Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mercredi 26 mars 2008

À l'Institut universitaire de formation des maîtres de Nantes, des « cours » pour apprendre à gérer les conflits

Ouest-France 26/03/08 - Yasmine TIGOÉ.

Séance de travail à l'Institut universitaire de formation des maîtres, à Nantes. Seize futurs professeurs planchent sur des cas de sanctions. Mais ces cours ne sont pas toujours suffisants : seulement douze journées sont consacrées à la gestion de groupe et à la discipline,

NANTES. - La discussion est animée, à l'IUFM. Par groupes, seize élèves de 23-24 ans, professeurs stagiaires 2e année, planchent sur un article de journal. Un jugement de tribunal administratif qui relate l'affaire d'un élève sanctionné par son proviseur après un salut nazi. Les parents avaient contesté la punition : quatre heures de colle, un mercredi matin, mises à profit pour sensibiliser l'élève à la Shoah. L'élève n'étant pas venu à sa punition, la colle s'est transformée en une journée d'exclusion des cours.

« Quel âge a l'élève ? Dans quel contexte a-t-il fait ce salut ? », interroge Toufik, l'un des professeurs stagiaires. L'article ne le dit pas. Mais c'est l'occasion d'installer le débat. « Exclure un élève tout une journée en le gardant dans l'établissement, ça n'a pas de sens », dit l'un. « Ça dépend de ce qu'on lui fait faire, rétorque une autre. Si on le renvoie chez lui, il va faire la grasse mat'. »

« Ne pas s'emporter »
Mais tous sont d'accord : il faut lui expliquer pourquoi ses propos sont inadmissibles. Que la sanction ait un sens. Marie-France Le Marec, formatrice, en profite pour rappeler quelques règles : pas de décision à chaud, dialogue avec l'élève, concertation avec l'équipe pédagogique.

Cette séance de travail fait partie d'un module « formation professionnelle générale », en 2
e année. Il concerne tout ce qui touche à la gestion des groupes et des conflits, la prise en compte de la diversité des élèves, les relations avec les familles... Douze journées y sont consacrées.

« Le métier est de plus en plus complexe et difficile, précise la formatrice. Il faut outiller les enseignants pour leur permettre d'apaiser des situations parfois difficiles. » Pas de recette toute faite. Mais quelques repères juridiques (droits et devoirs des enseignants, ainsi que des élèves). Et des règles de base. « Ne pas s'emporter face à un élève qui refuse de s'excuser ou de s'asseoir. Prendre le temps de la réflexion avant de punir. Face à un problème, les premières questions de l'enseignant doivent être : que dit le droit par rapport à ça ? Au nom de quelle valeur je vais prendre une décision ? Quelle réponse pédagogique apporter dans l'intérêt de l'élève ? »

Au feeling
A l'étude de cas, s'ajoutent des rencontres avec des professionnels et une liste d'ouvrages à lire. Pas suffisant, estiment ces profs stagiaires. En 2
e année, tous passent huit heures par semaine dans une classe. Laëtitia est dans une Segpa (Section d'enseignement général et professionnel adapté), en Zep, à Laval. « Il y a des moments difficiles, surtout quand on commence dans le métier, dit-elle. Dans ma classe, j'ai un élève en refus total de socialisation, de travail, de respect des règles. Je n'étais pas préparée à cela. Je m'adresse à lui différemment, j'essaie de l'apaiser. Mais je fais ça au feeling, sans être toujours certaine que je fais bien. J'aimerais recevoir des conseils en communication et en relationnel avec certains profils d'élèves. »
Adeline fait ses huit heures à La Roche-sur-Yon, dans un lycée d'enseignement général sans problème. « Quand je demande à un élève d'enlever sa casquette, il le fait sans rechigner. Mais j'envie presque Laëtitia. Car, si je tombe l'an prochain dans un établissement difficile, je ne sais franchement pas comment je ferai. » « On compose avec son tempérament, ajoute Khadija, en lycée professionnel à Challans. Et on apprend sur le tas. »

« En fait, deux ans de formation, c'est trop court, souligne Marie-France Le Marec. C'est dur, ce qu'on leur fait vivre en six mois : la pression de la formation, faire face à une classe. On leur demande trop de choses en trop peu de temps. On ne peut pas en rajouter. »

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR 20.000 étudiants verraient leur bourse baisser

NOUVELOBS. | 25.03.2008 | 14:43

Selon le syndicat Unef, la restriction des critères d'attribution va réduire certaines bourses, qui perdraient 450 à 2.000 euros par an à compter de la rentrée 2008.

L'Unef affirme mardi 25 mars que 20.000 étudiants vont voir le montant de leur bourse baisser à la prochaine rentrée universitaire - de 450 à 2.000 euros par an selon les cas - en raison d'une restriction des critères d'attribution décidée par le gouvernement. Selon le syndicat, cette baisse entraînera la perte pure et simple d'une bourse pour 2.000 d'entre eux.
Les étudiants remplissent actuellement leur dossier de demande de bourse 2008-2009 et ont jusqu'au 30 avril pour le faire, rappelle l'Union nationale des étudiants de France (Unef) dans un communiqué diffusé mardi.

Elections au Crous –
"On est en train de regarder la mise en oeuvre de la réforme et on sera vigilant sur ses effets", a-t-on assuré au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Le ministère rappelle par ailleurs que les élections des représentants étudiants des Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) ont lieu à partir de ce mardi et jusqu'au 4 avril prochain.
De son côté, le président de l'Unef Jean-Baptiste Prévost "exige des réponses" de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, et interpelle les députés sur cette réforme des bourses universitaires qui avait été décidée en septembre 2007.

"Sous couvert de 'simplification' du système (...), 20.000 étudiants 'recalculés' vont voir leur bourse baisser", dénonce L'Unef dans son communiqué. Le premier syndicat étudiant de France affirme qu'à "la rentrée prochaine, certains critères concernant la situation personnelle des étudiants (...) seront baissés ou supprimés pour l'attribution des bourses".

Critères -
Ainsi selon l'Unef, "le critère d'éloignement du domicile -qui concerne plus de deux tiers des étudiants- sera moins pris en compte. Le critère 'parent isolé' qui concerne les 17% d'étudiants à la charge d'un foyer monoparental est tout simplement supprimé". "La prise en compte du handicap (environ 12.000 étudiants dont 2.000 sont boursiers) est également supprimée", ajoute encore l'Unef.

L'Unef estime que "même en intégrant la meilleure prise en compte du nombre de frères et soeurs de l'étudiant et les revalorisations prévues (...), 20.000 étudiants verront leur bourse recalculée à la baisse à la rentrée prochaine".
Selon les calculs du syndicat, "16.000 étudiants vont perdre un échelon de bourse, soit de 450 à 1.389 euros par an", et 4.000 autres "vont perdre deux échelons de bourse, soit de 900 à 2.000 euros par an". "Pour près de 2.000 de ces étudiants, ces diminutions vont entraîner la suppression de la bourse à la rentrée prochaine", assure le syndicat.

"Cas par cas" -
Selon l'organisation syndicale, la "ministre des Etudiants ne semble pas prendre la mesure du problème". L'Unef rappelle qu'elle avait écrit à Valérie Pécresse pour l'interpeller le 19 janvier dernier, mais que la ministre n'a "répondu ni sur le nombre d'étudiants concernés, ni sur la manière de rétablir les étudiants dans leurs droits".
Selon l'Unef, elle a laissé la porte ouverte à un possible réexamen des dossiers "au cas par cas", une réponse "irréaliste au vu du nombre d'étudiants concernés et inacceptable au regard des conséquences sociales pour ces étudiants", selon l'organisation. (avec AP)

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mardi 25 mars 2008

Tension aux portes des lycées de Seine-Saint-Denis

VÉRONIQUE SOULÉ - Libération ars 2008

La suppression de nombreux postes d’enseignants à la rentrée et la réforme très contestée du bac pro suscitent de sérieux remous en Seine-Saint-Denis. Dans un communiqué, des enseignants des cinq lycées expérimentaux du «93», dont le ministre de l’Education est pourtant si fier, dénoncent «la politique suicidaire» du gouvernement. En fin de semaine, deux de ces établissements ont été le théâtre de descentes violentes de jeunes encapuchonnés, souvent venus de lycées pros en grève.

Toute cette semaine, une voiture de police stationnera en outre dans la rue du lycée. La concordance des deux mouvements - contre les suppressions de postes et contre la généralisation du bac pro en trois ans (contre quatre aujourd’hui) - rend la situation encore plus explosive dans le «93» qui compte un grand nombre d’établissements sensibles. Parmi les jeunes encapuchonnés, plusieurs avaient sur eux leur carnet de correspondance du lycée pro de Bobigny, fermé en raison de la mobilisation. Des jeunes désœuvrés des cités les auraient aussi rejoints. Dans les lycées pros, enseignants et élèves protestent contre la suppression de BEP du fait de la réforme : les BEP, qui se préparent en deux ans, permettaient à des élèves très faibles de décrocher un diplôme et de reprendre confiance, avant éventuellement de tenter le bac sur deux ans aussi.

Alors que de nombreux collèges et lycées de Seine-Saint-Denis sont bloqués ou touchés par des grèves, les cinq établissements «expérimentaux» auraient pu être épargnés. Les classes qui ont été mises en place avec des pédagogies innovantes - cours transversaux, conférences, etc. - en collaboration avec Sciences Po, étaient une réponse aux événements de 2005. Aujourd’hui, les enseignants ne veulent plus servir de «vitrine» au ministre. D’après eux, la «vision tristement comptable» du gouvernement risque de réduire ces efforts à néant. «En sciences économiques et sociales, en raison des suppressions de postes, nous aurons neuf heures supplémentaires à nous répartir à trois, or un enseignant ne veut en faire aucune et nous en faisons déjà beaucoup non payées, s’inquiète Philippe Destelle, ça rend l’expérimentation un peu amère.»

La scène qui s’est déroulée vendredi matin au lycée Jean-Renoir de Bondy s’était déjà produite la veille au lycée Louise-Michel de Bobigny. «Nous étions en assemblée générale durant la récréation pour discuter des cinq à six suppressions de postes annoncées, raconte Philippe Destelle, professeur de sciences économiques et sociales, lorsqu’environ 200 jeunes ont voulu pénétrer dans le lycée soi-disant pour rallier nos élèves à la grève. Une cinquantaine ont réussi à entrer avant qu’on ferme les portes. Armés de tournevis et de marteaux, ils ont attaqué les élèves, pris des i-Pods et des portables. Le tout n’a pas duré dix minutes.» En s’interposant, l’enseignant a été touché par une grenade lacrymogène près de l’œil. Il a dû être brièvement hospitalisé avec quatre lycéens, dont une jeune fille qui avait reçu des coups de marteau dans les côtes. L’après-midi, le recteur de Créteil s’est rendu sur place et a promis davantage de surveillants.

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vendredi 21 mars 2008

Etudier moins pour gagner plus :Pour boucler leur budget, beaucoup d’étudiants sont obligés de travailler.

Libération vendredi 21 mars 2008 - ANISSA BENTAOUNE étudiante en droit 

Les étudiants ne font pas exception : pour eux aussi, difficile de boucler les fins de mois. «C’est plus possible de trouver un kilo de pâtes en dessous de 1 euro et, franchement, c’est dur de pouvoir acheter ce qu’il faut pour faire des repas équilibrés», remarque Benoît, 22 ans, en mastère 1 d’histoire à Paris-I. Des organisations de jeunesse ont déjà tiré le signal d’alarme. La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), dans une enquête sur le budget des 18-30 ans, note que «la moitié des jeunes étudiants ayant répondu à l’enquête ont des budgets négatifs». «Quand on veut être autonome, on est presque toujours obligé de se salarier.

C’est le cas d’un étudiant sur deux», explique Michaël Zemmour, responsable des questions sociales à l’Unef, le principal syndicat étudiant.

Part importante du budget étudiant, le loyer représente jusqu’à 50 % de leurs dépenses. Les étudiants sont donc contraints de recourir aux logements privés et subissent les loyers très élevés. Pour l’Unef, qui a publié à la rentrée 2007 son enquête sur le «panier étudiant», cette année encore leur pouvoir d’achat est plus faible que l’année précédente, et les dépenses augmentent de 3,7 %.

Les aides sociales ne suivent pas. Dans la même étude, on apprend qu’elles n’augmentent que de 2,2 % et ne comblent pas l’inflation. Marc, étudiant à Paris-VI en 1re année de maths-informatique, est boursier échelon 6 (le plus élevé), et «[ses] parents n’ont pas vraiment les moyens de [l]’aider». Par mois, il perçoit 420 euros du Crous. Son loyer, dans une des résidences étudiantes parisiennes, lui coûte 120 euros après déduction des aides au logement. Sa bourse ne lui suffit pas. Du coup, il «bosse au black dans des chantiers ou des déménagements» pour parvenir à combler ses dépenses. Les sorties, les moments de divertissement ? Il n’«y compte pas beaucoup. [Sa] première préoccupation, c’est de limiter les dépenses».

Et les études dans tout ça ? Il avoue avoir du mal à jongler avec toutes ses occupations : aller en cours ou aller bosser pour payer son loyer, le choix est vite fait. Ils sont nombreux dans son cas. Il y a 40 % d’échec en premier cycle à l’université. Et le Cerec (Centre de recherche en économie) indique que la première cause d’arrêt des études, ce sont les difficultés financières. Finalement, l’université est désormais ouverte à tous les jeunes, mais la réussite semble encore pour beaucoup inaccessible.

Benoît «n’a pas le droit aux bourses». Pour payer son loyer de 650 euros, pour l’appartement qu’il habite avec sa copine, il travaille chez Flunch, les vendredis, samedis et dimanches soir pendant six heures, quinze heures par semaine, pour 550 euros à la fin du mois. Sa copine, de son côté, enchaîne les baby-sittings non déclarés, ce qui lui rapporte, «dans les bons mois, dans les 400 euros». Quand on retire le loyer, il reste 300 euros. Du coup, «on galère quand on fait les courses, on passe notre temps à compter, et puis il y a plein de trucs pour lesquels on se prive».

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jeudi 20 mars 2008

Consolation pour Arnaud Teullé le perdant de Neuilly : Sarkozy lui offre une retraite à vie à l'Education Nationale

Le Canard Enchaîné du mercredi 19 mars 2008

En dépit du soutien de Dadu (la maman du Président), de la précédente Mme Sarkozy et donc de l'ami Hortefeux, le dissident UMP Arnaud Teullé, lâché par son parti, s'est pris une tôle face à l'ex-dissident divers droite devenu candidat officiel, Jean-Christophe Fromentin.

Dans ces conditions, Arnaud Teullé ne pouvait décemment pas conserver sa fonction élyséenne de conseiller chargé des "affaires réservées" (comprenent Neuilly et les Hauts-de-Seine). Un poste va donc être prochainement créé pour lui à l'Education Nationale : il va être nommé, au tour extérieur, inspecteur d'académie. Avec salaire à vie (5 000 euros au minimum), bureau et pas forcément grand chose à faire.

Au moment où l'on annonce des suppressions de postes d'enseignants, ça va faire jaser. Mais si c'est pour ramener la paix civile à Neuilly....ça n'a pas de prix.

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mardi 18 mars 2008

EDUCATION NATIONALE - 55% de grévistes dans l'Education selon le Snes-FSU

NOUVELOBS.| 18.03.2008 | 11:48

Les personnels de l'Education sont en grève dans les collèges et lycées pour protester contre les milliers de suppressions de postes.

Une moyenne de 55% des personnels de l'Education, essentiellement des enseignants, étaient en grève mardi 18 mars dans les collèges et lycées pour protester contre les milliers de suppressions de postes, a annoncé à l'AFP le Snes-FSU, à partir de remontées encore partielles.

Selon Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le secondaire, on a observé mardi des pointes à 80% ou 90% de grévistes dans certains établissements, notamment en région parisienne.
Dans l'académie de Créteil, "c'est la grève la plus suivie depuis le début de l'année, avec plus de 60% de grévistes et des pointes jamais vues en Seine-et-Marne", a précisé le syndicat qui appelait à cette journée de mobilisation aux côtés de la CGT, FO et Sud, des fédérations minoritaires dans l'Education.


"Déclencheur" -
Ce taux de grévistes est comparable à celui du mouvement du 24 janvier, mais "le contexte est différent", a expliqué Frédérique Rolet, car la grève n'est pas unitaire (le Sgen-CFDT, le Snalc-CSEN et l'Unsa-Education ne se sont pas joints à l'appel) et ne s'inscrit pas dans le cadre d'une journée d'action de la Fonction publique.
La mobilisation du 20 novembre, unitaire et dans le cadre d'une journée Fonction publique, avait réuni, selon le Snes-FSU, 58% de grévistes.
"Les suppressions de postes sont le déclencheur pour les enseignants, elles sont devenues très visibles, très concrètes", a estimé Frédérique Rolet.
Ce nouveau mot d'ordre intervient alors que les manifestations locales et occupations d'établissements par des enseignants et des parents d'élèves se sont multipliées ces derniers jours, selon les syndicats, contre ces suppressions de postes.
Les établissements scolaires prennent en effet connaissance actuellement de leur Dotation horaire globale (DHG), c'est-à-dire ce qui correspond à l'affectation du nombre de postes pour la rentrée prochaine.

Manifestations -
Des manifestations sont prévues dans toute la France mardi. A Paris, les enseignants de la capitale et de l'Ile-de-France défileront dans l'après-midi entre la place de la République et celle de la Bastille.

Les syndicats, parmi lesquels plusieurs organisations de la Fédération syndicale unitaire (FSU) dont le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), la CGT ou Sud-Education dénoncent des suppressions qui mettent "en péril l'organisation des enseignements, dégradant les conditions de travail des personnels et des élèves", et portent "atteinte à la qualité du service public d'enseignement".
"Ce constat s'inscrit dans un contexte très général d'attaque contre les salaires, les retraites et les statuts de tous les fonctionnaires", estiment les syndicats dans un communiqué commun.
Ils appellent aussi les enseignants à manifester "leur refus de la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans que veut imposer le ministère et qui conduirait en particulier à la disparition des sections de BEP".

"La revalorisation du métier" -
Enfin, les syndicats affirment qu'"aucune réponse n'a été apportée à leur exigence de discussions sur la revalorisation du métier enseignant" et que "le ministre de l'Education Nationale n'a pris aucune distance vis-à-vis du rapport Pochard, porteur de dangers pour les statuts et les missions des enseignants".
La commission Pochard, constituée en septembre 2007, a remis son rapport le 4 février au ministre de l'Education nationale Xavier Darcos. Elle évoque diverses pistes et solutions pour "repenser" le métier d'enseignant, "améliorer" leur situation "matérielle et la carrière".

Sans évoquer directement la rémunération au mérite, le rapport aborde le "thème de la rémunération à la performance", un "sujet quasi tabou" que la commission "n'a pas voulu esquiver", tout en se montrant très prudente.

Le rapport Pochard se place "d'emblée dans le cadre d'une logique budgétaire contrainte, d'une aggravation des conditions de travail (...) d'une individualisation des rémunérations et carrières, d'une mise en concurrence des personnels et des établissements", et "d'une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession", avaient alors réagi les syndicats dans un communiqué commun. (avec AFP, AP)

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HAUTS-DE-SEINE : Deux directeurs de la "fac Pasqua" mis à pied

NOUVELOBS.COM | 17.03.2008 |

Les deux directeurs sont "convoqués bientôt pour un entretien préalable à licenciement". Ils sont accusés d'avoir fait part de leurs critiques sur le fonctionnement de l'université privée Léonard-de-Vinci au président du conseil général Patrick Devedjian.

Deux directeurs de l'université privée Léonard-de-Vinci, présidée par Charles Pasqua dans les Hauts-de-Seine, ont été mis à pied après avoir fait part de leurs critiques sur son fonctionnement au président du conseil général Patrick Devedjian, a annoncé l'université lundi 17 mars.
Ces mises à pied interviennent alors que Patrick Devedjian n'a jamais caché son intention de réfléchir à une "meilleure gestion" de la "fac Pasqua" et à une subvention plus maigre du conseil général des Hauts-de-Seine, qu'il préside depuis juin 2007.
Le directeur général du pôle universitaire Léonard-de-Vinci, Michel Bera, a indiqué à l'AFP que Frédéric Teulon, directeur du département économie et mathématiques, et Guillaume Bigot, directeur de l'Ecole de management, étaient "convoqués bientôt pour un entretien préalable à licenciement", confirmant des informations révélées par le site internet de Marianne et l'AEF, agence spécialisée dans l'éducation et la formation.
Selon l'AEF, les deux responsables ont fait part de nombreuses critiques à M. Devedjian, évoquant notamment une "politique salariale aberrante" et la "promotion systématique dont profitent une vingtaine de personnes particulièrement improductives".

"Des courriers tombés dans de mauvaises mains"
"Il n'est pas possible de garder dans l'équipe des gens qui disent du mal et des choses fausses" sur l'établissement, a expliqué Michel Bera, tout en estimant que les deux responsables avaient "peut-être été instrumentalisés".
"Tout semble indiquer que c'est M. Devedjian qui les a sollicités", a-t-il ajouté, version réfutée par l'entourage du président du conseil général.
"Les deux directeurs l'ont rencontré à leur demande, pour lui faire part de dysfonctionnements (...) Malheureusement, des courriers tombés dans de mauvaises mains ont été envoyés à Charles Pasqua", a expliqué à l'AFP une source proche de Patrick Devedjian.
L'université privée, située à La Défense, a été créée par le conseil général quand Charles Pasqua en était président (1988-2004). La gauche du département a toujours critiqué cette "fac privée fonctionnant sur des fonds publics".

Tensions parmi les élus
En 2007, la subvention du conseil général s'est élevée à 17,22 millions d'euros, un chiffre "qui ne devrait pas être le même en 2008", assure-t-on au conseil général.
Depuis qu'il a pris la tête du département, Patrick Devedjian affirme qu'il veut rendre le département moins dépensier, une rupture profonde à l'égard des années Pasqua (1988-2004) et qui suscite des tensions parmi certains élus.
Son poste de président est soumis à un nouveau vote jeudi, après le renouvellement de 23 des 45 conseillers généraux.

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vendredi 14 mars 2008

PÉRIGUEUX. -- le collège Anne-Frank sensibilise ses élèves aux dérives possibles de l'usage d'Internet

SUD-OUEST - 12/03/08

Tout ce qu'il faut éviter sur le Net 

Hier, toute la journée, six classes de 4e et de 3e du collège Anne-Frank de Périgueux ont suivi une séance de sensibilisation aux bonnes et mauvaises pratiques de l'utilisation d'Internet. L'intervenant, de la société Calysto, agréée par le ministère de l'Éducation nationale, leur parle un langage clair et direct. Il évoque le cas de ces trois collégiens de Rennes interpellés pour avoir téléchargé illégalement des films et de la musique : « Même si ce n'est pas le même geste que de voler dans un rayon, ça reste du vol, et c'est sanctionné ».


Les explications sont détaillées. Comment les enquêteurs remontent-ils la piste ?
« Certains fichiers sont piégés. C'est très facile de remonter jusqu'à un ordinateur si le logiciel que vous utilisez est surveillé. Ils repèrent le numéro de série, le lieu où il a été acheté, puis le nom et l'adresse de l'acheteur… Ensuite, il ne reste plus qu'à venir vous trouver. Et là, une fois chez vous, tous les supports informatiques sont saisis, même les consoles et les portables. » Les élèves en frémissent...

Des alternatives légales. La séance, d'une durée de deux heures, n'est évidemment pas destinée qu'à faire peur. L'intervenant rappelle aussi pourquoi c'est important d'acheter la musique : « Un artiste fait vivre une centaine de personnes ». Et souligne tous les moyens existants pour écouter gratuitement et légalement de la musique via Internet, à commencer par les sites où sont diffusées des chansons d'artistes encore inconnus. «Vous pouvez aussi écouter gratuitement les chansons que vous aimez sur certains portails sans les télécharger, en créant une liste illimitée pour avoir votre propre programmation.»


Enfin, les élèves sont invités à investir quelques euros dans l'achat de leurs musiques préférées : « Une chanson, c'est 99 centimes, vous le savez. Pas la peine d'acheter tout l'album, et vous avez une qualité identique à celle d'un CD. Par comparaison, une sonnerie de téléphone c'est 3 euros et ça dure quinze secondes ! Si vous investissez ne serait-ce que deux euros par mois, vous avez plus de vingt chansons en un an ! Alors évidemment, le dernier I-Pod va pousser à la consommation parce qu'il peut contenir 25 000 titres, mais franchement, qui peut écouter autant de musiques ? À quoi ça sert ? »

Insultes et menaces. La question et l'ensemble des propos captent le jeune auditoire qui réagit, chuchote, s'intéresse, pose des questions. En deux heures, ils ont aussi parlé des dérives de certains sites à connotation raciste ou encore qui prônent l'anorexie, mais aussi des contraintes légales auxquelles sont soumis les blogs : ni insultes, ni menaces, ni propos diffamatoires.


Cette journée d'informations et de sensibilisation n'a pas été organisée par hasard dans ce collège de Périgueux. L'an dernier, la principale, Nicole Leloup, a mis au jour un certain nombre de comportements inquiétants chez certains de ses élèves mais aussi chez des élèves d'autres établissements. « Nous avons constaté qu'ils s'échangeaient insultes et menaces graves en se servant de leurs blogs ».

La journée de sensibilisation s'est terminée par une rencontre avec les parents, informés à leur tour des risques d'un usage illégal d'Internet. Si l'expérience est jugée concluante, elle pourrait être élargie à d'autres collèges du département, tant ce phénomène est aujourd'hui répandu chez les utilisateurs d'Internet de cette tranche d'âge notamment.

P_rigueux

La principale prend l'affaire très au sérieux. « J'ai décidé de le signaler au commissariat et un grand ménage a été fait parmi les blogs qui posaient problème. J'ai également fait parvenir un courrier à faire signer par les parents et chaque élève du collège avec un rappel à la loi. Mais ça ne suffit pas, je voulais aussi proposer quelque chose de plus constructif, de plus éducatif. »

Les parents informés. En sollicitant les crédits du fonds interministériel de prévention de la délinquance, le collège a obtenu un crédit de 3 500 euros, au titre de la politique de la ville. En plus des interventions organisées hier, les crédits doivent également servir à l'aménagement du foyer, « où sera aménagé notamment un espace de jeux, pour rétablir un autre lien entre les élèves ».

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mercredi 12 mars 2008

Le bac, juste une question de hasard ?

Libération - mercredi 12 mars 2008

Ce jour-là, le correcteur 57 est peut-être fatigué, mal luné ou excédé de corriger des devoirs médiocres. Toujours est-il qu’il met un 3 à la copie du bac en sciences économiques et sociales (SES) qu’il relit, avec un commentaire sans appel : «Un propos absolument non étayé ni par les connaissances ni par l’exploitation des documents. La sensation que le candidat fait du remplissage.»

Le correcteur 61 lit la même copie et met… un 13 : «Le sujet est assez bien cerné. Des notions clés sont utilisées, les arguments sont développés.» Les SES ayant un coefficient 7 au bac, la différence de notations atteint 70 points. Avec le risque sérieux pour le candidat de rater son bac s’il tombe sur le correcteur 57.

Intitulée «La loterie des notes au bac, un réexamen de l’arbitraire de la notation des élèves», l’étude du chercheur Bruno Suchaut, diffusée par l’agence spécialisée en éducation AEF (1), va donner du grain à moudre aux partisans, de plus en plus nombreux, de la suppression du bac.

Le chercheur lui-même conclut que «deux cents ans après sa création, la question se pose». Au-delà des injustices criantes de la notation, écrit-il, «il est évident qu’au fil des décennies, le bac a perdu de son intérêt en terme de sélectivité» et «sa dévalorisation est évidente». C’est l’un des arguments clés des adversaires du bac : avec 83,3 % de réussite en juin dernier, il serait devenu un examen largement symbolique et vide de sens.

Bruno Suchaut, chercheur à l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu), a mené une expérience édifiante. Il a soumis trois copies de candidats au bac à une trentaine de professeurs de SES. Pour un même devoir, l’écart peut atteindre onze points. L’enseignant lui-même note avec plus ou moins de sévérité. Le correcteur 15 a ainsi attribué un 9 - l’une des notes plus faibles - à la copie numéro 3 alors qu’il a mis un 14 à la copie numéro 2 - cette fois l’une des plus élevées. Pour expliquer cette irrégularité, Suchaut reprend des études déjà menées sur la notation, montrant qu’elle peut varier avec la fatigue ou la distraction, avec l’ordre des copies, avec le contexte de correction en général…

Il est pratiquement impossible d’arriver à une notation juste. Il faudrait pour cela multiplier les correcteurs, une solution bien trop coûteuse pour l’Education nationale qui trouve déjà très chère l’organisation du bac. Ou alors il faudrait établir des grilles de correction avec un barème extrêmement précis, y compris pour les sous-questions. Mais il resterait encore des aléas. L’idéal serait de proposer des questionnaires à choix multiples où les marges d’interprétation sont nulles. Mais cela ne marcherait pas pour les matières littéraires.

Elitistes. Bruno Suchaut ne propose pas d’alternative au bac. «Le contrôle continu n’est pas la panacée», avertit-il, car il dépend beaucoup du niveau des établissements, les plus élitistes notant sec, les plus défavorisés plus large.

En réalité, son étude vise surtout la notation, que certains pays ont supprimée tout en maintenant de bons niveaux scolaires mais qui reste un tabou en France. Le rapport du groupe du travail du Sénat, qui planche sur le thème «A quoi sert le bac ?», sera en tout cas très attendu.

(1) L’étude est disponible sur : http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/les_collections_de_l_iredu/dt/dt_iredu_2008_3.pdf

Injustices.

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lundi 10 mars 2008

Supprimer l'échec scolaire pour lutter contre le chômage

La Tribune - 07/03/08 - la chronique de michel godet

Michel Godet est membre du Conseil d'analyse économique, co-auteur par ailleurs de "La Famille, une affaire privée et publique". Selon lui, la clef du chômage des jeunes passe certainement par des systèmes d'alternance école-entreprise, le plus tôt possible pour ceux qui, de toute façon, quitteront le système scolaire traditionnel sans rien.

Rien n'est plus choquant et révoltant que d'avoir entre 20 % et 25 % des jeunes au chômage dans une société vieillissante et paradoxalement inquiète du manque de bras et de cerveaux. Dans le même temps, les entreprises de l'artisanat, des BTP et de l'hôtellerie se déclarent prêtes à embaucher et à former des dizaines de milliers de jeunes qu'elles désespèrent de trouver. Avant de chercher à comprendre ce qui se cache derrière le chômage des jeunes, il faut relativiser sa signification.

Un bref calcul montre que, pour les jeunes en âge de travailler dans la tranche des 16-25 ans, seuls 37 % sont actifs, dont moins du quart au chômage: les autres étudient. Autrement dit, sur 100 jeunes de 16 à 25 ans dans la rue, moins de 9 d'entre eux sont effectivement au chômage. Ce chiffre paraît comparable à celui de l'Allemagne, où 7 jeunes sur 100 sont à la recherche d'un emploi. Mais cette similitude ne doit pas faire oublier la profonde différence entre les deux pays: le taux d'activité des jeunes Allemands est de près de 50 % et le taux de chômage parmi eux de seulement 14 %, et donc bien plus faible que le nôtre.

Bref, le taux de chômage des jeunes doit toujours être rapproché de leur taux d'activité. Ce dernier remonte en France, depuis bientôt une dizaine d'années, alors qu'il avait chuté de moitié entre 1975 et 1995, revenant de 50 % à 25 %. On relèvera sans malice aucune qu'il y a aussi presque cinq fois plus d'apprentis en Allemagne qu'en France. De là à penser qu'il faudrait renforcer plus encore les filières d'alternance chez nous!

Par ailleurs, le taux de chômage diminue avec le niveau de formation, de l'ordre de 40 % pour les 50.000 jeunes sortis de l'école sans aucune qualification. Il est quatre fois plus faible pour les diplômés de l'enseignement supérieur, avec toutefois une rentabilité décroissante, voire négative, de certaines études supérieures au-delà de bac + 2. En effet, le taux de chômage des formations universitaires (trop) longues est devenu, ces dernières années, supérieur à celui des formations supérieures plus courtes.

Le chômage des jeunes concerne d'abord les deux extrêmes de l'échiquier scolaire: les jeunes en échec, sortis de l'école sans parchemin, difficilement employables en l'état; et, de plus en plus, les détenteurs d'assignats universitaires. Les employeurs sont réticents à embaucher des surdiplômés car, pour devenir un bon professionnel, il faut être bien dans sa peau et dans sa tête. Les rapports officiels du Haut Comité de l'éducation montrent que, en plus des 50.000 jeunes sortis de l'école en échec avant la fin de la scolarité obligatoire, il y a aussi 100.000 jeunes qui n'obtiennent pas de diplôme de second cycle: CAP, BEP ou baccalauréat.

Au total, c'est 20 % d'une génération qui sort de l'école sans diplôme, et qui se trouve marquée par la brisure de l'échec scolaire. Ce dernier est en grande partie responsable de la violence exprimée par certains jeunes à l'école et dans la rue. Ils ne font que projeter à l'extérieur ce qu'ils subissent dans leur for intérieur. Comment ne pas se sentir exclu quand, entrant au collège, on ne comprend quasiment rien de ce qui se dit dans une langue et des références étrangères. À quoi bon les maintenir dans l'échec jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire? Ne faudrait-il pas imaginer des parcours adaptés, comme l'étaient les classes de transition?

La clef du chômage des jeunes passe certainement par des systèmes d'alternance école-entreprise, le plus tôt possible pour ceux qui, de toute façon ,quitteront le système scolaire traditionnel sans rien. Le taux de chômage de ces jeunes restera de l'ordre de 40 %, car nombre d'entre eux ne sont pas employables faute d'un minimum de savoir-être. C'est dire aussi que, parmi ceux qui ont échoué à l'école faute de maîtriser les savoirs de base, une bonne moitié a le minimum de savoir-être pour trouver un emploi.

L'apartheid urbain se renforce dans nos cités et la carte scolaire ne contribue pas à la mixité et à l'intégration. Comment intégrer dans des écoles où 50 % à 100 % des enfants ne sont pas de langue maternelle française? Sujet d'autant plus tabou que l'on refuse de voir que 40 % des naissances en Île-de-France sont d'origine immigrée. Comment traiter un problème que l'on s'interdit de mesurer?

La lutte contre le chômage des jeunes devrait commencer par tarir sa source: l'échec scolaire et l'incapacité de notre société (parents, enseignants, éducateurs sociaux) à transmettre les savoirs, les valeurs et les comportements élémentaires indispensables pour l'autonomie, l'épanouissement mais aussi la sociabilité et l'employabilité des individus. Il n'est de richesses que d'hommes éduqués!. L'homme se comporte vite comme un animal sauvage dans une société barbare. La civilisation est fragile et ne tient qu'à ce fil de l'éducation! 

Posté par werdna à 00:03 - Education - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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