dimanche 29 juin 2008
Nantes capitale des droits humains
PAR Politis. samedi 28 juin 2008
L’Université d’été de la solidarité internationale du Crid se déroule à Nantes du 2 au 5 juillet 2008. Celle-ci propose aux militants de se former et d’échanger sur la question des partenariats et alliances entre acteurs sociaux.
Le CRID, ou Centre de recherche et d’information pour le développement, a été créé en 1976 dans l’objectif de produire une réflexion sur le développement et la coopération internationale. Il regroupe une soixantaine d’organisations de solidarité internationale, dont beaucoup de très grosses structures. Les membres du Crid représentent en France un réseau de 7 500 groupes locaux rassemblant 180 000 bénévoles.
A Nantes toujours se déroule du 30 juin au 3 juillet 2008 à la Cité internationale des congrès la 3ème édition du Forum mondial des droits de l’homme. L’édition 2006, dernière en date, a rassemblé 1200 participants et intervenants de plus de 70 pays différents.
mercredi 25 juin 2008
Incendie de Vincennes : à quoi joue l’UMP et l’État sur ce drame humain ?
Ludovic Bourely - 23 06 2008
Un TGV spécial rempli de Gendarmes (2 par retenu) pour transporter (est-ce le bon terme ?) une centaine de personnes qui un jour se sont retrouvées sans papiers et avaient atterri arbitrairement au CRA de Vincennes.
Je suis donc parti rejoindre devant le CRA les militants RESF (Réseau Education Sans Frontières), nous savions que certains retenus sortiraient aujourd’hui. Je suis parti rempli d’interrogations sur ce drame, le moins qu’on puisse dire est que la confusion régnait dans les médias : avant tout, dans quel état étaient-ils et quelles avaient été leur condition de transfert, et puis ces chiffres contradictoires sur les “disparus”, ces informations changeantes sur les circonstances de l’événement, ces accusations ubuesques de l’UMP sur la responsabilité du RESF …
Huit retenus ont été libérés cet après-midi … Libérés … Foutus dehors dans les faits.
Huit parisiens laissés devant le Centre de Rétention de Nîmes, bien caché loin du centre ville, avec simplement les vêtements qu’ils avaient sur eux … à Vincennes.
Certains ce matin sont arrivés pieds nus, d’autres les vêtements noircis par l’incendie.
Puis sont venus les témoignages des “libérés”, bien sûr le traumatisme de la mort d’un des retenus quelques jours plus tôt, déjà avec quelques révélations, tous le décrivaient comme visiblement très malade…
Puis le déroulement d’une journée anormale … Alors que le moindre petit incident est réglé dans la minute grâce à la vidéo-surveillance, alors que trois jours avant, l’incendie d’un matelas avait été réglé plus que prestement. Comment se fait-il que cette fois-ci il ait fallu plus de vingt minutes avant la moindre intervention alors que tout le monde savait ce qui était en train de se passer. A-t-on volontairement laissé faire ? Cela a-t-il un rapport avec les compte rendus de l’audit, demandé par la Cimade à l’Inspection du Travail, qui devaient arriver le 12 juillet et qui auraient pu contraindre à la fermeture de ce centre ? L’impossibilité totale pour les retenus de s’enfuir, d’où sont venus les chiffres de ce matin, 50 “évadés” ! ??Alors encore plus de questions finalement …Les accusations ce matin de l’UMP sur une responsabilité du RESF puis l’ouverture d’une enquête qui commence avec le fait que la manifestation devant le Centre de Vincennes n’avait pas été déclarée en Préfecture (???) , manipulation de l’opinion publique sur le plus gros cafouillage du Ministère Hortefeux ? Volonté délibérée de commencer une chasse aux militants du Réseau ? Commencerions-nous à trop déranger ? Cet incendie et la propagande qui a suivi n’est pas sans rappeler certains événements historiques.
Mais revenons à l’humain, huit sont sortis aujourd’hui sans argent, sans solutions pour rentrer à Paris, sans un seul papier, perdus …Nous avons obtenu pour l’instant un hébergement pour la nuit, et des papiers de sortie du CRA, mais demain ? Leur retour à Paris ?
Et puis dès demain les plus de quatre-vingt-dix autres vont commencer à sortir …
Leur “transfert” s’étant fait illégalement : absence des dossiers par exemple … ils devraient sortir rapidement. Ceux qui sont sortis aujourd’hui étaient intégrés, avaient un travail, un logement, une vie de famille, payaient des impôts …
Puis la machine infernale s’est mise en route, jusqu’à leur transport comme du bétail à Nîmes, puis leur abandon pur et simple devant le Centre de Rétention …
Quel pays est devenu la France ?
Et à quoi joue l’UMP et l’État avec leurs ridicules accusations sur le Réseau ?

samedi 24 mai 2008
Le Dalaï-Lama craint de «graves violences» si le dialogue avec Pékin échoue
AFP - LIBERATION - vendredi 23 mai 2008
Un dialogue a initié entre ses émissaires du chef spirituel tibétain et des représentants chinois.

"Des manifestations graves, pas seulement des manifestations mais également des actes de violence", a-t-il ajouté. "De graves violences, c'est très triste, beaucoup de souffrances, je pense". Une entrevue "informelle" sino-tibétaine s'était déroulée début mai à huis clos dans le sud de la Chine, la première entre les deux parties en près d'un an. Une nouvelle série de discussions doit se tenir en juin.
Au moins 203 personnes ont été tuées dans les émeutes en mars au Tibet "réprimées" par la Chine, selon les Tibétains en exil. Selon eux, un millier d'autres ont été blessés et 5.175 arrêtés depuis le début le 10 mars d'un mouvement antichinois à Lhassa, capitale du Tibet.
Le Dalaï-Lama a affirmé vendredi qu'il craignait de "graves violences" au Tibet si le dialogue entre ses émissaires et des réprésentants de Pékin échoue, dans une interview à l'AFP. "Je crois que des manifestations vont avoir lieu" en cas d'échec, a estimé le chef spirituel tibétain, dans un entretien exclusif à Londres réalisé peu après sa rencontre avec le Premier ministre Gordon Brown.
mercredi 21 mai 2008
L'inquiétante question des orphelins après le séisme au Sichuan
le 21/5/2008 par Mathilde Bonnassieux ( Aujourd'hui la Chine)
Au pays de la politique de l'enfant unique, le destin des milliers d'enfants laissés seuls sur le bord de la route présage les pires difficultés.
Nombre d'orphelins recensés à ce jour : 70, selon le ministère des Affaires Civiles. Un chiffre bien loin des prévisions, d'où les efforts entrepris par les autorités pour poser les premiers jalons de ce qui s'annonce comme un problème d'envergure. Objectif : traiter le flot des demandes d'adoptions.
Et pour cause, la population n'est pas restée insensible aux images de ces enfants blessés, seuls sur leur lits d'hôpitaux tout comme des petits réfugiés errant dans les décombres. Dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe, les responsables ont ouvert trois lignes spéciales pour enregistrer les demandes d'adoptions.
Depuis, les appels n'ont pas cessé. A Pékin, Wu Shixiong, responsable du Bureau local des Affaires Civiles parle de « centaines de milliers d'appels ». A Shanghai, plus de 400 personnes se sont déjà signalées auprès du Bureau des Affaires civiles, et selon un sondage mené par ce département, plus de 2000 résidents de la ville auraient l'intention de le faire.
Sur Internet, c'est la même chose. Les forums regorgent de messages d'internautes chinois désireux de s'occuper d'orphelins depuis que le gouvernement s'est dit prêt à étudier les demandes d'adoption émanant de "personnes qualifiées".
Conditions d'adoptions drastiques
Mais c'est peut-être là que réside toute la difficulté. Car en Chine plus qu'ailleurs, n'adopte pas qui le souhaite. Aux règles existantes - avoir plus de 30 ans, ne pas être malade et avoir financièrement les moyens d'élever un enfant - est venue s'ajouter en 1990 cette condition drastique, liée à la politique de l'enfant unique : ne pas avoir d'enfant.
Un principe auquel les responsables ne semblent pour l'instant pas avoir l'intention de déroger malgré les circonstances. "Il faut attendre que le travail d'enregistrement soit terminé. Tant que les recherches continuent, on ne peut pas connaître le nombre d'orphelins. Pour l'instant, on ne fait qu'enregistrer les demandes. Ensuite, les demandes d'adoption suivront la procédure normale", explique au bout du fil Mme Yang du Bureau des Affaires Civiles du Sichuan.
Des propos qui laissent craindre une lenteur des procédures mais aussi que de nombreuses demandes restent insatisfaites, laissant des milliers d'orphelins sur la touche. Des enfants souvent atteints de graves handicaps et de troubles psychiques. Et ce n'est pas de l'extérieur que devrait venir la bouffée d'air puisque depuis la fin 2006, la Chine a durci les règles d'adoption pour les étrangers, exigeant que les couples soient mariés depuis plusieurs années, aient un niveau de vie élevé et ne soient pas obèses.
En attendant, le gouvernement du Sichuan a annoncé le 20 mai dernier, la prise en charge des frais de scolarité pour les orphelins.
Que vont devenir les orphelins du séisme qui a ravagé la province du Sichuan le 12 mai dernier ? A l'heure où la Chine compte ses victimes, cette question est venue s'imposer avec force sur le devant de la scène.
lundi 19 mai 2008
quelques mois des JO, le séisme met en sourdine les critiques contre Pékin
Aujourd’hui la Chine - Charles WHELAN (AFP)
"Il est normal que le monde entier compatisse avec la Chine après une tragédie de cette ampleur", estime Joseph Cheng, professeur de sciences politiques à l'Université de Hong Kong. "C'est un peu comme après le 11 Septembre. Au lendemain (de l'événement), comment pouvait-on critiquer les Etats-Unis?", compare-t-il.
Pour Pékin, les JO, qui se dérouleront du 8 au 24 août, devaient rapprocher la Chine du reste du monde, servir de vitrine à la puissance retrouvée du géant asiatique.
Mais la crise tibétaine en mars a tendu l'atmosphère avec les dirigeants des payx occidentaux, parfois entraîné une fracture avec leur population qui n'a cessé depuis de dénoncer les violations des droits de l'Homme dans la région autonome chinoise.
A Olympie, Londres, San Francisco... le parcours de la flamme a été émaillé d'incidents. A Paris, il a même tourné au fiasco. Les appels au boycott des Jeux se sont multipliés, humiliant la Chine et déclenchant une vive réaction nationaliste dans le pays communiste.
Mais depuis le séisme, les critiques se sont tues en occident et les médias chinois préfèrent mettre l'accent sur la générosité des étrangers, dont l'aide en faveur des sinistrés afflue.
Le ton a radicalement changé et les dirigeants chinois entendent en profiter, estiment les analystes.
"Ils comprennent certainement que leur campagne internationale de relations publiques centrée sur les Jeux de Pékin a rencontré de sérieux problèmes et qu'ils ont une bonne occasion de regagner la sympathie du public", estime Joseph Cheng.
Des articles élogieux dans la presse étrangère sur la gestion de la crise par Pékin ont contribué à dégeler l'atmosphère, estime aussi Zhu Feng, expert en relations internationale à l'Ecole des relations internationales de l'Université de Pékin.
Le changement de climat est "très important pour les relations de la Chine avec le monde extérieur", juge-t-il.
Alors qu'elle avait verrouillé le Tibet après les émeutes anti-chinoises de mars, la Chine a laissé dans une large mesure les médias locaux et étrangers couvrir les suites du séisme. Même si le contrôle reste étroit sur la presse nationale et des zones interdites d'accès, l'attitude de Pékin n'est pas passée inaperçue.
Mais la question est de savoir si l'effet sera de longue durée, tiendra jusqu'aux Jeux.
Les groupes d'opposition savent qu'ils est "contre-productif" de critiquer la Chine maintenant, souligne Joseph Cheng. Avant de repartir à la charge, "ils se disent probablement qu'ils devraient attendre un peu, disons jusqu'à juillet ou août".
jeudi 8 mai 2008
Une dictature insensible au malheur du peuple : Dans le delta de l'Irrawaddy, la population se débrouille seule
Ouest-France – 08/05/08 – de Christophe Ono-dit-Biot Auteur du roman Birmane, Plon, prix Interallié 2007 - Recueilli par Laurent MARCHAND
Quel est ce régime militaire qui refuse les secours pour sa population ?
Voir un gouvernement demander des visas aux humanitaires alors que la population se noie et risque les épidémies, montre dans quelle paranoïa et quel cynisme se débat ce régime, mais je ne vois pas très bien comment cela pourrait aider la population à se révolter. En Birmanie, le budget consacré à l'éducation et à la santé est inférieur à 1 %, alors que le pays dispose de la plus grosse armée de l'Asie du Sud-Est avec 500 000 hommes. Les généraux ne souffrent pas de ce qui se passe ni de l'isolement diplomatique. C'est la population qui trinque. Avant le cyclone, un enfant sur trois souffrait de malnutrition. C'est environ 20 % d'insécurité alimentaire, alors que c'était le grenier à riz de l'empire britannique.
Les sanctions internationales ont été impuissantes jusqu'ici, pourquoi ?
C'est l'État chinois qui a la clef !
Rangoun, c'est un accès à la mer crucial pour la Chine. Si Pékin demande à la Birmanie de céder, elle cédera. Mais la Chine a usé de son droit de veto à l'Onu contre des résolutions visant la junte. À la dernière réunion de l'Asean, le représentant de l'Onu était venu présenter son rapport sur les répressions de l'automne. Les officiels birmans ont menacé de quitter la réunion. Le rapport n'a pas été présenté.
Malgré l'état d'urgence, la junte a décidé de maintenir, dimanche, le référendum sur le projet de constitution. Pourquoi cet attachement à un vote qui n'est de toute façon pas démocratique ?
C'est l'avenir des généraux qui est en jeu. Que dit cette nouvelle constitution ? Que le chef de l'État devra avoir quinze ans d'expérience dans l'armée. Que toute personne liée à un étranger sera inéligible ; cela vise directement Aung San Suu Kyi qui a été mariée à un Anglais. Que les généraux auront l'immunité pour toutes les violations des droits de l'homme commises depuis la répression de 1988. Que toute personne ayant des antécédents judiciaires ne pourra pas être candidate aux législatives qui suivraient ce référendum, ce qui exclut tous les militants démocrates. L'aide peut attendre, pas le référendum.
Des généraux, en plus, un peu spéciaux ?
L'armée contrôle tout, mais le numéro un de la dictature, on ne le voit jamais. C'est une situation à la Orwell. Les généraux birmans gouvernent en plus avec des astrologues. En 1988, le chef de la junte de l'époque a supprimé, du jour au lendemain, les billets qui avaient cours. Il les a remplacés par des multiples de 9, son chiffre « bénéfique ». Quitte à ruiner les pauvres gens.
mercredi 7 mai 2008
En Chine, les dissidents ouïgours dénoncent la répression
le 7/5/2008 par AFP – aujourd’hui la Chine
La Chine renforce la répression à l'encontre des minorités musulmanes du Xinjiang (nord-ouest) afin d'éviter tout incident lors du passage de la flamme olympique prévu fin juin, accusent les dissidents ouïgours.
La torche doit passer du 25 au 27 juin au Xinjiang.
La répression "vise à éviter que les Ouïgours ne disent la vérité aux journalistes et visiteurs étrangers sur leur souffrance. Je suis opposée au passage de la torche, car elle s'accompagne d'une répression sévère à l'égard des Ouïgours", a indiqué Mme Kadeer.
Un autre dirigeant ouïgour en exil avait affirmé que plus de 10.000 personnes avaient été interpellées par les forces de l'ordre au cours des derniers mois.
"Partout, les maisons, les hôtels sont fouillés. Les gens sont arrêtés", a déclaré lors d'une conférence de pressse au Japon, Dolkun Isa, secrétaire général du Congrès mondial ouïgour, basé en Allemagne. "Même les gens qui n'ont jamais eu de problèmes avant ont été arrêtés simplement parce qu'ils semblaient suspects", a-t-il dit.
La Chine a mis en garde contre une menace terroriste islamiste supposée en provenance du Xinjiang avant les jeux Olympiques organisés à Pékin en août, annonçant avoir déjoué des projets d'attentats visant l'événement.
Des analystes et défenseurs des droits de l'homme ont qualifié d'exagérée la menace terroriste islamiste agitée par la Chine avant les JO, des spécialistes de la sécurité soulignant qu'elle fournit peu de détails sur les réseaux qu'elle annonce régulièrement avoir démantelés.
Pour Mme Kadeer, qui a été emprisonnée pendant six ans en Chine de 1999 à 2005 avant de partir en exil aux Etats-Unis, les accusations des autorités ne servent qu'à justifier la répression envers le peuple ouïgour.
"La Chine se sert de l'occasion des jeux Olympiques pour diaboliser encore plus la lutte pacifique et légitime du peuple ouïgour et justifier sa répression menée d'une main de fer au Turkestan oriental", a-t-elle indiqué.
"Les autorités chinoises ont réprimé durement les Ouïgours afin de faire passer la torche par le Turkestan oriental" (Xinjiang), depuis les Etats-Unis, Rebiya Kadeer, l'une des figures de la dissidence ouïgoure. Près de 10 millions de musulmans, dont les Ouïgours (des turcophones), vivent au Xinjiang, région de l'extrême ouest chinois, aux confins de l'Asie centrale. Certains groupes continuent à se battre pour l'indépendance du Turkestan oriental, qui a connu une existence éphémère avec deux Républiques entre 1930 et 1949.
mardi 6 mai 2008
La ligue des droits de l’homme sonne l’alerte.
– Instantané - Libération du 06/05/08 –
Le rapport de la ligue des droits de l’homme qui sera rendu public demain, dresse un tableau alarmant de la situation en France après un an sous le régime Sarkozy.
1 - Une démocratie exemplaire ? « Rupture »… avec les valeurs républicaines !
On peut rompre avec tout et tous, sauf avec sa propre politique : les « lois Sarkozy » du précédent quinquennat sont toujours là. L’Etat est désormais géré comme une entreprise personnelle par un « président-soleil », dans une ambiance jet-set décomplexée. Le présidentialisme a muté en « monarchie élective », à laquelle aucune institution ne résiste : ni le gouvernement de « collaborateurs » à faire noter par un cabinet privé, ni le Parlement paraphant sa dose hebdomadaire de « réformes » ficelées, ni la justice dont la ministre explique qu’elle est rendue « au nom de la légitimité suprême des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l’autorité ».
« Ainsi veut le, roi, ainsi veut la loi » ? Et le peuple français se réduit-il à la majorité présidentielle ? Rupture, oui, mais dans la désinstitutionnalisation du pouvoir, l’autoritarisme personnalisé et la privatisation du politique. Rupture, au bout du compte, avec les valeurs républicaines.
2 - Les droits économiques et sociaux : prendre aux pauvres pour donner aux riches
Début 2008, les bases de protection du salariat ont été gravement sapées : l’accord signé par la plupart des confédérations syndicales autorise une rupture du contrat de travail « à l’amiable ». mais où est la protection promise en contrepartie ? Dans un système où le contrat et les accords primeront sur la loi, l’asymétrie dont bénéficient les employeurs mettra définitivement les les salariés dans leur main.
La LDH lutte pour améliorer le droit au travail, et le droit au logement effectif : plus que jamais, elle rappelle que les droits sont indivisibles et qu’il est beaucoup plus difficile d’être citoyen à part entière sans toit ni travail. L’entreprise de destruction de la sécurité du travail, la logique exclusivement capitaliste et spéculative, sont mortifères pour tous. Mais les premiers touchés sont les salariés, les chômeurs, les malades, les handicapés, les petits retraités… La baisse du pouvoir d’achat, la TVA et les franchises médicales pour eux et le paquet fiscal pour les riches , Injuste, trop injuste !
3 – Le droit à l’éducation et à la sûreté pour nos enfants : Fichons ces graines de délinquants !
Le fichier « Base-élèves » est un bon exemple des pratiques de fichage systématisé et du nouveau contrôle social. Tandis que le ministère de l’Education nationale fait le forcing pour convaincre les directeurs d’école de ses mérites, les parents d’élèves découvrent avec stupeur que ce fichier permettra de conserver pendant quinze ans quantité d’informations sur leurs enfants. Les décrets relatifs à la loi « de prévention de la délinquance » commencent à sortir et les maires sont désormais habilités à se constituer une base de données à partir des informations qu’ils auront récoltées auprès des directeurs d’école, des caisses d’allocations familiales et des inspecteurs d’académie.
La LDH et ses partenaires demandent que les différents fichiers qui relèvent de l’Education nationale fassent l’objet d’une information préalable aux parents, d’un débat démocratique sur leur contenu et présentent des garanties quand à la confidentialité et aux possibilité de centralisation ou d’interconnexion des données enregistrées. Une exigence minimale !
4 – Et les droits universels pour les migrants ? La traque et la peur pour des « sans-droits »
Baba Traoré qui s’enfuit à la vue d’un contrôle de police et qu’on retrouve noyé : voilà le dernier mort de la guerre que le gouvernement mène contre les sans-papiers. Préférant ignorer qu’une partie de l’économie du pays repose sur l’exploitation au travail de ces hommes et ces femmes de l’ombre, cette guerre est conduite au nom d’une idéologie, celle de la « menace » que ferait peser l’immigration sur « l’identité nationale ». Et d’un projet politique : fidéliser sur cette base l’électorat d’extrême droite. Cette idéologie mobilise comme jamais toutes les préfectures, encouragées à faire du chiffre, au détriment de l’examen des situations humaines, et les forces de police, entraînées vers des dérives qui traumatisent nombre de fonctionnaires : arrestations au domicile et en préfecture, rafles, brutalités dans les centres de rétention…
Mais elle suscite aussi ses objecteurs de conscience et ses résistants : les sans-papiers eux-mêmes, qui luttent pour leurs droits et les citoyens, ces « innombrables » qui refusent la Xénophobie d’Etat et dont la solidarité dessine un autre visage de notre société.
5 – La sûreté pour tous ? La prison pour toute réponse !
Nicolas Sarkozy chantre de la réforme a échoué sur l’économique et le social. Alors, il alourdit la politique sécuritaire qu’il menait déjà depuis 2002. Ca coûte moins cher et ça paie plus. En cinq ans, quarante lois ont bouleversé le Code de procédure pénale et trente ont désarticulé le Code pénal. Les principes fondamentaux de la responsabilité pénale et des garanties judiciaires s’estompent. Au point que, lorsque le timide Conseil constitutionnel ose rappeler cette pierre angulaire de notre droit qu’est le principe de non rétroactivité des lois, le Président s’en offusque et tente de le contourner.
Rien ne prouve que cette frénésie législative ait fait baisser la délinquance ; mais depuis l’élection présidentielle, le nombre de détenus est passé 60 571 à 63 211 – pour toujours 50 207 places. Le contrôleur général des prisons n’est toujours pas nommé et la loi pénitentiaire s’éloigne. Mais on construit de nouvelles prisons, y compris pour les enfants.
6 – La France des droits de l’homme dans le monde ? Atlantisme et ethnocentrisme !
En fait de droits de l’homme, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy mêle un immobilisme qui l’entraîne à choyer les « amis » habituels, fussent-ils peu fréquentables, et une démarche qui le rapproche de la guerre des civilisations. Derrière la façade des états d’âme de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, rien n’a changé dans les rapports entre Paris et les vieux clients fournisseurs de la France que sont Ben Ali, Bongo, Sassou Nguesso et tant d’autres. En revanche, le retour dans le giron atlantiste s’accompagne d’un discours sur le monde musulman qui le désigne comme l’ennemi des valeurs du monde occidental, et d’un discours sur l’Afrique qui reproduit les clichés coloniaux les plus éculés. Le choc des civilisations et le complexe de supériorité résument la vision de Nicolas Sarkozy, comme son ministère de l’Identité nationale en fait foi, jusqu’à la nausée : politique étrangère et politique intérieure se rejoignent dans l’inacceptable.
Doux : une nouvelle « fiche » fâche la CGT
Ouest-France – 06/05/08 - Jean-Pierre LE CARROU
Le groupe volailler Doux (6 000 salariés) veut mettre en place une procédure pour repérer tout comportement jugé anormal parmi son personnel.
QUIMPER. - Les représentants du personnel sont consultés au sujet de l'instauration d'une « fiche de constat ». Ce document doit permettre à l'encadrement de décrire, de manière détaillée, les manifestations d'éventuels troubles du comportement d'un salarié : agressivité, perte d'équilibre, trouble d'élocution, somnolence... « Le tout doit être transmis au directeur du site, au médecin du travail, avec le nom des éventuels témoins. Une question aborde la fréquence de ces incidents » rapporte Raymond Gouiffès, élu CGT.
Pour nous, c'est une incitation à la délation ! Et nous ne l'acceptons pas ». La direction conteste cette analyse : « Cette fiche concerne les comportements liés à la consommation d'alcool, de drogue, de psychotropes » assure Marine Champon, directrice de la communication du groupe Doux. Il s'agit d'assurer la sécurité du salarié et celle de ses collègues. Cette fiche formalise une façon de réagir face à ce genre de difficultés. » Pour autant, Doux affirme que l'entreprise n'est pas, plus qu'une autre, soumise à ce genre de problèmes.
La CGT fait le rapproche- ment avec un article du « code d'éthique » de l'entreprise, qui avait suscité un vif débat, à l'automne 2006. Cet article incitait les salariés à alerter la hiérarchie s'ils avaient connaissance d'un acte contraire à ce code.
vendredi 2 mai 2008
DROITS DE L'HOMME Rama Yade se défend d'avoir " fait tapisserie" en Tunisie
NOUVELOBS | 02.05.2008 | 12:05
"Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a estimé la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, restée discrète lors de son déplacement aux côtés de Nicolas Sarkozy
Je ne suis pas venue pour faire tapisserie", a déclaré vendredi 2 mai Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, sur Europe1, à propos de son voyage avec Nicolas Sarkozy en Tunisie.
Lors de cette visite, Nicolas Sarkozy a affirmé que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie, suscitant la colère des associations tunisiennes.
Interrogée sur l'annulation d'un rendez-vous prévu avec l'Association tunisienne des femmes démocrates, Rama Yade a invoqué des problèmes d'agenda et demandé à ce que l'on ne crée pas "des problèmes politiques là où il n'y avait que des problèmes pratiques".
Bien faible Défense …
Sarkozy a esquivé la question
Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d'opposants politiques, faisant état de mauvais traitements et de cas de torture - ce que Tunis nie.
Les défenseurs tunisiens des droits de l'homme souhaitaient que Sarkozy réclame la libération de ces prisonniers politiques, mais il a estimé que, "aujourd'hui, l'espace des libertés progresse" dans le plus petit Etat du Maghreb et il a crédité son président de "la volonté de vouloir continuer à (l')élargir. "Sarkozy a esquivé la question des droits de l'homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux", a réagi mardi Rachid Kechana, rédacteur en chef d'Al Mawqaf, hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) d'opposition. "Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l'homme et des libertés", a ajouté Kechana. Ce dernier et Mongi Ellouze, directeur d'Al Mawqaf, en sont au quatrième jour d'une grève de la faim au siège de l'hebdomadaire pour protester contre ce qu'ils présentent comme les efforts du gouvernement pour asphyxier les finances et entraver la distribution de la publication.
"Quand un président fait une visite d'Etat, il n'est pas là pour insulter ceux qui l'invitent", a jugé Rama Yade.
"Mais à travers mes rencontres, et les sujets abordés en détail avec les autorités et les ONG, je crois qu'on a bien montré que notre intérêt se portait aussi sur les libertés et qu'il y avait des efforts importants à faire", a-t-elle dit.
Rendez-vous annulé - "La Tunisie affiche un bilan économique positif, une classe moyenne dynamique, un tourisme intelligent... Tout n'est pas parfait bien sûr", a-t-elle ajouté, estimant cependant que "des choses importantes ont été faites sur certains aspects, comme le code de la femme".
"Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a-t-elle mis en avant, rappelant qu'elle avait rencontré mardi à Tunis le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.
"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort", a-t-elle affirmé, précisant avoir parlé au ministre tunisien de la Justice et au secrétaire d'Etat tunisien aux Affaires étrangères.
Rama Yade est restée très discrète lors du déplacement en Tunisie.
Colère des associations - "Dans un voyage d'Etat, les ministres ne sont pas censés s'exprimer. On n'a pas à faire des conférences de presse parallèles pour commenter les faits et gestes du président", a-t-elle justifié.

