jeudi 28 août 2008
Chômeurs : plus nombreux qu'on ne le croit
Ouest-France – 28/08/08 - Philippe Renault
Dans sa dernière étude, l'Insee élargit la définition internationale du chômage, prenant en compte le temps partiel subi.
Combien y a-t-il de demandeurs d'emploi, en France, aujourd'hui ? 2,2 millions, 2,9 millions, davantage ? Encore faudrait-il s'entendre sur la définition du chômage. Selon le BIT (Bureau international du travail), un chômeur n'a pas d'emploi, il en recherche un activement et est disponible dans les deux semaines pour l'occuper. Si la personne interrogée a travaillé une seule heure dans la semaine servant de référence, elle est considérée comme « active ». À ce rythme, le BIT comptabilise, en 2007 et en France, 2,2 millions de demandeurs d'emploi et 25,6 millions d'actifs âgés de 15 ans et plus.
Diversité des situations
L'Insee, l'institut national des statistiques, estime que cette description, particulièrement large, « ne rend pas compte de la diversité des situations individuelles ». Ses enquêteurs ont donc complété la définition du BIT avec de nouveaux indicateurs. Selon ce nouveau calcul, en 2007, 2,9 millions de Français « n'ont pas d'emploi et en souhaitent un » (12,1 % de la population). Parmi eux, 770 000 « inactifs » au sens du BIT. Des personnes qui, pour 480 000 d'entre elles, recherchent un emploi, mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines.
Surtout, l'enquête de l'Insee pointe du doigt le poids du temps partiel subi. « 5,5 % des personnes ayant un emploi sont dans une situation de sous-emploi. » Autrement dit, 1,4 million de personnes ont, pour la plupart, un emploi à temps partiel et aimeraient travailler davantage, voire dans un tout autre domaine. Sans surprise, plus des trois quarts (76,3 %) des personnes en situation de sous-emploi sont des femmes.
Dans le même esprit, « 1,6 million de personnes ont un emploi et souhaitent en changer, sans être dans une situation de sous- emploi. » Trois principales raisons à cela, selon cette enquête Emploi 2007 : « Le souhait de progresser vers un emploi plus intéressant ou plus rémunérateur, et la crainte de perdre son emploi actuel. »
mercredi 27 août 2008
OGM: 12 faucheurs dont Bové jugés à Bordeaux au côté d'un maïsiculteur
AFP / 27 août 2008 – Romandie news
BORDEAUX - Le procès de 12 faucheurs volontaires, dont José Bové, et d'un maïsiculteur de Lugos (Gironde) qui avait ouvert le feu dans leur direction lors d'une action menée sur son exploitation en novembre 2006, s'est ouvert mercredi 27 août devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.
Une importante délégation d'anti-OGM est venue de toute la France et pour la première fois dans ce genre de procès qui traditionnellement sert de tribune aux militants environnementalistes, un maïsiculteur pro-OGM se retrouve sur le banc des mis en cause. Il est poursuivi pour des "violences avec arme".
Le 4 novembre 2006, José Bové à la tête de 150 "faucheurs volontaires", avait mené une opération de "traçabilité des OGM" dans l'exploitation de Marc Giblet un agriculteur belge installé dans le sud de la Gironde.
Lors de cette opération, les militants anti-OGM avaient rendu impropre à la consommation plus de 2.000 tonnes de maïs OGM en versant de l'eau et du brou de noix dans un silo.
Appelé par l'un de ses employés, Marc Giblet était arrivé au volant de son véhicule avant de faire feu dans la direction d'une passerelle du silo sur laquelle se trouvaient plusieurs militants qui venaient de déployer une banderole.
Désarmé par les manifestants, l'agriculteur fou de rage était remonté dans sa voiture et avait éperonné plusieurs véhicules appartenant à des faucheurs.
Les gendarmes étaient ensuite intervenus plaçant l'agriculteur et le leader alter-mondialiste en garde à vue dans deux gendarmeries différentes.
+6,6% en un an dans la grande distribution !
NOUVELOBS.COM | 26.08.2008 |
La majorité des enseignes de super et hypermarchés ont augmenté les prix au-delà de cette moyenne, Monoprix étant le plus inflationniste.
Les enseignes de la grande distribution ont augmenté en moyenne leur prix de 6,6% entre septembre 2007 et mai 2008, Monoprix étant la plus inflationniste avec une hausse de 9,04% et Atac (Auchan) la moins (+4,04%), selon une étude de l'UFC-Que Choisir.
Outre Monoprix, Hyper U/Super U, Carrefour, Cora, Géant Casino et Auchan ont augmenté les prix au-delà de la hausse moyenne, à plus de 7%, selon cette enquête publiée dans le mensuel de l'association daté de septembre.
Intermarché et Leclerc ont augmenté les prix en deçà de la moyenne, à respectivement +5,54% pour le premier et 5,82% pour le second, ajoute cette étude réalisée auprès de 1.145 magasins et basée sur 67.411 prix relevés.
Les marques des distributeurs ont fortement augmenté
Parmi les hausses record, UFC relève deux Super U à Ajaccio, dont l'un a augmenté ses prix de plus de 17% et l'autre de près de 15% sur la période.
Seulement cinq magasins ont baissé leur prix. La plus forte baisse (-2,1%) est intervenue dans un Intermarché à Albertville (Savoie).
UFC-Que Choisir souligne en outre que les enseignes ont fortement augmenté les prix de leurs marques propres, qui demeurent toutefois 24% moins chères que les produits aux marques des géants de l'industrie alimentaire.
Ces marques de distributeurs (MDD) ont vu leurs prix progresser de 7,7%, Carrefour arrivant en tête des hausses (+10%), alors que les prix des grandes marques sont montés en moyenne de "seulement" 5,5%.

Chérèque à Parisot : "L'Etat providence est pour le patronat"
NOUVELOBS.COM | 26.08.2008 |
La présidente du Medef a dénoncé dimanche "un échec de l'Etat providence". Pour le secrétaire général de la CFDT, cette providence bénéficie surtout au patronat, via des milliards d'allègements de charges.
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a répondu mardi 26 août à la présidente du Medef Laurence Parisot, qui a dénoncé "un échec de l'Etat providence", en estimant que cette providence bénéficie surtout au patronat, via des milliards d'allègements de charges.
"Je n'étais pas encore secrétaire général que le Medef tenait le même discours sur le rôle de l'entreprise dans l'Etat providence. Laurence Parisot ne fait que reprendre une thématique forte", a déclaré François Chérèque devant la presse, en marge de l'université d'été du syndicat à Dourdan (Essonne).
"Etat providence pour le patronat"
"La présidente du Medef oublie de dire que les entreprises bénéficient de 24 milliards d'euros d'allègements de charges, sans aucune contrepartie maintenant alors qu'avant elles étaient en contrepartie du temps de travail et que les heures supplémentaires sont maintenant détaxées et défiscalisées, ce qui fait 6 milliards d'euros en plus", a-t-il ajouté.
"Je trouve que l'Etat providence, il est Etat providence pour le patronat. Si c'est cet Etat providence-là que Laurence Parisot veut remettre en cause, alors on est prêts à en discuter", a-t-il ironisé.
Interrogée dans le Journal du Dimanche sur une contribution patronale à l'aide aux transports domicile-travail, Laurence Parisot avait déclaré : "Ou il s'agit d'un complément de salaire et il faut en discuter au niveau de l'entreprise, voire de la branche. Ou c'est une aide sociale pour tous et elle est prise en charge par l'Etat".
"Attention à ne pas passer de l'échec de l'Etat providence au fantasme de l'entreprise providence", avait-elle ajouté.
Chérèque de veut plus de "bobards gouvernementaux"
Le secrétaire général de la CFDT a piqué une grosse colère, hier, pour constater que, après un an de promesses gouvernementales, les salariés connaissaient une "douche froide"en cette rentrée, propice à un "mécontentement dont on ne sait pas encore comment il se manifestera".
"On a eu pendant un an le discours du ''Tout est possible, tout va marcher''. Mais les salariés ont bien senti que quelque chose n'allait pas dans ce discours, parce que leur pouvoir d'achat baissait. Et, à la rentrée, on leur dit qu'il y a crise économique, récession que les caisses sont vides" a déclaré François Chérèque devant la presse, au deuxième jour de l'université d'été de son organisation à Dourdan (Essonne).
"Les gens voient bien qu'on leur raconte des bobards", a t-il ajouté. Ila indiqué qu'il prenait contact avec les partenaires syndicaux, pour savoir comment apprécier cette rentrée, voir ce qu'il est possible de faire et exprimé son souhait de voir une "expression commune" des syndicats le 7 octobre.
(Libération du 27/08/08)
Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières
mercredi 23 avril 2008, par Frédéric Lordon – Le Monde Diplo
Alors que la crise présente n’est que la répétition formelle d’une scène caractéristique de la déréglementation financière déjà expérimentée maintes fois depuis deux décennies, il devrait être parfaitement clair pour tout le monde que, sitôt les pertes digérées – il faudra certes encore quelques trimestres –, banques et fonds n’auront pas d’autre préoccupation que d’identifier le nouveau compartiment de marché susceptible de livrer le surplus désiré de rentabilité financière. Et le cycle apuration des pertes-bulle-krach repartira pour un tour…
Cet éternel retour est suffisamment pénible pour qu’on se décide à y mettre un terme. Il est cependant assez évident que les indigents moyens déployés jusqu’à présent, essentiellement constitués de menaces verbales sans suite ou de supplications à la transparence qui n’engagent à rien, ont peu de chance d’y suffire… Or la crise des subprimes est, ou aura été d’une gravité qui devrait dissuader de feindre l’action une fois de plus, et convaincre d’agir vraiment. C’est-à-dire radicalement.
mardi 26 août 2008
Les patrons pas chauds pour aider le trajet de leurs salariés
Vincent Lonchampt – Libération - mardi 26 août 2008
Agitation autour de la prime transport.
Avant même que les syndicats ne rendent leurs propositions, le 15 septembre, l’aide financière aux trajets domicile-travail pour les salariés fait déjà beaucoup parler d’elle : le gouvernement veut vite emballer l’affaire («courant du mois de septembre»), FO demande une application «immédiate», et le Medef freine des deux pieds. Laurence Parisot, présidente des patrons, s’est dite «très réservée», dans un entretien au JDD.
Le couac, pour le syndicat patronal : la participation de l’entreprise aux frais de transport des salariés. En effet, dans l’idée du gouvernement, cette aide pourrait être inscrite sur la fiche de paie en échange d’allégements de charges ou de déductions fiscales. Après le bide des chèques transports lancés en 2007, cette prime qui s’ajouterait au salaire « serait plus lisible et plus transparente », applaudit FO.
Selon le syndicat, le modèle de la Carte Orange - dont 50% est pris en charge par l’employeur d’Ile-de-France - pourrait être à suivre, «à condition que les salariés qui ne peuvent pas prendre les transports collectifs puissent utiliser cette prime pour les frais d’essence».
Pour Eric Woerth, "il n'y a pas de récession"
NOUVELOBS.COM | 25.08.2008 |
Le ministre du Budget a annoncé une économie de quatre milliards d'euros pour la Sécurité sociale.
Le ministre du Budget Woerth a écarté lundi 25 août toute idée de "récession" de l'économie française et a annoncé une économie de quatre milliards d'euros pour la Sécurité sociale.
"Nous saurons le 24 septembre le projet de loi de financement de l'Etat" et "le 29, nous présenterons le projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale" (PLFSS)", a-t-il précisé sur Europe-1. Les économies de l'assurance-maladie seront "probablement aux alentours de quatre milliards d'euros d'économie", avec "des mesures extrêmement efficaces qui ne toucheront pas les malades".
"Je souhaite que le budget 2009 soit construit et il faut qu'on ait des prévisions de croissance qui soient les plus raisonnables et les plus réalistes possibles", a avancé le ministre du Budget, qui assuré qu'"on résiste plutôt mieux que les autres pays".
"En 2008, il y aura croissance du PIB"
"Pour le moment, il n'y a pas de récession. La France est en croissance: en 2008, il y aura croissance du PIB", même si "la croissance est très inférieure à ce qui était attendu", a-t-il expliqué. "On réajustera au mois de septembre".
Interrogé sur la construction du budget 2009, Eric Woerth a indiqué qu'"on aurait entre trois et cinq milliards d'euros de moins de recettes fiscales par rapport à la prévision, on va s'adapter".
Quant à réserve de sept milliards d'euros, il a souligné que "par prudence, on va annuler une partie de ces crédits, on va annuler entre deux à trois milliards de crédit sur le budget 2008 pour faire face à des augmentations". "On va le répartir sur tous les ministères, cela permettra d'absorber des dettes" comme "les charges d'intérêt de la dette (qui) a beaucoup augmenté".
Sur la question du chèque transports, Eric Woerth a écarté toute prise en charge pour l'Etat, rappelant qu'"on a donné jusqu'au 15 septembre aux partenaires sociaux pour faire des propositions". Mais "le choix sera fait dans le courant du mois septembre".
Il faut absolument qu'il sorte de son ministère pour aller faire ses courses lui-même et à ses frais !
Le patron de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, met en avant "le ras-le-bol des salariés"
La Tribune.fr – 25/08/08
Pour le leader syndical, "il ne faut pas grand-chose pour qu'un mouvement s'enclenche".
Le secrétaire général de Force ouvrière dénonce en particulier l'inaction du gouvernement sur le pouvoir d'achat.
Alors que les syndicats préparent cette semaine leur rentrée sociale, le secrétaire général de Force Ouvrière (FO) Jean-Claude Mailly est déjà sur les rangs. Après avoir menacé la semaine dernière d'un mouvement social après les mauvais chiffres de la croissance en France, le représentant syndical affirme ce lundi qu'"il y a un ras-le-bol des salariés".
Dans une interview au Parisien/ Aujourd'hui en France ce lundi, le patron de FO affirme qu'"il ne faut pas grand-chose pour qu'un mouvement s'enclenche". Le jour où les salariés bougeront, "ce sera dur", prédit-il.
Selon le leader syndical, "il faut s'attaquer au problème du pouvoir d'achat des Français. Depuis un an, dans le privé, les salaires de base ont perdu 0,5% de pouvoir d'achat. Que peut faire le gouvernement ? Dans le secteur privé, il peut conditionner les exonérations de charges sociales à la signature d'accords de salaires" et il "peut aussi accorder un coup de pouce au Smic".
Force Ouvrière veut aussi mobiliser sur "l'assurance chômage et l'assurance maladie" et "sur les fermetures de services publics". "Après les hôpitaux, la Poste, la carte judiciaire, le gouvernement va s'attaquer aussi aux sous-préfectures. Il va y avoir des suppressions vraisemblablement en nombre important", déclare Jean-Claude Mailly, qui précise qu'une journée d'action d'une fédération du secteur est prévue le 2 octobre.
"Sur le forfait cadre, nous n'accepterons pas de monter au-delà de 218 jours. Et si les négociations conduisent à dégrader la situation des salariés, nous nous y opposerons", a également indiqué le leader syndical.
Du côté des autres syndicats, la CFDT tient cette semaine son Université d'été, ainsi que le Medef. La CGT doit également réunir son assemblé annuelle. Les partenaires sociaux devront résoudre un dilemme de taille entre une nécessaire unité d'action pour peser face au gouvernement et une concurrence entre organisations qui va s'amplifier avec l'échéance des élections prud'homales du 3 décembre.
Pour la plupart des syndicats, ce mois de septembre coïncide en effet avec le lancement de leurs campagnes des prud'homales, qui revêt, comparé au précédent scrutin de 2002, un enjeu particulier après la réforme des règles de représentativité qui va refondre le paysage syndical en le basant sur l'audience de chaque organisation.
lundi 25 août 2008
Créations d'entreprise : l'optimisme du gouvernement contesté
[ 22/08/08 ] Les Echos - VÉRONIQUE LE BILLON
Lorsque tout va mal, que l'industrie cale ou que la consommation patine, c'est l'indicateur auquel se raccroche le gouvernement : le nombre de créations d'entreprise. « Nous avons devant nous une situation qui est en train de changer. Jamais autant d'entreprises nouvelles n'ont été créées dans notre pays », a ainsi répété, lundi, le Premier ministre, François Fillon, pour rassurer les Français après le recul de 0,3 % du PIB au deuxième trimestre. Au printemps, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et le secrétaire d'Etat chargé des entreprises, Hervé Novelli, s'étaient déjà félicité du « record historique » de créations d'entreprise en février, qui reflétait, selon eux, « un retour durable de la confiance économique et de l'esprit d'entreprise dans notre pays ».
Dans les faits, le nombre mensuel de créations oscille désormais, depuis un an, autour de 28.000. Selon les chiffres publiés hier par l'Insee, elles sont ainsi restées stables en juillet, à 27.900, avec, sur les trois derniers mois, une bonne résistance des services face à une industrie à la peine.
Le niveau atteint aujourd'hui est effectivement historique : avant 2003 et le vote de la loi Dutreil facilitant leur développement, le nombre mensuel de créations d'entreprise s'établissait autour de 18.000.
Le nombre de créations d'entreprise est resté stable au mois de juillet, selon les chiffres publiés hier par l'Insee. Indicateur souvent mis en avant par le gouvernement pour rassurer sur l'état de la conjoncture, il est pourtant jugé peu pertinent par les économistes.
samedi 23 août 2008
Pourquoi le prix du pain ne baisse pas !
Maxime Goldbaum | 22.08.2008 – Le Parisien
Les cours du blé ont chuté de 40 % depuis janvier mais le prix de la baguette ne fléchit pas. Les professionnels s’accusent mutuellement.
Les clients commencent à faire jouer la concurrence.
ELLE FAIT partie de notre patrimoine. Elle cristallise toutes les critiques. Qui ? La baguette. On l’achète en moyenne 0,82 € dans les boulangeries. Un prix qui n’a pas varié alors que celui du blé a baissé de 40 % depuis le début de l’année. Pourtant, à l’automne dernier, les clients avaient dû payer leur baguette 5 centimes plus cher, les professionnels arguant de la hausse exceptionnelle du prix des céréales en 2007.
« Cet argument n’est pas recevable, s’insurge Charles Pernin, chargé de mission alimentation à la CLCV, une des principales associations de consommateurs.
Depuis quinze ans, le prix du blé diminue exception faite de l’année dernière alors que le prix de la baguette ne fait qu’augmenter. » Entre 1992 et 2006, la baguette a grimpé de 0,53 € à 0,80 €. Le prix du blé a chuté de 190 € à 125 € la tonne.
Les boulangers accusent les meuniers. Les boulangers expliquent que la hausse du prix de la baguette est due à l’augmentation des salaires et des charges (environ 50 % dans le prix de revient), le prix des matières premières ne représentant « que » 25 % du prix de la baguette (dont 4,5 % pour le blé). Les boulangers achètent de la farine et non du blé. Ils accusent donc les meuniers de ne pas baisser leurs tarifs.
Les meuniers invoquent le coût de la main-d’oeuvre et de l’énergie. « On ne tarife pas la baguette en fonction du prix du blé comme le gazole est tarifé par rapport au pétrole, se défend Joseph Nicot, président de l’Association nationale de la meunerie française. Et les prix du blé sont trop volatils pour que l’on puisse les répercuter directement. » Le prix du blé meunier est passé de 150 € la tonne en juillet 2007 à 280 € en octobre, pour revenir à 210 € en juin 2008. Aujourd’hui, certains meuniers travaillent encore le blé qu’ils ont acheté au prix fort. Enfin, Joseph Nicot invoque le poids des charges, de la main-d’oeuvre et de l’énergie.
Les associations de consommateurs dénoncent le manque de concurrence. « Le marché n’est pas suffisamment concurrentiel », corrige Charles Pernin. Chez les meuniers, « le secteur est de plus en plus concentré dans les mains de grands groupes industriels, ce qui ne favorise pas une baisse des prix. » Avec 34 000 artisans boulangers dans toute la France, le secteur est pourtant bien garni. « Mais les clients ont leurs habitudes. Ils vont dans la boulangerie en bas de chez eux, ou qu’ils fréquentent depuis longtemps, et n’en changent que rarement », précise Charles Pernin. Dans un rapport publié en octobre 2007, la CLCV note que seulement 11 % des boulangeries disposent de tableaux de prix répondant aux exigences légales et constate des déficiences sur l’affichage individuel (poids des pains non précisés par exemple), laissant les consommateurs démunis pour comparer et acheter au meilleur prix. La baguette continue de déclencher les passions, culinaires et pécuniaires.
