jeudi 16 octobre 2008
Les RASED - réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté - mis à mort par Darcos
12.10.2008 – Christophe Clergeau – conseiller Général des Pays de Loire
Lors de l’annonce de la mise en place du soutien scolaire dans le cadre de la réforme Darcos, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer le risque de disparition des RASED. En effet, ce sont ces équipes formées de psychologues et de maîtres spécialisés qui prenaient en charge les élèves en difficulté sur le temps scolaire. Le Ministre avait promis que les RASED ne seraient pas remis en cause, il a menti !
Le budget 2009 de l’Education nationale signe en effet la mort des RASED, qui supportent à eux seuls 3000 suppressions de postes. La moitié des postes de maîtres spécialisés disparaîtra ainsi, l’autre moitié sera également enlevée des RASED pour remettre les personnels concernés devant une classe. Les réseaux d’aides seront alors réduits aux seuls psychologues scolaires.
Le soutien scolaire est donc un leurre puisqu’il ne fera que remplacer l’ancien dispositif animé par les RASED sans apporter une réelle plus value. Le savoir-faire qui était celui des RASED dans la prise en charge des élèves va disparaître et les instituteurs se retrouveront de plus en plus seuls face aux difficultés.
Le message subliminal est donc clair : « pour les difficultés des élèves, débrouillez-vous ! ».
mardi 14 octobre 2008
Le futur enseignant devra être bon à l'oral
Ouest-France – 14/10/08 - Bernard LE SOLLEU
Nouveaux concours en 2010 : moins d'épreuves, mais deux grands oraux... L'Éducation nationalea présenté le futur mode de recrutement des enseignants.

Les annonces se succèdent chez Xavier Darcos. Désormais, de l'instituteur au professeur de lycée, tous devront avoir un niveau mastère (bac + 5). Hier, le ministre a révélé la maquette des futurs concours qui leur permettront d'enseigner. La nouvelle formule s'appliquera en 2010. Les candidats en seconde année de mastère passeront, en janvier, les épreuves d'admissibilité, puis, en juin, l'admission proprement dite. Les lauréats feront cours dans leur première classe, dès septembre.
• Quatre épreuves. Dans le système actuel de recrutement à bac + 3, l'Éducation nationale multiplie les épreuves - entre cinq et sept - pour s'assurer du niveau réel des candidats. Par exemple, le futur instituteur doit préparer six épreuves, dont la musique, les arts visuels, une langue étrangère. À l'avenir, il n'en passera plus que quatre. Le ministère est là pour recruter. Il n'est pas là pour vérifier si le futur maître sait nager, courir, parler anglais et informatique. Cela, l'université s'en porte garant.
Selon François Perret, le doyen des inspecteurs généraux, « la responsabilité des universités - l'acquis des savoirs disciplinaires - et celle du futur employeur, seront nettement séparées. » On peut donc simplifier les concours : tous les candidats (pour le primaire et le secondaire) passeront deux écrits en janvier. S'ils sont admis, ils passeront alors deux oraux en juin, qui représenteront 60 % de la note finale.
• Ce qui change : deux oraux en juin. Les candidats devront être bons parleurs, didactiques, pédagogiques et excellents connaisseurs de l'histoire du métier. Le futur enseignant du XXIe siècle, sera jugé sur sa capacité, devant jury, à tenir la leçon : trois heures de préparation du sujet et oral d'une heure. Seconde épreuve : le fonctionnement du système éducatif. Après trois heures d'étude de textes ou d'une situation, une heure d'exposé et d'entretien avec le jury.
• Le même nom. Tous les concours actuels gardent leur appellation actuelle. Qu'il s'agisse de recruter des professeurs des écoles (CPRE), du second degré (Capes), de l'enseignement technique (Capet), etc. Quant à l'agrégation, elle demeure inchangée.
• Les réactions. Le monopole de formation des actuels IUFM - les Instituts de formation des maîtres - va disparaître. Ils seront en concurrence avec toutes les universités qui mettront en place des mastères professionnels. La FSU y voit un désengagement de l'État, avec la disparition de l'année de stage. Le syndicat des enseignants SE- UNSA craint que les futurs enseignants ne découvrent la réalité d'une salle de classe qu'une fois le concours obtenu. Le SGEN-CFDT se félicite, au contraire, du poids accordé à la pédagogie et à la connaissance du système éducatif. Le débat continue : il reste à définir précisément le contenu des épreuves.
• Des chiffres. L'an dernier, 8 600 postes ont été ouverts aux concours de recrutement externes des enseignants du second degré et 9 880 postes pour devenir professeurs des écoles.
La com' primée ?
samedi 4 octobre 2008
Tous les collèges de Haut-de-Seine auront désormais leur policier référent
Christine Henry | 02.10.2008 – Le Parisien
Lundi, le dispositif du policier référent sera généralisé à l’ensemble des 101 collèges publics du département des Hauts-de-Seine.
HIER, LE PREFET des Hauts-de-Seine, l’inspecteur d’académie et le directeur départemental de la sécurité publique se sont rendus au collège de la République, à Nanterre, où sont formés 18 nouveaux policiers référents durant cette semaine. Jeunes gardiens de la paix ou gradés proches de la retraite, ces nouvelles recrues prendront leurs fonctions à partir du 6 octobre, dans les établissements où ils ont été affectés.
Un dispositif unique en France
Expérimentée dès mars 2006 dans trois villes du département (Antony, Clichy-la-Garenne et Courbevoie), cette mesure avait suscité de vives réactions chez les élus de gauche qui réclamaient plus de moyens pour la prévention par l’éducation. La formule a été assouplie avant d’être étendue, début 2008, à trente-deux établissements des Hauts-de-Seine. Aujourd’hui, le dispositif est élargi à l’ensemble des Hauts-de-Seine, « qui reste le seul département en France à être doté de policiers référents », a rappelé le préfet, Pierre de Bousquet.
LES POLICIERS RÉFÉRENTS
Ce qui était prévu. Si le collège ne va pas au commissariat, le commissariat ira à lui. Afin d’améliorer la sécurité, il s’agissait de nommer pour chaque collège un policier référent dans le commissariat le plus proche, en mettant à sa disposition un local dans l’établissement pour prendre directement les plaintes.
Ce qui a été fait. Prévue pour être expérimentée dès mars 2006 dans certains collèges de trois villes du département (Antony, Clichy et Courbevoie), cette mesure a suscité de vives réactions parmi les parents d’élèves, une partie des enseignants et les élus de gauche qui réclamaient plus de moyens pour la prévention par l’éducation.
Les collèges de Clichy ont refusé. L’expérience n’a été testée qu’à Antony et à Courbevoie. Finalement, la formule a été assouplie avant d’être étendue début 2008 à trente-deux établissements des Hauts-de-Seine.
Où en est-on ? Le dispositif a été adapté aux demandes des chefs d’établissement.
Pas de policier de permanence dans les collèges, ils reçoivent généralement les élèves dans le commissariat. Leur rôle ressemble beaucoup à celui de leurs prédécesseurs, les « officiers de prévention », mais ils peuvent se déplacer dans les collèges pour prendre les plaintes du personnel éducatif en cas d’agression ou de détérioration de matériel. Cette année, le dispositif doit être généralisé dans le département : tous les collèges doivent donc, théoriquement, disposer d’un référent au commissariat.
Info du mardi 28 février 2006 - Les verts de Sèvre
Le policier référent de SARKOZY est contesté : Trois collèges des Hauts-de-Seine votent contre
Les 2 collèges de Clichy et un collège d’Antony refusent l’expérience Sarkozy.

A quand le policier référent d'entreprise, puis d'immeuble et enfin familial..?
mercredi 1 octobre 2008
« Qui veut garder les écoliers en cas de grève ? »
Ouest-France – 01/10/08 - Recueilli par Yasmine TIGOÉ.
C'est l'offre d'emploi inédite lancée par un maire socialiste. Une façon de protester contre le service minimum imposé par le gouvernement.
Interview : Gilles Retière. Maire socialiste de Rezé, commune de 37 000 habitants au sud de Nantes
De nombreux maires estiment que le service minimum est inapplicable. Vous, vous choisissez de faire appel à la population...
La loi a été votée (le 20 août), donc je l'applique, même si je la trouve absurde. Mais il n'est pas question que je ferme des services de la mairie pour assurer l'accueil des enfants. Donc, je fais appel aux Atsem, les agents municipaux qui travaillent déjà dans les écoles avec les enseignants. Mais, si 75 % des enseignants sont en grève, il y a 32 remplaçants à trouver. Je fais aussi appel aux agents qui assurent l'accueil périscolaire. Et si cela ne suffit pas, je fais ce que dit la loi : appel aux volontaires dans la population.
Sur quels critères recruter ces personnes ?
Le texte du ministre ne demande pas de compétence particulière. Il faut juste que ces volontaires n'aient pas été condamnés. Donc, toute personne qui se présente, je prends, sauf si elle est trop jeune ou pas en état physique de s'occuper d'enfants. Mes services vont recevoir les candidats qui devront fournir un CV. Ils s'engageront à se rendre disponibles sous 24 heures et seront payés au Smic horaire brut. Moi, je jetterai un coup d'oeil pour voir s'il n'y a pas incompatibilité avec l'encadrement d'enfants. Et je fournirai la liste, comme c'est demandé, à l'Inspection académique.
S'occuper d'enfants ne s'improvise pas. Vous ne craignez pas les incidents ?
L'État dit qu'il prend en charge la protection juridique du maire. De toute façon, comment voulez-vous que je fasse ? J'ai obligation de fournir une liste, j'applique bêtement. La loi aurait pu, au moins, exiger un brevet d'animation, une expérience auprès des enfants. Mais là, rien de rien ! Je ne suis pas sûr que les parents soient ravis car, cet accueil, c'est de la surveillance, pas de l'animation... Ce n'est pas aux maires de faire le travail de l'Éducation nationale. Je ne suis pas d'accord avec cette loi. Alors je l'applique jusqu'au bout, jusqu'à l'absurdité.
mardi 30 septembre 2008
Formation des enseignants : le remue-méninges
Formation des enseignants : le remue-méninges
Ouest-France – 30/09/08 - Bernard LE SOLLEU
Nouveaux concours de recrutement, nouveau mode de formation dès 2010. L'apprentissage du métier passera par le compagnonnage.
• Un prof chevronné pour tuteur. En juin, sans crier gare, le président Nicolas Sarkozy annonçait le futur recrutement des enseignants à bac + 5 (le master). Quant à leur formation, elle se ferait face aux élèves, avec un prof chevronné pour tuteur. Depuis, ce « compagnonnage » provoque un remue-méninges dans les ministères, les universités, les syndicats. Des négociations sont engagées.
• Ce qui plaît. Élever le niveau de recrutement des jeunes enseignants, et leur salaire, est largement approuvé. Cette décision n'est pas propre à la France. La « masterisation » s'impose petit à petit à toute l'Europe. « C'est une bonne idée, constate Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT. À condition que le profil sociologique des futurs professeurs ne s'éloigne pas encore de celui des élèves. » Les étudiants aux origines modestes pourront-ils s'offrir cinq ans d'études ? Le gouvernement promet des bourses au mérite. « C'est insuffisant », répond Cadart.
• Ce qui inquiète. C'est le « compagnonnage ». Le ministère veut croire aux vertus magiques du « terrain », de l'apprentissage sur le tas, au côté d'un enseignant expérimenté. Richard Étienne, professeur en sciences de l'Éducation, y voit au contraire « un retour au Moyen-Age ». Enseigner s'apprend, dit-il, en alternant stages, réflexion et formation théorique. Le « tutorat », il n'y croit pas : « Un bon professeur peut être un piètre formateur. »
« C'est une énorme escroquerie, gronde Jacques Fabri, le secrétaire général du Snesup, vif opposant à la réforme des universités. Le gouvernement ne cherche ainsi qu'à économiser 20 000 postes d'enseignants stagiaires. »Dans le système actuel des IUFM, pendant leur deuxième année de formation, les étudiants sont rémunérés en tant que fonctionnaires stagiaires.
• Les IUFM sur le qui-vive. Les Instituts de formation des maîtres, rattachés aux universités, sont sur le qui-vive. Pour les uns, tel Jacques Fabri, la réforme signe leur mort : « Toutes les universités vont vouloir se lancer dans des programmes de formation des maîtres. Ce sera la concurrence désordonnée, l'explosion de l'offre, un gâchis absolu. »
Les ministères s'en défendent. La charte signée avec les universités, aujourd'hui, balise le parcours du futur enseignant, de sa première année universitaire à celle du concours d'entrée dans la profession. Stages de découverte du métier, séminaires, forums : tout est prévu, sur le papier, pour que le savoir-faire des IUFM soit respecté par toutes les universités.
En attendant, ce sont les étudiants aspirants enseignants qui se font du mouron. Pour ceux qui ont intégré un IUFM cette année, rien ne change. Mais au-delà ?
Aujourd'hui,pour enseigner, il faut Bac + 3, puis un an de préparation de concours à l'IUFM, plus un an de professeur stagiaire à l'IUFM. Demain,il faudra Bac + 5, plus un an de compagnonnage en classe, avec un enseignant.
samedi 27 septembre 2008
Bizutage : Comment porter plainte ?
20 Minutes - 26.09.2008
Comme chaque année, voici le retour du rite imbécile et délinquant du bizutage. Tradition initiatique, reposant sur le rapport de forces, l’humiliation et la vulgarité. Les jeunes coqs et les petites poules, au prétexte qu’ils y sont eux-mêmes passés l’an dernier, reproduisent servilement les plus imbéciles des pratiques sociales. Pour prouver qu’il s’émancipent, il plongent dans le conformisme.
Que ce soit les forts en gueule et les abrutis qui prennent la posture du singe dominant, ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas une raison pour s’en satisfaire et accepter comme une sorte de fatalité ces pratiques délinquantes. Car les choses sont claires : la loi n° 98-468 du 17 juin 1998 pénalise ces actes. Il n’y a donc pas lieu à débat, et les déclarations ministérielles de Valérie Pécresse, fort sensées au demeurant, doivent d’effacer derrière ce juste retour au réel qu’est la plainte pénale.
Cette année, c’est RTL qui a rouvert le débat, et il faut l’en féliciter. Il n’a pas fallu une grosse équipe d’investigation, mais juste un micro devant les étudiants de la fac de médecine d’Amiens, pour entendre Marion expliquer comment les redoublants bizutent les étudiants en première année dans l'amphithéâtre de la faculté de médecine, sans réaction des professeurs. « Ils prennent une fille au hasard, et lui font simuler des positions sexuelles. Ils vont élire miss PO, c'est-à-dire miss 'pute officielle', et lui feront faire plein de choses immondes toute l'année, comme lui faire lécher une banane, lui envoyer des saucissons à la figure. Maintenant, quand je vois les deuxièmes années, j'ai peur. »
N’aient pas peur Marion, on va s’occuper de ces crétins, et ce n’est pas eux qui vont avoir le dernier mot.
La loi, c’est désormais l’article 225-16-1 du Code pénal : « Hors les cas de violences, de menaces ou d'atteintes sexuelles, le fait pour une personne d'amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. »
Décryptons.
1. Les cas de violences, de menaces ou d'atteintes sexuelles sont punis par d’autres articles du Code pénal. Que ce soit dans le cadre du bizutage ou autres, peu importe.
2. Les faits sont sanctionnés comme des données objectives, c’est-à-dire qu’ils constituent l’infraction parce qu’ils ont un caractère humiliant ou dégradant.
3. Est punissable celui qui amène autrui, même avec son accord, à commettre des actes humiliants ou dégradants . C’est la loi que la loi est maligne. « Le bizut est consentant, même ça l’amuse. » Tu parles. Il se trouve contraint et se fait une raison.
Ensuite, il faut agir, c'est-à-dire déposer plainte. Il n’est pas besoin d’avoir été victime pour cela. Etre témoin, cela suffit. S’il y a plusieurs témoins, c’est encore mieux. Prenez aussi des photos avec votre portable, ce sont autant de preuves. Déposez une plainte contre X, c’est la police qui fera le tri. La plainte peut résulter d’une démarche auprès du commissariat, mais vu la loi du silence sur reste autour de ces bizutages, je préconise une plainte rédigée par un avocat et adressée directement au procureur de la République. Et si le dossier est classé sans suite, l’avocat demandera une copie du dossier et saisira le tribunal correctionnel par citation directe. Le chemin n’est pas si compliqué, et quelques condamnations à de la prison avec sursis et au versement de dommages et intérêts auront de solides vertus pédagogiques.
Après, il faudra s’occuper du cas des responsables universitaires qui, bien sûr, ne savent rien. L’article 40 du Code de procédure pénale fait obligations aux agents de l’Etat qui « acquièrent la connaissance d'un crime ou d'un délit » d’aviser sans délai au procureur de la République. Les faits sont connus et qu’ont fait les autorités universitaire à Amiens. Rien ? Aidez les à sortir de l’inhibition avec une plainte disciplinaire auprès du ministre, et une plainte pour non-dénonciation d’infraction auprès du procureur de la République. Un syndicat d’étudiants pourra se constituer partie civile.

jeudi 25 septembre 2008
Enquête sur la santé des étudiants
Bernard Thomasson – France Infos – 24/09/08
La mutuelle des étudiants de France qui compte 800.000 adhérents a réalisé avec l’institut BVA sa 2e enquête depuis 2005 sur la santé des étudiants.
Globalement ils vont bien, mais c’est parce qu’ils sont jeunes, car en vérité, des phénomènes restent préoccupants, tant en matière de santé que de couverture sociale.
L’enquête a été réalisée sur 2 000 étudiants répartis dans toute la France. La LMDE, la mutuelle qui a commandée l’enquête, remarque que l’Etat aurait du se préoccuper plus tôt de la santé des étudiants.
Comme le remarque Damien Bertilier, président de la LMDE, certains phénomènes sont préoccupants. Parmi les sujets d’inquiétude le fait que plus de 10% des étudiants n’ont pas les moyens de se payer une mutuelle et 14% d’entre eux ne savent même pas s’ils sont couverts par une mutuelle.
vendredi 19 septembre 2008
La polémique enfle après les propos de Xavier Darcos sur la maternelle
TV5MONDE PARIS (AFP) - 18/09/2008 18h47
Des propos de Xavier Darcos sur la scolarisation des enfants de moins de trois ans diffusés sur internet ont déclenché une polémique et entraîné de vives réactions de la part des syndicats et du parti socialiste.
Une vidéo, publiée depuis deux semaines sur le site de partage de vidéo Dailymotion et mise en exergue mercredi par le site Rue89, montre une audition, le 3 juillet, du ministre de l'Education devant la commission des Finances du Sénat, sur la scolarisation des 2-3 ans, où il pose la question du recrutement des enseignants de maternelle.
Interrogé mercredi à la sortie du Conseil des ministres, il a répété que devait être "débattue".
Le ministre a assuré ne vouloir "toucher d'aucune manière à l'école maternelle en France".
"Cette intervention témoigne d'une méconnaissance totale de l'école maternelle! Quel mépris pour l'école maternelle et pour ses enseignants dont le rôle en matière d'apprentissage et de réussite scolaire est reconnu par tous!", a déploré dans un communiqué daté de mardi le Snuipp-FSU, principal syndicat de professeurs des écoles.
Ces propos "illustrent bien la méconnaissance qu'a Xavier Darcos du métier d'enseignant en école maternelle", a affirmé mercredi le Se-Unsa (deuxième), précisant à l'AFP qu'une des conditions pour être accueilli à l'école était "d'être propre, donc de ne plus mettre de couche!".
Le Sgen-CFDT, troisième syndicat d'enseignants dans le primaire, a exprimé jeudi "son indignation" concernant les propos de Xavier Darcos sur les enseignants des écoles maternelles, estimant que cela révélait d'"une méconnaissance du travail effectué en école maternelle".
Dans un communiqué intitulé "L'école maternelle mérite mieux que des provocations stupides et méprisantes", le syndicat a jugé "stérile de telles controverses sur la scolarisation des tout-petits".
Le Parti socialiste "dénonce et condamne" jeudi les propos "inacceptables et outranciers" du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos sur les enseignants de l'école maternelle.
Le PS s'inquiète dans un communiqué, "des véritables intentions du gouvernement" dans cette "mise en cause du bien-fondé de l'accueil éducatif des jeunes enfants" et demande "solennellement" au ministre de "clarifier ses intentions".
"Les déclarations de M. Darcos sur les maternelles sont inadmissibles", a quant a elle déclaré Ségolène Royal jeudi, estimant que ces propos révélaient "une méconnaissance et un mépris des élèves".
"La droite a toujours voulu démolir l'école maternelle, pensant pouvoir faire des économies", a ajouté l'ex-candidate à la présidentielle, en marge d'une séance de dédicace de son livre "Si la gauche veut des idées", dans une grande librairie de Roubaix.
L'ancien ministre PS de l'Education Jack Lang a lui écrit une lettre à Xavier Darcos, rendue publique, dans laquelle il lui demande de s'"excuser auprès des professeurs des écoles" qui ont été "insultés".
En réponse à ces critiques, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a dénoncé jeudi un "procès en sorcellerie" fait au ministre de l'Education Xavier Darcos, affirmant pour sa part qu'"aucune question ne doit être taboue sur l'organisation de l'école".
"Il n'est pas sérieux de faire un procès en sorcellerie à Xavier Darcos, alors qu'il se contente de poser un débat", a déclaré dans un communiqué M. Lefebvre.
Selon le député des Hauts-de-Seine, "la question du rapport coût/efficacité du système de scolarisation des enfants entre 2 et 3 ans ne peut pas sérieusement être considérée comme un débat indigne".
En 2006-2007, 23,4% des enfants de deux ans étaient scolarisés en France (182.021 élèves), selon les chiffres du ministère, contre 35,3% en 2000-2001.
" Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches? Je me pose la question", avait alors déclaré M. Darcos.lundi 15 septembre 2008
"Médaille" pour les bacheliers ... ???
NOUVELOBS. | 14.09.2008
La proposition de Xavier Darcos, qui souhaite remettre une médaille aux lycéens décrochant une mention au baccalauréat, suscite l'interrogation. Parents et lycéens y voient un "gadget", du "bling-bling" et déplorent que le ministre n'ait pas d'autres priorités.
La proposition de Xavier Darcos, qui veut récompenser, à partir de 2009, les bacheliers avec des médailles, laisse sceptiques parents et lycéens.
L'idée du ministre de l'Education, présentée dans l'édition du 14 septembre du Parisien Dimanche, a été immédiatement critiquée par les parents d'élèves et les lycéens qui y voient une mesure "bling-bling", "inutile" et "pathétique", lui évitant d'aborder les problèmes de fond.
Dans un entretien au Parisien Dimanche, Xavier Darcos a estimé "important que l'obtention du bac puisse être valorisée".
"Nous envisageons même que les bacheliers puissent recevoir une médaille ! Elle serait de couleur différente, peut-être sur le mode des médailles sportives, or, argent, bronze, selon la mention obtenue", a-t-il expliqué.
Le ministre de l'Education nationale a ajouté que "pour symbolique qu'elle soit, la médaille aurait plus de signification que le seul diplôme de papier".
Plus généralement, Xavier Darcos s'est dit favorable aux remises de prix. "Je crois très important que les adultes, si exigeants avec les élèves, leur retournent ensuite une reconnaissance. La remise de prix ou de diplôme n'est donc pas seulement une récompense mais une marque de gratitude de l'école envers les élèves qui illustrent les valeurs de l'école", a-t-il dit.
Un peu plus tard, il a précisé sur RTL qu'il entendait "généraliser" ce système de récompenses, déjà en vigueur dans certaines académies comme dans celle de Créteil cette année, au cours du premier trimestre 2009. (avec AFP)
A la question de savoir s'il ne s'agissait pas d'un gadget, il a répondu: "ce risque existe, c'est pour ça qu'il ne faut pas parler que de cette question".
"Il s'agit de reconstituer des rites, des modes de reconnaissance, donner un peu de solennité aux récompenses", a commenté M. Darcos pour qui "le mérite est aussi personnel".
"C'est du détail. On a quand même des choses plus importantes à travailler, dont la réforme du lycée", qui doit progressivement se mettre en place entre les rentrée 2009 et 2011.
Pour elle, avoir des médailles différenciées selon la mention va transformer la nature du bac "aujourd'hui un examen", en "compétition".
Daniel Robin (Snes-FSU, principal syndicat d'enseignants des collèges et lycées) soupire: "C'est pathétique et dérisoire qu'un ministre de l'Education consacre son temps à faire des annonces de cette nature alors qu'il y a bien d'autres problèmes à régler. Tout ça c'est un coup de bling-bling".
"Et pourquoi pas une médaille en chocolat pour les bacheliers obtenant leur bac au rattrapage", a ironisé Thierry Cadart (Sgen-CFDT, 2e dans le second degré), parlant de mesure "complètement déphasée renvoyant à une vision de la société particulièrement rétrograde".
"Reconnaissance" - Dimanche, le ministre de l'Education nationale a souhaité remettre à l'honneur les récompenses scolaires et notamment instituer une "médaille" pour les bacheliers, de couleur différente selon la mention obtenue.
Il critique le fait que le ministre veuille "féliciter l'élite, alors qu'aujourd'hui la question porte plutôt sur la résorption des inégalités".
"Choses plus importantes" - Anne Kerkhove, présidente de la Peep, deuxième fédération, reconnaît que "certains parents disent qu'ils aimeraient bien des remises de prix comme celles pratiquées dans les pays anglo-saxons". Mais "je ne suis pas persuadée que ce soit une demande de tout le monde".Le ministre se défend d'être "un nostalgique" et affirme être "résolument moderne". Il parle d'une "attitude pédagogique qui n'a rien de réactionnaire".
"Bling-bling" - Lycéens, parents d'élèves, et enseignants, interrogés par l'AFP, ne sont, eux, pas de cet avis."Ce n'est pas du tout une demande des lycéens", a affirmé Florian Lecoultre, président de l'UNL, premier syndicat lycéen.
"C'est du bling-bling, c'est insignifiant. On peut multiplier les annonces inutiles comme celle-là, reste que pendant ce temps on ne s'attaque pas aux vrais problèmes", comme le fait que le bac est devenu un examen de "bachotage", a-t-il ajouté.
"Il y a d'autres priorités à l'heure actuelle pour l'Education nationale", a-t-il dit, déplorant une opération de "communication".
Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves du public, rappelle n'avoir "jamais demandé à ce que les enfants reçoivent des médailles".
mardi 9 septembre 2008
"Prêts Pécresse" : quand le gouvernement escroque les étudiant-e-s
De : Sud étudiant - dimanche 7 septembre 2008
Le 8 septembre, Valérie Pécresse signera un accord avec une banque française ainsi qu’un organisme de crédits à la consommation, visant à l’instauration d’un prêt étudiant « sans conditions de ressources, sans caution, et à remboursement différé ».
Au détriment des étudiant-e-s, encouragé-e-s à s’endetter, cette mesure vise avant tout à ouvrir de nouveaux marchés aux organismes fiscaux concernés par la mesure. Ce prêt se ferrait en effet aux tarifs « du marché », permettant aux entreprises de faire gonfler leurs marges de profits sur des catégories sociales déjà largement précarisées. De plus, sur 10 années, les taux « du marché » ont bien évidemment le temps de changer...
Quand bien même cette mesure aurait bénéficier d’un « taux zéro », elle se révelerait très rapidement un poids considérable sur l’avenir des étudiant-e-s qui opteraient pour cette mesure. Des pays anglo-saxons encourageant ces mesures se font remarquer par le fait que certain-e-s étudiant-e-s mettent plus de vingt ans à rembourser les prêts contractés au cours de leurs études, ou d’autres encore sont contraints d’abandonner leurs études pour se consacrer aux remboursements des prêts !
Conditions d’études décentes, autonomie de la jeunesse face aux diverses tutelles économiques, et enfin nécessité d’une répartition plus égalitaire des richesses dans l’ensemble de la société : telles sont les grandes aspirations des étudiant-e-s en matière d’aides sociales. Les prêts que proposeront le gouvernement et ses collaborateurs ne répondent à aucune de ces aspirations.
Dans ce contexte, alors que les coûts des différentes dépenses forcées ont augmentées (frais d’inscriptions, logements, santé, etc), les prêts proposés rajouteraient des menaces individualisées sur l’avenir des étudiant-e-s, alors qu’il est urgent que nous imposions une réponse collective et des mesures de solidarité pour faire face à la précarisation croissante des étudiant-e-s.
Communiqué de la fédération Sud étudiant - http://www.sud-etudiant.org
