mercredi 15 octobre 2008
COREE - BELGIQUE : Festival dans la capitale Belge
Actualités Corée le 8/10/2008 à 12h40
Made in Korea, festival total dans la capitale belge, propose de découvrir toutes les facettes de la culture coréenne contemporaine. Un grand éventail à découvrir jusqu'au mois de février.
Danse, cinéma, théâtre, et même céramique et gastronomie sont au programme à partir du 8 Octobre. Parade populaire à partir de 15h sur la Grand Place de Bruxelles jusqu'au Palais des Beaux Arts.
Le soir, grand concert de l'orchestre national de Corée, toujours au Palais des Beaux-arts.
Parmi les évènements les plus importants, l'exposition "le sourire de Bouddha", 1600 ans d'art boudhique en Corée. De nombreux trésors nationaux coréens sont exposés à l'étranger pour la première fois.
Pour tous renseignements, le site du festival Made in Korea

mardi 14 octobre 2008
Pouvoir d'achat: grève très suivie en Belgique
20Minutes – 14/10/08 –
La Belgique fonctionnait lundi matin au ralenti en raison d'une grève d'"avertissement" pour protester contre la baisse du pouvoir d'achat qui était très largement suivie, touchant aussi bien les services publics que l'industrie.
Bien que la grève ne soit pas "générale" parce que les consignes ne sont pas les mêmes selon les régions, le mouvement lancé par les syndicats CSC (chrétien), FGTB (socialiste), et CGSLB (libéral) affectait largement Bruxelles et les autres grandes villes du pays, comme Anvers et Bruges en Flandre (nord), ou Charleroi et Liège, en Wallonie (sud).
La plupart des dépôts de tramway étaient paralysés et très peu de métros circulaient dans la capitale, Bruxelles, également siège des principales institutions de l'UE.
Les chemins de fer étaient paralysés en Wallonie et très peu de trains roulaient en Flandre. La Poste belge et les administrations publiques étaient fermées tandis que les grandes usines ont souvent suivi le mouvement, comme Audi (automobile) et Sonaca (aéronautique) dans la région de Bruxelles, ou encore la sidérurgie à Charleroi.
Les Belges qui voulaient se rendre malgré tout à leur travail ont dû prendre leur vélo ou même y aller à pied, selon les médias belges.
Les agences des banques de détail devaient en revanche ouvrir leurs portes, pour ne pas envenimer l'atmosphère d'inquiétude résultant de la crise financière, au lendemain de l'annonce de la reprise de la principale banque du pays, Fortis, par la numéro un française BNP Paribas.
Thierry Bodson, secrétaire général de l'aile wallone de l'un des deux grands syndicats belges, la FGTB, a réitéré lundi matin sur les ondes de la radio privée Bel-RTL la demande d'une "diminution des coûts de l'énergie" via une baisse de la TVA sur l'essence, le mazout et le gaz.
Il a rappelé qu'en juin dernier quelque 100.000 personnes étaient déjà descendues dans la rue à travers le pays pour manifester leur colère contre l'accélération de la hausse du coût de la vie, en dépit du système d'indexation salarial.
La hausse des prix à la consommation en Belgique a atteint en septembre les 5,46% sur un an.
lundi 13 octobre 2008
Reportage : Un journaliste Suisse à suivi la rencontre de Colombey-les-Deux-Idylles
24 Heures le journal Suisse de Vaud - 12.10.2008 - Jean-Noël Cuénod
Matinale mission du samedi 13 septembre: se rendre à Colombey-les-Deux-Eglises afin d’assister à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Gare de l’Est, un Corail part pour Chaumont. A la sortie de ce bourg de la Haute-Marne, le service de presse distribue les badges d’accréditation aux journalistes qui se traînent sur le quai en baillant.
Me voilà embarqué dans un car avec mes confrères. Direction: Colombey-les-Deux-Eglises. Pas très bling-bling, le paysage. Quant au Mémorial Charles de Gaulle, impossible de le rater: la colline où il siège est signalée par une immense croix de Lorraine, visible à des kilomètres à la ronde.

Testostérones en majesté
Et devant ce Mémorial, qui sont-ils, ces types en costumes militaires rouges et bleus et portant un casoar dont le plumage frémissant fait penser à un pigeon rouge et blanc grelottant sous la bise? Des Saint-cyriens, bien sûr. La foule des journalistes et celle des fidèles du Général s’engouffrent dans le bâtiment. Les uns sont accourus pour assister à la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Les autres ont voulu participer à l’inauguration de nouveau Mémorial. Curieux mélanges de bobos mal rasés, de notablieaux couperosés, de grognards décorés comme des maréchaux russes, de gaullistes historiques, de gaullistes hystériques aussi – dont l’un promène une grosse croix de Lorraine en bois avec des mines de Christ allumé - et de superbes créatures dont le système hormonal déclenche une révolution chaque fois qu’un détenteur du pouvoir déboule, avec ses testostérones en majesté.
Cette macédoine entre provinciaux et parigots parvient à s’entremêler grâce à l’application basique des principes de l’indifférence polie. Mais lorsque sonne l’heure du buffet, les civilités explosent. Le sauvage qui dort en chacun de nous se réveille en pleine forme. C’est comme au foot américain, tout est permis. Et à ce jeu-là, les escarpins vernis des Champs-Elysées n’hésitent pas à écraser les godillots cirés des messes dominicales.
Cette masse attend donc Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Grâce aux photos et aux vidéos sur grand écran, tout rappelle la rencontre franco-allemande initiale, entre le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, les 14 et 15 septembre 1958 qui «a gravé dans le marbre», comme le dit Sarkozy, la réconciliation entre les deux ennemis héréditaires. L’inauguration de ce Mémorial ajoutée à ce jubilé tombait à pic pour réchauffer le couple franco-allemand qui depuis le début de la crise financière a connu de fâcheuses scènes de ménage.
Papy fait de la résistance
Les uns comme les autres s’efforcent de célébrer cette amitié «essentielle pour l’Europe». Des petits drapeaux français et allemands s’agitent ici ou là. Ah, une fausse note tout de même dans ce concert de louanges. Un ancien combattant - le béret enfoncé sur son crâne chenu, ses médailles en bataille - s’égosille: «Ah, Messieurs, si vous saviez ce que les Boches nous ont fait subir, à moi et à ma famille». Sourires gênés. Regards fuyants.
Roulement de tambours. Les gardes du corps avec oreillettes incorporées se disposent un peu partout avec leurs valises pare-balles en prenant l’air pénétré des héros virtuels. Les personnalités commencent à débouler vers les sièges que leurs postérieurs de haute importance honoreront: Bernadette Chirac, très applaudie; son mari, un peu moins; Gérard Larcher, le nouveau président du Sénat même pas épuisé par le marathon des banquets qu’il a dû engouffrer pour se faire élire par ses collègues; Brice Hortefeux; le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer; le premier ministre François Fillon; les enfants de Konrad Adenauer. Et l’amiral Philippe de Gaulle, dont la ressemblance avec son père est plus que frappante.
Les héros sont fatigués
Les vedettes se font acclamer en dernier. Le président Sarkozy et la chancelière Merkel se hissent sur le podium. Le tsunami boursier laisse des traces. Le visage de Sarkozy s’est creusé de sillons. Celui d’Angela Merkel présente quelques bouffissures de fatigue.
Dans son discours, le président débite sa litanie sur le caractère essentiel de l’amitié franco-allemande. Rien que de très convenu. Il ne pouvait d’ailleurs pas en aller autrement. Une petite note surprenante, tout de même, dans ses propos: «Au fond le gaullisme est une histoire qui a commencé avec le général de Gaulle et qui s’est achevée avec lui.». Certes, Sarkozy ajoute aussitôt, «Mais c’est une histoire qui a encore pour nous une signification profonde». Toutefois, cette phrase dénote une prise de distance avec le gaullisme qui peut faire jaser au sein de l’UMP.
Après les invocations sacramentelles sur «l’inaltérable amitié franco-allemande», Angela Merkel a dressé un réquisitoire contre les excès du marché qui, il y a quelques semaines encore, aurait entraîné son expulsion de la CDU. Elle a même appelé de ses vœux une société «qui contienne l’économie de marché dans un ordre social.» Et pourquoi diantre Olivier Besancenot n’a pas été invité à cette «social party»?
Quant à la conférence de presse qui a suivi, elle a été expédiée par Nicolas Sarkozy. Absurde exercice, puisque ni la chancelière, ni le président ne pouvaient dire quoi que ce soit afin de ne pas griller le sommet de l’Eurogroupe (les 15 pays de la zone euro) qui se tenait le lendemain à Paris. La chancelière, très discrètement, a pris ses distances avec le sarkozysme en réclamant que désormais, il faut en Europe "plus d'actes et moins de paroles".
La Boisserie et le vieux pays
Alors tout ça pour ça? Tout ce remue-ménage pour des fadaises? Peut-être pas. Après la mésentente ouverte entre Sarkozy et Angela Merkel, il fallait absolument recoller les morceaux. Conformément à la vision du général de Gaulle et de Konrad Adenauer, le couple franco-allemand se trouve désormais dans l’impossibilité de faire chambre à part, même en cas d'allergies réciproques!
Je jette un ultime regard vers la Boisserie, la gentilhommière du général et de sa famille, éclairée par les feuillages d’automne. L’homme de la France Libre a doté son pays d’institutions qu’un regard helvétique jugerait outrageusement autocratiques. Mais force est de constater que ces instruments, à peine démocratiques, correspondent à l’esprit de ce vieux pays monarchique, régicide, catholique et anticlérical. Un vieux pays à l’image de cette campagne douce au regard mais torturée par l’Histoire.
samedi 11 octobre 2008
NANTES - 500 étudiants réunis à Nantes pour élaborer douze propositions pour l'Europe à l'horizon
Actualités ma ville 11 Octobre 2008
Les douze projets européens votés aujourd'hui

« 12 projets pour 2020 » vont être votés aujourd'hui par 500 jeunes Européens. L'événement a lieu à Nantes, en présence de Bernard Kouchner.
« Et si on faisait une fête européenne ? - Oui, mais quel jour ? - Moi, je suis disponible le 13 juin. » L'ambiance studieuse n'empêche pas la plaisanterie.
Ils viennent de toute l'Europe. Comme Fran, professeur de micro-économie à Zagreb. Ou Tijana, assistante de l'ambassadeur de Slovénie au Monténégro. Ou encore Tristan, animateur malouin d'une troupe de théâtre européenne.
En différents lieux, les 500 jeunes phosphorent, à l'invitation du ministère des Affaires étrangères. Leur mission : proposer 24 projets, sur quatre thèmes : renforcer les liens entre l'Europe et ses citoyens, bâtir une Europe innovante et solidaire ; construire l'Europe du développement durable ; positionner l'Europe dans le monde de demain.
Les propositions fusent
Ce matin, douze propositions seront votées à la Cité des congrès et présentées au Comité des Sages, en présence de Bernard Kouchner. La séance de présentation sera retransmise sur la Chaîne Parlementaire.
Suivra, à midi, un débat entre Felipe Gonzalez, Vaira Vike-Freiberga, Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet.
Et les propositions fusaient, hier, dans les ateliers. À la fac de médecine, dans un groupe « lien entre l'Europe et les citoyens », les étudiants rivalisaient : mobilité scolaire, service militaire européen obligatoire, « uniforme européen », éducation civique, référendum européen « avec des mots qui ne font pas peur », fêtes européennes « plus visibles », mise au programme d'une « histoire des États européens », création d'un centre européen dans chaque ville, organisme centralisé de « mise en réseau des associations européennes »...
Visiblement, tous passionnés par l'idée d'approfondir le sujet : « j'ai profité du programme Erasmus, confie un étudiant français. Et j'ai rencontré d'autres jeunes avec qui je n'avais pas seulement envie de faire la fête, mais aussi de monter des projets utiles à tous ! »
Daniel MORVAN. Ouest-France
CRISE financière : Gueuleton d'enfer pour Fortis : 150.000€ pour 50 convives à Monaco
Marianne 10 Octobre 2008

50 courtiers indépendants ont été invité vendredi 10 octobre par la bancassurance belgo-néérlandaise Fortis dans le plus luxueux hotel de Monaco pour une note de 150.000 €.
Drôle d'idée après avoir été sauvé des eaux par BNP et le Bénélux !
Réunis ce midi sous les lustres en cristal qui éclairaient les assiettes luxueusement agencées par le chef Alain Ducasse, aucun doute que les 50 invités de Fortis se sont studieusement penchés sur la crise financière.
A 150.000 euros le déjeuner pour ce groupe, ils avaient plutôt intérêt ! Frappée de plein fouet par la tempête financière, la société d'assurance belgo-néerlandaise s'est vue proposer le rachat de 75% de ses activités bancaires belges, 100% des assurances et de 66% de ses activités luxembourgeoises par le français BNP Paribas. Comme nous l'apprend le quotidien belge De Morgeen, une cinquantaine de traders ont été invités dans la salle Empire de l'Hôtel de Paris, le plus chic et coûteux établissement de Monaco, 3 étoiles au guide Michelin. Quand le CAC 40 dévisse de 8% par jour, il faut bien ça !
« Nouer des relations plus étroites » avec les traders
Interrogé par RTL, Philippe Landrin, directeur chez Fortis, cet événement commercial a pour but de « nouer des relations plus étroites » avec les courtiers partenaires. A 3.000 € le convive, il faut espérer qu'ils goûtent les nouveaux produits d'épargne, même si ces activités professionnelles ne représentent que 0,1% du chiffre d'affaires .
Après le spa sur la côte Pacifique de l'assureur AIG perfusé aux aides d'Etat, la bagatelle promotionnelle de Fortis doit ravir les contribuables belges, qui continuent de compter pour 25% du capital de leur branche du groupe. Une façon comme une autre de se rapprocher du peuple : sabrer le champagne quand on a été admis en commission de surendettement, c'est une idée digne de nouveau pauvre dans les reportages télévisés.
mardi 7 octobre 2008
'On en a assez de recevoir des cacahuètes' : Le syndicat libéral CGSLB distribue des cacahuètes devant la Bourse de Bruxelles
DH info Belgique et RTL infos Belgique (06/10/2008)
BRUXELLES - Sur les marches de la Bourse à Bruxelles, une action ludique : les militants du syndicat libéral CGSLB distribuent symboliquement des cacahuètes aux passants. Sur les tracts qu'ils distribuent, on peut lire "Pouvoir d'achat.
Qu'est-ce qui nous reste? Des 'cacahuètes'". "Le message est clair", explique Philippe Vandenabeele, secrétaire régional CGSLB. "Nous réclamons une amélioration du pouvoir d'achat pour tous les travailleurs. Il n'y a plus de réserves, il est temps de penser à monsieur et madame Tout-le-monde au lieu de penser aux banques."
Là comme ailleurs en Belgique, les trois principaux syndicats – CSC (chrétien) FGTB (socialiste) et CGSLB (libéral) - avaient appelé à une journée nationale d’action contre la vie chère. Résultat : le pays a tourné au ralenti, transports publics quasi à l’arrêt et toutes gares de Bruxelles fermées. Pas de Thalys ni d’Eurostar. Et presque tous les secteurs de l’économie touchés, publics et privés.
Les syndicats ont deux revendications principales : une baisse de la TVA sur l’énergie et une diminution de l’impôt sur les salaires. Ils veulent aussi faire pression sur les employeurs avc qui ils doivent négocier à la fin de l’année les augmentations salariales des deux prochaines années. La hausse des prix à la consommation a atteint 5,46% sur une an, a cause notamment de la flambée des prix sur l’énergie.
"Notre combat principal est la mise en oeuvre d'un 'index vital' (permettant de mieux suivre l'évolution du coût de la vie en fonction des besoins de première nécessité, ndlr)", poursuit Philippe Vandenabeele. "Nous demandons une solution structurelle, surtout pour les revenus les plus bas. L'index vital doit certainement être appliqué à la première tranche de revenus."
Le syndicat libéral exige aussi une généralisation des chèques-repas via une convention collective de travail interprofessionnelle et demande des mesures permettant d'augmenter réellement les salaires dans tous les secteurs et pour tous les travailleurs.
lundi 6 octobre 2008
Réunion du G4 : Merkel impose sa solution à l'Europe
Placide - http://www.leplacide.com/
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| Les dirigeants des quatre grandes économies européennes ont tenté de rétablir la confiance au cours d'un mini-sommet à Paris sur la crise financière. Angela Merkel a affiché sa détermination : après un échange animé sur le perron du palais de l'Elysée avec Nicolas Sarkozy, elle a fait bouleverser le protocole pour s'adresser à la presse. Avant de rejoindre la réunion convoquée par la France, elle a pu répéter aux journalistes son leitmotiv: "Chaque pays doit prendre ses responsabilités au niveau national" pour empêcher un effondrement du système bancaire. Pas question pour la chancelière allemande de transposer à l'échelle de l'Europe la solution américaine : un grand fonds alimenté par les différents pays en fonction de leurs moyens respectifs, et destiné à secourir des banques défaillantes. Mercredi, le gouvernement allemand avait tiré à boulets rouges après l'évocation par la ministre française de l'Economie d'un tel fonds européen doté de 300 milliards d'euros. Samedi lors d'une conférence de presse finale, aux côtés d'une Angela Merkel tout sourire, Nicolas Sarkozy a martelé qu'il n'avait "jamais" eu une telle intention. |
" Monsieur-je-sais-tout ", Angela et la perfide Albion - Une semaine au coeur de la présidence française
LE MONDE | 03.10.08 par Arnaud Leparmentier et Marion Van Renterghem
Mais qui a tué l'Europe ? Tout allait pourtant si bien Madame la Marquise. Comme on sait, tout est mal qui finit bien. Dans la crise financière, l'Europe politique reprenait du poil de la bête. On reparlait régulation, politique économique commune, harmonisation des solutions.
Vive la crise ! Nicolas Sarkozy s'y est cru. A peine rentré en héros du front caucasien, le président de l'Union européenne eut les rêves les plus fous. Grand timonier à New York, à Toulon, à l'Elysée, vent debout pour sauver la banque Dexia, les logements, les PME. On y était : Bretton Woods inspiré par la Franceurope. Et autour de la Banque centrale, l'Union sacrée. Trichet et Sarkozy réconciliés. Torse bombé, l'Europe avançait.
Soudain, mercredi, le corps s'affale. A 18 h 27, une dépêche de l'agence Reuters en provenance de Berlin rapporte que les Français ont concocté un plan Paulson à l'européenne : 300 milliards d'euros pour sauver les banques. Le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, sort bruyamment du bois. Nein, c'est nein ! Mamma Mia, se disent en français les Français qui n'avaient rien vu venir.
La ministre française des finances, Christine Lagarde, se tortille en contradictions. "Il n'y a pas un plan qui est à l'oeuvre", explique-t-elle juste après avoir accordé un entretien au Handelsblatt, le quotidien allemand des affaires, où elle donne les pistes du dit plan.
A qui profite le crime ? Qui a vendu la mèche à Reuters et pourquoi ? Les Français accusent les Allemands. Peer Steinbrück et Nicolas Sarkozy se détestent. Les deux hommes se sont rudoyés lorsque Sarkozy, fraîchement élu, a pour la énième fois renoncé à équilibrer son budget.
Pour les dirigeants allemands en cohabitation et déjà en campagne électorale, l'occasion est trop belle de montrer au peuple combien ils sont patriotes et attentifs aux deniers de leurs contribuables.
CHAT À NEUF VIES ¤ - Les coupables seraient-ils ces Allemands pas si européens, ces faux Verts qui veulent polluer tranquilles avec leur CO2 et torpiller discrètement l'accord sur le climat qu'Angela Merkel avait pourtant échafaudé elle-même en 2007, lors de la présidence allemande ?
L'enquête patine. A qui d'autre profite le crime ? Aux Irlandais qui ont tiré dans le dos les premiers en concoctant un plan de garanties bancaires ? A leur premier ministre Brian Cowen, qui s'arrange pour éluder un deuxième vote sur le traité de Lisbonne et réduire à une durée minimum son encombrant face à face, mercredi, avec Nicolas Sarkozy ?
Mais non ! Bon sang mais c'est bien sûr ! La coupable, forcément coupable, c'est la perfide Albion. Tant que les continentaux se divisent sur le sauvetage, on n'avancera pas sur la régulation du système mondial. Toujours ça de gagné pour Gordon Brown. Jeudi matin, l'Elysée accrédite cette thèse. Accuser l'Anglais, c'est pratique, plus drôle et toujours moins engageant que de se brouiller avec l'Allemand.
Un plan, quel plan ? Le président français en dément "le montant et le principe". Le plan est mort, vive l'Europe : la réunion prévue samedi à l'Elysée avec les Européens du G7 aura bien lieu. On ne laissera tomber aucune banque en Europe, espère Paris, quitte à oublier les règles budgétaires et de concurrence. Et si le coupable c'était Sarkozy, "Monsieur-je-sais-tout" qui à vouloir trop en faire énerve passablement Angela et les autres ?
Tous coupables ! Dupond et Dupont ont résolu l'énigme depuis longtemps. L'ex-eurodéputé Jean-Louis Bourlanges et l'ex-commissaire européen Pascal Lamy, au cours d'un repas assez arrosé, avaient commencé un polar où une Europe aux poses d'odalisque gisait assassinée par tous les Européens dans un champ de bovidés.
Est-ce si grave ? L'Europe est un chat aux neuf vies.
¤ CHAT À NEUF VIES : http://www.guichetdusavoir.org/ipb/index.php?showtopic=8267
Le président de la BERD opposé à un fond de sauvetage européen des banques
Actualités BERLIN (AFP) - 04/10/08

Le président de la BERD opposé à un fond de sauvetage européen des banques
Mettre en place un fonds de sauvetage européen des banques ne serait pas actuellement judicieux, a estimé le président de la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), Thomas Mirow, dans une interview publiée samedi.
M. Mirow, un ancien secrétaire d'Etat allemand aux finances récemment nommé à la tête de la BERD, s'est toutefois félicité de l'adoption par le Congrès américain d'un vaste plan de sauvetage des banques américaines, estimant que ceci aiderait non seulement à stabiliser le système bancaire américain mais également le système financier international.
Interrogé sur la situation conjoncturelle des pays d'Europe de l'est, M. Mirow a affirmé que sa banque devra revoir à la baisse les estimations de croissance des anciens pays du bloc socialiste.
"Néanmoins, nous ne voyons pas de signe de récession dans la région, si ce n'est pour l'Estonie et la Lettonie", a-t-il ajouté."Les interventions rapides de ces derniers jours, notamment dans les cas (des banques) Dexia et Fortis, ont démontré que les Européens sont capables de réagir lorsque cela est nécessaire. Pour l'Europe l'établissement d'un fonds (de sauvetage des banques) ne serait actuellement pas judicieux", a affirmé M. Mirow au quotidien Tagesspiegel.
samedi 4 octobre 2008
Le sommet à quatre de Paris fait grincer des dents européennes
Ouest-France – 04/10/08 - Pierre PINSON
Nicolas Sarkozy s'entretiendra aujourd'hui avec Dominique Strauss-Kahn, président du Fonds monétaire international. Juste après, le président de l'Union européenne, réunira, à Paris, un minisommet sur la crise financière. Autour de lui, les représentants de trois autres pays européens membres du G8 (huit nations les plus puissantes du monde) : Italie, Grande-Bretagne et Allemagne.
Pourquoi ce cercle minimaliste ? Parce que les autres membres du G 8 (États-Unis, Canada, Japon, Russie) ne jugent pas utile de se déplacer pour écouter le président français leur parler refondation du capitalisme financier ! Crise strictement européenne, donc ? Mais alors, pourquoi ne pas nous avoir invité, s'étonne bruyamment l'Espagne ? Belgique, Luxembourg et Pays-Bas n'en pensent pas moins...
Le président du Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Pöttering met les points sur les « i » : ce sommet ne pourra « que » faire des propositions, « les véritables décisions devant être prises à 27 ».
On est loin du plan de secours à 300 milliards d'euros hasardeusement évoqué avant-hier. L'Allemagne ¯ qui se porte plutôt mieux que ses partenaires européens ¯ n'a pas envie de payer pour les autres.
Si Jose Manuel Barroso, également présent à ce minisommet, devrait confirmer l'assouplissement ponctuel des règles de la concurrence pour permettre aux États de sauver les banques, il ne sera plus question non plus de prendre des libertés avec les règles de Maastricht (interdiction d'un déficit public supérieur à 3 % du produit intérieur brut et d'une dette publique supérieure à 60 % du PIB).
La France, qui vient de dépenser quelques milliards de plus pour nationaliser Dexia, racheter des logements non occupés et aider les PME en difficulté ¯ bref, esquisser un plan de relance qui ne dit pas son nom ¯ aurait bien aimé sortir plus largement des clous de Maastricht sans se faire taper sur les doigts.
Visiblement, c'est loupé : la marche arrière de François Fillon, hier à Antibes (il n'y a pas de récession française!), en apporte la preuve. Mais alors, quelle politique économique mettre en oeuvre ? C'est bien le débat de fond dont le gouvernement ne pourra faire l'économie.

