jeudi 10 juillet 2008
Le coût de la construction s'envole de plus de 8% au 1er trimestre
Les Echos [ 09/07/08 - ]
En glissement annuel, la hausse avait atteint 4,8% au quatrième trimestre 2007. Cet indice ne sert plus de référence pour la fixation des loyers, mais il reste utilisé dans le calcul des remboursements de certains prêts immobiliers !
Le coût de la construction en France a augmenté de 8,09% en glissement annuel au premier trimestre 2008, après une hausse de 4,84% lors du trimestre précédent, indique l'Insee. En points, l'indice du coût de la construction au premier trimestre s'établit à 1.497 après 1.474 au quatrième trimestre de 2007, indique l'Insee. En rythme trimestriel, "l'indice décélère : l'évolution entre deux trimestres consécutifs passe de 2,15% au quatrième trimestre à 1,56% au premier trimestre de 2008", ajoute l'Institut national de la statistique.
Depuis la loi des services à la personne du 26 juillet 2005, l'indice du coût de la construction ne sert plus de référence à la révision des loyers en cours de bail dans le parc locatif privé. Il a été remplacé par l'indice de référence des loyers, qui est désormais basé sur l'indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers, depuis la promulgation de la loi pour le pouvoir d'achat en février. Mais le calcul des remboursements de certains prêts immobiliers en cours utilise toujours cet indice.
mercredi 9 juillet 2008
«Plus de RTT ni de jours fériés»
propos recueillis par FRANÇOIS VIGNAL – Libération - mercredi 9 juillet 2008
Pour Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC (Confédération générale des cadres), la nouvelle définition du temps de travail des cadres est un marché de dupes.
Que signifie, pour les cadres, le plafond de 235 jours travaillés par an ?
Ça veut dire que l’on va travailler plus longtemps, mais pas pour gagner plus. Travailler 235 jours, cela représente 2 500 heures par an, au lieu de 1 607 heures dans le calcul horaire. Vous voyez l’écart. Et la différence sera moins bien payée que des heures supplémentaires, puisque la majoration qui s’appliquera au-delà de 218 jours - l’équivalent pour les cadres des 35 heures - ne sera que de 10 % au lieu de 25 %.
Que vont devenir les jours fériés et les RTT ?
Pour arriver à 235 jours, vous prenez les 365 jours de l’année, vous enlevez 2 jours par semaine pour les samedis et dimanches, soit 104 jours, 5 semaines de congés payés et un jour qui serait le 1er mai. Résultat : plus de RTT ni de jours fériés. On pourra vous demander de travailler le 14 juillet, le 15 août et le 1er janvier…
Quand il y a accord d’entreprise, les salariés conserveront leurs RTT…
Le gouvernement et Xavier Bertrand disent que cela sera borné par la négociation d’entreprise. Dans les grandes entreprises, ça ne devrait pas trop poser de problème. Encore que le patron pourra dire : «Si vous refusez de travailler plus, je délocalise.» Mais dans les très petites, où il n’y a pas de représentants du personnel, cela va se négocier de gré à gré entre employeur et salariés. Ceux-ci auront beaucoup de difficultés à s’y opposer s’ils veulent garder leur emploi. Les petites entreprises subissent la pression des grandes, avec qui elles sous-traitent.
Le patron pourra-t-il imposer les 235 jours ?
Il pourra dire qu’il a la loi avec lui. Aujourd’hui, les accords se négocient au-dessous de 218 jours. Demain les entreprises vont négocier pour aller à 235, voire au-delà. C’est d’autant plus scandaleux que le gouvernement a récemment souligné le problème de la santé au travail. Il fait l’inverse de ce qu’il dit.
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Alain Vidalies, député socialiste des Landes, est spécialiste de droit social. Propos recueillis par Philippe Brochen
«Pour les cadres, la situation de travail sera pire qu'avant les 35 heures»
Concrètement, que signifie cet amendement ?
Pour 235 jours, cela peut représenter jusqu'à 3.055 heures de travail possible. Parce que ces salariés qui sont au forfait journalier peuvent travailler 13 heures par jour et que la seule règle qui les protège, c'est la réglementation européenne qui impose 11 heures de repos d'affilée quotidiennement.
Cela veut donc dire que le pire est peut-être encore à venir pour les cadres?
Les 235 jours ne seront pas un plafond, puisqu'avec un simple accord d'entreprise, on pourra aller jusqu'à 282 jours de travail par an. C'est-à-dire que tous les jours sont alors travaillés, sauf les 52 dimanches, le 1er mai et les 30 jours de congés payés obligatoires.
Peut-on dire qu'on revient au droit social d'avant 1936?
C'est d'autant plus grave que la ligne de force de leur réforme, c'est dorénavant d'affirmer la supériorité de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche. Autrement dit, si vous êtes dans une entreprise en difficulté et que l'enjeu c'est le maintien de l'emploi, on voit bien ce que les salariés seront obligés d'accepter.
C'est ce qui s'est passé chez Bosch et GoodYear, avec un chantage à la délocalisation pour renégocier l'accord 35 heures?
Exactement. Ces salariés sont désormais obligés de travailler deux samedis sur quatre sur la pression de la menace de la délocalisation.
Quid des deux jours de repos par semaine?
Les députés de la majorité ont proposé un amendement pour sauvegarder ces principes, mais en même temps ils permettent d'y déroger par un accord d'entreprise. Les 235 jours et les deux jours de repos hebdomadaire ne sont garantis qu'en l'absence d'un accord d'entreprise. Car il ne faut pas s'y tromper, le bouleversement le plus important, c'est de donner dorénavant la priorité à l'accord d'entreprise sur l'accord de branche.
Concrètement, qu'est-ce que cela représente?
La première conséquence, c'est que les questions sociales vont devenir un paramètre de concurrence entre les entreprises qui ont la même activité. Et donc on comprend bien qu'il y aura un alignement par le bas, puisque pour garder leur compétitivité, les entreprises pourront évoquer le moins disant d'un accord existant dans une entreprise concurrente.
C'est tout le fonctionnement du marché du travail qui va en être modifié?
Exactement, car aujourd'hui, compte-tenu du stress au travail, de l'explosion des maladies professionnelles, les salariés sont beaucoup plus attentifs aux conditions de travail pour pouvoir préserver leur qualité de vie personnelle et familiale. Ce qui est à craindre, en revanche, c'est qu'ils n'aient guère le choix, puisque les entreprises risquent de s'aligner les unes sur les autres, et évidemment par le bas.
Le patron pourra-t-il imposer le plafond de 235 jours?
Dans la situation d'aujourd'hui, non, puisqu'il faut un accord d'entreprise avec les syndicats. Mais demain, oui. Faute d'accord d'entreprise, la norme sera 235 jours.
Les salariés des petites entreprises, où les accords d’entreprise sont les plus difficiles à négocier, sont donc les grands perdants de la situation?
Je crois que c'est un tournant important, parce que jusqu'à présent on vivait avec l'objectif de règles qui étaient les mêmes pour tous les salariés, que ce soit la loi ou les accords de branches. Là, c'est un autre paysage social, toute les règles sont atomisées. La loi n'encadre plus rien et renvoit tout à l'accord d'entreprise. C'est quasiment le modèle anglo-saxon.
Pour le salarié, la situation sera donc pire qu'avant les lois Aubry?
La situation est largement au-delà de ce qui existait avant les 35 heures, notamment sur la question du question du repos compensateur obligatoire, qui était prévu par la loi. Ce n'est pas une législation qui est liée aux 35 heures... C'est une question de santé publique.
Certains cadres vont donc travailler six jours sur sept toute l'année?
Dans certains cas, oui. Et s'ils font un horaire important, il sera possible au niveau d'une entreprise de négocier soit un repos moins important que celui qui est prévu par la loi, soit de transformer ce droit en une compensation financière.
Le texte doit encore passer devant le Sénat. Espérez-vous une modification ?
Je n'ai guère d'espoirs, à un bémol près: Gérard Larcher, l'ancien ministre du Travail, avait, dans un entretien à la presse, indiqué que la majorité sénatoriale souhaitait mettre plusieurs verrous pour éviter les situations extrêmes permises par ce projet de loi. Et puisque les députés UMP n'ont rien voté en ce sens, peut-être faut-il passer aux actes avec leurs collègues sénateurs... Mais pour tout dire, je ne suis guère optimiste...
Un retour au droit social d'avant 1936 et pas loin non plus de 1789...
Air France, SNCF, EDF-GDF : les avantages bientôt taxés ?
Challenges 8 Juillet 2008
Billets bradés, énergie à prix modique... Ces avantages pourraient faire l'objet de cotisations et rentrer dans le calcul de l'impôt.
L'administration s'intéresse aux petits "privilèges" des salariés des grandes entreprises de transport et d'énergie.
Selon Le Figaro du mardi 8 juillet, l'Urssaf souhaiterait en effet taxer les avantages en nature (voyages bradés ou même gratuits, kilowatts d'électricité ou mètres cubes de gaz à prix modique…) dont bénéficient les salariés d'Air France, de la SNCF ou d'EDF-GDF. Ces avantages seraient donc soumis à cotisations salariales et patronales et rentreraient en compte dans le calcul de l'impôt pour le revenu.
Risque de "conflit majeur" dans le transport aérien
Selon le quotidien, l'Urssaf compterait s'appuyer sur le Code de la Sécurité sociale (article L242-1) et les arrêtés des 10 décembre 2002 et 20 décembre 2002, qui disposent que ces avantages en nature, comme tous les éléments de rémunération, doivent supporter des cotisations sociales. Dans la pratique, l'administration les exonère quand la ristourne ne dépasse pas 30%, mais cela n'est pas le cas ici.
Cette volonté de l'Urssaf de s'attaquer à ces avantages provoque des remous, notamment chez les syndicats qui, suite à la publication de l'article, sont montés au créneau. FO Cheminots a ainsi expliqué que ces avantages constituaient des "contreparties au contrat de travail" avec "des éléments contractuels et symboliques très forts", et s'est acharné contre une présentation des salariés de la SNCF comme des "privilégiés".
Mêmes arguments du côté de la CFDT, qui s'inquiète d'une éventuelle baisse de ressources des cheminots, tandis que l'Unsa estime que l'Urssaf "se trompe de cible".
Même l'UMP s'inquiète...
Selon Le Figaro, Lionel Tardy, député de Haute-Savoie et délégué général du pôle aérien à l'UMP, a prévenu le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, du risque de "conflit majeur de l'ensemble des salariés du secteur de l'aérien lors des prochains départs en vacances", inquiets de voir l'Urssaf "s'attaquer" à leur pouvoir d'achat.
mardi 8 juillet 2008
Travail - Les cadres devront travailler 17 jours de plus
LCI - 8 juillet
Les députés ont adopté dans la nuit un amendement à la réforme du temps de travail qui porte de 218 à 235 le nombre de jours travaillés pour les cadres !

Le syndicat des cadres (CFE-CGC) voit dans le vote de ce nouveau plafond un "retour au siècle dernier".
Gagner plus, peut-être, travailler plus, c'est sûr. Lors de l'examen, cette nuit, du projet de loi sur la réforme du temps de travail, les députés ont adopté un amendement qui porte de 218 à 235 jours le seuil maximal de jours de travail par an pour les cadres.
Après un long débat entre la gauche et la droite, les députés UMP et Nouveau Centre ont voté cet amendement, la gauche a voté contre. En clair, désormais, les cadres devront travailler 17 jours de plus, sauf accord au sein de l'entreprise. Le texte sera voté cet après-midi à l'Assemblée nationale, avant d'être examiné au Sénat le 17 juillet.
Depuis les lois Aubry, les cadres, dont le temps de travail est difficile à comptabiliser, travaillaient au maximum 218 jours par an. Une très grande majorité d'entreprises avaient négocié des forfaits entre 200 et 210 jours. L'amendement adopté cette nuit remet tout en cause, et revient, de fait, sur les RTT des cadres. Le texte qui sera soumis au vote de l'Assemblée cet après-midi prévoit qu'à partir du 219e jour, la rémunération forfaitaire sera majorée d'au moins 10%.
"Une régression sociale massive"
Les réactions ont été immédiates. La CFE-CGC voit dans ces 235 jours un "retour au siècle dernier". La centrale des cadres, qui entend déposer un recours devant la Cour européennes des droits de l'Homme, estime que "cette limite correspond, en fait, à une année pleine (365 jours) de laquelle on retire les jours de congés (25), les samedis (52), les dimanches (52) et le 1er mai".
"C'est une régression sociale massive", a dénoncé Alain Vidalies (PS). "Ce que vous commettez, ce sera pour vous une tunique de Nessus. La trahison, on la traîne longtemps", a renchéri Jean Mallot (PS).La député (Verts) Martine Billard ironise : "La suppression des jours fériés chômés payés, le Medef l'avait rêvée, vous êtes en train de la réaliser. Si l'accord d'entreprise ne le prévoit pas, ils ne seront plus payés."
Xavier Bertrand, ministre du Travail, a tenté de rassurer : "Les plafonds évoqués sont des maxima. Si des jours fériés sont chômés, ils le demeureront. Ca ne sert à rien de chercher à faire peur."
Moins de grèves... mais plus de conflits
Ouest-France – 8/07/08 –
Polémique après les propos de Nicolas Sarkozy sur les grèves, jugées moins visibles. En fait, en France, les conflits au travail prennent d'autres formes.
« Désormais, quand il y a une grève, plus personne ne s'en aperçoit. » La petite phrase, lâchée samedi par Nicolas Sarkozy, lors du Conseil national de l'UMP, n'en finit pas de faire des remous (lire ci-dessous). Inefficaces, les grèves ? Inexistants, les conflits au travail ? Invisibles, les syndicats ?
Sans doute, le nombre des grèves est en diminution. Un rapport du ministère du Travail fait état d'un recul de 23 %, en 2006, comparé à 2005, du nombre de journées perdues en raison de grèves. Comparé à nos voisins, le niveau de grèves en France est très bas, « en dessous des moyennes européennes », juge le chercheur à l'Institut de recherche économique et social, Jean-Marie Pernot. Mais ce mouvement ne date pas d'hier. Ni même de 2007, année d'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.
« Conflictualité larvée »
Pour Jean-Marie Pernot, « il y a depuis plusieurs années une tendance longue à la diminution de conflits en France ». Surtout dans le secteur public, « particulièrement dans les transports, note le chercheur. À la SNCF, la grève a diminué dans des proportions extraordinaires en quinze ans, grâce aux dispositifs de prévention des conflits ».
Il n'empêche, note Jean-Marie Pernot, « il y a eu beaucoup de grèves en début d'année sur les salaires. Et des petites grèves qui sont rarement décomptées. Au-delà du nombre de jours de grève, une conflictualité larvée dans les entreprises se renforce. » Une analyse confirmée par le ministère du Travail qui a constaté que les conflits du travail sont plus nombreux et portent davantage sur les salaires qu'il y a une décennie environ. Et que d'autres modes d'action progressent : « Débrayages, manifestations en ville, pétitions, refus collectifs d'heures supplémentaires, égrène le chercheur. Il y a aussi d'autres modes de résistance, comme le repli sur soi-même, se désinvestir au travail, le sabotage dans une forme extrême. »
Compte-tenu des mécontentements (retraite, pouvoir d'achat, etc.) "je crois qu'on aura une rentrée difficile", a prédit lundi Jean-Christophe Le Duigou (CGT), alors que la date du 7 octobre a été avancée pour une possible journée nationale d'action. "Encore une fois, c'est un mot de trop du président de la République. Il devrait être beaucoup plus prudent que ça", a mis en garde Jean-Claude Mailly (FO). "Mesurer l'efficacité d'un gouvernement au nombre de grèves correspond à une vision archaïque du dialogue social", a réagi François Chérèque (CFDT).
L'Elysée le confirme : la Poste ouvrirait 20% de son capital pour obtenir 2 à 3 milliards
Reuters - LIBERATION lundi 7 juillet 2008 -
Hier, l'Elysée a confirmé un projet de transformation de l'entreprise publique en société anonyme.
L'Etat pourrait ouvrir 20% du capital de La Poste afin de récolter entre deux et trois milliards d'euros, écrivent Les Echos au lendemain de la confirmation par l'Elysée d'un projet de transformation de l'entreprise publique en société anonyme.
Selon plusieurs estimations citées par le quotidien, la valorisation de La Poste s'élèverait à au moins dix milliards d'euros. Comme l'établissement a chiffré à entre deux et trois milliards d'euros ses besoins pour financer son développement, une ouverture d'environ 20% du capital à des actionnaires autres que l'Etat serait donc nécessaire, ajoute-t-il.
Les porte-parole de La Poste et du ministère de l'Economie et des Finances n'étaient pas immédiatement disponibles pour commenter.
Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a estimé dimanche sur Europe 1 que le projet de changement de statut de La Poste, que son président Jean-Paul Bailly présentera prochainement au gouvernement, méritait "l'intérêt", confirmant une information parue vendredi dans Le Monde.
Les syndicats combattent par avance l'idée d'une entrée dans le secteur privé de La Poste, qui compte 300.000 employés, et symbole du service public à la française.
La fédération Sud-PTT a condamné vendredi "avec la plus vive énergie tout projet de changement de statut de La Poste qui la pousserait inévitablement dans une logique exclusivement financière, une logique incompatible avec le service public".
Claude Guéant a précisé dimanche que l'Etat resterait "très majoritaire" dans le capital en cas de transformation du statut de La Poste, qui la préparerait à l'ouverture à la concurrence de toutes les activités postales en Europe d'ici à 2011.
Il a également fait état d'une distribution du capital aux salariés de La Poste, évaluée à 2 et 2,5% par les Echos.
Avec une dette de 5,8 milliards d'euros, la Poste s'estime pénalisée face à ses concurrents pour financer sa croissance. Sud-PTT minimise l'importance de la dette au regard des 20 milliards de chiffre d'affaires du groupe et de son résultat net d'un milliard d'euros.
Plusieurs opérateurs postaux européens se sont déjà transformés en société par actions, à l'image de la Deutsche Post en Allemagne ou de TNT aux Pays Bas.
On continue a brader les bijoux de famille de la république afin de payer les voyages...
mardi 1 juillet 2008
Ce qui change (et ne change pas) au 1er juillet
Ouest-France lundi 30 juin 2008
Prestations sociales, tarifs... Mardi, différents montants sont réévalués. À la hausse. Bonnes et mauvaises nouvelles, donc.
Ce qui change
Le Smic augmente de 0,9 %. Le tarif horaire brut passe à 8,71 €, le brut mensuel à 1 321,02 € (1 037,53 € nets) pour 35 heures hebdomadaires. 2,5 millions de personnes sont concernées, dont 900 000 à temps partiel. Dans la Fonction publique, le traitement minimum mensuel est porté à 1 321,51 € mensuels bruts.
Les 1,7 million de demandeurs d'emploi indemnisés verront leurs allocations chômage revalorisées de 2,5 %.
Côté SNCF, certains tarifs seconde classe de trains Corail, Téoz et TER augmente de 10 centimes à 2,20 €. Les cartes Senior passent à 56 €, et celles Enfant plus à 70 € (un euro de plus chacune). En Ile-de-France, les tarifs de la RATP augmentent de 3 %. Le prix de 10 tickets passe de 11,10 € à 11,40 €. À l'unité, le ticket de métro coûtera 1,60 €, contre 1,50 € aujourd'hui.
Dans le domaine de l'assurance-maladie, la consultation reste à 22 € mais à partir de fin juillet, début août, les patients pourront consulter les tarifs moyens de tous les dentistes et médecins autorisés à effectuer des dépassements d'honoraires, sur le site internet de l'assurance-maladie : wwwameli.fr
Du changement aussi du côté de la Sécurité routière. « C'est jaune, c'est moche, ça ne va avec rien mais ça peut vous sauver la vie », dit Karl Lagerfeld, impassible avec son noeud pap'et son gilet jaune fluo, sur la pub bien sentie de la Sécurité routière. À partir de mardi, tous les automobilistes devront posséder un gilet rétro-réfléchissant et un triangle de présignalisation. Comptez environ 10 €, voire moins, l'équipement. Nombreuses ruptures de stocks. Du coup, ce n'est qu'à partir du 1er octobre que le non-respect de cette mesure sera passible d'une amende forfaitaire de 135 €.
Ce qui ne change pas
Le RMI, revalorisé le 1er janvier, reste à 447,91 € pour une personne seule sans enfant, 671,87 € pour une personne seule avec un enfant ou un couple sans enfant, et 806,24 € pour une personne seule avec deux enfants ou un couple avec un enfant. L'Allocation adulte handicapé (AAH) ne sera pas revalorisée en juillet mais elle le sera en septembre : 3,9 %. Les allocations familiales restent à 120,32 € pour deux enfants, 274,47 € pour trois enfants. Augmentation en janvier seulement des prix des TGV. Les tarifs GDF et EDF ne raugmentent pas. Le prix du timbre non plus : 55 centimes pour envoyer, à ceux qu'on aime, des nouvelles de l'été.
dimanche 29 juin 2008
Rafale de mauvaises nouvelles pour l'économie française
Eco-Terre LIBERATION.: vendredi 27 juin 2008 philippe brochen
Euro au plus haut, inflation galopante, croissance en berne, chômage en légère hausse, CAC 40 grippé... L'économie française n'est pas à la fête. Et cela ne devrait pas s'arranger.
Les écomistes parlent de stagflation: une croissance au plus bas conjuguée à une inflation conséquente. Plus prosaïquement, les Français ont le blues. Minés. Défaits. A terre. En juin, le moral des ménages a continué de dégringoler, pour tomber à son plus bas niveau depuis vingt ans, miné par l'inflation galopante et les craintes pour le pouvoir d'achat. Et de fait, divers indicateurs donnent raison à ses déprimés hexagonaux.
La monnaie unique, tout d'abord. L'euro n'en finit plus d'incarner tous les maux dont souffre le porte-monnaie. L'autre Euro, aussi, a fait de la peine aux Français. Celui qui a vu l'équipe nationale, oui oui celle emmenée par Raymond-je-demande-la-main-d'Estelle-à-la-télé, être défaite par un de ses ennemis footballistiques préférés, l'équipe des bruns aux cheveux gominés et/ou aux serre-tête: l'Italie. Bref, c'est la cata, c'est la cata, c'est la catastrophe.
La preuve? Arithmétique. Le moral des ménages a encore chuté de quatre points en juin (c'est le douzième mois consécutif) à -46 points, Son plus bas niveau depuis 1987. Cela fait vingt-et un ans que n'avions pas été aussi malheureux. C'est dire si ça va mal.
Maudite inflation
Les économistes expliquent surtout la dégradation de la confiance par la hausse des prix. Il est vrai que l'inflation a atteint 3,3% sur un an en mai, un niveau jamais inégalé depuis juillet 1991, sous l'effet de la flambée des cours du pétrole et de l'alimentation. Et, selon l'institut de la statistique, les Français sont plus pessimistes sur l'évolution future de leur situation financière personnelle. Pour l'économiste Alexander Law, tout cela est «cohérent avec une prévision de croissance du pouvoir d'achat globale inférieure à 0,1% cette année».
Dommage, car c'est justement le moral des Français qui a tiré la croissance ces dernières années, via la consommation des ménages, bien plus que l'investissement des entreprises et le commerce extérieur, en déficit chronique.
Mince consolation, nos voisins sont peu ou prou aussi déprimés. L'indice de confiance économique en zone euro, qui résume l'opinion des chefs d'entreprises et des consommateurs, a fortement reculé en juin. Dans un contexte inflationniste marqué par la flambée des prix de l'énergie, il a atteint son plus bas niveau depuis trois ans et n'était jamais tombé sous ce seuil depuis août 2003: 94,9 points (-2,7 points), d'après une enquête publiée ce vendredi par la Commission européenne.
La confiance des consommateurs a également reculé, à son plus bas niveau depuis octobre 2003, alors que la flambée des prix du carburant entame de plus en plus l'appétit d'achat des ménages européens. Ce recul du moral des consommateurs «est particulièrement inquiétant», estime l'économiste Jonathan Loynes, de Capital Economics. En Espagne, l'indice de confiance a fortement reculé (-6,2 points), de même qu'en Allemagne (-1,5 point) et en Italie (-0,1 point).
Maudite croissance
Autre mauvaise nouvelle pour l'Hexagone: la croissance au 1er trimestre 2008, révisée à +0,5% par l'Insee, qui avait initialement annoncé une croissance de 0,6% sur les trois premiers mois de l'année. Et la flambée des prix de l'énergie et de l'alimentation laisse prévoir une inflation forte et soutenue dans les mois qui viennent (3,2% pour 2008).
De son côté, le gouvernement prévoit pour l'instant une inflation moyenne de 2,2%, mais avec un baril de pétrole à 100 dollars, tandis que l'hypothèse de l'Insee table sur un baril stabilisé autour de 130 dollars. Aujourd'hui, il a atteint 141 dollars et tutoyé les 142 dollars.
Maudit chômage
Et quand ça veut pas, ça veut pas: la tendance à la baisse du chômage s'est ralentie depuis le début de l'année, notamment en raison d'une réduction de l'intérim, a reconnu ce vendredi le directeur général de l'ANPE, Christian Charpy.
Fin mai, le nombre de chômeurs inscrits fin mai à l'ANPE a augmenté de 0,3% comparé au mois d'avril (+5.400), repassant au-dessus de la barre des 1,9 million de demandeurs d'emploi et affichant une baisse réduite à 4,3% sur un an.
Maudit CAC 40
Autre indicateur inquiétant: le CAC 40. Revenue hier jeudi à son niveau de novembre 2005 (4.426,19 points), la Bourse de Paris devrait encore baisser aujourd'hui dans le sillage de marchés asiatiques enrhumés. Bref, c'est la fête.
Maudit euro
vendredi 27 juin 2008
L’incitation au cumul emploi-retraite inquiète les syndicats
FRANÇOIS WENZ-DUMAS - Libération - vendredi 27 juin 2008
Des mesures - dont celle, polémique, du cumul emploi-retraite - et une table ronde sur l’emploi des seniors : le grand «rendez-vous» de 2008 prévu par la réforme des retraites votée en 2003 aura été vite expédié !
Réunis hier à Bercy, les partenaires sociaux ont compris, en écoutant les ministres du Travail (Xavier Bertrand), de l’Economie (Christine Lagarde) et le secrétaire d’Etat à l’Emploi (Laurent Wauquiez), que le gouvernement n’irait pas beaucoup plus loin dans la concertation.
Cumul. Le 28 avril, il avait remis aux partenaires sociaux un document où figuraient ses propositions :
passage à 41 annuités de cotisations,
suppression des mises à la retraite d’office,
taxation des préretraites,
suppression progressive, d’ici à 2011, de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés
et, surtout, le cumul entre un emploi et la retraire.
Hier, les ministres ont confirmé les grandes lignes de ce plan de «mobilisation pour l’emploi des seniors». Xavier Bertrand a juste promis qu’il les reverrait «avant l’été» sur la question, «plus large», des retraites.
Les réactions syndicales ne se sont pas fait attendre. En facilitant le cumul emploi-retraite, le gouvernement va provoquer «un dumping sur le niveau des salaires des seniors, au détriment de l’emploi des jeunes» , estime la CFDT. «Dans ce plan, il y a finalement deux parties qui sont elles-mêmes contradictoires, analyse Jean-Christophe Le Duigou (CGT). La première, qui nous intéresse a priori, est la prévention du risque de licenciement pour les salariés âgés, avec l’idée de contrats dans l’entreprise ou dans la branche et de sanctions éventuelles. On ne comprend pas d’ailleurs qu’on ne nous fasse pas ça plus vite, plus tôt.»
Le plan gouvernemental prévoit d’obliger les entreprises de plus de 300 salariés à négocier des accords sur la gestion des âges sous peine de se voir appliquer une cotisation additionnelle pour l’assurance vieillesse. «Mais la deuxième partie est totalement en contradiction avec ça, poursuit le responsable cégétiste. C’est une série de mesures visant à inciter les salariés proches ou ayant atteint l’âge de la retraite à cumuler une activité avec leur retraite.»
Pour faciliter ce cumul, le gouvernement veut lever toutes les restrictions qui subsistent encore, notamment le délai de carence de six mois et le plafond de 1,6 Smic qui serait supprimé.
Autre mesure controversée : la suppression de la dispense de recherche d’emploi. Depuis 1984, un chômeur n’est plus obligé, à partir de 57 ans et demi, d’apporter à l’ANPE la preuve qu’il recherche un emploi. Cette dispense concerne actuellement 400 000 personnes. Au 1er janvier 2009, elle ne s’appliquerait qu’à partir de 58 ans, à 59 ans au 1er janvier 2010 et à 60 ans au 1er janvier 2011.
Surcote. Enfin, le plan prévoit d’améliorer la surcote applicable aux salariés qui poursuivent leur activité après 60 ans. Elle passerait à 1,25 % par trimestre supplémentaire, soit 5 % par an au lieu de 3 %.

jeudi 26 juin 2008
Allocations chômage : la valorisation de 2,5 % au 1er juillet ne compense pas la hausse des prix
Les Echos - LUCIE ROBEQUAIN – 25/06/08
Les 1,7 million de demandeurs d'emploi indemnisés par le régime d'assurance-chômage (Unedic) vont perdre en pouvoir d'achat du fait de la hausse des prix.
Réunis en conseil d'administration hier, les partenaires sociaux chargés du régime ont en effet décidé de limiter la valorisation des allocations chômage à 2,5 % au 1er juillet, soit un niveau inférieur au taux d'inflation attendu pour 2008 (3,2 %). Cette décision a créé quelques remous du côté des négociateurs syndicaux, qui, de la CGC à la CGT, réclamaient des valorisations comprises entre 3,3 % et 6 %. Mais le patronat (Medef, CGPME, UPA), dont la priorité est de réduire le coût du travail, a refusé d'aller au-delà de 2,5 %. Les demandeurs d'emploi ne sont pas les seuls à souffrir d'une érosion de leur pouvoir d'achat : depuis le début d'année, la hausse des prix a déjà dévalué plusieurs prestations sociales, parmi lesquelles le RMI, les retraites (1,1% puis 0,8%) et les allocations familiales (« Les Echos » du 23 juin). Seul le SMIC, directement indexé sur l'inflation, semble échapper à cette tendance.
Cette moindre valorisation semble, pour certains syndicats, d'autant plus choquante que l'Unedic dégage des excédents colossaux grâce à la baisse du chômage. « Plutôt que de basculer une partie des cotisations chômage aux caisses de retraite, il vaudrait mieux utiliser les excédents de l'Unedic pour améliorer l'indemnisation des demandeurs d'emploi », a fustigé Eric Aubin (CGT). Hier, les services statistiques de l'Unedic ont révisé, une nouvelle fois en hausse, les recettes attendues pour 2008. Le régime d'assurance-chômage devrait ainsi dégager 4,7 milliards d'euros d'excédents sur l'année, après 3,5 milliards en 2007. C'est 100 millions de plus que ce qui avait été annoncé fin mars. Le déficit cumulé serait ramené, lui, à 4,9 milliards d'euros fin décembre. Paradoxalement, cette amélioration intervient alors que le régime d'assurance-chômage table sur un ralentissement de l'emploi plus marqué qu'il ne le prévoyait voilà trois mois : les créations nettes d'emploi se limiteraient à 119.000 sur l'année, au lieu de 140.000. Si les comptes de l'Unedic s'améliorent plus rapidement que prévu, c'est donc, en premier lieu, grâce à la moindre augmentation de la population active (81.000 en 2008). Celle-ci permettra de réduire le nombre de demandeurs d'emploi de 111.000 sur l'année.
Ces estimations n'en restent pas moins pessimistes, si on les compare à celles de l'Insee publiées la semaine dernière. A la veille de la réforme des retraites, certains soupçonnent l'Unedic de minimiser l'amélioration attendue de ses comptes pour ne pas être trop mis à contribution. De fait, les prévisions financières établies lors des précédents bureaux ont toujours été révisées à la hausse.

