dimanche 15 novembre 2009
En déniant toute dignité à l’animal, notre culture affiche son mépris du monde qui lui est extérieur par Hervé Kempf
LE MONDE | 07.11.09
Viande, culture et climat
Dans son autobiographie, Gandhi raconte ce qu'il appelle "une tragédie". Il est alors adolescent, et son meilleur ami veut l'habituer à manger de la viande. La famille de Gandhi est de religion hindoue, dans sa variante vaishnava, et le régime végétarien y est de règle. Comment enfreindre une coutume d'autant plus naturelle que les parents de Gandhi, à qui il voue une véritable dévotion, n'imaginent pas une seconde de s'en éloigner ?
"Nous sommes un peuple faible parce que nous ne mangeons pas de viande, lui dit son ami. Les Anglais peuvent nous dominer parce que ce sont des mangeurs de viande." Gandhi, qui se sent alors chétif et est déjà animé, même s'il ne le sait pas encore, d'une farouche volonté d'indépendance pour son pays, se force donc, quelque temps, à manger de la viande. Il se libérera assez aisément de cette sujétion, tant la question de l'alimentation – à laquelle il va donner une dimension spirituelle dépassant largement l'enjeu hygiénique – va devenir pour lui essentielle.
Que nous dit cette histoire la semaine où le décès de Claude Lévi-Strauss nous rappelle l'impérieuse nécessité d'un regard sur les autres cultures pour comprendre la nôtre ?
Que se nourrir n'est pas un acte métabolique, mais d'abord un fait culturel. Autrement dit, que l'infinie variété des façons de s'alimenter n'est que le reflet de l'infinie variété des cultures. Gandhi le montre bien en opposant clairement les coutumes d'une Angleterre impériale et d'une Inde alors asservie.
Faut-il, par respect de toute vie, s'abstenir de manger de la viande, comme le font les hindous ? A tout le moins, on peut se rappeler la pratique de ces peuples amérindiens qui s'excusent auprès de l'animal chassé de lui prendre la vie.
Ou se remémorer cette culture paysanne française toute proche encore, qui établissait des liens complices entre l'homme et l'animal, comme en témoigne le fil qui va du Roman de Renard aux contes de Marcel Aymé.
Mais notre culture, aujourd'hui, quelle est-elle ? Elle ingurgite par millions de tonnes les produits d'immenses usines à viande, où l'animal n'est plus qu'une sorte à peine particulière de matière première. En lui déniant toute dignité, notre culture affiche son mépris du monde qui lui est extérieur, et qui n'est pas seulement biologique.
Mais revenons à une considération plus en accord avec l'esprit de l'époque. Selon le rapport Livestock's Long Shadow, publié par la FAO en 2006, l'élevage est dans le monde la source de 18% des émissions de gaz à effet de serre.
18 %! Presque un cinquième. Pour lutter contre le changement climatique, il ne faut pas seulement faire du vélo, mais aussi manger beaucoup moins de viande.
Oui, c'est moins brillant que de planter des éoliennes ou du nucléaire partout. Et – horreur ! – cela ne crée pas de profit monétaire. Mais c'est d'un résultat plus certain.
Courriel: kempf@lemonde.fr
Hervé Kempf
mercredi 11 novembre 2009
Rabhi, De Foucauld, Levi Strauss, des cerveaux sans oreilles ?
Article publié le 10/11/09 par MyCoop
Comme une braise que l’on croyait éteinte, un souffle est venu ranimer ce petit feu qui brûle là, sous la boite crânienne. N’ayez crainte ce n’est pas pour lustrer mon nombril. Hier soir, j’assistais à une table ronde.
Le débat organisé par Mycoop proposait de s’interroger sur « comment conjuguer lutte contre le chômage et préservation de l’environnement ?». Deux intervenants sont là pour ouvrir des pistes, Jean-Baptiste de Foucauld, Président-fondateur de Solidarités Nouvelles face au Chômage et Pierre Rabhi, fondateur de Terre et Humanisme.
Pour résumer très rapidement, deux théories sont proposées, la radicalité, que soutient Pierre Rabhi à partir de son expérience. "Il y a urgence à stopper la surproduction des 30% de privilégiés que nous sommes au détriment des 70 % restants de la population mondiale qui souffrent de notre bêtise. La maison brûle, selon nos politiques, mais on passe notre temps à discuter sur la couleur du tuyau, quel seau d’eau prendre ..., pour éteindre cet incendie. Le Grenelle, Copenhague, etc. ne sont que des foutaises. Il faut changer maintenant au risque de voir s’éteindre l’être humain. A chacun d’en prendre conscience et d’agir".
En face, Jean Baptiste de Foucauld propose une articulation autour de trois modes d’actions : La radicalité, la résistance, et la régulation. Il pense que la proposition spirituelle, du travail individuel, que l’on peut résumer par cette maxime de Gandhi, « soit le changement que tu veux voir dans le monde » ne suffit pas. Il faut selon Jean Baptiste de Foucauld associer cette démarche individuelle à une démarche collective, politique. Et le changement de société ne se fera qu’avec de la régulation pour le bien commun.
Bref je quitte ce débat avec encore plus de questions. Entre le discours je dois l’avouer séduisant de Pierre Rabhi et la vision pragmatique de Jean Baptiste de Foucauld, comment faire une synthèse, quelle voie choisir ? Malgré tout j’ai un faible pour le second. La révolution j’ai des doutes ! Un changement d’ère sera selon moi une question d’évolution.
Et à quoi bon faire individuellement des petits gestes au quotidien si les gouvernements, les grands groupes écrasent de leurs grandes bottes nos petits gestes, avec des politiques, des décisions contraires ! A quoi bon faire des petits gestes, si nous , collectivement, ne changeons pas !
Mais comme une parole révélée, remonte à la surface et fait jour une partie du discours Kogis que m’a offert à entendre Eric Julien. La vie en société pose une triple interrogation : la régulation de l’égo (l’identité), du pouvoir, de l’énergie.

Difficile de retranscrire une telle mélodie pas très agréable et pourtant juste ! Cette sensation étrange que le fil est cassé. Que les ponts pour tendre vers une société plus respectueuse, plus humaines, entre contemporains pourtant décidés à construire ces ponts, ne sont pas prés d’être réalisés !
Ces deux visions proposées ont crées de vraies questions mais aussi des tensions dans la salle ! Certains s’interrogent, d’autres campent sur leurs positions.
Pour la première fois, je sens que cette régulation nécessaire selon les kogis pour faire communauté nous est étranger, à nous présent là, à cet instant, et depuis longtemps certainement, mais j'en prends conscience ! On parle, on parle (la preuve ci-dessus avec ces mots) et on parle encore mais, comme le disait Pierre Rabhi hier soir « des gens meurent à cet instant de notre bêtise ».
Je rentre, il est tard ; un mail m’apprend la mort de Claude Levi Strauss et m’invite à la rédaction d’un post sur cet grand humaniste. Je ne sais presque rien de lui. Je n’ai rien lu de son travail. Et que dire de plus que tous les commentateurs ? Ce matin je suis en boulimie de connaître son travail.
Mes recherches font écho à ce que j’ai vécu hier soir, comment des hommes (Rabhi, Lévi Strauss, De Foucauld etc. il sont nombreux malgré tout) aussi pertinents, qui nous alertent sur notre déshumanisation ne sont pas entendu !
"Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui" Claude Lévi-Strauss.
Source : Zevillage http://photographe.zevillage.org/news/rabhi-de-foucauld-levi-strauss-des-cerveaux-sans-oreilles
samedi 7 novembre 2009
Nantes - Salon Habitat et Développement durable - La toue cabanée : pour naviguer en père pénard
Actualités Ma Ville Nantes Samedi 07 Novembre 2009

Nicolas Sécher sur sa toue cabanée, « l'Izabelle », qu'il présente au salon de l'habitat ce week-end, ainsi qu'au salon de l'habitat et du développement durable, le week-end du 13 au 15 novembre.
Un menuisier d'Oudon renoue avec la tradition batelière ligérienne. Il a fabriqué une toue agrémentée d'un abri en forme de cabane et la présente au salon de l'habitat de la Beaujoire.
Reportage
C'est un fameux bateau solidement charpenté, en bois de pin Douglas et amarré sur l'Erdre en contrebas du parc des expositions. Nicolas Sécher, son créateur, l'appelle « la toue cabanée ». Avec ses 13,50 mètres, ce bateau surmonté d'une cabane confortable de 15 m2 (avec doubles couchettes et large carré) est une réplique de ceux qu'utilisaient les pêcheurs de Loire pour aller piéger le saumon sur les barrages du fleuve
La toue cabanée est devenue un bateau de loisirs dominical idéal pour naviguer en père pénard, en famille ou avec des copains d'abord. « Je suis menuisier à Oudon, j'aime l'eau et le bois. L'an dernier, je suis allé naviguer sur la Loire, j'ai eu comme un déclic, explique Nicolas Sécher. Je me suis documenté sur les toues et je me suis lancé... »
Un prototype
En bon menuisier, Nicolas a choisi du beau bois : « Du pin Douglas que je fais venir de la Creuse, parce qu'il est plus résistant. Le chantier a commencé en mai, il s'est terminé juste avant l'ouverture du salon de l'habitat. »
« L'Izabelle » est un prototype grâce auquel Nicolas espère séduire des amateurs de navigation en eaux calmes. Sur un plan économique, la toue cabanée est aussi une opportunité de diversifier son activité de menuiserie.
Nicolas Sécher n'a pas de plan de commercialisation pour son bateau, il compte simplement « sur le bouche à oreille ». Et vogue la galère. Ses prix, estime-t-il, sont raisonnables : 33 000 € pour une toue non aménagée et sans moteur ; 46 000 € pour la toue cabanée complète et motorisée.
Avertissement aux marins d'eau douce : « La toue na va pas en mer et la Loire n'est pas reliée aux autres grands canaux de France, mais avec 600 km de voies navigables dans la région, il y a de quoi se faire plaisir. »
Contact. Nicolas menuiserie, à Oudon. Tél. 06 87 35 65 31.
Jocelyne RAT.Ouest-France
Oudon et son patrimoine
Origine du château XIème sicle
Tour et fortifications XIV et XVè siècle
La i-MiEV : une voiture électrique citadine et dynamique pour fin 2010 en France !
Notre-Planète-info - 03/11/2009 Christophe Magdelaine
L'histoire de la voiture électrique n'en finit pas de nous surprendre... et de nous impatienter. Kiyoshi Teshima, le président de Mitsubishi Motors France nous rappelle ainsi qu'en 1899, la première automobile au monde à dépasser les 100 km/h, fût un modèle électrique, devançant le moteur thermique. 110 ans plus tard, la voiture électrique se laisse toujours désirer : les premiers essais commerciaux furent des échecs et les annonces se multiplient sans résultats concrets.
Une rengaine que Mitsubishi souhaite bien infirmer avec le lancement depuis cet été au Japon d'une citadine électrique moderne et dynamique : la i-MiEV. La i-MiEV est la plus avancée des « éco-voitures » de Mitsubishi Motors. Avec une vitesse de pointe de 140 km/h et d'une autonomie d'environ 140 km, cette citadine nous proposera "un plein" pour seulement 2 euros !

Dotée de 4 places, d'une longueur de 3,4 mètres et d'un poids de 1,1 tonne, cette voiture électrique pourra également satisfaire des petites familles qui font des déplacements réguliers sur de courtes distances.
Une performance environnementale
La i-MiEV est une citadine mue par un moteur électrique qui n'émet aucun gaz d'échappement : pas de gaz à effet de serre et pas de contributions aux dangereuses pollutions atmosphériques locales, même si la production d'électricité génère des gaz à effet de serre.
Ces résultats propres aux moteurs électriques font souvent l'objet de reproches lorsque l'on considère l'ensemble de la chaîne de production de la voiture. Là aussi, la i-MiEV est exemplaire puisque sa fabrication et son utilisation n'émettent que 41 g de CO2 par km contre 145 g/km pour son équivalent thermique.
Une recharge en seulement 30 minutes
La recharge de la i-MiEV peut s'effectuer de deux manières :
en seulement 30 minutes, la batterie est rechargée à 80 % sur des bornes de recharge rapide (encore quasi inexistantes en France)
chez soi, sur une simple prise électrique de 220 V en 5 à 7 heures.
De plus, un système de récupération d'énergie au freinage permet de recharger quelque peu les batteries durant la conduite.
Afin d'aider le conducteur dans le maniement du véhicule, le tableau de bord présente un indicateur de charge résiduelle de la batterie et un indicateur de l'autonomie disponible.
L'autonomie relativement limitée de cette voiture électrique ne sera donc finalement plus un frein pour un usage urbain... Si des bornes de recharge rapide sont mises en place. Et c'est bien ce qui décidera du sort des voitures électriques en France !
Une voiture électrique dynamique et urbaine
Au niveau de la conduite, la i-MiEV est surprenante : ni poussive dans les accélérations*, ni lente au démarrage, elle s'insère facilement dans la circulation urbaine grâce à un couple important, une puissance de 47 kW (ou 64 ch) et une maniabilité agréable. Dotée d'une boîte de vitesses automatique, elle est très facile à conduire et apaisante.
En effet, les véhicules électriques sont par nature très silencieux car ils ne sont pas propulsés par un moteur à combustion interne et son cortège de bruits et de vibrations. La i-MiEV place la barre encore plus haut grâce à des développements technologiques portant sur le moteur électrique lui même, mais aussi sur la transmission et le bruit de roulement pour procurer un environnement intérieur extrêmement silencieux.
Résultat : sa conduite vous fait oublier que vous êtes en ville, dans un environnement en général fatiguant et bruyant. Mais cela peut aussi rendre la conduite plus dangereuse en diminuant votre vigilance au volant !
Sur autoroute (puisque sa vitesse de pointe et son centre de gravité très bas le lui permettent), les sensations sont proches de celles offertes par un planeur car derrière son vaste pare-brise, seuls les bruits aérodynamiques viennent perturber la sérénité de la conduite !

Des batteries lithium-ion haute performance
Pour alimenter son moteur électrique, la i-MiEV utilise un pack de batteries lithium-ion grande capacité développées et produites spécialement pour une utilisation embarquée pour l'automobile. Le pack de 88 batteries est constitué de 22 modules, chacun comprenant 4 éléments connectés en série, pour stocker un total de 16 kWh d'énergie électrique. La cellule lithium-ion possède en général une densité énergétique qui est le double de celle d'une batterie à hydrure de nickel et qui représente 3 ou 4 fois celle d'une batterie acide/plomb.
Développées en tenant compte des contraintes drastiques liées à une utilisation spécifiquement automobile, ces 88 batteries offrent un niveau de sécurité élevé. Par ailleurs, le pack de batteries étant situé sous la voiture et contenu dans le (long) empattement, il est parfaitement à l'abri des chocs comme l'ont prouvés des crash-tests de laboratoires effectués par les ingénieurs de la Marque.
Les batteries en fin de vie seront ensuite récupérées pour être démantelées ou recyclées même s'il n'existe pas encore de filière dédiée.
Moteur synchrone à aimant permanent
Il s'agit d'un nouveau type de moteur développé au milieu des années 90. L'aimant au néodyme utilisé dans le moteur i-MiEV est le plus puissant commercialisé et possède une force magnétique bien plus importante que les aimants en ferrite normalement utilisés dans les moteurs électriques.
Le moteur de la i-MiEV tourne à une vitesse maximum de 8 500 tours par minute (tpm). La caractéristique de base du moteur électrique est de générer un couple très élevé pour des vitesses très basses : 180 Nm (0 à 2 000 tpm).
La commercialisation en France et le prix
La i-MiEV a été lancée au Japon en juillet 2009 avec un certain succès puisque les 1400 unités prévues pour 2010 (clients professionnels) ont déjà toutes été commandées. A partir d'avril 2010, les particuliers japonais pourront acheter ce véhicule tandis que la production de la version Europe débutera en octobre 2010, pour une commercialisation effective fin 2010. La i-MiEV devrait donc être disponible en France début 2011.
Aucun prix de vente n'est officiellement annoncé, Mitsubishi Motors France étant encore en réflexion sur le sujet. Toutefois, Caroline Caquot, assistante du Président chez Mitsubishi Motors France nous a confié que le prix pourrait se situer aux alentours des 24 000 euros, sans oublier le bonus de l'Etat de 5000 euros (confirmé jusqu'en 2012) puisque ce véhicule électrique n'émet pas de CO2.
Un plan national pour développer les véhicules plus propres
Sur le plan technique, les voitures électriques ont fait de beaux progrès, malheureusement, leur démocratisation reste bloquée par l'absence de soutien dans l'aménagement du territoire. Sans bornes de recharge rapide sur tout le territoire ou de système d'échange de batteries dans les stations essence, la voiture électrique restera une utopie.
A ce titre, le ministère du Développement durable a présenté jeudi 1er octobre, un plan national avec 14 actions concrètes pour favoriser le développement de voitures électriques et hybrides rechargeables. Ce programme prévoit notamment que dès 2012 les constructions d'immeubles (bureaux et habitations) avec parking intègreront obligatoirement des prises de recharge. De plus, le statut de la copropriété des immeubles bâtis évoluera pour faciliter la présentation de devis d'équipement de recharge à l'assemblée des copropriétaires ; et un « droit à la prise » sera instauré pour les locataires. Au travail et dans les infrastructures publiques, la création de prises sera également facilitée, et obligatoire dans les parkings des immeubles de bureaux d'ici 2015.
Les communes seront également soutenues pour déployer les infrastructures de recharge publique. Ainsi, une nouvelle filiale à 100% d'ERDF sera créée pour accompagner les communes et répondre aux appels d'offre éventuels, en cas de délégation de l'installation de ces équipements.
Ce plan pourrait enfin impulser le lancement de la voiture électrique sur le territoire français. Toutefois, une récente analyse de l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité sur l'hiver 2009-2010 effectuée par RTE montre que la situation est moins favorable que les années précédentes. Si l'approvisionnement en électricité souffre déjà de tensions, la généralisation de la voiture électrique risque bien de nous confronter enfin à notre gabegie énergétique.
Notes : * La i-MiEV accélère de 0 à 80 km/h en 10,6 secondes et couvre le 400 m départ arrêté en 20,6 secondes. Pour les dépassements : 40 à 60 km/h en 2,8 secondes (4,0 secondes) et 60 à 80 km/h en 3,8 secondes (5,6 secondes). Les données entre parenthèse concernent la "i" à moteur thermique.
vendredi 6 novembre 2009
Fréderic Jannin, l’écologie, Lagaffe et moi
Fréderic Jannin, dessinateur de bande dessinée et musicien, est co-auteur de l’album “L’écologie selon Lagaffe” aux éditions Marsu Productions qui rassemble les planches de Franquin dédiées à l’écologie. Rencontre avec un passionné du maître de la gaffe et de Franquin.
Les planches de Franquin parlent-elles beaucoup d’écologie ?
Franquin était très sensible à la nature et aux animaux. Au fur et à mesure, il était de plus en plus en colère contre ses congénères qui détruisent la planète. Les animaux sont très présents dans ses albums.
Gaston est-il un écologiste ?
Le personnage a beaucoup évolué. Au départ, c’était plutôt un paresseux malgré ses bonnes intentions. Puis progressivement, c’est devenu aussi un inventeur au service de la nature et des animaux.
Dans cet album, vous mêlez les gags à des textes sur l’histoire de l’écologie. C’était important de mélanger sérieux et humour ?
C’était très maladroit d’essayer de faire rire à la place de Franquin, nous avons donc choisi avec Gilles Dal, d’ajouter des éléments plus sérieux sur les grands moments de l’écologie en conservant un ton léger. Des agrandissements des planches de Franquin recolorisées mettent en valeur les moments-clés de la chronologie écologiste et en même temps l’œuvre de Franquin qui comporte beaucoup de détails.
Gaston est-il un personnage qui compte dans votre carrière de dessinateur ?
Gaston a le même âge que moi ! Je suis loin d’être le seul à m’identifier à cet anti-héros paresseux et distrait qui a influencé toute une génération. Son père, Franquin a rythmé ma carrière. Tout jeune, je lui ai montré mes dessins. En 1977 pour l’une de mes premières contributions dans une publication, j’ai participé au Trombone illustré, un supplément de Spirou.
N’avez-vous pas été intimidé de retravailler l’œuvre du “maître” en compagnie d’Isabelle Franquin ?
Nous avons respecté la chronologie des parutions dans ce best of, cela permet de respecter l’évolution des dessins au fil du temps.
La bande dessinée est-elle devenue écologiste ?
La bande dessinée s’est emparée de tous les grands sujets de société. L’écologie n’y fait pas exception.
Propos recueillis par Olivier Moulergues du magazine Toogezer
jeudi 29 octobre 2009
Rennes : compostage collectif et engrais à domicile
Magazine Toogezer - 29 octobre 2009
Les déchets verts – épluchures, sachets de thé, café – représentent 126 kg par an et par tête (ADEME). L’agglomération de Rennes vend des composteurs individuels à 20 € depuis 1995. Un succès avec près d’un pavillon rennais sur six équipé. La métropole bretonne se lance désormais dans l’équipement de l’autre moitié des logements : les habitats collectifs.

Compost en stock
A l’heure actuelle, 1 500 foyers rennais en habitat collectif compostent leurs déchets de cuisine. 135 installations sont opérationnelles. Chacune d’entre elle est composée de 2 ou 3 composteurs de 600 l en bas d’immeuble. Les bacs sont placés à des endroits distincts du local poubelle habituel. « Il s’agit de matière vivante et non de déchets » comme le précise Jean-Louis Merrien, Vice-président de Rennes Métropole délégué à la collecte, au traitement et à la prévention des déchets. Le compostage dure en moyenne 6 mois. Sa récolte donne lieu à une petite fête entre composteurs.
Un appartement rennais peut produire environ 50 kg de compost par an. Que faire du compost produit, quand on ne possède pas de jardin privatif ? Cela permet d’alimenter facilement jardinières et haies. La création de jardins partagés tente aussi certains. Attention, cependant, à l’essoufflement au bout de quelques années. Selon Jean-Claude Benoist, chercheur au CEMAGREF (institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement) de Rennes, seul un débouché industriel permettrait d’écouler toute la production de compost. On peut regretter que les espaces verts municipaux ne donnent pas l’exemple…
Retour à la terre
Dans les 7100 immeubles rennais concernés le tiers de la population composte. Une moyenne raisonnable, si on la compare avec l’expérience parisienne dans une résidence de 500 foyers avec seulement 50 familles actives. Les plus de 30 ans sont parmi les plus impliquées. L’habitude chez les jeunes est d’acheter des conserves ou des surgelés plutôt que d’éplucher.
Réunissant en moyenne les déchets verts de 20 familles, le compost collectif demande particulièrement d’attention pour réduire mauvaises odeurs et problème de stockage. Rennes propose des formations pour se familiariser aux bonnes recettes et devenir « maître composteur ». Tout le monde peut être un composteur. Une seule exigence : veiller au bon mélange entre matières sèches qui contiennent du carbone – marc de café, feuilles mortes - et humides – épluchures, gazon – pourvoyeuses d’azote. Un impératif si l’on veut réduire le temps d’élaboration – de 3 à 12 mois selon l’utilisation - et odeurs déplaisantes.
mercredi 28 octobre 2009
L’éducation, parent pauvre du développement durable ?
Toogezer le magazine de la Terre et des Hommes - 28/10/09 - Pierre Bonati & Michel Taube

Nos enfants sont-ils bien éduqués aux gestes et valeurs du développement durable ? Le Grenelle de l’environnement n’aurait pas été une réussite en matière d’éducation, reconnaissait en mars 2008 Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’Etat à l’écologie. L’éducation serait-elle le parent pauvre du Grenelle comme de la mobilisation internationale pour changer nos comportements en faveur d’un monde plus vert et solidaire ? Avez-vous entendu parler de la décennie de l’éducation pour le Développement Durable des Nations Unies (2005-2014). On est déjà à mi-parcours…
Certes, les éducateurs n’ont pas attendu la décennie pour se mobiliser. En France, le Collectif pour l’éducation à l’environnement vers un développement durable, (CFEEDD), créé en 1997, est à l’initiative des Assises nationales de l’éducation à l’environnement vers un développement durable, qui se tiendront à Caen du 27 au 29 octobre prochains. Mais les établissements français sont lents à initier des démarches E3D (Etablissement en Démarche de Développement Durable), qui visent à faire changer en profondeur les comportements et pratiques de l’ensemble de la communauté scolaire. Sur les 67.000 établissements scolaires de France, on ne compterait qu’environ 1.200 initiatives, selon l’Office français de l’éducation à l’environnement en Europe (OF-FEEE)…
Il existe aussi l’Observatoire national de l’éducation à l’environnement. Il hiberne depuis sa création il y a cinq ans (2004) et le Grenelle de l’Environnement ne lui a pas donné les moyens de se développer pour créer un esprit “DD” dans la communauté éducative. Le métier d’éducateur à l’environnement mériterait d’être encouragé et, parmi les nouveaux emplois verts qu’on nous promet, déboucher sur de nombreuses créations d’emploi.
Il n’empêche, les choses commencent à bouger : dans de nombreux établissements scolaires, des initiatives de sensibilisation des enfants et des jeunes aux éco-gestes, à une meilleure connaissance de la planète, se font jour. Certains établissements scolaires se familiarisent avec les agendas 21. A Paris, par exemple, en s’appuyant sur l’Agenda 21 de la Ville, les classes des écoles parisiennes peuvent désormais mettre en place leur propre agenda. Pour les accompagner dans leur entreprise, le CRDP de l’académie de Paris met en ligne un nouveau site internet (http://cdrpc.ac-paris.fr/agenda21).
L’enjeu est de taille car l’avenir de nos enfants passe par une éducation tout au long de la vie, et dès le plus jeune âge, à l’environnement et surtout au développement durable.
Suivez les Assises de Caen : http://assises-eedd-2009.fr/
Le réchauffement climatique en relief
Check-list Le Monde du 26 Octobre 2009
Alors que le sommet mondial sur le climat aura lieu à Copenhague du 7 au 18 décembre, le gouvernement britannique présente une carte interactive sur le réchauffement climatique.
Ce dernier veut mettre en garde contre la "catastrophe" qu'encourerait la planète si le sommet n'aboutissait pas à un accord empêchant une hausse de 4 °C de la température mondiale d'ici à 2100.
L'outil interactif, disponible sur le site Act on Copenhagen, montre quels seraient les impacts sur la Terre d'une telle hausse des températures. Des légendes détaillent la catastrophe annoncée et ses contrastes géographiques : 130 millions de victimes d'inondations par an, un milliard de personnes manquant d'eau, et la hausse de 48 centimètres du niveau des mers...
vendredi 23 octobre 2009
Pêcheur professionnel à Montjean - « Cessons tous les travaux sur la Loire ! »
Actualités Ma Ville Angers 22 Octobre 2009
Jean-Patrick Denieul, capitaine de la « Ligériade », à Montjean, et pêcheur professionnel, à La Possonnière : « La Loire, on l'a surexploitée durant des décennies. On pourrait peut-être attendre qu'elle retrouve son équilibre... »
Il a son franc-parler. Jean-Patrick Denieul, pêcheur professionnel à La Possonnière, conteste la réduction des épis du fleuve. Selon lui, il faudrait laisser la Loire « tranquille ».
La Loire, c'est son territoire, sa passion et son gagne-pain. Jean-Patrick Denieul est pêcheur professionnel depuis 1980, à Montjean, et depuis 1983, à La Possonnière.
Alors, les pelleteuses qui s'activent à réduire les épis, il n'apprécie pas du tout. Mais alors, pas du tout. « Ça me fout en rogne. Ils se foutent de la gueule du monde. Ils veulent rétrécir et abaisser les épis pour remobiliser du sable. Mais où vont-ils le trouver ce sable ? Dans la partie aval de l'île de Behuard, on est déjà sur le caillou. Ces travaux ne servent à rien ! »
Jean-Patrick Denieul ne s'en cache pas. Il a une dent contre ces « ingénieurs qui n'ont que 5 ou 10 ans d'expérience du milieu et qui veulent imprimer leur marque ». « Ah, j'en ai connu et j'en ai vu des choses aberrantes. » Il évoque la tentative d'un port céréalier, dans les années 1980, au niveau de la Baumette, près d'Angers. « Ils ont construit des épis dans le bras des Lombardières, pour le rendre navigable. Et, aujourd'hui, ils les rabotent et les réduisent... »
Il se rappelle encore de ces grosses barges de 75 mètres de long, qui circulaient à couple ou en train, sans étrave. « Elles poussaient l'eau. Fallait voir comme cela dégradait les berges. Un vrai danger pour les pêcheurs. Combien ont perdu leurs matériels... » Il se souvient encore de ces pétroliers qui accostaient à Bouchemaine et dont certains se sont échoués.
Colère
Aujourd'hui, il ne comprend pas l'utilité de ces travaux de remodelage des épis, pour gagner de la hauteur d'eau. « On nous prend pour des débiles ! »,fustige-t-il, dans son langage de marin irascible. « Ce qu'on fait d'un côté a forcément des conséquences de l'autre. Le peu de sable qui va s'en aller va se retrouver chez nous, à Montjean. » Et là, il s'inquiète pour les promenades qu'il organise, avec son bateau La Ligériade. Bon an mal an, il transporte quelque 15 000 passagers.
Le capitaine, qui reprend sa casquette de pêcheur professionnel, déplore de voir sa zone bouleversée. « Un lot de pêche, on met des années à l'appréhender. Là, on modifie mes 26 ans de paramétrages, d'expérience. Et on ne demande même pas mon avis ! » Il en veut à ces gens qui ont « sucé » le sable sans discontinuer, extrayant 6 millions de tonnes par an, jusqu'en 1992. « Un vrai bouleversement physique. »
Alors, ce qu'il demande aujourd'hui, c'est de laisser du temps au temps. « La Loire, on l'a surexploitée durant des décennies. On pourrait peut-être attendre qu'elle retrouve son équilibre. »
Jean-Michel HANSEN.
Réduction d'une centaine d'épis. Huit pelleteuses dont deux flottantes arasent et raccourcissent une centaine d'épis de navigation, sur dix kilomètres, entre Bouchemaine et la Possonnière. Un chantier de 9 semaines qui devrait s'achever vers la mi-novembre.
Trois millions de m3 de sable. Quelque 24 000 m3 d'enrochements seront enlevés à ces amoncellements de pierres qui s'avancent dans la Loire, perpendiculairement aux berges. Pour récupérer, avec les crues, 3 millions de m3 de sable qui se sont accumulés entre les épis.
Remonter les fonds et la ligne d'eau. Ces travaux devraient permettre d'élargir le lit de la Loire de 50 m. L'abaissement de la vitesse du courant devrait favoriser le dépôt de sable, pour remonter les fonds et la ligne d'eau. Cela favoriserait aussi la connexion avec les bras secondaires.
Ouest-France
mardi 20 octobre 2009
Nantes 44 - Futur aéroport : stop à la spéculation
Actualités Ma Ville Nantes 19 Octobre 2009
Pour lutter contre l'étalement urbain et préserver les terres agricoles, des milliers d'hectares vont être gelés.
Le conseil général va geler près de 20 000 ha entre l'agglomération nantaise et le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Le conseil général va geler des milliers d'hectares pour l'agriculture et les espaces naturels. Le premier grand périmètre de protection est en cours d'installation entre l'agglomération nantaise et le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
La zone, du Temple-de-Bretagne à Nort-sur-Erdre, couvre 19 300 ha, précise Claude Bricaud, vice-président du conseil général, « 20 fois la surface des installations aéroportuaires. »
La démarche devrait mettre un coup d'arrêt aux tentatives de spéculation.
Exemple : « A Vigneux-de-Bretagne, 500 ha ont été volontairement laissés en friche par des propriétaires. » Le périmètre est aussi censé répondre à l'une des critiques des opposants au projet d'aéroport, lesquels soulignent le risque d'un développement urbain anarchique dans le sillage de l'aéroport, au détriment de l'agriculture.
Chacune des onze communes concernées est en train de préciser les terres de la zone de protection. Ensuite, ce sera l'enquête publique avant la mise en place du verrou, pour une durée de 30 ans.
Une fois le périmètre arrêté, le retour en arrière sera très difficile. Seul un décret du conseil d'État pourra modifier l'usage des terres.
Un autre périmètre se met en place à Haute-Goulaine. Il porte sur 20 ha de vignes AOC. Enfin, la communauté d'agglomération nazairienne et Cap Atlantique en presqu'île guérandaise travaillent avec le conseil général.
Leur réflexion pourrait déboucher sur la mise en place de protections dès 2010.
Marc LE DUC. Ouest-France




