dimanche 29 novembre 2009
Le premier prototype de centrale osmotique préfigure une nouvelle source d'énergie renouvelable
Notre-planète.info - 24/11/09
Le premier prototype mondial de centrale osmotique a été mis en service aujourd'hui. Cette technologie novatrice pourrait constituer, d'ici quelques années, une nouvelle source d'énergie renouvelable sans émission de polluants.

Statkraft(1), le premier producteur européen d'énergie renouvelable, vient de mettre en service le premier prototype au monde de centrale osmotique en Norvège. Ce prototype offrira une capacité de production limitée, et son but principal sera de servir de base de tests et de développement. L'objectif est de pouvoir être à même de construire une centrale d'énergie osmotique commercialisable d'ici 2015.
Qu'est-ce qu'une centrale osmotique ?
Une centrale osmotique exploite l'énergie libérée par le mélange d'eau douce et d'eau de mer. Cette énergie est issue de la différence de gradients de salinité entre l'eau salée (en bleu sur le schéma ci-dessous) et l'eau douce (en vert). En effet, lorsque deux masses d'eau qui n'ont pas les mêmes concentrations en sel viennent à se mélanger, celle qui est la plus salée (ou la plus concentrée) va attirer l'eau par le phénomène d'osmose.
Ainsi, lorsque les eaux douces d'un fleuve se jettent dans l'eau salée de la mer, le mélange de ces eaux libère une grande quantité d'énergie.
Ce principe est exploité par Statkraft qui fait transiter, à l'intérieur de leur centrale, dans deux réservoirs séparés par une membrane semi-perméable, la masse d'eau salée de la mer et la masse d'eau douce d'un fleuve. "Lorsque l'eau douce traverse la membrane en direction de l'eau salée, elle crée une pression (correspondant à une colonne d'eau de 120 m) capable d'actionner une turbine, générant de l'électricité. L'exploitation de l'énergie osmotique suppose que l'implantation de la centrale se fasse à proximité immédiate d'un estuaire, c'est ce que les anglais appellent 'baseload energy' (énergie chargée sur site)"(2).

Une énergie renouvelable, sans émissions, avec un potentiel considérable
Statkraft décrit l'énergie osmotique comme une source d'énergie renouvelable et sans émissions sur laquelle le leader européen des énergies renouvelables mène des recherches depuis 10 ans. Cette source d'énergie sera à même d'apporter une contribution mondiale d'ampleur à la production d'énergie dans le respect de l'environnement.
En effet, le potentiel annuel de cette énergie pour la Norvège serait de 12 terrawatts soit assez d'énergie pour fournir en électricité 540 000 foyers pendant une année. Le potentiel mondial de l'énergie osmotique est estimé entre 1 600 et 1 700 TWh par an, soit l'équivalent de la moitié de la production énergétique totale de l'Union Européenne.
Mais une énergie limitée géographiquement et vulnérable à la montée des eaux
Par principe, les centrales osmotiques ne peuvent se trouver que dans des endroits où de l'eau douce s'écoule dans la mer. Si cela semble limiter leur extension géographique, rappelons que de nombreuses mégalopoles mondiales sont situées à l'embouchure des grands fleuves. De plus, les villes et aires urbaines consomment 75 % de l'énergie produite et sont responsables de 75 % des émissions de gaz à effet de serre, selon un récent rapport du WWF(2).
La centrale osmotique, qui n'émet aucun polluant ni aucun bruit pourrait donc trouver sa place dans ces villes côtières, par exemple dans des zones industrielles existantes, comme dans les sous-sols de bâtiments industriels.
Toutefois, leur implantation devra s'accompagner d'une prise en compte de l'augmentation prévue du niveau des océans à cause du réchauffement climatique. En effet, selon l'étude(2) du WWF et de l'assureur Allianz, une augmentation de seulement 50 cm du niveau de la mer pourrait coûter jusqu'à 18 840 milliards d'euros pour les 136 villes côtières qui seraient touchées : presque 10 fois plus que le coût de la crise financière.
Restons optimiste, comme Bård Mikkelsen, le président et directeur général de Statkraft qui a déclaré : "Cette nouvelle technologie permet de générer de l'électricité simplement en mélangeant de l'eau. Les nouveaux moyens de relever les défis liés au changement climatique sont sans doute plus évidents que nous ne le pensons, ce qui me laisse plutôt optimiste quant à l'avenir".
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En savoir plus : (1) Statkraft est le premier producteur européen d'énergie renouvelable. Le groupe développe et génère de l'hydro-électricité, de l'énergie éolienne, de l'énergie gazière et du chauffage urbain, et est un acteur majeur sur les marchés européens de l'électricité. Statkraft développe également de l'énergie marine, de l'énergie osmotique, de l'énergie solaire et d'autres solutions innovantes en matière d'énergie. En 2008, Statkraft a affiché des recettes d'exploitation d'un montant de 3,1 milliards d'euros. Le groupe emploie 3 200 personnes dans plus de vingt pays.
Statkraft conduit des recherches sur l'énergie osmotique depuis 1997 et a développé son prototype en coopération avec les organismes de recherche et développement de nombreux pays. Le projet a suscité un intérêt d'envergure internationale et un certain nombre d'invités étrangers assistent à l'inauguration.
(2) "Les énergies de la mer" - Francis Rousseau
(3) Rapport "Les points de rupture majeur dans le système climatique mondial. Quelles conséquences pour le secteur des assurances ?" - WWF
vendredi 21 août 2009
Flambée de 15% sur la facture EDF pour 1,7 millions de clients
Libération vendredi 21 août - C. Ms.
Ce n'est pas 1,9% de hausse que vont subir les particuliers sur leur facture EDF (tarif bleu), mais bien plus, accuse le Sipperec, le syndicat intercommunal qui distribue l'électricité en Ile-de-France. La facture va grimper de 10 à 15% pour 1,7 millions de ménages et de plus de 15% pour 1,7 millions d'autres, ces augmentations ciblant surtout les petits clients.
Le lièvre est caché la page 11 de l'avis de la CRE (le régulateur de l'électricité) passé inaperçu, EDF préférant communiquer sur la hausse moyenne de 1,9% du KWh. Certes, d'autres clients devraient bénéficier d'une facture réduite, mais ils ne seraient que 22%.
Zappé aussi par EDF le chamboulement de la structure des prix réglementés, inchangée depuis 1988, auquel on doit ce grand écart des factures. Cette révolution a été glissée dans un décret paru au journal officiel la veille de l'arrêté sur le prix de KWh et ce, dénonce le Sipperec "en l'absence de débat public".
samedi 16 mai 2009
Plélan le Grand - Inauguration des éoliennes
ActualitésMaville Rennes 15 Mai 2009
Un bal populaire pour fêter les éoliennes.
Les éoliennes de Plélan-le-Grand ont livré leurs premiers kilowatts il y a six mois. Elles seront inaugurées samedi.

Patrick Saultier, ingénieur et élu local, a mené à bien le projet qu'il porte depuis 2003. Les jeunes du centre social ont décoré à la bombe à peinture l'un des six mâts. Le projet est resté participatif jusqu'au bout.
Une fête avec bal populaire
Comme pour assister à l'éclosion de fleurs de printemps, la population sera invitée aux festivités. L'organisateur, Patrick Saultier, a prévu chants de marins, buvette, restauration et un même un bal. On pourra visiter une éolienne, du moins dans sa partie basse. Sur la route de Montfort, un parking de 24 places est aménagé. Sur un écran, seront visualisées les données chiffrées de la production électrique. La vue panoramique du site sera retransmise depuis une caméra, fixée au sommet d'une éolienne.
Une aventure de 6 ans
L'histoire remonte à 2003. Au conseil municipal de Plélan, Patrick Saultier lance le premier l'idée. Cet ingénieur de 41 ans est branché sur les énergies nouvelles. Alors que la commune reçoit la visite d'investisseurs, il voudrait s'inspirer des fermes coopératives, en vogue au Danemark. Il rêve de voir les habitants devenir les acteurs du projet. Mais le dossier évolue. « C'est aussi compliqué que de construire une centrale nucléaire ! » La société Brocéliande Energies Locales (BEL) est montée avec une douzaine d'investisseurs locaux, bientôt rejoints par des particuliers.
Un actionnaire belge
La demande de permis de construire est déposée en 2006. Auparavant, Patrick Saultier a dû digérer le forfait de la Caisse des dépôts. C'est en Belgique qu'il trouve son actionnaire principal, Electrawings, qui possède 65 % des parts. Le fournisseur du matériel est allemand. La société Enercon, un poids lourd du secteur, livre au cours de l'été 2008 les éoliennes en pièces détachées. Des engins impressionnants avec des mâts de 100 m et des pales de 41 m
Une ville de 20 000 habitants
Une seconde société, Saultier Energies Développement, a été montée pour exploiter le parc. Elle vise la production de 30 millions de kw/h par an, soit la consommation d'une ville de 20 000 habitants. « L'idéal, c'est un vent de plus de 10 m/seconde. » La mise en route des éoliennes a perturbé plus de 200 téléviseurs dans les environs. Il a fallu installer un réémetteur sur un mât. « Il reste encore une dizaine de postes à régler » confie Patrick Saultier. La nouvelle société vise un autre marché. Avec son savoir-faire, le créateur du parc de Plélan se présente en consultant pour des candidats à l'énergie éolienne.
Alain THOMAS.Ouest-France
mercredi 13 mai 2009
Arnaque : il n'y a pas de service facturation chez EDF démarchant téléphoniquement les clients !
Bonjour,
Ce message pour vous faire partager mon expérience toute fraîche d'hier et vous éviter quelques désagréments.....
Dans la journée le "service facturation d'EDF" a essayé de nous contacter à notre domicile. Le soir venu, je téléphone à EDF (le numéro se trouve sur vos factures, prix d'un appel local).
Après m'être assurée de ne pas avoir d'arriérés (on ne sait jamais) , je demande à être mise en contact avec un conseiller. Une personne me répond, et me demande l'objet de mon appel. Je lui rétorque que leur service facturation a essayé de nous joindre dans la journée et que je désirais savoir pourquoi, et là , grande surprise : il n'y a pas de service facturation chez EDF démarchant téléphoniquement les clients.
En fait, des commerciaux se faisant passer pour des agents d'EDF mais travaillant pour la concurrence démarchent les personnes et se déplacent aussi à leur domicile. Le but? Obtenir copie de leur facture pour s'approprier leurs références clients et tout renseignement utile. Après quoi, leur abonnement est résilié sans qu'elles puissent s'y opposer et elles se retrouvent chez un autre fournisseur. Aucun moyen de recours ni pour vous, ni pour EDF, étant donné que désormais tout se traite par téléphone. Le pire c'est qu'ensuite, on m'a expliqué qu'il est très difficile de reprendre un abonnement chez EDF, que cela peut être long et coûteux.
Donc, il faut être prudent, ne rien communiquer par téléphone ou autre (EDF a déjà toutes ces informations) et se renseigner en cas de doute.
A DIFFUSER LARGEMENT .... ! ! !
Laurence MATIGNON
CONSEIL GENERAL DE L'AUDE
Service Marchés Publics
courriel : laurence.matignon@cg11.fr
L'état français, premier électricien belge
Le Soir – Belgique - mardi 12 mai 2009
La libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz s'annonce comme une grande réussite… pour les géants de l'énergie et pour la France. Comme le démontrent les épisodes les plus récents de cette aventure libérale. Le dernier, intervenu ce lundi, a vu Electricité de France (EDF) s'offrir la majorité du capital de SPE, le deuxième électricien belge plus connu sous la marque Luminus.

Pub EDF
Nulle fuite de centre de décision vers l'étranger, pas de bijou national qui quitte le royaume : SPE appartenait au britannique Centrica qui l'a cédé pour 1,3 milliard d'euros à EDF. Le problème se situe ailleurs. Précisément dans l'actionnariat d'EDF.
Le premier électricien hexagonal est détenu par l'Etat français. Et Paris dispose également d'environ 40 % du capital de GDF Suez. Soit la maison mère d'Electrabel, le premier fournisseur de courant à Bruxelles, en Wallonie ainsi qu'en Flandre. Autrement dit, le propriétaire (ou quasiment) de l'essentiel du parc de production d'électricité belge réside dans la Ville Lumière, précisément au palais de l'Elysée.
Etait-ce l'objectif de l'ouverture à la concurrence voulue par les instances européennes ? Faire en sorte que les électriciens d'un pays passent sous le contrôle de l'Etat voisin ? Si tel était le cas, la Belgique apparaît comme l'exemple parfait.
La suite ? Limpide. Les deux géants français vont se livrer une guerre des prix sans merci pour attirer les clients belges. Pure logique de marché. Des doutes ? Justifiés. La suite risque davantage de s'écrire sous le joug d'un oligopole, sinon d'un duopole orchestré de deux sièges parisiens et arbitré par un actionnaire unique : l'Etat français.
Le pire finalement dépasse cependant le simple constat d'impuissance d'un gouvernement belge si prompt à aboyer devant ce dépeçage énergétique. Jamais à mordre. Le pire vient sans doute du fait qu'en mettant d'autres protagonistes à la place des grandes entreprises françaises, les conclusions seraient sans doute similaires pour le consommateur : la libéralisation des marchés montre ses limites avec ce produit particulier qu'est l'électricité. Et les espoirs d'une concurrence effrénée, menant à des baisses de prix, paraissent vains et utopiques.
lundi 11 mai 2009
L’Europe veut du soleil
Vendredi et samedi prochain, 10 pays d’Europe dont la France organisent les journées européennes du soleil. Le soleil envoi chaque année à la terre plus de 8000 fois la consommation énergétique de l’humanité. Cette énergie peut être exploitée de trois façons différentes : La chaleur passive utilisée dans la conception des bâtiments : Ouvertures au sud pour profiter des rayons du soleil. Le solaire thermique pour fournir de l’eau chaude sanitaire et chauffage et le solaire photovoltaïque qui transforme la lumière en électricité. André Joffre est Président d’Enerplan

Le soleil est gratuit mais pour s’en servir comme source d’énergie, il coute. D’où les incitations fiscales. Jean Louis Bal de l’agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie. Le marché a triplé l’an passé. Il continue de progresser cette année malgré la crise économique.
Enerplan, l’association professionnelle de l’énergie solaire, organise en France la 2ème édition des Journées européennes du solaire, les 15 et 16 mai 2009. La campagne, soutenue par la Commission Européenne, se tiendra simultanément dans 10 pays européens partenaires.
Cette campagne de sensibilisation a pour but de promouvoir l’utilisation de l’énergie solaire comme source d’énergie renouvelable pour la production de chaleur et d’électricité.
La force de cette campagne est la proximité : les particuliers pourront s’informer sur le solaire dans les 22 Régions de France.
En ouverture de la campagne, la Conférence des Maires et des Elus pour le solaire, le 14 mai à Paris, confirmera son ancrage local.
Suite au succès de la 1ère édition avec 826 manifestations organisées en 2008, 1 500 manifestations sont attendues partout en France pour cette 2ème édition, qui rassembleront plus de 40 000 personnes autour de l’énergie solaire.
Enerplan invite tous les acteurs publics et privés à se mobiliser pour organiser des manifestations les 15 et 16 mai 2009 : les installateurs et les industriels du solaire, les Espaces Info Energie (EIE), mais aussi les collectivités, les écoles, les associations…
Tout type d’évènement visant à mieux faire connaître l’énergie solaire au grand public peut être organisé. A titre d’exemple :
* opération portes ouvertes dans les usines et les entreprises du solaire
* journée d’information sur le solaire dans les EIE, les communes ou chez les professionnels
* stand d’information sur le solaire dans les agences clientèle des opérateurs énergétiques, dans les communes
exposition sur le solaire dans les écoles
* visite d’opération solaire par les installateurs ou les EIE
* initiative solaire dans les communes ou les écoles
* projets solaires dans les universités, etc….
Chaque organisateur d’événement bénéficiera gratuitement d’outils spécifiques de communication à l’effigie des journées européennes du solaire. Pour en savoir plus, télécharger le document de présentation-organisateur.
Nouvelles révélations: le fiasco de l'EPR finlandais se confirme
Greepeance France - 07 mai 2009

Trois zodiacs de Greenpeace devant le chantier de l'EPR sur la péninsule d'Olkiluoto, en Finlande.
Greenpeace vient de demander en Finlande, l'annulation du permis de construire de l'EPR, actuellement en construction sur le site d'Olkiluoto dans ce pays.
Ce recours fait suite à la révélation d'une lettre de l'autorité de Sûreté et de Contrôle, STUK, adressée à Areva, lors d'une émission de la télévision finlandaise. Celle-ci fait état de graves problèmes, ainsi que d'un manque de «réels progrès» dans la conception, notamment des systèmes électroniques de contrôle de sécurité. « Cela signifie que la construction va s'arrêter et qu'il n'est pas possible de commencer les essais », déclare dans cette lettre Jukka Laaksonen Directeur général de STUK.
Les systèmes de contrôle sont pourtant une des composantes les plus essentielles d'une centrale nucléaires, pour assurer la sécurité du réacteur. Or, le respect de la réglementation en matière de conception des systèmes de contrôles électroniques faisait partie des conditions posées par l'autorité de régulation finlandaise, avant l'attribution du permis de construire, accordé en 2005. Aujourd'hui ces conditions ne sont plus remplies.
Greenpeace avait déjà tiré la sonnette d'alarme, dès 2005, car la conception du prototype apparaissait insuffisante et parce qu'AREVA ne garantissait pas un respect de la réglementation sur le nucléaire.
Dans la lettre, envoyée à la directrice d'Areva, Anne Lauvergeon, en Décembre 2008, la STUK déplore un sérieux manque de professionnalisme dans la construction du réacteur Olkiluoto 3, et fait valoir que « l'attitude ou le manque de connaissances professionnelles » d'Areva empêche tout progrès dans la résolution des erreurs et malfaçons. Selon la lettre, STUK est toujours dans l'attente qu'Areva lui fournisse un « modèle qui satisfasse les principes de base de la sécurité nucléaire ».
Ces révélations sur le chantier du réacteur d'AREVA à OLKILUOTO ne sont que les dernières d'une longue série depuis quatre ans. A cause de malfaçons, de problèmes continus et du manque de sérieux d'AREVA, le chantier accuse maintenant 3 ans de retard et une augmentation de plus de 50% de son coût initial.
« L'industrie se targuait de pouvoir construire un réacteur de type EPR rapidement et pour 3 milliards d'euros... Nous sommes loin des promesses de départ ! Et pourtant Areva et le gouvernement français s'entêtent et continuent de promettre des miracles grâce à ce programme nucléaire » déclare Laura Hameaux, chargée des questions énergie à Greenpeace France.
« C'est un coup dur porté à AREVA, alors que le constructeur a fait de ce prototype une vitrine commerciale à l'international et présente l'EPR comme un projet sûr. Une fois encore, de graves problèmes sont découverts, les principales règles de sécurités ne sont pas respectées mais l'entreprise française reste muette. Cela devrait refroidir les pays qui envisageaient encore de construire des EPR sur leur territoire ! Ainsi, les acheteurs potentiels d'EPR devraient suivre l'exemple des producteurs d'électricités d'Afrique du Sud ou de ceux des USA qui ont décidé d'annuler les constructions d'EPR qu'ils avaient prévus », ajoute Laura Hameaux.
En France, un réacteur de type EPR est actuellement en construction sur le site de Flamanville, dans la Manche et là aussi, le chantier cumule les problèmes.
L'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a déjà ordonné l'arrêt du chantier à l'été 2008 -ce qui est exceptionnel dans l'histoire du nucléaire français-, pour des malfaçons dans la qualité du béton et du liner, qui nécessitait un fort taux de réparation des soudures. Et le 4 février 2009, elle demandait à EDF de « présenter un plan pour améliorer significativement la qualité de leur réalisation et, dans l'attente de nette amélioration, de les contrôler à 100% ».
Face à ces irrégularités constantes, Greenpeace demande l'arrêt immédiat du programme EPR dans sa globalité, qu'il s'agisse de Olkiluoto 3, Flamanville 3 ou du projet de Penly, annonçé le 30 janvier dernier, par le Président de la République. L'industrie ne peut plus continuer à présenter le nucléaire comme la solution à la crise énergétique et au changement climatique. Elle ne doit plus empêcher le développement de vraies solutions.
Marché de l’énergie : le nombre de litiges explose
France Info - 8 mai 2009 - Gilles Halais
Mis en place au moment de la chute du monopole d’EDF-GDF, le médiateur de l’énergie ne chôme pas. Depuis le début de l’année, le nombre de litiges entre consommateurs et fournisseurs de gaz ou d’électricité a explosé : +170%...

Institué par la loi du 7 décembre 2006, le médiateur de l’énergie peut être saisi directement par un consommateur en cas de litige avec son fournisseur de gaz ou d’électricité. Il entend alors les deux parties, et formule des recommandations, dans la perspective d’un règlement amiable.
Et "on ne peut pas dire que le médiateur de l’énergie soit en crise", ironise Bruno Lèchevin, délégué général auprès du médiateur. Sur le seul mois de mars 2009, il a ainsi reçu 400 saisines, contre 1.358 sur l’ensemble de l’année 2008. Une partie de ces plaintes porte sur des pratiques commerciales plus que contestables, de la part des nouveaux opérateurs privés du marché comme Direct Energie (écouter notre reportage) ou Poweo. "On a eu des cas un peu exotiques où un consommateur qui avait acheté une souris dans un magasin d’électronique se rendait compte après coup qu’il avait dans le même temps signé un contrat le faisant changer de fournisseur d’énergie", relate Stéphane Mialot, directeur des services du médiateur.
Pour autant, ce type de litige ne concerne que 12% des saisines. Car la majeure partie des saisines vise directement les opérateurs historiques – GDF-Suez et EDF – pour des problèmes de facturation. "Des gens qui ont payé 1.500 euros de trop à leur fournisseur et qu’on met neuf mois à rembourser", raconte notamment le médiateur Denis Merville.
Ses services ont émis en 2008 48 recommandations, qui ont été suivies à 74% par les opérateurs. Et là encore, c’est la filiale distribution d’EDF, ERDF, qui joue les mauvais élèves, en ne se conformant qu’à 26% des décisions du médiateur. "ERDF est un monopole naturel qui avait un peu perdu de vue le client final. Le médiateur est là pour le lui rappeler", commente Bruno Lèchevin.
Le médiateur de l’énergie peut être saisi sur internet via son site internet ou par courrier non-affranchi (Médiateur national de l’énergie, Libre Réponse n°59252, 75443 Paris Cedex 09).
Pour tout conseil sur la façon de résoudre un litige dans le domaine de l’énergie, les consommateurs peuvent aussi contacter le service énergie-info au 0810 112 212 (numéro azur).
samedi 11 avril 2009
Espionnage de Greenpeace: deux hauts responsables d'EDF suspendus
AOL actualités – 10/04/09 –

Deux hauts responsables de la sécurité d'EDF, dont Pierre François, mis en examen pour "complicité d'intrusion informatique" au préjudice de Greenpeace, ont été relevés provisoirement de leurs fonctions par leur entreprise après de nouvelles révélations dans l'affaire.
La décision visant Pierre François, numéro deux de la sécurité d'EDF, et son supérieur hiérarchique Pascal Durieux, placé sous le statut de témoin assisté par le magistrat de Nanterre en charge de l'instruction Thomas Cassuto, a été prise pour "pour garantir la sérénité nécessaire au bon déroulement de l'enquête", a précisé le groupe, qui y voit une "mesure de précaution".
EDF ajoute qu'"un contrat de veille avec la société Securewyse (...) signé en dérogation aux règles du Groupe" a été "résilié".
Ce nouvel épisode semble donner du crédit aux révélations faites mercredi par le Canard Enchaîné, qui avait évoqué un contrat passé avec Securewyse, une officine basée à Lausanne, pour surveiller une autre organisation écologiste, l'association "Sortir du nucléaire".
Depuis la révélation du volet "Greenpeace" de l'affaire, le groupe, numéro un mondial du nucléaire, s'est toujours présenté comme "une victime" des "agissements" de l'officine privée Kargus Consultant, avec laquelle il avait pourtant conclu un contrat de "veille stratégique" en 2006.
EDF reconnaît cependant réaliser "comme toutes les entreprises industrielles (... ?) une veille constante des informations susceptibles de concerner son activité", pour protéger la sécurité de ses sites, en assurant que tout se déroule "dans le strict respect des dispositions légales".
EDF reconnaît cependant réaliser "comme toutes les entreprises industrielles (...) une veille constante des informations susceptibles de concerner son activité", pour protéger la sécurité de ses sites, en assurant que tout se déroule "dans le strict respect des dispositions légales".
Selon l'ex-directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot, "on se retrouve" au contraire dans un dossier d'espionnage "qui très clairement implique, à ce moment de l'instruction, une forte responsabilité d'EDF au plus haut niveau."
L'informaticien Alain Quiros et le patron de Kargus Consultant, Thierry Lorho, tous deux mis en examen dans le dossier, ont confirmé au juge "avoir mené ce travail à la demande d'EDF et à la demande de" Pierre François, a ajouté M. Jadot vendredi, après avoir eu pour la première fois accès au dossier en tant que partie civile.
Aujourd'hui tête de liste "Europe Ecologie" pour les élections européennes dans l'Ouest, M. Jadot a aussi confirmé les récentes révélations du Canard Enchaîné sur la saisie par les enquêteurs, dans le bureau de Pierre François, d'un CD-ROM contenant des fichiers prélevés dans le système informatique de Greenpeace.
Dans une déclaration à l'AFP, l'avocat de Pierre François, Me Jean-Marc Fedida, a dénoncé "une exploitation militante de déclarations qui sont faites dans un dossier pénal et qui n'engagent que leurs auteurs", Alain Quiros et Thierry Lorho.
Il a rappelé que son client "conteste formellement" les faits.
L'avocat de Yannick Jadot, Me Pascal Durand, a affirmé de son côté que la demande de constitution de partie civile, c'est-à-dire la reconnaissance du statut de victime formulée par EDF, avait été jugée "irrecevable" par le juge Cassuto.
L'enquête, menée par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC), avait démarré en 2006 après le piratage des systèmes informatiques du Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD), situé à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
dimanche 29 mars 2009
Sarkozy, commis voyageur du nucléaire français en Afrique
La Tribune de Genève - | 28.03.2009 | Jean-François Verdonnet
Nicolas Sarkozy a achevé hier à Niamey son quatrième voyage en Afrique depuis son élection. Visite éclair dominée par un souci qui aura aussi prévalu lors des deux précédentes étapes, à Kinshasa et à Brazzaville: préserver l’influence politique et les intérêts économiques de la France dans la région.
La République démocratique du Congo (RDC), le Congo-Brazzaville et le Niger ont en commun de recéler d’indispensables ressources minières et de constituer des terres d’élection pour quelques grandes sociétés industrielles françaises.
Investissements lourds
Au Congo-Brazzaville, Total demeure un interlocuteur des plus familiers du président Denis Sassou-Nguesso. Bolloré – un groupe dirigé par un proche du président Sarkozy – est également très présent: il réalise des investissements lourds à Pointe-Noire, le port en eau profonde le plus dynamique du golfe de Guinée.
En RDC, la visite du président français a coïncidé avec la signature d’un accord entre Areva, le numéro un mondial du nucléaire, et le gouvernement du président Joseph Kabila. Le groupe détient dorénavant le droit d’explorer et d’exploiter tous les gisements d’uranium qu’il découvrira.
L’uranium explique aussi l’étape nigérienne de Sarkozy: en janvier, Areva a arraché à la concurrence de la Chine et du Canada le droit d’exploiter la mine d’Imouraren, la deuxième du monde d’ici à 2012. Convention âprement discutée par le gouvernement de Niamey, qui a exigé une hausse de 50% du prix d’achat du minerai.
Vive protestations des anti-Nucléaires (Nouvel obs)
Nicolas Sarkozy, qui a décidé récemment de doter la France d'une deuxième centrale nucléaire de nouvelle génération (EPR) après celle en cours de construction à Flamanville, dans la Manche, a déclaré à la presse nigérienne que l'accord sur Imouraren marquait "une nouvelle étape" dans les relations entre Paris et Niamey.
La visite du chef de l'Etat a été condamnée par les anti-nucléaires français, qui ont accusé cette semaine Areva, qui exploite des gisements depuis un demi-siècle dans le nord du Niger, de contaminer les villages touaregs et les réserves d'eau de la région.