samedi 11 octobre 2008
Malgré la crise, le PDG de la Société générale aurait gagné 1,3 million d'euros en 4 mois
20MINUTES 10 Octobre 2008
En ces temps de crise, le chiffre est marquant. Le PDG de la Société générale, Daniel Bouton, aurait réalisé une plus-value de 1,3 million d'euros en moins de quatre mois, selon Mediapart. Et cela, malgré la chute du titre en Bourse, en revendant des actions de son groupe acquises au titre des stock-options.
«En moins de quatre mois, le président de la Société générale a réalisé 1,3 million de plus-values», assure le site qui a effectué ce calcul en se référant notamment aux déclarations obligatoires transmises par Daniel Bouton à l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Plus-values
Selon le site Internet, le PDG de la banque a, «en toute légalité», commencé il y a quatre mois à revendre des actions SocGen acquises à un prix plus avantageux que le cours de l'action en Bourse au titre des stock-options. Le 3 juillet, il aurait ainsi acheté 18.000 actions au prix unitaire de 47,57 euros avant de les recéder le jour même au prix de 55,53 euros, générant une plus-value de 143.280 euros, affirme Mediapart, qui énumère plusieurs opérations similaires réalisées par Daniel Bouton.
Le 2 octobre, Daniel Bouton aurait réalisé «une nouvelle levée de 30.000 options» qu'il a revendues au prix unitaire de 66,03 euros, en y ajoutant la cession de 5.000 actions, poursuit Mediapart, qui chiffre la plus-value ce jour-là à 348.100 euros.
Plombé par la crise financière comme les autres valeurs bancaires et touché par l’affaire Kerviel, le titre Société générale a perdu plus de 25% ces six derniers mois à la Bourse de Paris.
Interrogée par l'AFP, une porte-parole de la banque française s'est refusée à commenter «les calculs faits par Mediapart».
vendredi 10 octobre 2008
Accoyer propose "un grand emprunt d'Etat" et "une amnistie fiscale" pour sortir de la crise; l'opposition hurle
PARIS (AFP) - 09/10/2008 – TV5 Infos
Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer propose, dans un entretien à paraître vendredi dans Les Echos, de lancer "un grand emprunt d'Etat" et "une amnistie fiscale" pour sortir de la crise bancaire et financière.
"Pourquoi ne pas réfléchir au lancement d'un grand emprunt d'Etat, pour être en mesure de donner au secteur bancaire les moyens de financer notre économie?" propose M. Accoyer.
"Pourquoi ne pas réfléchir aussi à une amnistie fiscale pour nos compatriotes qui accepteraient de rapatrier leurs capitaux, sous condition bien sûr de souscrire à cet emprunt d'Etat ?" ajoute-t-il.
"Même si son système bancaire est plus solide qu'ailleurs, la France aura quand même à faire face aux conséquences de cette crise. Donc nous devons mobiliser toutes nos forces. D'autant plus qu'il nous faut continuer à assainir nos finances publiques", ajoute M. Accoyer.
Interrogé sur la validité du projet de budget 2009, construit sur une hypothèse de croissance de 1% alors que le FMI table sur 0,2%, M. Accoyer estime que le budget "a été préparé avec une grande prudence et une grande honnêteté."
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"Amnistie fiscale" de Bernard Accoyer : "insulte aux Français" (PS)
PARIS (AFP) - 09/10/2008 – TV5 Infos
Razzy Hammadi, secrétaire national du PS, a estimé jeudi que la proposition d'amnistie fiscale faite par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, était "un véritable scandale, une insulte aux français et à toutes les victimes".
"La majorité UMP continue sa "berlusconisation" dans un contexte de souffrance, de crainte et d'exigence de moralité pour une grande majorité de France", ajoute-t-il.
"Les masques tombent, l'UMP par la bouche de son président à l'Assemblée, montre de quel côté elle est", dit encore le secrétaire national du PS. "Elle a choisi son camp, celui de ceux qui nous ont menés là, toujours prêt à pousser l'immoralité jusqu'à l'illégalité afin de gagner plus sans évidemment travailler plus", conclut-il.
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Ségolène Royal sur la crise: il faut "changer le système devenu fou"
PARIS (AFP) - 09/10/2008 – TV5 Infos
Ségolène Royal (PS) a appelé jeudi à "changer le système" capitaliste "devenu fou", mettant en garde contre le danger, faute de mesures structurelles, de "consolider un système perverti sans avoir le courage politique de le changer".
"Changer le système, c'est mettre le système financier au service de l'économie", a déclaré sur RTL l'ex-candidate à la présidentielle.
Si "on éteint l'incendie", mais que "le feu continue à couver sous la cendre, c'est-à-dire que le système va se rétablir tel qu'il est, alors là, la crise à venir sera beaucoup plus violente et beaucoup plus profonde", a-t-elle averti.
Un sénateur américain influent estime que la nationalisation partielle de banques est une piste à explorer
afp | 09.10.2008 | 24 heures - Suisse
crise financière | L’influent sénateur américain Charles Schumer a estimé que l’idée d’une nationalisation partielle des banques, proposée mercredi par le Premier ministre britannique Gordon Brown, était une piste à explorer pour les Etats-Unis.
"De nombreux experts sont d’accord qu’une recapitalisation directe des banques américaines serait une façon efficace et moins coûteuse de (remédier au problème) du gel des marchés du crédit", a déclaré M. Schumer dans un communiqué diffusé mercredi soir.
"Aux termes de ce plan, le gouvernement recevrait des parts en échange de l’apport de capital ou de liquidités, cela permettrait aux contribuables de bénéficier d’une amélioration potentielle des banques de notre pays", ajoute cet influent élu new-yorkais, numéro trois de la majorité démocrate au Sénat.
Selon le New York Times de jeudi, qui cite des responsables gouvernementaux, le Trésor envisage de prendre des parts dans "beaucoup de banques américaines pour essayer de ramener la confiance dans le système financier".
Le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars tout juste voté par le Congrès donnerait au gouvernement la latitude d’une telle initiative, précise le quotidien, selon qui "le plan américain de recapitalisation est devenu l’une des options préférées en cours de discussion à Washington et à Wall Street".
L’Etat britannique a proposé mardi aux banques une entrée à leur capital à hauteur de 50 milliards de livres au total, ce qui se traduira par une nationalisation partielle pour celles qui recourront à cette option, ainsi que des aides au financement qui pourraient potentiellement atteindre jusqu’à 450 milliards de livres.
jeudi 9 octobre 2008
AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace avec l'argent du contribuable
AIG renfloué, des dirigeants s'offrent un palace avec l'argent du contribuable
Par Marc Vignaud – Le Point – 08/10/08
Le 17 septembre dernier, la banque centrale américaine sauve de la faillite AIG, le premier assureur du pays, en lui accordant un prêt de 85 milliards d'euros en échange de 79,9 % des parts de la société. Un renflouement réalisé grâce à l'argent du contribuable, au grand dam des citoyens, furieux de voir leurs impôts servir au sauvetage des institutions financières imprudentes.
À peine une semaine plus tard, certains dirigeants d'AIG n'ont rien trouvé de mieux que d'utiliser cet argent pour se payer une retraite, du 24 au 28 septembre, dans un complexe luxueux de Californie, le St Regis de Monarch Beach. Facture de ce séminaire luxueux : 443.343,71 dollars, dont près de 200.000 pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de soins de remise en forme", selon le démocrate américain Henry Waxman auditionné par la commission de la transparence et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants.
Fédérer tout le monde pour préserver la productivité
"Si j'avais vu des factures comme celles-là, je peux vous assurer qu'en tant que pdg, j'aurais posé des questions", a affirmé l'ancien patron d'AIG, Martin Sullivan, rappelant qu'il avait quitté la compagnie plusieurs mois auparavant... emportant avec lui un généreux pactole de 19 millions de dollars d'indemnité de départ.
Seul le directeur du service des assurances de l'État de New York, Éric Dinallo, est venu au secours des dirigeants d'AIG, expliquant que la retraite californienne pouvait avoir pour but d'éviter une fuite des talents de la compagnie et que la direction avait peut-être pensé qu'elle "devait fédérer tout le monde pour préserver la productivité" et "protéger les clients en les empêchant de fuir"… Pas sûr que les cadres aient trouvé des employeurs aussi généreux quand beaucoup de dirigeants de Wall Street ont pris le chemin de la porte depuis l'éclatement de la crise.
La Caisse d'Épargne approuve le projet de fusion avec la Banque populaire.
Le Point – 08/10/08
Le conseil de surveillance de la Caisse d'Épargne autorise le directoire à "entamer des discussions" avec le groupe Banque populaire "en vue du rapprochement de leurs organes centraux", annonce l'Écureuil dans un communiqué. Selon des sources proches, Philippe Dupont, le président du groupe Banque Populaire, prendra la tête du nouvel ensemble.
Les Caisses d'Épargne et les Banques populaires - respectivement troisième et cinquième réseaux en France - ont entamé des discussions en vue d'un rapprochement de leurs organes centraux : la Caisse nationale des Caisses d'Épargne (CNCE) et la Banque fédérale des Banques populaires (BFBP). L'information, révélée par le Monde.fr, est jugée très crédible par une source proche du dossier, qui confirme que des négociations sont en cours entre les deux banques mutualistes.
Véritable serpent de mer, l'idée d'un rapprochement entre les organes centraux des deux banques mutualistes s'étaient jusqu'à présent heurtée à des problèmes d'équilibre entre les réseaux mais aussi à des blocages plus politiques concernant la place des uns et des autres dans le futur organigramme.
Il semble que la crise financière, et les problèmes de liquidités qui en découlent, aient contribué à lever ces freins. Si officiellement il s'agit simplement "d'unir ses forces pour profiter des opportunités d'acquisitions en Europe, qui se font à prix bradés", il est difficile de croire que la dégringolade boursière de Natixis, la filiale commune aux deux banques dont l'action a perdu 80 % en deux ans et qui a toutes les peines du monde à se financer sur le marché, ne soit pour rien dans l'accélération de ce projet.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce sont les Caisses d'Épargne, les plus réticentes jusqu'ici à parler mariage, qui ont inscrit à l'ordre du jour la question d'une fusion entre la CNCE et la BFBP. La banque de Charles Milhaud serait en effet plus fragilisée par "l'effet syphon" de Natixis sur sa trésorerie que les Banques populaires de Philippe Dupont. L'union des deux mutualistes - dont les modalités restent à établir - aurait d'ores et déjà la bénédiction de l'Élysée, "très actif dans le dossier en question", selon notre source.
Après les délocalisations, les fusions...
mercredi 8 octobre 2008
Plan de soutien aux PME : 8 milliards d'euros disponibles dès jeudi
Les Echos - 07/10/08 -
"Les besoins de financement sont immédiats", a fait valoir M. Fillon, accompagné du secrétaire d'Etat en charge du Commerce et des petites et moyennes entreprises, Hervé Novelli. "Huit milliards seront disponibles jeudi, neuf milliards seront disponibles le 15 octobre et la totalité des 22 milliards sera disponible dans deux semaines", a affirmé le chef du gouvernement. "Nous allons mettre en place un système de contrôle. Nous avons demandé aux banques un engagement que la totalité de ces crédits serait intégralement consacrée au financement" des PME, a-t-il ajouté.
L'Elysée avait annoncé jeudi ce plan de soutien au financement des PME afin de prévenir les risques d'assèchement du crédit provoqués par la crise financière.
1,5 milliards du RSA pour les démunis, ça ne passe pas… mais l’état dont les caisses étaient vides débourse 22 milliards pour les entreprises...
Défilés sur le travail décent ...
Challenges 071008 19 h 22 Extraits

Des milliers de manifestants sur le travail décent
Plusieurs milliers de personnes défilaient en milieu d'après-midi à Paris dans le cadre de la journée de mobilisation interprofessionnelle pour les salaires, l'emploi, les retraites et les services publics.
Plusieurs milliers de personnes défilaient mardi 7 octobre en milieu d'après-midi à Paris dans le cadre de la journée de mobilisation interprofessionnelle pour les salaires, l'emploi, les retraites et les services publics.
"Travail, salaires, emplois. Solidarité internationale pour un travail décent", pouvait-on lire sur la banderole en tête du cortège parti peu avant 16 heures de la place de l'Alma. Cette mobilisation était organisée dans le cadre de l'appel à une "journée mondiale pour le travail décent".
Les manifestants défilaient jusqu'à la place du Trocadéro où un "meeting-concert" était prévu en début de soirée.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, celui de la CFDT François Chérèque, de la FSU Gérard Aschieri ou encore de l'UNSA Alain Olive étaient présents en tête du défilé.
Au total, 87 défilés ont été organisés tout au long de la journée en France, selon la CGT.
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Les échos [ 07/10/08 - 17H14 Extraits
Journée mondiale pour le travail décent : les grévistes peu nombreux
Les syndicats ont préféré les manifestations à la grève dans un contexte de crise financière, afin de ne pas bloquer l'économie. Les personnels de l'Education n'ont fait grève qu'à 5,37% selon le ministère - 25 à 30% dans les collèges et lycées selon la FSU. Les transports ont été faiblement perturbés.
Six syndicats ont couplé mardi la première "Journée mondiale sur le travail décent" à des dizaines de défilés en France sur des thèmes prioritaires comme l'emploi et les salaires, sur fond d'une inquiétude exacerbée par la crise financière et la hausse du chômage.
Pour cette journée, la CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et l'Unsa ont privilégié les manifestations plutôt qu'un appel national à une grève, jugée trop pénalisante pour le pouvoir d'achat en ces temps difficiles. Selon la CGT, 87 défilés étaient organisés en France, dont un à Paris à partir de 15H30 d'Alma-Marceau au Trocadéro, où devait se tenir un rassemblement international, en présence notamment des secrétaires généraux de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Confédération européenne des syndicats (CES), Guy Ryder et John Monks.
FO et la CFTC ne participent pas à ces actions nationales, refusant d'inclure des revendications nationales sur une journée de solidarité internationale. Elles seront toutefois au Trocadéro.
Les journalistes n'ont pas asssisté aux même défilés ?
mardi 7 octobre 2008
Les gagnants de la crise
Jean-Christophe Martin – France–Infos
Il y a les perdants et les autres. De quoi positiver dans la déprime, et du côté des milliardaires on n’est pas trop malheureux... Exemple avec l’Américain Warren Buffet : à 78 ans, on aurait pu penser que l’homme le plus riche du monde allait se ranger des voitures écrit Libération... Avec ses 65 milliards de dollars d’argent de poche, il a quoi voir venir...
Mais l’occasion était trop belle : avec la crise, il est de retour aux affaires et plus vorace que jamais...
En deux semaines de crise, il a investi pas loin de 15 milliards de dollars dans diverses sociétés plus ou moins en difficulté. Et pour couronner le tout écrit Libération, notre petit papy de la finance mondialisée accepterait même de laisser un pourboire à l’Etat américain, en participant à hauteur de 1 pour cent au plan de sauvetage de 700 milliards d’Henri Paulson. Ca ne fait jamais que 7 milliards... Son secret ? Un grand classique de la finance, sauf que ça ne réussit pas à tout le monde : avancer à contre-courant, acheter dans la débâcle, vendre dans l’euphorie... Aujourd’hui justement, en pleine débâcle, il se régale, d’ailleurs ses actions sont en train de grimper.
Un autre milliardaire qui n’a pas de souci, à part savoir comment dépenser son argent, c’est le russe Roman Abramovitch...
Lui pour s’occuper, il est patron du club de foot anglais de Chelsea, et comme il lui reste un peu d’argent de poche, le Figaro raconte qu’il se fait construire un yacht, pas n’importe lequel ce sera le plus long du monde avec ses 167 mètres, ce sera aussi le premier palace flottant blindé, avec l’option détecteur de missiles, il faut bien penser aux malfaisants... Et même si des pirates ou des terroristes arrivaient à monter à bord, pas de panique, il y a même un mini-sous marin pour filer en douce...
Voilà pour les petites nouvelles des milliardaires, et dans la presse ce matin il est décidément beaucoup question d’argent...
L’Europe au secours de ses banques : c’est la une du Parisien-Aujourd’hui en France... les Etats, pompiers de la crise à la une de la Croix, la valse des milliards continue dans la presse, c’est même légèrement vertigineux.
Les caisses sont vides paraît-il mais pour sauver les banques, on trouve encore des fonds de tiroir carrément confortables, 15 milliards pour la BNP qui rachète Fortis à la une du Figaro, et encore un plan à 50 milliards ce week-end en Allemagne après les 700 milliards du plan américain, des chiffres qui s’entrechoquent dans la presse dans une comptabilité un peu surréaliste pour nous autres quand on ne s’appelle pas Warren Buffet ou Roman Abramovitch...
Sandouville : Nicolas Sarkozy renonce à rencontrer les ouvriers sur les chaînes
lundi 06.10.2008- La Voix du Nord
Nicolas Sarkozy a renoncé ce lundi à rencontrer les ouvriers sur les chaînes de l'usine Renault de Sandouville où une partie des salariés s'était mise en grève à l'occasion de sa venue. « Il est difficile de rencontrer les salariés quand ils font grève », a-t-il expliqué. Il a par ailleurs expliqué que l'usine de fermerait pas.
« Malheureusement, j'aurais bien voulu les rencontrer » a-t-il dit. « Si j'étais venu sur les chaînes uniquement pour rencontrer ceux qui ne font pas grève, on m'aurait dit oui, vous choisissez la facilité, puisque vous ne rencontrez que ceux qui sont d'accord avec vous... En accord avec toutes les organisations syndicales, j'ai décidé de revenir un jour où ils ne seraient pas en grève », a ajouté Nicolas Sarkozy.
Une partie des salariés de l'usine Renault, , avaient cessé le travail lundi matin à l'occasion de la venue du Président de la République.
Une partie des grévistes s'était regroupée à l'appel de la seule CGT devant les portes de cette usine de 3.700 salariés, où 1 000 emplois doivent être supprimés. « Sarkozy, t'es foutu les Renault sont dans le rue », ont scandé les manifestants, au nombre de 300 environ, qui ont allumé un feu de pneus et lancé des pétards.
« Ce site ne fermera pas. Le président [de Renault, Carlos] Ghosn et Renault ont décidé d'y faire construire un véhicule utilitaire » en 2012, a déclaré Nicolas Sarkozy à la presse après une rencontre à huis clos de plus d'une heure à Sandouville avec les représentants syndicaux du site et Carlos Ghosn.
« L'Etat est un des actionnaires de Renault. L'Etat travaille main dans la main avec le management de Renault. J'ai voulu voir les salariés et les syndicats pour leur expliquer cela », a-t-il poursuivi.
Pour répondre à l'inquiétude des salariés, Nicolas Sarkozy a confirmé ce lundi à Sandouville que l'Etat allait garantir à Renault « un crédit impôts recherche à 30% » et « continuer à travailler sur la taxe professionnelle, qui est un point très important pour l'industrie ».
Il a également annoncé que les syndicats seraient reçus cette semaine par le secrétaire d'Etat à l'emploi Laurent Wauquiez pour discuter de dispositions qui permettraient aux salariés de Sandouville « d'aller en formation avec 100% de leur salaire sans passer par la case chômage » ou encore de suivre une formation pendant qu'ils sont au chômage partiel « pour qu'il n'y ait pas de perte de pouvoir d'achat ».
Nicolas Sarkozy a enfin indiqué qu'il allait étudier, avec ses partenaires de l'Union européenne (UE), la possibilité de « mettre en place des crédits à taux bonifiés pour aider l'industrie automobile européenne à s'adapter à la concurrence », comme viennent de le faire les Etats-Unis.
Les parachutes pathologiques, par Jean-Michel Dumay
LE MONDE | 04.10.08
Le système a dérapé il y a quelques décennies. Au temps des fondateurs - ceux qui "créaient" les entreprises devenues empires -, la prise de risque sur deniers personnels imposait le respect. Puis s'est installé le règne des gestionnaires, des cadres dirigeants, mandataires sociaux, qui pensent parfois, avec l'argent des autres, rejouer aux fondateurs en "créant" de plus grands groupes, lors des fusions-acquisitions.
On parle peu de la composition des organes sociaux de ces groupes - conseils d'administration et de surveillance, directoires. Du fait de l'évolution de l'actionnariat, des participations croisées, de la place des investisseurs institutionnels, tout le (petit) monde s'y connaît.
Une caste. Petits arrangements entre amis d'un jour, coups bas entre ennemis du lendemain. Tu me tiens, je te tiens. Jusqu'aux comités de rémunération, où les intérêts sont personnels et si peu sociaux.
Tout cela n'est pas nécessairement question d'avidité. Car, si en ces lieux tous se regardent, se benchmarkent et se jaugent, c'est parce qu'il en va aussi du statut et de la reconnaissance. Tout le monde a besoin de visibilité, de considération, les riches comme les pauvres. Question d'identité. Et qu'importe la dose de mépris que cela nécessite socialement quand, à ce niveau, le manque devient insatiable. On peut s'étonner qu'il n'y ait pas plus de réactions du corps social, des salariés, invités dans les entreprises à donner le meilleur d'eux-mêmes pour financer ces parachutes pathologiques - car rien ne se perd dans un bilan. De la résignation, pas de révolution. Pourquoi ?
Spécialiste des "pathologies sociales" contemporaines, le philosophe allemand Axel Honneth nous éclaire (La Société du mépris, La Découverte, 350 p., 12,50 €). L'heure ne serait plus au paradigme de la justice sociale, disons moins qu'avant. Ce qui compterait, ce serait plutôt "les conditions qui garantissent aux membres de cette société une forme inaltérée de réalisation de soi". L'individu rechercherait "une vie bonne et réussie". Qu'importe celle du voisin. Et tout cela se jouerait pour ainsi dire, le nez sur le guidon.
Est-ce pour autant la fin d'un idéal collectif de justice ? Voire. Quand la crise de sens gagne au travail, quand la crise tout court s'invite dans les foyers, la prise de conscience risque, un jour, d'être explosive.
A moins que, philosophe encore, chacun emprunte la voie suggérée par Fred Poché (Blessures intimes, blessures sociales, de la plainte à la solidarité, éd. du Cerf, 176 p., 18,05 €).
A ceux qui recherchent "une existence authentique qui ne cède pas aux logiques actuelles de course aux profits", à ceux qui "désirent échanger avec autrui en vérité, sans volonté plus ou moins consciente de domination", ce philosophe recommande de panser d'abord leurs blessures, et de songer à une éthique du souci de soi. Qui peut mener à un authentique souci de l'autre. Que l'on soit riche ou pauvre.
Courriel : dumay@lemonde.fr
