samedi 15 mars 2008
«L’Europe peut devenir leader en matière d’énergies renouvelables»
Libération - vendredi 14 mars 2008 - Recueilli à Bruxelles par JULIE MAJERZACK et JEAN QUATREMER
L’Union européenne veut montrer l’exemple dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept, réunis depuis hier soir à Bruxelles, doivent réaffirmer l’objectif ambitieux, arrêté il y a un an, de réduire de 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Pour cela, ils vont charger la France de faire adopter sous sa présidence, au deuxième semestre 2008, des mesures concrètes de manière à être prêts pour la conférence décisive de l’ONU sur le climat, fin 2009. Mais le prix à payer passe mal. Paul Magnette, ministre belge du Climat et de l’Energie, décrypte les enjeux clés des négociations à venir.
La détermination des Vingt-Sept à lutter contre le réchauffement climatique n’a-t-elle pas faibli, maintenant que les Etats ont fait leurs comptes ?
Il est normal que la négociation se muscle dès lors que l’on rentre dans le calcul de la répartition de l’effort entre Etats membres et du coût pour chacun en terme d’investissements. Mais la détermination n’a pas fléchi.
Quoi qu’il en soit, le coût à court terme sera élevé…
En terme de dépenses publiques, il y aura clairement un coût. Mais il faut voir plus large. La Commission ne propose rien de moins que d’entrer dans une troisième révolution industrielle ; après celle du XIXe siècle, avec le charbon et la vapeur, et celle du XXe siècle, avec le pétrole et la chimie. Celle que nous allons vivre reposera sur des technologies nouvelles de production, de stockage et de consommation rationnelle d’énergie. Il y a là un potentiel d’innovation technologique, de production industrielle, de construction, d’entretien et de remplacement des infrastructures qui est un énorme gisement d’emplois et de croissance et qui est pour l’Europe une occasion de devenir le leader mondial.
N’y a-t-il pas un risque de délocalisations vers des pays où il n’y a aucune contrainte environnementale ?
Ce risque existe, mais les propositions de la Commission en tiennent compte : les droits d’émission seront calculés par secteurs d’activité pour éviter un dumping entre Etats membres. La Commission prévoit aussi des exemptions pour les entreprises fortement consommatrices d’énergie ou soumises à une forte concurrence internationale afin de tenir compte des risques de dumping provenant de l’extérieur de l’Union. Nous allons essayer de convaincre les pays tiers, surtout les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, d’entrer dans l’après Kyoto. Personne ne se dit : on va faire une révolution environnementale, et tant pis pour la casse sociale.
Le nucléaire n’est-il pas relégitimé ?
Qu’on le veuille ou non, la sortie du nucléaire, qui sera effective en Belgique en 2025, est d’ores et déjà programmée. Il reste quarante à cinquante ans d’uranium ; autrement dit, le nucléaire n’est pas une énergie durable. Le rôle du politique, c’est d’anticiper : autant donc organiser la sortie du nucléaire et réussir la transition vers les énergies renouvelables.
La France de Sarkozy va-t-elle continuer en France de vendre du nucléaire à tout va, en parfaite contradiction avec les gouvernements de l’Europe qu’elle va représenter ??.. A suivre..
mercredi 12 mars 2008
Le prix du carburant continue sa hausse, pourtant Bruxelles envisage d'harmoniser les taxes sur les carburants, dont le diesel !
Ouest-France – 12/03/08 - Pierre PINSON
Quand le pétrole nous prend à la gorge
Le pétrole enfonce de nouveaux plafonds. Près de 110 dollars le baril, hier, à New York. En 2005, ces mêmes précieux 159 litres coûtaient 54,6 dollars.
La folle culbute de l'or noir ne fait pas, à la pompe, les affaires de l'automobiliste. Ni celles de ceux qui se chauffent au fioul. On connaît les raisons de l'escalade. Une demande toujours plus forte, avec de plus en plus de convives autour d'un gâteau dont la taille augmente peu (la Chine consommera, cette année, 8 millions de barils par jour, contre 5 millions en 2005).
Surchauffe sur le fioul domestique
La spéculation ensuite, pour qui tout est prétexte à faire grimper l'addition : champs pétrolifères qui s'épuisent, producteurs refusant de pomper plus, zones d'extraction peu sûres, cyclones, etc.
Les capacités de raffinage, enfin, restent notoirement insuffisantes. Parce que les pétroliers ont privilégié les gras dividendes à l'investissement dans des installations coûteuses, du temps où le pétrole était plus abordable.
Résultat : les raffineries (douze en France) tournent à 90 % de leurs capacités de production. Ce qui signifie davantage de pannes, d'arrêts, de maintenance. Et l'incapacité de fournir, simultanément, du fioul, du diesel et du super pour répondre à la demande.
Actuellement, la surchauffe est sur le fioul domestique : 0,81 € le litre, en moyenne nationale, pour le client, selon l'Union française des industries du pétrole. Ce qui contraint à importer davantage de diesel russe. Et fait monter son prix. Au printemps, quand les Américains se remettront à rouler, nos raffineries donneront priorité à l'essence pour livrer l'Oncle Sam, qui sera en manque...
Le problème, pour le consommateur, c'est que, dans tous les cas de figure, les prix continuent à augmenter. Il se tourne donc vers l'État, lui demandant de baisser ses taxes : « Impossible, les caisses sont vides ! » Ou d'imposer les superprofits de Total : « Impossible, Total irait payer ses impôts ailleurs ! »...
Et pour ceux qui roulent diesel (parce que c'est moins cher que l'essence), attention : Bruxelles envisage d'harmoniser les taxes sur les carburants. Or, actuellement, hors taxes, le diesel coûte plus cher que l'essence (0,62 € le litre contre 0,53 €).
Si la fiscalité s'aligne, les 50 % de conducteurs « diésélistes » français vont le sentir passer. Sans parler des agriculteurs, des pêcheurs, des routiers. Et de nos constructeurs auto qui nous vendent, plus cher, 75 % de leurs véhicules neufs dans cette motorisation.

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
lundi 10 mars 2008
Vivre à proximité d'une ligne THT aurait des effets sur la santé
Notre-planète-info 09/03/08
Un collectif d'associations mobilisé contre la construction d'une ligne à très haute tension a commandé une étude sur les risques sanitaires associés. Les premiers résultats montrent que les personnes vivant à proximité d'une ligne à très haute tension auraient plus problèmes de santé (maux de tête, troubles du sommeil, irritabilité, etc.), voire plus de maladies graves que les autres...
Selon RTE, le gestionnaire du Réseau de transport d'électricité en France, "le transport de l'électricité à l'échelle nationale, voire européenne, est principalement assuré en 400 000 volts", c'est à dire via des lignes à très haute tension (THT). Or, la France est parcourue par un réseau de plus de 13 000 km de lignes, si elles sont souvent éloignées des habitations, ce n'est pas toujours le cas et certains tronçons passent à seulement quelques mètres des lieux de vie de riverains.
Alors que les études sanitaires sur l'exposition des riverains aux lignes THT ne semblent pas fournir une réponse satisfaisante aux inquiétudes qu'elles occasionnent, début décembre 2007, le collectif Anti THT Cotentin Maine a contacté le CRIIREM (Comité de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants) pour mettre en place l'enquête « Vivre avec une ligne THT ».
"Depuis le début du projet Cotentin-Maine, on a des difficultés à se mettre d'accord avec RTE, indique Jean-Charles Herriau, du collectif Mayenne SurVolTée. Ils prétendent qu'il n'y a pas d'incidence des lignes sur la santé. Nous, nous pensons le contraire. On essaie même d'évaluer celles qui ne sont pas forcément prises en compte. Alors, pour vérifier les arguments qu'on avance, on a décidé de mener une enquête. »
En effet, une coordination inter-régionale de 80 associations sur 5 départements (Mayenne, Ile et Vilaine, Manche, Orne et Calvados) se mobilise contre le projet de ligne THT Cotentin Maine. Celui-ci devrait accompagner la construction à Flamanville, dans la Manche, du premier réacteur nucléaire de troisième génération, EPR (European pressurised water reactor) dont la mise en service est attendue pour 2012.
Premiers résultats de l'étude sanitaire
L'étude a consisté à mettre en place un comparatif entre des riverains exposés à une ligne THT 2 x 400 000 Volts (Flamanville – Domloup) et des futurs riverains d'une ligne 2 x 400 000 Volts (Cotentin Maine) non encore installée mais dont le couloir est répertorié par RTE.
Le Directeur Scientifique du CRIIREM, Pierre Le Ruz, Docteur en physiologie souligne qu'après une étude partielle de 350 dossiers, un certain nombre de tendances semblent émerger :
"1. Des dysfonctionnements, sur les appareils électriques et électroniques chez les riverains exposés, deux fois plus importants que chez les riverains non exposés. Ce phénomène indique que des problèmes de compatibilité électromagnétique sont constatés.
2. Des problèmes de santé focalisés sur des troubles du sommeil, de la mémoire, de l'audition, mais aussi des maux de tête, de l'irritabilité et des états dépressifs sont significativement plus fréquents chez les riverains exposés que chez les riverains non exposés. De plus, les symptômes décrits ci-dessus disparaissent significativement lorsque les riverains quittent la zone affectée par la ligne THT.
3. Des maladies graves ayant fait l'objet de traitements lourds, d'actes chirurgicaux et des cancers (leucémie, cancers du sein et de la thyroïde, ...) sont détectés significativement en plus grand nombre chez les riverains exposés.
Ces observations confirment les conclusions du rapport Bio Initiative du 31 août 2007, signés par David CARPENTER et Cindy SAGE (Université d'Albanie, NEW YORK).
4. Les facteurs de confusions (tabac, alcool, drogue) ayant été pris en compte, n'influent pas sur les autres données de l'étude.
5. Les élevages étudiés montrent que la ligne THT (2 x 400 000 Volts) peut être à l'origine de courants parasites dans les structures métalliques (portails, abreuvoirs, cornadis…) générés par des phénomènes d'induction, nuisibles aux animaux et à la production des exploitations."
Quelques études précédentes
Selon le CRIIREM, près de 200 000 personnes en France vivraient à moins de 100 mètres d'une ligne à très haute tension. Chez les enfants, "si l'on examine les tumeurs du cerveau et d'autres diagnostics, on constate que le risque de leucémie est de 69 % plus élevé que la moyenne si l'on se trouve à moins de 200 mètres d'une ligne à haute tension, et de 23 % plus élevé si l'on se trouve à une distance comprise entre 200 et 600 mètres d'une ligne à haute tension" a expliqué Gerald Draper, directeur de recherche à l'université d'Oxford. L'étude d'épidémiologie réalisée de 1997 à 2001 et rendue publique en juin 2005 porte sur 60 000 enfants britanniques, pour moitié issue du registre national des tumeurs infantiles.
Le lien entre les champs magnétiques des lignes à haute tension et la fréquence des leucémies infantiles a été mis en évidence dès 1979. "Depuis, des dizaines d'études épidémiologiques, de plus en plus sophistiquées, ont été publiées", résume ainsi Peter Boyle, le directeur du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer). En 2000, le CIRC a conclu : "il apparaît pour l'ensemble de ces travaux un doublement du risque de leucémie infantile, pour une exposition supérieure à 0,4 microTesla". Pourtant, un arrêté du 17 mai 2001 a fixé la limite d'exposition à 100 microTesla (densité de flux magnétique) en France...
Toutefois, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) note que "jusqu'ici, aucun effet sanitaire indésirable résultant d'une exposition prolongée à des radiofréquences ou aux fréquences correspondant au transport d'énergie électrique n'a été confirmé", poursuivant toutefois que "la recherche se poursuit activement dans ce domaine." Ce pourquoi, la nouvelle étude du CRIIREM est intéressante ; les conclusions définitives seront publiées en juin 2008.
Enfin, RTE propose bien un site Internet relatif aux règles à suivre sous les lignes à haute tension, mais n'y mentionne pas les risques sur la santé des riverains.
Ces premiers résultats inquiétants mobilisent plus que jamais la coordination Stop THT, qui regroupe des associations sur les trois départements concernés par le projet de ligne THT liée à l'EPR (Ille-et-Vilaine, Manche et Mayenne).
A ce titre, Stop THT demande aux candidats aux prochaines élections municipales de s'engager à mettre en œuvre, s'ils sont élus, tous les moyens juridiques et politiques en leur pouvoir pour imposer une distance de protection entre toute future ligne THT et les riverains et exploitations les plus proches.
vendredi 7 mars 2008
La Russie va vendre des centrales nucléaires flottantes
http://terresacree.org - SOS-Planete - association Terre sacrée – 05/03/08
A l'heure où les besoins électriques de l'humanité battent record sur record, les industriels du secteur signent des contrats pour construire des centrales thermiques ou nucléaires un peu partout sur la planète. Néanmoins, à côté des pôles traditionnels de consommation (villes, industries, etc.), depuis quelques années des besoins importants apparaissent dans des régions isolées, loin des sites de production d'électricité (exploitations minières, villes nouvelles, etc.).
Dans ce contexte énergétique très tendu, la Russie travaille depuis le début des années 2000 sur le concept de centrale nucléaire flottante, pour une implantation à proximité des pôles de consommation déficitaires en énergie. Validé en novembre 2002, par le ministre russe de l'énergie atomique et de l'industrie, le projet est entré dans une phase active en 2007, pour devenir une réalité dès 2010 avec la construction d'une première unité.
Grâce à 2 réacteurs KLT-40S, la première centrale nucléaire flottante, installée sur une barge de 175 mètres de long, devrait délivrer une puissance de 70 MW (à comparer aux 1 600 MW de l'EPR français, non flottant) et jusqu'à 150 G Kg cal/h. Alors que le coût de ce prototype, auquel participe la Chine, doit atteindre environ 270 millions d'euros, les versions de série pourraient être proposées à un tarif très concurrentiel : entre 135 et 170 millions d'euros. Outre l'électricité directement injectée sur le réseau local, la chaleur que produira la centrale servira à produire de l'eau douce à partir de la désalinisation de l'eau de mer par évaporation.
A côté de ce modèle, destiné uniquement à des implantations en bord de mer et ouvert à l'exportation (plusieurs pays d'Asie, du Maghreb et du Golfe Persique se sont déjà déclarés intéressés), un 2e prototype est également en cours de finalisation.
Faisant appel à 2 réacteurs moins puissants, les ABV-6M, cet autre type de centrale nucléaire flottante pourra être déplacé jusqu'à l'intérieur des terres via le réseau fluvial. D'une puissance unitaire de 18 MW, ces centrales sont destinées à assurer l'approvisionnement en électricité et en chaleur des localités non connectées au réseau global (les 2/3 du territoire russe ne sont pas couverts par un réseau électrique centralisé). Ces centrales devraient être mises en service entre 2013 et 2015, principalement en Russie où 30 de ces usines sont prévues dans un avenir proche, selon le ministère de l'énergie atomique et de l'industrie.
Malgré une puissance réduite, la dissémination de ces réacteurs nucléaires sur la planète n'est pas sans soulever de questions. Alors que pour Moscou, "Il s'agit d'un moyen sûr et sans risque de prolifération de répondre aux besoins énergétiques des zones les plus isolées, ou à l'énorme appétit des économies en pleine croissance", Evgueni Simonov, un ex-inspecteur de la sécurité nucléaire à l'époque soviétique, considère que "Les réacteurs de ces centrales sont beaucoup plus dangereux que ceux de l'industrie atomique traditionnelle". En effet, correspondant aux modèles utilisés sur certains brise-glace et sous-marins à propulsion nucléaire de l'ex URSS, de par leur conception ces "petits" réacteurs sont considérés par plusieurs experts comme beaucoup plus difficiles à contrôler qu'un réacteur commercial classique, notamment en cas d'emballement de la réaction en chaîne. Alexandre Iablokov, le président du centre de politique écologique, note d'ailleurs que leur constructeur a lui-même remarqué qu'il fallait les modifier dans la perspective d'une utilisation non militaire, car "ils ne sont pas assez sûrs pour être utilisés à proximité d'une zone peuplée".

samedi 1 mars 2008
Afrique du Sud : Sarkozy à de l’énergie (nucléaire) à revendre
Correspondance au Cap ANTOINE GAZEAU – Libération - /03/08
En Afrique du Sud, personne n’est dupe. Si Nicolas Sarkozy et son armada de PDG français ont été si généreux pendant deux jours, c’est sans doute pour appuyer la candidature d’Areva à la construction d’un parc nucléaire de 20 000 mégawatts d’ici à 2025.
N’empêche, personne ne s’en plaint. En plus d’un fond d’investissement de 250 millions d’euros débloqué par l’Agence française de développement (AFD), un contrat de 1,36 milliard d’euros a été signé entre Alstom et Eskom - l’EDF local, en crise -, pour la construction d’une centrale à charbon d’ici à 2014…
Le financement d’un projet éolien par l’AFD est enfin acté. Surtout, «EDF, Alstom et Areva feront tout ce qu’ils peuvent pour aider Eskom», a rappelé vendredi Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, en présentant une déclaration commune du Medef et de son homologue sud-africain. A un Thabo Mbeki en quête de personnel qualifié, Sarkozy a déjà promis qu’une dizaine d’ingénieurs d’EDF arrivaient à la rescousse «dès la semaine prochaine». Annonce largement reprise dans les médias locaux. «Il nous a juste un peu surpris sur le timing, mais on a fait en sorte de valider la proposition, souffle Frédéric Diore, manager d’EDF South Africa. La mission était prévue dans tous les cas : elle se composera de 6 à 10 ingénieurs.»
En clôture d’un forum d’affaires de deux jours, Nicolas Sarkozy n’a pas eu besoin de notes pour clamer : «On va se battre pour obtenir les marchés, en charbon ou en nucléaire. […] L’équipe de France de l’énergie est réunie pour l’occasion…»
Le Sarkonucléaire planétaire réchauffe le CAC40...

jeudi 14 février 2008
Bénéfices de Total: toujours plus, mais personne ne s’en offusque plus
Le monde de la finance, par Nicolas Cori, journaliste à Libération. mercredi 13 février
Le monde politique (et médiatique) a des comportements parfois étranges. L’année dernière, tout ce monde se scandalisait des énormes bénéfices de Total. Et cette année, jour de la publication des résultats 2007, rien du tout. Pas une petite déclaration ni un article.
Pourtant, les conditions de se scandaliser n’ont pas changé. Les bénéfices sont toujours aussi importants, et reposent toujours sur la hausse des prix du brut, qui, elle, pèse sur le portefeuille des conducteurs français. Mais voilà, cette année, Total annonce des bénéfices en baisse. 12,2 milliards de profits contre 12,6 milliards l’année dernière. Et la baisse, cela a des effets magiques : ça calme tout le monde…
Pourtant, à regarder de plus près, tous les indicateurs montrent en fait que le groupe va encore mieux financièrement que l’année dernière. Décryptage.
- Total communique sur son résultat net ajusté. Il s’agit du résultat net moins quelques éléments exceptionnels détaillés dans le communiqué du groupe. On trouve notamment : les plus values de cession, les charges de restructuration, les amortissements exceptionnels, les ajustements liés à l’impact de la fusion Sanofi-Aventis (dont Total est actionnaire) et l’effet de stock. En 2006, le résultat net ajusté était de 12,6 milliards d’euros, en 2007, de 12,2 milliards. La baisse est donc de 3%.
- Mais si l’on prend les mêmes chiffres en dollars (le brut étant facturé dans cette monnaie, c’est plus cohérent, on arrive à une hausse. Le résultat net ajusté était de 15,8 milliards de dollars en 2006 et de 16,7 milliards en 2007. La hausse est de 6%. Et comme l’a déclaré Christophe de Margerie, le directeur général de Total, lors de la conférence de presse des résultats, "c’est un record".
- Enfin, si l’on décide de ne pas reprendre à son compte la notion de résultat net ajusté (qui n’a pas de valeur comptable), mais le résultat net, on se rend compte que le bénéfice de Total a en fait augmenté. L’évolution est incontestable: le résultat net part du groupe atteignait 11,8 milliards d’euros en 2006 et 13,2 milliards d’euros, en 2007. Soit une hausse de 12%.
Au final, une conclusion: sur la longue période, les bénéfices sont en hausse. Et si le brut continue à monter, il n'y a aucune raison que cela s'arrête.
lundi 11 février 2008
Chavez menace de couper les ventes de pétrole aux Etats-Unis
La Tribune 09/02/08
Le président vénézuélien Hugo Chavez a menacé dimanche de couper les ventes de pétrole aux Etats-Unis si Exxon Mobil Corp. gagne devant les tribunaux pour se saisir de milliards de dollars (euros) d'avoirs vénézuéliens.
"Si cela nous fait du tort, nous vous ferons du tort", a lancé M. Chavez. "Savez-vous comment? Nous n'allons pas envoyer de pétrole aux Etats-Unis. Prenez note, M. Bush, M. Danger".
"Les hors-la-loi d'Exxon Mobil ne nous voleront jamais plus", a-t-il dit, accusant le groupe d'agir de concert avec "le gouvernement impérialiste des Etats-Unis".
mercredi 23 janvier 2008
l'UFC-Que Choisir dénonce les distributeurs de carburant qui ont continué à augmenter leurs marges malgré les engagements pris.
NOUVELOBS.COM | 17.01.2008 | 11:33
Christine Lagarde leur avait demandé le 10 novembre de tenir leur marge et avait dû réitérer sa demande le 6 janvier, rappelle l'organisation. "Depuis cette intervention de la ministre, nous constatons que les marges de distribution n'ont pas diminué mais, au contraire, qu'elles ont de nouveau augmenté de plus de deux centimes!"
De 7 à 11,8 centimes
Citant le relevé de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), l'UFC-Que Choisir note que la marge de distribution sur le gazole est passée de 7 centimes en octobre, à 9,2 centimes en décembre et 11,8 centimes sur les relevés des 7 et 14 janvier 2008.
Quant à la marge sur l'essence, elle est passée de 7 centimes en octobre à 8,8 centimes en décembre et 12,1 centimes pour les 7 et 14 janvier. "En outre, il apparaît que les hausses de marges ont aussi touché le fioul domestique", poursuit l'association. La marge sur ce produit est ainsi passée de 8,9 centimes en octobre à 13,9 centimes sur les relevés des 7 et 14 janvier.
L'UFC-Que Choisir plaide pour que les distributeurs de produits pétroliers abaissent "immédiatement de quatre centimes leur marge pour simplement revenir aux niveaux pratiqués ces dernières années".
mardi 22 janvier 2008
Taïwan envisage de transporter ses déchets nucléaires vers la France selon un accord passé avec Areva !
TAIPEI (AFP) - 20/01/08 TV5 Infos
Taïwan envisage de transporter vers la France ses déchets nucléaires alors que ses deux sites de stockage arriveront à saturation d'ici à 2011, a rapporté dimanche la presse taïwanaise.
La compagnie d'électricité publique taïwanaise Taiwan Power Company (Taipower) a demandé l'an passé aux autorités à pouvoir accroître ses capacités de stockage sur ses deux sites mais n'a pour le moment pas reçu l'autorisation, a indiqué le journal de Taïwan China Times.
S'il était approuvé, ce projet d'extension des capacités de stockage pourrait déclencher une vague de protestation des mouvements environnementalistes, selon le journal.
Comme solution, Taipower envisage de faire transporter en France ses déchets radioactifs. Le groupe nucléaire français Areva a déjà soumis une proposition à Taipower, toujours selon le journal.
Taipower exploite trois centrales nucléaires, dont la première a été inaugurée en 1978 et en construit une quatrième.
Taipower avait envisagé par le passé d'expédier ses déchets nucléaires vers la Corée du Nord mais avait dû faire machine arrière face à la réaction de la Corée du Sud et de mouvements antinucléaires.
Merci du cadeau Areva ! il est déja bien loin le Grenelle de l'environnement. avec ses fabuleuses promesses...
mercredi 16 janvier 2008
EPR d'Areva : Pékin réclame des "gages de bonne volonté"
Challenges.fr | 15.01.2008
La Chine demande que le groupe s'engage fermement dans un transfert de technologie de retraitement du combustible usé pour valider le contrat discuté lors du passage de Sarkozy.
Areva devra s'engager de manière "irréversible" dans un transfert de technologie de retraitement du combustible usé s'il veut mener à bien le contrat sur les réacteurs EPR en Chine. C'est ce qu'a révélé une source proche du dossier, mardi 15 janvier, deux mois après la signature d'un accord prévoyant la fourniture de deux réacteurs nucléaires de troisième génération EPR, du combustible uranium et des services nécessaires pour les faire fonctionner pour 8 milliards d'euros.
Le partenariat prévoit aussi, en aval, qu'Areva et le groupe chinois CNNC (China National Nuclear Corporation) mènent des "études de faisabilité" pour la construction d'une usine de traitement-recyclage de l'uranium usé, un projet évalué par Areva à 15 milliards d'euros.
15 ans pour réaliser le projet
"Sachant que les Chinois ont besoin de cette technologie, et n'ont pas d'autre choix que de se tourner vers les Français qui sont les seuls capables de faire du retraitement à l'échelle industrielle, Areva a agité la carotte du retraitement pour mieux vendre ses centrales", explique la source. "Maintenant, les Chinois lui renvoient la balle et veulent des gages de bonne volonté avant d'exécuter le reste du contrat".
Selon cette source, une quinzaine d'années pourrait s'écouler entre l'accord de principe et la réalisation du projet de retraitement, comme le montre l'exemple de l'usine de Rokkasho au Japon, construite avec l'aide d'Areva. En effet, le retraitement du combustible constitue un projet "lourd" et "compliqué", d'autant que son transfert nécessite l'accord des autorités nationales, puisque cette technologie peut être utilisée à des fins militaires.
Ou bien on donne le mode d’emploi, ou bien Areva n’aura jamais les milliards promis par Sarko… c’est la carotte avec le bâton ou seulement le bâton…
