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lundi 5 mai 2008

Ils prient pour faire baisser le prix de l'essence

WASHINGTON (AFP) - 05/05/08

A une station d'essence Shell de Washington, une demi-douzaine de fidèles, les mains jointes et la tête courbée, prient avec ferveur pour que le prix de l'essence redescende.

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Photographe : Paul J. Richards AFP :: Des fidèles d'une église adventiste américaine prient pour que les prix de l'essence baisse, le 1er mai 2008 à Washington dans une station Shell

"La semaine dernière à cette station, le gallon (3,78 litres) d'essence était à 3,51 dollars. Maintenant il est pratiquement à 3,60 dollars, cela fait 9 cents de plus en une semaine", s'exclame Rocky Twyman, qui a fondé la semaine dernière le groupe "la Prière à la pompe" pour implorer le ciel de faire baisser les prix.

"Seigneur tout puissant, viens à nous et donne-nous de la force pour que nous fassions baisser ces prix de l'essence trop chers", déclame M. Twyman, suivi par de fervents "amen" de ses acolytes.

"Mon Dieu, les prix ont monté à cette pompe depuis la semaine dernière. Nous savons que tu es capable, que tu as tous les pouvoirs du monde", continue-t-il avant que ses compagnons -- une ancienne Miss Washington, un petit entrepreneur, et deux bénévoles à la soupe populaire locale -- entonnent un chant: "Nous aurons une baisse de l'essence, nous aurons une baisse de l'essence !".

"La prière est la réponse à tous les problèmes. Nous appelons Dieu pour qu'il intervienne dans la vie de ces gens égoïstes et avides qui font monter les prix", explique-t-il.

Selon lui, avec la hausse des prix de l'énergie, "il y en a qui font beaucoup d'argent et c'est très, très mal".

Le week-end dernier, Rocky Twyman était à la tête d'un groupe de 200 personnes en prière devant des pompes à essence de San Francisco où le gallon atteint presque 4 dollars.

Pour Judy Dugan, de l'organisation de consommateur Consumer Watchdog, certains Américains en viennent à invoquer Dieu parce que le gouvernement ne semble pas se préoccuper de la flambée des prix: "C'est ce que vous finissez par faire quand vous n'avez personne à vos côtés et les consommateurs n'ont pas le gouvernement américain à leur côté, pour sûr".

Lors d'une audition jeudi au Congrès, élus et experts ont dépeint un sombre tableau des conséquences de la hausse des prix de l'essence et de l'alimentation, la plus forte depuis 17 ans.

Les Américains sont contraints d'adopter "un régime de récession", a déclaré la parlementaire Carolyn Maloney, soulignant que les ménages modestes remplaçaient désormais viande, poisson et légumes par des pâtes et des conserves.

Marcia Frazier-Foster a rejoint le groupe de prières parce que chaque jour elle fait un trajet de 53 km pour aller travailler: "Le coût de la nourriture a tellement augmenté. Ce qu'on nous donne à la banque alimentaire diminue. Le prix de l'essence a flambé et je dois dépenser plus pour mon trajet".

"Et pourtant, personne dans les hautes sphères n'est vraiment préoccupé par la hausse des prix de l'essence. Le président Bush ne croit même pas que nous soyons en récession", se plaint-elle avant de répéter les prières du guide: "ces prix vont tomber de la même manière que les murs de Jéricho sont tombés dans la Bible".

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jeudi 1 mai 2008

Prix du carburant. Le gazole rattrape l’essence

Le Télégramme – 30/04/08 - Yves Drévillon

Plus que huit centimes de différence ! Le prix du litre de gazole se rapproche de celui de l’essence sans plomb. Les propriétaires de voitures diesel ont-ils mangé leur pain blanc ?

A la station-service, le « diéséliste » n’affiche plus le même sourire suffisant. Il toise un peu moins l’automobiliste qui fait le plein de sans-plomb à la pompe voisine. Et pour cause, même si l’hiver n’est guère favorable cycliquement au gazole et au fuel, des combustibles de la même famille, le temps du grand écart avec l’essence a vécu.

75 % du parc automobile

Chute du billet vert, flambée des cours du pétrole sur fond de croissance économique à tout va de pays comme la Chine et l’Inde, réserves d’or noir qui vont s’amenuiser au fil des ans. La tendance haussière des carburants s’annonce durable. Notamment pour le gazole, très utilisé dans l’industrie et le transport. Il est en train de battre des records à la pompe. Cette semaine, il a atteint 1,3162 euro le litre contre 1,4017 pour le sans-plomb, soit quelque 8 centimes et demi d’écart. En janvier 2007, le différentiel était encore de 23 centimes.

Le gazole pourtant moins taxé

« La France possède cette particularité d’avoir 75 % de son parc de voitures qui roule au diesel, elle est plus sensible de ce fait à la tension des marchés sur le gazole, rappelle-t-on à l’Union française des industries pétrolières (UFIP). Les autres pays européens eux aussi passent au diesel, ce qui accentue le problème ». Contrairement aux idées reçues, le gazole n’est pas un carburant bon marché. Il est plus cher que l’essence à la sortie des raffineries. Cette semaine, à Rotterdam, référence en la matière, le prix moyen du litre de gazole raffiné s’élève à 0,6145 euro contre 0,4915 euro pour le sans-plomb. Ce sont les taxes nationales, et notamment la fameuse TIPP, qui font ensuite la différence à la pompe. La taxe intérieure sur les produits pétroliers est de 0,61 euro le litre pour le super et de 0,43 euro pour le gazole. « Curieusement, en France, on encourage le carburant le plus onéreux », commente-t-on à l’UFIP. Avec la venue de l’été, la tension sur le gazole et ses proches produits va s’atténuer, alors qu’elle va se durcir sur l’essence avec le départ en vacances des Américains au volant de leurs 4X4 géants.

L’été plus favorable

« Ce phénomène saisonnier devrait faire baisser un peu le prix du gazole, mais pas de façon significative, explique François Lescaroux, à l’Institut français du pétrole (IFP). Selon l’économiste, « la voiture diesel reste intéressante pour les gens qui roulent beaucoup », mais il conseille « la petite cylindrée à essence » pour les citadins.

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samedi 26 avril 2008

Un militant de Sortir du Nucléaire en garde à vue

NOUVELOBS.COM | 24.04.2008 |

Le réseau Sortir du nucléaire dénonce une "chasse aux militants anti-nucléaires" ? à deux jours du 22e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl qui doit être marqué par une journée d'action.

Le réseau Sortir du Nucléaire a dénoncé, jeudi 24 avril, le placement en garde à vue d'un de ses militants à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) et s'est élevé contre "une chasse aux militants anti-nucléaires" à deux jours du 22e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl qui doit être marqué par une journée d'action.
"Jean Marcon a été menotté, placé en garde à vue et transféré au commissariat de Manosque", a déclaré à l'AFP le porte-parole du réseau Stéphane Lhomme. "Son appartement a été laissé dans un état déplorable par la police".
Selon Stéphane Lhomme, Jean Marcon auquel il est reproché une utilisation abusive des insignes de la République sur un tract humoristique a été interpellé à son domicile à Pertuis (Vaucluse) mercredi en fin de journée.
"Le prétexte est la diffusion d'un tract dénonçant la construction en cours du réacteur Iter à Cadarache" (Bouches-du-Rhône) utilisant notamment le sceau de la République et dont l'association Médiane présidée par Jean Marcon assure ne pas en être l'auteur.

Obsession pronucléaire
L'épouse de Jean Marcon a également été convoquée au commissariat de Manosque jeudi matin, selon Stéphane Lhomme. Aucune confirmation n'était disponible dans l'immédiat auprès du commissariat.
Stéphane Lhomme avait lui-même été placé en garde à vue le 25 mars au siège de la Direction de la surveillance du territoire (DST) dans le cadre d'une enquête sur un document classé "confidentiel défense" que s'était procuré le réseau dont il ressortait que les réacteurs de type EPR n'étaient pas conçus pour résister au choc d'un avion de ligne.
"A-t-on encore le droit de ne pas être pour le nucléaire en France?", s'est interrogé Stéphane Lhomme. Selon le réseau, "cette inquiétante dérive est à mettre en regard de l'obsession pronucléaire de M. Sarkozy et de ses efforts pour vendre du nucléaire à des dictatures (Lybie, Chine, etc)".

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vendredi 25 avril 2008

La France n’a pas d’énergie à revendre

Terra Economica avril 2008 – Simon Barthelémy

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a une idée fixe : dépasser la barre symbolique de 50% d’indépendance énergétique. C'est-à-dire couvrir plus de la moitié de nos besoins en énergie Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy assurait que le futur réacteur EPR de troisième génération, serait « la garantie de l’indépendance énergétique de notre pays ». De la Libye à la Chine, le président est devenu désormais le VRP de son fabricant Areva, dont l’Etat est actionnaire majoritaire. Cocorico ? bof. Voici trois raisons de ne pas se réjouir trop tôt :

1 – Un résultat qui fait débat

Ce fameux « taux d’indépendance énergétique » créée en 1973 se fonde sur une mystification, voire « un coup de bluff », selon les sceptiques. En fait le résultat de 50% annoncé prend en compte la production d’énergie et non la consommation finale, la seule qui pourtant est réellement un sens en terme d’usage. Selon Yannick Jadot de Greenpeace, un tel calcul ferait passer l’indépendance énergétique de la France à 29% de ses besoins et non à 50% ! Les deux tiers de la chaleur dégagée par les réacteurs se perd lors de la conversion en énergie électrique, ce que reconnaît l’Observatoire de l’énergie (Service des statistiques du ministère de l’Energie). Egalement , le coût du renouvellement d’une partie des centrales en fin de vie et le recyclage des déchets ultimes restent toujours problématiques.

2 – L’uranium plombe les comptes

Mais il existe des calculs encore plus sévères. Les rabat-joie soulignent que, depuis la fermeture de sa dernière mine d’uranium en 2001, la France importe la totalité de ce minerai indispensable à la production des réacteurs nucléaires. Nous n’importons que 8 000 tonnes d’uranium contre 140 millions de tonnes d’équivalent en en pétrole gaz et charbon. Cependant il faut bien s’assurer que nous ne dépendons pas d’un seul fournisseur. Ainsi, Areva fait ses emplettes en Australie, au Canada ou bien au Niger. Dans ce dernier pays, le géant français a du accroître son prix d’achat de moitié pour damer le pion à ses concurrents chinois. Comme le nombre de réacteurs construits sur la planète monte en flèche (grâce en autres à Sarkozy/Areva), le prix de l’uranium a été multiplié par dix en quatre ans.

3 – Les transports détonnent

La très forte demande liée aux transport a accéléré notre pétrodépendance. 92 millions de tonnes de pétrole exportées en 2006. Avec la flambée des cours, qui continue de plus belle, la France a dépensé 45,2 milliards d’euros en 2007 pour importer des ressources énergétiques, y compris du gaz. Sans ces achats, le bilan du commerce extérieur du pays ne serait pas dans le rouge ! Et notre consommation d’énergie par habitant est supérieur à la moyenne européenne.

Bruxelles veut inverser la tendance, alarmée par la dépendance énergétique de l’Euripe qui pourrait atteindre 80%, et par sa position de faiblesse envers des pays fournisseurs comme la Russie. L’Union mise notamment sur les énergies renouvelables.

Pas besoin, en effet, d’importer du soleil ou du vent qui, c’est bien connu, ne s’arrêtent pas aux frontières.

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mardi 22 avril 2008

"Le baril à 117 dollars, à qui la faute ?"

Challenges | 21.04.2008 | Paul Loubière

Ca pourrait presque faire un refrain de chanson populaire: "quand l’baril monte, j’ai honte, j’ai honte..." Toutes les semaines, en effet, le baril connaît un nouveau record. 117 dollars, le week end dernier. Mais le prix du baril a aussi une dimension cour de récré: si ça monte, c’est la faute des autres.


Côté Opep, le ministre du Qatar, estime que la hausse est essentiellement due à la spéculation. Même son de cloche chez Pierre Terzian, directeur de Petrostratégies, pour qui il n’y a aucun problème d’approvisionnement. Donc, du côté des producteurs, pas question d’augmenter la production. L’Opep l’a clairement fait savoir ce week-end.

Chez les compagnies pétrolières internationales, le discours est autre: si ça monte, c’est parce que l’Opep ne veut pas ouvrir davantage les robinets. Christophe de Margerie, patron de Total, affirme par exemple que "le prix monte parce que la demande augmente". Inutile de chercher bien loin: ce sont essentiellement la Chine et l’Inde qui connaissent une envolée de leur consommation pétrolière. Bref, ça monte à cause de la croissance asiatique.

Troisième responsable pointé du doigt: la Russie. Premier producteur mondial avec 491 millions de barils en 2007 (424 en Arabie Saoudite) la Russie voit sa production baisser depuis le début de l’année. Motif ? Officiellement, à cause d’un manque d’investissements pour trouver de nouveaux gisements. En réalité, selon un fin connaisseur du dossier, la production russe baisse parce que les gisements ont été exploités n’importe comment. "Quand on perce beaucoup de puits sur un seul gisement, la production de pétrole augmente dans un premier temps. Mais ensuite, elle dégringole très vite: il n’y a plus assez de pression. On ne peut extraire que 15 à 20% du gisement contre 30 à 40% quand le gisement est correctement exploité."

Dernier coupable: les Etats occidentaux. L’Opep s’est amusée à calculer le montant des taxes pétrolières touchées par les pays du G7 pour la période 2002-2006: 2. 130 milliards de dollars, davantage que le montant des exportations de l’Opep (2 .045 milliards de dollars)!

Dans ce remake éternel du "c’est pas moi, c’est l’autre", qui faut-il croire? D’abord, l’affaire des taxes. Oui, les pays occidentaux touchent des revenus sur la consommation de pétrole. Mais, hormis la TVA, les taxes ne sont pas indexées sur le prix du baril. Donc, non, ce n’est pas la faute du fisc si le brut augmente! L’affaire des gisements russes est indéniable. Mais, si la Russie a voulu augmenter sa production, c’est bien parce qu’il y avait une augmentation de la demande.

Reste donc deux réalités: la demande augmente et la spéculation aussi. Ce n’est pas la spéculation, à elle seule, qui alimente l’augmentation des prix. Elle ne fait que surfer sur une tendance. Mais elle existe bel et bien. Il est difficile de la chiffrer. Les plus optimistes la limitent à 5% du prix. D’autres vont jusqu’à 35%. A en croire les producteurs de pétrole, le juste prix, pour tenir compte des investissements à faire pour mettre en exploitation les nouveaux gisements découverts ces dernières années, se situe autour de 70-80 dollars. La différence avec le prix actuel donne une idée du montant de la spéculation.

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mercredi 16 avril 2008

Le prix des carburants au top

Ouest-France – 16/04/08

Dans le budget, le poste « énergie » pèse de plus en plus lourd ». Et le pétrole augmente encore.

Plus de 114 dollars le baril à New York, plus de 112 à Londres, l'or noir n'en finit pas de battre ses records. À la cuve comme à la pompe, les prix flambent en conséquence. Le fioul domestique ? 0,84 € le litre. Le litre de gazole ? 1,36 €. Celui de super sans-plomb 95 ? 1,52 €. « Il s'agit des prix les plus élevés qu'on ait relevés jusqu'à présent », commente Jean-Louis Schimansky (Union française des industries du pétrole).

Dans la foulée, le prix du gaz pour les ménages - indexé sur ceux du pétrole - va prochainement augmenter d'au moins 5 %. De quoi faire gonfler encore des prix à la consommation qui ont déjà explosé en mars (+ 3,2 %) : pour le seul mois de mars, les prix des combustibles liquides (dont le fioul domestique) ont augmenté de... 38 % !

taxes

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/

Alors, au moment de remplir leur cuve, les Français y regardent à deux fois. Et paient à tempérament. « Les chèques « frigo » s'accumulent, constate un fiouliste auvergnat. Nous avons 3 000 chèques différés, en attente d'encaissement à la demande des clients. »

Une solution est de plus en plus souvent proposée à ceux qui comparent désormais les prix entre distributeurs ou négocient pour grappiller quelques centimes. Selon les professionnels, un tiers de ceux qui disposent d'une cuve de 3 000 litres la rempliraient 500 l par 500 l.

Malheureusement, il n'y a aucune raison pour que les prix baissent. La spéculation s'en donne à coeur joie, les capacités de raffinage restent insuffisantes, la demande mondiale continue à augmenter. Et comme (presque) tout le monde à besoin de rouler ou de se chauffer, les pétroliers ont encore de beaux jours devant eux.

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jeudi 10 avril 2008

Premières malfaçons sur le chantier de l'EPR à Flamanville : Greenpeace craint un scénario catastrophe « à la finlandaise »

29 mars 2008 – Greenpeace France

Paris, France — Greenpeace tient à attirer l'attention sur un courrier adressé par l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) au directeur de l'aménagement du site EDF de Flamanville (Manche) et qui fait état de malfaçons sur le chantier du réacteur EPR.

Alors que les travaux commencent à peine, l'ASN pointe déjà du doigt de nombreuses malfaçons dans la réalisation des premiers bétons. Greenpeace tire la sonnette d'alarme sur ce qui ressemble à s'y méprendre à ce qui se passe en Finlande, où le chantier de construction du premier EPR tourne à la catastrophe.

Dans une lettre datée du 12 mars, qui fait suite à une inspection du chantier de l'EPR à Flamanville réalisée le 5 mars, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dresse une longue liste de malfaçons et met en demeure le directeur de l'aménagement du site EDF de prendre des mesures correctives sous un délai d'un mois.

Problèmes de béton et surcoût : un air de déjà vu...
Non conformité des ferraillages, incohérence entre les plans d'armatures et les plans de méthode, défauts de surveillance de positionnement de platine, modification de la cinétique de bétonnage, etc. : la liste des problèmes est longue, pour un chantier qui démarre tout juste et où les premiers bétons viennent tout juste d'être coulés. Rappelons qu'il s'agit de béton dit « de qualité nucléaire », qui constitue le fondement du réacteur et doit assurer directement la sûreté du réacteur et du stockage des combustibles irradiés.
Par ailleurs, lors d'une conférence, le 20 février dernier, Pierre Gadonneix, le PDG d'EDF, reconnaissait publiquement, que l'EPR de Flamanville allait coûter plus cher que prévu, sans toutefois indiquer le surcoût.

« Problèmes de malfaçons sur le chantier et dépassement budgétaire : le chantier de Flamanville a à peine commencé qu'il prend déjà la même tournure que celui de l'EPR finlandais », déclare Yannick Rousselet, chargé de la campagne Énergie de Greenpeace France.

En Finlande, où la construction du premier EPR a commencé mi-2005. Depuis le départ, il tourne au désastre. Le contrat prévoyait une connexion du réacteur EPR au réseau finlandais pour le premier semestre 2009. En réalité, ce ne sera fait au plus tôt qu'en mai ou juin 2011. Le dépassement budgétaire est désormais évalué à 1,3 milliard d'euros. En clair, au lieu des 3,3 milliards d'euros convenus au départ, l'EPR finlandais devrait coûter au moins 4,5 milliards d'euros. Sans parler du bon millier de violations des règles de qualité et de sûreté relevées par l'Autorité de sûreté finlandaise !

« La France doit tirer les leçons du désastre de l'EPR finlandais et des premiers déboires du chantier de Flamanville pour stopper ce projet inutile et si coûteux, reprend Yannick Rousselet. L'EPR de Flamanville est censé fournir une vitrine pour qu'EDF, Areva et Nicolas Sarkozy, le VRP de l'industrie nucléaire, vendent un maximum d'EPR à l'étranger. Que les pays auxquels ils font les yeux doux regardent de près ce qui se passe en France, car ils peuvent encore changer d'avis et opter pour des choix porteurs d'avenir, comme la mise en place d'une vraie politique d'efficacité énergétique et le développement des renouvelables, seules sources d'énergie propres, sûres et porteuses de paix. »

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mercredi 9 avril 2008

Le gouvernement propose une augmentation de 5,5% des tarifs du gaz

AP | 08.04.2008 Nouvel observateur

Les ministères de l'Energie et de l'Economie ont proposé mardi à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) une hausse de 5,5% des tarifs régulés du gaz pour les particuliers.

"Pour un foyer type chauffé au gaz naturel, l'augmentation de la facture de gaz induite sera de l'ordre de quatre euros TTC par mois", précisent les ministères dans un communiqué commun. Cette augmentation, de 0,264 centime d'euro le kilowattheure, "interviendra lorsque la Commission de régulation de l'énergie aura rendu son avis".

Cet avis sera rendu "dans les prochains jours", indiquait-on mardi soir au ministère de l'Ecologie.

Les tarifs de GDF ont déjà augmenté de 4% le 1er janvier dernier.

Par ailleurs, "une réflexion sera lancée afin de mettre en place dans les prochains mois un cadre pérenne dévolution des tarifs réglementés du gaz", indique le communiqué. "Ce dernier permettra d'assurer une plus grande visibilité pour tous les acteurs. Ces orientations seront prises en compte dans la révision du Contrat de service public de Gaz de France".

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vendredi 4 avril 2008

Boeing annonce le premier vol d'un avion propulsé par une pile à hydrogène

http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée - 2008-04-03
OCANA (Espagne) (Source vérifiée)

"Pour la première fois de l'histoire de l'aviation, Boeing a fait voler un un avion habité propulsé par une pile à hydrogène", a déclaré John Tracy, directeur de recherche de Boeing, lors d'une conférence de presse au centre de recherche du groupe américain à Ocaña (centre de l'Espagne).

Francisco Escarti, directeur du centre de recherche d'Ocaña, a déclaré que cette source d'énergie "pourrait être source d'énergie primaire pour un petit avion" et servir de système secondaire sur des appareils commerciaux.

Boeing "n'envisage pas que les piles à combustible puisse fournir l'énergie primaire pour de gros avions de transports de passagers, mais la compagnie va continuer à explorer leur potentiel, tout comme d'autres sources d'énergie durables qui augmentent la performance environnementale", a-t-il ajouté.

L'appareil à hélice expérimental, d'une envergure de 16,3 mètres, a réalisé un vol d'une vingtaine de minutes à une altitude d'environ 1.000 mètres avec un pilote à son bord, selon un communiqué diffusé lors de la conférence de presse. Le petit appareil de couleur blanche, qui "ne fait pas de bruit" selon M. Escarti, a décollé en se servant à la fois d'une batterie et d'une pile à hydrogène, jusqu'à atteindre l'altitude de 1.000 mètres.

Le pilote a ensuite coupé la batterie. "Il a volé tout droit à une vitesse de 100 km/h pendant environ 20 minutes en se servant uniquement de la pile à combustible", selon le communiqué de Boeing. Il s'agit "d'une réussite technologique historique de Boeing", a ajouté John Tracy, soulignant que cette avancée était "pleine de promesses pour un futur plus vert".

Dans moins de 20 ans, porté par la crise du pétrole et le réchauffement climatique, l'hydrogène pourrait devenir une source d'énergie presque ordinaire dans notre vie quotidienne, du téléphone portable au chauffage des bâtiments en passant par les transports, selon les experts. L'hydrogène peut être produit à partir d'une grande variété de sources dont le gaz naturel, le charbon, l'eau ou la biomasse. Il présente notamment l'avantage de ne pas produire de gaz à effet de serre.

Dans deux à trois ans, estiment les spécialistes, les téléphones portables commenceront à être équipés de piles à combustible, l'électricité produite grâce à l'hydrogène permettra de chauffer des bâtiments, et des flottes de voitures commenceront à rouler régulièrement avec cette source d'énergie. Les recherches sur l'hydrogène comme future source d'énergie sont largement avancées dans des pays comme le Japon, l'Allemagne, la France et les Etats-Unis.

General Motors prédit la production de véhicules compétitifs, performants et non-polluants fonctionnant avec des piles à combustible à l'horizon 2010-2012.

Ces progrès, notent les experts, ne doivent pas faire oublier que les obstacles à un développement industriel sont encore nombreux, aussi bien pour réduire les coûts de production que pour créer des infrastructures de transport, de stockage et de distribution.

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mercredi 2 avril 2008

EPR : Un réacteur et une ligne 400 000 volts contestés

Ouest-France – 02/04/08 - J.P.B.

« En 2020, quatorze des plus anciens réacteurs français auront 40 ans ou plus. En 2025, ce sera le cas de 34 autres. » Le parc nucléaire actuel, en France, compte 58 réacteurs. L'EPR avec ses 1 650 Mégawatts, constituerait donc, selon ses promoteurs Aréva et EDF, la meilleure réponse pour leur remplacement. Il permettrait aussi, d'après eux, de répondre à la croissance de la demande d'électricité.

Annoncé comme techniquement plus sûr, plus puissant et produisant moins de déchets, l'EPR fait toutefois l'objet d'une contestation au sein même de la communauté nucléaire. Certains physiciens estiment cette étape technologiquement inutile.

Pour les antinucléaires, « l'EPR est une hérésie ». Didier Anger, coordonnateur du collectif normand « EPR non merci » dénonce « l'aspect coûteux. Avec les 3,3 milliards d'euros, on pourrait créer 15 fois plus d'emplois dans le Grand Ouest en développant les économies d'énergies et les énergies renouvelables ». Les écologistes dénoncent les rejets qu'il va contribuer à augmenter à Flamanville. Notamment le tritium (hydrogène radioactif), rejeté à la mer en grandes quantités par les centrales nucléaires.

« En Grande-Bretagne, le très officiel Advisory Group on Ionising Radiation (AGIR) propose de multiplier par deux le facteur de risque pour cet élément. D'autres études tendent à montrer que, contrairement à ce qui est admis, le tritium rejeté dans l'environnement s'accumule dans la chaîne alimentaire. Ainsi, des poissons plats de la baie de Cardiff sont 1 000 à 10 000 fois plus contaminés que l'eau de mer analysée sur le même site », souligne l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest.

La contestation s'amplifie aussi dans les campagnes de la Manche, de la Mayenne et d'Ille-et-Vilaine autour du tracé de la ligne électrique 400 000 volts (150 km, 300 pylônes) qui doit relier le Cotentin au Maine. Les opposants ont décidé d'engager leur propre étude scientifique sur les effets des courants électromagnétiques sur la santé des populations vivant à proximité des couloirs de lignes. À Chèvreville, dans le Sud-Manche, les électeurs sont allés jusqu'à bouder les urnes des dernières municipales pour protester contre le passage des pylônes.

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