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mardi 27 mai 2008

social - Les syndicats rejettent le projet de loi renforçant les sanctions des chômeurs

La Tribune.fr - 26/05/08

Le projet gouvernemental sur l'offre "raisonnable" d'emploi, qui durcit les obligations des demandeurs d'emploi, a été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre du Comité supérieur de l'emploi. Il devrait être adopté avant l'été.

La CFDT qualifie ce projet d'"injuste car il sanctionnera en priorité les demandeurs d'emploi les plus fragiles, ceux qui restent plus longtemps que d'autres au chômage". Ce texte "est également injuste car il s'appliquera de manière uniforme à tous, quelle que soit la situation familiale de la personne, l'offre de transport dont elle peut disposer, la quantité et la qualité des offres d'emploi de son secteur géographique", poursuit la CFDT dans un communiqué.

Pour la centrale de François Chérèque, le projet du gouvernement est en outre "malsain car une fois de plus le chômeur est montré du doigt comme profiteur potentiel". FO regrette également que le gouvernement "persiste et signe" dans son projet. "Sur le fond FO ne peut que s'opposer à la logique libérale visant à stigmatiser toujours et encore le chômeur comme étant responsable de sa situation", indique son secrétaire confédéral Stéphane Lardy dans un communiqué.

Le projet prévoit qu'après deux refus d'offres "raisonnables" d'emploi, le chômeur pourra être radié. Or plus longue sera sa période de chômage, moins le demandeur pourra être exigeant, notamment en termes de salaire. La rémunération proposée pourra être inférieure au précédent salaire. Après un an de chômage, le demandeur d'emploi pourra être contraint d'accepter un emploi dont la rémunération est équivalente à son revenu de remplacement (RMI notamment).

Les syndicats ont redit leur hostilité au projet de loi sur le contrôle des chômeurs, qui propose une offre "raisonnable" d'emploi évolutive dans le temps et durcit les obligations des demandeurs d'emploi. Ce texte a en effet été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre de la commission permanente du Comité supérieur de l'emploi.

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Pas de chèque en blanc pour la grande distribution

L.O. - Libération mardi 27 mai 2008

Des ajouts de dernière minute rééquilibrent le texte en faveur des petits commerçants et des fournisseurs

La grande distribution déchante. Le projet de loi de modernisation de l’économie, qui devait être discuté aujourd’hui à l’Assemblée avant d’être reporté à demain - le temps de boucler la réforme des institutions -, prévoyait de lui donner les pleins pouvoirs. Or quelques amendements phares (parmi plus de 300 déposés la semaine dernière) espèrent rééquilibrer le texte, notamment en matière de négociations et d’urbanisme commercial.

«Jungle». Faisant fi du matraquage de Michel-Edouard Leclerc, Jean-Paul Charié, le rapporteur (UMP) de la loi, a d’abord réintroduit un principe cher à toute la clique des fournisseurs (agriculteurs, industriels, PME, etc.) : l’idée de contreparties écrites comme condition à la libre négociabilité des tarifs des fournisseurs. Ce point, qui avait disparu du projet de loi sur consignes de l’Elysée, vient donc de refaire son entrée en scène. Charié a sans doute été sensible à la pétition qui circulait - «Non à l’asphyxie des PME et à la suppression de milliers d’emplois» -, lancée fin avril par la FNSEA, la CGPME, l’Ania, Coop de France… Pour le rapporteur de loi, qui doit tenir une conférence de presse ce matin, «il est important d’établir une négociabilité loyale, impliquant des obligations réciproques». Autrement dit, le texte tel qui a été présenté par le gouvernement s’apparente à une «loi de la jungle». Il propose que soient indiquées «les obligations auxquelles se sont engagées les parties en vue de fixer le prix convenu à l’issue de la négociation commerciale».

Priorité. Deuxième coup de frein donné aux enseignes, et surtout au hard discount : un droit des maires à acquérir certaines surfaces commerciales en priorité, dans les centres-villes. Si un commerçant se retire d’un terrain entre 300 et 1 000 m² et qu’une enseigne le convoite, un maire pourra lui griller la priorité, sur une période d’un an. L’amendement, présenté par Patrick Ollier (UMP), est censé rassurer les élus de la majorité, traditionnels défenseurs des petits commerces.

En matière d’urbanisation commerciale, la LME s’éloigne ainsi un peu plus du rapport Attali, qui préconisait une suppression totale du seuil au-delà duquel un groupe doit déclencher une procédure d’autorisation pour s’implanter. Dans la loi, ce seuil passe certes de 300 à 1 000 m², mais l’amendement de Patrick Ollier y mettrait un garde-fou. Pas de rupture, donc, mais une réforme tranquille. 

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TEMPS DE TRAVAIL : L'UMP veut unanimement supprimer les 35h

NOUVELOBS.COM | 26.05.2008

Le parti souhaite des discussions dans le cadre des négociations entreprise par entreprise, tandis que la CGT et de la CFDT, dans une déclaration commune, mettent en garde le gouvernement contre de nouveaux changements dans la législation sur le temps de travail.

Les trois porte-parole de l'UMP ont indiqué lundi 26 mai que le parti voulait supprimer les 35 heures "obligatoires" de manière unanime. Le parti majoritaire veut aller "plus loin pour libérer" les heures supplémentaires dans le cadre de négociations entreprise par entreprise, alors que la CGT et de la CFDT, dans une déclaration commune, mettent en garde le gouvernement contre de nouveaux changements dans la législation sur le temps de travail.
"On est unanime sur la volonté de supprimer les 35 heures obligatoires pour tout le monde", a déclaré Frédéric Lefebvre lors du point de presse hebdomadaire.
Mais "si des salariés n'ont pas besoin de gagner plus d'argent et souhaitent vivre les 35 heures comme une possibilité (...) d'aménager leur vie autrement, notre idée n'est pas de le remettre en cause. Ca fait partie des discussions qui peuvent se faire entreprise par entreprise", avec les partenaires sociaux, a-t-il précisé.

"Démantèlement définitif"

Le secrétaire général Patrick Devedjian avait plaidé la semaine dernière pour le "démantèlement définitif" des 35 heures et la fin de la durée légale du travail, souhaitant qu'elle se négocie "entreprise par entreprise", suscitant une polémique au sein de l'UMP.
"C'est vrai que la référence légale aux 35 heures n'est aujourd'hui plus qu'un symbole, et Patrick Devedjian a souhaité à juste raison peut-être revenir sur ce symbole", a expliqué Chantal Brunel. Ce "symbole permet effectivement" le calcul des heures supplémentaires, a-t-elle dit.
Le "débat ouvert" par Patrick Devedjian porte sur la question de savoir "comment va-t-on plus loin sur les 35 heures", a renchéri Frédéric Lefebvre, "parce que ce qu'on a fait au mois de juillet (dans le cadre de la loi Travail, Emploi, Pouvoir d'Achat), n'est pas suffisant".

Fronde de la CGT et de la CFDT

Les numéros 1 de la CGT et de la CFDT, Bernard Thibault et François Chérèque, avaient mis en garde un peu plus tôt lundi le gouvernement contre de nouveaux changements dans la législation sur le temps de travail. Ils ont déclaré que "l'adoption en catimini" de "mesures de déréglementation" ouvrirait "une nouvelle période dans les relations sociales".
"Depuis quelques jours, les velléités de modifier une nouvelle fois la législation sur le temps de travail se multiplient. Elle pourraient se traduire par l'adoption en catimini par le Parlement de mesures de déréglementation du temps de travail, dont la portée serait très négative pour les salariés", avertissent les deux leaders syndicaux dans une déclaration commune publiée lundi matin.

"Souplesse"

Le ministre du Travail Xavier Bertrand, appuyé par Nicolas Sarkozy, avait alors affirmé qu'il n'entendait pas toucher à la durée légale du travail, mais introduire de la "souplesse" dans les entreprises.
Ces déclarations pourraient traduire une volonté de la majorité de libéraliser la législation en la matière sans consulter les partenaires sociaux, estiment Bernard Thibault et François Chérèque.
"Nous attirons solennellement l'attention du président de la République et de son gouvernement sur les conséquences qu'engendreraient un tel choix politique", écrivent-ils dans leur déclaration datée du 23 mai. "Cela ouvrirait pour nos organisations une nouvelle période dans les relations sociales avec les pouvoirs publics".

Négociation
Les leaders de la CGT et de la CFDT rappellent qu'un accord négocié avec le patronat permet déjà "à titre expérimental de dépasser le contingent conventionnel d'heures supplémentaires", et que cela "exclut toute autre disposition".
"Si le gouvernement ou les parlementaires ont l'intention de modifier la loi sur le temps de travail, ils doivent dans le respect des principes introduits par la loi sur le dialogue social de janvier 2007, proposer à l'ensemble des organisations syndicales et patronales d'ouvrir une négociation sur cette question", avertissent Bernard Thibault et François Chérèque.
Interrogé par l'AFP sur la déclaration commune lundi de Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT), un des porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a répondu: "Nous sommes ouverts au dialogue et nous pouvons inviter bien évidemment les deux protagonistes de cet appel à nous rencontrer quand ils le souhaitent".

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lundi 26 mai 2008

En attendant le prochain krach

Tribune - Libération - lundi 26 mai 2008

Christian Walter professeur des universités associé à Sciences-Po Paris, actuaire agrégé, membre du Cesces (CNRS Paris-Descartes)

Combien de temps devra-t-on encore attendre pour que les établissements financiers ou bancaires installent dans leurs processus de gestion et de contrôle des risques (de marché ou de crédit), des modélisations probabilistes adaptées à la nature exacte de l’incertitude affectant les variations boursières ?

Combien de pertes ou de faillites financières, combien de mises en difficultés de sociétés de gestion d’actifs, combien de désillusions d’épargnants abusés par des produits de gestion mal vendus ou mal conçus, combien de licenciements sera-t-il nécessaire de subir pour que les places financières se décident enfin, à travers leurs instances professionnelles ou régulatrices, à changer de génération de modèles probabilistes ?

Le plus terrible dans cette histoire récente est que des modèles probabilistes en finance mathématique, réellement performants et pertinents, existent depuis quelques années dans la recherche la plus en pointe. De plus, en ce domaine extrêmement compétitif et férocement gardé, l’école française de finance mathématique a acquis une réputation mondiale d’excellence par ses travaux publiés dans les meilleures revues scientifiques internationales.

Mais la résistance de nombreux universitaires américains a pour effet d’empêcher ces modèles de pénétrer les sphères professionnelles et les instances réglementaires internationales. L’orthodoxie financière tient sous sa domination forte et sans failles les publications scientifiques, et les chercheurs européens les plus innovants ne peuvent accéder à ces revues que dans la mesure où ils valident, au moins implicitement, les hypothèses fausses des modélisations américaines.

Prenons juste une illustration. Sait-on par exemple qu’aujourd’hui, alors que de plus en plus d’institutions financières de gestion de l’épargne longue sont conduites à observer qu’une diversification maximale ne représente pas la meilleure composition d’un portefeuille pour la protection de l’épargne à long terme et que, dans certaines situations, c’est au contraire une certaine «concentration» de titres qui serait appropriée, cette question est quasiment taboue et interdite de débat dans les congrès les plus prestigieux de la finance internationale. Quels que soient les effets observés sur le couple performance - risque, le discours dominant reste la diversification. Diversifiez votre portefeuille, braves épargnants, ne vous souciez pas du lendemain, la fée diversification veille sur vous, jusqu’au prochain krach…

A la question initiale posée du moment du changement de modèles, Pierre Duhem aurait répondu : les modèles scientifiques changent «quand les colonnes vermoulues ne peuvent plus supporter un édifice qui branle de toutes parts». Combien de pertes faudra-t-il encore pour que les colonnes vermoulues du temple de la finance mathématique des années 1980 s’effondrent et pour que l’on reconstruise un édifice qui pense adéquatement l’incertitude ?

(1) W. Quine, Du point de vue logique, Vrin, 2003.

Dernier ouvrage paru:Critique de la valeur fondamentale, sous la direction de ChristianWalter et Eric Brian. Springer, 2007

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dimanche 25 mai 2008

Un tiers des 25-59 ans se déclarent touchés par la précarité sociale et professionnelle

LE MONDE | 23.05.08 | 15h49

Un tiers des 25-59 ans ont, au cours de leur vie, été confrontés à une difficulté d'insertion (chômeur plus d'un an, allocataire d'un minimum social ou en contrat aidé), selon une étude réalisée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), en avril, auprès de 2 028 personnes.

Selon cette enquête rendue publique par le Haut-Commissariat aux solidarités actives, dans le cadre du Grenelle de l'insertion, qui doit être clôturé le 27 mai, certains publics apparaissent plus touchés : les familles monoparentales, les étrangers et les non-diplômés.

53 % des personnes interrogées ont été au chômage au moins une fois. Près d'un quart disent avoir toujours alterné périodes d'emploi et de chômage.

Plus de 15 % des personnes travaillant se considèrent dans une situation professionnelle précaire ou très précaire. Près du quart des sondés qui ont été amenés à rechercher un emploi - 49 % parmi les allocataires de minima - disent avoir connu des périodes de découragement, au point d'arrêter de chercher pendant plusieurs mois.

Emmanuelle Chevallereau

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samedi 24 mai 2008

RETRAITES : "Arrêtons l'hypocrisie !"

Nouvel Observateur – 22/05/08 - Jean-Marcel Bouguereau, Rédacteur en chef au NO

ARRÊTONS l’hypocrisie sur les retraites !

Le passage de 40 à 41 années ne relève que d’une logique purement financière dont les économistes s’accordent à penser qu’il ne réglera rien des problèmes d’équilibre du régime général.

Même si cela peut passer pour une rengaine, il faut quand même répéter que le paquet fiscal voté l’été dernier prive l’Etat de plus de 15 milliards d’euros, alors que le déficit annuel de la branche vieillesse est actuellement inférieur à 5 milliards !

L’hypocrisie est multiple : chacun sait que les mesures qui, aujourd’hui, font descendre dans la rue les travailleurs ne suffiront pas à garantir les retraites dans les décennies à venir. Cette logique est purement financière, et à courte vue. Comment pense-t-on imposer l’augmentation de la durée de cotisation alors qu’on est dans l’incapacité d’obliger les entreprises à garder les seniors qui n’embauchent plus après 55 ans et qui se débarrassent d’eux en profitant de la fameuse dispense d’emploi.

Et voilà maintenant que Laurence Parisot a le front de proposer la retraite à 63 et demi, seul moyen, selon elle, de permettre "en 2020 de trouver un équilibre financier du régime général". Mais quel culot, alors que le taux d’emploi des seniors stagne à 38, 3 % contre 44,7 % dans l’Union européenne ! D’autres pistes sont possibles.

La cour des comptes qui n’est pas un repaire de gauchistes a proposé pour une somme de 3 milliards de taxer les stock-options et les parachutes dorés. On peut revoir les exonérations fiscales et obtenir de l’état les 3 milliards d’euros de remboursements manquants, prélever des pénalités financières sur les entreprises qui sont légion à ne pas jouer le jeu de l’emploi des séniors.

On pouvait même, comme l’a proposé François Chérèque, en relevant les cotisations patronales de 0,5 point, trouver les 2,5 milliards d’économies que le passage à 41 ans est censé apporter d’ici à 2012…Mais si l’on veut régler le problème peut-être faudrait-il d’abord s’attaquer à la complexité d’un système rendu illisible par la multiplication des régimes et à l’opacité des calculs de retraite, en s’inspirant du système mis en place avec succès en Suède, basé sur un système de comptes individuels, un système qui valorise les carrières longues, avantageant les salariés ayant commencés à travailler tôt. Un système qui prend en compte l’espérance de vie et permet de partir en retraite de manière progressive, évitant la retraite-couperet.

Prenez la Présidente de la Caisse Nationale d’Assurance vieillesse, Danièle Karniewicz. Pour elle "le gouvernement doit modifier la copie sur la réforme des retraites, car il ne propose rien de tangible pour y parvenir (...) Le problème du plan qui nous est proposé c'est qu'il fait reposer tous les efforts sur les salariés. (…)

Le gouvernement n'aborde la sauvegarde du régime par répartition que par le biais de l'allongement de la durée de cotisation, il refuse obstinément de débattre de la question du financement des retraites, et des régimes sociaux en général, alors que des ressources nouvelles sont indispensables (…)

De plus, ces mesures ne garantissent absolument pas un retour des comptes à l'équilibre, c'est même le contraire, puisqu'il y a plus de mesures qui coûtent que de mesures qui rapportent dans ce plan" ! L’analyse de Danièle Karniewicz va même plus loin puisqu’elle prédit que le projet adopté en l’état ne ferait qu’aggraver la situation actuelle : il n’apporterait en aucun cas un "retour à l’équilibre des comptes".

CPHS1Babouse3

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Grenelle de l'insertion: remettre les exclus de l'emploi "dans le droit commun"

PARIS (AFP) - 23/05/2008 - TV5 Infos

Après six mois de concertation, les acteurs du "Grenelle de l'Insertion" ont débattu une dernière fois vendredi à Paris d'une réforme qui fasse entrer "dans le droit commun" les personnes en insertion professionnelle, mais les entreprises freinent encore sur leur implication.

Mardi 27 mai, la réunion finale des partenaires sociaux et représentants de l'insertion, qui sera ouverte par le Premier ministre François Fillon, se tiendra symboliquement dans la salle des Accords du ministère du Travail, où ont été signés les "accords de Grenelle", il y a 40 ans jour pour jour.

Les propositions contenues dans le rapport général tournent autour de l'idée centrale, qui fait consensus, de remettre les personnes en insertion dans le lot commun des demandeurs d'emploi.

Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, a affirmé vendredi qu'il fallait "bâtir une politique d'insertion sur le droit commun et non sur des droits spécifiques qui, sous prétexte d'être protecteurs, sont relégateurs". Cela implique que l'ensemble des personnes en situation d'insertion (chômeurs de longue durée, Rmistes, parents isolés bénéficiaires de l'API, titulaires de contrats aidés ...) pourraient accéder au Service public de l'Emploi.

"Il y a un consensus là-dessus", souligne Nicole Maestracci, présidente de la Fnars (associations de réinsertion), "cela donnerait droit à un accompagnement par un référent unique, aux offres de formation professionnelle même pour les plus vulnérables, et à une prise en charge en continue".

"Ce serait une révolution des pratiques, car aujourd'hui, c'est l'usager qui doit s'adresser à plusieurs guichets pour s'apercevoir que tel dispositif ne convient pas, qu'il n'y a pas de formation adaptée à son statut", dit-elle.

ATD-Quart monde recommande cependant une "certaine prudence" dans cette "avancée vers le droit commun", et des expérimentations préalables. Cette proposition a son corollaire, une augmentation sensible des chiffres du chômage, puisque aujourd’hui nombre de Rmistes ne sont pas inscrits à l'ANPE, et les bénéficiaires de contrats aidés ne sont pas comptabilisés.

Le consensus porte aussi sur la simplification des contrats aidés, dont le nombre et la complexité sont unaniment critiqués, une mesure déjà annoncée par le président de la République.

Le Grenelle propose un contrat unique avec deux volets, l'un pour le secteur marchand, l'autre non marchand.

"On regrette que la décision de réduire le nombre des contrats aidés ait été prise avant le fin du Grenelle", affirme Mme Maestracci.

Le regret des associations porte surtout sur les réticences des entreprises à s'impliquer. Le patronat ne s'est pas laissé convaincre de considérer l'insertion comme étant du domaine de la négociation obligatoire, à plus forte raison de conditionner une partie des allègements de charges sociales à l'investissement dans les politiques d'insertion.

"On va encore en rester au concept d'entreprise citoyenne, or on ne peut pas compter que sur la bonne volonté pour que l'insertion soit reconnue", estime Mme Maestracci.

Pour Martin Hirsch, un grand pas a déjà été franchi avec la participation des entreprises au Grenelle. "Nous ne sommes pas restés entre acteurs spécialisés, les trois-quarts de l'objectif sont remplis", dit-il.

Quelles que soient les décisions prises par le gouvernement, les associations, "sceptiques sur les grands principes qui restent dans les textes", demandent "un suivi et une évaluation".

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Le pousse-au-crime de Laurence Parisot

Marianne - Vendredi 23 Mai 2008 - Hervé Nathan

Pourquoi la cheftaine du Medef croit-elle utile d'ajouter de l'huile sur le feu des retraites ?

C'était jeudi sur RTL, à l'émission d'actualité On refait le monde. Notre consoeur Ghislaine Ottenheimer se lamente: « Je ne comprend pas ce qui pousse Laurence Parisot à jeter de l'huile sur le feu ». L'huile en question, c'est la proposition de la présidente du Medef de repousser l'âge de départ à la retraite à 63,5 ans. Le feu, ce sont les manifestations des salariés (300.000 à 700.000 personnes), le jour même dans plus d'une centaine de villes de France, pour protester contre la décison du gouvernement de faire passer la durée de cotisation de 40 à 41ans.

Ghislaine Ottenheimer soupçonne les patrons de tout faire pour embêter Nicolas Sarkozy «qui fait tant pour réformer le pays». Nous tenons à rassurer notre consoeur, le Medef aime aussi le président de la République. Simplement, il y a un principe chez les chefs d'entreprises: on ne plaisante pas avec le pognon! Car c'est bien l'argent qui est au centre de cette polémique.


Le gouvernement, compte en effet «basculer» une partie de cotisations chômage (qui est en régression, officiellement), d'ici 2012, pour financer environ la moitié du déficit de la caisse des retraites (10 milliards environ, si rien n'est fait d'ici là...). Le Medef dit donc au gouvernement: «touche pas au grizbi, salaud! » et se justifie par une contre proposition, avec ce fameux âge minimum requis de 63,5 années.

Selon ses calculs (en fait ceux du conseil d'orientation des retraites qui a néanmoins repoussé cette option), avec cette nouvelle règle, les caisses de l'assurance vieillesse se regarniraient de l'équivalent de la somme que François Fillon veut dévier des recettes de l'Unedic. Que cela soit provocateur alors que la moitié des seniors sont hors de l'emploi à 58,5 ans en France, que cela signifie que les ouvriers vont devoir cotiser de 45 à 47 années pour parvenir, épuisés, à la retraite (en passant auparavant par la case chômage...), que cela casse le consensus avec les syndicats «réformistes» comme la CFDT, le Medef le sait. Mais qu'importe, il faut défendre les positions de principe du patronat, dont la principale peut se résumer ainsi : lutter toujours et en toute occasion pour réduire les prélèvements sur les entreprises, et les faire reporter sur les salariés (en temps de travail supplémentaire, par exemple), ou sur les contribuables (en argent). Et Laurence Parisot, qui adore néanmoins Sarkozy, s'exécute. Cela s'appelle «faire le métier».
Conclusion: On entend souvent les commentateurs, dont des journalistes annôner en substance: «nous avons les syndicats les plus bêtes, les plus minables, les plus bornés». Que dire alors du patronat ?

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La dérive inégalitaire

Magazine Challenges | 22.05.2008 | Vincent Beaufils, Directeur de la rédaction de Challenges

Il n'y a pas de malice dans cet «Avant-propos» d'un numéro consacré aux «Métiers en or» (page 60) à évoquer l'étude de l'Ecole d'économie de Paris titrée «Les Hauts Revenus en France : une explosion des inégalités ?». Car le travail de Camille Landais est de ceux qui feront date. Il couvre les années 1998-2006 pendant lesquelles la France a été gouvernée à gauche et à droite. Au passage, il fixe certaines idées à un moment où chacun dit n'importe quoi sur le pouvoir d'achat : en euros constants, et avant incidence de la pression fiscale et des prestations sociales, le revenu moyen des Français (24 574 euros) a progressé de 6% sur la période; c'est vrai aussi du revenu médian (17 762 euros), bien que plus modérément (+ 4,3%).

Mais la grande découverte de Landais est la très forte inégalité de cette progression : les 10% des foyers les plus favorisés (3,5 millions de contribuables avec un revenu moyen de 79 200 euros) ont vu leur situation s'améliorer de 8,7%; pour les 1% les plus riches (350 000 foyers avec un revenu de 201 400 euros), la progression est de 19,4%; et même de 42,6% pour la tranche des 0,01% (3 500 personnes avec un revenu moyen de 1,5 million d'euros). Surtout, cette accélération des inégalités au profit des plus aisés n'est pas seulement liée à une forte augmentation des revenus de la Bourse, mais au moins autant à une explosion de leurs salaires. En France, pays de tradition égalitaire, «c'est un véritable changement de norme sociale», constate Camille Landais, qui y voit l'orientation vers un modèle anglo-saxon. Très empiriquement, bien d'autres signes vont tous dans le même sens : inflation critiquée des rémunérations des patrons, bonus insolents des traders, plus-values déstabilisantes des managers de LBO... La controverse récente sur l'enrichissement rapide des dirigeants de Wendel en témoigne.


Alors sommes-nous vraiment en route vers le modèle honni des Etats-Unis ? D'abord, il y a de la marge : les 1% des Américains les plus favorisés affichent des revenus trois fois plus élevés que leurs équivalents français; et les 0,01% les mieux dotés gagnent six fois plus ! Et puis il y a l'incidence de la fiscalité, traditionnellement redistributrice dans notre pays, où elle est censée corriger ces inégalités. C'est en ce sens que le «paquet fiscal» de l'été dernier, imposé par Nicolas Sarkozy, était une grave erreur : peu efficace économiquement, il n'a fait qu'accentuer des évolutions que le corps social français est de moins en moins à même de supporter. Qui fait le lit d'Olivier Besancenot ?

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vendredi 23 mai 2008

Parisot: «Est-ce si catastrophique, la retraite à 63 ans et demi ?»

AFP - LIBERATION jeudi 22 mai 2008

La présidente du Medef a réitéré ses propos, estimant qu’un report de l’âge légal de départ en retraite à 63,5 ans est le seul moyen de résoudre le problème du financement des retraites.

La présidente du Medef Laurence Parisot a plaidé pour un report de l’âge légal de la retraite à 63,5 ans lors de la première «Fête de l’entreprise» organisée à Tours par l’organisation patronale, alors que se déroulent dans toute la France des manifestations «pour la défense des retraites» à l’appel des syndicats.

«La solution (au problème des retraites ndlr) existe. Cela consiste à dire qu’il faut repousser l’âge légal de départ. Si on décide de partir à 63 ans et demi, on pourra équilibrer le régime général. Est-ce si catastrophique que ça de partir à la retraite à 63 ans et demi?», a déclaré Laurence Parisot. La conférence de presse de la présidente du Medef a été déplacée à l’extérieur de la ville. Le club de la presse dans le centre de Tours, où elle était programmée au départ, a été occupé à la mi-journée par des centaines de manifestants qui se sont ensuite dirigés vers les locaux du Medef-Touraine.

Mardi déjà, lors de sa conférence de presse mensuelle à Paris, la présidente du syndicat patronal s’était prononcée pour un allongement de la durée de cotisation à 41 ans en 2012 et pour un report de l’âge légal de départ en retraite à 63,5 ans, «seul scénario» capable à ses yeux de résoudre le problème du financement des retraites. A Tours, la manifestation «pour la défense des retraites» a réuni 3.000 personnes selon la police, 10.000, selon les syndicats.

Tous les syndicats réclament la remise à plat du dossier, mais peu s’accordent sur les remèdes pour pérenniser notre régime par répartition. Peut-on imaginer d’autres pistes de réformes, alternatives ou complémentaires, à cet allongement de la vie au travail pour tous ? Tentatives de réponse.

IDEE 1 Transférer 1 point de cotisation chômage sur l'assurance vieillesse

IDÉE 2 Moduler l’âge de la retraite en fonction de la pénibilité des métiers

IDÉE 3 Réinventer la retraite progressive

IDÉE 4 Remettre les 45-60 ans au travail

IDÉE 5 Repousser à 61, 62, voire 63 ans l’âge légal du départ à la retraite

IDÉE 6 Faire entrer les jeunes dans le système dès 18 ans

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