mardi 8 juillet 2008
UE: la présidence française isolée dans ses critiques contre la BCE
BRUXELLES (AFP) - 07 juillet 2008 - La Suisse de Vaud La France s'est retrouvée assez isolée lundi dans ses critiques répétées contre le relèvement des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, la première à se tenir depuis que Paris préside l'UE. "La décision de la banque centrale" de relever son taux directeur de 4% à 4,25% pour contrer l'inflation, "ne fut pas critiquée ce soir", a déclaré à la presse le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président du forum réunissant ces grands argentiers (Eurogroupe). La plupart des responsables européens ont été au diapason. Le commissaire européen aux Affaires économique Joaquin Almunia a souligné la nécessité de "respecter l'indépendance de la banque centrale". "Je pense que c'est une position sage pour tous les hommes politiques", a-t-il ajouté, dans une allusion aux critiques françaises dès la semaine dernière. Fait inhabituel venant d'une personnalité peu habituée à complimenter la BCE, le chef du gouvernement italien lui-même, Silvio Berlusconi, n'a rien trouvé à redire. "En ce moment, la priorité est de lutter contre l'inflation. Donc cette politique de la BCE, à l'heure actuelle, je la trouve appropriée", a-t-il déclaré au Japon où il se trouve pour le sommet du G8.
Le ministre néerlandais Wouter Bos a aussi pris la défense de la BCE en rappelant qu'elle avait "l'obligation légale de maintenir le taux d'inflation à un niveau raisonnable". Son collègue espagnol, Pedro Solbes, a souligné pour sa part qu'il "respectait ce qu'ils ont fait" à la BCE.
Ces prises de position détonnent avec celles de la France. Samedi, malgré la présidence semestrielle de l'UE, qui contraint en principe le pays qui l'assume à une certaine réserve, le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy s'était demandé si la hausse des taux était bien "raisonnable". Lundi, c'est sa ministre de l'Economie Christine Lagarde qui a enfoncé le clou, s'inquiétant des conséquences d'une hausse qui "creuse le déséquilibre avec la politique monétaire américaine".
La France se sent pousser des ailes pour admonester la BCE car l'Allemagne, toujours prompte d'ordinaire à voler au secours de la BCE, a montré la semaine dernière des signes de mécontentement à son égard.
L'inflation en zone euro a atteint pour la première fois un record de 4% en juin sur un an. Elle est devenue une source de préoccupation majeure pour les Européens qui voient les prix des carburants et de l'alimentation s'envoler et s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat.
L'Europe, prochaine victime de la com' sarkozyste
Marianne - Lundi 07 Juillet 2008 - Sylvain Lapoix
En plaidant dans une tribune du Figaro pour une «Europe plus sociale et plus concrète», la brochette des ministres sociaux du gouvernement donne le ton de la présidence française : six mois de communication politique placée sous le leitmotiv sarkozyien de la «pédagogie».
Bertrand, Létard, Jouyet, Morano et Hirsch sont dans Le Figaro. L'Europe tombe à l'eau : qu'est-ce qu'ils disent ? Que la France va la sauver, bien sûr ! Parée (en apparence) des meilleures intentions du monde, la brochette des ministres sociaux (Travail, Handicap, Famille et Solidarité) s'associe dans une tribune publiée le 7 juillet pour délivrer ce message ô combien sarkozyste : puisque les peuples n'aiment plus l'Europe, on va leur expliquer pourquoi ils ont tort !
Cet édito clame ainsi que «L'Europe des peuples ne peut pas être seulement économique ou financière». Non, elle doit avant tout être communicante ! Par un tour de passe-passe rhétorique, le texte revendique une Europe plus sociale qui émergerait de la pédagogie : la présidence française (PFUE) est donc une opportunité de modifier «sur le long terme le regard et les comportements face à l'Europe.» Une campagne de com' que préfigure ce texte fondateur publié, évidemment, dans les colonnes du Figaro.
Parler de l'Europe « avec les mots du quotidien »
Lisez bien : il ne s'agit pas de plaider la cause des travailleurs, d'inscrire dans le marbre la défense d'une certaine idée de la protection sociale, pas même de débattre des bons et des mauvais choix européens en la matière… Non, le propos ici est de rendre l'Europe plus proche, non pas dans les pratiques, mais dans le discours : «un projet qui leur parle de leurs préoccupations quotidiennes, avec les mots du quotidien.»
Nous voici donc bien à l'heure de l'Europe sarkozyenne : sans idéal, sans ambition autre que d'imposer les décisions dictées par son projet et entériner le statu quo. La pédagogie est certes indispensable pour réintégrer les citoyens dans le débat européen (travail également à la charge des journalistes) mais le débat contradictoire et l'ouverture de l'horlogerie européenne aussi ! Or, le programme hypocritement étalé dans Le Figaro par les cinq ministres donne le ton de la PFUE : un Barnum de propagande où les Français seront priés de venir applaudir la geste présidentielle. Durant ces six mois, nous n'apprendrons (malheureusement) pas à dire «grâce à l'Europe», comme le prédisait l'édito, mais serons bien obligés de répéter «à cause de Sarkozy».
lundi 7 juillet 2008
Paris veut faire adopter un contrôle européen de l'immigration non choisie
Ouest-France – 07/07/08
C'est l'une des priorités françaises : faire adopter un « pacte sur l'immigration et l'asile ». Les vingt-sept ministres chargés de ce dossier sont réunis aujourd'hui et demain à Cannes.
Les chiffres varient, mais l'ampleur du phénomène est indéniable. Il y aurait actuellement entre 5 et 8 millions d'immigrés en situation irrégulière sur le territoire de l'Union européenne. Les pays du Sud (Grèce, Italie, Espagne) sont particulièrement concernés depuis quinze ans par ce flux migratoire massif vers l'Europe. Mais ils ne sont pas les seuls. « Dans un espace de libre circulation comme l'est l'UE », affirmait récemment Brice Hortefeux, ministre français de l'Immigration, se référant aux accords de Schengen, « toute décision prise par un État membre a des répercussions chez ses voisins ».
D'où l'idée, amplement partagée, d'adopter des règles communes. Lesquelles ? C'est là qu'est tout le débat, même si M. Hortefeux, qui a sillonné l'Europe depuis janvier, affirme avoir déjà reçu l'assentiment de ses vingt-six partenaires.

Visas biométriques dès 2011
Pour Nicolas Sarkozy, le Pacte proposé par la France repose sur un constat. L'Europe vieillit, elle a besoin d'immigrés mais ne peut tolérer la clandestinité sans miner son propre contrat social. D'où l'idée de favoriser une « immigration choisie ». Le Pacte en décline les diverses facettes. Il entend, d'un côté, favoriser l'immigration légale et soutenir le développement des pays d'origine. De l'autre, et c'est là que se trouvent les mesures les plus concrètes et les plus imminentes, lutter contre la clandestinité.
Ces mesures sont connues : renforcement des contrôles aux frontières, délivrance de visas biométriques à partir de 2011, application plus systématique et plus concertée des procédures d'expulsion grâce à des accords de réadmission avec les pays d'origine. Le Pacte intègre la désormais fameuse « directive retour », adoptée le mois dernier par le Parlement européen, à Strasbourg. Une directive qui a suscité de vives condamnations de la part des gouvernements latino-américains, de nombreuses ONG et de l'Église catholique (à propos notamment des durées de rétention et de l'expulsion des enfants mineurs). Même si une partie de la gauche européenne l'a votée. « C'est une avancée », a ainsi déclaré M. Zapatero, chef du gouvernement espagnol.
« Le Pacte ne doit pas être une machine à expulser en commun », affirmait, récemment, M. Jouyet, ministre des Affaires européennes. Signe que le risque qu'il le devienne n'est pas nul. Le calendrier politique des gouvernements les enferme souvent dans le court terme et rend les mesures sécuritaires plus « payantes ». Or, sans un réel développement des pays d'origine, la poussée migratoire va s'accentuer. C'est le casse-tête de tous les gouvernements européens.
vendredi 4 juillet 2008
EUROPE - Réforme des institutions : retour à la case départ sur l'adhésion de la Turquie
LE MONDE | 03.07.08 | 10h52
Retour à la case départ. La commission des lois de l'Assemblée nationale a décidé, mercredi 2 juillet, de maintenir en l'état l'article 88-5 de la Constitution, introduit par Jacques Chirac en 2005, qui prévoit un référendum automatique en cas de nouvelles adhésions à l'Union européenne.
Faute d'accord sur une nouvelle formulation, le président (UMP) de la commission, Jean-Luc Warsmann, en accord avec son homologue du Sénat, Jean-Jacques Hyest, a préféré opter pour " la solution qui mécontentait le moins de monde " : le statu quo.
Sans aucune garantie que cela suffise à apaiser les parlementaires les plus en pointe, entre ceux qui tiennent à un dispositif spécifique permettant de dresser un barrage supplémentaire face à une éventuelle adhésion de la Turquie, et ceux qui plaident pour le retour au droit commun, ce qui était l'intention initiale du gouvernement.
Le projet de loi sur les institutions proposait d'aligner la procédure d'autorisation des traités d'élargissement sur celle des projets de révision constitutionnelle, le président de la République pouvant alors recourir soit à la voie parlementaire, soit à la voie référendaire. "Avec cet article, le gouvernement veut éviter qu'on ait à soumettre à référendum la question de l'entrée dans l'Union européenne de pays pour lesquels l'enjeu européen et national serait modeste. Imagine-t-on par exemple un référendum pour l'entrée du Monténégro dans l'Union européenne ?", avait défendu la ministre de la justice, Rachida Dati, en première lecture à l'Assemblée nationale.
Le nouveau dispositif avait toutefois soulevé un vent de fronde à l'UMP. Les plus farouches opposants à l'entrée de la Turquie y voyaient un " recul ". Avec l'aval du président de la République, Nicolas Sarkozy, ils avaient imaginé un " verrou " sous la forme d'un amendement prévoyant le recours automatique au référendum pour les seuls Etats dont la population excéderait 5% de celle de l'Union européenne. Une disposition qui, sans le dire, visait directement la Turquie.
Adopté à l'Assemblée par les seuls députés de l'UMP, cet article nouveau avait été unanimement désapprouvé au Sénat, qui avait rétabli la version initiale du gouvernement. Depuis, Matignon et l'Elysée s'étaient efforcés, avant la réunion de la commission des lois de l'Assemblée nationale, de parvenir à un compromis qui satisfasse tout le monde à l'UMP.
Mardi matin, devant le groupe UMP de l'Assemblée, le premier ministre, François Fillon, annonçait qu'il avait donné son " accord " à une nouvelle proposition : possibilité d'enclencher la nouvelle procédure de référendum d'initiative parlementaire soutenu par une pétition de citoyens, avec un seuil abaissé pour les questions d'adhésion.
Déclaration imprudente. M. Warsmann, toujours en liaison avec M. Hyest et soutenu par les partisans d'une règle de droit commun, soutient auprès de l'Elysée et de Matignon que tout dispositif restrictif sur cet article serait " inévitablement jugé discriminatoire ".
La commission des lois s'est tenue mercredi à 10 heures. A 9 h 55, aucune solution n'ayant fait consensus, décision a été prise d'en rester à l'existant. C'est la proposition que fera M. Warsmann et que suivra la commission des lois, " au grand soulagement de tout le monde ", précise celui-ci.
" Tout le monde ", cependant, était loin d'être au courant de ce revirement de dernière minute. C'est par un texto sur son téléphone portable que M. Copé a appris vers midi la décision de la commission, qu'il va maintenant lui falloir faire accepter par l'ensemble de ses troupes. Lui aussi en était resté à la version présentée la veille comme " acquise " par M. Fillon. " Je ne sais pas ce qui s'est passé, avoue-t-il, mais je suppose que la proposition Warsmann a l'aval du président de la République. " Suivez mon regard, si elle échoue.
mardi 1 juillet 2008
UNION EUROPEENNE – Confirmation non adhésion de la Pologne
NOUVELOBS. | 01.07.2008 | 13:00
Alors que Paris prend la présidence de l'UE, la Pologne jette un pavé dans la mare
Alors que Paris a pris la tête de l'Union européenne pour six mois lundi à minuit, le président polonais a annoncé qu'il ne ratifierait pas le traité européen de Lisbonne, estimant qu'il est "sans objet" après son rejet par les électeurs irlandais.
Sarkozy président d'une Europe simplifiée
Placide - http://www.leplacide.com/

Pour la première fois depuis l'échec du référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande, la France a fait allusion à la possibilité de réexaminer le texte afin de répondre aux préoccupations spécifiques des Irlandais.
La situation pourrait être plus claire après la visite en Irlande de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, le 11 juillet.
Jean-Pierre Jouyet a dressé la liste des garanties que les Irlandais aimeraient potentiellement voir ajouter au traité : neutralité, impôts, valeurs religieuses, opposition à l'avortement...
Une possibilité qui inquiète les Etats membres soucieux de ne pas ouvrir la boîte de Pandore sur ce sujet. En Irlande, les sondages ont cependant révélé que les partisans du "non" espéraient une renégociation du texte. Mais la plupart des préoccupations connues des électeurs irlandais ne sont en aucun cas liées au traité.
1er juillet 08 - L’express - Le président polonais Lech Kaczynski annonce qu'il ne signera pas le traité de Lisbonne en raison du non irlandais, dans une interview diffusée mardi par le quotidien Dziennin.Prié de dire s'il signera le traité, qui a déjà été approuvé par les deux chambres du parlement, Kaczynski répond: "C'est désormais inutile."
Le traité de Lisbonne, qui doit être ratifié par les 27 Etats de l'Union, a été rejeté le 13 juin par les Irlandais lors d'un référendum. Jusqu'ici, les autres pays membres, qui ont tous choisi la voie parlementaire, avaient décidé de poursuivre la ratification du texte.
Sarkozy veut une Europe qui protège… le programme de Sarkozy
Marianne - Lundi 30 Juin 2008 - Bénédicte Charles et Sylvain Lapoix
Invité ce soir sur France 3, Nicolas Sarkozy, qui prend demain la présidence du Conseil de l'Europe, a défini ses priorités pour les six prochains mois : protection, protection, protection.
Une Europe sociale ? Ah non, quelle horreur. Pour Nicolas Sarkozy, qui était ce soir l'invité du 19/20 de France 3, « le social doit rester national ». La présidence française de l'Union européenne aussi, d'ailleurs. En effet, le président a une conception un peu particulière des six mois qu'il va passer à la tête du conseil de l'Europe. Pour lui, c'est un simple moyen de faire adopter les mesures (surtout fiscales) nécessaires à la réalisation de son programme… franco-français.
Il se fait fort, ainsi, de pousser les partenaires européens à accepter une baisse de la TVA sur les produits pétroliers, ainsi qu'une TVA à 5,5% pour les restaurateurs, mais aussi les disques et les vidéos - « qui sont des produits culturels au même titre que les livres » (dont la TVA est actuellement à 5,5%). Bref, l'Europe doit permettre à Nicolas Sarkozy de tenir ses promesses fiscales. Pour lui, et il l'a bien martelé toute la soirée : « c'est ça une Europe qui protège» Enfin, qui protège surtout Nicolas Sarkozy de la colère des Français : marins-pêcheurs, camionneurs, patrons de restaurants, etc.
Une chose en tout cas est acquise : pour Sarkozy, une Europe protectrice, ce n'est pas une Europe sociale « l'Europe ne doit pas s'occuper de tout !», a-t-il affirmé - en oubliant qu'une directive sur le temps de travail plafonné a été votée il y a quelques jours seulement. Une Europe protectrice, pour le président, c'est une Europe compétitive - il a égratigné au passage la BCE qui « devrait se poser la question de la croissance économique et non seulement de l'inflation» - et une Europe qui exige la «réciprocité» et impose aux pays importateurs les même règles qu'aux pays membres. Une Europe protectionniste, en somme. Mais alors, où est passée la TVA sociale ?
lundi 30 juin 2008
A la Une OF de Dimanche - Sondage : les Français peu confiants dans l'Europe
Ouest-France dimanche 29 juin 2008
Alors que notre pays prend mardi la présidence de l'Union, les Français doutent plus que d'autres des bienfaits de la construction européenne, selon un sondage BVA.
Pour un Français sur trois, l'Europe est une source de crainte. Parmi les Vingt-Sept, nous sommes l'un des peuples les plus inquiets. À en croire l'Eurobaromètre de printemps, même les Irlandais, un mois avant de dire « non » au traité de Lisbonne, étaient 65 % à avoir une image positive de l'Union. Nous ne sommes que 30 % à y puiser de l'espoir, soit moitié moins qu'il y a cinq ans (61 %). Le sentiment des Français à l'égard de la construction européenne s'est considérablement dégradé.
Au moment où notre pays prend la présidence de l'Europe, les résultats de notre sondage sont « politiquement dévastateurs », selon Jérôme de Sainte-Marie, consultant de BVA opinion.
Il semble que la perception des effets de la mondialisation sur la situation personnelle des personnes interrogées soit un critère fort de différenciation. Ainsi, 13 % seulement des ouvriers voient une chance dans la construction européenne, contre 49 % des cadres supérieurs.
« Image brouillée »
Très clairement, on attend de la présidence française qu'elle privilégie la protection, celle de l'environnement et celle des consommateurs (43 % pour les deux thèmes, 66 % à gauche). Le climat est aussi l'une des priorités fixées par Paris.
Mais les Français ne se soucient guère des autres, comme la politique agricole commune (3 %) ou l'Europe de la défense (2 %). L'Europe est plus considérée comme « un bouclier » que comme « une ambition », constate Jérôme de Sainte-Marie.
Il est donc logique que l'Union paraisse bien placée pour résoudre les problèmes liés à la hausse des prix alimentaires (63 %) et, dans une moindre mesure, de l'énergie (47 %). Mais peu pertinente pour trouver des solutions aux conflits du Proche-Orient ou à la crise entre la Chine et le Tibet.
Cela n'empêche pas les Français de considérer que la politique étrangère (53 %) devrait être plutôt de compétence européenne. Mais ils sont très attachés à ce que la santé, l'éducation, l'emploi, la fiscalité restent entre les mains du gouvernement français. Le thème de l'immigration oppose les ouvriers, partisans à 73 % d'une gestion nationale du problème, aux cadres qui, à 63 %, estiment préférable une gestion européenne.
La victoire du « non » en Irlande est perçue comme une nouvelle plus mauvaise pour la présidence française que pour l'Europe elle-même. Les sondés relativisent l'importance d'un processus institutionnel qu'ils comprennent mal. Voilà sans doute pourquoi quatre Français sur dix se disent prêts à abandonner le traité de Lisbonne, dont la moitié des sympathisants socialistes. Un petit 14 % souhaite que l'on fasse revoter les Irlandais.
De cette « image brouillée », révélatrice du « vent de pessimisme levé par le vote irlandais », Jérôme de Sainte-Marie tire la conclusion qu'un « discours redonnant un sens clair » à la construction européenne s'impose d'urgence « à l'orée de la présidence française ».
samedi 28 juin 2008
Complot anti-traité de Lisbonne: Jean-Pierre Jouyet contre «Dr No»
Marianne 27 Juin 2008
Pour camoufler le fond du malaise vis-à-vis de la construction européenne, le Monsieur Europe de la Sarkozie sort un joker digne de James Bond : une «Irish connection» transatlantique et anti-européenne aux moyens considérables.
Après les cigares explosifs de Fidel Castro et la cellule 11 septembre de la CIA, voici le nouveau complot à la mode : Libertas, la conspiration contre le traité de Lisbonne ! Invité sur France info vendredi 27 juin en clôture d'une semaine sur la crise suite au «non» irlandais, Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'État aux Affaires européennes ne cachait pas son inquiétude face aux «ennemis puissants» de l'Europe. Alors qu'on l'interrogeait sur des preuves d'ingérence américaine, ses paroles se sont voilées d'inquiétude : «cela mériterait d'être approfondi, mais des informations provenant d'amis irlandais m'ont fait remarquer les financements considérables dont a bénéficié la campagne pour le non en Irlande.»
La conspiration Libertas
L'agent 0027 Jean-Pierre Jouyet a ainsi évoqué la forte communauté irlandaise des États-Unis ainsi que l'organisation Libertas et ses «relais danois». La campagne référendaire irlandaise a certes été marquée par les interventions de l'infatigable David Cochrane, porte-parole de ce think tank souverainiste. Mais celui que vise Jouyet, c'est son grand ennemi, le «Dr No» du traité de Lisbonne : le très influent président de Libertas Declan J. Ganley, PDG de Ganley Group and Companies.
La com au secours de l'Europe
Évoquant également les médias anglo-saxons euro sceptiques, Jouyet a laissé entrevoir les représailles des services de sa Majesté Sarkozy durant la présidence française de l'Union européenne : «Nous organiserons un maximum de manifestations citoyennes : la présidence est une occasion pour les Français de mieux comprendre l'Europe.»
Imparable botte secrète : la communication ! Nul doute qu'avec ça se dissipera le «malaise à l'égard de l'Union», pointé par le secrétaire d'État, et que l'UE se fera «plus proche des citoyens.» Il serait tout de même bon de surveiller ce défenseur de l'Europe de près : vu le manque d'ambition qu'il met à la tâche, on va finir par découvrir que c'est un agent double...
samedi 31 mai 2008
BELGIQUE Le Conseil de l'Europe dénonce des discriminations flamandes
LE MONDE | 29.05.08 | 14h58 BRUXELLES CORRESPONDANT
Après le Comité contre le racisme des Nations unies et la Commission européenne, une troisième instance internationale a critiqué des pratiques discriminatoires de la Région flamande. Dans un rapport d'enquête qu'il a présenté, mardi 27 mai, devant le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, le Français Michel Guégan a jugé "hors de proportion" la sanction frappant trois bourgmestres (maires) francophones élus en Flandre.
Ces représentants ne sont pas nommés par leur autorité de tutelle - la Région flamande - parce qu'on leur reproche d'avoir envoyé, en 2006, des convocations électorales dans la langue de leurs administrés et pas uniquement en néerlandais, comme l'impose la loi. Les trois municipalités concernées sont majoritairement francophones.
"FASCISME NON VIOLENT" - Dans son rapport, M. Guégan déplore le "délai déraisonnable" imposé aux trois bourgmestres et s'inquiète que la Belgique n'ait toujours pas ratifié la convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités nationales.
Des voeux pieux : le gouvernement flamand restera inflexible sur ces deux points. Le rapport n'a d'ailleurs pas ému Marino Keulen, ministre régional de l'intérieur. Il estime que M. Guégan n'a pas pris en compte toutes les explications qui lui ont été fournies et s'est livré à des "commentaires politiques" sur la vie locale.
La veille, une commune flamande proche de Bruxelles, Zaventem, avait bravé les mises en garde de la Commission européenne. Elle a approuvé la mise en vente, à un prix modéré, de 61 lots de terrain communaux. Une condition pour les acquérir : parler le néerlandais ou s'engager à l'apprendre. La Commission a fait savoir, le 16 mai qu'elle s'interrogeait sur le caractère discriminatoire de ces dispositions, estimant qu'elles pouvaient pénaliser les ressortissants d'autres Etats membres. La municipalité de Vilvorde entend prendre des mesures identiques.
C'est M. Keulen qui devra répondre à la Commission alors qu'il a, quant à lui, été mis récemment en cause par les Nations unies pour son "code du logement". Présenté comme social et visant à une meilleure intégration, ce plan impose une "bonne volonté pour apprendre le néerlandais" aux personnes désireuses d'obtenir un logement social. Il n'y aurait pas d'obligation de résultat, ce que contestent certains témoignages
.
S'ajoutant à d'autres épisodes récents dont la presse nationale et internationale s'est fait l'écho, ces polémiques indisposent le gouvernement flamand. Il est soucieux de "mieux informer" et entend, notamment, nommer un porte-parole spécifique pour les journalistes étrangers.
A la veille de cette décision, un reporter du International Herald Tribune avait dénoncé le "fascisme non violent" et la "purification ethnique juridique" à l'oeuvre, selon lui, dans le nord de la Belgique.
