la Francophonie à l'automne, comme dans le reste du Canada majoritairement anglophone, les célébrations ont débuté dès le 7 mars pour une "Francofête" qui dure un mois. Parmi les centaines d'activités prévues, on note le concours "J'ajoute un québécisme au dictionnaire" organisé par Radio-Canada et qui vise à faire entrer dans les dictionnaires des "québécismes" d'usage courant.
A Bucarest, ville qui a accueilli le dernier sommet en 2006, un message du président roumain doit être être lu jeudi lors d'une cérémonie et un forum "Innover en Français" devait réunir plus de 400 professeurs roumains à Bucarest durant le week-end.
En Syrie, un récital de poésie "L'Orient et l'Occident de l'amour" était donné mardi à Damas en français et en arabe par Marcel Bozonnet et Hala Omran.
Pour la première fois à Damas, une dictée de la Francophonie, inspirée de la célèbre dictée du journaliste littéraire Bernard Pivot, était prévue comme à Marrakech ou Vatomandry (Madagascar).
Un concours du "meilleur blog francophone de la Jeunesse" a été lancé à Beyrouth.
En Egypte, plusieurs manifestations culturelles étaient attendues au Caire et à Alexandrie (nord), notamment une exposition intitulée "Quand l'Afrique s'éveillera..." Ces célébrations interviennent alors que des employés égyptiens des institutions diplomatiques et des centres culturels français ont protesté par une grève de trois jours contre des suppressions de postes
Au Maroc, un spectacle artistique de slam (poésie urbaine) est prévu le 28 mars et une tournée dans les régions de ce pays de 16 écrivains francophones d'Afrique, du Canada et d'Europe devait débuter le 7 avril.
En Mauritanie, un spectacle pour la paix intitulé "La Francophonie une solution à la violence" devait être joué par des enfants de 10 à 12 ans, tandis que des dizaines de manifestations étaient aussi prévues dans les pays francophones du Cameroun et de la Côte d'Ivoire mais aussi dans l'Afrique anglophone comme en Ouganda.
La date du 20 mars a été retenue en commémoration de la signature, en 1970 à Niamey, du traité portant création de l'Agence de coopération culturelle et technique, l'ancêtre de l'OIF
Lyon: inauguration de la première Maison de la Francophonie en France
TV5 - LYON, 19 mars 2008 (AFP) - 17h14
La première Maison de la Francophonie en France a été inaugurée mercredi à Lyon, à la veille de la journée internationale du 20 mars dédiée à la langue française, en présence notamment du secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf.
Cette maison, la première du genre en territoire français, "a pour vocation de promouvoir la francophonie dans toute la région Rhône-Alpes et de développer un véritable réseau d'idées et d'influences", a déclaré à la presse Bernard Mouillon, président de la Maison de la Francophonie, lors de l'inauguration dans le centre-ville de Lyon.
L'initiative, qui devrait être imitée "d'ici à la fin de l'année dans toutes les grandes villes de France", dont Bordeaux, Lille, Marseille et Strasbourg, doit "donner un nouveau souffle à la francophonie" insuffisamment représentée dans l'Hexagone, a indiqué à l'AFP Christian Philip, représentant du président de la République pour la francophonie.
"C'est un acte fondateur (...) Cette initiative est la réalisation de la francophonie sur le terrain, et non plus seulement dans les discours", a indiqué l'ancien président sénégalais Abdou Diouf. "J'ai toujours dit que les Français n'étaient pas assez militants francophones. Vous me montrez ici que vous êtes militants francophones", a déclaré M. Diouf.
A Lyon, comme dans les autres villes, ces maisons assureront trois missions essentielles : l'information, la rencontre d'associations francophones et l'animation à l'aide d'événements et de spectacles divers sur le thème de la francophonie.
La francophonie revendique 200 millions de locuteurs dans le monde et fédère 803 millions de personnes au sein de l'OIF qui représente 68 Etats et gouvernements.
dimanche 20 janvier 2008
La francophonie inquiète
La francophonie inquiète
Sud-Ouest 19/01/08
TÉLÉVISION. -- À la suite des déclarations de Nicolas Sarkozy, Suisse, Belgique, Québec pourraient se désengager de la chaîne francophone TV5 Monde
Et maintenant, le monde de la francophonie en ébullition ! L'intrusion de Nicolas Sarkozy dans la sphère audiovisuelle aura eu les effets du passage d'un pachyderme dans un magasin de vaisselle. En effet, le président de la République a souhaité fondre dans une holding, appelée « France Monde », TV5 Monde, chaîne emblématique de la francophonie, reçue dans 202 pays et suivie par 25 millions de téléspectateurs, le canal d'information France 24 et les antennes de Radio France internationale.
« Période de concertation ». Certes, la France finance 84 % de TV5 Monde. Mais ses programmes sont fournis, aussi, par la Belgique, le Québec et la Suisse. Les partenaires de notre pays envisagent donc de se désengager de ce qu'ils considèrent comme ce qui serait une nouvelle entité franco-française si le projet était mené à son terme.
La disparition de cette vitrine inquiète les partenaires de la francophonie. Jean-Charest, premier ministre québécois, ne « peut pas concevoir » une telle hypothèse. De son côté, le président de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, s'est élevé lui aussi contre ce projet. Devant cette levée de boucliers, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a tenté de temporiser : « La période de concertation est à peine entamée et celle de conception n'est pas terminée », a-t-il affirmé hier.
Sur l'autre front ouvert par Nicolas Sarkozy, celui de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, c'est la ministre de la Culture, Christine Albanel, qui reste sur la sellette. Hier, sur RTL, elle a chiffré à 1 milliard d'euros le montant des financements compensatoires à trouver. Et elle a promis que les taxations envisagées sur les achats de produits grand public (téléviseurs, PC) ne dépasseraient pas 1 %.
À propos du Festival international des programmes audiovisuels de Biarritz, où elle était attendue avant de faire savoir qu'elle ne viendrait pas, elle a dit qu'elle allait « reconsidérer » sa position.
