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vendredi 16 mai 2008

La passion britannique de Nicolas Sarkozy, par Thomas Ferenczi

LE MONDE | 15.05.08 | 13h58

Ceux qui ont rencontré récemment Nicolas Sarkozy ou ses proches collaborateurs peuvent en témoigner : la solide méfiance que continue de nourrir le président de la République à l'égard d'Angela Merkel, en dépit des éloges qu'il lui a décernés le 1er mai à Aix-la-Chapelle à l'occasion du Prix Charlemagne, n'a d'égale que la vive sympathie qu'il éprouve pour le premier ministre britannique, Gordon Brown.

On ne sait si les deux phénomènes sont liés, mais il est clair que, dans le jeu à trois qui unit la France à ses deux puissants partenaires européens, le coeur de Nicolas Sarkozy balance nettement en faveur de la Grande-Bretagne plutôt que de l'Allemagne.

Avec la chancelière allemande, le courant, à l'évidence, passe mal. Il suffisait de regarder le visage fermé d'Angela Merkel à Aix-la-Chapelle face aux plaisanteries de Nicolas Sarkozy sur leur "couple" pour deviner qu'entre ces deux personnalités l'agacement l'emporte sur la compréhension.

A l'Elysée, où on ne se prive pas de souligner la dureté de la chancelière ou de critiquer son double langage, on laisse volontiers entendre que les compliments du président français relevaient plus d'une rhétorique de commande que d'un sentiment sincère. L'opposition de Mme Merkel au projet français d'Union pour la Méditerranée a laissé des traces dans l'esprit de M. Sarkozy.

En revanche, le président français ne cache pas l'attachement cordial qui le lie au chef du gouvernement britannique. M. Sarkozy est un admirateur inconditionnel de la Grande-Bretagne, ce pays qui allie, selon lui,"l'extrême classicisme et l'extrême excentricité" et qui représente "la fenêtre d'ouverture" de l'Europe sur le monde.

Le chef de l'Etat est revenu enchanté de son voyage, fin mars, et ne tarit pas d'éloges, selon certains de ses interlocuteurs, sur les dirigeants britanniques. Il ne regrette pas d'avoir proposé la candidature de Tony Blair à la présidence du Conseil européen, même s'il reconnaît que l'idée a fait long feu, et s'efforce de travailler étroitement avec son successeur.

Les attentions du président français à l'égard du premier ministre britannique ne sont pas désintéressées. Il n'y aura pas, pense-t-il, de "moralisation du capitalisme financier", cette vaste ambition qu'il a exposée en 2007 devant l'Assemblée générale des Nations unies, sans le concours de Londres.

Il n'y aura pas non plus, sans les Britanniques, de défense européenne, objectif qui est l'une des priorités de la présidence française à partir du 1er juillet. En contrepartie, M. Sarkozy espère que M. Brown, dont il salue les évolutions récentes et vante le courage dans la défense du traité de Lisbonne, se rapprochera un peu plus de l'Union.

Pour le président français, l'Europe a besoin de la Grande-Bretagne. Il faut donc convaincre les Britanniques de prendre toute leur place dans l'Union. Le pari est audacieux, mais il vaut la peine d'être tenté. Même si des divergences importantes demeurent entre Paris et Londres, M. Sarkozy a raison d'essayer d'arrimer plus fermement la Grande-Bretagne à l'Europe. Mais il appartient aussi à M. Brown, en dépit des difficultés politiques qu'il traverse dans son propre pays, de faire une partie du chemin pour apporter la preuve de sa bonne volonté.

Le premier ministre britannique a déjà donné quelques signes encourageants. M. Sarkozy attend que les actes suivent. Pour autant, sa passion pour la Grande-Bretagne ne doit pas le conduire à distendre ses liens avec l'Allemagne. Il serait contre-productif de donner l'impression aux Européens que la France choisit Londres contre Berlin. 

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jeudi 15 mai 2008

BELGIQUE - Les « sages », modèle pour Leterme

LESOIR BE

  mardi 14 mai 2008, 23:24 DAVID COPPI

Pour déminer l’institutionnel, Yves Leterme envisage de rééditer la formule gagnante de février… un « comité des sages » qui tenterait de régler le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde, et de projeter un nouvel accord institutionnel.

On ne prend(rait) pas les mêmes mais on recommence (rait). Il est sérieusement question, dans la majorité, de relancer un « comité des sages » qui tenterait de régler le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde, et de projeter un nouvel accord institutionnel.

« Relancer », disions-nous, car à la fin février, un comité des sages, déjà, avait ficelé ce que l’on devait appeler plus tard le « premier paquet » de la réforme de l’Etat, conseillant de transférer aux Régions une série de compétences (comme la sécurité routière, la législation sur les loyers, l’implantation des surfaces commerciales), annonçant l’ouverture de négociations sur BHV, ainsi qu’une seconde phase de réformes institutionnelles.

Composé de Jean-Luc Dehaene, Philippe Maystadt, Philippe Moureaux, Johan Vande Lanotte, Marcel Cheron, Magda Aelvoet, Didier Reynders, Guy Verhofstadt et Yves Leterme, ce club select, dont certains s’étaient gaussés au départ, produisait ainsi le premier accord politique Nord-Sud digne de ce nom depuis les élections législatives du 10 juin 2007 ! Un succès. Et un premier pas, croyait-on.

Les conclusions des « sages » allaient servir de base à celles du groupe Octopus, réunissant des représentants de tous les partis démocratiques, qui entérinaient politiquement l’accord. Et c’est cela qui allait permettre au gouvernement Leterme de voir le jour à la fin mars, qui succédait à l’exécutif de transition piloté par Guy Verhofstadt.

Après la grosse polémique du 8 mai au parlement et la tentative des partis flamands de passer en force sur la scission de BHV, l’idée de reconvoquer un comité des sages a resurgi ces derniers jours, et serait sur le point de s’imposer à celle d’une négociation politico-ministérielle classique, comme il en était question.

Les raisons : les relations Nord-Sud se sont dégradées ; Yves Leterme n’a toujours pas acquis toute l’autorité politique nécessaire pour donner le « la » d’une négociation ; il est préférable d’associer l’opposition (verts et SP.A) aux travaux ; les nœuds communautaires se sont resserrés. Dans ces conditions, rien de tel, confie-t-on, que des « sages » et leurs lumières dans la nuit

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mardi 13 mai 2008

La famine fait spéculer

Libération - mardi 13 mai 2008 - correspondante à Bruxelles JULIE MAJERCZAK 

«Tirez avantage de la hausse des prix des denrées alimentaires.»

C’est avec ce slogan que la banque belge KBC a lancé un nouveau placement financier, indexé sur le cours de six matières premières agricoles (cacao, café, sucre, blé, maïs et soja). Pour attirer ses clients, la banque invite sans détour à saisir «l’opportunité» que représente «l’énorme accroissement de la population», «les changements climatiques», «la pénurie d’eau et de terres agricoles». Rendement estimé, mais pas garanti : 14 %.

Alors que la flambée des prix agricoles entraîne des émeutes de la faim dans de nombreux pays du Sud, est-il décent de proposer un tel produit financier ? Peut-on spéculer sur la famine mondiale ? Est-il moral de miser sur la pénurie d’eau ? L’information, sortie récemment dans la presse belge, suscite la polémique dans le pays. Indignés, les parlementaires socialistes belges ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi visant à «interdire l’offre et la diffusion de produits financiers dont le seul objectif est de spéculer sur la hausse des prix des denrées alimentaires et d’en tirer profit». Mercredi, les députés socialistes européens leur ont emboîté le pas, en demandant à l’Union européenne d’interdire ce type de placement.

«Je m’excuse auprès des gens qui ont été choqués par le slogan», a déclaré à Libération la porte-parole de la KBC, Viviane Huybrecht, qui avoue que le dépliant commercial était mal formulé. Mais, sur le fonds, la KBC estime n’avoir rien à se reprocher. «Ce n’est pas ce produit qui influence le cours des matières premières, assure la porte-parole. La hausse actuelle trouve son origine dans une série de facteurs comme l’augmentation continue de la population mondiale, l’impact négatif du réchauffement climatique sur les rendements agricoles, la demande croissante de biocarburants…»

Elle précise que le produit s’adressait à un groupe restreint d’investisseurs sur une période de souscription de courte durée (du 1er au 29 février 2008) avec des mises de fonds très limitées.

En tout, quelques centaines d’investisseurs se sont manifestés. Mais la KBC est loin d’être la seule institution financière à proposer ce genre de placement. Selon la commissaire européenne chargée de l’Agriculture, Mariann Fischer Boël, 140 fonds indexés partiellement ou totalement sur les prix des matières premières agricoles ont été lancés en février dans l’Union européenne !

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samedi 10 mai 2008

BELGIQUE - Les partis flamands relancent la crise politique

NOUVELOBS | 09.05.2008 | 09:32

Un texte prévoyant de de scinder le seul arrondissement électoral bilingue du pays, l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit "BHV", a été mis à l'ordre du jour du Parlement.

Les partis flamands ont tordu le bras aux francophones, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi  9 mai, avec la mise à l'ordre du jour du Parlement belge d'un texte qui écorne leurs droits linguistiques, menaçant de relancer la crise qui avait fait craindre l'éclatement de la Belgique en 2007.

Après des heures de débat et de bataille de procédure, qui n'ont réussi qu'à retarder une issue attendue par les observateurs depuis plusieurs jours, les partis flamands de la Chambre fédérale des députés ont voté vers 02H15 (0H15 GMT) pour inclure à son ordre du jour la proposition controversée de scinder le seul arrondissement électoral bilingue du pays, l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit "BHV".

Automatiquement majoritaires -
Automatiquement majoritaires au Parlement puisqu'ils représentent 60% de la population belge, les députés flamands, unanimes à réclamer "l'homogénéité linguistique" de la Flandre, étaient assurés de pouvoir ajouter ce point à l'agenda dès lors que le vote avait lieu.
Malgré les avertissements des francophones qui avaient prévenu qu'ils prendraient ce vote comme une nouvelle "gifle" - après un premier vote en commission en novembre dernier - les Flamands ont fini par passer à l'acte.

Immédiatement après le vote, les francophones ont déposé des amendements sur ce projet de scission à examiner par le Conseil d'Etat, entraînant la suspension des travaux du Parlement jusqu'au 16 mai.
Pour freiner plus durablement le projet, les francophones pourraient lancer dès vendredi une procédure dite du "conflit d'intérêt" devant le parlement de la région de Bruxelles. Une telle action gèlerait le parcours législatif de la proposition controversée durant 120 jours.

Les députés francophones jugent la scission de BHV inacceptable car, si elle était effectivement adoptée, elle enlèverait aux plus de 100.000 francophones vivant dans la périphérie flamande autour de Bruxelles le droit de voter pour des candidats francophones se présentant dans la capitale.
Ils réclament que le litige soit réglé, comme Yves Leterme l'avait promis en mars, lors d'une négociation plus large sur l'organisation de l'Etat d'ici la mi-juillet, ce qui leur permettrait, espèrent-ils, d'obtenir des "compensations".
Yves Leterme a réitéré cet engagement jeudi.


"Lever cette hypothèque" -
"Il est nécessaire de trouver une solution pour lever cette hypothèque qui pèse sur les relations entre les deux grandes communautés du pays", a-t-il affirmé à la tribune de la Chambre.
Mais le Premier ministre flamand n'est pas allé jusqu'à demander aux membres de son propre parti de reporter de quelques semaines l'examen d'un texte qui risque pourtant de rompre le peu de confiance restant encore entre francophones et néerlandophones de son gouvernement.

Le leader socialiste francophone Elio Di Rupo a dénoncé cette attitude ambivalente du Premier ministre et de nombreux flamands. "Aujourd'hui, on entre dans une rupture. On ne peut pas à la fois se mettre dans une logique de dialogue et d'affrontement," a-t-il déclaré.

Pressée par une puissante extrême droite indépendantiste, les partis flamands réclament eux depuis des années, avec une fermeté croissante, la scission de "BHV", une "anomalie" selon eux puisque l'arrondissement regroupe Bruxelles, ville majoritairement francophone enclavée en Flandre, et 35 majoritairement néerlandophones de sa périphérie.
"Toute modification doit s'opérer en concertation (...), mais nous n'allons jamais rompre l'unité flamande: la scission de BHV est inévitable", a ainsi prévenu Bart Tomelein, chef de groupe des libéraux flamands.

Les francophones ne devraient cependant pas claquer la porte du gouvernement dans l'immédiat, selon les analystes, la convocation d'élections anticipées paraissant risquée pour des partis qui se sont querellés sur des questions perçues par la population comme byzantines depuis les législatives de juin 2007.

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lundi 5 mai 2008

Belgique - Les autorités soupçonnent la Chine d'espionner leurs réseaux informatiques

LE MONDE | 03.05.08 | 13h57  •  BRUXELLES CORRESPONDANT

Les services belges de renseignement civils et militaires enquêtent sur des attaques dirigées depuis quelques semaines contre les réseaux informatiques des autorités fédérales. Ces tentatives de piratage sont apparemment conduites depuis la Chine. Jo Vandeurzen, ministre de la justice, a confirmé, vendredi 2 mai, que le gouvernement belge soupçonne Pékin sans avoir pu fournir, jusqu'ici, de preuves définitives. Mais "le contexte et toutes les pistes mènent vers la Chine", souligne le ministère de la justice qui dit, par ailleurs, ignorer si les pirates ont atteint leur but. Selon M. Vandeurzen, le rôle de la Belgique en Afrique centrale et le fait que Bruxelles abrite à la fois l'OTAN et l'Union européenne (UE) expliqueraient l'intérêt très particulier des autorités chinoises.

"Une enquête est en cours, mais nous avons plus que des soupçons", indique de son côté un porte-parole du ministère belge des affaires étrangères. Il y a quelques semaines déjà, le ministre Karel De Gucht avait indiqué au Parlement que son département était l'objet d'attaques ciblées, sans doute menées par des services chinois. A la Sûreté de l'Etat, les services de renseignement civils, on parle d'une "menace réelle".

ACTIVITÉS AUX PAYS-BAS - Les autorités belges s'étaient jusqu'ici montrées discrètes sur les tentatives d'espionnage menées par la Chine sur leur territoire. En 2005, des informations quant à l'existence d'un réseau multinational de renseignement piloté depuis la Belgique sont restées sans suite.

Une association d'étudiants chinois, particulièrement active à l'université flamande de Louvain, avait été montrée du doigt. Elle servait apparemment de façade à un réseau de collecte d'informations dans les domaines scientifique, pharmaceutique et technologique.

Dans d'autres Etats européens, des associations d'étudiants et de stagiaires chinois directement liées à la diplomatie de leur pays font l'objet de beaucoup d'attention. A Pékin, le ministère de la sécurité publique et une branche spéciale du renseignement militaire contrôleraient ces associations, affirme un expert de l'UE.

La Belgique n'est pas la seule visée en Europe. Au début d'avril, les services de renseignement néerlandais (AIVD) avaient souligné la forte croissance des activités d'espionnage chinoises (et russes) aux Pays-Bas. De fortes pressions seraient exercées, dans ce pays, sur des membres de la diaspora chinoise afin qu'ils obtiennent des informations sur les réseaux de technologies de l'information et les "structures vitales du pays", affirmait l'AIVD.

En août 2007, la chancelière allemande Angela Merkel avait confié au président chinois son inquiétude quant à la résurgence des activités d'espionnage dans son pays. Le ministère chinois des affaires étrangères avait, par la suite, évoqué des accusations "sans fondement".

Plusieurs départements ministériels britanniques ont également eu affaire à des tentatives d'espionnage, menées notamment par l'armée chinoise. Aux Etats-Unis, le FBI affirme que l'espionnage au profit de Pékin croît de 20 % à 30 % par an. Il vise essentiellement le secteur des technologies civiles.

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samedi 3 mai 2008

Edito - La leçon d'"Angela"

EditoLE MONDE | 02.05.08

Nicolas Sarkozy a prononcé, jeudi 1er mai, un discours laudateur à l'égard de la chancelière allemande Angela Merkel, qui recevait le prix Charlemagne, récompense de son action pour la construction européenne. Il a dit avoir "beaucoup appris" d'elle. Il a vanté sa "modestie" et l'habileté avec laquelle, lors de la présidence allemande de l'Union européenne, au premier semestre 2007, elle avait su "rassembler tout le monde autour du traité simplifié". "Quel parcours !", s'est-il enthousiasmé, appelant au passage "M. Merkel" le mari de la chancelière, alors que c'est le nom de son premier époux.

Cette gaffe n'aidera pas à tourner la page de ce qui ressemble à une sourde hostilité réciproque. M. Sarkozy et Mme Merkel ont des styles aux antipodes. Leur relation a été heurtée. Tant d'éléments plaidaient pourtant, au départ, pour une meilleure entente : leur atlantisme, leur vision de l'ancien bloc communiste.

Mais Mme Merkel a été irritée par les solos diplomatiques de M. Sarkozy, par sa tendance à revendiquer le mérite des efforts collectifs, par sa propension à casser les règles du "couple" franco-allemand et à faire peu de cas des consultations préalables avec les partenaires.

M. Sarkozy dit avoir "beaucoup appris" d'"Angela". A-t-il tiré les enseignements de ces tensions, au moment où il se prépare à assumer, à partir du 1er juillet, la présidence française de l'Union européenne ?

Sur l'un de ses projets phares, l'"Union de la Méditerranée", il a été contraint de reculer, même s'il ne l'avoue pas. Mme Merkel a mis son veto à la première version du projet, y voyant un risque de scission en Europe. Un compromis a été trouvé, ouvrant la voie à une "Union pour la Méditerranée", mais celle-ci ressemble fortement à une version révisée du processus de Barcelone, lancé en 1995.

C'est une leçon que l'équipe de Mme Merkel a visiblement voulu administrer : la concertation, en Europe, fait partie des règles.

La France, pour sa présidence, devra clarifier ses méthodes et ses objectifs, renoncer au passage en force, jouer collectif. M. Sarkozy a encore beaucoup à apprendre de Mme Merkel, à commencer par l'humilité, dont il veut maintenant faire montre en politique intérieure et qu'il gagnerait à étendre à sa diplomatie. 

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vendredi 2 mai 2008

Dans un an, il y aura des élections européennes et tous les partis politiques nationaux s'en moquent

Fenêtre sur l’Europe - Frank Biancheri - 23/04/08

Publié le 14 avril dans Newropeans-Magazine

En Juin 2009, dans un peu plus d'un an donc, vont se tenir de nouvelles élections européennes qui permettent d'élire les représentants de 500 millions de citoyens européens au Parlement de l'Union européenne.

Il s'agit de ce même Parlement que les traités successifs, y compris l'actuel traité en train d'être ratifié dans le dos des peuples, chargent de compétences toujours nouvelles, au nom du renforcement de la démocratie européenne; alors que les partis politiques nationaux, qui ont un monopole de candidature sur les élections européennes font tout pour que ce Parlement reste docile, au service des exécutifs européens, le Conseil et la Commission.

Pour parvenir à réduire à zéro la voix des 500 millions de citoyens de l'UE que le parlement européen est censé incarner, ces mêmes partis politiques nationaux continuent, élections européennes après élections européennes, à tout faire pour empêcher qu'il y ait la moindre campagne européenne significative. Ainsi ils peuvent continuer à y envoyer leurs bataillons de retraités de la politique, ou de personnalités nationales en quête de sinécure.

C'est pour cela, qu'à un an de la prochaine élection du Parlement européen, 90% des 500 millions de citoyens européens ne savent même pas que ces élections approchent. D'ailleurs, plus de la moitié d'entre eux ne se sont pas déplacés pour voter lors de la dernière édition en 2004. Et parmi ceux qui ont voté, au moins la moitié ont cru participer à une élection nationale ... quand ils se rappellent encore avoir même participé à cette élection.

Des citoyens indifférents et amnésiques élisant des retraités de la politique nationale pour siéger dans une assemblée aux compétences toujours plus grandes soigneusement encadrées par les bureaucrates et les lobbies : voilà, cher citoyen, le bilan qu'on peut tirer de trente années d'élections au suffrage universel du Parlement européen. 1)

Et tout cela se passe à un moment où pourtant jamais la dimension européenne n'aura été plus au coeur de la vie de nos 500 millions de concitoyens, avec l'Euro, les OGM, les règlementations en tous genres, l'élargissement, l'immigration, la Turquie, les relations complexes avec Moscou et Washington, l'OTAN, les délocalisations, l'éducation linguistique pour nos enfants, les réformes affectant nos systèmes de santé, l'inflation, ... !

Car en effet, tout ça, et bien d'autres choses encore, dépend désormais essentiellement de l'UE; et donc des décisions de ce Parlement endormi qui siège selon les jours à Bruxelles ou Strasbourg, signe d'ailleurs du mépris dans lequel les autres institutions le tiennent. Imagine-t-on le Conseil ou la Commission passer leur temps à changer de siège tous les mois?

Pourtant souviens-toi cher citoyen, qu'en démocratie, ton pouvoir passe au minimum par le Parlement. Si on veut donner au citoyen les moyens d'exister collectivement face à l'exécutif et à la machine bureaucratique, alors, l'Histoire n'enseigne pas trente six mille méthodes : il faut que les citoyens prennent le pouvoir. Et c'est possible par le vote et l'élection.

Le Parlement Européen est la "Belle au Bois Dormant" de la démocratie européenne. Il faut le réveiller. Il a des compétences désormais importantes, mais il lui manque l'énergie, la légitimité et l'indépendance nécessaire pour briser les chaînes des partis nationaux qui l'enserrent et l'empêchent de représenter l'intérêt collectif des 500 millions d'Européens.
Les pseudos "partis européens" siégeant à Strasbourg sont des illusions destinées à camoufler une vérité très simple : les partis nationaux se fichent complètement de l'élection européenne.

Les faits parlent d'eux mêmes : tous les cinq ans, quand l'élection européenne arrive, leur seul objectif commun est de limiter la campagne au strict minimum de temps (s'ils pouvaient ne pas faire campagne du tout, ils seraient ravis), en investissant le plus petit budget possible ... et en y envoyant leurs politiciens qui intéressent le moins les citoyens! Quel programme attirant! Et certains s'étonnent encore qu'il y ait plus de 50% d'abstention?

Alors, à un an des prochaines élections européennes, cher citoyen européen, sois prévenu, les partis nationaux vont encore une fois t’enfumer : ils espèrent fondamentalement que tu resteras chez toi et que tu contribueras à laisser la démocratisation de l'Union européenne dans les limbes politiques des projets éternels sans avenir. Ils souhaitent profondément laisser l'UE dans les mains des bureaucrates et des lobbies et continuer à pouvoir se débarrasser de leurs élus indésirables en les envoyant à Strasbourg. C'est vrai que c'est plus humain que de les abattre.

Et pendant ce temps là, l'avenir de tes enfants, le niveau de tes revenus en euro, l'évolution de ton système de santé, le montant de ta retraite, la libéralisation des services publics, l'ultra-règlementation de ta profession, la main-mise des grands groupes industriels sur les fonds européens au détriment des PME, .... tout cela continuera tranquillement, ... pendant que le Parlement européen passera sa dixième résolution pour la libération d'Ingrid Betancourt!

Pourtant, si tu n'es pas vraiment satisfait par cette perspective, sache que
pour la première fois se construit une alternative à ce monopole des partis nationaux sur l'élection européenne. De simples citoyens, sur le terrain des 27 Etats membres sont en train de préparer depuis trois ans déjà la candidature du premier mouvement politique trans-européen qui présentera des listes ayant le même nom, le même programme et soutenues par la même force nouvelle politique trans-européenne, Newropeans.

Enfants de l'Internet, d'Erasmus, de la chute du Mur de Berlin et de l'Euro, sortis du cadre archaïque pro ou anti européen, ces simples citoyens comme toi cherchent à bâtir la force politique qui va réorganiser l'Union européenne dans les dix/quinze ans à venir pour en faire une vraie démocratie, en mettant ces 500 millions de citoyens au coeur des grandes orientations politiques, diplomatiques, économiques, culturelles et sociales de notre continent.

Leur objectif est simple, mais il constitue un vrai défi historique. Il y a eu des "fronts républicains" dans le passé, rassemblant momentanément gens de droite et de gauche pour faire triompher la République. Aujourd'hui ces enfants de l'Internet, d'Erasmus, de la chute du Mur de Berlin et de l'Euro pensent qu'il est temps de rassembler dans une sorte de front démocratique européen tous ceux qui veulent faire triompher la démocratie au sein de l'immense entité politico-bureaucratique qu'est devenue l'Union européenne.

Au fait, cher citoyen, pour conclure, un petit détail à souligner : sans toi, il n'y a pas de démocratie possible. Sans toi, les enfants d'Internet, d'Erasmus, de la chute du Mur de Berlin et de l'Euro risquent de rester coincés dans une Europe sans démocratie. Dommage, non?

Sauf, bien entendu, si comme les partis nationaux tu t'en fiches aussi et que tu préfères prétendre que via tes partis nationaux tu peux encore avoir la moindre influence sur les grandes tendances qui affectent l'Europe et ta vie quotidienne. Quand tu découvriras que c'est une illusion, tu pourras toujours, ensuite, comme eux, aller mendier à Bruxelles, aux bureaucrates l'autorisation de faire ceci ou cela. Ou sinon, tu n'auras qu'à te payer un lobby même si c'est un peu cher. Sinon, bouge toi. Maintenant.

[1] C'est en effet en 1979 que se tinrent les premières élections au suffrage universel pour le Parlement de Strasbourg.

[2] Et les référendums français et néerlandais sur le projet de Constitution européenne, avec leurs forts taux de participation, ont prouvé que l'Europe peut intéresser fortement les citoyens. C'est d'ailleurs ce fort intérêt qui explique la décision des dirigeants européens d'interdire les référendums sur le nouveau traité (et sur les suivants).

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Sarkozy déclare sa flamme à Merkel et loue le couple franco-allemand

TV5MONDE AIX-LA-CHAPELLE (AFP) - 01/05/2008 13h09 EXTRAIT

Le président français Nicolas Sarkozy a rendu jeudi à Aix-la-Chapelle un hommage insistant à la chancelière allemande Angela Merkel, conçu comme une nouvelle démonstration publique de la bonne entente retrouvée entre les deux dirigeants.

"Affection", "très grande amitié", "respect", "grande admiration"... En prononçant l'éloge de "Angela", lauréate 2008 du prix Charlemagne pour son engagement européen, "Nicolas" n'a pas lésiné sur les louanges afin de faire oublier les tensions qui ont agité la première année du nouveau couple franco-allemand.

......

"La presse parle beaucoup de notre couple", a lancé Nicolas Sarkozy en s'adressant au mari de la chancelière, Joachim Sauer, rebaptisé pour l'occasion "M. Merkel", du nom de son premier époux. "Je voudrais lui dire de ne pas croire tout ce qui est écrit dans la presse: j'aime Angela Merkel beaucoup plus que ce qu'ils disent", a-t-il assuré.

.....

"Angela et moi, on fait un couple harmonieux (...) c'est une femme que je respecte, une femme courageuse, c'est une femme intelligente et en douze mois, M. Merkel, Angela et moi nous nous sommes vus douze fois et, compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt à comparer nos agendas !", a-t-il poursuivi en faisant s'esclaffer la salle des Couronnements de la mairie d'Aix.

....

Très en verve, Nicolas Sarkozy a également rendu hommage au parterre européen prestigieux réuni pour l'occasion, du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui "fait honneur à l'Europe", au président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Il a toutefois omis d'y associer le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, qu'il critique régulièrement pour sa politique de "l'euro fort".

....

Heu Heu ...

Lire 

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mardi 29 avril 2008

Europe - Déficit : Bruxelles envisage une mise en garde de la France, dernière de la zone euro

LEMONDE. avec AFP et Reuters | 28.04.08 | 14h09

Paris s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne en position de cancre de la zone euro pour les déficits publics. Dans ses prévisions de printemps, publiées lundi 28 avril, la Commission européenne s'attend en 2008 à une augmentation du déficit français à 2,9 % du PIB, passant en 2009 à 3 %, soit exactement la limite maximale tolérée dans l'Union européenne. Paris table, pour l'heure, sur un déficit ramené cette année à 2,5 % et à 2 % l'an prochain.

La situation est jugée suffisamment préoccupante à Bruxelles pour que la Commission envisage de lancer une mise en garde précoce à Paris. C'est ce qu'a indiqué lundi le commissaire à l'économie Joaquin Almunia,  affirmant que "la situation de la France est la plus préoccupante dans la zone euro". 

BERCY MAINTIENT SES PRÉVISIONS - Malgré les prévisions pessimistes de l'organe européen, le gouvernement français a maintenu, lundi, ses prévisions de croissance et de déficits publics pour 2008 et 2009. "Nous maintenons nos prévisions d'autant plus qu'on voit les premiers fruits" de la politique économique du gouvernement, indique Bercy, invoquant notamment comme facteur de croissance la loi Travail, emploi, pouvoir d'achat (TEPA).

La Commission dit prévoir pour la France une croissance de 1,6 % cette année et 1,4 % l'an prochain. Le gouvernement table ainsi pour 2008 sur une croissance de 1,7 à 2 % avec un déficit de 2,5 %, et l'an prochain sur 1,75 à 2,25 % avec un déficit réduit à 2 %.

La question se pose désormais de savoir si le gouvernement est toujours en mesure de tenir son pari, réitéré la semaine dernière par Nicolas Sarkozy, d'un retour à l'équilibre de ses comptes à l'horizon 2012, après avoir déjà obtenu de facto un report de cet objectif qui, à l'origine, avait été fixé à 2010 pour tous les pays de la zone euro. Au-delà de 3 %, un Etat membre de l'UE s'expose à une procédure de la Commission pour déficit excessif, avec une série de recommandations à la clé, puis à se voir infliger une amende par ses pairs européens.

Selon la Commission, la France sera le plus mauvais élève de la zone euro en matière de déficits, tant cette année que la suivante.

L'Allemagne ne devrait enregistrer qu'un trou limité à 0,5 % cette année, ramené à 0,2 % la suivante. Même l'Italie, confrontée à un trou d'air du côté de la croissance, devrait mieux s'en tirer de l'avis de la Commission, avec un déficit de 2,3 % cette année, puis de 2,4 % l'an prochain.

Ces pronostics constituent un camouflet pour la France au moment où elle se prépare à prendre la présidence semestrielle tournante de l'UE, le 1er juillet. La tendance devrait être d'autant plus difficile à inverser que les prévisions de Bruxelles concernant la croissance et l'inflation sont peu réjouissantes. Selon la Commission, la tempête sur les marchés financiers, le ralentissement de l'économie américaine et l'envolée des prix des matières premières vont peser davantage que prévu initialement sur la croissance de la zone euro cette année.

Au niveau de la zone euro, la croissance devrait ralentir pour atteindre 1,7 % seulement cette année, contre 2,6 % en 2007, et un nouveau ralentissement à 1,5 % en 2009.  Malgré ce ralentissement de croissance, l'inflation devrait rester au-dessus de l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE), à 3,2 % sur l'ensemble de l'année 2008 après 2,1 % en 2007, avant de revenir à 2,2 % en 2009.

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POLOGNE • Menace présidentielle contre le traité de Lisbonne

Courrier International 28 Avril 2008

Par l'intermédiaire de l'un de ses fidèles collaborateurs, le président polonais Lech Kaczynski a fait savoir qu'il pourrait opposer son veto, que lui réserve la Constitution, à la ratification du traité de Lisbonne, déjà adopté par la Diète et le Sénat.

"On pouvait penser que depuis la rencontre entre le président et son Premier ministre Donald Tusk cette question était réglée. Mais on découvre aujourd'hui que rien n'est joué", s'étonne le quotidien de droite Dziennik.

Lors de cet entretien, le chef du gouvernement aurait promis d'adopter une loi accompagnant la ratification du traité, en échange du soutien à la Diète de Droit et justice (PiS), le parti des frères Kaczynski. Les propositions de PiS ont déjà été jugées anticonstitutionnelles par les experts du gouvernement, et la Plateforme civique de Donald Tusk les rejette catégoriquement.

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